Série Graphique — Connaître et pratiquer le design graphique au ...

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Série Graphique Connaître et pratiquer le design graphique au collège

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  • Srie GraphiqueConnatre et pratiquer le design graphique au collge

  • SRIE GRAPHIQUECONNATRE ET PRATIQUER LE DESIGN GRAPHIQUE AU COLLGETYPOGRAPHIECOULEUR VISUALISATION DE DONNES IMAGE MISE EN PAGE

    Afin daccompagner les nouvelles gnrations dans la comprhension du monde de limage dans lequel elles voluent, le kit pdagogique Srie Graphique connatre et pratiquer le design graphique au collge propose aux professeurs de collge de sensibiliser leurs lves aux crations de design graphique.Le kit est codit par le rseau Canop et le Centre national des arts plastiques, qui, dans le cadre de ses missions de soutien et de diffusion de lart contemporain, est trs attentif aux questions lies au design graphique.Cest loccasion de la manifestation Graphisme en France 2014 que ce kit a t imagin par le CNAP avec lide de mettre la disposition des professeurs, pour leurs lves, un ensemble doutils et dinformations introduisant au design graphique et ses applications, la fois dans le cadre scolaire et dans celui du quotidien de tous.

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  • Souvent confronts des choix graphiques lors de la mise en page de leurs travaux scolaires, du choix dun caractre, dune image ou dune couleur, les lves approchent le design graphique sans en avoir conscience.Cet outil pdagogique a pour objectif de transmettre aux collgiens des informations et des connaissances sur la mise en page, la typographie ou les illustrations. Il est, par extension, une sensibilisation ces techniques, qui, bien quomniprsentes dans notre environnement visuel, sont souvent trop peu identifies et considres.Sous la conduite du CNAP et avec la collaboration du rseau Canop, pdagogues, graphistes, enseignants et professionnels se sont runis pour laborer cet outil indit.Conu en deux volets dune part, une brochure lusage des enseignants, qui y trouveront des ressources historiques et pdagogiques pour mener bien le travail

    avec leurs lves ; dautre part, cinq affiches thmatiques, destines tre prsentes dans les classes , ce kit pdagogique invite les lves dcouvrir la typographie, la couleur, limage, la visualisation de donnes et la mise en page.La conception du kit a t confie Fanette Mellier, qui a imagin un objet graphique pour lequel les choix dimpression et de papiers font partie intgrante du projet.Nous souhaitons que ce kit pdagogique, dit 7 500 exemplaires et diffus gratuitement, puisse, sinon faire natre des vocations, tout au moins permettre au plus grand nombre dlves de porter un regard plus aiguis sur les outils dont ils disposent et les inciter mieux dcrypter le sens des nombreuses images et publications qui les entourent.

    Yves RobertDirecteur du Centre national des arts plastiques

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    A Annonce presse parue dans La France graphique, no 107, novembre 1955, Roger Excoffon.

    B Initiale U (Viginti et duas). Bible, Johannes Gutenberg, Mayence, 1455.

    C Identit graphique dIBM Fair, 1964-1965, Paul Rand.

    D Typographe de lImprimerie nationale en train de composer un texte au plomb.

    E Graphisme pour lenseigne de sortie pour le mtro parisien, vers 1901, Hector Guimard.

    F Graffiti en lettres gothiques sur lAvenida Paulista, So Paulo, Brsil, 2014.

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  • TypographieLa typo-graphie, cest littralement lart dcrire avec des types. Que disons-nous lorsque nous parlons dun sale type, dun cas typique ?Nous exprimons une rfrence un modle prtabli. La typographie est donc lart dcrire laide de modles prfabriqus, quils soient matriels ou numriques. Distincte en cela de lcriture manuscrite, dans laquelle une mme lettre est la trace chaque fois diffrente du geste de la main, la typographie propose au rdacteur comme au lecteur une profusion de caractres, familiers ou tonnants, anciens ou nouveaux.

    Times New Roman, Arial, Helvetica, Garamond... Il y a encore une vingtaine dannes, le choix dun caractre typographique tait affaire de professionnels. Depuis larrive des ordinateurs au bureau, lcole, la maison, chacun sest familiaris avec ces noms et a appris peu peu choisir une police dans son logiciel de traitement de texte, intuitivement ou par imitation. Ainsi, le profane est-il entr dans le monde jusqualors si ferm de la typographie. tre sensibilis ces questions permet dapprhender les enjeux de la mise en forme dun texte et de matriser son expression crite. Au-del, connatre lhistoire des signes, celle des techniques dimpression et du long cheminement qui a men lhomme lcran, permet de penser les rvolutions en cours. Peu de gnrations ont la chance de vivre des mues si profondes, mettant en jeu notre rapport au savoir. Pour en tre les tmoins attentifs, il faut en saisir les fondements et les racines.

    crire On ne peut pas parler de lhistoire de la lettre imprime sans la resituer dans le contexte plus gnral de celle de lcriture. Les plus anciennes traces dcriture nous viennent de Msopotamie et remontent 3 500 ans avant Jsus-Christ. Au fil du dveloppement des relations politiques et commerciales, on assiste une phontisation progressive des systmes dcriture et notamment lapparition de lalphabet en Phnicie, vers 1200. De proche en proche, lcriture se propage en Grce, puis dans lEmpire romain. LEurope du Moyen ge voit se dvelopper un vaste rseau dateliers de copie dans des monastres, appels scriptorium. Les livres (ou codex) sont crits sur du parchemin. Ils sont des objets prcieux, souvent sacrs, fort coteux produire. En possder devient un signe de richesse et de pit auquel, peu peu, des particuliers, nobles ou bourgeois, prtendent. Paralllement, on cherche reproduire des images, le plus souvent pour ldification des croyants, parfois accompagnes de courts textes. La technique de la gravure sur bois se dveloppe ainsi partir du XIVe sicle. Ds lors, tout est prt pour que naisse limprimerie.

    Une ide industrielleJohannes Gutenberg nat Mayence vers 1400, dans une famille de notables. Il est lettr et a t form au travail de lorfvrerie.

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  • Attentif la demande de livres dans ce riche carrefour de lEurope, il consacrera plus de vingt ans la recherche des moyens de produire plus vite des livres de qualit gale ceux laborieusement copis la main. Son ide est de se servir de caractres mobiles qui seront rutilisables aprs impression pour composer dautres textes. Certains sy sont dj essays : les Chinois et un certain Coster, en Hollande, un sicle plus tt. Mais Gutenberg, lui, connat parfaitement les mtaux. La gravure de poinons en acier, inaltrable, permet de fabriquer des caractres qui, une fois uss, pourront tre refondus et rutiliss. Il met au point un alliage base de plomb suffisamment dur pour rsister la pression et assez souple pour ne pas abmer la presse. Il perfectionne cette dernire et fabrique une encre grasse qui accroche sur le mtal. Financ partir de 1450 par le banquier Fust, il parvient finalement produire environ 200 exemplaires dune Bible compose en lettres gothiques. La recherche a cot si cher que les ventes ne couvrent pas linvestissement. la suite dun procs, Gutenberg est dpossd de son invention.

    Histoire de familles Le mouvement est lanc. En cinquante ans, des ateliers dimprimeurs ouvrent dans toute lEurope. Chacun perfectionne les techniques et propose de nouveaux caractres, plus lgants, plus finement gravs. Les familles de la classification typographique labore par Maximilien Vox permettent de retracer lvolution historique des caractres. Les Humanes sinspirent des caractres gravs au XVIe sicle et gardent encore une forte influence de lcriture manuscrite. Laxe est trs pench, le contraste plein/dli peu marqu. Les Garaldes puis les Rales (Garamond, Caslon, Baskerville) saffinent et saffranchissent peu peu du souvenir de la lettre trace. Les empattements sont de plus en plus prcis, le contraste plein/dli augmente, jusquaux Didones (Didot, Bodoni), o dlis et empattements sont si fins quils ne forment plus quun trait. Les dveloppements de lindustrie, des journaux, de la publicit, des romans populaires, au XIXe sicle, sortent le livre de son litisme. La forme des lettres est renforce pour rsister de plus longs tirages. On appelle Mcanes ces caractres aux lourds empattements rectangulaires. Au XXe sicle, la composition manuelle cde la place des procds mcaniques puis optiques. Sous linfluence des mouvements modernistes, lemploi de caractres

    sans empattements se banalise : ce sont les Linales. la fin du XXe sicle, le numrique, avec la PAO, vient tout dabord rvolutionner les tapes de conception prpresse et interroge aujourdhui directement le recours limprim. Le caractre saffiche lcran, sa matrice est un ensemble de vecteurs ; on parle de caractres vectoriels.

    Mais que font les polices ?Il existe aujourdhui des centaines de milliers de polices de caractres disponibles sous forme numrique. Comment sy reprer ? Comment choisir ? Quel que soit le design, un A reste un A et un ensemble de lettres composent le mme mot. Pourtant, sa forme nous parle subjectivement. Sa connotation varie. Pour le comprendre, on peut user de nombreuses comparaisons.

    Mtaphore de la chaussure Difficile de courir le 100 mtres en talons-aiguilles ? Ou daller en bote de nuit en chaussures de ski ? Il nest pas l seulement question de style mais bien dusage. De mme, il convient dadapter le choix dun caractre au texte quil doit composer et son contexte de lecture. Cherche-t-on tre vu de loin (signaltique) ?, tre lisible en petit ?, attirer lattention (affiche) ?, faire ressortir la structure du texte (titres) ?, ou permettre une lecture longue et sans accroc (roman) ? Cet aspect constitue la part la plus objective du choix typographique. Le choix du caractre ne dtermine pas lui seul la faon dont un lecteur rencontre un texte. Sa couleur typographique est conditionne par la mise en forme : corps, interlignage, longueur des lignes, mode de justification.

    Mtaphore de lacteur Le choix dun caractre peut sapparenter au casting dun film. Il y a des monstres sacrs et des stars dun jour, des comiques, des intellectuels, des avant-gardistes et des contre-emplois. Comme les acteurs, certaines typographies sont conditionnes par leur physique des emplois spcifiques : un caractre trs massif semblera plus autoritaire quun caractre aux courbes dlicates. Certains sont de parfaits camlons. Les plus grands peuvent tout jouer en conservant le mme phras, reconnaissable entre mille, quels ques soient les rles. Comme un acteur, au fil du temps, un caractre typographique se charge, dans linconscient collectif, de ses rles passs.

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  • Le cas des caractres inspirs des critures gothiques est intressant. Ecriture aux courbes brises caractristique du Moyen ge, elle incarne encore souvent les savoir-faire artisanaux : charcuterie, bire dabbaye... Mais, lie la culture germanique, elle est utilise dans les annes 1980 par des groupes de hard rock, parfois proches de mouvements no-nazis. Elle y gagne une image de rbellion qui la fait aujourdhui souvent apprcier de groupes de hip-hop amricains... tranges drives polysmiques ! LHelvetica, au contraire, a conquis le monde par sa neutralit. Selon les contextes et la faon dont on sen sert, cette typographie peut sembler banale et passe-partout ou voquer fortement ses origines : le graphisme suisse des annes 1960.

    Mtaphore du parfum Si chacun peut tre touch par une odeur, seuls lacquisition dune base thorique et lemploi dune terminologie spcifique permettent au parfumeur dausculter, de dissquer une fragrance. De mme, lanatomie de la lettre et les diffrentes classifications typographiques servent duquer lil. Elles lui apprennent regarder un caractre, en extraire les caractristiques marquantes pour pouvoir ensuite le reconnatre, le choisir, sen servir... ou en crer de nouveaux ! Le typographe ou type-designer conoit de nouveaux caractres ou revisite les formes historiques, tantt pour un projet graphique donn, tantt au sein de fonderies, grandes ou petites, qui diffusent, vendent et grent les droits. Lvolution des outils numriques, lessor de la vente en ligne, la sensibilisation des usagers, un enseignement renouvel dans les coles dart ont permis depuis quelques annes un profond et riche renouvellement de la cration typographique. 0

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  • LEXIQUE

    Approche : les lettres de lalphabet, par leurs formes et contre-formes, laissent plus ou moins de blanc sur chacun de leurs cts. Pour que les lettres dun mot semblent rgulirement disposes, on adapte les espaces qui se trouvent entre elles. Cet espace est appel approche. Lapproche de paire est lespace entre deux lettres. Lapproche de groupe est lespacement gnral, lche ou serr, dun mot ou dun texte.

    Capitale / Bas-de-casse : du IVe au VIIIe sicle, la lettre romaine sarrondit peu peu, donnant naissance diverses formes hybrides. Au dbut du IXe sicle, Charlemagne charge un moine, Alcuin, dunifier les critures en usage dans lempire. Ainsi nat la minuscule et lusage de commencer les phrases par la forme (plus ancienne) de la majuscule. Transpose limprimerie, ces deux structures de lettre se nomment capitale et bas-de-casse. La casse est le grand tiroir dans lequel on rangeait les caractres de plomb. Les minuscules tant celles dont on se sert le plus, elles sont ranges porte de main du compositeur, en bas de la casse.

    Caractre : le mot caractre peut la fois dsigner la pice de mtal permettant dimprimer une lettre, cette lettre une fois imprime, ou lensemble des lettres, chiffres, signes de ponctuation et diacritiques permettant de composer un texte de manire homogne. Dans ce cas, on parle galement de fonte ou de police (numrique). Parfois, le nom fait rfrence au typographe qui la grave initialement. Ainsi il existe dinnombrables versions du Garamond, inspires par les caractres gravs par Claude Garamont au XVIe sicle. Parfois le nom voque un univers subjectif plus ou moins justifi. Il convient de ne pas se laisser influencer. Il ne suffit pas de sappeler Comic pour tre drle. Un mme caractre se compose gnralement de multiples variantes : italique, gras, maigre, troit...

    Chasse : la chasse est la largeur dun caractre. Elle caractrise son squelette, qui, gras ou maigre, peut tre large ou troit. En compressant un caractre pour en rduire la chasse, on dstructure le dessin et dsorganise le rglage subtil des pleins et dlis. Cette pratique rendue facile par lordinateur nen est pas moins dsastreuse pour la forme du caractre.

    Corps : le corps est lencombrement maximal dun caractre de haut en bas. On y inclut une distance dinterligne minimale, afin que, dune ligne lautre, descendantes et ascendantes ne se cognent pas. Le corps exprime donc la taille du texte et se mesure en points. Nanmoins, limpression de grosseur dun texte est galement dtermine par la proportion des minuscules (sans ascendantes ni descendantes) dans la hauteur du corps. Cest ce que lon appelle la hauteur dil ou hauteur dx.

    Empattement : hrits eux aussi de lcriture manuscrite, les empattements sont les petits patins qui terminent les fts dune lettre. Leur forme est lautre critre important de la classification typographique. On les trouve souvent dans les noms de polices sous leur dnomination anglaise : serif. Les caractres sans empattement sont couramment appels bton ou sans-serif et forment la famille typographique des Linales.

    Graisse : la noirceur dun caractre typographique est principalement lie lpaisseur de ses pleins. Une mme police existe souvent en plusieurs graisses. Ces dclinaisons utilisent gnralement les appellations anglo-saxonnes : light, regular, bold, black... Changer de graisse est un moyen de hirarchiser un texte : titres, sous-titres, texte courant.

    Italique : pour copier lcriture manuscrite de son poque, Alde Manuce, imprimeur vnitien, grave, en 1501, un caractre pench. Peu peu, son usage prend des fonctions spcifiques : titres, citations, locutions trangres. On appelle romain un caractre droit.

    Justification : la justification est la longueur des lignes dun texte, elle dcrit leur mode dalignement : gauche, droite, centr... Pour aligner un texte la fois gauche et droite, un logiciel de traitement fait varier la valeur de lespace intermot, lapproche et coupe de mot laide dun trait dunion (csure). Plus un pav de texte est troit, plus il sera difficile de lui conserver un aspect homogne.

    Plein / Dli : les pleins et dlis sont lhritage de lcriture manuscrite et de lusage de la plume ou du calame. Le contraste entre les parties larges et fines de la lettre peut tre plus ou moins marqu. Cet aspect caractristique est un critre essentiel de classification des caractres.

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  • RESSOURCES DOCUMENTAIRES

    0 Jean-Luc Dusong et Fabienne Siegwart, Typographie, Du plomb au numrique, Paris, Dessain et Tolra, 1996.

    0 Gautier Damien, Typographie, guide pratique, Paris, ditions Pyramyd, 2001 (2e d.).De A Z - Jouer avec lalphabet, Lyon, ditions deux-cent-cinq, 2012.

    0 Roxane Jubert, Graphisme, typographie, histoire, Paris, Flammarion, 2005.

    0 Ellen Lupton, Comprendre la typographie, Paris, ditions Pyramyd, 2007.

    0 Jos Parramon, Comment dessiner lettres et logotypes, Paris, Bordas, 1991.

    0 Muriel Paris, Petit Manuel de composition typographique, Paris, Paris Muriel, 1999 (2e d.).

    0 Yves Perrousseaux,Histoire de lcriture typographique de Gutenberg au XVIIe sicle, Gap, Atelier Perrousseaux, 2005.Histoire de lcriture typographique : le XVIIIe sicle, Gap, Atelier Perrousseaux, 2010.

    0 Joep Pohlen et Geert Setola, La Fontaine aux lettres, Kln, Taschen, 2011.www.letterfountain.com

    0 Francis Thibaudeau, La Lettre dimprimerie, Origine, dveloppement, classification, et Douze Notices illustres sur les arts du livre, Paris, Bureau de ldition, 1921.

    QUELQUES RESSOURCES NUMRIQUES

    0 Revue Graphisme en France : Typographie. Paris, Centre national des arts plastiques, 2009. (Graphisme en France 2009 / 2010).www.cnap.graphismeenfrance.fr

    0 Site internet Garamondpartie mise en page : www.garamond.culture.fr

    0 Jean de La Caille, Histoire de limprimerie et de la librairie, Paris, Chez Jean de la Caille, 1689 :http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k42153

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  • FICHE PDAGOGIQUE :LA TYPOGRAPHIE COMME MESSAGE

    I INTRODUCTION

    La typographie dsigne lart dagencer les diffrents procds de composition et dimpression utilisant des caractres et des formes en relief ainsi que lart et la manire dutiliser les diffrents types de caractres dans un objectif esthtique et pratique.

    Les lves sont amens choisir une typographie dans leurs travaux. Mais comment les aider se reprer ? Comment choisir les polices de caractres ?

    Cette fiche pdagogique propose une squence pour sensibiliser les lves limportance de la typographie dans la ralisation de prsentations en classe.

    II PROPOSITION DE SQUENCE EN TECHNOLOGIE, NIVEAU 3e

    Objectifs

    * Sensibiliser la typographie dans la ralisation dun document multimdia.* Ralisation dun document multimdia en mettant laccent sur les services associs lENT (espace numrique de travail).

    Rfrence au Socle commun et aux programmes

    Socle communC4. Adopter une attitude responsable : faire preuve desprit critique face linformation et son traitement. Participer des travaux collaboratifs en connaissant les enjeux et en respectant les rgles.

    En technologie, les lves de 3e prsentent en cours danne leur(s) projet(s) de classe ralis(s) en lot et en groupe. Cette prsentation implique souvent llaboration dun document multimdia (diaporama, site...) qui doit confronter llve des choix sur :* la destination du document ;* le message principal dlivrer ;

    * largumentation technique ;* le niveau et la rigueur du vocabulaire utilis.

    Propositions de sances

    0 Dcouverte de la typographieMettre disposition sur lENT des prsentations avec des assemblages de couleurs et de typographies surprenantes (par exemple : vert sur fond rouge...).Lobjectif tant dobtenir une raction des lves pour aboutir un dialogue.On peut galement proposer aux lves des exemples de typographies associer certains mots.

    0 Manipuler les caractresProposer aux lves de crer leur propre typographie pour quelques mots en gardant un quilibre entre lisibilit, cohrence et originalit. laide de formes gomtriques simples (rond, carr, triangle...), on peut par exemple proposer aux lves de raliser des lettres, des mots. Il existe galement quelques sites qui permettent de le faire directement en ligne laide, la plupart du temps, dune grille de construction. Il est aussi possible de prendre comme grille les pages des cahiers des lves.

    0 Trouver une typographie adapteProposer aux lves de modifier la typographie dun texte en fonction des situations suivantes : * on veut le voir de loin (panneau signaltique) ;* on veut gagner le maximum de place ;* on veut attirer lattention (affiche publicitaire) ;* on veut faire apparatre certains mots importants ;* on veut faire ressortir une sensation, un mot, un adjectif... (froid, mtallique, joie...).

    Prsentation des comptences et des capacits values

    Connaissances associes :Document multimdia ; outils de travail collaboratif : liste de diffusion, forum, blog, partage de documents, partage dapplications...

    Capacits :Crer et scnariser un document multimdia en rponse un projet de publication, mobilisant plusieurs mdias.Choisir et utiliser les services ou les outils adapts aux tches raliser dans un travail de groupe ou pour un travail collaboratif.

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  • III PISTES PDAGOGIQUES DANS DAUTRES NIVEAUX OU DISCIPLINES

    Arts plastiques

    * En 6e : Sensibilisation, exploration de la diversit typographique : crer un personnage ou reprsenter un objet en employant les formes de lettres choisies dans des typographies diffrentes (outils numriques vectoriels, dplacements, rotations, mise lchelle).* En 5e : Utilisation expressive de la typographie dans une narration dessine en bande ou en image unique, raconter une histoire qui se passe dans le noir (pas dimages), en utilisant uniquementdes bulles, la mise en forme des textes, des onomatopes et des signes graphiques (toiles, par exemple).

    Histoire-gographie

    Quel que soit le niveau, les lves peuvent travailler sur le choix de la typographie dans une affiche. Les affiches peuvent tre de propagande, politiques, publicitaires. Les lments de typographie sont des lments de lecture et sont significatifs du message de laffiche. Il peut sagir du choix de la police. Une criture cursive rappellera des cahiers dcolier, une police gothique fera rfrence aux manuscrits du Moyen ge. Lalignement des lettres est important : les lettres sont-elles dtaches, relies, droites, dcales ? * En 5e : Invention de limprimerie et des caractres typographiques associs. * En 3e : Des affiches de propagande ou celles de Mai 68 se prteront facilement une analyse du choix de typographie et de ponctuation. Cest aussi le cas des unes de journaux, des affiches prsidentielles, des caricatures ainsi que des affiches publicitaires. On peut tudier galement les mmes lments de communication sur les supports en ligne. Dans ce cas, il est intressant de comparer les lments typographiques avec ceux de la version papier. La typographie change-t-elle ?

    IV EN SAVOIR PLUS

    * Crer sa typographie : http://fontstruct.com/

    * Lucile Bataille : www.lucilebataille.tumblr.comLes normographes sont des outils fonds sur la technique du stencil qui permettent de travailler en classe la ralisation de typographie seul ou en groupe. Mutualiser les formes permet de constituer un alphabet de la classe pouvant, une fois numris, dtre utilis pour les mails, les journaux, les blogs, les rdactions crites...

    * ABC Pop up : www.marionbataille.com

    * Le jeu Le Jouet de Julien Magnani pour les plus petits, mais qui peut trs bien tre adapt aux collgiens : www.editions-memo.fr/le-jouet

    * Sacrs caractres :12 films courts danimation sur des polices qui ont du caractre !Une web srie sur la typographie imagine par Thomas Sipp :http://nvx.franceculture.fr/sacres-caracteres

    * Infini : Commande publique dun caractre typographique disponible en tlchargement libre. Dcouvrez lhistoire de la cration dun caractre et testez avec vos lves ce caractre.www.cnap.graphismeenfrance.fr/infini/

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    A Affiches pour La Colline thtre national, saison 2013-2014, Atelier ter Bekke & Behage.

    B Annonces de presse (Le Monde et Libration) pour La Colline thtre national, saison 2013-2014. Atelier ter Bekke & Behage.

    C Affiche couteau-suisse Le Gratte-Oue, 2008, Grgoire Romanet.

    D Affiches pour le thtre dAuxerre, avril-mai 2014, Lenz/Perrottet.

    E Affiche pour le Centre de cration industrielle le design, 1969, Jean Widmer.

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  • CouleurFantasque, nigmatique et individuelle, la couleur transforme notre vie et nos sensations. Elle influence notre environnement, notre langage, notre imaginaire. Elle traduit le monde, ses codes et ses tabous ; elle investit lhistoire, lart, la peinture, la mode, la publicit, larchitecture... et le design.

    La couleur est un moyen de communication dpendant de notre perception visuelle qui conditionne notre cadre de vie et dclenche des sensations diverses. Les objets qui nous entourent absorbent et renvoient des rayons lumineux dont les ondes incolores sont perues par notre il, qui les transmet sous forme code notre cerveau. Celui-ci recueille, dcode et transpose ce message en une apparence chromatique qui peut tre perue diffremment par chacun dentre nous. Dans sa ralit physico-chimique, la couleur se matrialise par les pigments qui nous permettent de colorer notre environnement en peignant, teintant, imprimant des supports et des surfaces.

    Un hritage culturelLa couleur, linstar du graphisme, fait partie de notre quotidien au point que nous pouvons passer ct sans la remarquer. Pourtant, tous deux influent sur notre environnement, nos envies, nos sentiments et diffusent des codes auxquels nous ragissons ou obissons parfois inconsciemment. La couleur est immuable, mystrieuse et personnelle. Chaque culture, chaque individu possde son propre hritage color qui guide ses choix. Nanmoins, lidentification des sensations colores et de leurs symboliques autorise lusage conscient des couleurs dans des signes, ces mmes signes qui rgissent notre vie. Du vtement que lon porte ce que lon voit, de ce que lon achte ce que lon mange, tout est histoire de formes et de couleurs.

    Histoire, sciences et techniquesLa couleur nest pas apprhende de la mme faon par les artistes et par les scientifiques, mais au cours des sicles, art et science se sont nourris lun lautre dans leurs diverses tentatives pour mettre au point un systme danalyse des effets produits par les couleurs. Ds lAntiquit, lhomme sest merveill devant leur multiplicit. Il observe, interprte et tente des classifications. Aujourdhui, la comprhension des couleurs se divise en deux systmes principaux, celui de la lumire et celui de la matire, qui cohabitent dans la conception des ralisations graphiques.

    Newton, Young, HelmholtzLa colorimtrie moderne merge en 1704 avec le nouveau systme des couleurs dIsaac Newton, qui comprend, grce ses recherches sur loptique, que les couleurs ne sont pas des modifications

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  • de la lumire blanche, mais plutt ses lments constitutifs originels. La lumire blanche, en traversant un prisme, se dcompose en rayons multicolores qui se recomposent nouveau en lumire blanche, ralisant ainsi la dispersion de la lumire par rfraction. Un sicle plus tard, Thomas Young prsente lhypothse que la perception de la couleur est due la prsence sur la rtine de trois types de rcepteur, des cnes, qui ragissent respectivement au rouge, au vert et au bleu. Hermann von Helmholtz reprend cette thorie trichromatique en soulignant que toutes les couleurs peuvent tre composes partir de ces trois dernires. Cest la synthse additive, qui concerne tous les mlanges de couleurs dorigine lumineuse (tels que la tlvision, les crans dordinateur, les appareils photo numriques, etc.) et qui consiste additionner les trois couleurs fondamentales le rouge, le vert et le bleu (dit systme RVB) pour reconstituer la lumire blanche.

    Le Blon, Chevreul, SeuratParalllement ces dmarches scientifiques, chimistes et peintres se sont intresss la couleur du point de vue de sa matrialit et au mlange des pigments. Jacques-Christophe Le Blon, inventeur de limpression en couleurs, dcouvre en 1731, le principe qui tablit que trois pigments le rouge, le jaune et le bleu suffisent pour produire toutes les autres couleurs. la suite de cette dcouverte, les premiers cercles chromatiques sont imprims et montrent que le mlange de ces trois couleurs primaires donne du noir. De son ct, Michel-Eugne Chevreul prouve que lil a tendance appeler la couleur qui se trouve diamtralement oppose sur un cercle chromatique, la couleur complmentaire, pour former un quilibre neutre dans le cerveau. partir de deux taches de couleurs diffrentes, lil peut oprer ce que lon appelle un mlange optique, cest--dire que deux couleurs distinctes sont perues simultanment et fusionnent en une nouvelle couleur. Le peintre Georges Seurat, partir de ces recherches, invente la technique picturale dite de chromo-luminarisme, plus communment appele le pointillisme. Issue de limpressionnisme, cette technique consiste peindre par la juxtaposition de petites touches de peinture. La dcouverte de Chevreul est galement mise profit dans les procds de reproduction photomcanique, o les surfaces colores sont dcomposes en points ou en trames de couleurs spares qui se fondent dans lil.

    De la peinture lordinateurDe ces recherches nat le principe de la synthse soustractive, qui concerne tous les mlanges dorigine pigmentaire (tels que la peinture, la teinture, les encres dimprimerie et dimprimante, etc.) et qui consiste mlanger les trois couleurs primaires cyan, magenta, jaune (dit systme CMJ) pour obtenir la couleur la plus fonce, se rapprochant idalement du noir. Les imprimeurs sappuient sur une quatrime couleur pour complter ou pour remplacer le noir trichromatique, qui ressort plutt gris. Ce systme CMJ renforc par la couleur noire sappelle la quadrichromie (dit systme CMJN). Depuis les annes 1980, lordinateur est devenu lun des outils essentiels de la production et de la chane graphique, entranant une modification du rapport la couleur : provoquant le passage dune couleur cran (couleur lumire) une couleur papier (couleur matire), il modifie sa perception et son rendu. Pour pallier cette modification, les graphistes recourent un nuancier o chaque couleur est rpertorie et analyse.

    Goethe et Itten La dmarche physiologique de Johannes Goethe se distingue de ces deux approches ; il fonde sa thorie sur la polarit des couleurs et dveloppe son systme partir du contraste entre le clair et le fonc. Cest la thorie des couleurs opposes qui repose sur lquilibre entre deux ples de couleur : le bleu soppose au jaune, le rouge au vert et le blanc au noir. Au dbut du XXe sicle, cette dmarche pousse Johannes Itten structurer la perception des couleurs. Il dveloppe une tentative de rationalisation de la couleur dans un dessein esthtique et fonctionnel et non scientifique1, en distinguant notamment sept contrastes des couleurs2, offrant aux artistes de composer leurs gammes chromatiques selon les effets dsirs.

    Entre dominante et toniquePour laborer une gamme de couleurs cohrente et harmonieuse, les graphistes sappuient sur des bases solides et sur diffrentes rgles chromatiques daccords entre les teintes, tablies par les recherches chimiques et physiologiques, dont les supports, le cercle chromatique et la sphre des couleurs, permettent de figurer les particularits caractristiques et multiples de la couleur. Chaque couleur est unique

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  • et se caractrise par son ton, sa saturation et sa valeur. Utilises en surfaces ou valeurs gales, les couleurs luttent et rivalisent entre elles car lil du spectateur ne sait pas laquelle privilgier. Afin d viter cet effet, le graphiste peut utiliser dans sa composition une couleur dominante (dgrade, rabattue ou rompue, qui occupe gnralement la plus grande surface) et une couleur tonique (sature et lumineuse, qui remplit la plus petite surface) pour crer un contraste dit de qualit (opposition entre une couleur sature et une couleur teinte) et un contraste de quantit (rapport de grandeur entre les surfaces colores). Les cas de figure entre les couleurs sont multiples. Les accords de tons groupent les couleurs selon les lois de leur rapport entre elles et servent de base aux compositions colores. Ils peuvent tre raliss avec le camaeu dune mme couleur, par analogie avec une succession de teintes juxtaposes dans le cercle chromatique, ou par contraste.

    Impact visuel et cration harmonieuseLes effets contrastants sont privilgis par les graphistes, en partie parce quils permettent des accords de tons vidents, et mettent en avant des lments dans un environnement satur dimages. Quand il nest pas utilis pour crer un impact visuel, le contraste des complmentaires est le fondement dune cration harmonieuse car il ralise un quilibre complet de lil 3. Il est trs employ dans la communication visuelle, le regard tant attir par cet quilibre de forces. La couleur rouge associe au vert, sa couleur complmentaire, produit une image statiquement solide et agrable lil. Le contraste clair-obscur qui mane de limage vient de limpression et du traitement de la couleur. Le vert est utilis comme couleur monochrome et possde des valeurs de ton diffrentes allant jusquau blanc. Lintensit de la couleur varie par le recours des trames formes de points plus ou moins serrs qui font intervenir le blanc du papier. A contrario, le rouge est utilis en aplat et en surimpression sur la couleur verte, ressortant satur sur le blanc du papier et terni, tirant vers le brun, en se mlangeant au vert. Avec seulement deux couleurs, plusieurs teintes et effets visuels sont possibles par la variation de leur densit et de leur intensit.Leffet de contraste entre laccord des couleurs chaudes et froides suggre la proximit et lloignement, crant des effets de perspective et de relief. Les couleurs noire et blanche, ajoutes ces

    combinaisons chromatiques, rgulent lharmonie colore. Lassociation de cette gamme chromatique diffrentes tailles et positionnements de formes gomtriques permet dobtenir davantage de contrastes en jouant avec le rapport qualitatif et quantitatif de la couleur, et gnre ainsi des accords harmonieux.

    Le langage des formes et des couleursSi la fonctionnalit de la couleur est perceptible dans les ralisations graphiques, les formes ont autant de qualits expressives que les couleurs. Leur association cumule les effets quelles produisent. En dveloppant un langage sur les valeurs expressives des formes et des couleurs, Jean Widmer a soulign la relation qui sopre entre elles. Il utilise des formes minimales et pures associes des couleurs pures. Ici, la forme courbe symbolisant le mouvement est compose en vert, couleur sature qui reprsente ce qui bouge et ce qui change. Cette association forme-couleur exalte la notion de dynamisme mise en avant par leffet spatial de la couleur. Widmer fait ressortir la forme nigmatique, alors visible de loin, et veille ainsi la curiosit du spectateur.

    Ces exemples non exhaustifs montrent comment les graphistes mettent en valeur des lments qui ressortent de la masse dimages impose notre regard quotidiennement. Le choix dune couleur, dans une ralisation graphique, reste minemment li au sujet dont elle fait lobjet, mais galement la lisibilit, aux formes utilises, aux techniques de production et au format, tout en permettant de mettre en valeur et/ou de hirarchiser des propos et des informations. Les couleurs ne sont pas issues de choix hasardeux, mais bien de choix conscients. La valeur symbolique dune couleur, son impact physiologique sur le regardeur et le sentiment quelle produit par son histoire et son utilisation antrieure sont autant dlments qui entrent en compte dans le choix du graphiste pour soutenir le propos du message quil met en vidence. 0 1 Johannes Itten, LArt de la couleur, Paris, Dessain et Tolra, 2004. 2 Le contraste des couleurs en soi, le contraste clair-obscur, le contraste chaud-froid, le contraste des complmentaires, le contraste simultan, le contraste de qualit et le contraste de quantit. 3 Ce contraste reprend les thories dveloppes par Goethe sur les couleurs opposes.im

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  • LEXIQUE

    Bichromie / Trichromie : la bichromie est la traduction dune image avec seulement deux couleurs, la trichromie en emploie trois. Le terme quadrichromie dsigne gnralement une image traduite selon le modle de mlange des couleurs primaires auquel sajoute le noir (CMJN : Cyan, Magenta, Jaune, Noir).

    Camaeu : cette technique monochrome utilise diffrentes valeurs et saturations dune mme teinte.

    Contraste : opposition entre plusieurs couleurs qui permet de mettre en valeur au moins lune dentre elles. Voir notamment les thories de Johannes Itten dans LArt de la couleur, o il distingue sept contrastes de couleur : le contraste de couleur en soi, le contraste clair-obscur, le contraste chaud-froid, le contraste des complmentaires, le contraste simultan, le contraste de qualit et le contraste de quantit.

    Couleurs complmentaires : sur le cercle chromatique, la complmentaire dune couleur lui est diamtralement oppose. Deux couleurs complmentaires mlanges ensemble produisent un gris ou un brun.

    Monochromie : cest limage traduite laide dune seule couleur. Limpression noir et blanc est, par exemple, une impression monochrome, le blanc tant obtenu par rserves sur le support.

    Nuances / Nuancier : une nuance reprsente le degr ou le ton dune couleur. Le nuancier est un outil rfrenant diffrentes teintes selon le pourcentage de chacune des trois primaires qui les composent. En France, le nuancier le plus utilis est le nuancier Pantone. Cest un standard industriel qui permet dassurer la reproduction correcte des couleurs.

    Saturation : la saturation est fonde sur la puret de la couleur. Une teinte hautement sature a une couleur vive et intense tandis quune teinte moins sature parat plus terne et grise. Pour dsaturer une couleur, on peut la rompre, la rabattre ou la dgrader.

    Ton : ton, tonalit ou teinte dsignent la couleur que lon voit. Un ton peut-tre achromatique, pur, rabattu, rompu ou clairci. Le ton achromatique (cest--dire sans couleur ) dsigne le noir, le blanc et le gris neutre. Un ton pur ou satur est une couleur non altre. En impression offset, seules les couleurs cyan, magenta, jaune et noire peuvent tre utilises pures : il faut faire appel pour les autres couleurs un ton direct, soit une encre spcifique dont on peut trouver les diffrentes rfrences chromatiques dans les nuanciers. Une teinte rabattue est assombrie par addition de noir, ce qui diminue son clat ; elle est rompue ou ternie par le mlange avec sa complmentaire. Enfin une couleur est claircie ou dgrade par lajout de blanc, obtenue par lintervention du blanc du papier en impression.

    Transparence / Opacit : cest la mesure de la densit des encres (une densit faible cre une transparence, une grande densit entrane une opacit plus profonde). Le niveau de transparence ou dopacit peut changer la valeur dune couleur.

    Valeur : La valeur est lintensit lumineuse dune couleur, cest--dire son degr dclaircissement ou dobscurcissement. Il y a donc des couleurs de valeurs claires et des couleurs de valeurs fonces. De teintes diffrentes, deux couleurs peuvent nanmoins avoir la mme valeur car elles partagent la mme intensit.

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  • RESSOURCES DOCUMENTAIRES

    0 Paul Cox, Coxcodex 1, Seuil, 2003.

    0 Goethe, Matriaux pour lhistoire de la thorie des couleurs, Presses universitaires du Mirail, 2003.

    0 va Heller, Psychologie de la couleur : Effets et symboliques, Paris, ditions Pyramyd, 2009.

    0 Johannes Itten, LArt de la couleur, Paris, Dessain et Tolra, 2004.

    0 Vassily Kandinsky, Du spirituel dans lart et dans la peinture en particulier, Paris, Gallimard, 1998.

    0 Henri Matisse, crits et propos sur lart, Paris, Hermann, 2000.

    0 Lars Mller et Fabiola Lopez-Dura, Felice Varini : Points de vue, Lars Mller Publishers, 2005.

    0 Michel Pastoureau, Ltoffe du Diable, Paris,Seuil, 1991. Une Histoire des rayures et des tissus rays, Paris, Seuil, 1991. Une Histoire symbolique du Moyen ge occidental, Paris, Seuil, 2004. Le Petit Livre des couleurs, Paris, Points, 2007. Bleu : Histoire dune couleur, Paris, Points, 2007. Noir : Histoire dune couleur, Paris, Points, 2011. Vert : Histoire dune couleur, Paris, Points, 2013. Les Couleurs de nos souvenirs, Paris, Points, 2010.

    Ouvrage en anglais :

    0 Lars Mller et Walter Kalin,The Face of Human Rights,Lars Mller Publishers, 2004.

    QUELQUES RESSOURCES NUMRIQUES

    0 Confrences de Michel Pastoureau au muse du Louvre : www.louvre.fr/les-couleurs-du-moyen-agemichel-pastoureau

    0 Exposition virtuelle de la Bibliothque nationale de France sur le rouge :http://expositions.bnf.fr/rouge/

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  • FICHE PDAGOGIQUE :LA COULEUR EST SIGNIFIANTE

    I INTRODUCTION

    La couleur dans la cartographie est une variable visuelle essentielle. La couleur dans le langage cartographique nest pas esthtique mais signifiante, cest lun de ses lments. On retient comme lments la couleur, la valeur de celle-ci (lintensit), le ton (du rouge clair au rouge fonc) et la saturation. Lorganisation de ces quatre lments fait varier la combinaison des possibles utilisations de la couleur sur une carte. Mais toute image peut faire lobjet dun support dtude dans lenseignement de lhistoire-gographie. Par consquent, la couleur peut faire lobjet dune rflexion sur son langage, ses codes, son message...

    Aussi, la palette des couleurs utilises est-elle rduite ce que le lecteur peut diffrencier et comprendre.

    La couleur exprime des informations quantitatives des hirarchies et indique des informations qualitatives des distinctions.

    II PROPOSITION DE SQUENCE EN TECHNOLOGIE, NIVEAU 6e

    Objectif

    * Un travail de reconnaissance du sens des couleurs est un dbut la lecture des cartes ou la ralisation de croquis. Ainsi, les lves peuvent-ils apprendre le langage cartographique.

    Rfrence au Socle commun et aux programmes

    Socle communPilier 5, comptences 1 et 3 : * Lire et utiliser diffrents langages, en particulier les images (diffrents types de texte, tableaux et graphiques, schmas, reprsentations cartographiques, reprsentations duvre dart, photographies, images de synthse).* Situer dans lespace un lieu ou un ensemble gographique, en utilisant des cartes diffrentes chelles.

    Programmes Avec localiser et situer, les programmes ont accord une place essentielle aux capacits dordre gographique ou spatial. Ce sont lacquisition et la matrise progressive du langage cartographique et de lespace qui sont clairement vises pour les lves. [...] Ces capacits doivent tre mises en uvre partir de lutilisation quotidienne, dans le temps de la classe, de tous les types de carte : diffrentes chelles, diffrentes projections, diffrents points de vue, mais galement de globes virtuels, de SIG, doutils du quotidien (golocalisation)...[...] Les programmes du collge situent au cur des apprentissages spcifiques en gographie la matrise de la cartographie (BO spcial, no6, 28 aot 2008).

    Proposition de sances en gographie

    Lactivit propose porte sur le deuxime chapitre du programme de gographie, intitul O sont les hommes sur la Terre ? . Les lves doivent comprendre la rpartition des hommes sur la Terre. Du point de vue cartographique, cette premire approche permet de comprendre que les couleurs sur les cartes ont un sens, quelles respectent les rgles de la smiologie graphique.

    ***Les cartes sont visibles et tlchargeables sur : www.crdp.ac-versailles.fr/ressources-et-services/serie-graphique***

    0 Observation et dcouverteLenseignant prsente aux lves une carte de la densit de la population dans le monde. Les lves sont invits chercher comment est reprsent le phnomne. Il sagit dun figur de surface. Le professeur interroge les lves sur le choix de la couleur et ensuite sur le dgrad de la couleur.

    0 AnalyseEnsuite, les lves travaillent sur la hirarchisation par le jeu des couleurs avec un questionnaire : * entoure les zones les plus peuples ;* entoure les zones les moins peuples. Il sagit alors de leur montrer que la couleur a un sens qui se lit grce la lgende et quelle nest pas seulement esthtique. La couleur exprime dabord une information quantitative

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  • puis une hirarchisation par sa gradation. laide de diffrentes cartes sur les climats et les reliefs, on interroge les lves sur le choix des couleurs :* Quelles couleurs ont t choisies pour reprsenter les climats et pourquoi ? * Quelles couleurs ont t choisies pour reprsenter les reliefs et pourquoi ?

    0 Ralisation et emploi de la couleurPour terminer, les lves ralisent une carte de la rpartition de la population dans le monde. Le professeur donne un fond de carte avec lgende. Les lves devront choisir leurs couleurs et les justifier.

    III PISTES PDAGOGIQUES DANS DAUTRES NIVEAUX OU DISCIPLINES

    Technologie

    * En 3e : Les lves peuvent tudier la campagne de lancement dun produit ou dun service. Lenseignant propose aux lves de raliser une carte mentale, dassocier de nouvelles images pour illustrer les sensations diffuses par la ou les couleurs employes puis de crer une planche tendance pour le choix des couleurs.

    Arts plastiques

    * En 6e et en 5e : Lenseignant propose aux lves dassocier des couleurs aux sens respectifs de mots. Ainsi, les lves peuvent-ils raliser un catalogue exploratoire de couleurs dun univers ou dun rcit. * En 5e et en 4e : Lenseignant propose aux lves de raliser une dispute plastique dans laquelle le choix des couleurs doit se faire en opposition.

    Histoire

    * En 5e et en 4e : Travailler sur lidentit diffuse par la couleur dans la composition des drapeaux ou des armoiries.

    IV EN SAVOIR PLUS

    * Le Jeu des quatre saisons de Johannes Itten dans son ouvrage LArt de la couleur, Paris, Dessain et Tolra, 2004.

    * Guide de lexposition Le monde de la couleur Itten - Klee , rubrique voir expositions passes.www.kunstmuseumbern.ch

    * Dossier daccompagnement sur la couleur, muse Goya, Castres : http://pedagogie.ac-toulouse.fr/daac/IMG/pdf/5-La_Couleur.pdf

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  • A Chart Shewing at One View The Price of The Quarter of Wheat, & Wages of Labor by the Week, from the year 1565 to 1821, 1821, William Playfair. Cette visualisation prsente trois niveaux dinformation : 1) lvolution du salaire hebdomadaire dun mcanicien sur plusieurs sicles (courbe rouge et surface bleue) ; 2) lvolution du prix du bl (barres) ; 3) les rgnes de diffrents monarques britanniques (lignes noires en haut).

    B Carte figurative des pertes successives en hommes de lArme franaise dans la campagne de Russie en 1812-1813, 1869, Charles Joseph Minard. Cette visualisation montre cinq niveaux dinformation : 1) lavance de larme Franaise vers la Russie (bande beige) ; 2) la diminution du nombre de soldats sur le trajet (paisseur de la bande) ; 3) le retour (bande noire) avec la fameuse traverse du fleuve Brzina ; 4) lvolution de la temprature en cours de route (graphique linaire en bas) ; 5) des repres gographiques (tracs de fleuve).

    C Les Bases pour une smiologie graphique, 1967, Jacques Bertin. Les initiales DP correspondent Dimensions du Plan, T Taille, V Valeur, G Grain, C Couleur, OR Orientation, et F Forme.

    D Global Cities, 2007, Pr Richard Burdett et son quipe de designers et darchitectes de la London School of Economic. Cette sculpture/installation prsente les densits de population de diffrentes villes du monde. Le contour de chaque installation respecte le trac des villes et chaque couche de bois reprsente une densit de 200 habitants par kilomtre carr. Le rsultat, grande chelle, est vertigineux.

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  • La visualisation de donnes Si la science de la visualisation des donnes nat au XIXe sicle, lessor de linformatique lui procure, un sicle plus tard, ses lettres de noblesse et lui offre une visibilit maximale, mme de rpondre lternel besoin des hommes dapprhender et de comprendre rapidement travers des informations multiples le monde, lhistoire, lconomie, la socit, la politique...

    La visualisation de donnes dsigne lemploi de reprsentations graphiques pour faciliter linterprtation de donnes abstraites. Des donnes sont des rsultats dobservations ou dexpriences qui servent fonder un raisonnement ou une dmonstration1. Elles sont qualifies dabstraites lorsquelles nont pas de reprsentation conventionnelle. La visualisation est donc un art et une science, qui ncessite autant une approche visuelle et spatiale quun raisonnement analytique. Il est intressant de noter que visualiser dsigne la fois un processus interne de cration dimages mentales et un processus externe de transposition de ces images sur un support. Or, cette externalisation, matrialise par le dessin de schmas ou de diagrammes, permet de dvelopper sa pense et la rend communicable, ce qui, dans la perspective pdagogique que nous adressons ici, peut jouer un rle dcisif.Grce linformatique, la visualisation peut aussi tre dynamique et interactive, ce qui permet de traiter des ensembles de donnes trs volumineux et complexes. Ainsi, pour faire face labondance de donnes produites et librement accessibles sur Internet, la visualisation se dploie comme un moyen danalyse (outil) et de communication (support de mdiation) de linformation.

    Pionniers dcosse, dAngleterre et de FranceLorigine de la visualisation de donnes est traditionnellement situe au dbut du XIXe sicle avec les travaux graphiques de lingnieur et conomiste cossais William Playfair, dont le Chart Shewing at One View The Price of The Quarter of Wheat, & Wages of Labor by the Week, from the year 1565 to 1821 est le plus emblmatique. Ce graphique, qui prsente des valeurs montaires et temporelles laide daxes gomtriques verticaux et horizontaux, dmontre une qualit dabstraction tout fait originale pour son poque, malgr les nombreuses critiques quil a reues2.

    Playfair ouvre la voie une srie dconomistes, de statisticiens et de rformateurs sociaux qui utiliseront des donnes quantitatives pour informer, persuader et mme militer. En parallle, la visualisation sert aussi analyser des informations et vrifier des hypothses. En septembre 1854, lingnieur anglais Edmund Cooper utilise pour la premire fois une carte

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  • points de manire analytique3. Il cherche dterminer lorigine dune pidmie de cholra qui svit dans un quartier de Londres et que la rumeur veut lie des travaux entrepris dans les gouts. Il recense les endroits o 316 victimes sont dclares et les place mthodiquement sur un plan du quartier. En comparant son plan celui des gouts, il rfute la rumeur et dcouvre quun tat dplorable des canalisations domestiques est lorigine de lpidmie. Quelques annes plus tard, en 1869, lingnieur civil franais Charles Joseph Minard publie la Carte figurative des pertes successives en hommes de lArme franaise dans la campagne de Russie en 1812-1813. Contrairement au travail de Playfair, ce graphique est trs tt acclam par la critique. tienne-Jules Marey en dira mme que nulle part la reprsentation graphique de la marche des armes natteint ce degr de brutale loquence qui [...] semble dfier la plume de lhistorien4.

    la suite des diffrents succs de ces travaux pars, la visualisation devient, au dbut du XXe sicle, une discipline annexe aux mthodes statistiques. En 1901, le statisticien et dmographe franais Jacques Bertillon propose une premire nomenclature des codes graphiques utiles la cration et linterprtation de visualisations. Il distingue six variables visuelles : le point, la ligne, la surface, le strogramme cest--dire un effet de texture , la couleur et le dgrad. Dans les annes 1960-1970, le cartographe et chercheur franais Jacques Bertin prsente une nouvelle nomenclature, dfinie une fois encore par un systme de six variables : lorientation, la forme, la couleur, le grain quivalent au strogramme , la valeur quivalente au dgrad et la taille. Ces variables structurent toutes les visualisations de donnes modernes.

    Au mme moment, lapparition des premiers ordinateurs interface graphique offre la possibilitdaccrotre le nombre de niveaux dinformation et la complexit des donnes reprsentables, puisque lordinateur rduit le temps de traitement des donnes et le temps de dessin. Lutilisation de la visualisation se rpand alors dans des domaines comme lconomie, la stratgie managriale ou militaire ou encore laronautique. Toutefois, son usage est gnralement rserv des personnes hautement qualifies dans des cadres acadmiques ou militaires. Il faut attendre lvolution de la presse

    et des mdias de masse, plus dun sicle aprs les premiers travaux de Playfair, pour que la visualisation de donnes se confronte enfin une audience massive. Aujourdhui, il nest pas rare de trouver des visualisations dans des journaux gnralistes grande distribution comme Le Monde ou Courrier international. De plus, le dploiement de lordinateur personnel et des logiciels de bureautique permet un nombre croissant dindividus de gnrer leurs propres visualisations. Enfin, lavnement dInternet apporte de nouveaux outils comme Tableau Public, Google Public Data Explorer, Many Eyes, etc. et contribue lexpansion de la visualisation interactive, notamment dans la presse. Le New York Times fait figure dautorit dans ce domaine, souvent nomm datajournalisme5.

    Combiner les variablesProduire une visualisation de qualit ncessite autant dattention au niveau du codage, cest--dire de la transcription des proprits des donnes dans le domaine visuel, quau niveau du dcodage, cest--dire des capacits perceptuelles et intellectuelles dun public dchiffrer le code utilis. Cest la raison pour laquelle la visualisation joue abondamment des variables visuelles dcrites par J. Bertin , puisquelles permettent, une fois combines, dactiver des processus pr-attentifs du systme visuel. Ces processus sont capables, dans un temps quasi instantan et sans effort, dtablir des comparaisons, des groupements ou des diffrenciations de formes, de couleurs, de positions, etc. La question est donc de comprendre comment combiner efficacement ces variables. Heureusement, il existe de nombreuses conventions dassemblage relatives au type de donnes utilis. Cette section en prsente quatre : lespace, le temps, les rseaux, et les donnes multivaries6.

    LESPACE (a, b)Que ce soit pour dlimiter les territoires de vie, de chasse ou dagriculture, identifier des voies de transport, grer des proprits foncires, ou trouver un restaurant sur son smartphone, la reprsentation de lespace a toujours t ncessaire aux activits politiques, conomiques, sociales et scientifiques de lHomme. Lespace est souvent reprsent par une carte, qui transcrit une surface terrestre presque sphrique partielle ou totale sur une surface plane.

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  • Lactivit cartographique consiste projeter des donnes gospatiales sur un espace deux dimensions. Choisir une projection nest pas neutre. Visuellement, ce choix influe sur la forme des continents et des ocans, et par consquent sur la reconnaissance de la gographie terrestre. Gomtriquement, il pse sur la distorsion des distances et des angles, et donc sur leur conformit avec la ralit. Il est ainsi important de bien choisir une projection en fonction de lusage prvu de la carte. Par-dessus ces fonds de carte, il est aussi possible de superposer des niveaux dinformation supplmentaires en utilisant des variables graphiques comme des points carte points ou bulles ou des surfaces colores cartes thermiques ou choroplthes7.

    LE TEMPS (c, d, e)Que ce soit pour comprendre les changements de temprature, le cours de la bourse, les rythmes biologiques ou lhistoire de nos institutions, la reprsentation du temps est utile pour dterminer des tendances et projeter lavenir. Dans le monde physique, le temps est gnralement peru laide dun objet extrieur en mouvement. Dans le monde graphique, il doit tre mis plat et le mouvement dcompos en vnements singuliers lis entre eux par une chelle continue. On parle alors de sries temporelles, dont les formes les plus rpandues sont les diagrammes linaires, les diagrammes en surfaces, les histogrammes et les diagrammes en flux. Une autre manire trs rpandue de reprsenter le temps surtout historique est la frise chronologique.

    LES RSEAUX (f, g, h)Que ce soit pour montrer les liens qui unissent des individus au sein de rseaux sociaux, les connexions entre diffrentes rgions du cerveau, la distribution dun rseau informatique ou la descendance familiale, la reprsentation des rseaux est utile pour comprendre les relations qui unissent plusieurs entits. Les rseaux sont habituellement reprsents par des graphes, composs de points dits nuds relis par des lignes dites liens. Ces graphes peuvent tre orients pour reprsenter une direction dans les liens, ou non orients. Une autre reprsentation, moins rpandue, est la matrice dadjacence, dont lavantage est davoir une structure fixe de tableau, compos de lignes et de colonnes. Il existe

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  • aussi des rseaux hirarchiss nomms arbres, qui ont une origine et des branches, et dont la reprsentation peut tre linaire, radiale ou sous forme de treemap.

    LES DONNES MULTIVARIES (i, j, k, l, m, n, o, p, q)Que ce soit pour suivre ses dpenses ou le pourcentage de son salaire prlev par les impts, comparer des indicateurs de dveloppement ou analyser la distribution des notes des lves dune classe, la reprsentation de donnes multivaries est utile pour comparer des valeurs statistiques. Les donnes multivaries peuvent prendre plusieurs formes selon le nombre de niveaux dinformation reprsenter. Cinq catgories sont gnralement distingues : les reprsentations une dimension (1D), deux dimensions (2D), trois dimensions (3D), n dimensions (nD) et grandes dimensions. Nous ne traitons ici que les reprsentations 1D, 2D et nD puisquelles sont les plus rpandues. Les reprsentations 1D ne prsentent quun seul niveau dinformation, et les formes les plus utilises sont le diagramme barres, le camembert, le donut, le diagramme bulles et le nuage de mots. Les reprsentations 2D comptent deux niveaux dinformation, et la forme la plus courante est le nuage de points. Enfin, les reprsentations nD peuvent offrir un nombre infini de niveaux dinformation, et les formes les plus frquentes sont les coordonnes parallles et les diagrammes en toile.

    LEXPLORATION DU TANGIBLEPour finir et sortir du cadre purement graphique, il est intressant de regarder le travail de certains artistes et chercheurs qui explorent la visualisation dite physique, ou tangible. Celle-ci utilise les trois dimensions de lespace et diffrents matriaux pour encoder des donnes. Pouvant prendre la forme de sculptures, dinstallations artistiques et mme de bijoux, cette pratique stend rapidement aujourdhui grce la popularisation doutils comme les imprimantes 3D ou les dcoupeuses numriques8. 0

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  • 1 Dfinition drive du Larousse en ligne. 2 www.economist.com/node/10278643

    3 http://datavizblog.com/category/london-1854-cholera-epidemic/www.uio.no/studier/emner/matnat/ifi/INF5761/v12/undervis-ningsmateriale/map_making_myth_making.pdf

    4 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6211376f/f106.image

    5 Pour un historique exhaustif, le lecteur pourra se rfrer :www.datavis.ca/milestones/

    6 Il existe dautres types de donnes qui ne sont pas traits ici faute de place. Il est aussi noter que ces typologies peuvent parfois tre combines comme dans lexemple de Charles Joseph Minard (voir sect. 2), qui allie des donnes spatiales et temporelles.

    7 https://archive.org/details/traitdesprojecti00germwww.sabix.org/bulletin/b39/histoire_cartographie.pdf

    8 Pour une liste plus fournie, le lecteur pourra se rfrer :http://dataphys.org/list/

    RESSOURCES DOCUMENTAIRES

    0 Isabel Meirelles, Design de linformation : Reprsenter visuellement les informations, Vineuil, Parramon France, 2014.

    0 Nathan Yau,Data visualisation De lextraction des donnes leur reprsentation graphique, Paris, Eyrolles, 2013.

    0 Alain Joannes,Data journalisme Base de donnes et visualisation de linformation, Paris,CFPJ Editions, 2010.

    Ouvrages en anglais :

    0 Edward Tufte, The Visual Display of Quantitative Information, tats-Unis, Graphics Press, 2001.

    0 Ben Fry, Visualizing Data, OReilly, 2008.

    Il existe peu douvrages en franais sur la visualisation de donnes. La discipline ne trouve cho dans la recherche en France que depuis quelques annes.

    QUELQUES RESSOURCES NUMRIQUES

    0 En 2012, dans le cadre de Futur en Seine, La Fonderie, agence numrique dle-de-France, a ralis une exposition autour de la visualisation de donnes : ExpoViz . Elle a alors rfrenc de nombreux sites et logiciels permettant daborder la dataviz.http://outils.expoviz.fr/

    0 Le site Images des Mathmatiques , dit par le CNRS, vous propose de nombreux dossiers sur limage et la visualisation. Vous pouvez galement y retrouver de nombreux dossiers sur la cartographie.http://images.math.cnrs.fr/+-Cartographie-+.html

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  • FICHE PDAGOGIQUE :DES DONNES PLUS CLAIRES GRCE LA DATAVISUALISATION

    I INTRODUCTION

    Avec lmergence des nouveaux mdias, du marketing, de la publicit, les reprsentations graphiques sont produites en masse. Outil visuel de donnes chiffres, elles reprsentent une information, un outil de communication. Linformatique favorise une visualisation plus interactive et dynamique.

    Les reprsentations graphiques sont aussi des outils pdagogiques privilgis. Elles servent comprendre le monde, lun des objectifs de lenseignement de la gographie.

    La carte permet, elle, de reprsenter des donnes dans lespace. Elle est un outil de communication. La libralisation des donnes publiques ou prives associe la rvolution des systmes dinformation gographique fait fleurir la cartographie. La datavisualisation est dsormais au service des territoires : pays, villes, communauts.

    II PROPOSITION DE SQUENCE EN GOGRAPHIE, NIVEAU 5e

    Objectifs

    * Apprendre lire, comprendre les utilisations et les limites de diffrentes reprsentations graphiques (carte, diagramme, etc.). Face cette masse de documents, il sagit de montrer aux lves comment les exploiter pour en saisir le sens. Il convient, pour leur donner du sens, dapporter une mthodologie de lecture, une grille danalyse. Les objectifs pdagogiques sont donc la connaissance des types de reprsentation, leur utilisation, leur lecture, leur interprtation et leur production.

    Rfrence au Socle commun et aux programmes

    Socle communC5. Lire et utiliser diffrents langages, en particulier les images (diffrents types de texte,

    tableaux et graphiques, schmas, reprsentations cartographiques, reprsentations duvre dart, photographies, images de synthse). Avoir une approche sensible de la ralit. tre capable de porter un regard critique sur un fait, un document, une uvre. C6. Apprendre identifier, classer, hirarchiser, soumettre la critique linformation et la mettre distance. tre duqu aux mdias et avoir conscience de leur place et de leur influence dans la socit.

    ProgrammesPartie II, thme 2 du programme de gographie de 5e : Des ingalits devant lalphabtisation . Les lves confrontent des cartes de laccs lducation et de la richesse lchelle mondiale. Elles sont expliques partir des exemples compars de lalphabtisation et de laccs lducation dans un pays pauvre et dans un pays dvelopp.

    Proposition de sances

    ***Les cartes et graphiques sont visibles et tlchargeables sur : www.crdp.ac-versailles.fr/ressources-et-services/serie-graphique***

    0 Il sagit dabord de travailler sur la cartedu taux dalphabtisme dans le monde.Les lves lisent la carte : titre, chelle, choix du figur, puis ils reprent des ensembles de sous-rgions afin dtablir un classement. Les lves sinterrogent sur la meilleure faon de classer ces donnes : selon quels critres ? Ils tablissent souvent quatre catgories en fonction des donnes de la lgende. Il est intressant de faire noter labsence de diffrenciation en dessous de 50 % dalphabtes dans le pays, en questionnant les lves sur la distinction entre les pays de cette catgorie. La discrtisation permet de montrer que la carte est un choix. Ici, il sagit de souligner avant tout le retard en ducation de lAfrique et dune partie de lAsie. Mais de montrer aussi que la carte nest pas exhaustive et quelle ncessite le recours dautres informations statistiques et que la surcharge dinformations empcherait une bonne lisibilit. Les lves sont alors initis ce que la carte nindique pas.

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  • 0 Pour poursuivre le travail, les lves tudientensuite la carte du taux dalphabtisationdans le monde.Ils sont interrogs sur les diffrences existantes avec la prcdente. Ils relvent alors que la carte montre le contraire de la prcdente, do limportance de lire le titre. Souvent, ils notent que les couleurs sont diffrentes. Il est alors intressant de les questionner sur la pertinence du dgrad de rouge par rapport au bleu de la carte prcdente et de leur indiquer que le cartographe fait des choix dans le dessein de montrer. La discrtisation est galement plus fine et permet une analyse plus prcise de la situation de lAfrique par exemple. Ce qui souligne que la donne est la base de la reprsentation graphique. Ils reprent enfin que les dates diffrent et que la carte ne montre pas tout fait les mmes valeurs, do une volution de la situation entre 2000 et 2007. La carte est-elle le meilleur outil pour reprsenter une volution ?

    0 On peut alors montrer les graphiques.(lien de tlchargement ci-avant)Le professeur commence par expliquer la lecture des deux graphiques. Puis, il interroge les lves : lequel des deux graphiques permet-il le mieux de comprendre lvolution de la situation de la scolarisation dans le monde ? Pourquoi ? Quels avantages possde la carte par rapport au graphique ?

    III PISTES PDAGOGIQUES DANS DAUTRES NIVEAUX OU DISCIPLINES

    ducation civique En histoire, toutes les sources chiffres sont importantes. Avec louverture des donnes publiques,les chiffres sont dsormais accessibles tous. * En 3e : tudier les enjeux dmocratiques de lopen data permet de sinterroger sur cette notion de donnes ouvertes, de travailler sur leur rglementation et sur leur utilisation dans le cadre de la leon sur la vie dmocratique en France. Un grand nombre de collectivits et mme le gouvernement (portail data.gouv.fr) mettent en accs libre des informations chiffres ou gographiques. * En 4e : Cette question peut galement tre traite dans le cadre du chapitre portant sur lexercice des liberts en France.

    Technologie :

    * En 3e : En lespace de quelques minutes, llve est amen prsenter un projet de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois il est donc primordial que, dans un temps quasi instantan et sans effort, le jury (professeur et/ou lves) puisse comprendre lensemble de la dmarche de llve et la justification de ses choix travers une revue de projet. Il est donc vident quutiliser la visualisation de donnes est un atout majeur pour les lves lors de la prsentation.

    Exemple de projet : le robot aspirateurDans un premier temps, il faut utiliser un code graphique connu par les lves, celui du temps, qui leur permet de se familiariser petit petit avec lutilisation de cette visualisation de donnes. Le professeur peut, partir dune base de donnes, leur faire raliser des histogrammes afin de visualiser un march potentiel (ici le march de la robotique, source : http://xia.fr/J8tnts).

    Le professeur peut ensuite leur prsenter diffrents codes graphiques en rapport avec son projet. Une fois que les lves ont bien compris lintrt de cette visualisation de donnes lenseignant pourra donc leur demander dintgrer dans leur revue de projet un travail sur une visualisation de donnes en utilisant des logiciels de traitement dimages et des donnes publiques.

    IV EN SAVOIR PLUS

    * Images des mathmatiques CNRSLe site Images des Mathmatiques dit par le CNRS propose de nombreux dossiers sur limage et la visualisation. Retrouver de nombreux dossiers sur la cartographie. http://images.math.cnrs.fr/+-Cartographie-+.html

    * Plateforme de donnesLa plateforme data.gouv.fr permet aux services publics de publier des donnes publiques et la socit civile de les enrichir, de les modifier, de les interprter en vue de coproduire des informations dintrt gnral.Retrouver des jeux de donnes exploiter avec les lves :www.data.gouv.fr/fr/datasets/

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  • A Court-mtrage danimation, 16 minutes, Logorama, 2009, H5 - Franois Alaux, Herv de Crcy et Ludovic Houplain. Centre national des arts plastiques, FNAC 2011-196.

    B Srigraphie, Zoom contre la pollution de lil, 1991, Roman Cieslewicz. Centre national des arts plastiques,FNAC 91324.

    C Affiche pour La Comdie de Clermont-Ferrand, saison 2014-2015, Antoine+Manuel.

    D Affiche pour le thtre Dijon-Bourgogne, saison 2009-2010, Paul Cox.

    E Affiche pour le thtre Nanterre-Amandiers, saison 2009-2010, Pascal Bjean et Nicolas Ledoux.

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  • LimageLes images sont multiples et protiformes. Depuis la Prhistoire, les hommes les inventent, les crent, et les partagent. Invites donner du sens notre vie, uniques ou plurielles, signes ou anonymes, elles rendent compte de notre histoire, rve ou relle.

    Limage, qui renvoie tymologiquement aux notions de reprsentation, de fantme, dcho, de masque1, rsulte dune construction. Lorsquelle cherche reproduire le rel, limage provoque une transposition et souvent une interprtation. Capte, prise, dessine, monte, elle est toujours fabrique. Par limage, nous pouvons donner une ralit ce qui nexiste pas ou pas encore, transcrire une pense visuellement, traduire un imaginaire, par exemple dans le dessin dimagination ou le dessin dintention. En tant quillustration, elle nous permet de mettre en forme une ide, de la synthtiser visuellement, daccompagner un rcit ou mme de ly substituer, grce des outils varis comme le dessin, mais aussi le collage, la peinture, le volume. labore pour transmettre graphiquement un sens, limage peut constituer un vritable outil de communication, un moyen dexpression ou daction.

    De sa grande varit de formes images prives, documentaires, publicitaires, etc. nat un monde visuel trs riche. Cet environnement satur dimages produit un impact sur notre perception visuelle, quil peut tre intressant dtudier. Quand nous regardons ces images qui nous entourent, nous les parcourons, mais plusieurs fois chacune, successivement du regard, attirs, tout dabord, par les zones les plus informatives. Nous les comparons mentalement avec des objets connus. Nous les associons dautres images, ressemblantes ou dissemblables, en fonction de notre culture visuelle. Des habitudes peuvent aussi modifier notre perception, nous amenant distinguer des formes ou complter mentalement les formes perues pour leur donner du sens. Notre regard nest pas neutre, il reconstruit limage.

    Petite histoire de la fabrique de limage Cre artificiellement, limage entretient avec le rel des rapports riches et complexes. Elle est utilise trs tt, comme les peintures paritales le montrent avec force, pour sa fonction symbolique et magique. Les diffrents langages crits recourent des signes visuels pour dsigner, compter, dcrire le rel, tels que les pictographiques, les idographiques, les alphabtiques, et dans la calligraphie, par exemple, lettres et images forment une mme unit. Au cours de lhistoire, limage a ainsi pris diffrents statuts. Chez les Grecs, elle permet de rendre visible un invisible,

    imag

    e A

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  • dobserver par limitation (mimesis) ou dapprocher un idal. Plus tard, licne palochrtienne lui donne une dimension sacre, toutefois conteste2, et repose sur une iconographie. Des instruments optiques parmi lesquels la chambre noire ou camera obscura, laquelle sintresse Lonard de Vinci, la lanterne magique, la chambre claire ou camera lucida, servent crer des images ressemblant au rel ou produire des illusions perceptives grce au trompe-lil et lanamorphose.

    Avec lmergence de la notion de beaux-arts, au XVIIIe sicle, limage cre par lartiste soucieux dexpression esthtique est distingue progressivement de limage technicienne fabrique par lartisan puis par lindustrie. La diffusion, au dbut du XIXe sicle, de la photographie par Nipce, Daguerre et Talbot jusquau premier appareil photographique portable dEastman, en 1888, puis le dveloppement du cinma, partant du cinmatographe des frres Lumire, en 1895, rendent aise la reproduction srielle du rel. Tandis que les impressionnistes3, rompant avec lacadmisme, cherchent capter les conditions atmosphriques et transmettre leurs impressions en peignant sur le motif, des artistes abandonnent la peinture pour la photographie. La pratique de la photographie professionnelle se dveloppe et se spcialise par domaines, tel le photoreportage.

    Du visuel au virtuel Les avant-gardes du XXe sicle prolongent cette distanciation du rel, quelles fragmentent en units de couleurs et de formes, quil sagisse des mouvements tachiste, pointilliste, cubiste, suprmatiste ou rayonniste, futuriste ou de la Nouvelle Objectivit ; les systmes des reprsentations traditionnels sont bousculs. Kandinsky, chef de file de labstraction, invite considrer limage comme lexpression dune exprience intrieure 4. Les dadastes5 dsacralisent ensuite les images dites artistiques en les confrontant aux productions industrielles. Les surralistes exprimentent des procds, comme lcriture et le dessin automatiques, les cadavres exquis, les collages et assemblages, les frottis, permettant un inconscient de se rvler sans que lintention de lartiste ninterfre. Au cours du XXe sicle, lutilisation de limage comme arme de propagande ou de rsistance samplifie et limage constitue dsormais un rel

    instrument de marketing au service de lconomie. Diffuse en masse, elle devient un objet de consommation. Le Pop Art sappuie sur cette imagerie populaire : images commerciales via des productions et des clips publicitaires, images tlvisuelles, comics ou bandes dessines. Cela encourage aussi les pratiques de dessin spontan, linstar de Grapus, la transgression des codes, les dtournements ou les citations visuelles, comme le collectif Bazooka peut en produire. Le dveloppement dInternet accrot lomniprsence de ces images ralises par des professionnels ou des amateurs anonymes, partages et librement changes sur la Toile. Les appareils numriques autorisent une publication de limage quasi instantane ; dautant que le grand public bnficie dsormais de loutil informatique et de logiciels de retouche des images. Grce aux progrs de la modlisation sur ordinateur, le spectateur accde une ralit virtuelle en trois dimensions. La ralit augmente superpose des images prises en temps rel des informations visuelles, ventuellement golocalises. La visualisation numrique est ainsi fusionne avec la vision optique. Aujourdhui, la poursuite de la recherche dimages holographiques dpasse lillusion dimages en relief. Elle vise projeter dans lespace des images tridimensionnelles, chappant la surface de lcran, crant une confusion possible entre limage fabrique et le rel.

    Le fonctionnement de limage Quelques critres peuvent aider mesurer les polarits dune image : le degr diconicit, analogique ou abstrait, la forme du discours, narratif ou synthtique, le rapport au rel et limaginaire, le mode documentaire ou fictionnel, le point de vue objectif ou subjectif. Lchelle diconicit permet de mesurer la force dune image. Plus le degr diconicit dune image est grand, plus limage est proche du rel compris comme analogique. En revanche, plus le degr est faible et plus limage parat abstraite. Les images iconiques sont perues comme des signes qui envoient des messages destins tre reconnus et dcods rapidement, tels les pictogrammes6, les signaux et la signaltique. Ces signes impliquent donc la connaissance par le spectateur dun code. Ils peuvent tre abrviatifs, comme les monogrammes forms partir des initiales ou symboliques,

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  • comme les allgories, les symboles bien sr, et les emblmes. Les logotypes sont des signes graphiques crs pour faire sens pour celui qui les regarde (couleurs, formes et typographie portent des valeurs, un message, renvoient un domaine particulier), pour voquer lisiblement et identifier distinctement une entit abstraite : marque, entreprise, institution, association, etc.

    Selon le temps de lecture requis, le discours de limage se revendique narratif ou synthtique. Diffrents procds aident rendre limage plus parlante dans linstant ou dans la dure. Sa composition au moyen daxes ou lignes de force, de formes gomtriques en orientetrs rapidement la lecture. Des procds rhtoriques limage des figures de style, comme lellipse, lhyperbole, la mtaphore, la rptition, peuvent tre utiliss dans limage seule ou comme accroche visuelle associe du texte. Des photomontages, assemblages choc dimages , sont connus pour leur efficacit synthtique. Diffrentes formes de narration graphique, du roman graphique lillustration, en passant par la bande dessine, mlent des lments plus abrviatifs et des lments narratifs. Concentre ou tire dans le temps, la lecture de limage dveloppe un imaginaire chez le spectateur. Limaginaire de lauteur,quant lui, se forme et senrichit dexpriences vcues. Les images peuvent tre influences par des formes prsentes dans la nature. Le rapport au rel de limage stablit prcisment dans le rel ou sprouve dans limaginaire. Elle peut confrer un autre statut une cration graphique en la rendant raliste, comme les vues impossibles des perspectives de M. C. Escher lattestent, ou donner vie des univers fictifs : la technique du stop motion russit animer des personnages fabriqus en pte modeler. Entre rel et imaginaire, limage peut apparatre plus ou moins documentaire ou fictionnelle. La photographie a dailleurs servi ds ses origines dinstrument denqute et darchivage, doutil dobservation scientifique. La chronophotographie, la radiographie, la microscopie, la photographie astronomique en tmoignent. En tant quimage indicielle, pense comme trace conserve et enregistrement tmoin, la photographie est souvent considre comme plus objective. Mais la ralit montre peut aussi tre fictionnelle, transforme voire mensongre malgr son apparente objectivit.

    Pour certaines images, lintention de leur auteur parat fortement perceptible. Un point de vue subjectif est rendu sensible travers ce qui est vis par lobjectif, visible dans le champ ou invisible puisque hors champ. La hauteur dil, la profondeur de champ selon la focale longue via un tlobjectif ou courte grce lutilisation dun grand angle, la mise au point crant flou ou nettet en sont des indices. Comme le cadrage, ils dnotent un choix de lauteur. Limage cadre se situe sur une chelle des plans : (trs) gros plan, plan densemble, plan amricain, plan moyen, avant-plan, arrire-plan. Quand limage est en mouvement, sa rapidit inscrite dans lacclr, le ralenti ou larrt sur image, la variation de la focale travers le maniement du zoom ou le mouvement de la camra permettant de changer de plan ou par balayage panoramique, sur un axe travelling, ou langle de prise de vue grce la plonge ou la contre-plonge donnent chaque plan, en interaction avec les autres plans, une valeur psychologique particulire. Le montage qui finalise limage filme slection et assemblage des squences parmi les rushes, sans transition (cut), ou avec des effets de transitions (fondus) , permet de renforcer laction de limage en fonction des objectifs de ses crateurs. Inversement, des procds de dessin automatique, ou dimages obtenues sans appareil, linstar des techniques dhliographie, de rayogramme, de shadographie, de solarisation jusquaux images alatoires gnres par des programmes informatiques, font vaciller la fabrication intentionnelle de limage. 0 1 Dictionnaire de limage, sous la dir. de Franoise Juhel, Paris, Vuibert, 2008 (2e d.).

    2 Lors de la Querelle des images, sous lEmpire byzantin, la reprsentation du divin est interdite. Dans les arts de lislam, limage nest pas proscrite, comme le veut laniconisme, mais elle vite la figuration humaine.

    3 Runis au Salon des Indpendants de 1874, et surnomms impressionnistes du nom du tableau de Claude Monet Impression, soleil levant.

    4 Dans Du spirituel dans lart, 1911. Dans Point et ligne sur plan, publi en 1926, il aborde les lments fondamentaux du graphisme : limpact et lexpressivit visuelle des formes.

    5 Le Manifeste dada 1918, de Tristan Tzara, 1918, les ready-made de Marcel Duchamp.

    6 Signe visuel fonctionnel qui renvoie une ralit.

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  • LEXIQUE

    Animation / Vido : supports propres crer des images en mouvement. Lanimation renvoie une prparation plus manuelle ; dans lanimation en stop motion (image par image en volume), proche du dessin anim, chaque image fabrique et cre indpendamment est monte. La vido englobe plus gnralement les ajouts deffets spciaux et la modification du montage visuel et sonore.

    Caricature : genre particulier de satire humoristique utilis dans la critique sociale et laction politique, dont lun des matres est Honor Daumier. Ce dessin aux exagrations visibles et voulues sert une dmonstration et se dveloppe particulirement dans le domaine du dessin de presse.

    Dessin : art utilisant des matriaux naturels charbon, oxydes et craie, plume, pointe de plomb, pinceau, sanguine, pastel. Sa pratique connat un engouement artistique au XIVe sicle avec la diffusion du papier.

    Gravure : technique qui recouvre diffrents procds : la gravure sur mtal (chalcographie, o la surface est grave , cest--dire creuse est encre), la gravure sur bois (xylographie, o sont imprimes les seules parties du bois restes en relief), la gravure directe (burin, pointe sche, manire noire) et la gravure indirecte (attaque du mtal par lacide : eau forte, aquatinte, pointill et vernis mou). Utilise comme procd de reproduction dun dessin grav ou dune image (art du multiple), la gravure, qui permet de crer de petites sries, est trs utilise du XVIe sicle jusqu lapparition de la photographie.

    Illustration : figure accompagnant un texte partir du XIXe sicle. Elle recouvre des genres spcifiques : lillustration enfantine (abcdaires et livres ducatifs, collection du Magasin des Enfants et des Voyages Extraordinaires de lditeur Hetzel), les images dpinal et les albums par exemple de Forton, de Tomi Ungerer, de Pef, les illustrs (Journal de Mickey, de Walt Disney), la bande dessine (Tpffer, MacCay, Franquin, Herg, Forest, Pratt, Tardi, etc.), des romans graphiques. Liconographie dsigne les signes visuels rcurrents dans les reprsentations dun mme lment. Par extension, elle comprend lensemble des images qui accompagnent et illustrent un texte.

    Image numrique : cration caractrise par une srie de chiffres interprts informatiquement et retranscrits visuellement sur diffrents supports. Son poids et ses dimensions sont fonction de la quantit de cette information. Les images bitmaps sont composes dune trame de pixels colors, les images vectorielles par des formes traces par des algorithmes. Les images de synthse sont une forme particulire dimage numrique, uniquement produites par ordinateur. Elles peuvent tre le rsultat dune modlisation informatique. Les images interactives, qui ragissent aux commandes du spectateur, ncessitent sa participation. Les images dites immersives supposent que le spectateur accepte le point de vue propos.

    Peinture : procd qui utilise des pigments colors mls des liants fresque, tempera, huile, gouache, aquarelle, acrylique, etc. appliqus avec les doigts, le souffle, ou des instruments particuliers (pinceaux, brosses, arographes).

    Photographie : technique utilisant le principe de la camera obscura, bote dans laquelle la lumire projette sur la paroi oppose, en passant par un stnop (petite ouverture pratique sur la bote), limage inverse de lobjet, associ un objectif, constitu de lentilles qui contrlent et orientent la lumire. La photographie argentique forme une image latente, dveloppe et fixe grce des sels dargent, qui permet partir du ngatif obtenu, par contact ou par impression lumineuse sur un papier sensible, dobtenir une image. Ce procd stable et industrialisable na t mis au point qu travers de nombreuses exprimentations : pour le noir et blanc, le daguerrotype, de Nipce et Daguerre ; pour la couleur, le calotype de Talbot, les procds dautochrome des frres Lumire (1904), le kodachrome et le technicolor (1935), lAgfacolor (1936). Dans la photographie numrique, la qualit de limage enregistre sur une carte mmoire dpend de la performance du capteur utilis.

    Srigraphie : procd dimpression en petite srie avec une belle intensit colore sur de nombreux supports : bois, verre, tissu, bton, carton, etc. Un cran en tissu est enduit dune mulsion photosensible (enduction) et recouvert dun film (typhon) en protgeant certaines parties des rayons ultraviolets (insolation). Lencre est ensuite tale sur cet cran, qui est press contre le support pour limprimer.

    Volume : partie de lespace trois dimensions. Diffrentes techniques permettent de crer une image en volume, cest--dire en 3D, par retrait de matire (taille directe, haut et bas relief, ronde bosse), modelage et moulage, assemblage.

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  • RESSOURCES BIBLIOGRAPHIQUES 0 Jacques Aumont, LImage, Paris, Nathan, 1990, (1re d.). Paris, Armand Colin, 2011, (2e d.).

    0 Roland Barthes, Mythologies, Paris, Seuil, 1957. LEmpire des signes, Paris, Skira, 1970.La Chambre claire : Note sur la photographie, Paris, Gallimard, 1980.

    0 Alain Besanon, LImage interdite, une histoire intellectuelle de liconoclasme, Paris, Fayard, 1994.

    0 Christiane Clerc (dir.), Image la page : une histoire de limage dans les livres pour enfants, Paris, Gallimard, 1984.

    0 Anne-Marie Christin, LImage crite ou la draison graphique. Paris, Flammarion, 1995. LInvention de la figure, Paris, Flammarion, 2011.

    0 Max Gallo, LAffiche, miroir de lhistoire, Paris, Robert Laffont, 1973.

    0 Robert Massin, La Lettre et limage [1970], Paris, Gallimard, 1993.

    0 Per Mollerup, Images de marques : Identit visuelle des marques : histoire et typologie, Paris, Phaidon, 2005.

    0 Marie-Jos Mondzain, Image, icne, conomie, Paris, Seuil, 1996.

    0 Jacques Rancire, Le Destin des images, Paris, La Fabrique dition, 2003.

    QUELQUES RESSOURCES NUMRIQUES

    0 Renaud Chabrier, Le Morphing - Lart de transformer les images http://images.math.cnrs.fr/Le-Morphing.html

    0 Visionnez les 20 annes de cration daffiches de lancien collectif dart graphique Grapus (1970-1990), constituant une partie du fonds Grapus dpos aux Archives communales dAubervilliers. http://www.aubervilliers.fr/rubrique113.html

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  • FICHE PDAGOGIQUE :LIMAGE ET SON SENS

    I INTRODUCTION

    Il est facile de constater que limage est omniprsente dans notre environnement. Pour dpasser la simple constatation, il est ncessaire de faire des distinctions entre les diffrentes acceptions du mot, les statuts de limage, ses fonctions, ses modes de cration et de rception.Si limage est prsente dans plusieurs programmes du collge, en tant quoutil pdagogique, mais aussi comme objet dtude, cest en arts plastiques quelle occupe une place privilgie dans les programmes. tudier limage sous de multiples formes et fonctions est donc parfaitement justifi.

    II PROPOSITION DE SQUENCE EN ARTS PLASTIQUES

    Objectif

    * Sensibiliser la multiplicit de limage, la varit des reprsentations.

    Rfrence au Socle commun et aux programmes

    Socle communC5. Lire et pratiquer diffrents langages : textes ; graphiques ; cartes ; images ; musique. Connatre et pratiquer diverses formes dexpression vise artistique.

    Programmes * Comptence travaille : culture artistique> Discriminer diffrents statuts des images pour comprendre et rinvestir leurs diverses potentialits (documentaire, communication, artistique).* Comptence travaille : comptence numrique> Utiliser des appareils et des logiciels simples des fins de production (photographier, filmer, scanner, imprimer).* Comptence travaille : attitude> Travailler en quipe.

    Proposition de sance

    Cet