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INSTITUT 1)E FRANCE

ACADEMIE DES INsdilI p rloNs ET BELLES-LETTRES

FUNRAILLESI) E

M. LOPOLD DELISLEMEMIUtEJE L'ACI)IMIR

Le mardi 26 juillet 1!I O.

DISCOURSDE

H. EDMOND POTTIERPR1STDENT DE L'ACAD}MIE

M ESS1 E U RS

Le deuil qui frappe l'Acadmie des Inscriptions etBelles -Lettres lui est cruel doublement cite perd sondo en et son plus illustre reprsentant. L'oeuvre deM. Lopold Delisle est immense, et vous n'attendez pasde moi qu'ici, en quelques minutes, j'numre tous lestitres de cette carrire scientifique qui a dur plus desoixante ans et pendant laquelle on peut dire que notrevnr con fire a travaill sans interruption. La l)ibiio-

1INSTITUT.910.-11.

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Document

1^ 11 ^^ M II I\I0000005782314

-

ld l )Iiie tic ses li's 105 ci. ailiAes, J)U1)lliC en ippri parIuil Laeoiiibe, coInfir(uait (Ij't pi-s (le dix-neul

cents 11(1 11111( )5, el. OH 'il (ldflS l'adresse envoe oit ipar i_(l(IIIiC (10 13(11111 pour Je (ifl( l tIaIIte JI.l j r(inique (le(le \l. l)cJjSIC : Ln eliIl)Issah1l (11111 seul COLIJI(((cil I ' eIIS('IflI)I(' (les J)IIJ)lie.ItiuIlS, ilU 110111l)Ie de P I5 (le(lt'It\ IIliIIe, OU N ous U\ei. consign Vos reclietchcs, (U1 ne(l(iildit (tI0 c'est 11101115 Un seul ltoiiiiiie que toIIt( unet:oi&' tie saaiits (liii il j)i0(IUII CCS ouvrages? La ikte

vil est encore accrue (1e1)(IL5 (ottO (Lite, puisque M. De-lisle tt eu la raie fortune de iiioiiiir (l'iut 50(11 eUh1), ciil) l ( 111 (' activit. MC1cIC(lL (JeIIIieI, il('IIVO\ilit CflCOIt'

nuire confrre M. 011)011 t un I ra's ail destin lahque tic I'eoI' '/ez ('/wfr.. Vendredi iiiatiii, quoique unpeu fatigu et gardant la ehanihie sur le roiiseil (leses amis, il rausait J)ilI511)l(1110111 ;i\ec l'ai.tinAiiiv (h' lach apelle (le iliaiiI illv, ('eiitntert;tiiI de 545 meclieuclies surl'histoire (le France, quand il s'interrompit et glissa imite(lc soit fauteuil. ( 'e si sans (bute la mort qu'il cu'it sou-liaite pour lui-iiiine, 0(1k ( i til ne 4()flhla1 pas lesticchaitres phsiologiques et iittellerluelles.

I 0l)0Id-\ict0r J)el i sic naquit Va iogiies (Manche), leai octobre i 8ti. Lui-mme a racont ses Souvenirs de

,jewese dans la plaquette (liii fut rein iSC chacun (le nouspour remercier l'Acadmie de la licite mdaille grave patsttajiairi et offerte dans le jubil du ( dcembre iqo.

Son duc a tion classique fut assez SOIflhliairc, telle qu'on1) 0 ( 1 \ ai I. la recevoir alors dans une petite ville de 1)P0\ !flCCet eest dj p our flO(iS titi sujet d'admiration que de voircet le force (le Pluis t' et de travail geriliei (halLS le cer's eau

(P ull enkint pente initi aux i Inen(s de lapardes Fifres de la i)oetihe Prtienue cf par les profl;_suiis du frs modeste collge de Valognes. Ce grandSa\ aHI i('C(ii flaissu I volugi I iers qu'il Savait peu (k grec cf

u 'il inorajt peu prs les langues vivantes les l)IIKusuelles, conu l'anglais et J allemand. Mais cIju, sic r leshuiles (k leule, il avait intress 'i lui lin (les l(')H(Ia [euesde la Socit (ICS An t i(J uaircs (le Normandie par I 'ton-ilacite curiosit qui le portait du ct de l'histoire cl,tout jeune adolescent, il avait pass Ses vacances d'tcopier une charte du roi d'Angleterre (JUC Son vieil amilui avait montre. En i84,5 1 ses parents le conduisirent .Paris et il passa J' cole (ICS Chartes trois ami es qui ifurent ph tt accidentes ; en 18.'17 et [8,1j8, I'Ecole restapendant longtemps ferme. lri I 8 'jq, il entrait commesi mple einpto dans cette Bililiotlique nationale dontil ne devait, plus sortir qu'en qo.5, charg (l'ans et degloire.

l)s u8 , il tait lu membre de l' institut, l''tgc deI ecu te et un ans; en huit ans, J'lve diplm (le l'Ecoleclos Chartes tait (JCVeflhi Ufl (les mail ies de la science bis-t on q ue; ses t tavauix aflirmaient, cii lui une sorte de gniedans l'ordre des dcouvertes et des recherches bihliogra_i )lliques. Pour reprendre l'loge (ftie lui dcerne encorel ' adresse le l'Acadmie des sciences (le Berlin, il a t, ilcistera, non seulement pour la France, mais pour tous lesi:cs civiliss, le grand bihiiot ficaire ; il a montrI iuif ce (JUC l'histoire gnrale reoit do lumires etd 'appuis(I is (le (O lravail Cfl apparence matrielcl et ingratqu 'est l'lu i s toire des niafluscrits et (IOs livres; il a prouv

!

qiIC clans la sciefl(C, de tis petits 1IflpCUCflt

crer

qui est la vie elle_mme SOtIS seune trs grande chose, (ormes crites.

Des ouvrages de M. Delisle, vous tue perinett1'e de neciter que les plus importants en attendant que des notices(ll aillCs prsentent (laits soi, ampleur cc lab(UI

odi-

(U' les tudes SUV la condition (1C la classe agricole Cfl

mandie au Moyen dge, qui lui valurent deux fois le pre-

Huer prix Gobert (i 851 et i 85), la Notice sur Orderw

Vital (i855), le Catalogue (les aetesde phlppeAufIuste (18 6),

l'inventaire (les manuscrits du tonds latin de la lJhl2o1hqUe

impriale (t 863 187 t), les tomes X \ I L \\I\ du Recueil

(les historiens (les Gaules, les Rouleau.' (les morts (lU JXe au

XVe sicle (1866), le Cabinet des manuscrits de la Biblio

-thque nationale (t868 i881), la Chronique (le Robert de

Torigni 8- les Mandements de Charles V (t I'lneen-

taire gnral des manuscrits f'anais (le la Bibliothque

nationale (L87 6-I88), les Mlanges (le palographie et debibliographie (i 88o), la Collection (leijastaId cl'Estan' (i885),le Catalogue des manuscrits (les fonds Libri et Barrois (i 888).

le Catalogue gnral des livres imprims de la Bibliothqw

nationale (1897)- Cette dernire pu I.)LiCatiOfl Sc rapporte

au travail entrepris depuis 1875 P0rorganiser, classeret cataloguer l'immense quantit (le livres amoncelsdans notre grand d1)t nati che cffraaonal; tiite, devantlaquelle tout le inonde reculait, et que M. Delisle, nommadmintstrateuI gnral en i 8't, s'tait seul senti capabh

(l'affronter. La collection (le cet inventaire gnral, en

cours d'impression, compte aujourd'hui quarante volumes.Je malt(juerais trUtiiIeH11t L'un (les i R chers dsirs

- -

de M. I.)elisle, si j'omettais de liue (1ue jJuur toits res

travaux il trouva une collaboration Picie tise dans (ellequi fut la ui(lle compagne de toute sa vie et (le toutesses penses. Lu i-minc a dit, a ce nue bonhomie char-maille et avec une expansion rare chez un homme d'ordi-naire si rserv, (oui ce qu'il devait i M I)elisk, qui,hritire des qualits (le SOn pre, le clbre linguisteEugne Burnouf, maniait avec aisance j)IUS1CUFS languestrangres et qui traduisait de nombrcu x passages d'au -teursleurs on mari, en l'assistant dans tout es ses recherches.Tous deux donnrent l'exemple mmorable (l'iut flitiageaussi uni par l'troite communion des ides par latendresse conjt.igale, et notre confrre a voulu que le pot-I tait grav de sa femme accompagnt le beau fascicule deses Recherches sur la librairie de C/w,/e.s V, qu'il nous offritt louis ttt souvenir (le SOfl jubil acadmique.

CommentI ne pas rappeler missi laparent et l'troiteamiti (lui uiiissa ii Ni. Delisle et M. BUISSIeP ? Quelcontraste entre les deux beaux-frres, (lue flOtis tionsacroiittiins (le %0i l' assis cte ( cte i nos sances, l'untoujours juvnile (1 SOtI riaiit , la parole prompte et Vive,l'attire plus silencieux et comme concentr en lui-mme;ri quelle tristesse que (le voir maintenant vide S CCS (]euxsiges, occups si longtemps par les deux plus illustresd'entre nous

,Je ll ' OlIl.)]ieiaipas flOH [)l11s de (hIC ( I lle M. Delisle a aitgard tout sont coeur t sa terre natale. Plusieurs ouvragesde ses dbuts font suivre son imin (111 titre de lnelnl)1c dela Socit des Antiquaires de Normandie. Dans une noticespciale, M. Le Carheux a tudi Lopold l)elishi, lii.storin

f1/(I( io;, et il a d )il iii' la no] il o n( -la ( il re tics nn1hIeIl\Ii \ aux que le iini I SIVa rit a (()fls ci's''i sa chre proi lici

Li rputation (l(jt europenne de M. 1)elisle s'tend ilplus encore quand, en 188. il eut fi. traiter l'affaire fameiic

des ma nusci'i t s Li l)1'i et Barrois. Avec quel le pntration,avec quel liait- tner cilleti , avec quelle sret (1 '1 nvest iiion il prouva que CIaUS les manuscrits mis cri veule de 1;1

collection \sliliurrihaiii se trouvaient (lisj)erscs, (lligure'.ieol les. li L'esq lie IiiC'C'Oflfla issables , une quantit d'u'uvi'e(I erobei's autrefois aux bibliothques de France Avec

quelle l) :11 lefleC' et q rie!1 e adroite (liplOmflatie il ngocia leretour de ces prt"eietiX exils, et avec quelle joie, en 1888,

il leur vit rejwcn(II'e leur place (hUiS HOS col lcd ions na lin-nales I Ce fut le triomphe de sa carrire d'a rehivist e et debi l)liot hcai ce, le coup de fortune clatant qui mit le sceau

firCui()iflfli('.Tous les hotu mages, tous les houineuis, tous les t i tii'

laient ve ii u s de tous les coins (III iiioiide fi M. I )el isle . IIles accueillait avec simplicit et restait modeste, l)(5(lu('timide cii Public. II ni' eusel leinent respect et admir, t'n

dehors de ses pioches (lui l'adoraient, de ses amis intimes

et de ses lVCS, il passait pour trs rserv. Ou peut ciidonner deux raisons. D'abord M. I)elisle voulait qu'on

respcctU son travail. Il ne lui suffisaitsait pas de n'tr'e pasmondain. ( ouinaissant le prix (le chaque minute, il ui'

j)e1mnett ai I fi 1wrsorm ne de lui dco ber ce qu'il voulait

consa ccci fi l'tude. De 1)1 US, M. Dcl isie tait Ii-s prudent

tait sa Cai'actl'istiqtLe. Il ltait avec les choses, et ce fut

la force (le ses eui(jti I es scient j licj ii C's on savait que pour

at'Iiimer une fois, il devait tre siir deux loi. Il tait

I ut (1('111 d1Ii a\ cc les hommes et tic se !i rtit pas facile-ment. La confiance affectueuse qu'il