expressions 04

download expressions 04

of 28

  • date post

    09-Mar-2016
  • Category

    Documents

  • view

    251
  • download

    29

Embed Size (px)

description

magazine Expressions

Transcript of expressions 04

  • Dossier |

    Tatouage

  • PUBLICIT

  • Partenaires

    02

    06

    07

    09

    14

    11

    12

    24

    15

    16

    17

    05

    19

    23

    edito

    sommaire

    Biscotte matinale

    encrages

    Lastrolabe dans le secret 6

    steven Cohen Fuck off and die

    des nouvelles du Ballon rouge

    La true Hate art Gallery

    en terre promise

    spectacle vivant

    spectacle vivant

    spectacle vivant

    dossier

    cinma

    musique

    jeune public

    cinma

    internet + design

    arts plastiques

    arts plastiques

    sport

    Agenda

    Shopping

    La tl au rayon frais regardez-moi

    Le Far de La rochelle

    trs Courts au Carr

    La Poudrire de rochefort

    10e Fte de lenfance en Pays daunis

    Comme sur des roulettes !

    a na rien voir ?

    Depuis plusieurs mois, les habi-tants du quartier de Mireuil, La Rochelle, sont invits partager leurs secrets, sans sen dfaire (cf. p. 6). Ils les transmettent, pour mieux se connatre et se faire connatre. On observe ce phno-mne dans le monde entier, o in-dividus et peuples, pour survivre au plan local, tentent de sintgrer au plan global. Ici lart sert de mdia, ailleurs la cration dun site Internet permettra de lever des fonds. Ces communications sont essentielles, grce elles les hommes sinscri-vent dans lhistoire et se soucient de lavenir de leurs enfants.

    Dans le mme temps, de nom-breuses tudes montrent quen Occident les enfants influencent dsormais les choix de consom-mation de leurs parents de faon dterminante, sous le matraquage des publicitaires. Les pulsions enfantines auraient-elles dj pris le pouvoir ? Il apparat en tout cas que lautorit chappe aux adultes, dont la vision de lavenir svanouit. La chute est malheureusement connue davance : pour pallier le manque dencadrement familial, nos socits ripostent la plupart du temps par lautoritarisme.

    Et il est plus facile aux gouver-nants de mater des adultes infan-tiliss que daider des hommes qui veulent sauver leur peau.

    Nicolas Giacometti

    PS. Une ptition circule contre une autre preuve dinfantilisation de nos gouvernants eux-mmes vilains petits garnements ! , savoir leur lutte pour la dfense de la libert de spculer afin dasservir le reste de la socit : www.stop-finance.org

    10 littrature

    Les ditions libertaires

    force de surfer la crte, na-t-elle pas disparu ?

    retrouvez le magazine surwww.magazine-expressions.com

    i m p r i m e u ri m a g i n a t i f

    Les sPciaListesdu lundi au vendredi

    9h10 - 9h40au 05 46 50 67 68

    France BleuLa Rochelle rpond

    toutes vos questions de la vie quotidienne.

    expressions 36, rue Beltrmieux, BP 32046 La Rochelle Tl. 05 46 43 19 20 Fax. 05 46 00 08 12email : redaction@magazine-expressions.com / site : www.magazine-expressions.com

    sport21

    directeur de la publication : Pierrick Zelenay / responsable de la rdaction : Nicolas Giacomettiont collabor ce numro : Gilles Diment, Raoul Douaist, Catherine Fourmental-Lam, Joo Garcia, Philippe Guerry,Dany Huc, Pierre Labardant, Emmanuel Legas, Martin Masmontet, Philippe Thieyre / date de parution : Avril 2008issN : 1960-1050 / Photographe : Julien Chauvet / maquette : Antichambre Communication / mise en page : Cyril Perusimpression : IRO - ZI rue Pasteur - Prigny / service commercial : Franois Fottorino 05 46 43 19 20expressions est une publication gratuite et bimestrielle de Performances Sports / tirage : 10 000 exemplaires

    18 jeune public

    Comme si jouer ce serait que pour les adultes

  • p2

    encragesdes grandes heures de la marine, La rochelle garde une marque ancre dans la mmoire collective : le tatouage. aujourdhui, certains perptuent la tradition dans la ville assagie. enqute au pays des aiguilles et des pigments.

    lorigine, il y eut le TatauDe ses voyages Tahiti la fin du xviiie

    sicle, James Cook ramne une tradition ornementale, le Tatau, qui va se rpandre de port en port, pour devenir la marque de reconnaissance des marins. Gilbert Buti, matre de confrence et membre de la Socit franaise dhistoire maritime, confirme : Le succs du tatouage chez les gens de mer dans la premire moiti du xixe sicle fait de cette pratique un sujet dtude scientifique : dabord de la part de mdecins de marine, puis de crimino-logues cherchant constituer des typo-logies et enfin du lgislateur prohibant le marquage des corps. Car rapidement le tatouage est associ la marginalit. La vie en mer est rude et le retour sur terre, aprs des semaines naviguer, pose sou-vent des problmes des individus dso-rients. De ses campagnes, le marin veut garder trace. Il se fait tatouer des motifs ou des mots qui sont, selon Gilbert Buti, la fois une image prive protectrice, mais aussi un moyen daffirmer une identit,

    religieuse ou politique, dexprimer ten-dresse ou rvolte . On retrouve ainsi le coq et le cochon tatous sur chaque pied pour conjurer le mauvais sort, le Christ appliqu sur le dos pour viter les coups de fouet ou lancre (comme Popeye !) sur le bras pour affirmer sa condition.

    Rgion pigmenteHistoire et tatouage sont troitement

    lis dans nos contres. Ds lorigine, ce sont des tatous, les Pictes (Celtes tirant leur nom de leur habitude de se couvrir le corps de dessins), qui vont crer le Poitou en sinstallant de la Loire la Charente. Guerriers, ils sont aussi des marins aguer-ris qui vont rgner sur ce morceau de cte atlantique. Cest de cette ferveur naviguer que natront les rcits chants. Le rpertoire des chants de marins mle ainsi, dans un parfum diode et de rhum, les odes consacres La Rochelle (Quand je suis parti de La Rochelle, Cest dans la ville de La Rochelle, Les Filles de La Rochelle) au thme du tatouage (Le Tatou). Renaud

    dossier

    Chacun est dsormais libre de i

    disposer de sa peau comme dun nouveau support dexpression.

  • p3

    lui-mme conte le destin de Trois ma-telots en chanson : quinze ans pour une donzelle / Il a dsert La Rochelle Est devenu un vrai salaud / Sest fait tatouer les biscotos / Entre le prnom de sa mre / Des loups, des serpents, des panthres / Et le Christ au milieu du dos / Voulu partir sur un bateau Des paroles qui pourraient dcrire Bernard Stamm, le baroudeur suisse, que lon a vu prparer son bateau, Chemines Poujoulat, dans le bassin des chalutiers de La Rochelle. Car le navigateur cultive dans son pays dorigine une rputation de frondeur que le tatouage Born to be a sailor de son avant-bras vient confirmer. Lencre tient bien au corps.

    Retour terreSi la rgion est rpute pour ses gens

    de mer, les affaires ne reposent pas pour autant sur le tatouage des marins, comme laffirme ric, le colosse tatoueur du Tattoo Shop de La Rochelle. La clien-tle est locale, 50 % dhommes, 50 % de

    femmes , constitue de jeunes qui mani-festent de nouveaux choix. Les flashs , motifs de catalogue appliqus il y a peu ltat original sur le client, sont dsormais retravaills pour sadapter parfaitement au corps. Nombreux sont ceux qui arri-vent mme avec leur projet custom . Les motifs traditionnels de la rbellion (la fameuse tte de mort, par exemple) se partagent dsormais la place avec ceux issus des arts graphiques. Les ordina-teurs, les logiciels et laccs Internet ont favoris la cration personnelle du client. Pour autant, celui-ci nest pas toujours roi. Nous refusons de raliser un motif dont lesthtique (sous-entendu le message, NDLR) nest pas en confor-mit avec nos rgles. Le tatouage est une uvre unique dont le client et son rali-sateur doivent tre fiers. Une mutation se dessine, le tatouage semblant vouloir sortir de la marginalit pour rejoindre le milieu de lart, au risque peut-tre de saseptiser.

    Pierre Labardant

    Mme pas mal !Je suis au Tattoo Shop de La Rochelle pour me faire piquer . Assis sur un fauteuil mdical face la fentre donnant sur le port, je surveille dun il les prparatifs. Jentends le claquement des gants en caoutchouc quric vient dajuster sur ses mains. La ralit sanitaire de la crmonie. Le terrain est dgag laide dun rasoir jetable. Le motif que jai fourni quelques jours auparavant a pris place sur un papier hectographique (ou carbone) pour le transfert. Tests de positionnement. Avis du client. Laffaire est entendue. Lencrage peut dbuter. Le dermographe est mis sous tension. ses vibrations mtalliques, on pourrait le confondre avec une tondeuse cheveux. Mais le premier impact des aiguilles ramne la ralit. Lencre passe sous la peau et diffuse sa chaleur. Sa brlure. Pass les premires minutes, le corps se met en veille, berc par le vibrato lancinant de lappareil. Les impressions sont confuses. Au feu du dermographe succde le frais de lantiseptique appliqu sur la peau vif. Le travail est termin. Lheure est la dcouverte du motif encr. Une nouvelle vie pidermique commence. / P.L.

    Profession tatoueur Le tatoueur est un artiste. Pourtant il ne bnficie pas de son statut. Cest sur ce point prcis que porte le combat du SNAT (Syndicat national des artistes tatoueurs) men par Tin-Tin, son prsident emblmatique. En effet, la loi considre ces travailleurs indpendants comme des commerants. Ils doivent acquitter une TVA 19,6 % quand les auteurs duvres graphiques et plas-tiques accdant la Maison des Artistes sont seulement assujettis 5,5 %. Sajoute une pression rglementaire depuis la parution, le 20 fvrier dernier, dun dcret (n 2008-149) portant sur les conditions dexercice et dhygine du tatouage. Les professionnels devront dsormais suivre des formations et mettre leurs locaux en conformit. Si beaucoup se flicitent de cette reconnaissance de leur mtier, dautres redoutent galement le retour des pratiques clandestines, crant un nouveau danger sanitaire. / P.L.

    dossier

  • p4 dossier

    De lart ou du cochonDurant la seconde moiti du xxe