L'Ecole valaisanne, octobre 1963

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    L'ECOLE VALAISANNE Bul,letin mensuel du Personnel Enseignant du Valais Romand

    VIlle anne No 2, octobre 1963

    Crocus J. F ollonier Michel Veuthey

    J. Follonier

    SOMMAIRE

    Partie gnrale

    Dlicatesse Refus de la solitude. La musique l'cole : J.-S. Bach

    Partie officielle et corporative Au personnel enseignant valaisan Dpt cantonal des ouvrages fminins Dpt cantonal des livres scolaires AMGVR . Socit va,laisanne d'Education . Cours d'introduction au manue'l de gymnastique Bibliographie

    Partie pratique

    Le Valais en chiffres Epreuves du Brevet . Travaux manuels : l e Perroquet

    RENSEIGNEMENTS L'ECOLE VALAISANNE parat Sion, le 15 de chaque mois, juillet et aot excepts.

    Rdaction: E. Claret, ODIS, Rawyl 47, Sion.

    Dlai de rr'>daction: le 1er de chaque mois.

    Edition, administration et expdition: ODIS, Rawyl 47, Sion.

    Impression: Fiorina & BU1'gener, Sion.

    Abonnement annuel: Fr. 10.-, C.C.P. Il c 12, Etat du Valais, Sion (pour le per-sonnel enseignant, l'abonnement est retenu SUl' le traitement du mois d'avril),

    Publicit: Publicitas, Avenue du Midi, Sion - Tlphone 24422.

    Pages 3 et 4 de la couverture (10 insertions) 1/ 1 Fr. 700.-

    Y:! Fr. 380.-74 Fr. 200.-

    Pages ordinaires, 1 insertion: 1/ 1 Fr. 60.-Y:! Fr. 33.-74 Fr. 18.-lia Fr. 10.-

    5 insertions: rabais de 5 % ] 0 insertions: rabais de 10 %

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    Sur un rayon de la bibliothque, un mgot de cigarette. Il a certainement brl quelque temps: une trane de cendres le prouve, ainsi qu'une tache brune dans le bois vernis . Quel est le visiteur qui a pu s'oublier ce point? Cela dnote inconscience et sans-gne. Ce dernier surtout m'attriste. Il y ava,it jadis un code de politesse trs strict pour les fumeurs. Aujourd'hui tout est permis. On fume partout: au bureau, la salle manger, en visite. Il apparat super-flu de demander l'autorisation des dames, depuis qu'elles-mmes font des volutes avec des raffinements tout fminins. Et quand, par un reste d'ducation demi inconsciente, on teint sa cigarette avant d'entrer dans une pice, on ne manque pas de la jeter dans le C01Ti-clor ou dans l'escalier. Pourquoi le matre se plaindrait-il du chcwing-gum trouv coU sous les tables, dans les encriers, voire dans le trou de la serrure? il y a au fond du corridor, aux toilettes ou au bas de l'escalier, une petite place prive qui apparat constelle d'allumettes et de bouts de cigarettes. Ce ne sont pas les gosses qui ont fum 9 l ...

    On a beau multiplier des avis courtois pour interdire l'accs de certains lieux aux talons aiguilles. Ces dames, du moment que a ks concerne, ne savent plus lire. D'autres comptent sur leurs charmes tout puissants pour assouplir les rglements: le plaisir extrme que procurera le passag du .mtore compensera largement les dommages bnins causs au parquet. Pourquoi garer ma 'L"oiturc . l'intrieur d es ligncD ? Je repartirai plus facilEment ensuite, ay c,nt occup la place de deux vhicules. Je sais aussi que ce chemin est rserv aux coliers: le disq1.w d'interdiction ne peut pas passer inaperu, mais ce raccourci est si commode ! Il me fait gagner exac-tement 90 secondes. Au surplus, il n'y a pas de gendarme dans ce quartier: qu'est-ce que je risque?

    En wagon, on ne sait jamais quel genre de personne occupera la place vacante ct de vous: une jeune maman avec un bb piaillant, une mgre corpulente et bavarde, un ouvrier aux ongles noirs, un soldat qui sent encore la paille du cantonnement. Comme ces gens sont dsagrables! Vite, dposons sur la banquette le sac et le manteau pour signifier que la place est occupe .. .

    Nous versons volontiers une larme- de commisration sur les victimes d'u n cataclysme ou sur celles de l'injustice sociale, telles que le journal nous les dcrit. Mais la famille de cet Algrien qui vit dans une cave deux pas de chez nous, ces saisonniers italiens que je croise tous les jours sur le palier quand ils rejoignent leur galeta.s, sans les gratifier jamais d'un bonjour, ils me sont aussi indif-frents que des Patagons. On n'a plus d'gard pour la vendeuse, pour le garon-livreur . Du moment qu'on paie, n'est-ce pas, on ne leur doit rien d'autre ...

    Oui, la politesse se perd.

    Les habitudes nes de la guerre, l'argent gagn trs tt, l'ex p-rience vite acquise de son souverain pouvoir, la dmocratisation sous toutes les formes (loisirs, sports, tudes), la gnralisation des voyages l'tranger, l'envahissement de nos sites par des vacanciers de tout acabit produisent un nivellement par en bas qui, certains gards, est regrettable . La rudesse voulue des manires et des attitudes, le non-conformisme affich partout plaisent aux jeunes; on veut jouer au dur, au cad et les filles aiment volontiers ce genre casseur. Le cinma encourage cette violence; il n'a que faire des nuances; il lui faut des gros plans ;~ et les gros plans du travelling entranent bientt ceux du sentiment ...

    Comment ragir, ducateurs, ce laisser-aller gnral? Si la politesse n'est qu'une contrainte sociale, un ensemble de

    gestes imposs par une socit prime d'adultes fin de sicle , on ne voit pas trs bien au nom de qui ou de quoi on se gnerait.

    Il est entendu que dans le cercle des parents et des amis, dans le milieu habituel de vie, il faut mnager les autres, car on pourrait avoir besoin de leurs services un jour, mais le travailleur tranger crois sur le trottoir, mais l'inconnu rencontr en voyage, aprs tout, on ne leur doit strictement riEn. Quantit ngligeable, valeur ;:' 27'0 , en -regard de notre moi.

    Cependant, l'optique change avec la foi chrtienne. Entre l'inconnu du trottoir et moi, il y a un dnominateur commun: le

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    Christ. Crature de Dieu omme moi, en marche vers la mme ter-nit que moi, ce passant que je toise porte le Christ prsent en lui, peut-tre plus intimement qu'en moi. C'est le Christ que je respecte en lui, que je salue en lui, qui je souris, pour qui je me gne en lui cdant le pas sur le palier ...

    La prsence de Dieu dans le prochain: c'est l le seul fonde-ment acceptable de la politesse. Le reste est pure convention. Nos manuels n' y insistent pas assez et c'est pourquoi notre monde est en crise de politesse.

    Il nous serait bon parfois d'ouvrir l'Evangile et d' y mditer les leons de savoir-vivre qui y sont contenues. Nous y verrions ce ddain de la politesse qu'est la ngligence: ngligence de Simon le pharisien qui ne sait pas accueillir ses htes, ngligence des lpreux guris qui ne viennent pas remercier, ngligence des invits aux noces qui s'excusent l'un aprs l'autre ...

    Nous y apprendrions surtout ces fleurs de la politesse que sont la courtoisie, la dlicatesse, la gentillesse, tous mots bien franais qui dpeignent la vraie politesse du cur: dlicatesse du Matre qui fit asseoir la foule , qui lave les pieds de ses Aptres, qui leur prpare manger au bord du lac, qui accueille Judas par des mots d'amiti, qui console le bon. larron, qui s'attarde avec les voyageurs dcourags d'Emmas ... Dlicatesse de Notre-Dame l'gard de Joseph, l'gard des bergers, l'gard des jeunes maris de Cana.

    Qui donc a dit que la politesse extrieure est un bel habit bien coup, mais qui ne donne ni la sant ni la beaut celui qui le porte? La politesse chrtienne est intrieure, elle enveloppe et parfume le cur.

    Notre technique moderne est admirable; elle rend la vie plus confortable, mais non plus heureuse. Nous pouvons redevenir sau-vages en dpit du frigidaire et du transistor, parce que ['ducation du cur n'a rien voir avec les progrs de la technique.

    Ce n'est pas que les grandes vertus manquent chez nous ni que l'on soit incapable d' hrosme, quand les circonstances s'y prtent. C'est dans la vie de tous les jours qu'on aimerait un peu plus de finesse et de courtoisie.

    Crocus

    RE FUS DE LA SOLITUDE par Jean FOLLONIER

    Adieu donc, ptre silencieux, qui coutes fuir le temps sous les toiles;

    Adieu, jeune berger du silence, dans la haute clairire;

    Adieu, vieux compagnon d'autrefois, qui me disais dix syllabes par jour;

    Adieu, solitude ... Car il n' y a plus de solitude.

    * * *

    PEUR DU SILEN C E

    L'un des phnomnes sociaux les plus marquants du monde moderne est p eut-tre la peur de [a solitude. Seuls les malades et quelques favoriss par une grce inqualifiab~e savent encore, de nos jours, goter aux joies particu-lires qu'elle procure. D'une faon gnrale, on a peur du silence, on le craint comme un interlocuteur irascible ou comlme un accus/ateur. Que sortira-t-il de ces tte--tte avec soi-mme, quel verdict en rsultera ? Alors, on tche p ,ar t ous les moyens de ne pas rencontrer cet autre soi-mme qu'est la solitude.

    E~oigne-toi, que ferais-je de toi? Je vis dans un monde de grand brassage, o t out est mis en commun, -sauf la naissance et la mort. Alors, solitude, ma pauvre sur perdue depuis ma naissance, on se retrouvera la mort.

    E faudra