Analyse du système éducatif Tunisien

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Organisation Internationale du Travail Analyse du système éducatif Tunisien 2013
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    05-Jan-2017
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  • Organisation Internationale du Travail

    Analyse du systme ducatif Tunisien

    2013

  • 2

    Avant-propos

    Ce rapport a t prpar dans le cadre du programme de lOrganisation International du travail

    pour la Promotion de lemploi productif et le travail dcent des jeunes en Tunisie financ par

    lAgence Espagnole de Coopration Internationale pour le dveloppement (AECID), en partenariat

    avec lObservatoire National de lEmploi et des Qualifications (ONEQ) relevant du Ministre de la

    Formation Professionnelle et de lEmploi Tunisien.

    Llaboration de ce rapport a t assure par le consultant Monsieur Mahmoud Yaagoubi en

    collaboration avec les cadres de lObservatoire National de lEmploi et de Qualifications, Monsieur

    Salem Talbi, Madame Sondes Laamari, et Madame Rim Ben Slimane, sous la direction de Monsieur

    Fakher Zaibi, Directeur de lONEQ et avec lappui des experts du Bureau International du Travail,

    Madame Christine Hofmann et Madame Paz Arancibia.

  • 3

    Sommaire I. Rsum 7

    II. Objet et contexte de la mission 12

    III. Analyse du systme ducatif 15

    1. Lenseignement primaire, de base et secondaire 15

    1.1. Principales Rformes, organisation et gestion 15

    1.1.1. Principales rformes : vers une la recherche de complmentarit et d'interaction entre les

    cycles de l'enseignement scolaire et de la formation professionnelle 15

    1.1.2. Organisation 17

    1.1.3. Gestion et financement 18

    1.2. Performances de lenseignement scolaire 19

    1.2.1. Les indicateurs daccs 19

    a. Une scolarisation quasi universelle 19

    b. Des effectifs en baisse suivant la courbe dmographique et un enseignement de base

    technique dcevant 20

    c. Une tendance de lorientation vers les filires sciences et conomies et services en 1re

    anne secondaire et vers les filires conomie et gestion et sciences exprimentales en

    2me anne 21

    d. Une amlioration du taux dencadrement et de la taille des classes 22

    e. Une diversification de loffre de formation par le dveloppement de lenseignement

    priv 25

    1.2.2. Efficacit interne de lenseignement scolaire 27

    a. Un taux de promotion intra et inter cycles en diminution et un taux dabandon en

    augmentation 27

    b. Dtrioration du taux de russite au bac et prpondrance de la filire lettres 29

    c. La faiblesse des acquis des lves 31

    2. Lenseignement suprieur 33

    2.1. Principales rformes, Organisation et gestion 32

    2.1.1. Principales rformes : Pour une convergence vers le systme europen LMD et le

    rapprochement avec les acteurs socioconomiques 32

    2.1.2. Organisation 32

    2.1.3. Gestion et financement 33

    2.2. Performances de lenseignement suprieur 35

    2.2.1. Laccs lenseignement suprieur 35

    a. La massification de lenseignement suprieur 36

  • 4

    b. Une offre de formation domine par les filires lettres et affaires commerciales et

    administratives 37

    c. La participation marginale de luniversit prive 38

    2.2.2. Rendements et qualit de lenseignement suprieur 39

    a. Laugmentation des effectifs correspond aussi celle des diplms 39

    b. Une rpartition inefficiente des diplms selon les filires 41

    c. Un taux dencadrement qui samliore mais avec une qualit qui tend se dtriorer 42

    d. Des taux de redoublements et dabondons qui psent encore sur le systme universitaire

    tunisien. 44

    e. Un classement international dcevant des universits tunisiennes 45

    2.2.3. Lefficacit externe 45

    a. Les difficults dinsertion professionnelle des diplms 45

    b. La voie entrepreneuriale na pas t conue pour liminer tous les obstacles lemploi

    indpendant 49

    3. La formation professionnelle 51

    3.1. Principales rformes, gestion et organisation 51

    3.1.1. Principales rformes : vers lharmonisation entre les diffrentes voies de formation et

    denseignement 51

    3.1.2. Gestion et financement 51

    3.1.3. Organisation 52

    3.2. Performances du systme de la formation professionnelle 53

    3.2.1. Laccs la formation professionnelle 53

    a. Des chiffres encourageants mais toujours inferieur loffre de formation 53

    b. Les formations dans les industries manufacturires regroupent plus de 72% apprenants

    . 56

    c. Les cycles I et II concentrent toujours lessentiel des effectifs 58

    d. La formation avec lentreprise qui devient le mode de formation prpondrant dans les

    diffrents centres de formation 60

    3.2.2. Efficacit interne 60

    a. Une augmentation du nombre de diplms qui cache une rgression de la rentabilit

    interne 60

    b. Une formation en alternance qui a montr ses limites 62

    3.2.3. Lefficacit externe 66

    a. Un systme de formation incapable danticiper lvolution des mtiers 66

    b. Une Insertion des diplms de la formation professionnelle plus favorables 68

    Conclusion ................................................................................................................................. 69

  • 5

    Liste des Tableaux Page

    Tableau 1 : Evolution du Nombre des lves de lenseignement de base et secondaire 21

    Tableau 2 : Nombre moyen dlves par classe et par enseignant par gouvernorat (2011-2012) 25

    Tableau 3 : Evolution du Rendement interne du cycle primaire, prparatoire et secondaire 27

    Tableau 4: Tableau 4: Evolution du Nombre dadmis au baccalaurat par cession et filire et % de

    russite 30

    Tableau 5: Rsultats des lves tunisiens selon les valuations PISA 31

    Tableau 6 : Rsultats des lves tunisiens selon les valuations TIMSS 31

    Tableau 7 : Evolution du % des effectifs des tudiants par cycle 37

    Tableau 8 : Evolution du % des effectifs des tudiants par Domaine dtude (CITE) 38

    Tableau 9: Evolution des effectifs tudiants 39

    Tableau 10: Evolution des diplms par type de diplme 40

    Tableau 11 : Evolution du % des diplms par domaine dtude 42

    Tableau 12 : Evolution du % des effectifs en formation et des nouveaux inscrits par secteur de

    formation professionnelle

    57

    Tableau 13 : Evolution de la rpartition des efectifs en formation selon le niveau 59

    Tableau 14 : Evolution de la rpartition des effectifs en formation selon le mode 60

    Tableau 15 : Evolution du nombre de diplms de la formation professionnelle 61

    Tableau 16: Evolution des effectifs diplms de la formation professionnelle 66

    Tableau 17: Evolution des offres demploi 66

    Tableau 18: Evolution des placements en emploi 66

    Liste des Graphiques Page

    Graphique 1: Evolution des dpenses dans l'enseignement de base et secondaire 19

    Graphique 2 : Evolution du taux de scolarisation 20

    Graphique 3 : Evolution des taux dorientation la fin de la 1re

    anne secondaire (%) 22

    Graphique 4: Evolution des taux dorientation la fin de la 2re

    anne secondaire (%) 22

    Graphique 5: Nombre moyen d'lves par classe 23

    Graphique 6: Nombre Moyen d'lves par enseignant 24

    Graphique 7: Nombre d'lves du cycle primaire priv 26

    Graphique 8: Evolution du nombre d'coles prives 26

    Graphique 9: Evolution des donnes du cycle primaire priv 26

    Graphique 10: Evolution du nombre des universits de l'enseignement suprieur 34

    Graphique 11: Evolution du nombre des d'tablissements de l'enseignement suprieur 35

    Graphique 12: Part du budget du MES dans le Budget de l'Etat et le PIB 35

    Graphique 13 : Evolution du Taux de scolarisation dans l'enseignement suprieur 36

    Graphique 14: Evolution de la rpartition du personnel enseignant de l'enseignement suprieur selon le

    grade

    43

    Graphique 15: Evolution du Taux dencadrement (nombre dtudiants par enseignant) 43

    Graphique 16: Evolution du Taux moyen de russite des annes terminales 44

    Graphique 17: Evolution du taux de chmage par niveau dinstruction 46

    Graphique 18 : Evolution des effectifs des chmeurs diplms selon la nature de diplme 47

    Graphique 19 : Evolution des placements en emploi et des nouveaux inscrits diplms de l'enseignement

    suprieur

    47

    Graphique 20: Evolution des effectifs de la formation professionnelle (en milliers) 54

    Graphique 21: Taux de diplms de la formation professionnelle initiale 61

    Graphique 22 : Evolution des taux de croissance du nombre des diplms et des effectifs en formation 61

    Graphique 23: Evolution du % des diplms par secteur de formation 65

  • 6

    ACRONYMES ET ABRVIATIONS

    AFD Agence franaise de dveloppement

    ANETI Agence Nationale de lEmploi et du Travail Indpendant

    ARWU Academic ranking of word universities

    ATFP Agence Tunisienne de la Formation

    AVFA Agence de la Vulgarisation et de la Formation Agricoles

    BIT Bureau international du travail

    BTP Brevet Technicien Professionnel

    BTS Brevet de technicien suprieur

    CAP Certificat d'Aptitude Professionnelle

    CC Certificat de Comptence

    CE Conseil dtablissement

    CEFE Cration dentreprises et formation dentrepreneurs

    CENAFFIF Le Centre National de Formation des Formateurs et dIngnierie de la Formation

    CFA Certificat de Fin dApprentissage

    CFP Certificat de Formation Professionnelle

    CITE Classification internationale type de lducation

    CNIPRE Centre national dinnovation pdagogique et de recherches en ducation CNQ Classification Nationale des Qualifications

    DEA Diplme dtudes approfondies

    DESS Diplme dtudes suprieures spcialises

    DFEB Diplme de fin dtudes de lenseignement de base

    DFEBT Diplme de fin dtudes de lenseignement de base technique

    DUT Diplme universitaire de technologie

    FP Formation Professionnelle

    INS Institut National de la Statistique

    INSAT Institut National des Sciences Appliques et de Technologie

    ISCED International Standard Classification of Education

    ISET Institut Suprieur dEnseignement Technologique

    ITCEQ Institut Tunisien de la Comptitivit et des Etudes Quantitatives

    LMD Licence - Master - Doctorat

    MANFORM Mise niveau de la formation professionnelle

    ME Ministre de lducation

    MES Ministre enseignement suprieur

    MFPE Ministre de la Formation Professionnelle et de lEmploi

    ONCMI observatoire national des qualifications et des mtiers innovants

    ONEQ Observatoire national de lemploi et des qualifications

    ONTT Office National du Tourisme Tunisien

    ONUDI Organisation des nations unies pour le dveloppement industriel

    PEFESE Programme dappui lducation, la formation professionnelle, lenseignement suprieur et

    lemployabilit des diplms

    PIB Produit Intrieur Brut

    PISA Programme for International Student Assessment

    SIVP Stage dInitiation la Vie Professionnelle

    TIMSS Trends in International Mathematics and Science Study

    UGTT Union Gnrale Tunisienne du travail

    UTAP Union Tunisienne de lAgriculture et de la Pche

    UTICA Union Tunisienne de lIndustrie, du Commerce et de lArtisanat

  • 7

    I. Rsum

    Au niveau structurel, le systme ducatif tunisien est compos de:

    - Un enseignement de base obligatoire de 9 ans constitu dun premier cycle primaire de 6 ans et dun second cycle ou cycle prparatoire, dispens dans des collges.

    - Un enseignement secondaire qui dure 4 ans et sanctionn par le baccalaurat. - Un enseignement suprieur sanctionn par les diplmes de licence, master et doctorat,

    autre les diplmes spcifiques.

    - Un systme de formation professionnelle qui dlivre trois niveaux de diplmes suite lenseignement de base (CAP, BTP et BTS) ainsi quun ensemble de certificats non

    diplmants.

    De manire mcanique, les trs importants efforts de scolarisation primaire et secondaire

    raliss ces dernires annes conduiront une forte hausse des effectifs tudiants en Tunisie.

    Des amnagements et des corrections ont t introduits, depuis dix ans, tel ou tel niveau de

    larchitecture complexe de lcole et de luniversit. Mais les problmes de fond demeurent,

    et constituent des handicaps majeurs dans la nouvelle phase de dveloppement que traverse le

    pays.

    Au niveau de lenseignement primaire, de base et secondaire, la Tunisie se situe parmi les

    pays qui accordent la part la plus importante de leurs ressources budgtaires ce secteur (en

    2012 prs de 15% du budget de lEtat et plus que 5% du PIB). La taille des classes et le taux

    dencadrement sont galement des indicateurs importants des moyens mobiliss au service de

    lducation. En 2012 par exemple, la moyenne est de 25,7 lves par classe (contre 33,5

    lves par classe en 2002) et 12,7 lves/enseignant (contre 20,8 lves/enseignant en 2002)

    dans le secondaire. Dans lenseignement primaire, on compte 17,2 lves au moins par

    enseignant et 22 lves par classe en 2012 (contre 22 lves/enseignant et 28,3 lves/classe

    en 2002). Entre 2002 et 2012, le taux de scolarisation des individus gs de 6-16 ans (qui

    donne la mesure des effectifs de lenseignement de base) a augment de 3,3 point de

    pourcentage, pour atteindre 93,4%, et celui de 12-18 ans (qui donne la mesure des effectifs du

    2me

    cycle de lenseignement de base et du secondaire) a augment de 7,4 point de

    pourcentage, pour atteindre 81,1%.

    Le nombre dlve inscrit en premier et en deuxime cycle de lenseignement de base gnral

    est en baisse depuis 2002, suivant la courbe dmographique. Ce nombre a pass de 1863385

    lves en 2002 1484204 lves en 2012. Au niveau de lducation secondaire, les effectifs

    ont augment jusqu 2005 mais sont actuellement en baisse, et en 2012 ils taient de 453090

    (contre 508790 en 2005). La proportion dlves de la 7me

    anne ayant rejoint lenseignement

    technique est de 6,1%, 4,5%, 5,8% et 4,4% successivement durant les annes 2009, 2010,

    2011 et 2012. Ces taux restent en dessous des objectifs fixs (10% en 2011 et 15% en 2012).

    Malgr les rformes introduites dans le systme ducatif et les performances quantitatives, le

    rendement interne ne sest pas amlior. Les taux de promotion intra et inter - cycles diminue

    entre 2002 et 2011 dans tous les cycles denseignement, alors que les taux de redoublement et

    dabandon augmentent. De nombreux lves abandonnent encore les tudes, surtout au niveau

    du deuxime cycle de lenseignement de base (9%), sans avoir acquis les comptences

    fondamentales requises pour sinsrer dans la socit. Le taux dabandon du secondaire est de

    10.1%. Pendant lanne scolaire 2011-2012, presque 18267 lves du primaire quittent

    lcole, 42243 lves du prparatoire quittent les collges et 45762 lves du secondaire

    quittent les lyces avant de terminer le cycle.

  • 8

    En ce qui concerne le Bac on observe une dtrioration du pourcentage dadmis (qui ont pass

    lexamen et obtenu le bac), qui ne reprsentaient que 55,9% des effectifs de la quatrime

    anne secondaire en 2012, contre 72% en 2002. Quant la distribution des admis et des

    diplms du bac par filire, on observe que la filire Lettres est encore prpondrante bien

    que les sections Economie-Gestion et Technique aient connu une volution remarquable du

    nombre de diplms du bac. Cela a des consquences videntes sur lemployabilit.

    Les lves tunisiens manifestent aussi des faiblesses videntes dans le domaine des langues et

    des mathmatiques que traduisent les difficults quils prouvent communiquer, rdiger,

    rsoudre des problmes. Diverses valuations internes et externes ont attir lattention sur cet

    tat de fait. Par exemple, les rsultats raliss par la Tunisie lvaluation PISA en 2009, sont

    extrmement modestes. Sur les 65 pays, la Tunisie a t classe 56me avec 401 points en

    matire de comprhension de lcrit.

    Au niveau de lenseignement suprieur, lvolution des dpenses dducation par tudiant

    montre les limites du financement public face la massification des universits. La dpense

    par tudiant est reste proche de 3 000 TND, ce qui correspond en fait une baisse de la

    dpense dflate mais aussi une baisse de la dpense en pourcentage du PIB, refltant la

    contrainte budgtaire dun modle ducatif fond sur la gratuit des tudes et un accs non

    slectif. En matire de moyens humains, les statistiques montrent une amlioration de

    lencadrement pdagogique durant la dernire dcennie. Selon les donnes officielles, le pays

    comptait 22410 enseignants en 2011-2012 contre 11412 personnes en 2002. Le taux

    dencadrement est ainsi pass de 20 tudiants par enseignant en 2002 15,1 en 2012. Par

    ailleurs, la qualit de lencadrement tend se dtriorer tant donn la rpartition du

    personnel enseignant selon le grade. En 2012 la part des professeurs (4,9%), matres de

    confrences (3,5%) et professeurs de mdecine (9,9%) ait diminu au profit des matres

    assistants (21,9%), des assistants (33,1%), des autres enseignants (26,7%).

    La demande dans le suprieur et les effectifs dans les universits se sont ainsi fortement

    accrus. Le taux actuel de scolarisation de la population ge de 20 24 ans slve plus de

    36 %. Ce taux tait limit 25% en 2002. Leffectif estudiantin est pass de 226 milles en

    2002 340 milles en 2012, soit une augmentation denviron 50%.

    laugmentation des effectifs correspond aussi celle des diplms, qui ont augment de

    160% entre 2002 et 2011. Cependant, lchelle des filires on constate une variation

    importante dans la distribution des diplmes / spcialits. Les diplms en Lettres

    reprsentent 15,9%. Ils sont suivis par les sciences informatiques et multimdia avec 15,6%.

    Les ingnieurs ne reprsentent que 10,4% des diplms.

    Malgr les taux de russite qui ne cessent de samliorer, les redoublements et les abondons

    psent encore sur le systme universitaire tunisien. En fait, le taux moyen global de russite

    dans les annes terminales des diffrents cycles d'tudes atteint 88,1% en 2011 (sans tenir

    compte du 3me cycle). Ce taux est nettement infrieur si on prend en compte tous les

    niveaux denseignement suprieur. Presque la moiti des tudiants de la premire anne ratent

    leur examen de fin danne et en deuxime anne le tiers des tudiants se trouve en situation

    dchec.

    Cette inefficacit interne qui caractrise lenseignement suprieur tunisien est confirme par

    beaucoup dtudiants, professeurs et experts, mais aussi par les classements internationaux.

  • 9

    Sur la liste lARWU des meilleures universits au monde, ralis chaque anne par

    lUniversit de Shanghai, en 2012, les institutions tunisiennes sont absentes.

    Dans les pays dvelopps, la relation entre la dtention dun diplme du suprieur et le taux

    demploi est gnralement positive. En Tunisie, cette relation est ngative. Ainsi, lvolution

    du taux de chmage par niveau dinstruction, sur la priode 2005-2010, montre une tendance

    gnrale vers la baisse pour les diffrents niveaux, lexception du suprieur. En effet, le taux

    de chmage des jeunes ayant un niveau suprieur a augment de 8,9 points en passant de 14

    % en 2005 22.9% en 2010. Cette hausse sest amplifie davantage en 2011 pour passer

    29.2%.

    Le taux de chmage varie en fonction du type de diplme et du domaine de spcialisation. Les

    techniciens suprieurs (sans compter les BTS de la formation professionnelle) semblent tre la

    catgorie la plus touche1. Le nombre total de chmeurs diplms de lenseignement

    suprieur a pass de 55800 en 2005 202300 en 2011. La proportion des techniciens

    suprieurs dans lensemble des chmeurs diplms de lenseignement suprieur a connu une

    augmentation continue, passant de 32.1% en 2005 43.1% en 2011. A leur tour, les

    matrisards sont de plus en plus exposs au chmage. Les chmeurs, matrisards en sciences

    exactes (Math, Physique, Chimie,) occupent la deuxime place en termes deffectif des

    chmeurs. Leur proportion a augment de 15.2% en 2005 18.2% en 2011. La proportion des

    matrisards en Sciences conomiques, gestion et droit a diminu de 26.3% en 2005 15.2%

    en 2011. Pour la catgorie autre diplmes (mdecine, pharmacie, Ingnieur, ), leur

    proportion est reste relativement stable durant la priode 2005-2011 (environ de 7% de

    lensemble des chmeurs de diplms de lenseignement suprieur).

    Une autre tude sur linsertion professionnelle des diplms de lenseignement suprieur de

    2004 montre les taux de chmage des diplms de lenseignement suprieur 3 ans et demi

    aprs lobtention du diplme. Les ingnieurs et en particulier les ingnieurs en informatique et

    tlcommunication sont les moins affects par le chmage. En effet, le taux de chmage des

    ingnieurs en informatique et tlcommunication est de 3% contre un taux de chmage de

    10% pour lensemble des diplms dingnieurs toutes spcialits confondues. Concernant les

    techniciens suprieurs, la filire Tlcom et multimdia est la mieux employable avec un

    taux de chmage de 22%. A contrario, la filire de Agriculture et industrie agro-alimentaire

    est la plus touche par le chmage (taux de chmage de 47%). Pour le cas des matrisards,

    ltude montre que les filires de science de la vie, de droit, de sciences humaines, de gestion,

    dconomie et de la langue arabe sont les plus touches, le taux de chmage pour ces filires

    variant entre 43% et 56%. Au contraire, les spcialits dans le domaine de linformatique (les

    matrisards) sont les moins exposes au chmage (taux de chmage est de 14%). Etant signal

    que le taux de chmage pour lensemble des matrisards est de lordre de 32%2.

    Les donnes disponibles lAgence Nationale pour l'Emploi et le Travail Indpendant

    (ANETI) montrent que la nature de la demande demplois est loin dtre parfaitement

    satisfaite par les qualifications de loffre. En 2012, plus de 61000 diplms de lenseignement

    suprieur sont nouvellement inscrits lANETI. En face, le placement en emploi des

    diplms taient de lordre de 12895. Il existe donc un dsquilibre quantitatif structurel.

    Lconomie tunisienne ne cre pas un volume demploi suffisant pour absorber la demande

    additionnelle annuelle demploi.

    1 Ben Ameur Mouldi (2012), Le Chmage des jeunes : dterminants et caractristiques . Document de travail,

    Institut Tunisien de la Comptitivit et des tudes Quantitatives. 2 Ministre de lEmploi et de lInsertion Professionnelle des Jeunes et Banque mondiale (2009), Dynamique de

    lemploi et adquation de la formation parmi les diplms universitaires , Juillet 2009.

  • 10

    Au niveau de la formation professionnelle, la capacit daccueil, de lensemble du dispositif

    public sest dveloppe grce deux facteurs : (i) les investissements dans la cration ou la

    restructuration des centres et (ii) lextension de la formation avec lentreprise suite aux

    programmes MANFORM I et II. Ceci a permis de doubler le flux des nouveaux inscrits entre

    2002 et 2011. En fait, au 31 dcembre 2011, le nombre dinscrits en formation professionnelle

    slve 124 420 dont 98 370 sont inscrits dans le dispositif public et 26 050 dans le

    dispositif priv, ce qui reprsente environ 13,2 % de leffectif total du secondaire (ISCED3).

    Selon les responsables de lATFP le nombre des inscrits est pour certaines spcialits

    malheureusement inferieur loffre de formation. Par exemple, en 2010 lcart enregistr

    entre loffre de formation et le nombre des inscrits est de lordre de 10589 postes de

    formation. Ceci sexplique essentiellement par la persistance dune image ngative envers la

    formation professionnelle. Les problmes de passerelle et pdagogique3 entravent aussi la

    motivation des lves suivre la voie de la formation professionnelle. De plus, des centres

    rgionaux sont rests en dessous de leurs capacits car ils enseignent des spcialits non

    adaptes aux besoins de la rgion.

    En 2011, 53,8% des effectifs prparant une formation professionnelle se concentrent sur le 1er

    cycle et le 2me

    cycle. En effet, la part des jeunes prparant un CAP a pass de 16,4% en 2002

    26,5% en 2011, pour atteindre 26 078 apprenants. Le BTP compte aussi de plus en plus de

    jeunes : 19 463 en 2002 (24,7% des apprenants) et 26 857 en 2011(27,3% des apprenants),

    soit une augmentation de 10,4%. Le nombre de jeunes scolariss en BTS est pass de 3 595

    apprenants en 2002 (soi 4,6% des apprenants) 11 412 en 2011 : ils reprsentent aujourdhui

    11,6% des apprenants prparant une formation professionnelle. De plus, on remarque que

    leffectif inscrit en formation non diplmante (CFA F0) est trs important. Il reprsente 23,2%

    des effectifs (22861 jeunes en 2011).

    Le dispositif de la formation professionnelle se caractrise par un nombre lev des inscrits

    forms dans le cadre dun partenariat entre les centres de formation et les entreprises. En

    2011, la formation avec lentreprise est de 91% dans les centres publics de la formation

    professionnelle dont 73,1% alternance et 17,9% apprentissage. Cette caractristique sest

    encore renforce depuis quelques annes : la part des inscrits en formation par alternance est

    ainsi passe de 27,9% en 2002 73,1% pour lanne 2011. Quant au nombre des inscrits en

    rsidentiel, il a baiss de 63,8% 9% sur la mme priode.

    Selon la formule consacre, la formation en alternance est organise dans un cadre contractuel

    entre les structures du dispositif de la formation professionnelle dune part et les entreprises

    conomiques ou les organismes professionnels dautre part. Lalternance suit une priodicit

    fixe compte tenu des objectifs de la formation et des spcificits des mtiers viss4. Une des

    faiblesses du systme parat tre le faible systme de contrle.

    3 Limplantation des programmes dans les centres est toutefois ingale. La part leve de leffectif inscrit en mode de formation en alternance est obtenu souvent au dtriment de la qualit pdagogique de la squence de

    formation en entreprise. La plupart des formateurs ne matrisent pas les concepts et les mthodes pdagogiques

    de lapproche par comptences et ne sont pas impliqus suffisamment dans lingnierie de la formation. De ce

    fait, ils ne peuvent pas adhrer lide que le mtier de formateur doit dsormais sexercer aussi bien au centre

    qu lentreprise au lieu de sexercer uniquement lintrieur du centre.

    4 Loi n 2008-10 du 11 fvrier 2008, relative la formation professionnelle.

  • 11

    Comme pour les effectifs en formation, depuis 2002, le nombre de diplms de la formation

    professionnelle a fortement augment pour atteindre 40434 en 2010. Environ les deux tiers

    des sortants sont rpartis moitis presque gales entre CAP et BTP. Le reste des sortants est

    rparti entre BTS, CC, CFA(F4) et CFP. Cependant, laugmentation du nombre des diplms

    ne doit pas cacher la rgression au niveau de la rentabilit et du rendement interne du

    dispositif de formation professionnelle. Ainsi, selon lenqute ralise par lONEQ en 2010,

    33 % des jeunes ont quitt les centres de formation sans diplme en 20075.

    Au niveau des secteurs de formation, comme pour les effectifs en formation, 55% des

    diplms sont concentrs dans 3 secteurs traditionnels : llectricit et llectronique (28,1%),

    le textile habillement (14,8%) et le BTP (12%). Cette tendance est observe depuis lanne

    2002. La confrontation des nombres de diplms avec les offres et les placements demploi

    montre un dsquilibre important. Le dispositif de formation professionnelle tel quil est

    conu actuellement a montr ses limites dans la mesure o il a t incapable danticiper

    lvolution des mtiers et les besoins du march du travail dans certains secteurs6. Il en est

    ainsi des industries manufacturires, tourisme, agriculture et les services qui ont connu des

    bouleversements importants.

    La Tunisie devra donc investir davantage dans la formation de sa jeunesse, tout en prenant

    trs tt les mesures ncessaires pour que cet investissement ait un rendement significatif. Pour

    amortir le choc budgtaire li lexpansion de son systme de formation et denseignement,

    le pays devra veiller larticulation entre financement public et priv, lobjectif tant que la

    qualit des enseignements puisse ainsi tre meilleure, la fois dans le public et dans le priv,

    et que les jeunes diplms rencontrent moins de difficults trouver des emplois

    correspondant leur qualification.

    5 ONEQ (2011), Le dcrochage de la formation professionnelle en Tunisie , Rapport denqute labor par

    lONEQ (Tunisie) avec la collaboration de GIP-Inter (France). 6 Par exemple, en 2001, les diplms des centres de formation relevant des oprateurs publics et privs de la

    formation professionnelle ont t au nombre de 13 mille environ. Entre 2001 et fin 2004, la moiti dentre eux,

    soit 6380, se sont inscrits auprs des services de lemploi (ANETI).

  • 12

    II. Objet et contexte de la mission

    L'ducation y tait dsormais perue comme une activit d'investissement produisant du

    capital humain, lequel contribue l'emploi, aux salaires et la productivit. Il fallut plusieurs

    annes aux gouvernements et aux organisations internationales pour intgrer et mettre en

    pratique les messages issus des recherches en matire d'conomie de l'ducation.

    On s'accorde aujourd'hui universellement sur le rle cl de l'ducation dans le dveloppement

    conomique et social. L'ducation augmente considrablement la participation la main

    d'uvre. Une fois sur le march du travail, les personnes les plus instruites ont au moins deux

    fois moins de chance de se retrouver au chmage que les personnes les moins instruites, dans

    les pays europens7. Un des effets de l'ducation les plus tudis est sa nature augmenter les

    revenus sur le march du travail8. Outre les rendements priv et social, les dpenses publiques

    en matire d'ducation gnrent des rendements fiscaux, du fait qu'une partie de ces dpenses

    est plus tard rcupre par l'tat par le biais d'une imposition plus importante des personnes

    les plus instruites9.

    Agrgs l'ensemble de l'conomie, les effets micro-conomiques de l'ducation se font

    ressentir dans le taux de croissance conomique du pays. En effet, les statistiques sur les pays

    de l'OCDE rvlent qu' chaque anne de scolarisation correspond une augmentation de 0,3%

    du taux de croissance conomique10

    .

    Lamlioration des performances et laccroissement du rendement des systmes dducation

    reprsentent un objectif ambitieux pour laction publique. En particulier, les systmes

    dducation dans lesquels les changements ont souvent t dicts par loffre devront laborer

    des mcanismes efficaces pour comprendre et rpondre aux demandes conomiques et

    sociales de comptences en constante mutation. Dans cette optique, la mise en uvre de

    mesures efficaces requerra au pralable une bonne comprhension non seulement de

    lvolution des comptences, mais aussi de lefficacit avec laquelle les pays russissent

    utiliser ce vivier de comptences, et de la corrlation entre llvation du niveau de

    comptences et la possibilit daccder des emplois de plus haute qualit, une plus grande

    productivit et, terme, de meilleurs rsultats conomiques et sociaux.

    L'objet de ce rapport, tel quil ressort des Termes de Rfrence de la mission, est la collecte et

    lanalyse des donnes relatives au systme ducatif Tunisien. Une mission qui sinscrit dans

    le cadre du projet promouvoir lemploi productif et le travail dcent des jeunes en Algrie,

    Maroc, Tunisie et Mauritanie , projet pilot par le Bureau international du Travail et

    lObservatoire National de lEmploi et des Qualifications (lONEQ). Ce dernier compte

    laborer un rapport annuel sur le march du travail. Le rapport va porter essentiellement sur la

    demande et l'offre demploi, les sorties du systme denseignement et de formation, les flux

    dentres et de sorties du march du travail, les bnficiaires des mesures de lemploi, les flux

    migratoires, les rmunrations et la dure de travail, les relations du travail et les donnes

    internationales pour raliser des tudes comparatives dans ces domaines. En effet, La mise en

    7 George Psacharopoulos (207), L'effet de l'ducation sur l'emploi, les salaires et la productivit: Une

    perspective europenne , Sminaire de rflexion thmatique de la Stratgie europenne pour lemploi. 8 Psacharopoulos, G. (2007). The costs of school failure: A feasibility study, rapport analytique prpar pour

    la Commission europenne. Rseau europen d'experts en conomie de l'ducation. 9 de la Fuente, A. et Juan Francisco Jimeno (2007), The fiscal returns to schooling in the EU, Instituto de

    Anlisis Econmico (mimeo). 10

    Coulombe, S. J-F. Tremblay et S. Marchand (2004). Literacy scores, Human Capital and Growth across 14

    OECD Countries. Ottawa: Statistics Canada.

  • 13

    place des politiques de lemploi et la rgulation de l'offre et de la demande de travail exige

    entre autre la consolidation du systme dinformation sur le march du travail. Celui-ci doit

    reposer sur la dfinition et la gnration de donnes ncessaires lanalyse des dsquilibres

    du march du travail et ce travers larticulation des diffrentes sources de donnes

    statistiques.

    La mission sest droule en trois phases. La phase de dmarrage a permis un premier contact

    avec les reprsentants de lONEQ. Il s'agissait principalement didentifier la mthodologie et

    les instruments de l'valuation qui seraient utiliss lors de la mission et de prsenter et valider

    les donnes cls collecter.

    La deuxime phase montr que la disponibilit des donnes sur le systme ducatif tunisien

    nest que trs partielle. On a pu nanmoins mobiliser plusieurs sources de donnes pour

    essayer de collecter et dapprhender ce systme. Jusqu une poque relativement rcente, la

    base des donnes dont on disposait sur les effectifs scolaires tait trs incomplte, mais elle

    senrichit rapidement. La plupart des donnes disponibles portent sur des stocks, par exemple,

    le stock dlves ou dtudiants inscrits pour chaque anne dtudes. Pour valuer

    objectivement le systme ducatif tunisien, il faut nanmoins disposer de donnes sur les flux

    (taux dabandon et de redoublement). En faisant une analyse plus dtaille, on se rend compte

    que linformation est davantage disponible au niveau de lenseignement de base et secondaire

    quau niveau suprieur et processionnel pour tous les indicateurs.

    Ainsi, compte tenu de la lenteur du processus de collecte et de publication, les indicateurs

    pour lanne 2012 ne sont pas disponibles pour la plupart des indicateurs, ce qui justifie son

    exclusion de lanalyse.

    Les mthodes de collecte de donnes ne manquent pas. Le choix dune mthode dpend du

    type de donns recueillir, du public consulter, des comptences dont dispose lquipe pour

    recueillir, encoder, analyser ces donnes. Et bien sr des moyens disponibles.

    Nous avons choisi comme mthodes de recueil de donnes lanalyse documentaire et

    l'entretien semi-directif.

    L'analyse documentaire

    Dans ce cadre, au niveau de lenseignement de base et secondaire, nous avons utilis les

    donnes produites par :

    La direction gnrale des tudes, de la planification et des systmes dinformation dont la

    mission est de procder la collecte des informations et statistiques relatives aux activits du

    Ministre de l'Education ainsi qu' la planification de la politique du ministre.

    Le bureau de LUnicef Tunis qui a ralis des tudes sur labandon et lchec scolaire.

    Le centre national dinnovation pdagogique et de recherches en ducation (CNIPRE) qui est

    charg de mener priodiquement des valuations nationales et internationales (PISA et

    TIMSS) afin de fournir aux dcideurs des donnes fiables sur la progression des acquis et

    lvolution du rendement du systme ducatif.

    Au niveau de lenseignement suprieur, nous avons utilis les rapports dactivit et la base

    donnes produits par le bureau des tudes, de la planification et la programmation du

    ministre de lenseignement suprieur, charg de la collecte, analyse et diffusion des

    statistiques sectorielles ainsi que, entre autres, de contribuer llaboration de la stratgie

    sectorielle et la ralisation dtudes prvisionnelles (Dcret 2008-2876 daout 2008).

  • 14

    Au niveau de la formation professionnelle, les donnes collectes proviennent essentiellement

    de la base de donnes et les rapports dactivits produits par lATFP et le ministre de la

    formation professionnelle et de lemploi.

    Au niveau de lanalyse qualitative, les tudes et analyses ralises par lONEQ seront

    exploites.

    L'entrevue

    Dans ce cadre nous avons men des entretiens non structur avec les personnes suivantes :

    Le directeur de la direction gnrale des tudes, de la planification et des systmes

    dinformation du ministre de lducation.

    Deux directeurs de collges techniques

    Un responsable du bureau des tudes, de la planification et de la programmation du ministre

    de lenseignement suprieur.

    Un responsable de la direction de la rnovation universitaire

    Focus groupe

    La mthode du Focus Group a t utilise dans lATFP. Cest une mthode qualitative de

    recherche qui favorise l'mergence de toutes les opinions. Elle nous a permet de recueillir un

    ensemble de perceptions et dattitudes dun groupe de responsable impliqu dans la gestion de

    la formation professionnelle.

    Les donnes collectes sont analyses durant la troisime phase en suivant un plan contenant

    les parties suivantes.

    Principales rformes, organisation, gestion et financement du systme.

    Analyse de laccs au systme.

    Lefficacit interne du systme et la qualit de lducation.

    Lefficacit externe associe lemployabilit.

  • 15

    III. Analyse du systme ducatif

    1. Lenseignement primaire, de base et secondaire

    1.1. Principales Rformes, organisation et gestion

    1.1.1. Principales rformes : vers la recherche de complmentarit et d'interaction entre

    les cycles de l'enseignement scolaire et de la formation professionnelle

    La rforme du systme ducatif tunisien, qui notamment instaur un enseignement de base

    comportant un premier cycle de six ans et un second cycle de trois ans, et un enseignement

    secondaire de quatre ans, a commenc en 1989 et a t mise en uvre progressivement. Cette

    rforme tait dfinie par la loi n91-65 promulgue le 29 juillet 1991qui avait abrog la loi

    prcdente n58-118 du 4 novembre 1958. Dans son article 7, la loi du 29 juillet 1991 stipule

    que lenseignement de base est obligatoire partir de 6 ans jusquau lge de 16 ans. Dans son

    article 32, la mme loi stipule que le tuteur qui sabstient dinscrire son enfant lun des

    tablissements de lenseignement de base ou le retire avant lge de 16 ans alors quil est

    mme de continuer normalement ses tudes conformment la rglementation en vigueur,

    sexpose une amande allant de 10 100 dinars. Cette amande est de 200 dinars en cas de

    rcidive . Ainsi, en application de cette loi, lenfant tunisien passe obligatoirement un

    minimum de dix ans lcole.

    Cependant, la rforme de 1991, qui a instaur l'enseignement de base, a conduit l'abandon

    progressif des branches courtes de l'enseignement professionnel et de l'enseignement

    secondaire technique et la cration d'un cursus de formation professionnelle. Seule la filire

    des sciences techniques a survcu cette rforme. Conue comme tant une sance

    d'initiation, l'ducation technique est dispense depuis 1991, par groupes, partir du

    deuxime cycle de l'enseignement de base raison dune heure ou deux par semaine. En

    1992, une filire technique a t cre.

    La loi dorientation n2002-80 du 23 juillet 2002 relative lducation et lenseignement

    scolaire, institue une nouvelle rforme ducative et se prsente comme le cadre juridique de la

    rnovation et de la dynamisation de lcole tunisienne. La nouvelle loi dorientation fait de

    lducation une priorit nationale absolue et de lenseignement un droit fondamental garantis

    tous. Larticle 20 de la loi prcise que lenseignement de base est obligatoire tant que

    llve est capable de poursuivre normalement ses tudes. Cette obligation se traduit par deux

    devoirs. Celui de lcole qui doit accueillir les enfants jusqu 16 ans et celui des parents qui

    doivent inscrire leurs enfants lun des tablissements de lenseignement de base sans quoi ils

    sexposent des sanctions (article 21).

    A partir de 2002, la Formation professionnelle et lducation de base et secondaire se sont

    rattaches sous le mme ministre, celui de lEducation et de la Formation professionnelle

    (Dcret n 2002-2057 du 10 septembre 2002). Parmi les attributions du nouveau ministre

    (Dcret n 2002-2950 du 11 novembre 2002), on en retrouve certaines qui impliquent une

    articulation entre la formation professionnelle et lducation de base ainsi quavec

    lenseignement suprieur :

  • 16

    Assurer la complmentarit et l'interaction entre les cycles, les cercles et les filires de

    l'enseignement scolaire et de la formation professionnelle et dfinir les modalits pour

    y parvenir, et prparer l'enseignement universitaire et/ou la vie active sur la base

    d'une rpartition des apprenants dans les diffrentes filires, sections et spcialits en

    tenant compte de leurs aptitudes et des besoins structurels, prsents et futurs, du

    march de l'emploi.

    Promouvoir les formes d'enseignement et de formation en alternance entre les

    tablissements d'enseignement scolaire et les centres de formation professionnelle et

    dans le cadre du partenariat avec les entreprises conomiques, de manire amliorer

    l'employabilit des apprenants et assurer l'adquation entre la formation et les

    besoins du march de l'emploi.

    Etablir les rfrentiels, les normes et les standards nationaux requis dans les domaines

    de l'enseignement, de la formation et de l'valuation, et veiller leur application et

    leur dveloppement au regard des changements qui ont cours dans les secteurs de

    l'enseignement, de la formation et de l'emploi.

    On assiste aussi la cration du Conseil Suprieur pour le Dveloppement des Ressources

    Humaines (2002, Dcret 2002-1047 du 7/5/2002). Son rle est dmettre des avis sur les orientations de la politique nationale en matire dducation ; enseignement suprieur ;

    formation professionnelle (art2). En sont membres, entre autres, les ministres chargs de

    lenseignement suprieur, de lducation, de la formation professionnelle et de lemploi et les

    prsidents ou secrtaires gnraux des organisations nationaux (UGTT, UTICA, UTAP)

    (art.3) qui se runissent au moins une fois par an (art .4).

    En 2007, les coles des mtiers11

    sont transformes en collges techniques12

    (circulaire n61-

    10-2007 du 20 aout 2007). L'ide tait de traiter l'abandon prcoce des tudes et d'offrir une

    seconde chance aux lves qui rencontrent des difficults dans le cursus de l'enseignement

    gnral, en leur permettant de suivre une formation professionnelle. Actuellement, le nombre

    de ces collges ne dpasse pas 88 rpartis sur tout le territoire. Ils accueillent quelque 16.000

    jeunes filles et garons.

    La loi de 2002 a t modifie et complte par la loi n 2008-9du 11 fvrier 2008 ; certaines

    dispositions ont t abroges et des articles ont t modifis, notamment ceux qui concernent

    les objectifs des cycles scolaires. La nouvelle loi sur lenseignement (loi 2008-9 du 11/2/2008) prvoit larticulation entre ducation secondaire et formation en alternance (art.27) et prvoit aussi que lducation secondaire donne la possibilit de continuer les tudes soit dans le cycle universitaire, soit en intgrant la formation professionnelle (art.26).

    11

    Les coles des mtiers ont t cres sur la base des conclusions dgages par les commissions de rflexion sur

    lamlioration du rendement du systme ducatif (anne 1997-1998). Ces coles constituent une filire

    denseignement part entire o est dispense une formation la fois technique et gnrale (linguistique,

    scientifique et sociale) permettant au apprenants dacqurir des comptences qui ouvrent devant eux des

    horizons soit pour rejoindre le cursus denseignement secondaire menant vers le baccalaurat, soit dintgrer le

    monde du travail. Ces coles accueillent des lves de XIme, septime, huitime et neuvime annes de

    lenseignement de base auxquels un diplme sera dcern la fin dun cycle dtudes de trois ans. 12

    Les collges techniques accueillent les lves qui ont termin la septime anne de lenseignement de base, les redoublants et les expulss de la 7

    me anne et la 8me anne de lenseignement de base gnral. Ils dispensent

    simultanment des formations gnrales en langues et en sciences humaines et des formations techniques dans

    trois domaines : lindustrie, le btiment et les services. La dure des tudes est de deux ans conduisant

    lobtention du diplme de fin dtudes de lenseignement de base technique (DFEBT).

  • 17

    1.1.2. Organisation

    Enseignement de base

    Lenseignement de base constitue un cycle complet dune dure de neuf ans ; il accueille les

    enfants gs de 6 ans. Lenseignement de base comporte deux cycles complmentaires : le

    premier cycle (cycle primaire) dispens dans les coles primaires et dune dure de six ans,

    subdiviss en trois degrs de deux ans chacun, et le second cycle (cycle prparatoire) dispens

    dans les collges et dune dure de trois ans. Lexamen de fin dtudes de lenseignement de

    base est organis au terme de la neuvime anne et sanctionn par le diplme de fin dtudes

    de lenseignement de base (DFEB). A partir de 2007-08 des coles prparatoires techniques

    ont t cres pour les lves qui ont termin la septime anne de lenseignement de base et

    qui ont des aptitudes scientifiques et des habilits techniques. La dure des tudes est de deux

    ans conduisant lobtention du diplme de fin dtudes de lenseignement de base technique

    (DFEBT). Conformment la loi n 2008-9 de 2008, compltant la loi dorientation de 2002,

    au terme de lenseignement primaire tout lve qui le dsire peut participer un concours

    daccs aux collges pilotes. Au terme de lenseignement du cycle prparatoire (collge), tout

    lve qui le dsire peut passer un examen national en vue de lobtention du diplme

    (enseignement de base gnral ou technique).

    Conformment larticle 22 de la loi dorientation modifie en 2008, le cycle primaire a pour

    objectif de doter lapprenant des instruments dacquisition du savoir, des mcanismes

    fondamentaux de lexpression orale et crite, de la lecture et du calcul, de se doter des

    comptences de communication dans la langue arabe et au moins dans deux langues

    trangres . Il vise en outre, aider lapprenant dvelopper de son esprit, son intelligence

    pratique, sa sensibilit artistique et ses potentialits physiques et manuelles, ainsi qu son

    ducation aux valeurs de citoyennet et aux exigences du vivre ensemble. Le cycle

    prparatoire, dune dure de trois ans, a pour objectif de doter lapprenant des comptences de

    communication dans la langue arabe et au moins dans deux langues trangres, et de lui faire

    acqurir les connaissances et les aptitudes requises dans les domaines scientifiques,

    techniques, artistiques et sociaux permettant lintgration dans lenseignement secondaire, la

    formation professionnelle ou linsertion dans la socit.

    Au terme de lenseignement de base la majorit des lves ne connaissent quune seule voie :

    accder au secondaire puis au suprieur. Faute dinformation pertinente sur le march de

    lemploi, les lves qui russissent la fin de lenseignement de base accdent au secondaire

    puis au suprieur, sans se poser de question, comme si ctait la seule voie de la promotion

    sociale ; les vrais questions sur lemploi ne se poseront que beaucoup plus tard et quand il sera

    trop tard pour agir efficacement.

    Enseignement secondaire

    Lenseignement secondaire, ouvert tous les titulaires du diplme de fin dtudes de

    lenseignement de base, a une dure de quatre ans. La premire anne reprsente le tronc

    commun et a pour but de renforcer les pr-acquis de llve lors du cycle prparatoire

    (collge) et de laider choisir lorientation qui lui correspond. La deuxime anne concerne

    lune des quatre filires suivantes proposes aux apprenants : lettres, sciences, conomie et

    services, et la filire technologies de la communication. La troisime priode, dune dure de

    deux ans, concerne lune des six sections suivantes proposes aux apprenants : lettres,

    mathmatiques, sciences exprimentales, sciences techniques, conomie et gestion, sciences

  • 18

    informatiques. La section sport est dispense dans des lyces spcialiss. Aprs lobtention du

    baccalaurat (mention lettres, mathmatiques...) chacune de ces sections offre, au niveau de

    lenseignement suprieur et de la formation professionnelle, un bouquet de filires et de

    spcialits.

    Selon larticle 26 de la loi dorientation modifie en 2008, lenseignement secondaire vise

    doter llve, en plus dune culture gnrale solide, dune formation approfondie dans lun des

    champs du savoir ou dune formation spcialise dans une branche spcifique lui donnant la

    possibilit de poursuivre ses tudes dans le cycle universitaire, lintgration dans la formation

    professionnelle ou linsertion dans la vie active. Selon larticle 27 de cette mme loi, Une

    formation en alternance dans les centres de formation professionnelle et dans les

    entreprises conomiques peut tre organise, le cas chant, en faveur des lves du cycle

    de lenseignement secondaire, dans le cadre du partenariat entre le ministre charg de

    lducation et le ministre charg de la formation professionnelle et les ministres concerns,

    conformment des modalits fixes par arrt du ministre charg de lducation et du

    ministre concern. De mme, les apprenants qui suivent une formation dans les centres de

    formation professionnelle peuvent sinscrire dans les lyces pour suivre les cours les

    prparant lexamen du baccalaurat. Or, ces rsultats institutionnels ne semblent pas encore

    se traduire sur le plan oprationnel.

    1.1.3. Gestion et financement

    Les coles primaires, les collges, les lyces sont placs sous la tutelle du Ministre de

    lEducation (prcdemment le ministre de lducation et de la formation). Ils sont dirigs

    par un directeur assist par un conseil dtablissement et un conseil pdagogique des

    enseignants. Les diffrents tablissements scolaires appartiennent des directions rgionales

    de lenseignement et de la formation qui ont, dans le cadre de la dcentralisation, des

    prrogatives importantes au niveau de la gestion pdagogique, administrative et financire.

    La rgle fondamentale qui rgit le systme ducatif tant celle du service public gratuit, la loi

    dorientation du 23 juillet 2002 stipule que lEtat garantit le droit lenseignement gratuit

    dans les tablissements scolaires publics tous ceux qui sont en ge dtre scolariss.

    (article 4). Cette prise en charge est prcise comme suit :

    - LEtat prend en charge la construction des tablissements denseignement public ; les dpenses y affrentes sont inscrites au budget gnral de lEtat (article 34).

    - Les collges et les lyces sont des tablissements publics caractre administratif dots de la personnalit civile et de lautonomie financire et dont le budget est

    rattach pour ordre au budget de lEtat (article 35).

    - Les ressources des collges et des lyces proviennent des subventions de lEtat pour lquipement et fonctionnement (article 36).

    - Toutes ces dispositions sappliquent aux coles primaires sauf que juridiquement elles ne sont pas considres comme des tablissements publics caractre administratif

    ayant une autonomie financire.

    - Il est bien entendu que les diffrents personnels de lducation margent sur le budget de lEtat.

    Les dpenses budgtaires fonctionnement (titre I) et investissement (titre II) consacres

    lenseignement de base et lenseignement secondaire reprsentent en 2012 prs de 15% du

    budget de lEtat et plus que 5% du PIB. Ces taux taient au dbut des annes 80,

    respectivement de lordre de 10% et de moins de 4%. En consacrant ces taux, la Tunisie se

  • 19

    situe parmi les pays qui accordent la part la plus importante de leurs ressources ce secteur.

    Ce niveau est proche de celui de la moyenne des pays de lOCDE. La dpense moyenne par

    lve est estime 1648 dinars en 2012.

    Cet indicateur prsente les dpenses publiques directes des tablissements denseignement en

    fonction des effectifs dlves rapports en quivalents temps plein. Les aides publiques

    destines financer les frais de subsistance des lves, en dehors des tablissements

    denseignement, sont exclues de cet indicateur. Ainsi, les dpenses relatives aux

    tablissements privs ne sont pas disponibles. Il convient de souligner que la variation des

    dpenses unitaires des tablissements denseignement peut sexpliquer non seulement par des

    diffrences dans le volume de moyens mis la disposition des lves (comme celles releves

    propos du taux dencadrement), mais aussi par des diffrences dans le niveau relatif de

    rmunration et de prix.

    1.2. Performances de lenseignement scolaire

    1.2.1. Les indicateurs daccs

    a. Une scolarisation quasi universelle

    La Tunisie a consenti, au cours des annes des annes 2000, de trs importants efforts pour

    rendre la scolarisation de base et secondaire universelle. Ces efforts ont effectivement permis

    de parvenir, dun point de vue quantitatif, des niveaux levs daccs lenseignement de

    base et secondaire. La scolarisation primaire est, depuis 2002, quasi universelle, avoisinant les

    100% pour les deux sexes. Les taux de scolarisation des individus gs de 6 18 ans ont

    progresss de manire constante entre 2002 et 2012 (cf. graphique 2). Le taux de scolarisation

    des individus gs de 6-16 ans (qui donne la mesure des effectifs de lenseignement de base) a

    augment de 3,3 point de pourcentage, pour atteindre 93,4%.

  • 20

    Comme pour les 6-16 ans, la progression du taux des 12-18 ans (qui donne la mesure des

    effectifs du 2me

    cycle de lenseignement de base et du secondaire) a marqu le pas ces

    dernires annes en Tunisie. Ce taux a augment de 7,4 point de pourcentage entre 2002 et

    2012. Il a atteint 81,1%. Laccs lenseignement de base et au secondaire a principalement

    profit aux filles qui sont devenus, depuis 2005, majoritaires. En terme de taux de

    scolarisation des gs entre 12-18 ans, les filles enregistrent 84,5% avec 75,8% pour les

    garons

    b. Des effectifs en baisse suivant la courbe dmographique et un enseignement de

    base technique dcevant

    Le nombre dlve inscrit en premier et en deuxime cycle de lenseignement de base gnral

    est en baisse depuis 2002, suivant la courbe dmographique. Ce nombre a pass de 1863385

    lves en 2002 1484204 lves en 2012. Par contre on remarque que les effectifs du

    deuxime cycle de lenseignement de base technique ne reprsentent que 3% des inscrits dans

    ce cycle. Ceci nest pas surprenant tant donn les raisons quon va voquer dans les sections

    suivantes concernant lenseignement technique. Le rapport dvaluation du programme

    dappui lducation, la formation professionnelle, lenseignement suprieur et

    lemployabilit des diplms (PEFESE) a indiqu que la proportion dlves de la 7me

    anne ayant rejoint lenseignement technique est de 6,1%, 4,5%, 5,8% et 4,4%

  • 21

    successivement durant les annes 2009, 2010, 2011 et 2012. Ces taux restent en dessous des

    objectifs fixs dans le cadre du dit programme (10% en 2011 et 15% en 2012).

    Au niveau de lducation secondaire, les effectifs ont augment jusqu 2005 mais sont actuellement en baisse, et en 2012 ils taient de 453090 (contre 508790 en 2005), dont 58%

    de filles (cf. Tableau 1).

    Tableau 1 : Evolution du Nombre des lves de lenseignement de base et secondaire Niveau Anne

    scolaire

    02/03 03/04 04/05 05/06 06/07 07/08 08/09 09/10 10/11 11/12

    1er

    cycle

    EB

    Garons 662283 635908 612113 585535 550497 531980 523477 524402 520884 527117

    Filles 603179 579980 558906 534889 502919 487441 483011 484198 482133 487719

    Total 1265462 1215888 1171019 1120424 1053416 1019421 1006488 1008600 1003017 1014836

    2me

    cycle

    EB

    gnral

    Garons 303277 295098 291419 289454 298034 289434 267641 244968 236524 237006

    Filles 294646 287907 284669 282532 289030 280215 263019 240892 232935 232362

    Total 597923 583005 576088 571986 587064 569649 530660 485860 469459 469368

    2me

    cycle

    EB

    techniq

    ue

    Garons 10391 10087 10235 10321 10401 11397 15130 14176 13085 11792

    Filles 5865 5507 5733 5759 5537 5597 5580 4683 3726 3037

    Total 16256 15594 15968 16080 15938 16994 20710 18859 16811 14829

    Second

    aire

    Garons 204013 216901 220582 215876 213094 211083 199687 202401 197290 191103

    Filles 255297 276332 288208 287655 288658 288853 275796 279447 269649 261987

    Total 459310 493233 508790 503531 501752 499936 475483 481848 466939 453090

    Total Garons 1179964 1157994 1134349 1101186 1072026 1043894 1005935 985947 967783 967018

    Filles 1158987 1149726 1137516 1110835 1086144 1062106 1027406 1009220 988443 985105

    Total 2338951 2307720 2271865 2212021 2158170 2106000 2033341 1995167 1956226 1952123

    Source : Ministre de lducation, Direction gnrale des tudes, de la planification et

    des systmes dinformation

    c. Une tendance de lorientation vers les filires sciences et conomies et services

    en 1re anne secondaire et vers les filires conomie et gestion et sciences

    exprimentales en 2me anne

    Lvolution des taux dorientation13

    nous montre que les lves de la 1re

    anne secondaire

    sont orients, partir de lanne scolaire 2008-2009, plus vers les filires sciences (48,2%)

    lettres (17,6%) et conomie et services (17,4%). Mais, si ces deux dernires filires attirent

    plus dlves dune lautre, en particulier la filire conomie et services (28,1% en 2013), le

    taux dorientation vers la filire sciences diminue pour atteindre 43,1% en 2013. Ceci peut

    tre expliqu par laugmentation du nombre des filles en secondaire et qui ne sont pas attires

    par cette filire. Au niveau de la 2me

    anne, les filires conomie gestion (24,9% en 2013) et

    lettres restent prpondrantes malgr la diminution du taux dorientation vers cette dernire

    13

    Dans les lyces lopration dorientation est dcline dans certains cas en trois tapes, pr-orientation,

    orientation et ventuellement rorientation. Elle obit un triple critre : les dsirs des lves, leurs rsultats

    scolaires et la capacit daccueil des tablissements. Des matires dites de rfrence sont dfinies pour chaque

    domaine et servent de critres objectifs dorientation.

  • 22

    filire (de 27,7% en 2009 19,4% en 2013). La filire sciences exprimentales attire aussi

    une part trs importante dlves (19,4% en 2013) linverse des sciences informatiques qui

    connait une diminution du taux dorientation.

    d. Une amlioration du taux dencadrement et de la taille des classes

    Au cur des dbats dans de nombreux pays, la taille des classes est un aspect important de la

    politique de lducation. Il est courant de considrer que des effectifs moins nombreux par

  • 23

    classe permettent aux enseignants de se concentrer davantage sur les besoins de chacun de

    leurs lves et de passer moins de temps grer les perturbations pendant les cours.

    De plus, le fait que les lves soient moins nombreux par classe peut aussi influencer les

    parents lorsquils choisissent un tablissement pour leur enfant. cet gard, la taille des

    classes peut tre considre comme un indicateur dvaluation de la qualit du systme

    dducation.

    Entre 2002 et 2012, la taille moyenne des classes a considrablement diminu dans tous les

    cycles denseignement. Il convient de noter que les classes ont tendance tre plus petites

    dans lenseignement primaire, leffectif des classes augmentant de quatre lves ou plus entre

    lenseignement primaire et le 2me

    cycle de lenseignement de lenseignement de base et le

    secondaire. Dans le cycle prparatoire gnral et le secondaire, la moyenne est de 25,7 lves

    par classe en 2012 (contre 33,5 et 32,4 lves par classe en 2002). Dans lenseignement

    primaire, on compte en moyenne quelque 22 lves par classe en 2012 (contre 28,3 en 2002).

    La comparaison des tablissements denseignement publics et privs valide lide reue selon

    laquelle les tablissements privs bnficient de classes plus petites (21,5).

    Il convient de noter aussi que La Tunisie a un nombre d'lves par classe gal la moyenne

    OCDE (22 lves) au primaire mais suprieur au collge (24 lves). Toutefois, parmi les

    pays dvelopps, la Core du Sud et le Japon a plus d'lves par classe (30 lves). Cette

    comparaison internationale justifie les rsultats discordants propos de limpact de la taille

    des classes sur la performance des lves.

    Le taux dencadrement, soit le nombre dlves ou dtudiants par enseignant, est galement

    un indicateur important des moyens mobiliss au service de lducation. Ce taux a

    considrablement vari entre 2002 et 2012. Dans lenseignement primaire, on compte 17,2

    lves au moins par enseignant. ce niveau denseignement, le taux dencadrement est de 16

    lves par enseignant en moyenne dans les pays de lOCDE. En 2012, on compte aussi 12,7

  • 24

    lves par enseignant dans lenseignement secondaire, alors que ce taux moyen dans les pays

    de lOCDE est de 14 lves par enseignant.

    En dpit de lamlioration du taux dencadrement et du nombre moyen dlves par classe

    lchelle nationale, des disparits rgionales importantes sont aussi prsentes. En effet, les

    gouvernorats du Nord Ouest, du Centre Ouest et du Sud Ouest affichent des taux

    dencadrement et un nombre moyen dlves par classe au dessous de la moyenne nationale.

    Alors que les gouvernorats ctiers sont localiss au dessus de la moyenne nationale (Cf.

    tableau 2). Par exemple, en 2012, on compte 15,6 lves/classe et 12,2 lves/enseignant

    dans le gouvernorat du kef et 26,1 lves/classe et 20,2 lves/enseignant dans le

    gouvernorat du Monastir dans le cycle primaire.

  • 25

    Tableau 2 : Nombre moyen dlves par classe et par enseignant par gouvernorat (2011-

    2012)

    Cycle primaire Cycle prparatoire et

    enseignement secondaire

    Elves/classe Elves/enseignant Elves/classe Elves/enseignant

    Tunis 1 24,9 18,3 25,9 12,5

    Tunis 2 25,8 19,5 27,5 13,2

    Ariana 27,6 21,1 27,9 13,6

    Mannouba 23,5 18,4 26,7 12,5

    Ben Arous 25,7 18,8 27,1 13,6

    Zaghouan 20,9 17,9 24 11,6

    Bizerte 23,3 18,3 26,5 13,3

    Bj 20,4 15,9 25,1 12,3

    Jendouba 19,1 15,7 24,4 12,4

    Siliana 16,3 13,9 23,4 11,6

    Le kef 15,6 12,2 24,1 12,2

    Kasserine 20 16,4 25,3 12,6

    Sidi Bouzid 18,2 15 23,6 11,3

    Gafsa 19,1 14,6 25 11,9

    Tozeur 22,5 17,3 22,4 10,2

    Kbili 18,8 14,2 22 9,7

    Tataouine 17,9 15,8 23,1 10,9

    Mdenine 19 15,3 24,8 11,6

    Gabs 20,2 14,8 24 11,1

    Sfax 1 23,3 18,1 25,9 12,2

    Sfax 2 23,9 18,5 26,4 12,8

    Mahdia 22,3 18,5 24,2 11,2

    Kairouan 20,3 16,4 25,7 12,6

    Monastir 26,1 20,2 26,4 12,7

    Sousse 25,8 20,5 27 13,2

    Nabeul 24,5 18,8 27,4 13,6

    Total 21,9 17,2 25,6 12,4

    Source : Ministre de lducation, Direction gnrale des tudes, de la planification et

    des systmes dinformation

    e. Une diversification de loffre de formation par le dveloppement de

    lenseignement priv.

    Les coles gres exclusivement par des privs mais rigoureusement contrles par le

    ministre de lEducation fleurissent aussi un peu partout, mme dans les rgions intrieures

    du pays. Bien quelles restent lapanage dune frange sociale relativement aise, ces coles

    attirent de plus en plus dlves. Actuellement, on compte 128 tablissements primaires privs

    qui accueillent prs de 28.875 lves (contre 42 tablissements et 10871 lves en 2002). En

    2012, la taille des classes et le taux dencadrement taient, dans le priv, respectivement de

    21,5 lves par classe et 13,1 lves par enseignant.

  • 26

    On note que la rglementation de lenseignement priv est prvue par la loi n 486-2008, du

    28 fvrier 2008 qui dtermine les conditions de la cration dun tablissement scolaire priv,

    de son organisation et de sa gestion. Une telle loi vient de mettre de lordre dans le secteur de

    lenseignement priv qui fut un certain temps sous-estim par lopinion publique. En vertu

    de cette loi, tous les tablissements privs doivent suivre rigoureusement les programmes

    officiels tels quils sont excuts dans le public et appliquer toutes les circulaires concernant

    les nouvelles mesures ou rformes manant du ministre de tutelle. Ils sont galement sujets

    tout moment un contrle administratif, pdagogique et sanitaire. Ce qui rassure certains

    parents sur le sort de leurs rejetons quils comptent inscrire dans lune de ces coles prives.

  • 27

    1.2.2. Efficacit interne de lenseignement scolaire

    a. Un taux de promotion intra et inter cycles en diminution et un taux dabandon

    en augmentation

    Malgr les rformes introduites dans le systme ducatif, le rendent interne ne sest pas

    amlior. Comme le montre le tableau ci-dessous, les taux de promotion intra et inter - cycles

    diminue entre 2002 et 2011 dans tous les cycles denseignement, alors que les taux de

    redoublement et dabandon augmentent. De nombreux lves abandonnent encore les tudes,

    surtout au niveau du deuxime cycle de lenseignement de base (cycle prparatoire) et le

    secondaire, sans avoir acquis les comptences minimales requises pour sinsrer dans la

    socit. Pendant lanne scolaire 2011-2012, presque 18267 lves du primaire quittent

    lcole, 42243 lves du prparatoire quittent les collges et 45762 lves du secondaire

    quittent les lyces.

    En outre, on constate que le taux dabandon est croissant en fonction du niveau scolaire. Plus

    llve avance dans son ducation plus la probabilit de quitter lcole est importante. En

    Tunisie et contrairement dautres pays en voie de dveloppement, labandon scolaire est

    plus frquent chez les garons. Pour lanne scolaire 2010/2011 la part des filles qui

    abandonnent lcole, le collgue et le lyce par rapport au total des abandons est de lordre de

    39%, 32,4% et 46,7%. Des disparits rgionales importantes sont aussi prsentes. En effet, les

    rgions de lintrieure affichent des taux les plus levs qui dpassent la moyenne nationale.

    Les gouvernorats de kasserine et de Kairouan prsentent les taux les plus levs soit

    respectivement de 4% et 3,5% pour lanne scolaire 2009/2010 suivis par Sidi Bouzid (2,6%),

    Siliana (2,5%) et Jendouba (1,6%).

    Tableau 3 : Evolution du Rendement interne du cycle primaire, prparatoire et

    secondaire

    Cycle Primaire Cycle Prparatoire Cycle Secondaire

    Taux de

    Promotion

    taux de

    redoublement

    taux

    d'abandon

    Taux de

    promotion

    taux de

    redoublement

    taux

    d'abandon

    Taux de

    promotion

    taux de

    redoublement

    taux

    d'abandon

    02/01 91,5 7,5 1,0 76,1 15,1 8,9 76,3 14,5 9,2

    03/02 91,7 7,3 1,0 74,5 15,8 9,7 76,3 13,8 9,9

    04/03 92,6 6,1 1,3 72,5 17,2 10,3 72,8 16,2 11,0

    05/04 92,2 6,5 1,3 70,4 18,7 10,9 69,3 18,0 12,7

    06/05 91,6 6,8 1,6 70,0 18,6 11,4 74,8 14,1 11,1

    07/06 90,0 8,3 1,7 71,2 18,3 10,5 72,8 15,8 11,3

    08/07 91,2 7,1 1,7 71,4 17,2 11,4 73,0 15,2 11,7

    09/08 92,5 5,9 1,7 73,2 16,6 10,2 72,4 16,0 11,6

    10/09 90,0 8,3 1,7 75,8 14,8 9,5 73,0 15,4 11,6

    11/10 91,1 7,1 1,8 74,6 17,4 9,0 73,9 16,6 10,1

    12/11 89,3 8,9 1,8 - - - - - -

    Pour bien cerner les causes de lchec scolaire au niveau primaire en Tunisie, la direction

    gnrale des tudes, de la planification et des systmes dinformation du ministre de

    lducation a men, en collaboration avec lUNICEF, plusieurs tudes sur des cohortes

  • 28

    relles dlves dans quelques rgions de la Tunisie14

    . Ces tudes ont adoptes une analyse

    aussi bien descriptive quexplicative. Le volet descriptive permet e retracer, partir des

    donnes recueillis dans chaque gouvernorat, les caractristiques des tablissements primaires

    ainsi que des lves questionns. Le volet explicatif permet dtablir des associations entre le

    rsultat scolaire et les facteurs de risques potentiels (caractristiques individuels de llve et

    son environnement familial et scolaire). Dans ce cadre, en 2011 cette direction a suivi 927

    lves de lenseignement primaire dans le gouvernorat de Jendouba15

    . Parmi ces lves,

    seulement 61 ont quitt lcole soit un taux de 6,51%. Les rsultats de ltude ont montres

    que :

    - Les abandons sont beaucoup moins frquents parmi les garons (4,8%) que parmi les filles (8,6%).

    - Toutes les filles quittent lcole de manire volontaire alors que 3 garons parmi les 24 quittent lcole cause de linsuffisance dans les rsultats scolaires.

    - En gnral, ces jeunes quittent lcole pour travailler (36,8% des pres et 96,5% des mres des abondons sont en chmage). Les dcrocheurs ont des parents peu scolariss

    (81,7% des mres sont analphabtes), provenant dun milieu socioconomique

    dfavoris (25 filles et 11 garons vivent des conditions difficiles).

    - Lchantillon dlves montre que les dcrocheurs obtiennent des notes satisfaisantes et peuvent poursuivre leurs tudes sans difficults (78,7% des abandons maitrisent la

    lecture, 80,3% ont une communication orale satisfaisante, 68,9% sont bons en

    production crite, 75,4% matrisent la mathmatique).

    - Selon le point de vue des dcrocheurs lcole nattire pas assez et les nombreux changements dans le systme dducation et lemploi du temps scolaire ont rduit la

    motivation pour tudier.

    - Les dcrocheurs ont ressenti quils taient ngligs et abandonns du fait quil a absence de personnes ressources spcialises (psychologues) capable de les aider.

    - Les dcrocheurs sont attirs par le march du travail par ce que leurs familles sont pauvres et ils croient encore la formation scolaire.

    Au niveau du 2me

    cycle de lenseignement de base (cycle prparatoire), le taux lev de

    labandon scolaire est explique essentiellement, daprs la direction gnrale des tudes, de

    la palification et des systmes dinformation du ministre de lducation, par linefficacit du

    cycle prparatoire technique. En effet, lenseignement technique en Tunisie constitue le

    maillon faible du systme ducatif. Plusieurs lves recourent cette alternative en dsespoir

    de cause. La voie de lenseignement technique est assimile aux lves en chec scolaire

    puisque les lves orients vers lenseignement technique sont surtout les redoublants et les

    expulss de la 7me

    anne et la 8me anne de lenseignement de base gnral. Pourtant dans

    des pays comme lAllemagne ou la Finlande, lenseignement technique est une partie

    intgrante de lducation et est considr comme un pilier de lconomie, favorisant la

    comptitivit des entreprises.

    Les entretiens effectus avec deux directeurs de collge technique nous rvlent les problmes

    dont soufre lenseignement de base technique :

    14

    Direction gnrale des tudes, de la planification et des systmes dinformation et UNICEF (2011), Les dterminants de lchec scolaire en Tunisie : Analyse des rsultats de ltude dune cohorte relle dlves dans

    les rgions de Kairouan, Sfax, Bizerte, Mahdia et Beja , Etude n2 ralise en 2010. ; Les dterminants de

    lchec scolaire en Tunisie : Analyse des rsultats de ltude dune cohorte relle dlves dans la rgion de

    Nabeul, Etude n1 ralise en 2009. 15

    Direction gnrale des tudes, de la planification et des systmes dinformation et UNICEF (2012), Analyse

    de lAbandon scolaire dans les gouvernorats de Sidi Bouzid et Jendouba, Etude ralise en 2011.

    http://directinfo.webmanagercenter.com/Mots-Clefs/enseignement/http://directinfo.webmanagercenter.com/Mots-Clefs/enseignement/

  • 29

    - Labsence dadquation entre les programmes denseignement tablis et le niveau des lves, les exigences du march du travail et la dure de formation. Cette

    inadquation dmotive les lves qui entrent dans ses collges, surtout lorsquils sont

    obligs dapprendre encore les langues et les sciences sociales et peu de matires

    techniques.

    - LAbsences des outils et des locaux ncessaires pour la russite lducation et de lapprentissage.

    - Absence de lyces techniques et professionnels pour passer un bac professionnel. Les lves sortant de cet enseignement technique estiment quils pourront soit poursuivre

    un enseignement professionnel au niveau du BTP, soit poursuivre leur scolarit auprs

    de filires menant au baccalaurat professionnel. A ce jour, les responsables du ME

    nenvisagent pas de construire des lyces professionnels proprement parler.

    - Limpossibilit pour les sortants des collges techniques de suivre leurs tudes dans lenseignement secondaire gnral, mme dans le priv

    16.

    - Labsence de passerelles entre lenseignement de base technique et la formation professionnelle. En fait, seul un nombre trs restreint des lves peut accder la

    formation professionnelle aprs la russite dans un concours de slection.

    Au niveau de lducation secondaire, le dfi de lefficacit interne reste gagner avec un taux de redoublement et dabandon toujours en croissance et un nombre dadmis au Bac qui sest dtrior. Entre 2002 et 2011, Le taux de redoublement a pass de 14,5% 16,6% en 2011 et

    celui dabandon de 9,2% 10,1%.

    b. Dtrioration du taux de russite au bac et prpondrance de la filire lettres

    En ce qui concerne le Bac on observe une dtrioration du pourcentage dadmis, qui ne reprsentaient que 55,9% des effectifs de la quatrime anne en 2012, contre 72% en 2002.

    Cependant, dans les filires Mathmatiques et sciences techniques on registre un taux de

    russite lev et une amlioration considrable par rapport 2002.

    Quant la distribution des admis et des diplms par filire, on observe que la filire Lettres

    est encore prpondrante bien que les sections Economie-Gestion et Technique aient connu

    une volution remarquable du nombre de diplms [Cf. tableau 4]. Cela a des consquences

    videntes sur lemployabilit. En effet, mme si la mission principale de lenseignement

    secondaire est de prparer les sortants lenseignement suprieur et/ou la formation

    professionnelle, le sort des sortants (bac ou exclus) entrant sur le march de lemploi est

    proccupant ; les chmeurs de ce groupe, en 2011, reprsentaient encore 42,5% de la totalit.

    16

    Selon un nouveau circulaire du ministre de lducation, les lves de la 9me

    anne de lenseignement

    technique ont la possibilit de passer en premire anne secondaire (dans un tablissement public ou priv)

    partir de lanne scolaire 2013-2014, condition davoir une moyenne gnrale dau moins 12/20, une moyenne

    arithmtique de 12/20 ou plus dans les trois matires (maths, franais et arabe) et ne pas dpasser 18 ans le 15

    septembre 2013.

  • 30

    Tableau 4: Nombre dadmis au baccalaurat par cession et filire et % de russite

    Lettres Math Sciences Exprimentale

    s

    Economie Gestion

    Sciences Techniques

    Sciences Informatiques

    Sport Total

    Admis % de russite

    Admis % de russite

    Admis % de russite

    Admis % de russite

    Admis % de russite

    Admis % de russite

    Admis % de russite

    %

    2002 17683 73,9 14540 78,9 14469 68,2 11048 71,2 7638 61,6 65378 72

    2003 14301 72,9 15449 81,6 14872 73,8 10866 69,4 8938 71,7 64426 74

    2004 15945 60,8 14876 72,6 14131 64,5 10407 46,7 8353 62,1 40 95,2 63752 68

    2005 15284 67,3 14922 71,4 15091 66,9 13879 62,2 8863 62,1 95 88 68134 66

    2006 15070 57,8 15318 71 16411 69,6 11835 55,9 9007 58,8 252 96,2 67893 63

    2007 18293 63,3 13642 68,1 14804 61,7 12528 62,2 8775 55,5 414 96,7 68456 63

    2008 21626 52,1 13943 82 19663 80,1 13089 67,5 9653 67,6 6288 68 340 96,3 84602 67

    2009 20940 53,8 10111 75,5 15474 71,7 10482 59,7 7536 67,1 6118 55,2 308 98,1 70969 62

    2010 20114 60,3 10707 78,1 17407 73,8 13089 70,8 6790 63,4 8612 77 469 98,1 77188 69

    2011

    14583 60,3 11951 81,4 17037 73 12952 77,8 9016 74,5 6749 69,4 754 96,9 73042 72

    2012* - - - - - - - - - - - - - - 58209 55,9 Source : Ministre de lducation ; * Enseignement publics, priv et candidats individuels.

  • 31

    c. La faiblesse des acquis des lves

    La slectivit qui caractrise le systme ducatif tunisien ne garantit pas ncessairement une

    formation de qualit aux lves qui parviennent poursuivre leurs tudes. La plupart dentre

    eux manifestent en effet des faiblesses videntes dans le domaine des langues et des

    mathmatiques que traduisent les difficults quils prouvent communiquer, rdiger,

    rsoudre des problmes. Diverses valuations internes et externes ont attir lattention sur cet

    tat de fait.

    Depuis 1999, la Tunisie participe deux valuations internationales:

    PISA (Program for International Student Assessment) est une enqute mene tous les trois

    ans auprs de jeunes de 15 ans dans les 34 pays membres de lOCDE et dans de nombreux

    pays partenaires. Elle value lacquisition de savoirs et savoir-faire essentiels la vie

    quotidienne au terme de la scolarit obligatoire. Les tests portent sur la lecture, la culture

    mathmatique et la culture scientifique et se prsentent sous la forme dun questionnaire de

    fond.

    Les rsultats raliss par la Tunisie cette valuation en 2009, sont extrmement modestes.

    Sur les 65 pays, la Tunisie a t classe 56me avec 401 points en matire de comprhension

    de lcrit. La moyenne des pays de lOCDE tant de 493 points. Pour ce qui est des

    mathmatiques, les lves tunisiens ont obtenu une moyenne de 371 points, se classant la

    60me place. La moyenne des pays de lOCDE, tant de 496 points. Concernant la

    comprhension des sciences, la Tunisie est 55me ex quo avec le Montngro et

    lArgentine, rcoltant 401 points.

    Tableau 5: Rsultats des lves tunisiens selon les valuations PISA PISA 2003 PISA 2006 PISA 2009

    Score

    moyen

    OCDE

    Score

    Tunisie

    Classement Score

    moyen

    OCDE

    Score

    Tunisie

    Classement Score

    moyen

    OCDE

    Score

    Tunisie

    Classement

    Culture

    Mathmatique

    499 337 38/40 359 39/40 496 371 60/65

    Lecture 494 375 40/40 375 40/40 493 401 56/65

    Culture

    Scientifique

    500 385 40/40 500 386 37/40 501 401 55/65

    The Trends in International Mathematics and Science Study (TIMSS) sintressera

    lenseignement et lapprentissage des mathmatiques et des sciences dans les classes de

    4me et de 8me anne de lenseignement de base.

    La participation de la Tunisie au TIMSS 2011 a abouti des rsultats modestes. Elle a, en

    effet, t classe 47me sur 50 en mathmatiques et 48me sur 50 en sciences au niveau de la

    4me; de mme pour les rsultats enregistrs au niveau du 8me.

    Tableau6 : Rsultats des lves tunisiens selon les valuations TIMSS 2011 2007 2003 1999

    4me 8me 4me 8me 4me 8me 4me 8me

    Math Score 359 425 327 420

    Rang 47/50 38/42 33/36 32/49 25/45 29/38

    Sciences Score 346 439 318 445

    Rang 48/50 37/42 33/36 34/49 38/45 29/38

  • 32

    De tels rsultats montrent clairement que nos lves sont encore loin des moyennes des pays

    avancs en matire denseignement comme la Core, la Finlande ou Hong Kong. Ils sont

    mme largement dpasss par les lves des pays de la rive Nord de la Mditerrane comme

    lItalie, le Portugal, la Grce, ou encore la Turquie que la Tunisie a toujours essay de sen

    approcher dans ses performances.

    Le centre national dinnovation pdagogique et de recherche en ducation (CNIPRE) explique

    la faiblesse de ces rsultats par les raisons suivantes:

    En mathmatiques

    - Linexistence dans les programmes tunisiens d'un certain nombre de concepts et de matires

    figurant dans la plupart des programmes des pays participants.

    - Le manque d'entranement des lves la rsolution des problmes et l'utilisation de leurs

    connaissances dans des situations significatives.

    En sciences

    - La faiblesse de l'horaire imparti l'enseignement des sciences qui ne reprsente que 5% de

    l'horaire global, au 2me cycle de base, contre 12 % l'chelle mondiale.

  • 33

    2. Lenseignement suprieur

    2.1. Principales rformes, Organisation et gestion

    2.