Dossier pédagogique De Gainsborough à Turner, L'âge d'or du ...

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  • Acadmie de GrenobleAction culturelle

    Professeur-relais : roland.pelletier@ac-grenoble.fr

    De Gainsborough Turner

    Muse de Valence29 juin > 28 sept. 2014

    Lge dor du paysage et du portrait anglais dans les collections du Louvre

    Dossier pdagogique

  • Introduction

    Contexte historique

    Le portrait

    Le paysage

    Glossaire

    Bibliographie

    Informations pratiques

    03

    07

    09

    13

    16

    20

    21

    SOMMAIRE

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  • 03

    On a coutume de considrer que la peinture britannique connat son ge dor sous lre Georgienne (du nom de tous les monarques qui vont se succder sur le trne dAngleterre depuis Georges Ier (rgne de 1714 1727) jusqu George IV (prince-rgent ds 1810 puis roi de 1820 1830)), soit des annes 1720 environ jusquau dbut du rgne de la reine Victoria (rgne de 1837 1901) au mi-lieu du 19e sicle.

    Seules, en dehors des muses britanniques ou amricains, les collections de peintures et arts graphiques du muse du Louvre, mconnues et dont lhistoire et lextension demeure relativement rcente lchelle de cette institution, permettent largement de rendre compte de ce moment exceptionnel dans lhistoire artis-tique britannique. Cest cet ensemble, cohrent et de grande qua-lit, que la prsente exposition, pour la premire fois, entend faire mieux connatre au public. En 1994, lexposition DOutre-Manche. Lart britannique dans les collections publiques franaises, en avait dj donn un aperu mais la collection du Louvre sest nota-blement accrue depuis cette date ce qui justifie pleinement de lui consacrer une exposition qui lui soit exclusivement rserve.

    Cette excellence, novatrice et profondment originale, des ar-tistes anglais va surtout trouver son territoire dlection dans deux genres spcifiquement chris par les amateurs anglais depuis des dcennies : le portrait et le paysage. En effet, dans un pays dont lhistoire politique et religieuse fut particulirement complexe et dramatique au cours des 16e et 17e sicles, les peintres ont d re-noncer aux genres trop connots de lhistoire, de lallgorie et de la religion. Aux artistes, on demandera donc de se concentrer sur la reprsentation fidle des individus et de leurs lignes ainsi que de leurs domaines fonciers dont lexploitation rationnelle devient une des grandes proccupations de la gentry anglaise au 18e sicle.

    Cest dans le genre du portrait qu partir des annes 1720-1740 que les Britanniques vont tout dabord innover en laborant une formule compltement originale du portrait en conversation, la Conversation Piece, o se manifestent les proccupations dune socit dsormais pacifie et o les opinions circulent plus libre-ment dans des cercles de sociabilit largis.

    INTRODUCTION

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    Les peintres Philippe Mercier (dorigine franaise) (1698-1760), William Hogarth (1697-1764), Arthur Devis (1712-1787), Johann Zoffany (dorigine allemande) (1733-1810) ou bien sr Thomas Gainsborough (1727-1788) vont porter ce genre son accom-plissement. Tous ces artistes sont reprsents de manire signi-ficative dans les collections du Louvre, Philippe Mercier, notam-ment, qui fait le lien entre les coles franaise et britannique mais aussi Gainsborough, lun des plus renomms, sans doute, parmi les peintres anglais, dont le Louvre a la chance de conserver un des chefs duvre de jeunesse La Conversation dans un parc, ainsi quun petit ensemble de dessins.

    la gnration suivante, qui voit la cration de la Royal Academy Londres en 1768, les peintres Allan Ramsay (1713-1784), George Romney (1734-1802), Joshua Reynolds (1723-1792) (fondateur de lacadmie et son premier prsident) ainsi que leurs talen-tueux successeurs Thomas Lawrence (1769-1830) et Henry Rae-burn (1756-1823), vont porter le portrait anglais son plus haut point de perfection. Tous sont reprsents dans les collections du Louvre. Ces artistes, souvent forms ltranger, exhibent dans leurs uvres une connaissance nouvelle des grands chefs duvre europens du pass allie une imagination prolifique et une confondante libert de touche qui, dans la seconde moiti du 18e sicle, vont devenir lun de signes distinctifs de lcole anglaise.

    Joshua Reynolds, tant dans ses doctes discours prononcs la Royal Academy que dans ses vibrants portraits o la dignit des attitudes le dispute la libert du traitement, est le parangon de cette excellence. Le Franais Jacques-Louis David (1748-1825), sinspirera mme de ses uvres pour ses portraits de la fin de la priode rvolutionnaire. Son rival, George Romney, est bien repr-sent au Louvre par llgant Portrait de Ralph Willett ainsi que par ses puissants dessins, tmoins de son imagination bouillonnante.

    la gnration suivante, Thomas Lawrence sera le principal pro-pagateur de laudace et de la matrise des portraitistes anglais, au point de devenir celui de toutes les ttes couronnes dEurope dans les annes 1820 et de recueillir ladmiration de tous jusqu celle du jeune Delacroix.

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    Le Louvre conserve un ensemble trs reprsentatif, tant en portraits quen dessins, de cet artiste majeur et reconnu.

    partir de la seconde moiti du 18e sicle et jusque au milieu sicle suivant, les artistes anglais renouvelrent galement profond-ment lapproche traditionnelle du paysage. Ils y parvinrent en d-veloppant considrablement la pratique de laquarelle et celle de ltude peinte directement sur le motif. On leur doit ainsi une ap-plication plus fluide des pigments colors et un got nouveau pour les paysages contrasts o se manifestent une approche plus sen-sorielle et un sentiment apparemment plus spontan de la nature.

    Ils vont mettre en uvre cette conception novatrice tant en Ita-lie (o les amateurs ont pris lhabitude de diriger leur Grand Tour ) quen Angleterre mme partir des annes 1770-1780. A cet gard les textes du rvrend William Gilpin sur la beau-t pittoresque du paysage anglais ont jou un rle consid-rable. Les dessins dAlexander et de John Robert Cozens rendent trs bien compte de cette rvolution du paysage par laqua-relle qui se joue alors tant en Angleterre que sur le continent.

    Cest principalement au dbut du 19e sicle que les paysagistes an-glais, dont les plus clbres sont John Constable (1776-1837) et J. M. W. Turner (1775-1851), vont imposer ce nouveau regard. Ce dernier artiste va sillonner lEurope, et notablement la France, pour en rap-porter des aquarelles et des peintures, qui transcrites par lestampe, vont connatre une renomme considrable dans toute lEurope. Ces dernires annes les collections franaises se sont en-richies de quelques aquarelles remarquables de cet ar-tiste majeur dont le Louvre conserve une importante pein-ture de la fin de la carrire et o ltude raffine de la lumire semble pousse jusquaux portes de labstraction.

    Enfin, cest en 1824 que les artistes anglais reoivent un vritable triomphe international lors de leur prsenta-tion au Salon Paris. Parmi eux, ce sont surtout deux paysa-gistes : John Constable et Richard Parkes Bonington (1802-1828), qui reoivent les suffrages du public et de toute une gnration de jeunes artistes franais romantiques .

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    Les collections franaises sont relativement riches en uvres de ces deux matres dont les peintures et aquarelles ont t trs tt recherches. Cest ainsi que le Louvre acquiert sa premire aquarelle de Bonington ds 1849 puis un im-portant paysage de cet artiste en 1883, la splendide Vue de Venise et reoit, dun collectionneur dorigine anglaise, un chef duvre de Constable, La Baie de Weymouth lapproche de lorage en 1873. De cet artiste majeur, le Louvre conserve quatre peintures qui illustrent parfaitement la diversit de son ap-proche picturale, ainsi quun trs important ensemble de dessins et dalbums donns notamment par David David-Weil en 1924.

    Les artistes britanniques, parmi les premiers, dvelopprent le got pour les paysages lointains. Ainsi, John Glover (1767-1849) qui stablit en Australie en 1831 et dont Louis-Philippe acquit deux paysages ds 1845 mais aussi dautres artistes qui entendirent trs tt lappel de lorient, tel Edward Lear (1812-1888), David Roberts (1796-1864) ou John Frderic Lewis (1805-1876), dont le muse du Louvre a pu acqurir rcemment des uvres significatives, notamment grce limportante donation en 2011 de la famille Forbes en hommage Christopher Forbes, grand collectionneur dart britannique et prsident des American Friends of the Louvre.

    Lexposition se propose ainsi en une soixantaine duvres (pein-tures, aquarelles et dessins) de rendre compte de lextraordinaire singularit de la peinture britannique son apoge en puisant uniquement dans les collections du Louvre. Sporadiquement ex-poses, et jamais rassembles de manire aussi importante, ces uvres rvleront au public la richesse mconnue de ce fonds im-portant, unique en dehors du monde anglo-saxon, et fruit dune po-litique dynamique dacquisition et de donation souvent rcentes.

    Guillaume FaroultConservateur en charge des peintures britanniques au muse du Louvre, commissaire de lexposition.

  • 7

    Le 18e sicle se caractrise par le sicle des Lumires (en Angle-terre : Age of Enlightenment ), celui de lHumanisme et dun recentrage sur lindividu. Mais cette priode est aussi celle des dbuts de lindustrialisation, qui voit le jour en Angleterre dans les annes 1770.On parle dapoge de la peinture britannique sous lre Georgienne (de George Ier 1714 1727 jusqu George IV, prince rgent ds 1810 puis roi de 1820 1830.) soit des annes 1720 jusquau d-but du rgne de la reine Victoria au milieu du 19e sicle (de 1837 1901).

    En 1707, cest lunion de lAngleterre avec lcosse, se dveloppe le sentiment grandissant de fiert dtre une le et de gouverner les mers, dtre infranchissable.La fin du 18e sicle est aussi marque par lindpendance des 13 colonies amricaines (trait de Versailles, 1783) et par les guerres qui vont secouer lEurope pendant prs de trente an