Michelin 2

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entreprise michelin

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Table des matires

3Introduction

5Partie I: Michelin et le secteur du pneumatique

5A) Analyse du secteur

5a) Un march segment du pneumatique

6b) Une importance croissante des cots des intrants

6c) Une industrie trs concentre

7d) Un march en pleine volution

8e) Les concurrents de Michelin:

9B) Risques spcifiques lis la stratgie ou lorganisation de MICHELIN

9a) Risque sur matires premires

9b) risque social

10c) Risque juridique

10d) Risque sanitaire

11e) Risque de transfert technologique incontrl

11f) Risque sur le march nord amricain

11g) Risque de taux de change

12e) Risque de crdit

13Partie II: Situation financire et contrle interne

13A) Situation financire

13a) Activit et postes du bilan

16b) Continuit dexploitation

19c) Impact du passage aux normes IAS/IFRS sur les comptes du groupe

20d) Impact de la rglementation environnementale

21B) Contrle interne

22a) Distinction entre la grance et le contrle

23b) Le Conseil de Surveillance

23c) Le contrle vu par les commissaires aux comptes

24d) Quelles sont les procdures de contrle interne?

25e) Les procdures de contrle interne concernant linformation comptable et financire:

26f) Quels outils complmentaires disposent Michelin pour son contrle?

27Conclusion

28Bibliographie

Avertissement

Afin dtre le plus fidle la situation financire du groupe Michelin, notre analyse financire se base sur le rapport annuel 2003 ainsi que les volutions constates lors du premier semestre 2004. Le rapport 2004 sort le 15 mars 2005 qui aurait permis une approche plus relle de la situation.Introduction

Historique

A l'image du bibendum, lu logo du sicle, Michelin est un des mythes de l'histoire industrielle franaise. Cr en 1889, et inventeur du pneumatique remplaable, le groupe occupe aujourd'hui plus de 19% des parts du march mondial des pneumatiques. Michelin est prsent partout o il existe des pneus : sur les automobiles et les poids lourds bien sr, mais aussi sur les vlos, les avions, les motos, les mtros et mme les navettes spatiales et le Concorde (pour lequel il a dvelopp un nouveau pneu, quasi-increvable, le NZG) et depuis peu lAIRBUS A380 (reconversion du pneu dvelopp initialement pour Concorde). Les pneus Michelin sont toujours considrs par les spcialistes comme les meilleurs du monde. Outre les pneumatiques quil fabrique et distribue, Michelin conoit des cartes et des guides de tourisme, propose des services numriques d'aide la mobilit avec ViaMichelin et exploite des plantations d'hvas au Brsil et au Nigria.

Michelin dans le monde

Michelin est prsent dans 180 pays. Il dtient trois centres de recherche et cinq centres dessais en Europe, Amrique du Nord et Japon pour mettre au point de nouveaux procds et produits. Plus de 80 sites de production dans 19 pays qui produisent chaque jour plus de 830000 pneus du plus petit (200gr) au plus gros (5,5T), pour tout ce qui roule (vlo, moto, voiture, poids lourd, engin agricole, engin de Gnie Civil, mtro, avion, navette spatiale), mais aussi des chambres air, des cbles, des roues, des cartes et de guides touristiques. Au total il dveloppe une gamme de 32000 produits diffrents. Chaque anne les sites produisent au total 190 millions de pneumatiques et 22 millions de cartes et guides.

Organisation du groupe

La Compagnie Gnrale des Etablissements Michelin (C.G.E.M.) est la maison-mre du Groupe Michelin laquelle sont rattaches directement ou indirectement toutes les socits lies Michelin. Ses deux participations principales sont la Manufacture Franaise des Pneumatiques Michelin (M.F.P.M.) et la Compagnie Financire Michelin (C.F.M.). La premire coordonne l'ensemble des oprations industrielles, commerciales et de recherche en France, la deuxime coordonne en tant quactionnaire l'activit de la plupart des socits industrielles, commerciales et de recherche du Groupe. Les transactions entre les socits du Groupe existent dans de multiples domaines (biens incorporels, prestations de services de natures varies, quipements, matires premires, produits semi-finis et finis) et atteignent des volumes considrables.

Pour tudier cette socit et tablir sa cartographie des risques dans le cadre dune prochaine mission daudit, il semble intressant de faire une tude du secteur, de ses caractristiques et de ses risques inhrents pour mieux apprcier les risques spcifiques de ce groupe ainsi que sa stratgie (partie I). Une seconde partie permettra de prciser ce diagnostic rapide par une tude des comptes et des procdures de contrle interne mises en uvre (partie II).

En conclusion nous indiquerons nos pistes de prconisations daudit.

Partie I: Michelin et le secteur du pneumatique

Le pneumatique au travers de sa fabrication, de la production de caoutchouc ou la distribution de pneus constitue le cur de mtier de MICHELIN (98% du chiffre daffaires) mme si le groupe poursuit une activit encore marginale sur des produits diffrents comme les guides, lassistance la mobilit. Ltude se limitera donc au domaine du pneumatique. Au travers dune tude du secteur puis des spcificits MICHELIN, nous nous attacherons dcrire grands traits les caractristiques qui constituent les forces et faiblesses mais aussi de risques de cette activit.

A) Analyse du secteur

Dans ce cadre, lanalyse des risques inhrents lactivit permet dvaluer les risques/opportunits actuels, futurs ou lointains auxquels sera confront le groupe.

Quatre caractristiques majeures du secteur semblent incontournables pour une parfaite intelligibilit de lactivit:

la croissance du march

le cot de la matire premire,

la concentration

la nouvelle concurrence.

a) Un march segment du pneumatique

La maturit du march occidental

March de prdilection du groupe, il y occupe actuellement une place de leader. Toutefois, pour reprendre une analyse en termes de cycle de vie, ce march est dsormais satur avec des perspectives de croissance extrmement faibles pour le march de la premire monte (vhicules neufs) comme le march de remplacement.

La croissance soutenue de la zone Asie

Selon une tude, la Chine devrait dpasser larchipel nippon ds 2010 et devenir le deuxime march mondial derrire les Etats-Unis, avec 7,4 millions de voitures vendues par an ! Logiquement, le march chinois du pneumatique a suivi le mouvement. Les ventes de pneus en Chine atteignant dsormais 20 millions dunits par an. Accompagn de lInde autre puissance montante mais aussi de tous les nouveaux pays industrialiss, cette croissance devrait dplacer le centre de gravit du march vers le pacifique dans les prochaines annes.

Malgr une place de numro un mondial du pneumatique, Michelin sest engag tardivement sur ce march et surtout par le biais de production sous licence ou des accords de partenariat. Ainsi, en Chine, un accord a t conclu avec le n1 Chinois, Shangha Tyre, en reprenant ses activits Tourisme et Camionnette dans le cadre dune joint venture dont le groupe dtient 70% du capital.

LAsie, lAmrique latine et le Moyen-Orient runis nentrent que pour 13,1 % dans ses ventes (les statistiques fournies par le groupe ne permettant pas disoler la part de lAsie). Alors que ces pays reprsentent 42 % du march mondial, contre 37 % il y a deux ans. Cette croissance profite aux nombreux producteurs locaux ainsi qu un trio japonais : Bridgestone, Yokohama et Sumitomo. Malgr un mix de produits large, la stratgie de Michelin demeure axe sur des produits de haute qualit ou innovants alors que ses marchs mergents exigeraient plutt des produits dentre de gamme pour assouvir la frnsie de consommation dune clientle au pouvoir dachat encore faible.

b) Une importance croissante des cots des intrants

Industrie de transformation par excellence, ce secteur est extrmement sensible aux variations de prix de ses intrants. Ainsi, lanne 2004 comme 2003 a t marque par une augmentation significative des prix de matires premires. Le ptrole a subi une hausse de 15%, le butadine de 37%, le styrne de 32% (trois composants essentiels des pneumatiques).. Les cots de transport et de lnergie ont galement augment de manire importante.Dans le secteur particulier du pneumatique, les achats de matires premires reprsentent en moyenne entre 30 et 40% du chiffre daffaires net. Cette hausse devrait se poursuivre avec la croissance des pays mergents au premier rang desquels la Chine, mais galement avec la croissance du parc automobile mondial qui de 50 millions de vhicules en 1980 est pass 800 millions en 2003 et devrait encore doubler dici 2020. Sans produit substitut, le secteur peut toutefois redouter une rduction de la demande et une pression sur leurs marges.

c) Une industrie trs concentre

- Les barrires lentre et la sortie

Gnralement, lentre de nouvelles firmes peut tre empch par des barrires lentre. Dans le domaine du pneumatique, linvestissement est trs important notamment linvestissement dans le domaine de la Recherche et Dveloppement. Il existe galement des barrires la sortie en raison dun procd industriel spcifique: la vulcanisation qui rend difficile une rorientation de loutil.

- Ces caractristiques (intensit capitalistique barrire lentre et la sortie) ont conduit une concentration trs importante de ce march (march de type oligopolistique):

Les trois principaux manufacturiers dtiennent ainsi environ 60% du march mondial (Michelin Europe; Goodyear Amrique du Nord; Bridgestone Asie). Les sept autres acteurs de taille moyenne reprsentent pour leur part 22% du march.

d) Un march en pleine volution

Ce march trs concentr semble galement subir de profonds changements en raison de la segmentation du march voque et du dplacement de centre de gravit vers la zone Asie. Actuellement, avec 100 millions de pneumatiques fabriqus chaque an, la Chine est devenue en quelques annes le 3me fabricant de pneus au monde aprs les Etats-unis et le Japon. Bien que de qualit infrieure aux produits occidentaux et japonais, ces produits rpondent parfaitement aux besoins de ces nouveaux marchs.e) Les concurrents de Michelin:

Pirelli est prsent sur les marchs cls des pneumatiques, des cbles dnergie et de tlcommunication et dans limmobilier. Les capacits de recherche et les acquis technologiques, ainsi que les ressources et les comptences professionnelles continuent tre la principale force de Pirelli. Malgr une part de march relativement faible, sa dcision rcente (janvier 2005) de cder ses activits extrieures au mtier de base (Cbles) pour dgager un capital de guerre et investir sur les marchs mergents pourrait lui permettre une progression sensible de ses ventes. Actuellement, Pirelli ralise un chiffre daffaires de 6,7 milliards dEuros et emploie environ 37350 personnes dans le monde.

Bridgestone/Firestone constitue le concurrent direct de Michelin sur loffre gnrique (mme taille/part de march sensiblement identique/ mix de produits large). Elle fabrique et commercialise la gamme complte des marques de pneus Bridgestone et Firestone et vend des produits par lentremise dun rseau de dtaillants, de magasins et de distributeurs.

Goodyear constitue le concurrent direct de Michelin sur les produits de haute qualit.

Les lments fondamentaux de son succs sont les suivants:

( la croissance: la satisfaction totale du client grce la meilleure qualit de produits possible et un service suprieur, la promotion agressive des produits par le biais de la publicit et des communications;

( les cots: lamlioration continue de la productivit chaque tape de la production, le meilleur contrle des cots dexploitation, la gestion efficace du capital pour alimenter la croissance grce des liquidits abondantes;

( le financement de la croissance de Goodyear provient des liquidits et de la vente dactifs non stratgiques, faible rendement. Sa sant financire, son solide bilan (le ratio dendettement < 30 % norme IFRS) devraient lui permettre de saisir les opportunits de croissance sur les marchs mergents.

En parallle ces risques inhrents au secteur qui ont une importance variable pour Michelin en raison des options retenues par la firme, le groupe doit faire face des risques spcifiques.

B) Risques spcifiques lis la stratgie ou lorganisation de MICHELIN

a) Risque sur matires premires

Comme indiqu en premire partie, lensemble du secteur est particulirement sensible aux variations de prix des matires premires. Ce risque est aggrav pour la socit MICHELIN en raison de son choix de non couverture. Ces hausses de cots se rpercutent donc totalement (avec un retard de 6 mois 1an li au cycle de production de MICHELIN) et nont donc pas encore produits tous leurs effets. Cette augmentation a pes au premier semestre 2004 sur le rsultat dexploitation hauteur de 215 millions deuros (soit prs de 30% du rsultat dexploitation) impactant la marge de 2.8 points soit prs de 30% de la marge totale.

La solution retenue cette hausse est laugmentation symtrique des prix de vente.

Sans produit substituts existant actuellement, cette stratgie aujourdhui relativement efficace pourrait nuire terme la comptitivit du groupe et provoquer un tassement du chiffre daffaires dj observ en 2003 avec une simple rmission en 2004 (en raison dune demande exceptionnellement forte au premier semestre).

b) risque social

Pour conserver sa comptitivit, le groupe agit actuellement sur les autres postes de charges au travers notamment dun ambitieux plan de restructuration qui supposera un besoin de financement consquent et pourrait entraner rapidement une dgradation du climat social.

Michelin va ainsi supprimer 2900 postes en France d'ici 2006 soit 12% des 24.400 salaris qu'il comptait fin 2003 et procder des plans sociaux en Espagne et aux Etats-Unis.

Rappelons qu'entre 1999 et 2002, un plan de comptitivit en Europe avait dj abouti la suppression de 7500 emplois. Ces plans conduisent dj des conflits sociaux comme aux Etats-Unis o il y a quelques semaines Michelin a d renoncer en partie son objectif de baisse de 18% des cots en signant un accord avec United Steelworkers of America (usines de lAlabama, de lIndiana et de lOntario) ou des conflits juridiques.Ainsi le 5 novembre 2004, le tribunal des prud'hommes de Soissons a annul un des plans sociaux du groupe (usine Wolber) et impos la rintgration des salaris. Le dboutement en cassation de Michelin pourrait mme conduire (scenario peu probable) la rouverture du site ferm ou au versement de substantielles indemnits. Ces plans devraient donc peser lourdement sur les prochains exercices.

c) Risque juridique

Dune manire gnrale, Michelin veille au respect de toutes les dispositions lgales et rglementaires applicables dans ses relations avec lensemble de ses partenaires. Il nest soumis aucune rglementation ni disposition fiscale particulire, ni aucune autorisation pour lexercice de son activit susceptible davoir une incidence significative sur sa situation financire.

Les risques juridiques du Groupe sont principalement lis ses activits de concepteur, manufacturier et distributeur de pneumatiques.

Ainsi, le 31 mars 2003, le groupe MICHELIN a acquis le groupe VIBORG spcialis dans la distribution de pneumatiques en Allemagne et au Danemark principalement.

En raison de divergences avec le vendeur, MICHELIN a dpos une requte darbitrage portant:

Sur le refus de payer un versement complmentaire de 37 millions deuros au vendeur

Sur une demande de remboursement de 87.7 millions deuros MICHELIN par le vendeur

En cas de dcision dfavorable pour MICHELIN, limpact sur ses comptes pourrait slever environ 40 millions deuros.

d) Risque sanitaire

Le dveloppement du microcyclus ulei constitue une menace double titre pour MICHELIN:

Comme propritaire de plantations dhvas notamment au BRESIL, ce germe pourrait lui occasionner des pertes de production donc dexploitations consquentes mais aussi une dprciation de ses actifs au titre des immobilisations (les hvas tant considrs comme des actifs biologiques).

Comme industriel du pneumatique en le privant dune matire premire ncessaire la fabrication de pneus (le caoutchouc naturel reprsente 25% des intrants de la fabrication de pneumatiques).

e) Risque de transfert technologique incontrl

Pour explorer certains marchs, notamment en Asie, MICHELIN a fait le choix de signer des accords de licence avec transfert de technologie des fabricants locaux comme TOYO au Japon. Compte tenu de lavantage concurrentiel notoire dans le domaine de la recherche dveloppement, ces transferts pourraient constituer terme un risque de diffusion des secrets de process et donc de contrefaon ou copie.

f) Risque sur le march nord amricain

Ce march extrmement concurrentiel qui reprsente un tiers du chiffre daffaires du groupe devrait connatre pour MICHELIN court terme un effet de ciseau sur son rsultat en raison dun chiffre daffaires constant (cf supra un march mature) ou en lgre hausse accompagn dune augmentation trs importante des cots de matires premires mais aussi une rigidit du cot de la main duvre avec les rcents conflits.

Aggravant cette baisse de profitabilit de ce march, MICHELIN enregistre de plus un lger repli de ses parts de march qui pourrait saccentuer lavenir.

Le groupe franais Michelin vient en effet de dcider de ne pas renouveler son contrat de livraison de pneumatiques premire monte (poss sur des vhicules neufs) au constructeur General Motors.

g) Risque de taux de change

Malgr une couverture sur lexposition nette du risque de change du groupe, lcart de parit EURO/USD (baisse de 17% en 2003 qui sest poursuivi en 2004) a impact la marge hauteur de 0.2 point, dtriorant les rsultats raliss sur le march nord amricain dj peu rentable.

Dans le domaine des taux dintrts, la politique de gestion des taux est coordonne et contrle de manire centralise avec pour objectif la protection des flux de trsorerie futurs et la rduction de la volatilit de la charge financire. La gestion des taux dintrt moins dun an est assure de manire dcentralise. Le Groupe utilise les divers instruments disponibles sur le march, notamment des contrats dchange de taux ou de fixation de taux futurs. Les contrats fermes sont enregistrs au bilan ds leur conclusion. Ils ne font pas lobjet dune revalorisation leur valeur de march. Les primes verses sur les achats de contrats optionnels sont immdiatement enregistres dans le compte de rsultat.

e) Risque de crdit

Le groupe dtermine des limites dans lesquelles les entits oprationnelles peuvent accorder des dlais de paiement aux clients et fixe le plafond des en-cours. En 2003, ses principales actions ont port sur le contrle des grands risques, la diminution des retards de paiement, la modernisation des systmes et des procdures. Au 31 dcembre 2003, le poste clients net reprsente 2,98 milliards deuros au bilan. Ce poste comprend les crances cdes et titrises au travers de socits consolides. Len-cours des 10 premiers clients reprsente 612 millions deuros. 37 clients avaient des limites de crdit suprieures 10 millions deuros fin 2003. Sur la priode 1995-2003, les pertes annuelles sur en-cours clients se sont leves en moyenne 0,14 % du chiffre daffaires moyen de lanne prcdente.

Ce bilan plutt positif ne permet pas toutefois de se prononcer totalement sur la gestion du poste clients en labsence dinformations complmentaires sur les titrisations opres et les ventuelles dcotes accordes.

Pour rsumer cet tat des lieux, malgr la situation trs satisfaisante du groupe, tous ces risques combins un march trs concurrentiel et une croissance de long terme modeste pourrait classer ce secteur dans la catgorie des impasses stratgiques au sens de Porter. Aussi malgr la stratgie de diffrenciation engage par le groupe au travers de la fabrication de pneus haute technologie et lengagement du groupe sur le march Asie, ce diagnostic invite modrer le discours enthousiaste des rapports et communiqus du groupe et justifie les notations prudentes des agences de cotation quant aux perspectives:

Ngatives pour Standard and Poors

Stables pour Moodys

Face cet environnement, Michelin a opt pour une politique de croissance cible dont les principaux lments sont lapproche multi-marques (portefeuille de marques permettant une optimisation du mix du groupe), lie une segmentation approprie des consommateurs, la concentration des efforts marketing sur des segments de croissance et de forte rentabilit, le dveloppement de partenariats adapts avec les diffrents acteurs de la distribution ainsi quune approche mondiale de ses clients constructeurs en premire monte, et lamlioration de la chane et la rduction des cots.

Partie II: Situation financire et contrle interne

A) Situation financire

Les restructurations, lamortissement des carts dacquisition de Vilborg (amorti en totalit sur 2003) ainsi que la hausse des prix des matires premires ont conduit le groupe Michelin a fait face des difficults en 2003.

Malgr cela son chiffre daffaires est rest suprieur la moyenne nationale de son secteur dactivit.

a) Activit et postes du bilan

LactivitPour le premier semestre 2004 Michelin a su profiter dune conjoncture propice et a pu dynamiser son chiffre daffaires. Ceci grce une dynamique gnrale du march du pneumatique et dune stabilit de la monnaie, malgr une poursuite de la hausse des cots des matires premires. Cela a t rendu possible par leffet combin des hausses de prix, la ralisation de gains de productivit ainsi quun strict contrle des cots internes.

Fin juillet, Michelin avait prvu la poursuite de la hausse du cot de consommation de ses matires premires, principalement le caoutchouc naturel et l'acier, de l'ordre de 6% 7% au second semestre 2004. Or la variation du prix d'achat des matires premires se rpercute sur le cot de revient des ventes de Michelin avec un dlai de quatre six mois, selon le groupe, qui n'a pas de politique systmatique de couverture sur les matires premires. Au premier semestre 2004, la forte progression des volumes vendus et des prix pratiqus, associe la poursuite des gains de productivit, a permis de contrebalancer l'impact ngatif des pressions inflationnistes externes (le cot des matires premires consommes, des cots dnergie) qui a pes pour 185 millions d'euros sur le rsultat d'exploitation taux de change constant.

Chiffre daffaires1er semestre 2004Var 1er semestre 2004 / 2003

(en millions deuros)(en %)

Groupe7 821,006,40%

Tourisme / Camionnette3 737,202,90%

Poids Lourd2 077,309,10%

Autres activits2 472,1013,50%

Chiffres clefs au premier semestre 2004:

Chiffre daffaires: 7,82 milliards deuros (+6,4%)

Volumes vendus (tonnes): +7,1%

Rsultat dexploitation: 695 millions deuros (+20,1%)

Marge dexploitation: 8,9% (+1 point)

Rsultat net: 328,9 millions euros (+99%)

La variation du CA sexplique notamment par:

Un impact ngatif des taux de change du fait de lapprciation de leuro (surtout face lUSD), bien quon puisse noter une certaine stabilisation des taux de change sur la priode.

Un impact positif de la progression du volume des ventes. Cette dernire est la consquence de marchs remplacement porteurs, dont la croissance repose sur une demande finale forte, des achats anticips de distributeurs dclenchs par les hausses de prix et des marchs premire monte en progression soutenue pour les pneumatiques pour poids lourds, engins agricoles et de gnie civil.

Leffet prix / mix positif. Il reflte la fois l'amlioration du mix produit, les augmentations de prix sur l'ensemble des zones gographiques et la croissance des ventes sur le march du remplacement.

Limpact positif du primtre en particulier li l'acquisition des activits de distribution de Viborg. Cependant un effet contraire est observ par les socits Eurofit (activit d'ensembles monts), dtenues conjointement, ne sont plus consolides par intgration globale mais par mise en quivalence, conformment aux futures normes IFRS.

Postes du bilan

Les stocks:

La vente de pneumatique tant saisonnire elle oblige la constitution de stock lors du premier semestre afin de procder un destockage lors du second semestre. Ainsi on constate une augmentation normale des stocks entre la clture fin 2003 et la fin du premier semestre 2004.

De plus une meilleure matrise des stocks a permis une baisse de 24 millions deuros par rapport au premier semestre 2003. Leffet dune meilleure matrise est nuancer par une demande forte au long du semestre.

Client et comptes rattachs:

Les crances accordes aux clients augmentent de 122 millions deuros par rapport au 30 juin 2003. Toutefois grce une gestion suivie du poste client, les crances reprsentent 20,4% du CA au premier semestre 2004 (soit une baisse de 0,9%).

Fournisseur et comptes rattachs:

Le poste fournisseur augmente 168 millions deuros entre le 30 juin 2003 et 2004. Cependant une forte hausse de ce poste a t ralise lors du second semestre 2003, Michelin a diminu le poste fournisseur entre fin 2003 et le 30 juin 2004 (- 95 millions deuros).

Provisions:

Les provisions comprennent notamment :

- en matire d'engagements de retraite et autres avantages accords aux salaris, la valeur actualise, rgime par rgime, des obligations suprieure la juste valeur des actifs correspondants, ajuste des pertes et profits actuariels et du cot des services passs non comptabiliss,

- en matire dimpts diffrs : les passifs rsultant, socit par socit, de lenregistrement des diffrences temporelles taxables,

- en matire de restructuration : les montants estims correspondant aux mesures dcides par le Groupe et matrialises avant la date de clture par une annonce aux tiers concerns.

Les provisions pour risques et charges, comptabilises dans les comptes individuels pour la seule application des lgislations fiscales, sont reclasses nettes dimpts diffrs dans les capitaux propres.

Pour 2003, les provisions pour restructurations proviennent essentiellement du plan dvolution industrielle mis en uvre en Espagne.

Charges dexploitation:

Laugmentation des charges dexploitation a t cause par laugmentation des cots de lnergie et du fret maritime, la poursuite de la hausse des matires premires (+10,2% par rapport au premier semestre 2003).

Charges de personnel:

Le nombre de salaris du groupe a augment entre le premier semestre 2004 et celui de 2003 suite lintgration des 2400 salaris de Vilborg. Malgr cela le cot global des charges de personnel reste stable (hausse de 0,3%). Grce sa gestion des cots internes le groupe a pu faire diminuer ces charges en pourcentage du chiffre daffaires de 34,4% (semestre 1 2003) 32,4% au semestre 2004.

Capitaux propres:

Les capitaux propres ont augment de 204 millions deuros par rapport au 31 dcembre 2004, soit +4,7%. Au cours du premier semestre 2004 le groupe a ralis une distribution de dividendes de 181 millions deuros.

b) Continuit dexploitation

Endettement et exploitation Rsultat dexploitation:

Malgr la conjoncture et pouss par un march dynamique, le rsultat dexploitation sest accru de 20,1% par rapport au premier semestre 2003. Ainsi Michelin dgage une marge dexploitation en amlioration de 1 point, stablissant 8,9%.

Cette augmentation sexplique par une forte progression des volumes vendus. Ce niveau lev dactivit a permis de mieux absorber les cots fixes par rapport 2003. Elle sexplique aussi par lapplication de la stratgie du mix, en augmentant les prix des produits sur tous les marchs, tous les types de produits afin de faire face aux pressions inflationnistes.

Endettement financier:

Les dettes financires brutes ont augment entre les deux semestres, cet effet est essentiellement du laugmentation des dettes plus dun an tant donn que celles moins dun an diminuent.

en millions d'euros30-juin-0430-juin-03

dette financire brute50684984

dt + 1 an33372790

dt - 1 an17312194

Le groupe constitue une dette nette hauteur de 3677 millions deuros ce qui rvle une augmentation de 237 millions deuros. Ceci sexplique en partie par une augmentation du besoin en fond de roulement suite une hausse des stocks intervenue lors du premier semestre 2004.

Par rapport au 31 dcembre 2003, l'endettement net du Groupe (dette financire nette / fonds propres) se stabilise sous la barre des 80%, bien en dessous du niveau de 89% enregistr au 30 juin 2003.

La capacit dautofinancement

La capacit d'autofinancement a servi financer les oprations suivantes :

Les investissements nets en immobilisations corporelles et incorporelles pour 386 millions d'euros, tmoignage dune politique dinvestissement dynamique.

Les investissements financiers pour un montant de 65 millions d'euros essentiellement lis l'acquisition de participations minoritaire (10% dans le capital de Gajah Tunggal12, 1er manufacturier de pneumatiques indonsien, 14,9% dans celui d'Apollo Tyres), ainsi qu' la cration de la JV Michelin Apollo Tyres en Inde.

La constitution saisonnire de stocks au cours du 1er semestre, afin de prparer la saison de vente des pneumatiques hiver et de faire face au pic de la demande en pneumatiques poids lourds au 2nd semestre. Ainsi, et conformment la saisonnalit classique dans l'activit du Groupe, le cash-flow libre du premier semestre 2004 est temporairement ngatif hauteur de 23 millions d'euros. Toutefois, il faut souligner la progression de 172 millions d'euros du cash-flow libre par rapport au premier semestre de 2003.

Prennit de lentreprise

Donnes boursires:

Rpartition du capital en % dactions dtenues au 30 juin 2004:

41% autres institutionnels trangers

37% institutionnels franais

20% actionnaires individuels

2% personnel

Rpartition du capital en % des droits de vote au 30 juin 2004:

39,1% autres institutionnels trangers

32,8% institutionnels franais

26,2% actionnaires individuels

1,9% personnel

Principaux actionnaires:

Franklin Templeton: 5.80 %Franklin Resources: 5.72 %Wellington Management Company: 5.11 %Michelin a une capitalisation boursire au 30 juin 2004 de 6,5 milliards deuros avec des actions cotes sur le premier march de Paris Euronext.

Le bnfice net publi par action est de 2,22 euros au premier semestre 2004 suprieur de 0,01 fin 2003 (le double du premier semestre 2003).

Aprs le succs de la premire phase du plan dactionnariat salari en 2002, Michelin a lanc en 2003 une deuxime tape de souscription, propose plus de 103000 salaris de 70 pays. Au terme de ces deux phases, 69% des 113000 salaris ligibles sont devenus actionnaires. Ils ont demand plus de 3300000 titres, pour 2700000 disponibles, portant ainsi la part du capital dtenu par les salaris 2,2%. Ce taux de souscription est lun des plus levs obtenus dans le secteur industriel pour le lancement dun premier plan dactionnariat salari.

Pour conclure sur la continuit dexploitation du groupe Michelin, du point de vue de son activit le groupe fait face aux difficults du march et rivalise avec ces principaux concurrents, grce notamment une situation financire saine (le groupe a dgag fin juin 2004 une trsorerie positive de 383 millions deuros) ainsi qu une stratgie de recherche et dveloppement (en 2003 710 millions deuros soit 4,6% du CA ce qui reprsente un des niveau les plus lev du secteur). Toutefois en restant sur des produits haut de gamme Michelin risque de perdre des parts de march surtout face aux nouveaux marchs asiatiques en plein dveloppement, qui constituent une demande future considrable pour le march du pneumatique.

Michelin en respect du passage aux normes IFRS a ralis des comptes consolids pour lanne 2004 en respectant ces normes, les principaux impacts du passage aux normes IFRS sur les comptes consolids du Groupe Michelin sont connus. Leur identification et leur matrise refltent la politique de rigueur de gestion prudente que Michelin a toujours privilgie.

c) Impact du passage aux normes IAS/IFRS sur les comptes du groupe

Seules trois normes semblent devoir avoir un impact significatif en matire d'valuation des comptes: la norme IFRS, 1 en liaison avec la norme IAS 19 (avantages du personnel); la norme IFRS 1, en liaison avec la norme IAS 17 (contrats de location financire); et la norme IAS 36 (perte de valeur des actifs). Les autres normes IFRS ont un impact limit ou sont sans impact pour Michelin.

En terme de prsentation, le principal impact se situe au niveau du chiffre d'affaires du Groupe. A titre indicatif, l'impact de ces reclassements sur le chiffre d'affaires du 1er semestre de 2004 est ngatif de 335 millions d'euros. En effet, le chiffre d'affaires du 1er semestre publi en normes franaises s'levait 7 821 millions d'euros, aprs application de la norme IAS 18, le chiffre d'affaires s'tablit 7 486 millions soit une baisse denviron 4%.

Sur l'ensemble de l'exercice 2004, l'impact de ces reclassements devrait tre du mme ordre sur le chiffre d'affaires. Dans la mesure o il ne s'agit que de reclassements, il n'y a aucun effet sur le rsultat oprationnel ou sur le rsultat net.

En matire de prsentation du bilan la combinaison des modifications de prsentation avec l'imputation de la perte actuarielle non reconnue au 31 dcembre 2003 dans les capitaux propres du bilan d'ouverture IFRS au 1er janvier 2004 se traduit par une hausse du ratio endettement net sur fonds propres ou gearing qui passe de 75% 113% (impact de 1.2 milliard deuros sur les fonds propres par application de la norme IFRS 1 et IAS19).

La norme IAS 38 relative lactivation de certaines dpenses de recherche/dveloppement qui aurait pu avoir un impact fort en raison de ce poste majeur de charges restera en fait sans effet Michelin estimant que les six critres dactivation ntant pas runis, il nactivera aucune de ces charges.

Malgr nos contacts auprs du service investisseurs du groupe, il na pas t possible de prciser limpact des normes IAS IFRS du calcul des amortissements en sous ensembles sur les rsultats du groupe.

d) Impact de la rglementation environnementale

Protocole de Kyoto

Michelin nenvisage pas de devoir acheter des droits dans les deux annes venir en raison dune demande prvue atone qui devrait limiter la croissance de la production dune part et des efforts consentis pour rduire les missions dautre part. Toutefois, le groupe sest engag dans une vaste campagne de recherche mais aussi de mise en place de procdures (cf norme ISO 14000 dans la partie contrle interne) pour anticiper ces nouvelles rglementations. Cette politique trs porteuse en termes de notorit a permis Michelin de se hisser au 2me rang des entreprises franaises sur le plan thique (tude journal du management avril 2004) et se traduit notamment par des actions trs promotionnelles comme:

- Ladhsion de MICHELIN au WBCSD. Conseil mondial des affaires pour un dveloppement durable, qui a pour but dinviter les gouvernements crer un cadre international de lutte contre le changement climatique sur la base de la Convention-cadre de l'ONU sur le changement climatique et de son protocole de Kyoto

- La cration dun prototype de voiture propre en Suisse

Michelin et un institut de recherche suisse ont mis au point un prototype de voiture "propre" fonctionnant avec une pile combustible, qui offre une autonomie de 400 km en roulant 80 km/h de moyenne. Plus remarquable, Le vhicule ne dgage que de la vapeur d'eau.

- La conception dun pneu vert

En 1999, la socit Michelin a dvelopp un pneu prototype de rsistance comparable une roue de chemin de fer permettant lors de lEco Marathon Shell de parcourir 2227 km avec 1 litre dessence!

Directive europenne relative au recyclage des pneumatiques

Le pneumatique constitue actuellement un dchet ultime inerte sans filire de recyclage ddie. Les directives europennes imposent dsormais llaboration dune filire intgre de valorisation et gestion de ces dchets. Cette volution rglementaire pourrait constituer une opportunit de dveloppement de lactivit du groupe trs importante.

B) Contrle interneLoptimisation des oprations de lactivit de lentreprise, la fiabilit des informations comptables et financires, et la scurisation des actifs (conformit) sont les trois lments objectifs du contrle interne. Nous allons dcrire le contrle interne en commenant

Au niveau juridique, Michelin fait preuve dexception parmi les socits cotes. En effet lentreprise familiale est depuis 140 ans une socit en commandite par actions. Pour mieux comprendre la structure juridique de la CGEM, il est important de distinguer les associs commandits et les associs commanditaires :

Seulement responsables des dettes de la socit qu hauteur de leurs apports en capitaux, les associs commanditaires (actionnaires) sont titulaires dactions, exclusivement nominatives, qui nont donc pas tre bloques avant les Assembles Gnrales. Ils approuvent les comptes arrts par la Grance et dcident de laffectation du rsultat et nomment les grants, les membres du conseil de surveillance et les commissaires aux comptes. Les actionnaires dtiennent le pouvoir de contrle.

Les commandits, eux, sont responsables indfiniment et solidairement sur leurs biens personnels des dettes de Michelin en cas de dfaillance de la Socit. Leurs dsengagements nest possible que sur une dcision des actionnaires runis en A.G.E. Les grants assurent la direction de lentreprise et rendent compte de leur gestion au Conseil de Surveillance et lAssemble Gnrale annuelle des actionnaires ; ils arrtent les comptes de lexercice et proposent laffectation du rsultat de lexercice. Noublions pas que lobjectif initial de la famille Michelin tait de garder le contrle de la socit.

a) Distinction entre la grance et le contrle

La responsabilit des grants est la plus forte garantie donne aux actionnaires que Michelin est gr dans leur intrt long terme. Une telle structure renforce donc la vigilance de la direction lgard de la prise de risque. En change, ils bnficient dun prlvement statutaire attribu en fonction des bnfices de lexercice, dfini chaque anne par les actionnaires. En leur qualit dAssocis commandits, les Grants ont reu en 2003, au titre de lexercice 2002, un montant total de plus de 8 millions d (8 537 852,81). Ils ne peroivent par ailleurs aucune rmunration et donc partagent pleinement lintrt des actionnaires.

Le contrle permanent de la gestion de la socit est assur par le conseil de surveillance. Il examine les comptes, apprcie lopportunit de la gestion, met un avis sur laffectation du rsultat. Il ralise un rapport sur les conditions de prparation des travaux du Conseil et sur les procdures de contrle interne mises en place par la Socit. Les membres de ce conseil ne peuvent entretenir aucune relation de quelque nature que ce soit avec la socit, ses filiales ou la direction, qui puissent compromettre lexercice de leur libert de jugement.

Lextrait du rapport annuel 2003 indique les diffrentes conditions dindpendance du conseil de surveillance:

- les grants ne peuvent ni en devenir membre, ni prendre part llection de ses membres,

- la CGEM ne dtient pas de participation dans des socits extrieures au groupe dans

lesquelles les membres de son conseil de surveillance exercent des fonctions ou des

mandats sociaux,

- ni les grants, ni aucun des dirigeants du groupe Michelin ne participent aux instances

sociales de ces mmes entreprises,

- lanalyse et le contrle du conseil de surveillance couvrent lensemble des activits,

rsultats et perspectives du groupe.

b) Le Conseil de Surveillance

Suite des nouvelles exigences rglementaires (loi de scurit financire) et volonts de contrle, la socit Michelin via son conseil de surveillance dcide donc de sattacher plusieurs points: examen des comptes et des programmes de rvision des commissaires aux comptes et de laudit interne, analyse du contrle interne et des mthodes comptables adoptes, et enfin lanalyse des risques financiers globaux (trsorerie, engagements, litiges).

c) Le contrle vu par les commissaires aux comptes

Le contrle comptable est ralis par des commissaires aux comptes, nomms par les actionnaires lors de lAG pour une priode de 6 ans. Il vrifie la rgularit, la prudence des comptes et la bonne application des lois et rglements.

Les commissaires aux comptes du groupe vrifient que les auditeurs des entits locales ont rellement appliqu les normes internationales, et se concertent pour examiner les comptes consolids des filiales. Ils travaillent en collaboration. De plus, ils affinent leurs missions en ralisant des visites sur des sites bass ltranger. Ils rencontrent leurs homologues locaux, changent sur les nouvelles pratiques, rglementations et approfondissent certains sujets ayant besoins de prcisions.

d) Quelles sont les procdures de contrle interne?

Lentreprise a mis en place le Systme Qualit Michelin . Il est compos de procdures et instructions de contrle permettant :

- de fixer et sparer les responsabilits du personnel selon les activits,

- de dcrire les diffrents types de contrle oprationnels et organisationnels,

- de vrifier la conformit des normes qualits du groupe (quasi quivalente aux normes internationales),

- de vrifier le bon droulement des certifications dans les diffrents sites,

- dvaluer lefficacit optimum du dispositif,

- damliorer les faiblesses, points critiques du systme.

Il intgre galement lensemble des procdures daccs et de protection des informations communiques en interne et en externe. Ce dispositif inclue une dmarche importante de formalisation et dhomognisation des procdures du contrle interne.

En complment du Systme Qualit Michelin (voqu prcdemment), le groupe a mis en uvre une dmarche environnementale. En 1998, Michelin sengage diminuer les impacts et rduire les risques environnementaux lis son activit industrielle. Donc lentreprise a instaur un systme de management de lenvironnement ayant pour certification la norme ISO 14001, qui formalise officiellement et internationalement le systme interne : Qualit Michelin.

Pour atteindre les objectifs, leurs actions sorientent sur 4 directions :

- prendre en compte la prvention des diffrentes formes de pollutions,

- tablir un plan environnemental annuel,

- se conformer la lgislation, la rglementation et aux autres exigences environnementales applicables,

- tablir de bons moyens de communication.

Cette volont de la direction est bien relle : 90 % des productions du Groupe taient raliss dans les usines certifies ISO 14001 fin dcembre 2003 . Pour optimiser le respect de lenvironnement, lentreprise cherche diminuer la consommation de matires premires et dnergie grce laugmentation de la longvit des pneus ou encore au rechapage des pneus poids lourds. Notons que Michelin a t lun des premiers dans le secteur a install une telle dmarche et obtenir une certification internationale. Les enjeux sont considrables pour Michelin :

- amlioration de la performance globale de lentreprise et sa notorit,

- rponse des attentes (Volvo, Ford et General Motors impose que leurs fournisseurs soient certifis par cette norme ISO),

- garantie la bonne gestion environnementale auprs des assureurs, des banques et des actionnaires,

- rduction des dchets la source.

Cet effort de protection cologique a t fortement reconnue en 2002 par la Nigerian Conservation Fondation (NCF), qui a attribu Michelin le prix de la socit la plus respectueuse de lenvironnement au Nigeria.

De plus, Michelin a impos des exigences environnementales tous nouveaux projets afin de prserver particulirement les contaminations du sol, des eaux souterraines et pluviales ainsi que la faune et la flore. Un rseau appel environnement et prvention est compos de nombreux spcialistes (140 personnes en 2003) bass dans tous les pays dimplantation. Ils traitent plusieurs sujets tels que lhygine, les conditions de travail, la scurit et la prvention sur les sites industriels. Ce groupe de travail dispose dun budget adapt leurs besoins. Chaque anne, ils participent lvaluation du montant des provisions pour risque environnemental. A la clture de lexercice 2003, ce montant tait de 10 millions deuros.

e) Les procdures de contrle interne concernant linformation comptable et financire:Les grants, M. Edouard Michelin et M. Ren Zingraff, sont responsables de la publication dune information financire et comptable fiable. Lorganisation du groupe diffre selon les fonctions, en effet les quipes comptables dpendent principalement des zones gographiques, tandis que les contrleurs de gestion sont principalement relis aux lignes-produits. Le groupe est dirig par les grants, et par le Conseil Excutif du Groupe (comit regroupant les principales directions). Chaque mois, le Conseil Excutif du Groupe et les directions lignes-produits examinent les variations des tats financiers et analysent les carts de gestion entre le prvisionnel et le rel.

Les procdures, dfinies par le service central, sont appliqus au niveau local tels que:

- des inventaires physiques des immobilisations et stocks,

- la sparation des taches,

- la crdibilit des sources dinformations,

- lhomognit des principes comptables,

- obligation de faire remonter les donnes comptables pour vrification et consolidation, qui permette llaboration des comptes financiers de lensemble du groupe.

f) Quels outils complmentaires disposent Michelin pour son contrle?

Appuy de la mthode COSO (Committee of Sponsoring Organisations of the Treadway Commission), le groupe est organis en lignes-produits avec un domaine dactivit et des moyens dfinis au niveau dveloppement, production, marketing et commercialisation. Cependant le groupe souhaite une certaine unification entre les entits, il a mis en place la charte Performance et Responsabilit Michelin dont les valeurs dintgrit et dthique sont mis en avant. Le respect des clients, du personnel, des actionnaires, de lenvironnement interne et externe au groupe reste les proccupations concrtes de Michelin mis en pratique par cette charte. Le service Audit, organe indpendant, a mis en place des instruments rigoureux pour capter les rclamations des clients afin de pouvoir rpondre au mieux leurs besoins.Conclusion

Suite notre analyse, nous prconisons les pistes suivantes daudit:

Etudier lvaluation et la valorisation des stocks de matires premires en raison de leur importance pour le secteur, de linertie de 6 mois sur le prix des produits finis et enfin de la conjoncture prvisible sur le march de matires premires.

Analyser les modalits de gestion de trsorerie dont le montant apparat confortable (383 millions deuros). Existe-t-il une gestion active au sein du groupe au travers de la compagnie financire?

Etudier la valorisation des crances titrises qui peuvent impacter la marge oprationnelle suite leur dcote.

Evaluer le diagnostic stratgique en fonction des parts de march par produits et par zones gographiques.

Contrler la lgitimit de la dcision (la ralit des arguments avancs) de non activation des dpenses de recherche comme le prvot les normes IFRS.

Enfin deux points mritent des lments dinformations complmentaires:

il na pas t possible danalyser les procdures damortissement envisages dans le cadre des nouvelles normes (amortissement par sous ensemble), il serait intressant dobtenir une valorisation actualise compte tenu de lintensit capitalistique de cette industrie (immobilisation importantes).

deux postes de dpenses sont tudier particulirement les provisions pour les plans sociaux (grves aux USA, litige avec Wolber, fermeture du site de Poitiers, fermeture des sites amricains) ainsi que le contentieux juridique avec Vilborg.

Bibliographie

Entretien tlphonique, concernant des informations complmentaires sur les IFRS et les provisions: - M. Palmier (service investisseurs),

- Mme Kubler (service financier).

www.michelin.com

www.lesechos.fr

www.first-finance.frwww.finance-research.net

www.lemonde.fr

www.industrie.gouv.frwww.latribune.frwww.lecaoutchouc.comwww.lexpansion.comRevue du centre franais du caoutchouc

Revue du syndicat national du caoutchouc et des polymres (octobre 2004)

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