PHILOSOPHIE POLITIQUE ET SOCIALE Aristote Les Cyniques Cicéron Saint-Augustin Hobbes...

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  • PHILOSOPHIE POLITIQUE ET SOCIALE Aristote Les Cyniques Cicron Saint-Augustin Hobbes Machiavel Rousseau Smith Ferguson Marx Pierre Baribeau (2010) Thories sur ltre humain en socit
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  • ARISTOTE Les Politiques
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  • ARISTOTE Puisque toute cit, nous le voyons, est une certaine communaut, et que toute communaut a t constitue en vue dun certain bien (car cest en vue de ce qui leur semble un bien que tous les hommes font ce quils font), il est clair que toutes les communauts visent un certain bien, et que, avant tout, cest le bien suprme entre tous que vise celle qui est la plus minente de toutes et qui contient toutes les autres. Or cest celle que lon appelle la cit, cest-- dire la communaut politique.
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  • ARISTOTE [] il est tout dabord ncessaire que sunissent les tres qui ne peuvent exister lun sans lautre, par exemple la femme et lhomme en vue de la procration [] ; et celui qui commande et celui qui est command, et ce par nature, en vue de leur mutuelle sauvegarde. En effet, tre capable de prvoir par la pense cest tre par nature apte commander cest--dire tre matre par nature, alors qutre capable dexcuter physiquement ces tches cest tre destin tre command, cest--dire tre esclave par nature.
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  • ARISTOTE Cest pourquoi la mme chose est avantageuse un matre et un esclave. [] Chez les barbares pourtant la femme et lesclave ont le mme rang. La cause en est quils nont pas la facult naturelle de commander [] la communaut premire forme de plusieurs familles en vue de relations qui ne soient plus seulement celle de la vie quotidienne, cest le village. Ralit tout fait naturelle, le village semble tre une colonie de la famille, et certains appellent ses membres des gens qui ont tt le mme lait.
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  • ARISTOTE Cest aussi pourquoi les cits ont dabord t gouvernes par des rois, et que cest encore aujourdhui le cas des peuplades. Elles se sont en effet constitues de gens soumis un roi, car toute famille est rgie par le plus g, de sorte que les colonies de familles le sont aussi du fait de la parent de leurs membres. [] Et la communaut acheve forme de plusieurs villages est une cit ds lors quelle a atteint le niveau de lautarcie pour ainsi dire complte; stant donc constitue pour permettre de vivre, elle permet, une fois quelle existe, de mener une vie heureuse.
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  • ARISTOTE Voil pourquoi toute cit est naturelle: cest parce que les communauts antrieures dont elle procde le sont aussi. Car elle est leur fin, et la nature est fin: ce que chaque chose, en effet, est une fois que sa gense est compltement acheve, cest cela que nous disons tre la nature de cette chose. [] en vue de quoi, cest--dire la fin, cest le meilleur, et lautarcie est la fois une fin et quelque chose dexcellent. Il est manifeste [] que la cit fait partie des choses naturelles et que lhomme est par nature un animal politique
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  • ARISTOTE , et que celui qui est hors cit, naturellement bien sr et non par le hasard des circonstances, est soit un tre dgrad soit un tre surhumain [] Cest pourquoi il est vident que lhomme est un animal politique plus que nimporte quelle abeille et que nimporte quel animal grgaire. Car, comme nous le disons, la nature ne fait rien en vain; or seul parmi les animaux, lhomme a un langage. [] Il ny a en effet quune chose qui soit propre aux hommes par rapport aux autres animaux; le fait que seuls ils aient la perception du bien, du mal,
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  • ARISTOTE , du juste, de linjuste et des autres notions de ce genre. [] Cest donc par nature quil y a chez tous les hommes la tendance vers une communaut de ce genre [] Un citoyen au sens plein ne peut pas tre mieux dfini que par la participation une fonction judiciaire et une magistrature [] Cest pourquoi le citoyen tel que nous lavons dfini existe surtout en dmocratie [] Ce quest le citoyen est donc manifeste [] celui qui a la facult de participer au pouvoir dlibratif ou judiciaire [] qui est n de deux citoyens et non pas dun seul.
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  • LES CYNIQUES Les Cyniques Diogne de Sinope
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  • LES CYNIQUES On demandait Diogne: Quels sont ceux qui vivent en paix? - Ceux-l, dit-il, dont la conscience nest charg daucune faute. [] Il est trange, disait Diogne, que lon verse de lhuile dans la lampe pour y voir plus clair sur la table, tandis quon ne veut rien dpenser ses forces devenir plus sage desprit de manire bien discerner ce quil y a de meilleur pour lexistence. [] Le plaisir vritable, affirmait Diogne, rside dans ltat dune me paisible et joyeuse, sans lequel les richesses de Midas et de Crsus ne sont daucune utilit []
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  • LES CYNIQUES Car on ne peut tre heureux, mais tout fait malheureux si lon a dplorer quelque misre, grande ou petite. [] quelquun qui lui demandait comment on pouvait devenir matre de soi, Diogne rpondit: En se reprochant fortement soi-mme ce que lon reproche aux autres. [] Certains le tournaient en ridicule parce quil dambulait reculons sous un portique. Diogne leur rpliqua: Navez-vous pas honte de me reprocher daller reculons en marchant, vous qui parcourez reculons le chemin mme de votre vie?
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  • LES CYNIQUES On lui demandait pourquoi il ne se permettait pas de laver son corps: Je ne veux pas avoir lair dtre, mais tre vraiment un chien! [] Comme disait Diogne: il y a bien des souris et des belettes dans les maisons qui regorgent de victuailles: de mme, les corps que lon gave de nourritures attirent bien des maladies. [] Diogne se moquait des gens qui scellent leurs trsors avec des verrous, des cls et des cachets, mais ouvrent toutes les portes et fentres de leur corps, la bouche, le sexe, les oreilles et les yeux.
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  • LES CYNIQUES [] Les autres chiens, disait Diogne, mordent leurs ennemis, tandis que moi, je mords mes amis, de manire les sauver. [] Quest- ce quun ami? demandait-on Diogne. - Une seule me reposant en deux corps. [] Un citoyen de lAttique blmait Diogne de ne pas avoir lu domicile chez les Lacdmoniens dont il faisait volontiers lloge. Mais le mdecin lui-mme, reprit Diogne, tout gurisseur quil soit, ne va pas demeurer chez des gens malades! []Un chauve linjuriait: Je ne vais pas tre insolent envers toi, reprit Diogne,
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  • LES CYNIQUES mais je flicite tes cheveux davoir abandonn une sale tte! [] Durant un banquet, Diogne versa terre le vin quon lui avait offert un peu trop gnreusement, ce dont certains convives se mirent le blmer. Il leur rpondit alors: Nest-il pas vrai que si je le buvais, non seulement il disparatrait, mais il me perdrait tout aussi bien? [] Diogne, apercevant des femmes qui bavardaient ensemble, eut ce mot: laspic emprunte son poison la vipre. [] Lducation des enfants, disait Diogne, ressemble aux productions des
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  • LES CYNIQUES cramistes: ceux-ci imprgnent largile tendre la forme et larrangement quils veulent, mais ils ne peuvent plus la travailler une fois quelle est cuite; de la mme faon, les gens qui nont pas t duqus prix defforts durant leur enfance sont impossibles transformer une fois devenus adultes. [] Quelquun lui demandait quels taient les hommes les plus nobles. Diogne lui rpondit: Ceux qui mprisent la richesse, la gloire, le plaisir et la vie, et qui dominent par ailleurs leurs contraires, la pauvret, lobscurit, la peine et la mort.
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  • CICRON Le Trait de la Rpublique
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  • CICRON Je me contenterai de poser ici en principe quil y a dans la nature un tel besoin dagir fortement, une si grande propension sexposer pour le salut commun quelle triompha de toutes les flatteries du plaisir, de toutes les sductions du repos. Il ne faut pas voir dans la vertu un art que lon puisse possder sans lappliquer. On peut avoir la connaissance thorique dun art sans le mettre en pratique; la vertu consiste entirement dans les applications quon en fait. Or, la plus haute de ces applications est le gouvernement de la cit et
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  • CICRON le dploiement par des actes, non en paroles, des mrites mmes que glorifient vos philosophes dans les coles. [] Le citoyen donc qui, par le pouvoir quil a de commander et par des lois pnales, oblige tout un peuple faire ce que les philosophes par leurs discours persuadent peine un petit nombre, doit tre mis au- dessus de ceux qui en discutent. Quel discours, si achev quon le suppose, peut- on prfrer une cit jouissant grce au droit public et aux murs dune unit robuste?
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  • CICRON Je crois devoir mettre les grandes cits, les cits dominatrices [] au-dessus des bourgades et des postes fortifis, autant les hommes qui, par le poids de leur avis et leur ascendant, sont la tte de ces villes lemportent mme en sagesse, sur ceux qui sont loigns des affaires publiques. Or, puisque nous sommes au plus haut point ports accrotre le patrimoine de lhumanit, que nous nous efforons par la pense et par nos labeurs de rendre la vie humaine plus sre et plus puissante, puisque cest la recherche
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  • CICRON de cette jouissance-l que nous incite la nature, suivons la voie qui a toujours t celle des meilleurs et ncoutons pas les appels la retraite qui se font entendre pour nous ramener en arrire quand dj nous avons march de lavant. [] sil est un thme qui se prte des dveloppements abondants et des rapprochements oratoires, ce sont les calamits qui ont accabl les hommes les plus marquants, les traitements injustes que leur ont infligs leurs conci