Medievales - Num 14 - Printemps 1988

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  • Mesum

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    VALES i

    LA CULTURE SUR LE MARCH (>.

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    Revue publie avec le concours /y^ 'r- d" C.N.R.S. et du C.N.L. JA L

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  • PUV, Saint-Denis, 1988

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  • MDIVALES

    Revue semestrielle publie par les Presses Universitaires de Vincennes-Paris VIII avec le concours

    du Centre National de la Recherche Scientifique et du Centre National des Lettres

    COMIT DE RDACTION - -^9*-"- ^'

    Jrme BASCHET : ~ ^K/^V l - "l Sff

    Franois-Jrme BEAUSSART ~ ~

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    Bernard CERQUIGLINI P^4-

    Franois JACQUESSON . J / Mj i Ijppf- V" =S~- ' Christine LAPOSTOLLE ~jl

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    Fiorella SIMONI

    Lada HORDYNSKY-CAILLAT

    Les manuscrits, dactylographis aux normes habituelles, ainsi que les ouvrages pour comptes rendus, doivent tre envoys :

    MDIVALES Presses Universitaires de Vincennes Universit Paris VIII 2, rue de la Libert, 93526 Saint-Denis Cedex 02

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  • SOMMAIRE N 14 PRINTEMPS 1988

    LA CULTURE SUR LE MARCH

    Prsentation Yvonne CAZAL 5

    Du bleu et du noir : thiques et pratiques de la coul eu i la fin du Moyen ge

    Michel PASTOUREAU 9

    Jacques Raponde marchand de manuscrits enlumins Brigitte BUETTNER 23

    Le commerce et le prt de livres Lucques dans la premire moiti du XVe sicle

    Sante POUCA 33

    Les secrs des dames , tradition, traductions Dinor CORSI 47

    Entre savoir et pratiques : le livre de cuisine la fin du Moyen ge

    Bruno LAURIOUX 59

    Entre invention, restauration et vente : la peinture mdivale au dbut du XXe sicle

    Gianni MAZZONI et Alberto OLIVET 73

    Livres sur mesure, texte traduit et prsent par Odile REDON 91

    B.D. ou Byzance dessine Pascal DAYEZ-BURGEON 95

    La prison amoureuse de Guillaume de Ix)rris Zuzanna MA RCI N KO WSK A 103

    L'archevque, l'hrtique et la comte (premire partie) Gilles BOUNOURE 113

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  • Notes de lecture 129

    Elisabeth Carpenti er, Orvieto la fin du xuf sicle . Ville et cam- pagne dans le cadastre de 1292 (A. Cortonesi); Anne- Marie Lecoq, Franois Ier. Imaginaire symbolique et politique l'aube de la Renaissance franaise (N. Faucherre) ; Daniel Russo, Saint Jrme en Italie . tude d'iconographie et de spiritualit ( xii-xiv* sicles) (C. Lapostolle) ; Pierre Legendre, Leons iv, suite. Le dossier occidental de la parent . Textes juridiques indsirables sur la gnalogie, traduits et prsents par Anton Schtz, Marc Smith, Yan Thomas, prcds d'un avant-propos et d'un loge de Mayo par Pierre Legendre (A. Boureau); David S. Landes, L'Heure qu'il est. Les horloges, la mesure du temps et la formation du monde moderne. Traduit par P.-F. Dauzat et I Evrard (A. Boureau).

    Supplment au n 14 : Index des annes 1982-1987, articles parus, ouvrages recenss.

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  • PRSENTATION

    Dans le thtre mdival , ds sa naissance , un personnage apparat , c'est le marchand : marchand onguents qui vend aux femmes du matin de Pques de quoi embaumer le corps du Christ , marchand huile, dernier et impuissant recours des Vierges folles qui ont laiss s'teindre leur lampe. Muet dans le texte de V vangile, ce personnage est une cration mdivale et, simplement esquiss une rplique dans les drames les plus anciens, le rle s'toffe et grandit avec la volont de ralisme des auteurs, une manire continue jusqu'aux mystres du XVe sicle. Le marchand introduit, en effet, une note familire et raliste dans la reprsentation de l'Histoire sainte que sa prsence contribue adapter au temps et aux proccupations des auditeurs. Sa prsence, son caractre bienveillant sont l pour distraire srement, pour faciliter l'identification du spectateur aussi, et provoquent coup sr un effet de rel dans la reprsentation des drames sacrs.

    Le thme du marchand, la rdaction de mdivales relevait d'un effet et d'un souci de rel analogues. Tout d'abord, il rpondait au dsir de s'inscrire dans une actualit de la rflexion historique puisque le pro- chain congrs des mdivistes, en juin de cette anne, s'est choisi pour thme : Le marchand au Moyen Age . Avant mme que la revue ne s'en fasse l'cho, elle apporte donc par ce numro son grain de sel ou sa pierre l'difice , comme on voudra.

    Souci d' ouverture galement, car parler du marchand nous permettait d'ouvrir nos pages l'histoire conomique, jusqu'ici peu reprsente dans MDIVALFS. Las ! Ds la lecture du titre, le lecteur a pu constater que nous avons t repris par nos dmons. La rdaction de l'quipe de rdac- tion, partant les chercheurs sollicits et les articles retenus se sont trouvs orients vers un commerce bien particulier, celui des biens culturels. L'effet de rel joue cependant plein puisqu'il reste que le produit culturel est considr du point de vue de ses conditions d'existence et de son support matriel. En ce sens, l'article de Michel Pastoureau : Du bleu au noir : thiques et pratiques de la couleur la fin du Moyen ge , montre que les rapports ne sont pas ceux que l'on croit entre techniques et usages de

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    la couleur . Dans ce domaine , ce sont les choix symboliques qui suscitent les progrs techniques. Le prix du pigment , donc l'intensit de la couleur dterminent l'apprciation - en termes sociaux - de la miniature ou du vtement.

    Cette attention porte en amont de l'uvre dart , sa fabrication, comme en aval, sa diffusion , nous fait chaque tape rencontrer le marchand. Mais V tude du march de la culture se heurte t aux poques anciennes la pnurie de documents. Les marchands , dans ce numro , sont hommes des XIIIe, XIVe et XVe sicles, pour cette raison mme. Mais il y a, cette dlimitation chronologique, une cause moins contingente. Cest partir du XIIIe sicle, au moment o l'on passe un monde essentiellement rural une civilisation urbaine, d'une mentalit axe sur le collectif la naissance un certain individualisme et une culture aux mains des reli- gieux une culture qui devient aussi laque, que s'affirme le personnage du grand marchand.

    L'unit de ce numro est aussi gographique. lire mdivales, le marchand serait italien! Il est vrai que nous ne disons rien de l'Europe du Nord, peu de choses de l'Orient. Il y a l de l'arbitraire et des raisons. Le premier tient au choix des auteurs , il ne doit pas faire croire une exclu- sion. Les secondes tiennent l'Histoire. L'Italie, en effet, tait demeure en contact avec l'Orient et avait maintenu ainsi une conomie moins ferme que le reste de l'Occident. Sa structure urbaine - amplifie, au demeurant par l'activit commerciale - a favoris l'mergence prcoce d'un grand commerce italien. Et si ce dernier est bientt relay par tous les autres pays de l'Europe occidentale, les grands marchands des villes de Vitlie centrale et septentrionale conservent un rle prpondrant jusqu' ce que la dcouverte de l'Amrique place les pays atlantiques au centre du monde.

    De cette convergence gographique un bnfice est tir : un paysage, plus mme, un milieu se dessine. Ainsi il est savoureux de trouver rappro- chs deux marchands contemporains et compatriotes. Jacques Raponde, lucquois de l'extrieur pourrait-on dire puisqu'il exerce son commerce de manuscrits Paris, et Michele Guirgi, demeur Lucques d'o sa f armile exile d ailleurs les Raponde en I40I!

    Le profil du marchand de biens culturels se prcise donc la lecture de l'article de Brigitte Buettner : Jacques Raponde, marchand de ma- nuscrits enlumins o l'on voit que l'intervention de cet homme affaires est sensible autant que dcisive pour la conception et V illustration du ma- nuscrit dans le dtail duquel il est mme permis de dceler sa griffe . Alors qu'on pourrait penser que les marchands ne s'intressent au culturel que dans un souci de diversification de leurs activits conomiques, l'exemple de Michele Guinigi oblige la nuance. Sante Polica, Com- merce et prt de livres Lucques dans la premire moiti chi XVe sicle , montre que Guinigi, en marge de son commerce, suscite et entretient un rseau de prt de livres qui n'obit en aucune faon des vises conorr-

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    ques mais bien plutt un souci de prestige et de justification politiques . Ces personnages , proche du pouvoir, font cho au pre du bienheureux Ambroise, Livres sur mesure (notre dition du texte traduit par Odile Redon) qui , en vue de tester le got de son fils pour les livres , fait fabri- quer tout exprs des brochures illustres.

    Le marchand suscite , inflchit tout autant qu'il fait circuler l'uvre art. On ne sait si au Moyen ge Vindication de l'conomique et de l'artistique allea t jusqu' la cration frauduleuse que nous rapportent Gianni Mazzoni et Alberto Olivetti : Entre invention, restauration et vente : la peinture mdivale au dbut du XXe sicle , qui nous a paru un beau contrepoint, mais les marchands sont soucieux de la demande et leurs interventions dessinent une attente du public. La culture, en effet, se dfinit aussi par un espace, tant gographique que social. Et, dans ces deux sens, elle adopte les contours, limites et perces de cet autre espace, le march que le voyageur, le marchand ouvrent, parcourent et entretiennent. Bruno Laurioux, Les livres de cuisine la fin du Moyen Age , nous montre combien les livres de cuisine se multiplient la demande un nouveau public ; de manuels techniques, ils se font livres rver, en

    ' se commercia- lisant. D'u