Peuplements de carnivores planctoniques gelatineux et structures ...

download Peuplements de carnivores planctoniques gelatineux et structures ...

of 18

  • date post

    13-Feb-2017
  • Category

    Documents

  • view

    217
  • download

    1

Embed Size (px)

Transcript of Peuplements de carnivores planctoniques gelatineux et structures ...

  • _______________________________________________ O_C_E_A_N_O_L_O_G_'C_A_A_C_T_A_,_'_98_8_,_N_' _S_P_~r----__ -

    Peuplements Zooplancton carnivore SltuC1urC de peuplement Courant allantique

    Mer d'Arboran Espttes indicatrices de carnivores planctoniques glatineux

    et structures productives Carnivorous zooplanklon

    Communily structure Atlantic CUITent

    Arboran Sea Indicafor speeies en Mditerrane occidentale

    RSUM

    Serge DALLOT , Jacqueline GOY b, Claude CARR Station zoologique. OP 28, 06230 Villefranche-su r-Mcr, France. b Musum Nat ional d'Histoire NalU rellc, 43 rue Cuvier, 75231 Paris Cedex 05 . France.

    Reu It 18/j l86, ,tvist le 21/12186, acuplt Ic 1213187.

    Les carnivores planctoniques (chaetognathes, ctnaires. mduses ct siphonophores) rcolts dans la couche des 200 premiers mtres dans la baie ibro-marocaine el en Mdilerrane occidenta le ont t utiliss pour obtenir une classification des stations en zones faun iques distinctes. Apr~s calcul d' une matrice de distances de S.orensen entre rcoltes et groupement liens complets, on obtient 5 groupes de sta tions gographiquement cohrents : en Atl antique (2), en Mer d'Alboran, dans le secteur central e t la rgion septentrionale de la Mdite rrane. Les espces caractristiq ues des groupes - en terme de frquence d'occurrence e t d'abondance - ont t reche rches au moyen de tests G et de tests de la mdiane.

    Le peuplement a tlantique de la zone du talus apparat trs diffre nt de celui de la baie ibro-marocaine e t du dtroit de Gibraltar, o ne subsistent principalement que des lments nri tiques et msop lagiques en faibles quantits. En Mdi te rrane, l'apport du courant a tlantique est limit en nombre d'espces comme en biomasse. En Mer d 'Alboran , les carnivores son t abondants et diversifis. Le peuplement est domin par Sagit/a el/fla/a et EllcheilOia para(loxica, qu'accompagnent d 'a utres hydromduses bourgeonnantes. Les espces msoplagiques y sont bien reprsen tes (Lensia me/eori, Pen'a itlcolora/a, Sagiua decipiens, elc.), sous l'effet probable des mouvements venicaux des masses d'eau e t de l'a ugmentation de la production secondaire. Les espces habituellement considres comme indicatrices du courant a tlantique restent rares , sauf pour les formes nritiques Sagiua friderici et surtout Muggiaell a/lalllica. L'innucnce de l'ut ilisation de la biomasse produite par les 7..Ones d'affleurement de la Mer d'Alboran, associes des courants tou rbi llon naires complexes. se manifeste dans la structure dmographique des popu lations dom inan-tes: fon pourcen tage de juvniles de S. ellflata, augme ntation des proponions d 'eudoxies chez les calycopho res. Malgr son homognit , ce peupleme nt peut tre subdivis en trois variantes mon trant les innuences prdominantes des appo ns a tlantiques, la proximi t ou l'loignement des zones d'affl eurement. Le peuplement du secteur central de la Md iterrane subit une volution progressive des abond.mces avec dispnrition des espces mroplanctoniques e t bourgeon nantes e t augme nt ation des lments ocaniques (Sagit/a bipullcta/a, Elldoxodes spiralis et Rhopalo" ema velatllm). Le secteur nord-occidental prsente une rduct ion extrme de la biomasse ct une rarfaction des carnivores.

    Ces zones fauniques mdite rrancnnes , du dtro it de Gibra ltar jusqu' la Mcr Ligure , peuvent donc s'inte rprter en te rme de succession depuis un stade initia l richesse spcifique maximale en raison d u m lange de contingents d'espces m ro planctoniques, nrit iques, superficie lles et profondes qui bnficient de cond i-tions t rophiques trs favorables. Le long du courant atlantique, le re tour progressif l'oligotroph ic s' accompagne d' une matu ration de la com munau t avec augmentation de la rgu lari t sous l' influence de la rduction , puis de la dispa rition des espces fon potentiel reprod uctif.

    OcelU/ol. Acta, 1988. Ocanographie plagique mditerra nenne , dit par H. J . Minas c t P. Nival. 193-209.

    193

  • 5 DALLOT ef al

    ABSTRACf

    INTRODUcrlON

    Gelatinous planklOnic carnivore assemblages and productive structures in the Western Mediterranean Sea

    Planktonic carnivores (chaelOgnaths. ctenophores, medusae and siphoJlophores) coJlected in the upper 200 me tres of the Tbero-Moroccan bay and the Western Mediterranean were used 10 obtain a classification of S1

  • occidenta l (Gi ron , 1963; Greze el al. , 1985). Cepen dant, ce point de vue minimise l'innuence des structu-res productives permanentes bien mises en vidence notamment par la t ~ ldtection (Donde V Group, 1984; Gascard , Richez, 1985; Ocean Color Working Group, 1985 ; Perkins, 1985). A l'est de la mer d'Alboran , la biomasse planctonique dcrot (Jesper-sen , 1923 ; Boucher, Thiriot, 1972), mais les modalits et la vitesse de l'volution vers l'oligotrophie typique de la Mditerrane restent mal connues. La description des changes hydrologiques et fauni-ques enlre l'Ocan Atlantique et la Mditerrane a t entreprise entre octobre et novembre 1981 au cours de la campagne Mdiprod IV , depuis la baie ibro-marocai ne, le dtroit de Gibraltar, la Mer d' Alboran et le bassin mdi terranen ocddental , jusqu' la Mer Ligure (Groupe Mdiprod , 1984). Ce travail concerne les chaetognathes, les cnidaires et les ctnaires. Toutes les espces dnombres sont des carnivores glatineux qui exploitent prindpalemenl les crustacs du micro- et du mso-zooplancton. Leur taille va rie entre J mm Ueune mduse) et 3 5 cm (Sagiua Iyra et Solmissus albescells, physonectes), ce qui les place dans le petit macroplanclOn. Leurs va riations qualitatives et quantitatives seront utilises d'une pan comme traceur des tnmspons entre sous-provinces faun iques contigus, et , d'autre part, comme tmoins de la production seconda ire ct de son utilisation.

    MATR IEL ET MfTHOiJES

    Le plancton a t rcolt avec un fi let triple (Razouls, Thiriot , 1972-1973) constitu de deux WP Il stan-dards , associs ;) un filet de mme gom trie mais de 50 jJ.m de vide de mai lle. On a effectu 61 pches

    CARNIVORES PLANCTONIQUES EN M~DrTERRAN~E OCCIDENTALE

    verticales de 200 m la su rface et , dans le dtroit de Gib raltar, quatre rcoltes depu is des profondeurs infrieures (150-0 m et 1000 m): la ralisation de traits vencaux plus profonds tait en effet impossible dans de bonnes conditions en raison du cisai llement de courant . L'essentiel de J'chantillonnage a t e ffectu en Mer d'Alboran sur 42 stations (fig. 1). L'u ne des rcoltes au filet de 200 v-m a t utilise pour les comptages. Les chaetognathes ont t spa rs en trois studes de maturit suivant la cotation de Russell, et o n a distingu les colonies polygastriques des siphonophores de leurs eudoxies. Les comptages ont t effectus de manire exhaustive dans la totalit des chantillons , sau f pour les stades de maturit de l'espce dominante, SagittQ el/flala, dont les effectifs Ont t estims aprs souschantillonna-ges la bote de Motoda et comptage de 40 100 individus par stade . Le second chantillon WP JI a t rserv la mesure du poids sec aprs tri manuel des plus gros organismes (sa Ipes) et rinage au formiate d'ammonium isotonique.

    La position des stations et les mesures physiques , chimiques et biologiques obtenues sont runies dans le rappon de campagne cit prcdemment.

    Analyse des donnes

    La mise en vidence des diverses zones de peuplement a t effectue partir des donnes en prsence-absence pour toutes les espces , uprs calcul de la distance de S'renscn entre toutes les paires de stations:

    a est le nombre d 'espces commu nes aux deux stations i et j , conte nant respectivement a + b, et il + C espces. Celte distance varie entre 1 (pas d'espces

    .. 1 ----------T- , -------- --------,

    0 0 " 0 " 0

  • S DAllOT et 81

    communes) el 0 (mcmes espces prsentes) et n'est pas influence par le double zro, proprit souhai ta-ble lorsque les chantillons sont petits. ce qui est le cas.

    Groupement des stations

    Ilien que le but recherch soit la dlimitation de zonc~ gographiques faunistiquement homognes , le groupement sous conlnlinte de conligut (Legendre, Legendre, 1984) n'a pas t ncessaire; un groupe-ment hirarchique liens complets a produit en effet des groupes ayant spontanment la proprit dsire. Le positionnement non mtrique des groupes de stations sur un plan a t effectu suivant la mthode de Guuman (1968) en uti lisant le logiciel Systat-

    Nous n'avons pas utilis de mthode particuli re de groupement des espces; la recherche habituelle de groupes exclu~i[s (Williams, 1971). o une c~pce donne ne peut se trouver que dans un seul groupe, est mal adapte au cas prsent o le mme stock faunique est di stribu suivant un continuum cologi-que complexe. En revanche , on a recherch les espces indicatrices des groupes de stations (Fie ld el al., 1982).

    Espces ind icatrices

    Le caract re indicateur d'une espce peut s'expri-mer par des modificalions de frquence d'occurrence, ce qui est cohrent avec la mtrique qualitative utilise pour ln formation des groupes de SI3Ii l.)I1:'. L'hypothse d'galit des frquences relatives est prouve au moyen du test G muni de la correction de Williams. Les espces tr~ rares. ainsi que les espces ToujOUrs OU presque toujours prse ntes. ne peuvent pas tre slectionnes par ce test. Cependant nou~ avons observ pour ces dernires des contraste:, quantitatif~ entre les diffrcnt~ groupe~. La ~ignification de ces changements d'abondance a donc t prouve au moyen du test non paramtrique de la mdiane: le test exact de Fisher est ici appropri (modle de type III).

    Pour chaque espce, plusieurs comparaisons SOnt envisageables: pour des groupes de stations ordon-nes suivant un axe gographique, on peut comparer les groupes successifs par paires, en regroupant ou non des zones voisines, ou bien rechercher les spcifi-cits d'un groupe par rapport tous les autres. Meme en tenant compte de l'effet des t