La philosophie de Jean-Jacques Rousseau Pierre Baribeau (2013)

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  • Page 1
  • La philosophie de Jean-Jacques Rousseau Pierre Baribeau (2013)
  • Page 2
  • "On ne connat point lenfance: sur les fausses ides quon en a, plus on va, plus on sgare. Les plus sages sattachent ce quil importe aux hommes de savoir, sans considrer ce que les enfants sont en tat dapprendre. Ils cherchent toujours lhomme dans lenfant, sans penser ce quil est avant que dtre homme."
  • Page 3
  • "Tout est bien sortant des mains de lAuteur des choses, tout dgnre entre les mains de lhomme. Il force une terre nourrir les productions dune autre, un arbre porter les fruits dun autre; il mle et confond les climats, les lments, les saisons; il mutile son chien, son cheval, son esclave; il bouleverse tout, il dfigure tout, il aime la difformit, les monstres; il ne veut rien de tel que la fait la nature, pas mme lhomme; il le faut dresser pour lui, comme un cheval de mange; il le faut contourner sa mode, comme un arbre de son jardin."
  • Page 4
  • "On faonne les plantes par la culture, et les hommes par lducation."
  • Page 5
  • "Lhomme naturel est tout pour lui; il est lunit numrique, lentier absolu, qui na de rapport lui-mme ou son semblable. Lhomme civil nest quune unit fractionnaire qui tient au dnominateur, dont la valeur est dans son rapport avec lentier, qui est le corps social. Les bonnes institutions sociales sont celles qui savent le mieux dnaturer lhomme, lui ter son existence absolue pour lui en donner une relative, et transporter le moi dans lunit: en sorte que chaque particulier ne se croie plus un, mais partie de lunit, et ne soit plus sensible que dans le tout."
  • Page 6
  • "Dans lordre naturel, les hommes tant tous gaux, leur vocation commune est ltat dhomme."
  • Page 7
  • "Toute notre sagesse consiste en prjugs serviles; tous nos usages ne sont quassujettissement, gne et contraintes. Lhomme civil nat, vit et meurt dans lesclavage: sa naissance on le coud dans un maillot; sa mort on le clone dans une bire; tant quil garde la figure humaine, il est enchan par nos institutions."
  • Page 8
  • "Observez la nature, et suivez la route quelle vous trace. Elle exerce continuellement les enfants; elle endurcit leur temprament par des preuves de toute espce; elle leur apprend de bonne heure ce que cest que peine et douleur."
  • Page 9
  • "Les hommes ne sont pas faits pour tre entasss en fourmilires, mais pars sur la terre quils doivent cultiver. Plus ils se rassemblent, plus ils se corrompent. Les infirmits du corps, ainsi que les vices de lme, sont linfaillible effet de ce concours trop nombreux. Lhomme est de tous les animaux celui qui peut le moins vivre en troupeaux. Des hommes entasss comme des moutons priraient tous en trs peu de temps. Lhaleine de lhomme est mortelle ses semblables []"
  • Page 10
  • "La seule habitude quon doit laisser prendre lenfant est de nen contracter aucune []"
  • Page 11
  • "Toute mchancet vient de faiblesse; lenfant nest mchant que parce quil est faible; rendez-le fort, il sera bon []"
  • Page 12
  • "Avant lge de raison, nous faisons le bien et le mal sans le connatre; il ny a point de moralit dans nos actions []"
  • Page 13
  • "Loin davoir des forces superflues, les enfants nen ont pas mme de suffisantes pour tout ce que leur demande la nature; il faut donc leur laisser lusage de toutes celles quelle leur donne et dont ils ne sauraient abuser."
  • Page 14
  • "Hommes, soyez humains, cest votre premier devoir []"
  • Page 15
  • "Nous ne savons ce que cest que bonheur ou malheur absolu. Tout est ml dans cette vie; on ny gote aucun sentiment pur, on ny reste pas deux moments dans le mme tat. Les affections de nos mes, ainsi que les modifications de nos corps, sont dans un flux continuel. Le bien et le mal nous sont communs tous, mais en diffrentes mesures. Le plus heureux est celui qui souffre le moins de peines; le plus misrable est celui qui souffre le moins de plaisirs."
  • Page 16
  • "Lhomme est trs fort quand il se contente dtre ce quil est; il est trs faible quand il veut slever au-dessus de lhumanit."
  • Page 17
  • "Tout nest que folie et contradiction dans les institutions humaines."
  • Page 18
  • "Le seul qui fait sa volont est celui qui na pas besoin, pour la faire, de mettre les bras dun autre au bout des siens."
  • Page 19
  • "La socit a fait lhomme plus faible, non seulement en lui tant le droit quil avait sur ses propres forces, mais surtout en les lui rendant insuffisantes. Voil pourquoi ses dsirs se multiplient avec sa faiblesse []"
  • Page 20
  • "Quiconque fait ce quil veut est heureux, sil se suffit lui-mme []"
  • Page 21
  • "Lhomme qui ne connatrait pas la douleur ne connatrait ni lattendrissement de lhumanit ni la douceur de la commisration; son cur ne serait mu de rien, il ne serait pas sociable, il serait un monstre parmi ses semblables."
  • Page 22
  • "Cest une disposition naturelle lhomme de regarder comme sien tout ce qui est en son pouvoir."
  • Page 23
  • "Posons pour maxime incontestable que les premiers mouvements de la nature sont toujours droits: il ny a point de perversit dans le corps humain []"
  • Page 24
  • "La seule passion naturelle lhomme est lamour de soi-mme ou lamour-propre pris dans un sens tendu. Cet amour-propre en soi ou relativement nous est bon et utile; et, comme il na point de rapport ncessaire autrui, il est cet gard naturellement indiffrent; il ne devient bon et mauvais que par lapplication quon en fait et les relations quon lui donne."
  • Page 25
  • "Soyez juste, humain, bienfaisant. Ne faites pas seulement laumne, faites la charit; les uvres de misricorde soulagent plus de maux que largent: aimez les autres, et ils vous aimeront; servez-les et ils vous serviront; soyez leur frre, et ils seront vos enfants."
  • Page 26
  • "Cessez de vous en prendre aux autres de vos propres fautes []"
  • Page 27
  • "Avec les conventions et les devoirs naissent la tromperie et le mensonge. Ds quon peut faire ce quon ne doit pas, on veut cacher ce quon na pas d faire."
  • Page 28
  • "Le singe imite lhomme quil craint, et nimite pas les animaux quil mprise; il juge bon ce que fait un tre meilleur que lui. Parmi nous, au contraire, nos arlequins de toute espce imitent le beau pour le dgrader, pour le rendre ridicule; ils cherchent dans le sentiment de leur bassesse sgaler ce qui vaut mieux queux []"
  • Page 29
  • "Comme tout ce qui entre dans lentendement humain y vient par les sens, la premire raison de lhomme est une raison sensitive; cest elle qui sert de base la raison intellectuelle: nos premiers matres de philosophie sont nos pieds, nos mains, nos yeux. Substituer des livres tout cela, ce nest pas nous apprendre raisonner, cest nous apprendre nous servir de la raison dautrui; cest nous apprendre beaucoup croire, et ne jamais rien savoir."
  • Page 30
  • "[] ce nest quau feu de limagination que les passions sallument."
  • Page 31
  • "Lexistence des tres finis est si pauvre et si borne, que, quand nous ne voyons que ce qui est, nous ne sommes jamais mus. Ce sont les chimres qui ornent les objets rels."
  • Page 32
  • "Do vient la faiblesse de lhomme? De lingalit qui se trouve entre sa force et ses dsirs. Ce sont nos passions qui nous rendent faibles, parce quil faudrait pour les contenter plus de forces que ne nous en donna la nature."
  • Page 33
  • "Des connaissances qui sont notre porte, les unes sont fausses, les autres sont inutiles, les autres servent nourrir lorgueil de celui qui les a. Le petit nombre de celles qui contribuent rellement notre bien-tre est seul digne des recherches dun homme sage []"
  • Page 34
  • "Souviens-toi sans cesse que lignorance na jamais fait de mal, que lerreur seule est funeste, et quon ne sgare point par ce quon ne sait pas, mais par ce quon croit savoir."
  • Page 35
  • "Le mme instinct anime les diverses facults de lhomme. lactivit du corps, qui cherche se dvelopper, succde lactivit de lesprit qui cherche sinstruire."
  • Page 36
  • "Dans les premires oprations de lesprit, que les sens soient toujours ses guides: point dautre livre que le monde, point dautre instruction que les faits. Lenfant qui lit ne pense pas, il ne fait que lire; il ne sinstruit pas, il apprend des mots."
  • Page 37
  • "Nous ne savons jamais nous mettre la place des enfants; nous nentrons pas dans leurs ides, nous leur prtons les ntres; et suivant toujours nos propres raisonnements, avec des chanes de vrits nous nentassons quextravagances et querreurs dans leur tte."
  • Page 38
  • "Plus nos outils sont ingnieux, plus nos organes deviennent grossiers et maladroits: force de rassembler des machines autour de nous, nous nen trouvons plus en nous-mmes."
  • Page 39
  • "Tout homme veut tre heureux; mais, pour parvenir ltre, il faudrait commencer par savoir ce que cest que le bonheur. Le bonheur de lhomme naturel est aussi simple que sa vie; il consiste ne pas souffrir: la sant, la libert, le ncessaire, le c