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  • LVOLUTION DE LA PAUVRET EN FRANCE :

    LES NOUVELLES FORMES DE LAGGRAVATION

    Observatoire nationalDE LA PAUVRET

    et deLEXCLUSION SOCIALE

    Suivi annuel des indicateurs

    de pauvret et dexclusion sociale

    DITION 2015

    OBSERVATOIRE NATIONAL DE LA PAUVRET ET DE LEXCLUSION SOCIALE

  • LVOLUTION DE LA PAUVRET EN FRANCE :

    LES NOUVELLES FORMES DE LAGGRAVATION

    En application de la loi du 11 mars 1957 (article 41) et du Code de la proprit intellectuelle du 1er juillet 1992, toute reproduction partielle ou totale usage collectif de la prsente publication est strictement interdite sans lautorisation expresse de lditeur. Il est rappel cet gard que lusage abusif et collectif de la photocopie met en danger lquilibre conomique des circuits du livre.

    ISBN : N 978-2-11-139555-8

  • LVOLUTION DE LA PAUVRET EN FRANCE :

    LES NOUVELLES FORMES DE LAGGRAVATION

    Observatoire nationalDE LA PAUVRET

    et deLEXCLUSION SOCIALE

    Suivi annuel des indicateurs

    de pauvret et dexclusion sociale

    DITION 2015

  • SOMMAIRE

    Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

    Emploi et logement : des crises distinctes et profondes . . . . . . . . . . . . . . 8

    Lvolution du niveau de vie mdian et de la pauvret montaire . . . . . . 13

    La pauvret en conditions de vie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

    Conclusion : Quels indicateurs pour mieux apprhender la pauvret ? . . . . . . . 21

    Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23

    Tableau de bord de lONPES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24

    Dfinitions des indicateurs du tableau de bord de lONPES . . . . . . . . . . . . . . . . . 25

    Jrme ACCARDO, Christine CHAMBAZ, Michael FRSTER, Paule LAIDEBEUR, Michel LEGROS, Marie MALLET, David MARGUERIT, Eric MARLIER, Catherine NIRONI, Jean-Luc OUTIN et Dominique SAINT-MACARY, membres de lONPES, ont particip llaboration du suivi annuel des indicateurs de lONPES.

    Jean-Luc OUTIN est le rdacteur du prsent rapport.

  • Lvolution de la pauvret en France : les nouvelles formes de laggravation

    Suivi annuel des indicateurs 2015 I 7

    Introduction

    Dans son rapport 2013-2014, lONPES stait interrog sur les effets dune crise conomique de longue dure sur lvolution de la pauvret dans ses diffrentes dimensions.

    La prise en compte de donnes plus rcentes permet aujourdhui de prolonger lanalyse. Si les informations les plus fraches, disponibles en la matire, ne portent encore que sur 2012 ou 2013, cet examen prsente nanmoins un intrt incontestable. Il permet de pointer comment des lments plus structurels accompagnant le droulement de la crise clairent les phnomnes de pauvret et en complexifient la reprsentation. De ce point de vue, lanne 2012 a ouvert une priode charnire. En effet, elle a marqu, en France, lentre dans une phase de croissance conomique trs lente qui perdure au moins jusquau tout dbut de lanne 2015. Cela a eu des consquences importantes sur lvolution du revenu des mnages et sur celle du chmage.

    Par ailleurs, les difficults rencontres par une partie de la population pour accder un logement ou pour faire face aux dpenses correspondantes impliquent quil est essentiel dlargir la perspective. Si les rpercussions de la situation conomique gnrale et ses consquences en termes demploi et de revenus sont indniables, la crise qui frappe le logement ne sy rsume pas. Elle a aussi des causes spcifiques et sinscrit dans une temporalit plus longue.

    Enfin, lanne 2012 a occup une place particulire en matire daction publique du fait du changement de majorit politique lors des lections prsidentielles. Cela sest traduit, notamment et ds 2013, par ladoption dun plan pluriannuel de lutte contre la pauvret et pour linclusion sociale. Ce plan intervient dans un contexte o 90 % des Franais se montrent personnellement proccups par la pauvret et o un tiers dentre eux se sentent directement concerns par le risque de devenir pauvre dans les cinq prochaines annes, comme le souligne le baromtre dopinion de la DREES (BVA-DREES, 2015). Au-del des situations familiales (monoparentalit ou famille nombreuse) perues comme des facteurs de risque importants, le dsquilibre du march du travail et les transformations des conditions daccs lemploi sont mentionns comme les principales causes de la pauvret et de lexclusion sociale. Simultanment, les opinions lgard des chmeurs, des familles faible revenu et des personnes pauvres ont sensiblement volu depuis 2012. Aprs des apprciations devenues plus compatissantes en 2008, au dbut de la crise, puis trois annes dtiage, elles ont volu, dans un sens nettement moins favorable. Ainsi, en 2014, 44 % des personnes interroges estiment que faire prendre en charge par la collectivit les familles aux ressources insuffisantes leur enlve tout sens des responsabilits . Elles ntaient que 34 % deux ans plus tt. De mme, 37 % des enquts estiment maintenant que les personnes pauvres nont pas fait deffort pour sen sortir , contre 30 % en 2012 (Bigot et al., 2014).

    Cette publication est loccasion de faire le point sur lvolution de la pauvret partir dune actualisation du tableau de bord gnral de lObservatoire (voir page 24), en adossant le propos des lments de contexte importants. Sans tre exclusifs, ils influent sur lvolution des situations de pauvret. Le dlai ncessaire pour la production des informations issues

  • Lvolution de la pauvret en France : les nouvelles formes de laggravation

    8 I Suivi annuel des indicateurs 2015

    des grandes sources de la statistique publique conduit galement mobiliser des sources produites par des associations partir du suivi de leur activit en direction des populations prcaires, et qui sont plus rcentes. En conclusion, deux pistes pour amliorer la connaissance des phnomnes de pauvret sont esquisses.

    Emploi et logement : des crises distinctes et profondes

    Une reprise conomique qui sessouffle, un chmage et un sous-emploi qui stendent

    Aprs la forte baisse du PIB intervenue en 2008-2009, la reprise de la croissance, qui avait marqu les annes 2010 et 2011 grce lintervention publique mene pour faire face la plus grave crise conomique de laprs-guerre, sest essouffle. lt 2011, lInsee notait que le climat conjoncturel stait dtrior dans lensemble des conomies avances et que la reprise se grippait en France. Ainsi, ds 2012, la croissance franaise sinscrit sur un rythme annuel de 0,4 % quelle conserve jusqu la fin 2014.

    Dans ce contexte, lvolution du chmage est marque par trois phnomnes : une nouvelle augmentation gnrale de son niveau, partir de 2012 ; un allongement de sa dure ; le dveloppement dun halo du chmage, travers lequel sont apprhendes les multiples situations des personnes sans emploi qui souhaitent travailler mais ne sont pas classes comme chmeurs, et dont la part ne cesse daugmenter.

    En 2013, lInsee indiquait, partir de lenqute Emploi, quen moyenne 2,8 millions de personnes taient au chmage au sens du Bureau international du Travail (BIT), soit 9,8 % de la population active et 5,6 % de la population ge de 15 ans et plus (Guggemos et Vidalenc, 2014). Au cours de cette mme anne, 4,0 % des actifs taient au chmage depuis un an et plus et 2,0 % ltaient depuis au moins deux ans. Le groupe des chmeurs de longue et trs longue dure comptait ainsi 1 131 000 personnes ; il avait augment de 56 % depuis 2008, soit plus rapidement que lensemble de la population au chmage (+43 %).

    Ces donnes gnrales recouvrent de fortes disparits. Les jeunes de 15 24 ans, les ouvriers et les non-diplms sont les catgories les plus touches avec des taux de chmage compris entre 14,6 % et 23,9%, tandis que les plus de 50 ans sont plus particulirement affects par le chmage de longue dure. Ce dernier npargne pas non plus les catgories dactifs les plus fragiles telles quouvriers, employs, jeunes, personnes sans diplme, parents isols, habitants des zones urbaines sensibles ou immigrs.

    Par ailleurs, le halo du chmage totalise environ 1,3 million de personnes, considres comme inactives au sens du BIT mais qui dclarent vouloir travailler. En 2013, cela reprsente 4,3 % de la population active ou inactive souhaitant travailler, contre 3,9 % en 2008. Dans ce groupe, les femmes restent largement majoritaires, mme si la part des hommes saccrot ; les jeunes de 15 24 ans sont proportionnellement surreprsents.

  • Lvolution de la pauvret en France : les nouvelles formes de laggravation

    Suivi annuel des indicateurs 2015 I 9

    Les demandeurs demploi inscrits Ple emploi en mars 2015

    Fin mars 2015, 5 290 500 personnes de France mtropolitaine, tenues de faire des actes positifs de recherche demploi, sont inscrites Ple emploi. Parmi elles, 3 509 800 (soit les deux tiers) sont sans aucun emploi (catgorie A) et 1 780 700 exercent une activit rduite de courte ou de longue dure (catgories B et C). Sur un an, les effectifs du premier groupe progressent de 4,9 % et ceux du deuxime de plus de 10 %. Les hommes et, parmi eux, les plus de 50 ans sont particulirement affects, notamment parmi les demandeurs demploi sans aucune activit.

    En ajoutant ce premier ensemble les personnes non tenues de faire des actes positifs de recherche demploi (catgories D et E) du fait de leur situation (dj en emploi ou non disponibles immdiatement pour reprendre un emploi), 5 948 100 personnes sont inscrites Ple emploi, en France mtropolitaine.

    Pour la France entire, le nombre dinscrits toutes catgories confondues (de A E) slve 6 277 300, en progression de 5,6 % sur un an.

    Lanciennet moyenne din