Notes sur la spécificité Cours en ligne

download Notes sur la spécificité Cours en ligne

of 35

  • date post

    29-Oct-2015
  • Category

    Documents

  • view

    56
  • download

    1

Embed Size (px)

description

cours

Transcript of Notes sur la spécificité Cours en ligne

Notes sur lintroduction

La Spcificit du texte de thtre (notes)

La spcificit du texte de thtre

AUTONUM (Jean-Marie Schaeffer, Quest-ce quun genre littraire, Seuil, 1989.Le but de Jean-Marie Schaeffer nest pas dtablir une nouvelle thorie des genres. Il rflchit sur lextrme diversit des genres existants et montre que la question des genres est une manire dimpasse parce que les genres se placent des niveaux trs divers pour dcrire les pratiques littraires.

Son livre commence donc par le bilan dun chec des grandes thories des genres. Selon lui, cet chec provient largement de lessentialisme latent de ces thories (c'est--dire la croyance quun genre serait invariable de tout temps ou quun genre aurait une essence parfaite et que tout cart ne pourrait tre quune dcadence). Cest pourquoi J.-M. Schaeffer peut tre utile dans une dissertation o lon a parfois critiquer en premire partie lessentialisme des termes littraires, afin de les rendre lvolution historique.

Jean-Marie Schaeffer repre en effet le risque dessentialisme qui est latent dans toute thorie des genres. Les thoriciens des genres ont toujours t tents, selon lui, de prendre les genres comme des donnes absolues, souvent perues sur le modle des tres vivants, plutt que comme des concepts changeants. Mme Aristote (qui trouve le plus de grce ses yeux) nchappe pas la tentation de considrer la tragdie ou lpope selon un modle biologique avec une enfance et un ge mr o elles seraient en pleine possession de leurs forces. Cet essentialisme (hors du modle biologique cette fois), Jean-Marie Schaeffer le retrouve plus forte raison chez Hegel qui considre que trois grands genres constituent trois essences de lart littraire (le reste ntant que genres btards). Il sagit de lpope (dont lessence est lpope homrique), de la posie dramatique (dont lessence est triple: la tragdie grecque, le drame shakespearien et la comdie dAristophane) et du lyrisme (que Jean-Marie Schaeffer caractrise de catgorie fourre-tout chez Hegel). Jean-Marie Schaeffer tudie ensuite lapproche de Ferdinand Brunetire. la fin du XIXe sicle F. Brunetire fonde sa thorie gnrique sur lanalogie biologique: explicitement, il applique lvolutionnisme darwinien la thorie des genres, c'est--dire quil considre les genres comme des espces qui grandissent, mrissent, entrent en lutte avec dautres espces (le drame romantique est en quelque sorte le prdateur de la tragdie classique) puis entrent en dcadence sous leffet de facteurs divers (la race, les milieux, lhistoire et surtout lindividualit des auteurs ce qui le spare de Taine). On repre ici un habile essentialisme qui sait intgrer lhistoire. Mais lessentialisme de Brunetire a encore une autre dimension: il btit des modles plus purs que dautres. ses yeux, les seules uvres dont il faut rendre compte sont celles qui ont marqu des tapes dans lvolution littraire: Corneille cre le classicisme, Racine le porte son sommet, etc (Rotrou ou Thomas Corneille nimportent pas dans cet volutionnisme: ce sont des organismes faibles). On voit comment chaque genre dgage la puret de son type (Corneille), la porte au sommet (Racine) puis dcline (les classiques antiromantiques du XIXe sicle). Rsumons en citant Jean-Marie Schaeffer:

La manire dont les thories essentialistes se servent de la notion de genre littraire est plus proche de la pense magique que de linvestigation rationnelle. Pour la pense magique, le mot cre la chose. Cest exactement ce qui se passe avec la notion de genre littraire: le fait mme dutiliser le terme amne les thoriciens penser quon doit trouver dans la ralit littraire une entit correspondante, qui se surajouterait aux textes et serait la cause de leurs parents.

Dans un deuxime temps Jean-Marie Schaeffer montre que les textes sont des objets smiotiquement complexes et que sous les noms de genres on sadresse des aspects trs diffrents de la signification. Une mme oeuvre peut relever de genres diffrents selon l'angle d'analyse choisi (Don Quichotte peut tre lgitimement tudi comme un rcit ou comme une parodie). De plus, le contexte historique changeant, luvre peut aussi changer de sens (certains traits neutres deviennent actifs: la dimension romanesque de LOdysse na t sensible que lorsque le genre romanesque est devenu pertinent). Rsumons :

Les noms de genres tablis possdent les fonctions les plus diverses, de mme qu'ils naissent dans les circonstances et dans les intentions les plus diverses : les traiter tout uniment comme des noms de classes obissant une fonction commune, qui serait celle de classer, c'est donner une image trs simplifie de leur statut communicationnel. [...] Dire d'un texte qu'il est un sermon et d'un autre qu'il est un sonnet ne revient pas simplement les classer selon deux genres diffrents, mais encore par rapport des critres d'identit textuelle diffrents : acte communicationnel dans le premier cas, organisation formelle dans le second.

Cest pourquoi dans un troisime temps, lauteur propose non pas une classification raisonne des uvres en genres mais plutt une classification des noms de genres selon les niveaux du texte auxquels ils sadressent. 1-Jean-Marie Schaeffer distingue les noms de genres qui recensent des invariants lis la dimension de communication du texte (la prire, la complainte, la fiction, le rcit, le thtre, etc): Jean-Marie Schaeffer parle alors de noms de genres exemplifiants parce que tous les membres des genres de ce type possdent sans exception les caractristiques qui sont dfinies ces conditions sont des universaux pragmatiques, des conditions transcendantes. 2-Jean-Marie Schaeffer repre des noms de genres qui dictent des rgles (le sonnet, la tragdie, la comdie, etc). 3-Viennent ensuite des noms de genres qui reposent sur une gnalogie ou sur des ressemblances (quand un auteur prtend se ranger dans une tradition ou lorsque les lecteurs le rangent dans une srie duvres ressemblantes le roman bourgeois, le thtre de boulevard, etc). 4-Enfin, Jean-Marie Schaeffer repre des noms de genres fonds sur une analogie entre oeuvres trangres qui signorent (lorsquon rapproche des textes de cultures diffrentes). Il nest pas ais dainsi rsumer ces quatre distinctions. Un exemple sera plus clair:

Lorsque nous nonons que La Princesse de Clves est un rcit, nous disons en fait que le texte exemplifie la proprit dtre un rcit; lorsque nous affirmons que Le Parfum (de Baudelaire) est un sonnet, nous disons en fait que ce pome applique les rgles du sonnet; lorsque nous soutenons que Micromgas est un conte de voyage imaginaire, nous disons en fait que le texte de Voltaire transforme et adapte une ligne textuelle qui va de LHistoire vraie de Lucien aux Voyages de Gulliver en passant par LAutre Monde ou les tats et Empires de la lune de Cyrano de Bergerac; enfin, lorsque, pour faire montre dune rudition suppose, nous lanons la cantonade que Dame Chao de Pou Song-ling est une nouvelle, nous voulons dire tout simplement que le rcit du lettr chinois du XVIIe sicle ressemble par certains traits des textes quen Occident nous qualifions de nouvelles, sans que pour autant le statut causal de cette ressemblance soit dtermin.

Jean-Marie Schaeffer, Quest-ce quun genre littraire, 1989. p. 180.

Parmi ces diffrents types de genres, quels sont ceux qui chappent lvolution historique? Les deux premiers (genres exemplifiants et genres dictant une rgle) dpendent peu du contexte et sont plutt stables dans le temps: le sonnet peut voluer ou mourir, mais si jcris selon les rgles dun sonnet de Ptrarque ce sera toujours un sonnet. En revanche, les genres fonds sur la gnalogie ou les ressemblances sont instables dans le temps: leur dsignation dpend des lecteurs de lavenir. tre instable ne signifie pas tre faux (le livre de Jean-Marie Schaeffer sachve sur une jolie dfense de toutes les approches gnriques) mais ce sont assurment les distinctions gnriques exemplifiantes qui vont nous intresser dans le cadre dune dissertation parce quelles permettent une partie sur les invariants. Cest plutt sur elles que la premire partie du cours va se fonder.

AUTONUM ( Aristote a essay de penser la spcificit de la tragdie par rapport lpope. Il y a des similitudes entre ces deux arts, dit-il: tous deux imitent le rel, et tous deux limitent avec des mots. Mais thtre et pope sopposent sur le mode narratif. Le thtre en effet soppose tout rcit en ce sens que lauteur se refuse par convention parler en son nom propre sauf dans les didascalies. Lauteur de thtre est donc un sujet dessaisi de son je (la formule est dAnne Ubersfeld, dans Lire le Thtre). Ce nest jamais lauteur qui sexprime, mais cest toujours un personnage (do limportance particulire du personnage au thtre). Pour Aristote, le thtre prsente donc des actions (do le mot mode dramatique driv du mot drama actions et qui est donc un faux ami car il na pas le sens courant de ce qui suscite des motions) parce quil vise reprsenter les hommes au moyen de leurs seuls dits et faits. Quant lpope (et tout rcit), elle prsuppose un homme qui raconte et qui dsigne (do le mot mode pique). Cette convention dun effacement de lauteur au thtre conduit Platon (et non pas Aristote) conclure une duplicit essentielle du thtre.

AUTONUM ( Exemple de reformulation de la note 2 dans une dissertation. Elle demanderait, sa suite, une illustration. En comparant la tragdie lpope, Aristote a montr que le thtre nest pas un rcit mais une prsentation des hommes au moyen de leurs actions et de leurs paroles. Cest le fameux mode dramatique qui implique un effacement de la voix personnelle de lauteur au thtre qui ne peut sexprimer que par lintermdiaire dautres voix. AUTONUM ( La double nonciation et la double destination. Cette notion dcoule de la distinction dAristote qui fonde le mode dramatique. Puisquil y a un auteur qui serait contraint au retrait derrire les paroles qui constituent le texte thtral, on peut dire quau thtre les convers