Trajectoire N°92, Spécial banques

of 25/25
L’axe du luxe Genève - Lausanne - Gstaad - Verbier Automne 2010 CHF 9.- / € 6.- SPÉCIAL BANQUES n° 92
  • date post

    11-Mar-2016
  • Category

    Documents

  • view

    226
  • download

    2

Embed Size (px)

description

Des rencontres, des opinions, de l'élégance TRAJECTOIRE est devenu, ces dernières années, le magazine ayant le plus d’abonnés payants en Suisse romande… Ce qui nous pousse à l’excellence. A la fois élitiste, qualitatif et indépendant, il s’adresse principalement aux leaders d’opinion.

Transcript of Trajectoire N°92, Spécial banques

  • Lax

    e du

    luxe

    Gen

    ve -

    Lau

    sann

    e - G

    staad

    - Ve

    rbier

    Automne 2010CHF 9.- / 6.-

    SPCIAL BANQUESn 92

  • N10N19

    TRAJECTOIRE 12 Automne 2010

    BUDDHA-BAR

    sexporte GenveLe nouvel tablissement Buddha-Bar insuffle un vent serein et tendance sur Genve. Mler res-tauration, bar et bonne musique dans un espace confortable, cest le concept de l Eatertain-ment , une ide originale du Franais Raymond Visan. Adresse incontournable Paris, le concept Buddha-bar sest export avec succs en Europe, aux Etats-Unis et au Moyen-Orient. Dans un dcor asiatique, le restaurant propose une cuisine exotique teinte dinfluence franaise. Des plats savourer midi et soir sous lil bienveillant dune monumentale statue de Buddha. Au sous-sol, lespace lounge accueille les clubbers pour un verre et les DJs distillent une ambiance musicale propre au Buddha-bar. Leurs compilations succs, ainsi que des t-shirts et produits zen, sont en vente dans le coin boutique de ltablissement. Louverture est prvue pour septembre, avec une soire dinauguration ne pas manquer.

    LITTLE BUDDHA GENEVARue Jean-Franois Bartholoni 101204 Genvewww.littlebuddhageneva.com

    NOUVEAU DIRECTEUR

    pour lHtel KempinskiThierry Lavalley est le nouveau Directeur gnral du Grand Htel Kempinski Geneva depuis le 1er juin dernier. Successeur de Michael Henssler, nomm President China pour Kempinski Hotels, le franco-suisse de 50 ans possde une solide exprience de plus de vingt-cinq ans dans lhtellerie de luxe. Aprs des dbuts sous lenseigne Hilton, il a travaill pour plusieurs tablissements prestigieux notam-ment Monaco, Paris ou encore Genve. Il a galement dirig le Swisshtel Mtropole et le restaurant du Parc des Eaux-Vives. En plus de louverture dun nouveau Spa, Thierry Lavalley se fixe de nouveaux objectifs : Le Grand Htel Kempinski est devenu une destination part entire et le dfi consiste maintenant en faire une adresse incontournable, tant dans le cur des Genevois que dans celui de sa clientle internationale.

    GRAND HTEL KEMPINSKI GENEVAQuai du Mont-Blanc 19 - 1201 GenveT. +41 22 908 90 81www.kempinski.com

    N82

    HTEL PARC DES EAUX-VIVES

    relook par des DJsLes artistes et DJs genevois Lulxpo ont redcor lune des deux suites du Restaurant Htel du parc des Eaux-Vives. Du 1er septembre 2010 au 28 fvrier 2011, les amoureux pourront se plonger dans lunivers musical et interactif des deux suisses installs Genve depuis plus de dix ans. Transform par leur rencontre, le couple vhicule depuis un message damour travers lart. Son univers romantique et dcal prend vie dans la suite, avec des boules facette, tableaux, vidos et lumires tamises. Une ambiance qui contraste avec le dcor habituel du Restaurant Htel, monument historique du 18me sicle. Le plus petit cinq toiles de Suisse propose galement une brasserie, quatre salons de rception et deux terrasses panoramiques en t. Au dernier tage, se trouvent cinq chambres et suites de charme.

    HTEL DU PARC DES EAUX-VIVESQuai Gustave-Ador 82 - 1211 Genve 6T. +41 22 849 75 75www.parcdeseauxvives.ch

    EN VUE RUE DU RHNE

  • Corum

    TRAJECTOIRE 28 Automne 2010 TRAJECTOIRE 29 Automne 2010

    EN VUE

    LINVITPar Roger JAUNINPhoto Jess HOFFMAN et Loris VON SIEBENTHAL

    Sur la terre comme en mer, Lock Peyron appartient cette race dhomme part et dont ont sait que quoi quils fassent et quoi quils disent, leurs actes et leurs paroles ont valeur de vrit. Marin dexception, certes, mais galement pre de famille, crivain, entrepreneur. Am-bassadeur aussi, au sens noble du terme. Lock Peyron est tout cela la fois, et cer-tainement plus encore. Rencontre avec un Monsieur touche tout volontiers disert ds lors quil sagit dvoquer ses passions et ses multiples facettes.

    Marin de haute mer, coureur docans, on vous retrouve naviguer sur le L-man bord dun D35. Le Bol dOr vous inspire ?Cela va faire une quinzaine dannes que je viens rgulirement dans cette rgion, linvitation des organisateurs de courses comme le Grand Prix Beau-Rivage, le Challenge Julius Baer ou encore le Bol dOr. Jaime ce coin de pays, les gens dici et ce lac, trs difficile matriser et dont sont sortis de nombreux et excellents ma-rins (Sourire). Et puis, pour nous autres qui

    latitude. En revanche, on ne sintresse que depuis peu la longitude. Jai hte de lire ce livre. Nous autres les marins avons un rapport trs particulier avec le temps. En mer, un marin ne ressent pas, ne vit pas avec, par exemple, la notion du dcalage horaire. Il franchit les mridiens sans mme sen apercevoir, et son soleil au znith, cest son midi lui. Je suis passionn par ces questions de temps, jaimerais un jour comprendre pourquoi certaines journes passent trs vite et dautres, linverse, semblent interminables. Lorsquon navi-gue, le temps cest partir dun point pour en rejoindre un autre. Cest prendre un dpart, sloigner de quelque chose Et puis, un jour, lorsque vous tes mi-course tout bascule : vous ntes plus en train de par-tir, mais au contraire de vous rapprocher Cest trs diffrent. Dans ce genre de cas, le temps devient quelque chose de trs lastique . Ainsi, les derniers jours, les dernires heures dune transat ou dun tour du monde nont pas la mme valeur temps que le reste du temps. Quant la notion du temps qui passe, celui qui vous fait des cheveux blancs, jai la chance dtre quelquun de fataliste. Trs fataliste.

    le plus souvent nont que leau pour hori-zon, voir des forts cela nous change Plus srieusement, je pense que pour ce qui concerne la voile en gnral, il se passe beaucoup de choses ici. Avec lEPFL, les D35, sans oublier Alinghi et le projet dhy-droptre, la rgion fait figure de laboratoire, de pionnire. Et moi qui suis un curieux de nature, japprcie cela.

    Okalys-Corum , du nom du multi-coque que vous vous apprtez barrer ?Un vritable bijou high-tech, rac et rapide, comme le sont tous les D35. Jaime ce genre de course dans lesquelles, puisque il sagit de monotypes, tous les bateaux partent avec les mmes chances. Et o ce sont les quipages qui font la diffrence.

    Corum, justement, est lun de vos parte-naires. A propos, et puisquon parle de haute horlogerie, quel est votre rapport au temps ?On peut prendre cette question de diff-rentes manires. Je viens de commander un bouquin qui traite de lhistoire de la lon-gitude. Depuis trs longtemps, les hommes ont tudi et cru comprendre la notion de

    Ambassadeur de Corum, le prestigieux marin franais tait la barre du D35 de son partenaire loccasion du Bol dOr 2010. Rencontre avec un homme disert, attachant et aux multiples talents. Un mercenaire fier de ltre.

    LOCK PEYRON

  • TRAJECTOIRE 28 Automne 2010 TRAJECTOIRE 29 Automne 2010

    Votre palmars est sinon unique du moins impressionnant. O vous situez-vous dans la hirarchie des grands ma-rins ?Nulle part, puisque, mon sens, la hi-rarchie nexiste pas ! Eric Tabarly disait : Un marin qui tombe leau ne mritait pas dtre bord ! . Ctait un grand marin, peut-tre le plus grand, et il est tomb leau : cest dire que dans ce mtier il ny a pas de vrit et encore moins de hi-rarchie. Certains sports peuvent se mesu-rer : ainsi le numro un mondial de tennis, lhomme le plus rapide sur cent mtres, pas la voile.

    Selon vous, un marin daujourdhui a-t-il une mission, des obligations colo-gistes ?Les marins et les sportifs en gnral sont souvent considrs comme des porteurs de la bonne parole. Cest dangereux ! Cela dit, la voile a pris une telle place dans les mdias que nous nous devons dtre at-tentifs ce que nous disons, aux causes que nous pouvons dfendre. Cela na pas t toujours le cas, mais les marins dau-jourdhui sont pour la plupart dentre eux

    Barcelone-Barcelone via les trois caps/D-part le 31 dcembre 2010), pour laquelle je vais embarquer aux cts de Jean-Pierre Dick, vainqueur de la dernire dition, me donnera loccasion de remettre cela.

    Le large, cest aussi la libert ?Jai depuis toujours un problme avec ce mot. Javais neuf ans en 1968, jentendais les gens parler de libert Sous les pavs la plage , ces trucs-l ! je ne comprenais pas ce que cela pouvait signifier. Et quarante ans plus tard, jai encore du mal. Quest-ce que cest que la libert ? Peut-tre le large, en croisire et avec mes enfants Mais je nen sais rien, je ne lai jamais fait !

    A cinquante ans passs, quest-ce qui vous fait courir encore ?Lenvie, bien sr, le besoin de me mesurer aux autres srement. Et aussi le sentiment que jai dtre encore dans la course, de pouvoir me mesurer avec ceux de la nou-velle, des nouvelles gnrations. Courir, tre comptitif, cest apprendre chaque jour quelque chose. Jaime enseigner, et la meilleure manire denseigner, cest dap-prendre soi-mme.

    Pour moi, tout ce qui vous arrive doit, ou devait vous arriver. Dsol, je lai dj dit et rpt, mais jaime cette phrase qui veut que quand on a la chance de pouvoir choi-sir sa souffrance, on na pas le droit de se plaindre .

    Le large, cest le bonheur absolu ou, comme vous dites, choisir sa souf-france ?Cest un appel et cest la vitesse ! Cest al-ler plus vite que les copains. Aujourdhui, il y a des milliers de gens qui peuvent traverser lAtlantique. Parmi eux, il y en a dix pour cent qui peuvent le faire en course, et un pour cent qui peuvent gagner. En multicoque, cest encore moins que cela : une transat, en multicoque et en solitaire, cela, cest le maximum de la souffrance. Lappel, cest certain, je le ressens. Depuis trente ans, jai pris lhabitude de traverser lAtlantique au moins une fois par anne, en convoyage dabord, lpoque o je navais pas lar-gent pour me payer mon propre bateau, ensuite et la plupart du temps en course. Et l, cela va faire un an et demi que je ne suis pas all voir de lautre ct, cela me manque. La Barcelona World Race (n.d.l.r :

  • TRAJECTOIRE 32 Automne 2010

    Meubles design, grandes baies vitres, esth-tique pure, les bti-ments ultramodernes du sige de la Chaux de Fonds aux allures de loft new-yorkais donnent le ton : Corum nest plus la marque suranne des annes 1990. Avec des boutiques inaugures Shanghai en juillet et sur la place Klberg Genve en septembre, le double jubil de lAdmirals Cup et de la Golden Bridge, lanne 2010 scelle le retour de Corum parmi les grands noms de lhorlogerie. Un repositionnement spectaculaire que la marque doit Antonio Calce, son patron.

    Un regard franc, une voix assure, un sens pointu de llgance, le CEO de Corum d-tient le pouvoir de sduction que suscite la russite. Engag en 2005 par Sverin Wunderman, propritaire de Corum, pour redresser une marque en perte de vitesse, le jeune quadra, alors directeur gnral de la Manufacture Panerai Neuchtel, quitte le groupe Richemont pour sattaquer ce que beaucoup considraient comme une gageure. Appel en tant que vice-prsi-dent des oprations et nomm CEO deux ans aprs, ce visionnaire peut se targuer davoir octroy un second souffle la marque suisse. Une mtamorphose aussi fulgurante que profonde, rsultat du travail acharn dun leader passionn. Dcryp-tage dune success-story.

    structurel quhumain. Mon parcours pro-fessionnel ma permis de raliser ce reposi-tionnement avec une rapidit significative.

    Justement, quel est votre parcours pro-fessionnel ?Avant dtre diplm en ingnierie et en gestion, jai suivi une formation en mca-nique de prcision, un mtier manuel o lon sculpte littralement lacier. Cest donc tout naturellement que je me suis orient vers lhorlogerie, un univers qui allie ma passion pour les arts et la technique. Jai dbut ma carrire dans un atelier o javais la responsabilit de la fabrication de com-posants de mouvements. Jai rejoint Piaget en 1992 o jai t amen participer la rorganisation de la manufacture en ayant lopportunit de parcourir les diffrents dpartements industriels. Quatre ans plus tard, Richemont a rachet Panerai. Tout tait imaginer. Pendant prs de neuf ans, jai activement particip la construction de la marque que lon connat aujourdhui, avant de la quitter en 2005 pour Corum.

    Comment passe-t-on dun grand groupe horloger suisse une marque aussi fra-gilise que Corum ltait ? Je suis nourri par les challenges. Lorsque Sverin Wunderman ma contact, le dfi ma instantanment sduit. Corum b-nficiait dun patrimoine riche donc dun immense potentiel inexploit. la vue de

    Ouverture de nouvelles boutiques, cin-quantenaire de lAdmirals Cup, nou-veaux modles en perspective Corum semble renatre actuellement. Quen est-il vraiment ? Corum a incontestablement repris une place de choix dans le paysage horlo-ger. Notre offre est bien structure, avec des produits en entre de gamme 5700 francs jusqu des complications excep-tionnelles un million de francs. Notre exi-gence en terme de design et de technicit nous assure un positionnement trs com-ptitif. Le succs est au rendez-vous. Nous en-registrons depuis 2007 une croissance deux chiffres en Asie. Depuis trois ans, les retours des distributeurs sur nos collec-tions et nos modles sont excellents. Et 2011 ne devrait pas dmentir cet enthou-siasme. Nous prparons notamment un nouveau mouvement pour la ligne Golden Bridge, vraiment bluffant.

    Cinq ans aprs votre arrive dans len-treprise, avez-vous atteint votre but qui tait de relancer la marque ?Aujourdhui Corum bnficie dune recon-naissance mrite mais le travail est loin dtre achev. A loppos dune dmarche opportuniste, je cherche crer de la va-leur sur le long-terme. Mon objectif est de construire le dveloppement de la marque de manire durable, tant dun point de vue

    Fort dune exprience de prs de quinze ans dans le groupe Richemont, Antonio Calce sattache depuis 2005 remettre Corum sur orbite. Un pari audacieux remport avec brio.

    JE SUIS UN HOMME DE CHALLENGE

    RENCONTRE

    HORLOGERIEPar Galle CHAARPhotos Anoush ABRAR

  • TRAJECTOIRE 32 Automne 2010

  • TRAJECTOIRE 34 Automne 2010 TRAJECTOIRE 35 Automne 2010

    ce potentiel, laventure ma tent. Elle se prsentait un moment opportun dans ma carrire. Prendre la tte dune marque indpen-dante oblige sexposer, beaucoup donner de soi, et ce, sans filet. Je me suis lanc. Ctait un pari risqu que les personnes qui me sont proches nont peut-tre pas compris, car la marque tait au plus mal.

    Comment analysez-vous ce dclin ? Dans les annes nonante, le secteur de lhorlogerie a connu une vritable rvolution, avec la professionnalisation de ses marques et la formation de grands groupes. Le modle patriarcal o le pa-tron dirigeait son quipe dartisans, est devenu obsolte. Dune logique o lon vendait ce que lon fabriquait, on a bascul dans une logique o lon fabrique ce que lon vend. Un virage 180 que Corum a mal ngoci. Sverin Wunderman a sauv la marque dun point de vue financier. Entre 2000 et 2005, lorientation choisie a transform Corum en horloger fashion, avec un positionnement qui ne correspondait pas son ADN.

    Quavez-vous cherch insuffler votre arrive ? Toute la chane de valeur tait reconstruire. Il a fallu investir mas-sivement, rduire drastiquement un circuit de distribution inadapt et recentrer la marque sur son identit. Dans les annes 1980, Co-rum se distinguait par sa crativit et son contenu horloger dex-ception. La manufacture jouissait dun positionnement part. Et si lpoque la lgitimit et le savoir-faire suffisaient, aujourdhui limage de marque est la pierre dachoppement du succs. Jai donc essay de reconstruire celle de Corum dans le respect de ses racines et de son histoire.

    Quel cheminement pour retrouver cette me perdue ?Je me suis plong dans les archives pour mieux comprendre la g-ntique de la marque et la structurer dans une offre produit lisible et cohrente. Corum jouit dun positionnement de niche. Notre ob-jectif nest pas de surfer sur les modes ni de rayonner sur tous les registres, mais de nous concentrer sur les quatre piliers qui ont fait sa notorit: les lignes Admirals Cup, la Golden Bridge, la Romvlvs et Artisans.

    Que reprsentent ces piliers fondateurs ?Chaque pilier possde une personnalit propre. La collection Romvlvs avec son cadran vierge et sa lunette grave de chiffres romains est empreinte de classicisme. Le pilier Artisans sinscrit dans la continuit des crations historiques comme les cadrans en

    plume ou le garde-temps chapeau chinois, avec loriginalit comme marque de fa-brique. La Golden Bridge et son mouvement unique en ligne synthtisent la quintessence des valeurs Corum, savoir crativit, de-sign et prouesse horlogre. Enfin le modle Admirals Cup reprsente lesprit sportif quappuie galement notre implication dans le monde vlique et notre partenariat avec Lock Peyron ou encore Ben Ainslie pour les marchs anglophones.

    En quoi lunivers de la voile fait-il cho au positionnement de la marque ?La voile est un terrain dexpression fertile, intrinsquement li Corum et lAdmi-rals Cup dont on clbre cette anne le cinquantime anniversaire. Lhistoire de ce garde-temps reste indissociable de celle des plus fameuses courses et de leurs pres-tigieux comptiteurs. Cest pourquoi Lock Peyron sest impos rapidement comme lambassadeur idal. Marin exceptionnel au parcours impressionnant, il incarne des valeurs humaines et sportives hors du com-mun. Ce partenariat constitue une tape ca-pitale dans le processus de reconstruction de notre image.

    Quels sont les challenges venir pour Corum ? Comment voyez-vous son vo-lution ?Environ 15000 montres sortent de nos ateliers chaque anne et nous visons une production de 25000 30000 pices par an horizon de 5-7 ans. Deux axes de d-veloppement ncessitent dtre soutenus. Nous investissons dune part sur loutil in-dustriel pour assurer progressivement notre indpendance. Dautre part, nous devons concentrer nos efforts sur la distribution. Nous avons rachet la filiale amricaine dont jassure la prsidence et avons rorga-nis notre rseau en Amrique latine. Pour

    BIO EXPRESS1967: Dorigineitalienne,

    naissanceNeuchtel

    1992: Dbutdecarrire

    professionnellechez

    Piagetoilvolue

    rapidementpour

    prendrelaresponsabili-

    tduBureauTechnique

    delaManufacture

    1997: Suiteaurachatde

    lamarqueparle

    groupeRichemont,il

    devientDirecteurdu

    dveloppementproduit

    dePanerai.

    2000: Troisansplustard,ilest

    nommDirecteurG-

    nraldelaManufacture

    PaneraiNeuchtel.

    2005: Fortdesonexprience,

    ildcidederejoindre

    Corumentantque

    Vice-Prsidentdes

    Oprations.

    2007: SeverinWunderman

    ledsigneCEO

    delamarque.

    RENCONTRE HORLOGERIECorum

  • TRAJECTOIRE 34 Automne 2010 TRAJECTOIRE 35 Automne 2010

    ce qui est de nos points de vente, aprs Hong Kong en 2009, Shanghai et Genve en 2010, nous tablons sur une ouverture de deux trois boutiques par an. Si nous commenons rcolter les fruits de notre travail, le chemin parcourir sannonce encore aussi exigeant que long et passionnant.

    Dans ce planning charg, comment vous dlassez-vous ?Si Corum occupe pleinement mon quotidien, jaime prendre le temps de vivre. Je lis beaucoup, je suis un fan de design et darchitecture. Et pour me dtendre le soir, rien de tel quun cigare. Je fume exclusivement seul, cest un moment dvasion et de dtente que japprcie par-dessus tout.

    Auriez-vous pu exercer un autre mtier ? Jaurais ador ouvrir un restaurant. Jaime les rapports humains, le contact et je suis un passionn de cuisine. Gourmand autant que gour-met, je peux passer des heures prparer des petits plats pour me vider lesprit. Japprcie la convivialit. En dehors du travail, je suis un authen-tique picurien.

    Admirals Cup Black Chronograph 40

  • SMI 6353,80 +48.62 +0,77%

    CAC40 3537,79 +12,48 +0,35%

    AU 42.45 0.00 +0,00%

    SBF120 2621,72 +10,35 +0,40%

    YHOO 15.69 +0.00 +0,00%

    ^N225 9762,98 +123,26+1,28%

    TRAJECTOIRE 36 Automne 2010 TRAJECTOIRE 37 Automne 2010

    HORLOGERIE

    SLECTIONPar Simone RIESEN / Swiss Watch Makers

    LA POURSUITE DU TEMPS ! la rentre, les choses srieuses reprennent ! Alors penchons-nous sur quelques garde-temps qui le mritent, chacun par son design et sa conception technique.

    Dior Christal Mystrieuse Dun diamtre de 38 mm, la bote en acier est dote dune lunette aux inserts de cristal saphir noir et fond en cristal sa-phir transparent. Cadran avec six disques aux inserts de nacre et mtallisation noire et dore. Mouvement lectromcanique conu par Quinting pour Dior. Modle limit 200 pices.CHF 17400.-

    Hublot Big Bang Earl Grey Gold Hematite Botier de 41 mm en or rose et rsine composite grise dont la lunette est sertie de 48 hma-tites baguette pour un mouve-ment chronographe mcanique remontage automatique Ca-libre Hublot HUB 4300. R-serve de marche de 42 heures. Bracelet caoutchouc et alligator boucle dployante en or et PVD noir. CHF 36700.-

    Piaget Emperador Coussin Quantime Perptuel Serti La millionime montre signe Piaget est sertie de 649 dia-mants pour environ 9,1 carats. Dans un botier en or blanc, le mouvement mcanique remontage automatique manu-facture 856P a pour fonctions: heures, minutes, secondes, double fuseau horaire avec in-dication jour et nuit, mois, an-ne, jour et date. Prix sur demande.

    Audemars PiguetMillenary Quincy Jones En hommage au clbre musi-cien, ce modle dclin en acier noirci dont le fond porte sa griffe. Dot du Calibre 3120, remontage automatique, il est assembl manuellement la manufacture et tous ses composants sont dcors. Fonctions: heures, minutes, se-condes et date. dition limite 500 pices.CHF 19900 .-

  • DAX 5965,79 +28,65 +0,48%

    DOWJ 10258,99 +284,54 +2,85%

    Nasdaq 2277,68 +0,00 +0,00%

    Nikkei 9762,98 +123,26 +1,28%

    PetroleBrut74,66 +0,11 +0,15%

    Euro/Dollar1,2411+0,00 +0,00%

    ES50 2631,36 +12,00 +0,46%

    TRAJECTOIRE 36 Automne 2010 TRAJECTOIRE 37 Automne 2010

    Cartier Pasha squelette dcor panthre Les ponts, sertis de diamants, sont travaills en forme de tte de panthre. Ce calibre sque-lette mcanique remontage manuel 9613 MC prend place dans un botier en or gris rhodi 18 carats de 42 mm lunette sertie. Bracelet en toile brosse boucle ardillon en or gris serti. Total de 4,1 carats.CHF 116000.-

    Chanel J 12 Rtrograde Mystrieuse Mouvement manuel exclusif de Renaud et Papi, le RMT-10, dans un botier de 47 mm en cramique noire. La couronne est sur le cadran, une complica-tion indite. Sries limites et numrotes dix exemplaires en or blanc et dix en or rose. Un seul exemplaire en cramique blanche et or blanc. CHF 304180.-

    Milus Tirion TriRetrograde Seconds Skeleton Le mouvement suisse, mca-nique remontage automa-tique, quip du module ex-clusif Milus 3838, prend place dans un botier acier de 45 mm verre bomb et fond saphir. Ses fonctions: heures, minutes, secondes rtrogrades en 3 sec-teurs de 20 secondes chacune, et date. Cadran travaill sur deux niveaux. CHF 9900.-

    Certina DS First Lady Ceramic Mouvement quartz ETA 251.471 pour les heures, les minutes, la petite seconde, la date; comp-teurs 30 minutes et 60 secondes avec fonctions ADD/Split. Bote en acier revtement PVD brillant lunette aux in-serts en cramique. Bracelet en caoutchouc fermoir papillon. Etanche 100 mtres. CHF 695.-

  • TRAJECTOIRE 40 Automne 2010

    RENCONTRE

    JOAILLERIEPar Emilie VEILLONPhoto Jacky HAUBT

    LA JOAILLERIE EST UN DOMAINE HAUTEMENT MOTIONNEL

    Vous avez vcu quatre ans au Caire lorsque vous tiez responsable des ventes Swissair pour lEgypte. Quels souvenirs gardez-vous de ce pays ?Le choc des diffrences culturelles et la beaut extraordinaire du patrimoine his-torique, mais aussi la gnrosit et lou-verture des gens qui nous ont permis de faire de trs belles rencontres. Ma femme et moi avons pass tout notre temps libre dcouvrir les paysages contrasts, visiter les temples et profiter de la mer somp-tueuse. Par contre, il faut reconnatre que la qualit de vie ntait pas aussi bonne quen Suisse. Le trafic, le bruit et la pollu-tion, cest infernal.

    En tant que directeur marketing de Ge-nve Tourisme, vous avez dynamis le tourisme de loisirs et daffaire. Comment avez-vous promu la ville ltranger ? La ville est trs apprcie pour son dyna-misme culturel, la qualit de ses infrastruc-tures, son cadre bucolique et la beaut de ses paysages. Jai voulu mettre en avant le vin et la gastronomie haut de gamme. Ces richesses du terroir sont de vrais atouts pour la rgion, mais restent encore trs

    mconnues ltranger. loccasion dun voyage de promotion en Russie, jai rencon-tr mon prdcesseur Fred Kummer qui a dirig la filiale genevoise de Gbelin pen-dant quatorze ans. Nous avons assez vite sympathis et cest ainsi quil ma propos de postuler lan dernier.

    Vous avez volu dans les domaines de laviation et du tourisme. Quest-ce qui vous a donn envie de vous lancer dans le march de la joaillerie ?Bien que ces trois domaines voluent dans des sphres trs diffrentes, ils ont de nom-breux points communs. Ils touchent tous les trois au luxe et au service haut de gamme. Ce sont aussi des secteurs trs motion-nels qui suscitent ladmiration et attisent la passion dune clientle exigeante. Jai eu envie de relever de nouveaux dfis avec des produits que je ne connaissais que trs peu. Depuis que jai commenc en janvier 2009, jai suivi une formation intense en joaillerie et en horlogerie. Lapprentissage est loin dtre termin, mais je peux dire que je me sens dj chez moi au sein de Gbelin. Cest un honneur davoir intgr cette institution fa-miliale vieille de 150 ans.

    Aprs quatorze ans la tte du marketing de Genve Tourisme, Beat Dreier a repris en janvier 2009 la direction de la filiale genevoise de Gbelin. Originaire de Berne, ce passionn de voyages souhaite promouvoir la clbre maison de joaillerie et dhorlogerie ltranger tout en fidlisant la clientle locale.

    Quels sont les secteurs de Gbelin que vous souhaitez dvelopper ?La haute joaillerie, en dveloppant de nouvelles lignes exclusives, mais aussi la joaillerie et lhorlogerie de moyenne gamme. La force de Gbelin, cest juste-ment de proposer des crations joaillires et des montres dans toutes les gammes de prix. Nous prvoyons aussi de valori-ser davantage la spcialisation de la mai-son dans la gemmologie, en particulier le diamant. tant donn que nous sommes actifs dans le ngoce et lexpertise de pierres prcieuses ainsi que dans la joaille-rie, nous matrisons tous les maillons de la chane.

    Quel est le plus beau bijou que vous ayez offert une femme ?La bague de fianailles que jai offerte ma future pouse. Un diamant solitaire mont sur or jaune. Je me souviens que cela re-prsentait un investissement important lpoque.

    Quelle montre possdez-vous ?Un chronographe Gbelin. Modle Fla-menco. Avec un bracelet en cuir noir.

  • TRAJECTOIRE 44 Automne 2010

    MODE

    JEAN-PAUL GAULTIERPar Nathalie RANEDAPhoto Jean-Paul Gaultier

    Longtemps prsent comme lenfant terrible de la mode , Jean-Paul Gaultier a prouv quune marque ultra-crative pouvait se prenniser dans le temps. Sa trajectoire ressemble celle dune rock-star dbutant dans lunderground pour atteindre une renomme internationale. Il est le crateur qui a jet les bases de la cration contemporaine en ouvrant des voies stylistiques indites.

    Dans sa nouvelle collection, Jean-Paul Gaultier nous fait voyager dun continent lautre. Issu de sa rflexion sur lidentit nationale et le mtissage culturel, donc vestimentaire, il livre une collection haute en couleurs ! Influences nord-africaine avec le sarouel en velours noir, mongolienne avec le gilet bord de fourrure et brod de fleurs chinoises, sudoise avec la veste de smoking passe sur de grandes chaussettes Collier masa, escarpins babouches, broderies de picettes berbres, turban de Dakar font eux aussi partie de cet excellent remix des essentiels de Gaultier.

    Une collection intense donc, tant par le brassage de tissus vifs et colors que par le brassage des cultures. Un automne chic et choc o la dlicatesse des gammes de couleurs et la beaut des matires et des ornements se rencontrent.

    UN AUTOMNE EN TOUTE EXTRAVAGANCE !Alluresobreetdiscrte,oulookdcaletextravagant?Nousavonsoptpourlesecondchoixenmettantlhonneurlanouvellecollectionautomne/hiver2010-2011deJean-PaulGaultier.

  • TRAJECTOIRE 44 Automne 2010

  • MODE JEAN-PAUL GAULTIER

  • TRAJECTOIRE 64 Automne 2010 TRAJECTOIRE 65 Automne 2010

    DOSSIER

    SPCIAL BANQUESPar Genevive BRUNET

    BANQUE WEgElIN Nous privilgions une analyse des placements en classes de risque-rendement

    Une analyse fondamentale des produits financiers en fonction de quatre grandes classes risque-rendement constitue la base de la mthode de placement maison.

    on la considre comme une obligation. Cela reste une approximation sommaire. Nous prfrons dcomposer totalement ce produit. Une obligation convertible est constitue dune obligation et dune op-tion. Cette option comportant elle-mme une partie crdit. On peut donc procder une dcomposition parfaite - selon la tho-rie financire - dune obligation convertible en trois lments: obligation, option et cr-dit. Et allouer ensuite chacun dentre eux lune de nos quatre grandes classes de risque-rendement. Cest une approche trs mthodique. Nous analysons lensemble des composantes du risque. nos yeux, le critre de la volatilit nest pas le seul in-dicateur pertinent, nous prenons aussi en compte les risques de contrepartie et de liquidit. Les portefeuilles dits balanc ou croissance nexistent pas chez nous.

    Comment le client participe-t-il au choix des placements ?Une discussion avec lui, et lanalyse de sa situation financire et prive, nous permet-tent dtablir la meilleure rpartition pos-sible sur nos quatre classes de risque-ren-dement. Vient ensuite le choix des produits de placement. Nous offrons - avec Wegelin Classic - une approche de construction de portefeuille sur mesure, partir de 250 000 francs. Dans le cadre de lallocation dac-tifs dfinie, le client peut opter pour une action diffrente de celle propose par son conseiller.

    Le client dlgue-t-il la gestion au jour le jour ?Oui, mais ce nest pas un mandat qui est ensuite gr de manire centralise Saint Gall. Le conseiller du client a galement la responsabilit de la gestion. De nom-breuses banques ont spar les attribu-tions du conseiller - le relationship mana-ger en contact avec le client - de celles du grant - l asset manager en charge de lensemble des fonds confis la banque. Chez nous, le client peut dcider si son portefeuille sera gr par son conseiller ou par lasset manager. Souvent, les clients prfrent que ce soit leur conseiller. La formule Wegelin Classic est celle qui est le plus souvent choisie. Cela sexplique par cette grande flexibilit permettant une offre sur mesure. Le fait dtre encore une petite banque - avec 700 collaborateurs, dont 75 en Suisse romande - nous permet dtre trs ractifs: si un conseiller souhaite proposer un produit structur, il en discute directement avec lquipe en charge des structurs.

    Dans ce mandat Wegelin Classic, quelle est lallocation dactifs la plus courante et son rendement en franc en 2009 et au premier semestre 2010 ?On voit souvent des portefeuilles investis 50% dans les classes bleue et verte, 40% en jaune, surtout des actions, et 10% en rouge, avec des actions de pays mer-gents et des matires premires. En 2009,

    Quelle est la spcificit de votre gestion de fortune?Wegelin a dvelopp sa propre mthode de placement. Nous ne discutons pas im-mdiatement avec un client des classes dactifs : cash, obligations, actions, ma-tires premires, placements alternatifs ou produits structurs. Nous privilgions une analyse de lunivers des placements en fonction de classes de risque-rende-ment (CRR). Nous en avons quatre, identi-fies par des couleurs. Bleue: placement risque trs faible; liquidits et placements sur le march montaire. Verte : placement sr ; essentiellement des titres revenu fixe. Jaune : placement un peu plus risqu ; surtout actions des pays industrialiss. Rouge : compartiment le plus risqu ; ac-tions de pays mergents et matires pre-mires.

    Cette approche donne-t-elle des rsul-tats diffrents dune allocation dactifs en fonction du rendement moyen et de la volatilit ?Elle nous permet de dcomposer trs pr-cisment les diffrents lments dun pro-duit financier en termes de risque et de rendement. Prenons lexemple dune obli-gation convertible sur une action. Dans une approche traditionnelle, on se demanderait sil faut plutt considrer ce titre comme une obligation ou une action. Si son cours dpasse les 130% du pair, on la traite plu-tt comme une action ; et sil est en de,

  • TRAJECTOIRE 64 Automne 2010 TRAJECTOIRE 65 Automne 2010

    que dagir uniquement en fonction dun sc-nario qui nous paratrait le plus probable. Mieux vaut avoir lesprit en permanence trois scnarios. Le premier est une volu-tion conomique en L , avec un retour trs progressif de la croissance. Le deuxime est une aggravation de la situation dendet-tement de lEurope, avec la faillite possible de plusieurs tats. Le troisime table sur la capacit de lAsie tirer rapidement la croissance. En ces temps incertains, nous conseillons de constituer un deuxime por-tefeuille - reprsentant environ 30% des placements - constitu de valeurs relles destines conserver la valeur.

    A savoir ?Un tiers dor physique, un tiers dactions dentreprises ayant peu de dette et un so-lide modle daffaires, un tiers dun panier de devises (couronne norvgienne, dollar australien, dollar canadien, dollar de Sin-gapour) et quelques obligations couvertes contre linflation. Cette stratgie Realo de prservation de la valeur est propose en fonds de placement. Elle a rencontr un succs certain.

    formance suprieure celle de lindice S & P 500, en pratiquant le stock picking sur le march des actions amricaines. Pour la Suisse, nous prfrons donc une approche indicielle, complte par la dtention di-recte de quelques titres. En revanche, pour les marchs trangers nous choisissons une approche active parce que lunivers est plus vaste et que nous avons dvelop-p une mthodologie nous permettant de reprer des marchs ou secteurs dinves-tissement momentanment trop dlaisss ou surachets. Concrtement, nous choi-sissons un moment donn dinvestir en Espagne, Irlande ou Allemagne et pouvons changer cette allocation un mois plus tard. Nous procdons de mme pour les sec-teurs dinvestissement. Nous utilisons des modles quantitatifs pour notre allocation tactique. Cest une aide prcieuse pour d-cider de surpondrer ou souspondrer les classes dactifs de notre allocation strat-gique. Et cest une source dalpha extrme-ment prcieuse : nous avons constat que 2/3 de lalpha sexplique par la surpondra-tion ou souspondration tactique et 1/3 par le choix des instruments financiers.

    Avez-vous un scnario de rfrence pour choisir vos placements ?Non, nous pensons mme que ce serait commettre actuellement une grave erreur

    le rendement net pour le client dun tel por-tefeuille tait de 15 18% en franc. Mais pour le premier semestre 2010, le rende-ment est autour de zro.

    Sur certains placements vous ne re-cherchez que le beta, la performance du march. Pour dautres vous cherchez apporter de lalpha, une surperformance par rapport lindice. Pourquoi estimez-vous que les actions suisses ne rappor-tent que le beta ?Nous estimons quil extrmement difficile de crer de lalpha avec un stock picking (ndlr : choix de telle ou telle action) tradition-nel sur le march suisse. En tte du classe-ment des meilleurs fonds en actions suisses ces dernires annes se trouvent surtout des fonds indiciels. Il y a donc trs peu de grants actifs qui ont russi battre lindice de rfrence de manire systmatique. Mais lespoir se vend toujours trs bien

    Comment lexpliquez-vous ? Et pourquoi esprez-vous de lalpha sur les actions anglaises ou italiennes ?Le march suisse est trs efficace pour prendre rapidement en compte toutes les informations disponibles pour contribuer la formation des prix des actions. Selon la mme logique, nous estimons galement quil est trs difficile de dgager une per-

    Adrian Kunzi, associ grant de Wegelin, Responsable pour la Suisse romande

  • TRAJECTOIRE 84 Automne 2010 TRAJECTOIRE 85 Automne 2010

    CARTIER Au ChTEAu dE PRAguEAprs Beijing et San Francisco, le Chteau de Prague accueille, depuis le 9 juillet Cartier at Prague Castle - The Power of Style une exposition de plus de 360 pices historiques de Cartier.

    EXPOSITION

    CARTIERPar Siphra MOINE-WOERLEN

    Pour cet vnement unique, Cartier est retourn au cur de lEurope, o laventure a commenc en 1847 avec Louis-Franois Cartier.

    VNEMENT UNIQUE, SALLE UNIQUEDans la salle du chteau, parfaitement mise en lumire, vous pourrez admirer une collec-tion extravagante des plus grandes pices joaillres de la maison Cartier jamais ras-sembles. The power of style , cest le pouvoir de s-duction envers les femmes et leurs bijoux, le pouvoir de la crativit, le pouvoir du style Car le style Cartier, cest un style en constante volution, un savoir-faire toujours en recherche, un got que Cartier, depuis toujours, peroit et retranscrit avec clair-voyance et finesse.Cest ce pouvoir que Louis-Franois Car-tier a su mettre en uvre depuis le dbut, cette exposition en est la parfaite illustration.Vous retrouverez 366 pices retraant la chronologie complte de toutes les priodes stylistiques de la crativit Cartier o beaut et perfection ne font plus quun.

    1. 2. 3.

  • TRAJECTOIRE 84 Automne 2010 TRAJECTOIRE 85 Automne 2010

    Nous allons vous prsenter 6 coups de curs, ports par 6 c-lbres figures, en vous laissant le plaisir daller admirer la suite jusquau 17 Octobre 2010 Prague.

    Hritage indien avec le collier Tutti frutti command en 1936 par Daisy Fellowes (1), fille du Duc Descaze et dIsabelle Singer.Mondaine et rdactrice au Harpers bazaar, Daisy Fellowes fut souvent cite comme la femme la plus lgante des annes 1920 1930.

    Nous continuons avec lincroyable collier de crmonie en dia-mants et platine, dlicieux mlange art dco et hindou cre en 1928 pour le Maharajah Sir Bhupinder Singh of Patalia (2). Lourd et tout en puissance, il fut impossible pour une femme de le porter.Le collier comprenait 1930 diamants pour un total de 962 carats. Il fut retrouv en 1998 Londres, et est actuellement en restauration.

    1930, un vent de nouvelle modernit souffle. La mode mue, les bijoux aussi. Nous trouvons alors des pices plus grosses, des lignes plus gomtriques marquant la fin de la priode Art Dco. Lexemple le plus connu sont ces bracelets en platine, diamants et cristal offert en 1932 par Michael Farmer (un de ces 6 maris) lactrice amricaine Gloria Swanson (5).

    Influence nature, nous sommes en 1950, la faune et la flore font la part belle limaginaire de Cartier o serpents, oiseaux et autres reptiles deviennent ralit. Jeanne Toussaint, directrice de la cra-

    tion haute joaillerie chez Cartier depuis le dbut des annes 30, sera dailleurs linspi-ratrice des bijoux fauves de Cartier. Lorigi-nalit, la beaut, lingniosit technique en feront des uvres dart de la haute joaillerie franaise. Aujourdhui encore, les flins sont un des emblmes de la Maison CartierDeux exemples mythiques : la broche Tigre cre en 1957 et porte par Barbara Hutton (2), et les fameuses boucles et collier ser-pents ports par lactrice mexicaine Maria Flix (6) en 1971.

    Terminons sur une note glamour avec la su-blime pice joaillire porte par la Princesse Grace de Monaco (4) en 1955, fidle cliente de la Maison.Une rtrospective ne pas rater.

    4. 5. 6.

  • TRAJECTOIRE 86 Automne 2010

    CRATION

    DESIGNPar Paul-Henry BIZON

    Photo Iwan BAAN

    VITRA, AU-DEL DU DESIGNRemarque par laudace de ses choix esthtiques, lis au modernisme californien des annes 1950, la marque suisse fonde par Wili Fehlbaum sest toujours distingue par son intransigeance et son ouverture aux disciplines culturelles.

    En matire de design, on re-connat une grande marque par le dialogue quelle en-tretient avec ses designers. Son identit nat toujours de lquilibre entre une vision globale, une philosophie, et limplication des crateurs suivre ce fil directeur ; leur degr dempathie. Dun ct, les firmes promptes au name-dropping qui empilent les signatures des fins plus marketing quessentielles. De lautre, les marques vise culturelle, en-gages dans une histoire au long cours o chaque projet vient justifier les prcdents et annoncer les suivants. Il ne fait pas lombre dun doute que Vitra appartient cette seconde catgorie. Un sens rare de la continuit dont tmoigne la trs grande fidlit accorde aux crateurs, et inverse-ment.

    50S:RAY&CHARLESEAMESSi le catalogue de Vitra emplit lui seul plusieurs chapitres de lHistoire du design, deux noms en particulier lui sont jamais associs, ceux de Ray et Charles Eames. Lorsque Wili Fehlbaum rencontre les deux poux, il dirige une socit spcialise dans lamnagement de magasins, base

    60SEt70S:LECoLLAGECoMMEpHILoSopHIECe sens de louverture et de linteraction entre toutes les formes de cration va profondment inspirer Vitra qui va bientt largir les frontires du design industriel celles de la vie quotidienne, suivant lvolu-tion dune poque qui de plus en plus tra-vaille comme elle vit.

    la fin des annes 1960, aux noms de Ray et Charles Eames, sajoutent ceux de George Nelson, inventeur de la chaise Pretzel et adepte dun design port vers linteraction et la mobilit, et dAlexander Girard, coloriste surdou dont les cra-tions, comme les poupes de bois, tendent gayer lenvironnement professionnel au-tant que familial.

    Un trio que viendra complter en 1966, Verner Panton et sa fameuse Panton Chair, moule dun seul bloc et dcline dans une palette de tons aciduls. Implication sociale, prcision technique, interaction, flexibilit, innovation de ces premires collaborations dcoulent une srie de fon-damentaux, qui inspirent depuis le travail de tous les collaborateurs de Jasper

    Weil am Rhein, ville allemande proche de Ble. Lhistoire retient que cest en 1953, lors dun voyage aux Etats-Unis, que le fondateur de Vitra dcouvre le moder-nisme californien, en apercevant, depuis son taxi, les chaises du Plywood Group des Eames dans la vitrine dune boutique. Certain davoir trouv la combinaison entre esthtique et fiabilit qui lui permettrait dassocier innovation stylistique et pro-duction industrielle, Wili Fehlbaum obtient un agrment avec la socit Herman Miller pour lintroduction de ces modles en Eu-rope : un coup de matre dterminant pour lexpansion de Vitra. partir de 1957, une intense collaboration va natre entre Vitra et le Eames Office de Venice.

    Prodigieusement inspir, Charles Eames rinvente les codes du design de lpoque. Exprimentant de nouvelles matires tels que le contreplaqu ou laluminium, gom-mant le superflu, renouvelant la palette des couleurs et instaurant la pluridisciplinarit comme fondement absolu de la cration, il invente un nouveau rapport lobjet. Chaque meuble doit rpondre aux attentes de lusager et habiter sa vie : sous son im-pulsion, le design devient porteur de sens.

  • TRAJECTOIRE 86 Automne 2010

    Vitra

  • TRAJECTOIRE 118 Automne 2010

    VASION

    MALTEPar Grard ULMANN

    Photos Grard ULMANN

    MALTE, LLE CITADELLEEntre Europe et Afrique, trois petites les, souvent envahies mais jamais domptes concentrent culture mditerranenne et flegme britannique sous un ciel toujours bleu.

    Pour sy rendre :

    Pour sy rendre Air Malta opre des vols directs depuis Genve, voir horaires sur www.airmalta.comLe site de loffice du tourisme www.visitmalta.com est trs complet et permet de tlcharger la liste de tous les htels de Malte.

    Une fois sur place : Pour un sjour culturel, lhtel Phoenicia est le seul grand tablissement aux portes de la vieille ville qui se visite uniquement piedwww.phoeniciamalta.comMalte fait partie de la communaut europenne et a adopt lEuro, langlais est parl partout et on roule gauche.

    Au croisement des routes maritimes reliant orient et occident, Malte et ses petites surs Gozo et Comino ont accumul, depuis la plus haute an-tiquit, tmoignages et vestiges de brillantes ci-vilisations. La prhistoire se devine dans des sites mgalithiques mystrieux et mouvants parmi les mieux conservs dEurope. Un exceptionnel hypoge souterrain soulve le voile sur des pratiques funraires dun temps oubli. Plus proche de nous, Phniciens, Romains, Arabes, Aragonais, Franais et Britanniques ont, au fil des sicles, laiss des empreintes de leur culture et faonn liden-tit maltaise.

    Mais Malte ne serait pas cette forteresse qui a su rsister lEm-pire Ottoman et la plus formidable flottille denvahisseurs de son temps, sans la prsence de lOrdre des Chevaliers de St Jean de Jrusalem. Ayant reu larchipel en 1530, les Chevaliers vont concentrer toute leur nergie contenir la menace byzantine et fortifier la Valette, capitale de lle. Vritable muse ciel ouvert, la ville, aux rues troites et au trac rectiligne, offre des vues gran-dioses sur le Grand Port.

    Le dveloppement de la Valette est intiment li aux ncessits et obligations de lOrdre. Des Auberges regroupaient les novices par langue, et une fois fait Chevalier chacun se devait de construire son palais. une telle rgle on doit tant de merveilleux difices renaissances et baroques comme la co-cathdrale de Saint Jean, la faade austre, qui cache des trsors de marbre polychrome, rvlateurs de la puissance des Chevaliers.

    Un sjour Malte ne spuise pourtant pas la seule contemplation de sa puissante architecture militaire et maritime et ne saurait se limiter en promenades urbaines, le nez en lair admirer faades, balcons et coursives couvertes. Ltroitesse de lle, qui se traverse en une heure dans sa partie la plus longue, permet de passer dune

    lande sauvage au bord de falaises battues par une houle rgulire la chaleur dun petit port de pche bien abrit dont les restaurants et les terrasses sont autant dinvitations qui ne se refusent pas. Et si le pass britannique a laiss bien des traces, on roule gauche, la cuisine sest heureusement convertie aux saveurs mditerranennes.

    La mer omniprsente joue de toute la gamme des bleus et turquoises mais noffre que peu de plages de sable. Les baignades sont malgr tout possibles en bien des endroits, facilites par des amnagements pour un accs leau sans difficult. Un service de bacs rgulier permet de se rendre sur Gozo. Plus verte, rurale la petite le na rien a envier sa grande voisine. Une capitale mdivale stratgiquement btie sur une colline au centre des terres, une jolie grande plage de sable blond et un site prhistorique remar-quable, justifient la courte traverse.

    Devenu une destination majeure du tou-risme balnaire, larchipel offre une htelle-rie de qualit et une vie nocturne et cultu-relle intense. Des bus, dont toutes les lignes conduisent la porte de la Valette, parcou-rent lle en tout sens et conduisent bon port ceux quune circulation chaotique re-bute. Are par une brise marine rafrachis-sante lt et rchauffe par un doux soleil lhiver, Malte est une destination idale tout au long de lanne.

  • TRAJECTOIRE 118 Automne 2010

    Le joli port de pche de Marsaxlokk

    Porte de Mdina capitale de Malte avant larrive des Chevaliers

    Rue de La Valette et ses balcons couverts

    Le nord de lle et ses falaises vertigineuses

    Lglise de Vittoriosa LAuberge de Castille qui abritait les novices de lOrdre

    Un poste de garde du port fortifi de La Valette Un site prhistorique sur l le de Gozo

    CoverTrajectoire92_sommaire-114-Trajectoire92_p12-1328-Trajectoire92_loick-peyron32-Trajectoire92_Calce236-Trajectoire92_selection_HORLO40-Trajectoire92_Gubelin47-Trajectoire92_mode_p44-4556-Trajectoire_Finance_ouverture84-Trajectoire92_Cartier118-Trajectoire92_Evasion