Système bancaire et financement de l’économie .système bancaire sénégalais dans le...

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  • ADRESSE : FASEG/UCAD, BP : 47337 Dakar-Libert, Dakar, Sngal

    SITE INTERNET : www.larem-ucad.org

    Seydi Ababacar DIENG

    Systme bancaire et financement de lconomie :

    exemple sngalais

    Document de travail n 3

    Janvier 2013

    LAREM UCAD

    Sngal

    ECOLE DOCTORALE SCIENCES

    JURIDIQUES, POLITIQUES,

    ECONOMIQUES ET DE GESTION

    (ED-JPEG)

    UNIVERSITE CHEIKH

    ANTA DIOP DE DAKAR

    LABORATOIRE DE RECHERCHES

    ECONOMIQUES ET MONETAIRES

  • Rsum

    Lobjet principal de ce papier est de sinterroger sur la contribution effective du

    systme bancaire sngalais dans le financement de lconomie nationale. Ce papier se fonde

    sur une tude statistique et conomtrique partir des donnes annuelles de la Banque

    Centrale des Etats de lAfrique de lOuest (BCEAO) sur la priode 1974-2007.

    Globalement, les rsultats des estimations du modle linaire gnral suggrent de

    considrer comme significative la contribution du systme bancaire sngalais la croissance

    conomique nationale. Mais cette contribution est insuffisante dans la mesure o les crdits

    moyen et long terme ne constituent mme pas la moiti des crdits lconomie. Or ce sont

    les crdits moyen et long terme qui ont une influence dcisive sur la croissance relle. En

    somme, ces rsultats valident a priori le dynamisme du secteur priv dans la cration de

    richesse au Sngal et linefficience des crdits accords lEtat.

    Abstract

    The main purpose of this paper is to question the effective contribution of the

    Senegalese banking system in financing the economy. This paper is based on a statistical and

    econometric study using annual data from the Central Bank of West African States (BCEAO)

    over the period 1974-2007.

    Globally, the results of the general linear model estimates suggest to consider as

    significant the contribution of the Senegalese banking system to national economic growth.

    But this contribution is insufficient insofar as the medium- and long-term loans are not even

    half the credit to the economy. Now it is the medium and long term loans which have a

    decisive impact on real growth. In sum, these results validate a priori dynamic private sector

    in wealth creation in Senegal and inefficiency of funding from the state.

  • 1

    Introduction

    Dans le systme capitaliste, la prosprit des nations repose sur une croissance conomique

    leve et rgulire dans un contexte de stabilit des prix. Le facteur capital demeure un lment

    fondamental pour raliser une performance conomique. Dans cette optique, la disponibilit des

    ressources financires et leur utilisation efficiente constituent une condition permissive de la

    croissance conomique. La problmatique du financement du dveloppement demeure toujours

    dactualit pour les pays les moins avancs. Or, la crise financire et conomique mondiale actuelle

    rend plus beaucoup plus difficile la mobilisation de ressources financires internationales pour

    financer la croissance et le dveloppement conomique des pays ouest africains.

    Cette crise, ayant son picentre initial aux Etats-Unis, sest naturellement propage dans les

    autres pays, particulirement ceux de lEurope occidentale et orientale. Cette rapidit de la

    transmission de la crise dcoule de la physionomie contemporaine des marchs financiers caractrise

    par ce que lon nomme la globalisation financire cest--dire linterpntration et linterdpendance

    croissantes des marchs et intermdiaires financiers nationaux ; cette interconnexion signifiant quun

    vnement quelque part a des consquences ailleurs.

    Pour les Etats-Unis et les pays de la zone euro, la crise conomique sest dj installe avec

    une baisse de la production, une demande de plus en plus atone et une hausse du chmage. Cette

    situation donne davantage de crdit aux prvisions conomiques pessimistes du FMI concernant ces

    deux zones (voir les Perspectives de lconomie mondiale du 28 janvier 2009, publies par le FMI).

    Ces pays enregistrent la plus mauvaise performance conomique depuis la Seconde Guerre mondiale.

    Il faut sattendre une rcession conomique de 2 % pour les pays avancs. Il importe aussi de

    remarquer que les prmisses dune crise conomique taient dj prsentes avec notamment les faibles

    rythmes de productivit observs ces dernires annes dans ces deux zones, le renchrissement du

    cours des matires premires et la baisse du dollar. Lampleur et la gravit de la crise financire ont

    masqu ces problmes ; et en ce sens la crise financire na fait, en ralit, que prcipiter la crise

    conomique.

    Les nouvelles concernant les pays mergents sont beaucoup plus rjouissantes bien quil existe

    des signes tangibles de ralentissement de leur activit conomique. Aprs avoir revu la baisse ses

    prvisions de croissance pour les conomies mergentes et en dveloppement, le FMI table dsormais

    sur une croissance moyenne de 3,25 % en 2009 contre 6,25 % en 2008 (FMI, 2009). Les pays

    mergents seront relativement moins touchs par la crise financire et conomique. Les pays africains

    en gnral sont moins arms pour rsister au ralentissement conomique puisquils ne disposent pas de

    plusieurs relais de croissance. Leur performance conomique repose essentiellement, voire

    exclusivement, sur la demande de matires premires des pays dvelopps, les transferts montaires

    des migrants, laide financire internationale et le tourisme.

    En effet, ces pays misent davantage sur les exportations de matires premires, y compris le

    ptrole, pour doper leur croissance conomique. Or la machine conomique des pays dvelopps, leurs

    principaux clients, sest gravement grippe. Cette conjoncture morose dans les pays dvelopps va

    engendrer une rduction de la demande de ces produits de base, synonyme de la baisse de leur prix.

    Par exemple, cette anmie de la demande mondiale a engendr un effondrement du cours du baril de

    ptrole de plus de 60 % par rapport son record de juillet 2008 (FMI, 2009). Plusieurs habitants des

    pays dvelopps ont d renoncer leurs sjours touristiques en Afrique (et ailleurs) entranant du coup

    dnormes pertes potentielles pour lconomie des pays africains.

    Aussi, la hausse du chmage dans les pays dvelopps affecte souvent davantage les

    travailleurs migrants parce que moins qualifis en moyenne que les travailleurs autochtones. Cette

    situation provoquera probablement une baisse des flux de transferts montaires des migrants vers leur

    pays dorigine. Or, tout le monde est conscient du rle damortisseur de tensions sociales que jouent

    ces transferts montaires en tant que puissant soutien de la demande prive intrieure. Le chmage

    risque de saccrotre dans les pays africains qui ont accueilli sur leurs territoires des filiales

    dentreprises transnationales et de grands groupes bancaires et financiers internationaux affaiblis par la

    crise. En effet, plusieurs de ces derniers dont la banque BNP Paribas ont rduit leurs effectifs pour

    faire face leurs difficults financires.

  • 2

    Dans ce contexte de crise mondiale, les pays africains, en particulier le Sngal, doivent

    dabord sappuyer sur leurs propres ressources financires pour booster leur croissance conomique.

    Cest dans cette perspective que lon sinterroge sur la contribution effective du systme bancaire

    sngalais dans le financement de lconomie nationale. En dautres termes, le Sngal peut-il

    compter sur le financement de son systme bancaire pour relever le dfi de la croissance conomique

    durable ?

    Ce papier, qui se fonde sur une tude statistique et conomtrique partir des donnes

    annuelles de la Banque Centrale des Etats de lAfrique de lOuest (BCEAO) sur la priode 1974-2007,

    sarticule autour de trois sections. La premire expose quelques clairages thoriques relatifs au rle

    dun systme bancaire et financier (1). La seconde section propose une prsentation sommaire du

    systme bancaire et financier des pays de lUnion Economique et Montaire Ouest Africaine

    (UEMOA) (2). La troisime et dernire section tente dapprcier lapport effectif du systme bancaire

    sngalais dans la promotion de lactivit conomique nationale (3).

    1. Quelques clairages thoriques relatifs au rle dun systme bancaire et financier

    Un systme financier est compos des banques et des autres institutions financires non

    bancaires. Pour comprendre limportance du systme bancaire dans la vie conomique contemporaine,

    il importe dinsister sur le fait que les banques ne sont pas de simples intermdiaires financiers. Les

    auteurs contemporains la suite de J. Schumpeter (1939)1, comme D. Diamond (1984)

    2 et E. F. Fama

    (1985)3, attribuent des comptences spcifiques aux banques et expliquent leurs raisons dtre par la

    production jointe de crdit et de monnaie et leur savoir-faire dans la rduction des asymtries

    dinformations. Plusieurs modles se fondent sur lasymtrie dinformation pour justifier les raisons de

    lexistence des banques et les modalits de leur activit. Ces modles diffrent par la nature des

    hypothses relatives la fois aux types dasymtrie dinformation ex ante pour le modle de Leland

    et Pyle (1977)4 ; ex post avec des variances concernant le risque de dfaut pour les modles de

    Diamond (1984), J. Stiglitz (1985)5 et S. Williamson (1986)

    6 ; ex ante et ex post pour le modle de

    Diamond et Dybvig (1986)7 la nature des contrats dagence structure des cots de surveillance,

    types dincitations et aux instruments de