Les Carnets Sante 3

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JAN - FEV 2015 Magazine Gratuit Zoom sur... Les Addictions Dossier La maladie d’Alzheimer #Beauté #Sport #Médecine # 3 #Recherche #Sexo

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Les Carnets Santé, premier magazine gratuit de santé sur la Côte d’Azur vous propose de retrouver tous les deux mois 64 pages consacrées à la santé, la médecine et toutes ses spécialités ainsi qu’au bien être. Hommes et femmes y trouveront leur compte à travers des reportages, des analyses, des rencontres orchestrés par des journalistes et des professionnels de la santé. Le but ? Reprendre son quotidien en main !

Transcript of Les Carnets Sante 3

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    Jan - Fev2015Magazine Gratuit

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    Untitled-1 1 16/12/2014 16:40

  • L e voil ! Un troisime numro trs complet pour commencer l'anne 2015 avec beaucoup de nouveauts. Dans notre dossier pathologie d'abord, consacr la maladie d'Alzheimer avec une belle partie ddie aux recherches du cru dans un lieu empli de matire crbrale : Sophia Antipolis. De l'actualit, avec le flau de l'absentisme du personnel de sant ou les dcouvertes (encore!) sorties tout droit du dpartement avec des avances majeures sur le cancer. De l'info, de l'info... Mais aussi de la dtente ! Nos chroniqueuses vous confieront tous leurs secrets pour dmarrer l'anne en beaut. N'hsitez d'ailleurs pas tenter l'alternative avec la chiropraxie : de quoi partir du bon pied. De mon ct, je me suis intresse aux addictions : alcool, drogues, cigarettes... Mais pas seulement. Car oui, nous sommes dans l're numrique et le web est aussi une addiction. Sans oublier les cochonneries qu'on engloutit en mme temps... Bref ! Y a du boulot mais aussi de l'espoir. Souriez, 2015 vous ouvre grand ses bras. Belle anne tous !

    Jamais deux sans trois... L dito

    Rdactrice en chef

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    ACTUS

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    PATHOLOGIE

    RENCONTRE

    AVEC

    14 34Fin de Vie

    Vers une nouvelle loi ?

    8La Maladi

    edAlzheime

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    Sage-femme

  • 3DOSSIER

    ADDICTIONS

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  • News

    #Sant APPEL PROJETS SANT... 7ME !

    Favoriser et soutenir les projets innovants dvelopps par des quipes mdicales et scientifiques des Alpes-Maritimes, tel est lobjectif des appels projets sant du Conseil Gnral. Cette initiative est reconduite pour la septime anne. Les meilleurs projets ddis la recherche mdicale et aux amliorations en matire de dpistage, diagnostic et prise en charge de pathologie bnficieront dune subvention du Dpartement. Les domaines de cette anne ? Cancers, incluant les cancers de lenfant ; maladies neurodgnratives et perte dautonomie, handicap et maladies rares ou orphelines. Rsultats au printemps 2015 !

    Actualits locales

    #Pro Une appli pourles professionnels de sant

    Le groupe Pasteur Mutualit lance la premire application accompagnant les professionnels de sant. GPM e-Sant propose une large slection de plus de 800 applications aujourdhui disponibles en France. Classes par spcialits, professions et pathologies, toutes les applications recenses ont t testes et values de

    faon collaborative par un collge mdical. Une slection mensuelle des nouveauts permet aux professionnels davoir une vision actualise des applications disponibles.

    Disponible gratuitement sur lApp Store et sur Google Play.

    #Seniors

    Nice : Lancement du dispositif Voisin-AgeAfin damliorer la prise en charge des seniors, la ville de Nice et lassociation les petits Frres des Pauvres ont mis en uvre un nouveau dispositif. Voisin-Age est une manire indite de retisser des liens sociaux et de replacer les personnes ges au cur de la vie de leur quartier. Le but ? Privilgier la proximit et les affinits : rendre visite, tlphoner pour prendre des nouvelles, faire les courses, accompagner chez le mdecin, faire un peu de bricolage... Des gestes simples, des petites attentions au fil des jours !

    Infos : dispositif gratuit, bas sur le volontariat, sadresse tout public de + de 50 ans sans critre de revenus ou disolement.

    06 86 08 42 86 ou sur [email protected]

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  • #Sant Le 4 fevrier, on lutte contre le cancer !Le cancer constitue encore aujourdhui la premire cause de mortalit dans le monde. L est tout lintrt de la journe mondiale de lutte contre le cancer qui aura lieu le 4 fvrier : informer le grand public sur ce flau et sur sa prise en charge ainsi que faire prendre conscience de lutilit dun dpistage prcoce permettant darriver une gurison. Le 4 fvrier de nombreuses actions seront mises en place dans les diffrents tablissements de sant du dpartement ainsi que par les associations comme La Ligue contre le cancer 06. Nous vous informerons de toutes les manifestations via notre site internet www.lescarnetssante.fr. Restez connects !

    News

    #PrventionDPISTAGE SIDA CANNES

    #Sant Un test sanguin pour dtecter le

    cancer du poumon

    Lquipe du Professeur Paul Hofman, base au CHU de Nice a russi dtecter un cancer du poumon, avant mme quil ne soit visible par radiographie Une premire mondiale ! Grce

    ces travaux, dtecter la maladie serait possible des mois, voire des

    annes en avance. Cela permettrait une intervention chirurgicale prcoce et donc efficace. Il sagit dune avance majeure dans la lutte contre la maladie. Cette tude prliminaire doit prsent tre vrifie statistiquement plus grande chelle.

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    partir du mois de janvier 2015, la Ville de Cannes, en partenariat avec lassociation Action Sant Alternative du Bassin Cannois, propose aux Cannois une nouvelle perma-nence bimensuelle de tests de dpistage rapide VIH/Sida anonymes et gratuits. Ces permanences auront lieu le 1er et 3me jeudi de chaque mois de 14 heures 17 heures dans les locaux du service des vaccinations de la Direction hygine, sant et affaires sociales au 74, rue Georges Clmenceau Cannes.

    Renseignements : 04 97 06 49 16 (Direction hygine, sant et affaires sociales) ou

    06 16 72 53 54 (Action Sant Alternative du Bassin Cannois)

    #ErratumRendons Csar ce qui est Csar ! Petit erratum pour bien commence lanne car oui, lerreur est humaine ! Dans le numro Les Carnets Sant de novembre/dcembre 2014, nous avons corch les noms des matres de la sophrologie dans notre article A la dcouverte dun mtier. Il sagit donc du Professeur Alphonso Caycedo, psychiatre, qui a utilis des techniques de relaxation de Jacobson et de Schultz. Toutes nos excuses Sandrine Viseur, notre sophrologue interviewe !

  • Actualits

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    Hpital Pasteur II : les premiers patients accueillis ds fvrier 2015

    Concernant louverture de lhpital Pasteur II, les premiers patients ne seront accueillis qu la fin du premier trimestre 2015 selon la Ministre, soit avec deux ans de retard par rapport au calendrier initial. Une mise en place petit petit... Premires consultations prvues pour le 23 fvrier avec le dplacement du service de rhumatologie. Les urgences, elles, quitteront lhpital Saint-Roch entre le 30 mars et le 11 avril. La pharmacie et les archives dmnageront entre le 26 et le 30 janvier. Sauf improbable avis dfavorable de la commission de scurit ou problmes majeurs lors des phases de test, les nouveaux dlais annoncs en juillet devraient tre tenus.

    Un surcot de 8 millions deuros Face ces dates, les syndicats restent, nanmoins, prudents. Rappelons qu lorigine, louverture tait prvue pour avril 2012. Christian Estrosi et Olivier Gurin ont soulign les efforts de la communaut hospitalire dans son ensemble pour parvenir au retour lquilibre des comptes mis mal par ce retard. Le Dput-maire de Nice a fermement demand que ltat assume davantage ses responsabilits financires en garantissant ltablissement la prise en charge des derniers surcots lis ce retard, soit 8 millions deuros, sans obtenir pour autant ce stade dengagement ferme.

    Soucieux du retard de louverture au public de lhpital Pasteur II, le dput-maire de Nice, Christian Estrosi accompagn dOlivier Gurin, Adjoint la sant publique, a rencontr le 18 novembre dernier, la ministre de la Sant, Marisol Touraine.

  • Le 6me baromtre Alma sur labsentisme dans le secteur priv, montre que le taux dabsentisme dans le secteur de la sant atteint 5,9 % en 2013, soit plus que la moyenne nationale de 4,26%. Lhpital public connat le mme phnomne puisque la dure moyenne des arrts maladie lhpital a atteint 24 jours en 2010 et le taux dabsentisme se situerait, selon les tablissements, entre 9% et 14%. Bien sr, et ce nest pas nouveau, les mtiers du soin, du mdecin laide soignant, figurent parmi les mtiers les plus exposs : risques biologiques et viraux, contraintes physiques, pression psychologique, risques de violences et dagressions...

    La fin dun tabou

    Finalement, quest ce qui a chang ? Tout dabord, le regard port sur ce phnomne. Cela nest plus tabou dvoquer la sant des soignants. Actuellement quelques hypothses ont t mises expliquant les causes sociologiques, individuelles, collectives, organisationnelles, psychologiques, managriales, environnementales, socitales, technologiques, dmographiques de cet absentisme. Lintrt nouveau pour cette vraie question permet de mettre en place et daccder des statistiques bien plus fiables et fines qui aideront diagnostiquer les causes de cet absentisme, et donc, mieux le soigner.

    Une urgente ncessit Humaine tout dabord : quelle socit peut accepter sans ragir que ceux qui se dvouent pour soigner leurs semblables en ptissent ? Sanitaire ensuite : la vulnrabilit croissante des soignants doit interroger sur les priorits, sur les pratiques, sur les moyens, sur les limites. Cest toute la qualit de la prise en charge des patients qui en dpend. Economique enfin : avec des possibilits de financement en diminution constante, des besoins croissants dune population croissante et vieillissante, le systme de sant a besoin de toutes ses forces vives. Alors, oui, soigner peut, parfois, rendre malade, cest inhrent au mtier. Mais cela doit rester exceptionnel. Labsentisme des soignants nest pas une fatalit, et encore moins une pathologie incurable. Cest avant tout un phnomne qui pourrait tre vit par une meilleure connaissance de ses causes, par des mesures de prvention suffisamment prcoces, et par des traitements curatifs appropris.

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    En 2014, les mtiers de la sant ont toujours la cte auprs des Franais, qui les placent en tte du palmars annuel des mtiers prfrs. La premire raison ? Le don de soi. Et pourtant, les professionnels de sant ne semblent pas en grande forme.

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    ActualitsSoigner rend-il malade ?

    Par Florence Grasser

  • Actualits

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    Fin de vie : vers une nouvelle loi en 2015 ?

    Les dputs Jean Leonetti (UMP) et Alain Claeys (PS) ont remis le 12 dcembre dernier un rapport sur la fin de vie Franois Hollande. Le but ? Amliorer lactuelle loi Leonetti sur le sujet. Deux ides fortes y sont prsentes : la sdation profonde et continue et une meilleure prise en compte des volonts des patients.

    En France, depuis 2005, les situations de fin de vie sont encadres par la loi Leonetti. Cette dernire maintient linterdit de donner dlibrment la mort autrui et condamne lobstination draisonnable du corps mdical et la prolongation artificielle de la vie du patient. Elle permet ce

    dernier de demander larrt dun traitement mdical trop lourd. Cette volont peut tre exprime par des directives anticipes ou le recours une personne de confiance dans le cas o le patient se trouverait dans lincapacit dexprimer sa volont. La loi met aussi en avant un soutien accentu

    aux soins palliatifs et dicte au mdecin de soulager la douleur, de respecter la dignit du patient et daccompagner ses proches.

    Le rapport Claeys/Leonetti Lors de la campagne lectorale de 2012, le candidat Franois Hollande avait manifest sa

    Par Axel Mnard

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    Actualitsvolont damliorer la loi Leonetti rgissant lpineuse question de la fin de vie. Un rapport a donc t conjointement rdig par les dputs Jean Leonetti et Alain Claeys et remis le 12 dcembre dernier. Deux ides fortes en ressortent : la sdation profonde et continue et une meilleure prise en compte de la volont des patients.

    Le rapport prconise ainsi daller plus loin que la lgislation actuelle. Pour certaines maladies incurables, les patients pourraient bnficier dun recours une sdation profonde et ininterrompue, cela jusqu leur dcs.

    Les directives anticipes permettent au patient de stipuler son refus dun acharnement thrapeutique en cas de maladie grave. Le rapport prconise de les rendre contraignantes pour le corps mdical. Elles simposeraient dsormais au mdecin en charge du patient. Dj existantes dans la lgislation actuelle, ces directives nauraient plus de limite dans le temps (contre 3 ans actuellement) et pourraient tre modifies tout moment. Les dputs ont soumis lide que ces informations soient directement intgres dans la Carte Vitale de chaque patient afin de les rendre accessibles plus facilement.

    obtenir le droit dtre euthanasi, sans succs. La mre de Vincent Humbert, aide dun mdecin, provoquera la mort du jeune homme trois ans aprs son accident. Face la mdiatisation et aux vives ractions de lopinion publique, les dputs ont alors ouvert une mission dinformation sur laccompagnement de la fin de vie, prmices de la loi Leonetti. Depuis, de nombreux autres cas ont marqu lactualit : Chantal Sbire, Vincent Lambert, les poux du Lutetia

    Les affaires ayant men au dbat La lgislation sur la fin de vie sest construite, en partie, en rponse des procs et des affaires mdiatiques. Le cas de Vincent Humbert a provoqu un fort retentissement. En 2000, ce jeune sapeur-pompier de 19 ans est victime dun grave accident de la route. Il est devenu ttraplgique, muet et aveugle, tout en conservant ses facults intellectuelles. Il a entrepris de nombreuses dmarches pour

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    Ostopathie :

    Cest act, la sant individuelle passe par le bien-tre en entreprise. Et le bien-tre des salaris constitue un des leviers de la performance dune socit. Mais il ne suffit pas dtre convaincu du bien-fond de

    la mise en oeuvre dune politique de sant au travail, pour franchir le pas. Face lampleur du chantier, bon nombre dentreprises hsitent se lancer. Lobjectif est donc de mettre en place une relle alliance entre salaris, dirigeants,

    pouvoirs publics et professionnels de sant. Au coeur de Sophia Antipolis, vivier dentreprises du dpartement des Alpes-Maritimes, Atman Osteopathic Campus apparait comme une relle rponse cet enjeu de sant publique.

    Depuis quelques annes, les entreprises sont de plus en plus nombreuses se mobiliser pour lutter contre le stress de leurs employs. Le but ? Etre heureux au travail ! Gestion des motions, coaching pour le bien-tre et le bonheur, sport, relaxation... Les mthodes sont nombreuses. Parmi elles, lostopathie se positionne comme une vritable rponse thrapeutique lpuisement professionnel.

    Par Coralie Bouisset

    atout du bien-tre en entreprise

    Actualits

  • Actualits

    Lostopathie, ksako ?

    Il sagit dune mthode thrapeutique manuelle qui semploie amliorer les restrictions ou les pertes de mobilit des articulations, des muscles et des viscres. Mdecine naturelle, lostopathie agit sans mdicaments allopathiques ni appareillages. Elle repose sur le fait que des manipulations du systme musculo-squelettique et myofascial, permettent de soulager certains troubles fonctionnels. Cette mthode se dveloppe en complment ou en alternative de la mdecine classique. En entreprise, le rle de lostopathe est de travailler sur les gestes, les postures qui sont des points dterminants, explique Marc Bozetto, fondateur dAtman Osteopathic Campus. Nous nous penchons galement sur les hormones frnatrices ou accelratrices qui rgulent et rgissent nos organismes. Ces hormones peuvent notamment tre lorigine dune saturation de lorganisme et dun burn-out.

    Le burn-out : un sujet de socit

    De plus en plus de mdecins se battent pour faire reconnatre le burn-out, ou syndrome dpuisement professionnel, comme une maladie professionnelle. Une pathologie, vritable pidmie qui pourtant nexiste ni dans les cases de la Scurit sociale ni aux yeux de lEtat contrairement aux Etats-Unis ou au Japon o le burn-out est mme reconnu comme accident du travail depuis les annes 1970. Pour le dfinir, il sagit dune maladie issue de la souffrance au travail, un syndrome dpuisement massif et gnral qui toucherait en priorit les employs dynamiques et consciencieux. Le burn-out est un sujet encore tabou, poursuit le fondateur. Pourtant, il npargne aucune entreprise et peut toucher nimporte quelle personne connaissant des situations de stress ou de fatigue au travail.

    Alliance entreprise / cole

    Rsultat ? Les salaris doivent tre accompagns au coeur de lentreprise. Atman Osteopathic Campus a donc mis en place le Contrat de Partenariat Ecole-Entreprise (CP2E). Il sagit dun outil visant initier une dmarche didentification et de prvention des risques psycho-sociaux, dtaille Marc Bozetto. Un ostopathe est prsent un jour par semaine dans lentreprise et met en place un systme de veille continue, dalerte des risques et des soins de prvention. A la cl ? Une vritable matrise des cots de sant avec une diminution de labsentisme, des arrts maladies et du stress ; le tout engendrant une meilleure efficacit dans les socits. Un bel exemple de fertilisation croise, voulue par le snateur Pierre Laffite, fondateur de la technopole Sophia-Antipolis.

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  • ADSEA 06 : une entreprise associative

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    Cre en 1945, en pleine aprs-guerre et au dbut des trente glorieuses, lassociation avait pour objectif, cette poque, de rpondre des problmatiques denfants et de jeunes adultes en difficult, explique Erick La Joie, directeur gnral de lADSEA06. Dans le contexte de lpoque, le modle tait assez

    vertueux, le retour des financement de lEtat important. Mais ce modle conomique a chang depuis les anne 80/90. Aujourdhui, lassociation emploie plus de 750 salaris professionnels, qualifis et expriments, dans les diffrents champs de lintervention sociale et mdico-sociale. Dabord trs colls la fonction publique, des contraintes

    sont venues sajouter au fil des annes, poursuit le DG. Il a fallu sadapter en crant un sige social, en tant responsable en tant quemployeur. Nous navons pas compltement quitt le modle de la fonction publique mais le volet entreprise est venu sajouter lassociation. Des modifications qui ne sont pas sans consquence aujourdhui.

    Association dintrt gnral but non lucratif, lADSEA06 figure dans le dpartement parmi les plus anciens partenaires associatifs des pouvoirs publics. Son rle ? Laccueil, laccompagnement et la prise en charge de jeunes enfants, dadolescents et dadultes qui souffrent dun handicap, de troubles psychiques ou de graves difficults dinsertion sociale. Zoom sur une entit indispensable aux Alpes-Maritimes.

    Actualits

    Par Coralie Bouisset

  • Actualits

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    Il faut parvenir sortir de cette autoroute sur laquelle nous sommes depuis 1945, affirme Matre Charles Abcassis, Prsident de lADSEA06. Sans perdre le bnvolat ni nos principes, le but est daller chercher, selon les projets futurs dvelopps, des financements privs, des dons participatifs dentreprises pour repenser le projet associatif. Nous devons mieux communiquer sur lassociation pour tenter de la faire connatre et dinventer lavenir.

    Des actions diverses Vritable acteur du dpartement, lADSEA06 dispose dune trentaine dtablissements permettant daccueillir les patients selon trois ples de comptences : enfants, adultes et social. Les tablissements et services du Ple Handicap Mental Enfants accueillent des enfants et adolescents gs de 2 21 ans. Ces jeunes peuvent prsenter des dficiences intellectuelles avec un retard moyen ou profond avec ou sans troubles associs, ou des difficults psychologiques avec troubles du comportement perturbant gravement la socialisation et laccs aux apprentissages. Le Ple Handicap Mental et Psychique adultes accueille des personnes de 18 65 ans. Ce ple est actuellement compos dtablissements atant pour objectif de permettre des

    personnes handicapes adultes daccder au travail en milieu protg ou ordinaire ainsi que dhberger et daccompagner socialement des adultes handicaps, en fonction de leur degr dautonomie et de leurs attentes. Le ple social pour les adolescents et jeunes adultes en difficult sociale. Sil est vrai que le public peut prsenter des caractristiques communes, les tablissements et services qui le composent ont cependant des modes dactivit trs diffrents, rendant complexe la compilation des informations de ces structures : accueils de jour, dispositifs scolaires, rinsertions... Nous ne sommes pas une garderie ou une simple solution durgence, prcise Matre Charles Abcassis. Nous proposons des projets personnalits, de a z, pour grer des situations complexes qui ne se rsolvent pas en une journe. Nous faisons trs souvent face des enfants en grande difficult, qui sont par exemple scolariss dans des classes normales alors quils nont rien y faire. Cest pour cela que

    nous mettons en place une palette dtablissement permettant nos enfants dtre insrs socialement plus facilement. Notre association nexiste que par et pour ces personnes en difficult ainsi que par et grce nos salaris. La situation actuelle en France est difficile. Quand aucune solution nest trouve, que les personnes sont en situation de souffrance, elles sont envoye en Belgique qui a cr des institutions offrant une forme de prise en charge. Il faut passer du systme D comme dbrouille dispositif, affirme Erick la Joie. Nous avons besoin dune vritable cohsion entre les diffrents acteurs, la solution nest pas de trimballer les usagers de droite gauche. Mais je suis optimiste car limplication et lengagement des acteurs nous donne de beaux espoirs.

    Faites un don !Ensemble, rendons-les plus forts

    www.adsea06.org

    de leurs diffrencessoyons solidaires

  • 14

    La Maladie dAlzheimer

    Dossier

    Alzheim

    er

    Dcouverte en 1906 par Alos Alzheimer, psychiatre et neurologue allemand, la maladie dAlzheimer est une affection du cerveau dite neuro-dgnrative , entranant une disparition progressive des neurones. Vritable enjeu de sant publique, cette pathologie fait lobjet de plans de prise en charge, autant dun point de vue dpartemental que national. Zoom sur une maladie qui fait encore peur et dont le nombre datteints est en constante augmentation chaque anne.

    Par Coralie Bouisset

  • Dossier : Alzheimer

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    Maladie dgnrative engendrant un dclin progressif des facults cognitives et de la mmoire, cette pathologie se caractrise par une destruction des cellules nerveuses dans les rgions du cerveau lies la mmoire et au langage. Avec le temps, la personne atteinte a de plus en plus de difficults mmoriser les vnements, reconnatre les objets et les visages, se rappeler la signification des mots ainsi qu exercer son jugement. Gnralement, ces symptmes apparaissent aprs 65 ans et la prvalence de la maladie augmente fortement avec lge. Attention aux ides reues ! La maladie dAlzheimer nest pas une consquence normale du vieillissement. il sagit dune vritable forme de dmence, reprsentant 65% des cas. On entend par dmence les problmes de sant marqus par une diminution irrversible des facults mentales. Nanmoins, cette pathologie se distingue par son volution graduelle et par le fait quelle touche surtout la mmoire court terme.

    Qui peut-tre atteint ? La maladie touche environ 1% des personnes ges de 65 ans 69 ans, 20% des personnes ayant de 85 ans 89 ans et 40% des personnes ayant de 90 ans 95 ans. On estime quun homme sur huit et une femme sur quatre en souffriront au cours de leur

    900 000, chiffre largement diffus mais difficile valuer. En effet, de nombreuses personnes sont atteintes mais ne le savent pas encore, affirme Franoise Guigonis, prsidente de lassociation France Alzheimer 06. De plus, il sagit encore dune maladie honteuse, dont on ne parle pas forcment. Les gens pensent avoir un fou dans la famille. La Banque Nationale Alzheimer correspond la mesure 34 du plan national Alzheimer. Cette base de donnes permet de suivre lvolution de lactivit de lensemble des centres mmoire

    existence. Dans la mesure o les femmes vivent plus longtemps, elles sont plus susceptibles den tre atteintes un jour. La prvalence de la maladie dAlzheimer augmente trs fortement avec lge. Il nexiste cependant pas dtude permettant de donner des chiffres de prvalence et dincidence spcifiques de la maladie dAlzheimer dans le dpartement des Alpes-Maritimes ou mme en France. Au niveau national, on estime que le nombre de personnes atteintes slverait

  • Dossier : Alzheimer

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    en France et est gre par le CHU de Nice (CMRR et Dpartement de Sant Publique). Les rsultats sont donc les suivants : le nombre de personnes atteintes de la maladie dAlzheimer prises en charge par le systme de soins dans les Alpes-Maritimes est de 5 354 pour la priode 2008-2011. Par la mthode statistique nomme capture-recapture , il a t estim que le nombre total de personnes atteintes, prises en charge ou non par le systme de soins, tait de 11 215 sur la mme

    des personnes prsentant des troubles cognitifs mais pour lesquelles le diagnostic na pas encore t fait.

    Le cerveau, sige de la maladie La maladie dAlzheimer se caractrise par lapparition de lsions bien particulires, qui envahissent progressivement le cerveau et dtruisent ses cellules, les neurones. Ceux de lhippocampe, rgion qui contrle la mmoire, sont les premiers

    priode. Selon les estimations, 50% des personnes atteintes par la maladie dAlzheimer ont t diagnostiques et sont actuellement prises en charge par le systme de soins. Pour les autres personnes, il est vraisemblable quelles reprsentent : des personnes en perte dautonomie hberges dans les EHPAD du dpartement. des personnes prsentant une autre maladie grave qui fait passer la maladie dAlzheimer au second plan.

  • Dossier : Alzheimer

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    touchs. Le Docteur Alos Alzheimer est le premier avoir dcrit ces lsions crbrales lors de lautopsie dune femme morte de dmence. Il avait observ dans le cerveau de celle-ci des plaques anormales et des enchevtrements de cellules nerveuses dsormais considrs comme les signes physiologiques principaux de la maladie dAlzheimer. Deux types de dommages apparaissent donc dans le cerveau des personnes atteintes : La production excessive et laccumulation de protines bta-amylodes dans certaines rgions du cerveau. Ces protines forment des plaques, appeles plaques amylodes ou plaques sniles, qui sont associes la mort des neurones. La dformation de certaines protines structurales (appeles protines Tau). La faon dont les neurones sont enchevtrs est alors modifie. Cette forme de lsion sappelle la dgnrescence neurofibrillaire.

    Causes de la pathologie Dans limmense majorit des cas, la maladie apparat en raison dune combinaison de facteurs de risque, le vieillissement en tte de liste. Malheureusement, les causes de la maladie dAlzheimer ne sont pas encore connues. Les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires (hypertension, hypercholestrolmie, obsit,

    Diagnostic Mme sil nexiste, pour lheure, aucun traitement curatif, il est essentiel de pouvoir poser rapidement un diagnostic afin de mettre en place un plan daide adapt (aides mdicales, mdico-sociales, financires...) et un accompagnement efficace. La premire tape est la consultation chez le mdecin gnraliste. Cest lui qui, aprs une valuation globale, dcide dorienter la personne vers une consultation spcialise (consultation mmoire ou centre de consultation mmoire et de recherche) ou vers un spcialiste libral (neurologue ou psychiatre). Le patient est dabord interrog afin den savoir plus sur ses pertes de mmoire,

    diabte...) semblent galement contribuer son dveloppement. Les facteurs gntiques jouent aussi un rle important dans lapparition de la maladie. Ainsi, certains gnes peuvent augmenter le risque dtre atteint, bien quils ne soient pas directement la cause de la maladie. (voir pages 24-25 de notre dossier). Il existe galement des formes hrditaires de la maladie. Nanmoins ces dernires justifient moins de 5 % des cas. Les symptmes de la forme familiale apparaissent de faon prcoce, parfois avant 40 ans. Toutefois, mme si plusieurs membres dune mme famille sont touchs par cette maladie, cela ne signifie pas forcment quil sagit de la forme hrditaire.

    Les maladies neuro-dgnratives constituent un dfi pour notre systme de sant et la politique de recherche, en France comme linternational. Le plan 2014-2019 concerne lensemble des malades atteints dAlzheimer, de Parkinson, de sclrose en plaques et est largi lensemble des maladies neuro-dgnratives. Il comporte quatre axes stratgiques : soigner et accompagner tout au long de la vie et sur lensemble du territoire, favoriser ladaptation de la socit aux enjeux des maladies neuro- dgnratives et attnuer les consquences personnelles et sociales sur la vie quotidienne, dvelopper et coordonner la recherche sur les maladies neuro- dgnratives et enfin faire de la gouvernance du plan un vritable outil dinnovation, de pilotage des politiques publiques et de la dmocratie en sant. Ce nouveau plan est plein de bonnes intentions, souligne le Professeur Robert. Maintenant, il faut voir si les financements suivront.

    Le plan maladies neuro-dgnratives 2014-2019

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    ses difficults quotidiennes. Des test dcriture, de vision, de rsolutions de problmes, permettant dvaluer les facults cognitives sont galement effectus. En cas de trouble de la mmoire, mme en tant attentif, les performances au test du

    troisime est un mlange des deux (imagerie des bio-marqueurs) dtaille le Professeur Philippe Robert, coordinateur du Centre Mmoire de Ressources et de Recherche (CMRR) du CHU de Nice. Pour la maladie dAlzheimer et les maladies apparentes, le

    patient seront anormales. Des examens plus pousss sont parfois ncessaires. Nous utilisons trois types de bio-marqueurs : deux proviennent essentiellement de limagerie crbrale classique (IRM, imagerie par rsonance magntique) et de la biologie (ponctions lombaires), le

    Dossier : Alzheimer

  • 19

    diagnostic est long tablir, en particulier cause du caractre progressif des symptmes. La frontire entre ce qui est bnin et ce qui est pathologique nest pas toujours claire au stade prcoce de la maladie.

    car ces altrations napparaissent pas encore et ne permettent pas de dtecter la maladie. Seul, il est donc insuffisant pour dfinir quil ny a pas de maladie neuro-dgnrative. Le bilan mdical global : il est indispensable pour sassurer quil nexiste pas de maladie organique, dinfection (urinaire, pulmonaire), de dnutrition, de maladie cardiaque, de dficits sensoriels (vue, audition). Toutes les perturbations de ltat de sant, non lies directement la maladie dAlzheimer, peuvent favoriser la confusion mentale, la dsorientation. Les examens de laboratoire : analyses de sang et durine permettent de dpister des pathologies pouvant entraner des troubles cognitifs : carences en vitamines, en hormones, dshydratation, infection, intoxication Ces troubles sont rversibles si lon met rapidement en place un traitement adapt.

    Lvolution de la maladie Mme si chaque cas est spcifique et si toutes les personnes ne sont pas affectes au mme rythme et de la mme manire, on peut nanmoins dgager schmatiquement plusieurs tapes dvolution de la maladie. On sait aujourdhui que les premires lsions apparaissent dans le cerveau au moins 10 ans 15 ans avant les premiers symptmes.

    En bref : Le bilan neuropsychologique : il sagit dune srie de tests sous forme de questions ou de tches simples accomplir. On value ainsi les troubles cognitifs du patient : mmorisation, langage, comprhension, raisonnement, planification, etc. Cest la mthode qui permet de dtecter les symptmes le plus tt. A un stade trs volu de la maladie, il est impossible de faire passer des tests, la personne malade ntant plus capable de rpondre aux consignes mme simplifies.

    Limagerie crbrale : les techniques dimagerie crbrale - IRM et scanner - permettent dobserver laspect et le volume des structures crbrales, mais pas encore les lsions, microscopiques que lon ne pourra observer quen faisant une biopsie post mortem. Ces techniques permettaient jusquici de mettre en vidence des atrophies de certaines zones du cerveau (frontale en particulier), mais aussi pour sassurer quil nexistait pas dautres pathologies (accident vasculaire crbral, tumeurs). Lexamen neurologique : il a pour objectif de dceler chez la personne dventuels dsordres neurologiques : troubles oculomoteurs, troubles de la marche, troubles de lquilibre, syndrome parkinsonien... En dbut de maladie, lexamen neurologique est souvent normal

    Dossier : Alzheimer

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    Ceux-ci apparaissent gnralement aprs lge de 60 ans. En moyenne, une fois que la maladie se dclare, lesprance de vie est de 8 ans 12 ans. Plus la maladie survient un ge avanc, plus elle tend saggraver rapidement. Lorsquelle se manifeste vers lge de 60 ans ou de 65 ans, lesprance de vie est denviron 12 ans 14 ans ; lorsquelle survient plus tard, lesprance de vie nest plus que de 5 ans 8 ans. Il est actuellement impossible denrayer lvolution de la maladie. Stade lger : des pertes de mmoire surviennent de faon occasionnelle. La mmoire court terme, cest--dire la capacit retenir une information rcente est la plus touche. Les personnes

    atteintes tentent de pallier leurs difficults en recourant des aide-mmoire et leurs proches. Des changements dhumeur et une lgre dsorientation dans lespace peuvent aussi tre observs. La personne atteinte a plus de mal trouver ses mots et suivre le fil dune conversation. ce stade, il nest pas certain quil sagisse de la maladie dAlzheimer. Avec le temps, les symptmes peuvent rester stables ou mme diminuer. Le diagnostic se confirme si les problmes de mmoire saccentuent et si dautres fonctions cognitives se dtriorent. Stade modr : les troubles de la mmoire samplifient. Les souvenirs de jeunesse et dge moyen deviennent moins prcis mais sont mieux prservs que

    Au coeur de la ville de Nice, lInstitut Claude Pompidou regroupe plusieurs entits afin de venir en aide aux personnes atteintes : un centre dhbergement, un accueil de jour ainsi que le Centre Mmoire de Ressources et de Recherche du CHU de Nice (CMRR) et le Centre Edmond et Lily SAFRA pour la recherche sur la maladie. Nous dveloppons notamment des nouvelles technologies pour la maladie dAlzheimer et les pathologies associes, explique le Professeur Philippe Robert. La e-sant permet dvoluer dans 2 grands domaines : lvaluation (lauto-valuation du patient, lvaluation par les cliniciens et professionnels de sant) et tout ce qui est la stimulation (entrane-ment, rducation, apprentissage de comportement). Les serious game ont, entres autres, t mis en place lICP. Les jeux vido ne guriront jamais la maladie dAlzheimer, poursuit le Professeur. Par contre, ils peuvent avoir un impact impor-tant en amliorant lautonomie dans certaines activits de vie quotidienne et en mme temps en amliorant la qualit de vie.

    Serious Game LInstitut Claude Pompidou

    Dossier : Alzheimer

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    la mmoire immdiate. Il est de plus en plus difficile pour les personnes atteintes de faire des choix. La dsorientation dans lespace et le temps devient de plus en plus vidente (difficult se souvenir du jour de la semaine, des anniversaires...). Les personnes atteintes ont de plus en plus de mal sexprimer verbalement. Stade avanc (ou terminal) : ce stade, le malade perd son autonomie. Une surveillance permanente ou lhbergement dans un centre de soins devient ncessaire. Des problmes psychiatriques peuvent apparatre, notamment des hallucinations et des dlires paranodes, aggravs par une perte de mmoire grave et de la dsorientation. Les problmes de sommeil sont courants. Les patients ngligent leur hygine corporelle, deviennent incontinents et peinent salimenter seuls. La personne atteinte peut mourir dune autre maladie nimporte quel stade de lAlzheimer. Cependant, dans son stade avanc, la maladie dAlzheimer devient une maladie mortelle, comme le cancer. La plupart des dcs sont causs par une pneumonie engendre par la difficult avaler. Les malades risquent de laisser entrer dans leurs voies respiratoires et dans leurs poumons de la salive ou une partie de ce quils mangent ou de ce quils boivent.

    secondaires (ndlr : le plus souvent gastro-intestinaux mais aussi crampes musculaires et bradycardie). Les stratgies non-mdicamenteuses, elles, font aujourdhui partie intgrante de la prise en charge thrapeutique de la personne atteinte de la maladie dAlzheimer. Leur objectif ? Prserver le plus longtemps possible ses capacits restantes et ainsi amliorer sa qualit de vie. Elles consistent globalement adapter lenvironnement de la personne malade et dvelopper une approche psycho-sociale spcifique. On peut opter pour des ateliers mdiation artistique, corporelle, cognitive ainsi que pour un soutien psychologique. Les approches thrapeutiques non-mdicamenteuses peuvent tre mises en uvre aussi bien domicile quen institution.

    Les traitements A lheure actuelle, aucun traitement curatif ne permet de gurir de la maladie dAlzheimer mais certains traitements mdicamenteux peuvent permettre de ralentir lvolution des troubles. En complment de ces traitements, une prise en soin non mdicamenteuse sest notamment dveloppe. Actuellement, quatre types de mdicaments agissent en empchant la destruction des neuro-transmetteurs qui transportent linformation dun neurone lautre, poursuit le Professeur Robert. Avant 1995, il ny avait rien ! Il a t montr une efficacit dans 40% des cas. Le plus souvent, on observe un ralentissement dans lvolution de la maladie et une diminution de certains troubles du comportement mais ces mdicaments comportent parfois des effets

    Le 12 septembre dernier, Bernadette Chirac a remis au Docteur Checler le Prix Claude Pompidou pour la recherche sur la maladie dAlzheimer. Cette anne, le laurat de ce prix qui existe grce au legs dun Niois la Fondation revient donc un Niois, explique la Prsidente de la Fondation. Ce prix lui permettra de poursuivre les travaux quil mne afin de comprendre cette terrible maladie. Rsultat ? Un chque de 100 000 euros ddi lquipe de recherches de lIPMC, dirige par le Docteur. Cet argent va notamment permettre lacquisition de matriels performants permettant de travailler sur des cellules vivantes plutt que sur des cellules figes, souligne Frdric Checler. Lobjectif ? Mimer au plus prs, dans des cellules, lapparition de la pathologie pour ainsi mieux ltudier.

    Engagement de la Fondation Claude Pompidou

    Dossier : Alzheimer

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    Comment travaillez-vous sur la maladie dAlzheimer ? Il sagit dune mthode reproductible et purement clinique. Jinterroge, jcoute, jexamine et je rflchis sur tout cela. Cliniquement, la maladie se caractrise par une perte de la mmoire des faits rcents. Lvolution est imprvisible et le diagnostic difficile affirmer, cest pour cela que je parle plus damnsie antrograde que de maladie dAlzheimer. Les personnes sont conscientes mais donnent le sentiment que cette conscience est vide: en oubliant les choses, elles soublient galement elles-mmes. Nanmoins, la mmoire rtrograde, elle, est toujours prsente. Le pic de rminiscence

    mot, ou sensoriel, sachant que tous les sens sont utilisables. La mmoire des faits anciens est donc dclenche par ce stimulus. Ce dernier doit tre imprvu, connu et indic. Imprvu parce quil joue le rle de dclencheur, connu, par dfinition et indic car le souvenir dune odeur ou dune chanson est connect tout un rseau mmoriel dune priode, ramenant ainsi le souvenir.

    Pourquoi avoir choisi de travailler sur la musique ? Il ne sagit pas dun choix exclusif, jutilise aussi des photos, des parfums. Il sagit nanmoins dune raison technique simple. Si on veut que le stimulus rveille le souvenir ancien, il doit tre identique ce quil tait des

    correspond toute la priode englobant ladolescence et lentre dans le monde adulte. Comment le patient peut-il rcuprer cette mmoire pour se retrouver ? Deux solutions soffrent nous : le dialogue, permettant dvoquer des souvenirs de faon volontaire ou lutilisation dun stimulus involontaire.

    En quoi consiste la mnmothrapie ? La mnmothrapie utilise le stimulus involontaire. En effet, le dialogue aboutit un souvenir mais cest trs difficile car le patient se heurte vite un chec et la conscience de cet chec. Le stimulus involontaire doit donc tre privilgi. Il peut tre smantique, comme avec un

    Au cur de Sophia Antipolis, la fondation GSF Jean-Louis Noisiez accueille des patients atteints de la maladie d'Alzheimer. Au sein de cet tablissement, vritable lieu de bien-tre pour ces malades, le Docteur Broutart planche sur une tude clinique de cette pathologie : la mnmothrapie. Rencontre avec un passionn dont l'objectif est simple : apporter de la joie ses patients.

    La mnmothrapie, vritable madeleine de Proust

    Dossier : Alzheimer

  • annes auparavant. Grce aux enregistrements musicaux, le stimulus musical est fiable et reproductible. De plus, la musique est essentiellement motionnelle ce qui favorise la rcupration de la mmoire.

    Comment cela se droule-t-il ? La mthode repose sur un certain nombre de donnes cliniques : ge, dialogue avec la famille... Lors des premires consultations le rsultat est rapidement visible. Chaque sance dclenche une joie et mme une cascade mmorielle et motionnelle ! Les patients fredonnent les paroles, allant mme jusqu chanter la chanson. Un souvenir nat alors, un souvenir que le patient a rellement le sentiment de revivre. Cest une vritable ppite... Il ne

    une motion intense et a mme limpression que les personnes prsentes dans le pass sont ici. Il y a un bonheur vident se raconter, do la ncessit de lempathie du praticien et de sa prsence. Je constitue ainsi une playlist propre chaque personne que je donne la famille afin quelle sen serve lors de ses visites. Utiliser cette technique permet souvent de supprimer les angoisses des malade et mme dviter une thrapie mdicamenteuse pour lutter contre celles ci. Ce qui me touche le plus lors des consultations est le changement du visage lors de lcoute. Au moment o le malade est dans la reviviscence, il redevient heureux et beau et cela, a na pas de prix.

    sagit pas dune remmoration faisant suite une question ou une discussion. Il sagit dune joie dont la cause est dabord inconsciente mais qui savre tre un fait ancien revcu en tant quacteur et non spectateur par le patient: cest la reviviscence. Il sagit tout simplement dune tentative de transposition au patient Alzheimer du dclenchement de la mmoire involontaire de Marcel Proust dont la madeleine reste le symbole.

    De quelle manire le patient ragit-il ? Il ny a jamais de tristesse. Brusquement, le pass ressurgit dans la conscience et le patient raconte son souvenir avec une foule de dtails et de richesse. Il parle souvent au prsent, ressent

    23

    Dossier : Alzheimer

  • 24

    Ltude du cerveau des patients atteints de maladie dAlzheimer montre lexistence de deux types de lsions dans la pathologie : les plaques amylodes et les dgnrescences neurofibrillaires. Intressons-nous aux plaques. La protine bta amylode, naturellement prsente dans le cerveau, saccumule au fur et mesure des annes sous linfluence de diffrents facteurs gntiques, cellulaires et environnementaux, jusqu former des plaques amylodes (aussi appeles plaques sniles).

    cellule nerveuse. Au laboratoire, le but des recherches de lquipe du Docteur tait donc de comprendre la manire dont ce fragment (peptide) tait produit et limin, notamment grce aux expriences menes sur des souris modles dveloppant des problmes de mmoire. En termes thrapeutiques, les approches bases sur lhypothse de la cascade amyode ont chou, explique Frdric Checler. En effet, la majorit des essais cliniques visant circonscrire la productivit ou la toxicit de ces peptides na pas fonctionn. Des approches

    Selon lhypothse de la cascade amylode, il semblerait que laccumulation de ce peptide induise une toxicit pour les cellules nerveuses. Celle-ci est accompagne par laugmentation de la phosphorylation dune protine de structure des neurones : la protine tau. Ce phnomne affecterait diverses zones crbrales. La phosphorylation de la protine tau entraine une dsorganisation de la structure des neurones et une dgnrescence dite neurofibrillaire qui entrainera elle-mme, terme, la mort de la

    LIPMC, leader de la recherche dans le dpartement

    A Sophia Antipolis, lInstitut de Pharmacologie Molculaire et Cellulaire accueille en son centre une quipe de recherches spcialise dans la maladie dAlzheimer et dirige par le Docteur Frdric Checler. Un sujet complexe et des recherches parsemes dembuches. Explications.

    Dossier : Alzheimer

  • 25

    ont t tentes pour bloquer la production de ce fragment par des inhibiteurs denzymes ou pour le neutraliser grce aux vaccinations. Aucune de ces approches na malheureusement, pour linstant, t couronne de succs.

    Rsultats Deux questions se posent alors, poursuit le Docteur. Est-ce que lhypothse est invalide ? Ou est-elle valide mais les approches thrapeutiques ne le sont-elles peut-tre pas ? La deuxime hypothse est aujourdhui privilgie ! En effet, dernirement, plusieurs travaux ont confort limplication de ce peptide amylode. Premirement, toutes les formes familiales transmissibles moduleraient la production de ce peptide. Deuximement, certaines protines ont t identifies comme facteur de risque de dvelopper la maladie. Lanalyse fonctionnelle de ces protines a montr de manire systmatique quelles interfraient dune manire ou dune autre avec la cascade amylode, prcise Frdric Checler. Cette hypothse est donc toujours valide mais on peut identifier quelques biais exprimentaux. Peut-tre intervient on trop tard ? Les modles dtudes aussi ont leurs limites. Quand on travaille chez la souris on ne travaille pas sur lhomme ! Enfin, la nature des fragments de peptides amylodes

    continuons de travailler sur les bio-marqueurs pour montrer que certains fragments peuvent tre responsables, conclut Frdric Checler. On apprend tous les jours de la recherche fondamentale !

    cibls est peut tre errone. Les approches vaccinales ncessitent donc lidentification plus avre des fragments rellement pathognes pour dvelopper de manire plus appropries les approches vaccinales. Nous

    LexiqueDgnrescence neurofibrillaire : processus neurobiologique correspondant une accumulation anormale dans les neurones de certaines aires spcifiques du cerveau de filaments ou de fibrilles. Physiologiquement, le processus du vieillissement entrane une dgnrescence neurofibrillaire.

    Peptide : il sagit dune molcule de petite taille, issue de la famille des protines, compose dacides aminsBta-amylode : composant principal des plaques amylodes, un agrgat protique que lon retrouve la surface des neurones de certaines maladies neurodgnratives. Le peptide diminuerait la communication entre neurones. Phosphorylation : consiste en un transfert dune molcule de phosphate sur une molcule ou sur une protine

    Docteur Frdric Checler

    Dossier : Alzheimer

  • 26

    Cre en 1992, l'association France Alzheimer 06 vient en aide aux personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et plus particulirement aux aidants, c'est dire la famille ou les proches qui les entourent. Franoise Guigonis, prsidente de l'association, travaille aujourd'hui en troite collaboration avec l'Institut Claude Pompidou o se situe dsormais l'accueil de jour. Au 5 de la rue Batrix, la plateforme de rpit est galement un lieu d'changes pour les familles.

    Association France Alzheimer 06 : accueillir, informer et aider les familles

    Dossier : Alzheimer

  • 27

    Lobjectif de lassociation est dtre la disposition des patients et de leurs aidants en tant que lieu de ressources, tout au long de lvolution de la maladie, explique Franoise Guigonis. Aidants et malades forment un tout. Il est indispensable de recrer du lien social, de rompre lisolement. Les missions de lassociation sont donc multiples. Accueil tlphonique, entretiens individuels, visites domicile... Au quotidien, il sagit de venir en aide aux personnes qui en ont besoin, tout simplement. Malheureusement, la maladie dAlzheimer est encore tabou... Dans les esprits, cest toujours la maladie des fous, une sorte de dmence dont on ne veut pas parler et quon pense pouvoir grer seul, poursuit la prsidente. Nous recevons prs de 4000 appels de dtresse par an. Comment les ignorer ?

    depuis janvier 2014, rpond aux besoins de ceux qui sont en dtresse. Elle propose des activits diverses et fonctionne du lundi au vendredi, dans la bonne humeur. Anime par une psychologue clinicienne et une assistante de soins en grontologie, la plateforme reoit gratuitement et sans rendez vous, les personnes ayant besoin dun soutien psychologique, un temps dchange ou un maintien dans la vie sociale.

    La formation des aidants France Alzheimer 06 propose galement une formation gratuite destination des aidants familiaux pour les aider mieux prendre en charge leur proche malade mais aussi mieux comprendre la maladie. Il sagit davoir un autre regard et doffrir des rponses adaptes chaque situation, prcise la prsidente. Un binme, psychologue et bnvole, dispense cette formation sur une dure de six huit sances. Les objectifs, eux, sont divers : informer sur les diffrentes aides, mieux communiquer pour maintenir une relation dchanges, mieux adapter les attitudes ou encore sensibiliser au placement en institution. Il ne faut pas oublier une chose, conclut Franoise Guigonis. Un malade atteint, cest toute une famille qui a besoin daide.

    De multiples lieux daccueil Sur tout le dpartement des Alpes-Maritimes ce ne sont pas moins de 12 lieux de permanence qui accueillent les familles : Nice, Cannes, Grasse, Saint Laurent du Var, Menton, Antibes, Breil sur Roya, Cagnes sur Mer, Le Tignet, Saint Cezaire sur Siagne et LEscarene. Des haltes rpits sont galement ouverts dans larrire pays afin daccueillir, dinformer et daccompagner. Nous disposons galement de laccueil de jour thrapeutique de 19 places permettant de recevoir une trentaine de malades au cours dune semaine et de leur proposer des ateliers cognitifs, de rminiscence et des promenades quotidiennes vise thrapeutique, dtaille Franoise Guigonis. Enfin, la plateforme de rpit pour les aidants, oprationnelle

    Chaque anne, le 21 septembre, est organise une journe de mobilisation internationale de lutte contre la maladie dAlzheimer, afin de sensibiliser le public cette maladie. A la veille de cette journe, Christian Estrosi, Dput-maire de Nice, a souhait mettre lhonneur une personnalit locale mobilise au quotidien pour informer, conseiller, accueillir et suivre les malades dAlzheimer et leurs aidants. Le 20 septembre 2014, Franoise Guigonis a ainsi reu la mdaille de la ville de Nice. Infirmire de formation, Franoise a occup au cours de sa carrire professionnelle diffrents postes dencadrement dans le secteur mdico-social avant de prendre sa retraite en janvier 2010. Le bnvolat a toujours tenu une place trs importante dans son quotidien. Prsidente de FA06 depuis 2011, elle se bat chaque jour pour aider les malades et les familles touchs par Alzheimer.

    Mdaille de la ville de Nice pour Franoise Guigonis

    Dossier : Alzheimer

  • Tmo

    ignag

    esToute notre vie a t bouleverse... Raymonde Wartel, 69 ansPour moi, lannonce a t un v

    ritable choc. Il y a six ans, nous

    sommes partis en vacances la montagne avec mon mari, Jean

    -

    Claude et de la famille. Excellent skieur, il sest mis tomber

    plusieurs fois alors que nous nous mettions simplement en

    jambes sur une piste bleue. Au retour, nous avons consult notre

    mdecin, mon mari fait de nombreux examens (cardiologique

    s,

    IRM...) mais il ny avait rien. Cest finalement notre

    gnraliste

    qui a dcouvert quil tait atteint de la maladie dAlzheimer.

    Jtais comme un zombie, compltement atterre, je ne dormais

    plus la nuit. Pendant un an et demi, il a t dans le dni total

    jusqu ce que je parvienne le traner chez un neurologue...

    Cela fait maintenant six ans. Tout notre vie a t bouleverse.

    Fini les projets, notre vie habituelle. Mon mari tait d

    evenu

    compltement apathique, heureusement que les antidpresseurs

    lui ont permis de retrouver un caractre peu prs normal.

    Nous habitions Paris mais nous tions seuls. Nous sommes

    donc venus vivre Nice en avril 2012, un peu plus prs de notr

    e

    petite fille, sur ses conseils. Jai finalement fait appel

    France

    Alzheimer 06 et cela ma fait beaucoup de bien, toute lquipe

    est vraiment lcoute. Mon mari est galement intgr

    laccueil de jour de lICP, trois fois par semaine depuis le mois

    doctobre. Cest un rel soulagement pour moi... Lui aime

    beaucoup cela aussi : il est sollicit toute la journe par des jeux

    ,

    des ateliers. Mais bien sur il est trs fatigu physiquement, de

    plus en plus. Aujourdhui il se rend bien compte de sa maladie,

    par moments il a des flash il me dit : cest dur pour

    toi. a

    dure une fraction de seconde et ensuite tout recommence. Je

    crois que le plus difficile est davoir son conjoint ma

    lade. Je

    ne suis plus en couple, pas clibataire ni veuve non plus. Cest

    difficile de trouver sa place, dautant plus quand on

    laisse toute

    sa vie Paris.

    Dossier : Alzheimer

    28

  • Il faut tre aux aguets en permanence Christiane Castan, 75 ans Mon mari, Gaston, 81 ans, a t diagnostiqu il y a deux ans mais

    cela fait quatre ans que les premiers symptmes sont apparus. Au

    dbut, nous nous disions quil commenait simplement vieillir, il

    avait quelques pertes de mmoire, ctait tout. Puis, elles ont t plus

    rgulires et l jai commenc maffoler. En mars 2014, il a eu un

    accident, est tomb et sest fractur le bassin. A ce moment l, jai vu

    les premiers changements de comportement : il est devenu apathique,

    indiffrent. On vit avec cela comme on peut mais ce nest vraiment pas

    facile tous les jours...Il y a des jours o on est nerv, dautres o on

    pleure mais aussi quelques jours o on rit, heureusement. Le plus dur,

    cest lindiffrence. Jai limpression de ne plus tre ct de la mme

    personne. Il faut savoir faire le deuil de celui quon a connu... Depuis

    trois ans maintenant, Gaston participe des ateliers mmoire. Ca

    naide pas beaucoup mais au moins, il maintient un lien social. Bien

    sr cest contraignant, il faut lamener, lattendre. Heureusement, je

    viens rgulirement la plateforme de rpit de France Alzheimer 06.

    Je me retrouve avec des gens qui ont les mmes problmes que moi et

    a fait un bien fou. Le maintien domicile est galement difficile. ll

    faut tre aux aguets en permanence ! De temps en temps, je dois tre

    ferme car il fait des btises. Il a aussi des obsessions, lide quil doit

    ressortir pour aller chercher des tickets dans un magasin et lorsque

    nous y allons, il ne trouve mme pas le magasin... Pour linstant il est

    encore autonome, sors parfois seul, mais toujours avec son tlphone

    et un collier sur lequel sont crits ses coordonnes. La famille, quant

    elle, nest pas prsente. Ils ne se rendent pas compte, ont limpression

    quil va bien car ils sont l dans les bons moments. Ce qui me fait le

    plus peur ? Lagressivit. Je ne pourrais pas supporter et serais oblige

    de le placer en institution. Malheureusement, nous ne pouvons rien

    faire... Il ny a rien qui puisse ralentir la maladie, ni la soulager. On ne

    sait pas o on va. Jespre que la recherche avancera et si des essais

    sont possibles, je suis prte ce que mon mari y prenne part.

    Dossier : Alzheimer

    29

  • Par Coralie Bouisset

    30

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    Lobjectif ? Oublier lunettes et autres lentilles, trs couteuses. il sagit donc dopter pour lopration laser, une opration courante permettant dapporter une correction durable aux principaux problmes de vue : myopie, hypermtropie, astigmatisme et presbytie. Le principal problme demeure le

    Laccs aux soins ophtalmologiques pose rgulirement problme en France, notamment en raison des cots trop levs souvent pratiqus. Demandes non satisfaites, dlais de rendez-vous trop importants, encombrement des services hospitaliers... Une relle inadquation demeure entre les besoins de soins et les possibilits offertes. En Italie, Vintimille, la clinique Lasik Optikal propose une alterna-tive ce problme : des oprations cot rduit offrant les mmes techniques quen France.

  • cot de ces oprations. Loffre actuelle est, en moyenne, de 2 500 3 500 euros pour une correction des deux yeux, explique Nicolas Jacquet, crateur et dveloppeur du concept. Chez Lasik Optikal, nous proposons des tarifs partir de 999 euros (pour les deux yeux). Cette clinique ophtalmologique, entirement ddie loeil, propose une rponse globale aux besoins de dpistage, soins et corrections des maladies ; le tout en utilisant exactement les mmes procds que dans les cliniques ophtalmologiques habituelles. On parle donc de

    prix rduits mais srement pas de soins bacls. Comment la clinique peut-elle donc offrir des tarifs si intressants ? Tout simplement grce limplication de chaque intervenant qui a soutenu le concept et qui a baiss ses marges affirme le crateur.

    Le mdical avant tout Au del des soins proprement parler, la clinique accorde une attention toute particulire ses patients. Le but est de prendre le temps dexpliquer chacun ce que le diagnostic approfondi a fait ressortir et les consquences sur

    le futur. Lquipe met en oeuvre la ressource dont elle dispose pour offrir au patient la solution approprie. Lopration peut donc avoir lieu lors dune premire consultation, si un chirurgien est disponible ou quelques jours ou semaines plus tard lorsque le diagnostic dtecte un cas particulier. Le protocole est trs rigoureux, de la prise de contact au bilan postopratoire, afin de scuriser le patient chaque tape. En 2015, Lasik Optikal ouvrira son service de chirurgie de la cataracte et dimplants intra oculaires et devrait galement simplanter en France.

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    * Un crdit vous engage et doit tre rembours. Vrifiez vos capacit de remboursement avant de vous engager. Exemple, hors assurances facultatives: pour un montant total de 999 , vous rglez 24 mensualits de 46,01 . TAEG fixe: 7,63 %. Cot du crdit: 136,47. Montant total d:1135,47 . Dure maximum du crdit : 48 mois. Cot de lassurance (sajoute la mensualit) : 47,01 pour DIM, 47,31 pour DIM+CHOM et SENIOR *

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  • A La Dcouverte Dun Mtier

    Vous connaissez probablement la kinsithrapie et lostopathie mais il existe une troisime technique, visant rsoudre les troubles neuro-musculo-squelettiques : la chiropraxie (ou chiropratique). Aprs six ans dtudes lInstitut Franco-Europen de Chiropratique, Alexia Caneri, dynamique Antiboise de 25 ans, a dcid dinstaller son cabinet Villeneuve Loubet.

    lajustement du corps

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    Quest-ce que la chiropraxie ? La chiropraxie est une profession de sant manuelle. Le but est de rsoudre ces fameux problmes neurologiques, musculaires ou squelettiques. Nous ne pouvons pas tout rgler bien sr. Il marrive souvent denvoyer mes patients vers les bons thrapeutes pour soigner certains maux. Attention, en chiropraxie nous ne parlons pas de manipulation mais simplement dajustement... Le but nest pas de faire craquer pour faire craquer ! Le geste ralis doit tre indolore. Kinsithrapie, ostopathie et chiropraxie sont donc des professions cousines mais

    parvenu supprimer ses maux rcurrents. A 15 ans, alors que javais eu un petit accident sportif et que mon kinsithrapeute ne parvenait pas me soulager, jai consult un chiropracteur. Aprs un seul rendez-vous, je suis ressortie comme neuve grce quelques manipulations. Cest l que le dclic sest produit.

    Quels types de maux la chiropraxie peut-elle rgler ? Cest trs vari ! Tout dpend qui vient consulter. Chez les nouveaux-ns nous travaillons sur les coliques, les problmes de rgurgitation, de sommeil, les pleurs

    diffrentes. Nous nutilisons pas les mmes techniques, et ces dernires changent dun patient lautre.

    Pourquoi avoir choisi le mtier de chiropracteur ? Jai toujours baign dans le monde du sport, notamment en tant que gymnaste acrobatique Antibes. Jai souvent t soigne par des kins et des ostopathes et depuis tout petite jtais intrigue par le contact, les massages par exemple ; ainsi que par les thrapies non mdicamenteuses. Suite des arrachements ligamentaires aux chevilles, ma mre avait consult un chiropracteur qui tait

    Chiropraxie :

    Propos recueillis par Coralie Bouisset

  • A La Dcouverte Dun Mtier

    Habitue des sances de kinsithrapie et dostopathie qui nont jamais eu les effets escompts, javais peur que la chiropraxie ne soit quune nime technique sans succs... Et pourtant ! Pour commencer, lanamnse. Ksako ? Tout simplement la liste des affections, traumatismes ou accidents qui me sont arrivs

    depuis mon enfance. Un tour dhorizon bien utile pour identifier lorigine du trouble en prsence. Une chance puisque ce jour l, jai

    terriblement mal la nuque. La douleur est cible... Direction la table high tech dAlexia qui se lve pour viter tout blocage supplmentaire.

    Enfin allonge sur le ventre, lobservation et la palpation sont de mise. Jambes, pieds, dos, cou... Tout y passe, en douceur. Deux blocs sont poss au niveau

    de mes hanches, afin de les surlever. Alexia prend en main lactivator, petit objet mtallique. Un nom barbare qui nen est rien au niveau des sensations : une simple pression trs rapide qui permet de stimuler et denvoyer une information au systme nerveux. Le corps est intelligent, nimporte quelle stimulation, caresse ou pression est ressentie et le corps se rajuste ensuite, explique Alexia. Je me tourne alors sur le dos. La palpation reprend, suivant mes inspirations et expirations, par sries de trois. Aprs la sance, Alexia me conseille de me reposer. Effectivement, le soir mme, le ressenti est trange, un peu comme si tout se remettait en place. Le lendemain, les douleurs ont compltement disparu. Dernier conseil de la chiropracteur ? Lcher prise ! Cest marrant, naturopathe et sophrologue mavaient souffl la mme chose...

    On a test pour vous !

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    ou les malformations du crne. Chez lenfant ou ladolescent, les troubles lis la croissance ainsi que les troubles de lattention sont rcurrents. Nous faisons beaucoup de prvention et soignons les bobos du quotidien... Pour les adultes, ce sont des problmes de sciatiques lumbagos, hernies discales. Tendin-ites, douleurs musculaires, crampes chez les sportifs et enfin problmes de sciatique, cruralgie, pubalgie pour les femmes enceintes... Cest trs vaste donc ! La chiropraxie sadresse tout le monde. Nous intervenons galement pour venir

    en complment des mdicaments et apporter un certain bien tre. A noter que nous sommes aptes prendre en charge une douleur, mme si elle est lie une origine organique ou pathologique.

    Quelle posologie faut-il suivre pour une relle efficacit ? Il ny a pas de posologie particulire puisque cela dpend de chaque patient et de ses attentes. Certains ne viennent me voir que lorsquils ressentent des douleurs. Quoiquil en soit, il faut environ une deux sances pour stabiliser le problme. Ensuite, lidal est despacer les

    sances tous les trois quatre mois.

    Quel cot faut-il envisager ? Une sance slve 50 euros pour les adultes et 40 euros pour les enfants de moins de 15 ans. Jai galement mis en place un tarif famille pour trois personnes hauteur de 110 euros. Selon moi, il est trs intressant de travailler avec des familles. Cela permet de voir la personne dans sa globalit puis dans son environnement. Pensez galement que certaines mutuelles comprennent des forfaits pour le remboursement des sances de chiropraxie.

  • 34

    Rencontre avec...

    Cest cela qui est beau dans le mtier de journaliste : les rencontres. Et il en existe certaines qui sont encore plus fortes que dautres. Cest grce aux rseaux sociaux que Jasmine Idir, sage femme librale, a contact la rdaction des Carnets Sant pour une chose simple : faire partager sa passion aux lecteurs. Nous lavons donc suivie, le temps dun aprs-midi, pour pntrer dans son quotidien et vous faire dcouvrir la fois une trs belle personne mais aussi lune des professions de sant demandant le plus de comptences psychologiques et mdicales. Immersion.

    Par Coralie Bouisset

    Jasmine Idir, sage femme

  • Rencontre avec...

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    Samedi aprs-midi pluvieux, comme presque tous ceux du mois de novembre, nous prenons la route direction le Ple Sant Saint-Jean Cagnes-sur-mer. Cest entre cet tablissement et ses dplacements domicile que Jasmine officie. Son rle ? Accompagner les femmes enceintes (et les papas ! ) tout au long de leur grossesse, de ltablissement du diagnostic jusqu laccouchement mais aussi lors des premiers pas avec bb. Un mtier difficile, sans nul doute, puisquil faut la fois savoir expliquer le ct technique de la grossesse des parents pleins de questions ; mais aussi parvenir apaiser les mamans souvent angoisses, notamment lors de la venue dun premier enfant. Spcificit de Jasmine ? Rares sont les fois ou elle est prsente lors des accouchements de ses patientes. Il sagit dun mtier trs technique, qui recquiert beaucoup de responsabilits, explique la jeune femme, tout juste ge de 30 ans. Jtais pleinement satisfaite de ce que je faisais dun point de vue mdical, notamment lorsque je travaillais en salle daccouchement. Mais jai tout de suite senti que javais envie de creuser sur le ct accompagnement des familles. Jaime ce suivi dans le temps. Et ce ne sont pas les parents qui vont sen plaindre, bien au contraire ! Jtais loin dimaginer quune sage femme pouvait faire tout ce que Jasmine a fait pour moi, tmoigne

    Clarisse, maman de Cateleya, ge dun mois et demi. Jtais seule, je souffrais et ne savais pas qui appeler. Pour moi, aller demander de laide, ctait admettre que jtais faible... Jtais tellement angoisse que je voulais abandonner cette grossesse. Jai finalement appel le centre FemmEnfant, en dsespoir de cause. Cest Jasmine qui a rpondu ce jour l et qui ma dit une phrase qui a tout chang : vous avez le droit de ne pas tre bien ! Jasmine ma littralement sauv la vie.

    Se prparer au jour J Vous voyez, cest cela qui me plait le plus dans ce mtier : lauthenticit. Cest un moment de vie qui ne ment pas. Les masques tombent, les tres peuvent toucher quelque chose de profond lorsquils dcident de faire ce chemin, poursuit la sage femme. Jai la chance de me positionner en tant qutre humain accompagnant

    ces personnes, de manire neutre et sans jugement aucun. Mon but final? Que chaque parent dcouvre ses ressources intrieures et sente ensuite la capacit de son enfant. Et pour ce faire, Jasmine ne manque pas de techniques ! Futurs papas, mamans, dj parents... Peu dentres nous chappent la case prparation laccouchement. Et bien sur, le travail commence par la. Aujourdhui, nous testons (oui, oui moi aussi ! ) le cours de ballons. Au programme ? Mcanique obsttricale, mobilit, bascule, positions, respiration et autres joyeusets du jour J. Les dbut sont un peu timides. Les lves dun jour, mamans et papas, coutent avec attention les conseils savamment distills par la professionnelle. Parfois, les visages se crispent (mais comment la tte va-t-elle russir passer ?!), souvent, les

  • questions fusent : quelle position adopter ? Combien de temps dure le travail ? Sont-ce les vraies douleurs daccouchement ? Ou se trouve le prine ? Cest ne plus savoir ou donner de la tte ! Jasmine est une vritable coach qui nous entraine comme pour une comptition, samuse Marta, future maman. Elle nous prpare affronter laccouchement de toutes les faons possible... Il faut tre prts tout ! Les papas, eux, sont trs concentrs et prennent

    leur rle cur, sans nul doute. Leur job ? Aider au mieux leurs compagnes traverser ce moment pas toujours agrable : massages et installation de la respiration deviennent leurs chevaux de bataille. Les cours nous donnent de vraies rponses et nous permettent de comprendre beaucoup de choses comme : pourquoi a-t-elle mal ? Que ressent-elle... explique Son, seulement quelques jours de laccouchement de sa femme Marta. Nous partageons tout, nous

    respirons ensemble, tout cela nous permet dtre en vritable symbiose en faisant parfois mme abstraction des sens classiques comme lors de notre initiation lhaptonomie. Et cette osmose se poursuit lors des cours en piscine, un pur moment de douceur (et de bonheur !) pour les femmes enceintes arrivant presqu terme. Le poids sallge dans leau, prcise Jasmine. Cest un moment de dtente pour la maman ainsi que le papa, encore un moment quils peuvent partager ensemble, sentrainant ainsi respirer et se relaxer. Simmerger dans un bain chaud est galement un trs bon moyen dapaiser les douleurs pendant le travail prcdant laccouchement.

    Sinitier au bien-tre La sage femme anime donc, au fil des mois, des sances de prparation la naissance avec pour but premier de mettre

    Rencontre avec...

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    En collaboration avec le Ple Sant Saint Jean et la webradio Sound Radio 06, Jasmine Idir anime une toute nouvelle mission intitule Pas si sage ! Emission dinformation sur la sant de la famille, la maternit et la sexualit, lobjectif de Jasmine est de donner la parole aux parents et futurs ! Rel succs pour la premire qui sest droule le 11 dcembre dernier et qui avait pour thme le vcu de la grossesse. Pour la prochaine ? Rendez-vous en fvrier... Restez connects ! www.soundradio06.com

    Pas si Sage !

  • le couple dans les meilleures conditions pour laccouchement. Ce nest pas moi qui ferai le travail ce moment l ni aucune autre sage femme, sourit Jasmine. Le boulot est pour la maman ! Et nous devons laider se sentir le mieux possible pour que tout se passe dans de bonnes conditions. La cl ? Matriser son corps, dans la mesure du possible. Le tout grce aux cours de prparation qui permettent en priorit de prendre conscience de la moindre parcelle de son anatomie mais aussi de celle de son enfant. Pour ce faire, en plus de sa formation de sage-femme, Jasmine Idir est galement en pleine formation dhaptonomie. Ksako ? Dfinie comme une science de laffectivit, cet accompagnement favorise le dveloppement de la relation affective, active, entre la mre, le pre et lenfant. Lhaptonomie aide linstauration et au dveloppement du sentiment de parentalit, sollicite la participation relationnelle de lenfant ds la conception. Cest un moyen de se sentir encore plus proche de son enfant et plus actif dans la grossesse, dtaille Son. Simplement avec le toucher, il est possible de diriger le bb dans le ventre. Cest une belle exprience. Forcment, comme la rdaction, nous sommes terriblement curieux, nous avons quand mme voulu tester ! Rsultat trs intressant et concluant. Simplement avec le contact de ses

    mains, Jasmine parvient apporter une relle sensation de bien tre corporel et surtout intrieur : les muscles se relchent, lesprit se vide et la prise de conscience de soi est exacerbe... Tellement quon sen est presque vanoui ! Et je ne suis encore quen formation ! Souligne la sage femme. Il faut des mois, mme des annes pour tre spcialiste. Ce nest quun avant got de ce quil est possible de faire.

    Un accompagnement au del de la grossesse Jasmine ma beaucoup aide lors de ma grossesse et elle le fait encore beaucoup aujourdhui. Laccouchement sest trs bien droul, javais mme la voix de Jasmine dans la tte qui me disait quoi faire ! Raconte Clarisse. Depuis la naissance de Cataleya, je nhsite pas lappeler si jai des questions ou mme les lui poser sur les rseaux sociaux. Elle est toujours

    disponible, notre lien est au del du professionnel, il sagit presque dun lien amical ; cest une personne qui je peux me confier, sans avoir peur de son jugement. Et cest justement ce lien vritable que notre sage-femme recherche au gr de ses consultations. Concernant les actions postnatales, Jasmine Idir ralise galement des sances individuelles, comportant notamment des actions de prvention et de suivi ducatif en cas de besoins particuliers. Au del de lexamen mdical pratiquer dans les huit semaines qui suivent laccouchement, la sage-femme tient donc toujours son rle de conseillre et daccompagnant avec cette passion, toujours dbordante. Cest grce Jasmine que jai mon enfant aujourdhui, conclut Clarisse. Il faut le dire, le travail que font les sage-femmes peut vraiment sauver la vie des gens.

    Rencontre avec...

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    Les addictions nouvelle gnration

    Surfer sur le net, faire beaucoup de sport, travailler sans compter ses heures ou encore jouer aux jeux vidos... Autant dactivits parfaitement lgales mais double tranchant dans de nombreuses situations. Limpact ? Parfois nfaste sur la vie sociale, il ne gnre pourtant pas la mort dun individu comme dans les cas de consommation de substances illicites. Ces phnomnes 2.0 sont-ils donc de relles addictions ? Et puis, finalement, quest ce quune addiction ? Enqute.

    Par Coralie Bouisset

  • Dossier : Addictions

    ules, 17 ans, passe plus de cinq heures par jour sur sa console de jeux. a me dsespre,

    confie Brigitte, sa mre. Jai tout essay : punitions, menaces, cris, compromis... Rien ny fait. Ce genre de situation est loin dtre un cas isol. Selon une expertise collective de lInserm, Institut national de la sant et de la recherche mdicale, 5% des jeunes de 17 ans joueraient aux jeux vidos entre 5 et 7 heures

    par jour. De plus, en raison du temps pass devant leurs crans, 23% dentre eux disent avoir rencontr au cours de lanne un problme avec leurs parents, 5% avec leurs amis et 26% lcole ou au travail. Loisir pour une grande majorit, addiction pour certains, jeux vidos et plus largement activits sur internet sont en plein boom. Et parlons-en de la toile justement... Sans nul doute, elle joue un rle plus quimportant dans le

    dveloppement de ces nouvelles addictions. Tout est beaucoup plus facile sur Internet, explique Jules. On peut parler nos amis, ou mme sen faire de nouveaux, jouer aux jeux est un vritable moyen de se dtendre et de sortir de son quotidien, tout est accessible en un clic Cest donc cela : laccessibilit instantane. Jeux, shopping en ligne, cyber-sex... Toutes ces tentations sont porte de main et beaucoup plus facilement consommables quauparavant.

    40

    J

  • Dossier : Addictions

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    Rsultat ? Il est trs facile de draper, sans mme sen rendre compte. Le monde change, cest indniable, assure le Docteur Robert Palombo, enseignant la facult de mdecine de Nice et mdecin addictologue au Carrefour Sant Jeunes. Regardez ne serait-ce que le comportement des gens avec leur smartphone... Ils le tiennent en permanence dans la main, sans jamais le lcher. Pour eux, ils ont le pouvoir, limpression de tout matriser avec ce petit objet ! Face ces comportements problmatiques, une question se pose alors : sagit-il rellement daddictions ?

    Des critres bien prcis Avant toute chose, il faut bien se rendre compte quil ny a pas de mort dans laddiction aux jeux vidos ou Internet, contrairement aux addictions aux substances illicites comme le tabac, lalcool ou la drogue. La question se pose galement pour les accros au boulot, aux jeux dargent ou mme au sport. Laddiction est une vritable maladie sur laquelle un diagnostic est pos. Une addiction est, en temps normal, une dpendance un produit engendrant un comportement, une vie qui sorganise autour de la consommation de ce produit, prcise le Docteur Palombo. La premire tape est la recherche du

    plaisir. Nanmoins, une trop forte consommation et une augmentation de la frquence de ce produit entrainent un dysfonctionnement du cerveau ainsi que tous les problmes connus qui sen suivent : rupture de lien social, dpendance, angoisse, nvrose, hallucinations... En effet, laddiction est clairement dfinie par la classification du DSM-5 (5me version du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux). Un patient est considr comme victime dune addiction

    quand il prsente pendant au moins une anne, deux des 11 critres recenss (voir encadr). Problmes interpersonnels ou sociaux, incapacit remplir des obligations importantes, perte de contrle sur la quantit et le temps ddi la prise de substance... Un nouveau critre est mme apparu : le craving, qui se traduit par un besoin imprieux et irrpressible. Cest bien la relation de contrainte un produit qui valide une addiction, pas forcment sa

    Dans la cinquime dition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5), un patient est considr comme dpendant quand il prsente au minimum deux de ces 11 critres pendant au moins un an :

    Incapacit de remplir des obligations importantes Usage mme lorsquil y a un risque physique Problmes interpersonnels ou sociaux Augmentation de la tolrance au produit addictif Prsence dun syndrome de sevrage, cest--dire de lensemble des symptmes provoqus par larrt brutal de la consommation Perte de contrle sur la quantit et le temps ddi la prise de substance Dsirs ou efforts persistants pour diminuer les doses ou lactivit Beaucoup de temps consacr la recherche de substances Activits rduites au profit de la consommation Poursuite de la consommation malgr les dgts physiques ou psychologiques Le craving, nouveaut introduite par le DSM-5, qui peut se traduire par un besoin imprieux et irrpressible.

    Laddiction en 11 critres

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    dpendance physique prcise lenseignant. Des dpendances peuvent survenir tout moment de lexistence, mais la priode de 15 25 ans est la plus propice leur mergence. Le comportement risque des adolescents et des jeunes adultes facilite en effet les premires expriences, et lusage prcoce de drogues expose un risque accru dapparition dune addiction par la suite. Dans lensemble, les hommes sont plus souvent concerns par les addictions que les femmes. Certaines substances semblent avoir un pouvoir addictif suprieur dautres compte tenu de la proportion de personnes dpendantes parmi leurs consommateurs. Le produit le plus addictif serait le tabac

    (32% des consommateurs sont dpendants), suivi par lhrone (23%), la cocane (17%) et lalcool (15%). La vitesse dinstallation de la dpendance varie galement en fonction des substances. Les dpendances au tabac, lhrone et la cocane peuvent se dvelopper en quelques semaines, alors que celle lalcool est beaucoup plus lente. Parmi les jeux vido, ceux en rseau sont rputs tre les plus addictognes, particulirement les jeux de rle multi-joueurs. Le pouvoir addictif des jeux dargent na quant lui pas t valu mais actuellement, seuls les troubles associs aux jeux dargent sont inscrits dans le DSM-5 (avec 9 critres diagnostiqus, 4 au moins tant ncessaires pour

    pouvoir porter le diagnostic). Du ct de laddiction au sexe, les chercheurs nont pas russi trancher et ont donc prfr classer ces comportements du ct de lhypersexualit. Enfin ct sport, la bigorexie est dsormais une maladie reconnue par lOrganisation Mondiale de la Sant (OMS), et se prsente comme une addiction qui concerne les personnes devenues dpendantes dune pratique excessive du sport.

    Des mcanismes complexes Linstallation dune addiction implique au moins trois mcanismes bien prcis. Le premier est caractris par une augmentation de la motivation consommer la drogue (recherche

    Dossier : Addictions

  • de plaisir), le deuxime est un tat motionnel ngatif (recherche dun soulagement), et enfin le troisime, une diminution de la capacit se contrler (perte de contrle de la consommation). Laddiction dmarre essentiellement avec le plaisir gnr par la substance addictive. Cette sensation est due des modifications lectrochimiques soprant dans le cerveau en rponse la consommation de la substance. On observe notamment la libration de dopamine, la molcule du plaisir et de la rcompense prcise le Docteur Palombo. Laugmentation de la concentration de dopamine rsulte de modifications au

    niveau des transmissions synaptiques dans diffrentes aires crbrales, la substance consomme pouvant interfrer avec des neurotransmetteurs ou leurs rcepteurs. A cela sajoutent dautres mcanismes, notamment la libration de srotonine ou encore lactivation des rcepteurs aux endorphines, des molcules endognes impliques dans lantalgie et la sensation de bien-tre. En cas de consommation rgulire de drogue, la stimulation rpte de ces rcepteurs entrane une diminution de la production naturelle dendorphines. Ds lors, le plaisir nest plus obtenu que par lapport de la substance extrieure, ce qui induit une augmentation de la tolrance

    cette substance et un manque ds larrt de sa consommation. Le cerveau ne peut tout simplement plus grer cet excs de dopamine, poursuit-il. Bien sr, les effets sont diffrents selon le type de produit consomm : alcool, cigarette, drogue. Cette dernire offre dailleurs un sentiment de surpuissance au consommateur car elle est celle qui libre le plus de dopamine. Bien sr la raction dpend de votre tat gnral et de votre condition physique mais quoiquil arrive, votre corps finira par tre compltement dstabilis.

    Des remaniements crbraux long terme Dautres mcanismes consolident laddiction. Lorganisme devient peu peu insensible la substance et ses effets, le consommateur doit accrotre les doses pour obtenir le mme niveau de plaisir. La prise rpte de drogue modifie long terme les rseaux crbraux et perturbe la recherche du plaisir. Le rseau dopaminergique semballe et provoque un besoin incessant de plaisir. Dautres adaptations crbrales finissent par crer un effet ngatif chez le sujet dpendant (dysphorie, anxit, irritabilit). Ces diffrents tats motionnels ngatifs dpendent de laddiction. Pour la cigarette,

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    Dossier : Addictions

  • les consquences pathologiques se feront dans le temps. Les dpts de goudron sur les cils bronchiques, premire ligne Maginot des poumons, dtruisent cette dfense. Le goudron se pose alors directement sur les bronches, entrainant les effets connus tel que le cancer du poumon, explique le Docteur Palombo. Pour lalcool cest encore autre chose. Le sujet boit pour rechercher livresse, comme dans les orgies de Bacchus ! Moins de trois verres par jour, cest grable. Quand on dpasse les trois verres, lexcitation motrice au niveau du cerveau est trop importante. A partir de six verres, on est disponible pour nimporte quelle btise. Enfin, concernant la drogue, tout dpend du produit. La cocane est orgiaque. On ne sinitie pas seul, cela se fait plusieurs. Les effets sont trs rapides, au bout de quelques minutes les hommes se prennent pour Superman, tant sur le plan cognitif que sexuel. Sur 100 personnes qui touchent la cocane, 60 aimeront immdiatement. Forcment, a donne envie de continuer... En outre, les substances addictives modifient la plasticit synaptique cest dire la capacit des neurones se rorganiser entre eux pour intgrer de nouvelles donnes. Cela semble modifier le souvenir de lexprience, pour le rendre peut-tre plus agrable

    encore quil na t, et persistant au cours du temps, incitant renouveler lexprience.Enfin, des stimuli associs de manire rpte la consommation de drogue (conditionnement), comme un lieu ou un moment de la journe toujours identique, peuvent terme activer la libration de dopamine avant mme la prise de la drogue. Cest ainsi quune dpendance psychique peut se crer, par exemple le besoin dune cigarette au moment du caf. Ce phnomne peut expliquer comment des signaux de lenvironnement (publicit, bar, odeur dalcool) peuvent dclencher une rechute mme aprs une longue priode dabstinence.

    La prise en charge indispensable La prise en charge dune addiction est multidisciplinaire. Le traitement est toujours mdico psycho social, souligne laddictologue. Il repose donc sur lassociation dun traitement mdicamenteux, dune prise en charge psychologique individuelle et dun accompagnement social. Pas de recette magique donc : les traitements sont longs, lourds et les risques de rechute trs frquents. Le succs dpend de

    loin de la motivation de lindividu lutter contre cette addiction et surtout se sevrer afin damliorer sa condition de vie, de rtablir un lien social souvent rompu avec son entourage, retrouver

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    Dossier : Addictions

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    une stabilit, mener des activits voir mme trouver sa place. La prise en charge psychologique collective peut galement tre une solution, notamment grce aux groupes de parole qui offrent un

    soutien majeur pendant et surtout aprs le sevrage du patient. Par ailleurs, certaines substances mdicamenteuses peuvent venir appuyer ces traitements afin daider dans la rduction de

    consommation. Quoiquil arrive, le meilleur moyen de lutter reste la prvention, conclut le Docteur Robert Palombo. Malheureusement, les addictions ont encore un trs bel avenir devant elles.

    Dossier : Addictions

  • Jai test pour vous