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Français/Histoire 30F La Nouvelle-France : Les alliances économiques et politiques SOURCE : http://www.museedelhistoire.ca/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france/colonies-et-empires/expansion-territoriale-et- alliances/ Les alliances franco-autochtones Explorer l’Amérique du Nord et s’établir à quelques endroits stratégiques auraient été impossible sans les alliances avec les nations autochtones. Dès 1603, Champlain peut remonter le Saint-Laurent parce que Gravé Du Pont, responsable de l’expédition, conclut une première alliance avec le chef montagnais Anadabijou à la pointe Saint-Mathieu (aujourd’hui Baie-Sainte- Catherine). À partir de ce moment, les Français vont s’engager à plusieurs reprises, oralement ou par écrit, auprès des nations amérindiennes. En effet, ils comprennent très tôt que des relations amicales avec les autochtones sont indispensables s’ils veulent s’implanter durablement en Amérique du Nord. Une population et des troupes peu nombreuses les y obligent. Ces alliances sont également primordiales pour mener à bien l’exploration du continent. Sans l’accord d’une nation, un explorateur ne peut traverser de nouveaux territoires pour atteindre ceux qui se trouvent au-delà. Les alliances sont également nécessaires au commerce. Ainsi, les alliances que noue Champlain avec les Montagnais, les Algonquins et les Etchemins lui donne accès à un vaste réseau de traite qui s’étend jusqu’au Pays d’en Haut. La traite dépend avant tout des bonnes relations avec les partenaires autochtones. Or, pour ces derniers, il ne saurait y avoir d’échanges sans alliance. Lors des rencontres commerciales, il n’est pas question de prix mais de dons. Les rapports économiques ne sont pas les mêmes qu’en Europe : la réciprocité l’emporte sur l’économie de marché. En effet, pour les Amérindiens, l’échange de marchandises a avant tout une valeur symbolique : il représente la réciprocité politique entre groupes autonomes tandis que l’absence de traite est synonyme de guerre. Les alliances militaires Chez les Amérindiens, une alliance commerciale débouche inévitablement sur une alliance militaire. Aussi, les nations alliées demandent-elles aux Français comme condition de l’échange de les protéger ou de participer à

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Page 1: meghan.rauch@7oaks.orgmadamerauch.weebly.com/.../alliances_franco-autochtones.docx · Web viewLors des rencontres commerciales, il n’est pas question de prix mais de dons. Les rapports

Français/Histoire 30FLa Nouvelle-France : Les alliances économiques et politiquesSOURCE : http://www.museedelhistoire.ca/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france/colonies-et-empires/expansion-territoriale-et-alliances/

Les alliances franco-autochtones

Explorer l’Amérique du Nord et s’établir à quelques endroits stratégiques auraient été impossible sans les alliances avec les nations autochtones. Dès 1603, Champlain peut remonter le Saint-Laurent parce que Gravé Du Pont, responsable de l’expédition, conclut une première alliance avec le chef montagnais Anadabijou à la pointe Saint-Mathieu (aujourd’hui Baie-Sainte-Catherine). À partir de ce moment, les Français vont s’engager à plusieurs reprises, oralement ou par écrit, auprès des nations amérindiennes.

En effet, ils comprennent très tôt que des relations amicales avec les autochtones sont indispensables s’ils veulent s’implanter durablement en Amérique du Nord. Une population et des troupes peu nombreuses les y obligent. Ces alliances sont également primordiales pour mener à bien l’exploration du continent. Sans l’accord d’une nation, un explorateur ne peut traverser de nouveaux territoires pour atteindre ceux qui se trouvent au-delà. Les alliances sont également nécessaires au commerce. Ainsi, les alliances que noue Champlain avec les Montagnais, les Algonquins et les Etchemins lui donne accès à un vaste réseau de traite qui s’étend jusqu’au Pays d’en Haut.

La traite dépend avant tout des bonnes relations avec les partenaires autochtones. Or, pour ces derniers, il ne saurait y avoir d’échanges sans alliance. Lors des rencontres commerciales, il n’est pas question de prix mais de dons. Les rapports économiques ne sont pas les mêmes qu’en Europe : la réciprocité l’emporte sur l’économie de marché. En effet, pour les Amérindiens, l’échange de marchandises a avant tout une valeur symbolique : il représente la réciprocité politique entre groupes autonomes tandis que l’absence de traite est synonyme de guerre.

Les alliances militaires

Chez les Amérindiens, une alliance commerciale débouche inévitablement sur une alliance militaire. Aussi, les nations alliées demandent-elles aux Français comme condition de l’échange de les protéger ou de participer à leurs guerres. C’est ainsi que s’explique l’intervention des Français dans la guerre qui oppose Hurons et Iroquois au début du XVIIe siècle. C’est contraint que Champlain s’engage aux côtés des premiers alliés économiques des Français, les Hurons, lors de leur victoire du lac Champlain en 1609. Cette participation française est à l’origine de la longue inimitié des Iroquois.

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