1516 - Programme récital - Anna Caterina Antonacci - 09/15

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  • 1R

    SA ISON1516

    DONALD SULZENPIANO

    RAVEL | POULENC

    SOPRANOANTONACCI

    ANNA CATERINA

    GTG1516_ACAntonacci_Programme_R1_couv.indd 1 25.08.15 12:41

  • Directeur de la publication Tobias Richter

    Responsable de la rdaction Daniel Doll

    Responsable de ldition Aimery Chaigne

    ont collabor ce programme Sandra Gonzalez, Isabelle Jornod,

    Christopher Park, Benot Payn

    Impression Atar Roto Presse SA

    ACHEV DIMPRIMER EN AOT 2015

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    PARTENAIRE DE SAISON

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  • GTG1516_ACAntonacci_Programme_R1.indd 3 25.08.15 12:46

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    Dimanche 6 septembre 2015 19 h 30Au Grand Thtre de Genve

    ANTONACCI

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    MAURICE RAVELCinq mlodies populaires grecques

    Chanson de la marieL-bas, vers l'glise

    Quel galant m'est comparableChanson des cueilleuses de lentisques

    Tout gai !

    FRANCIS POULENCLa Fracheur et le feu

    Rayons des yeuxLe matin les branches attisent

    Tout disparutDans les tnbres du jardinUnis la fracheur et le feuHomme au sourire tendre

    La grande rivire qui va

    FRANCIS POULENCLa Dame de Monte-Carlo

    Entracte

    La Voix humaine

    Dimanche 6 septembre 2015 19 h 30Au Grand Thtre de Genve

    RCITAL

    SOPRANOANTONACCI

    ANNA CATERINA

    DONALD SULZENPIANO

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  • 6 GRAND THTRE DE GENVE RCITAL | ANNA CATERINA ANTONACCI

    Voyages dans le surralisme

    Pouvait-on imaginer meilleur pro-gramme que celui propos par Anna Caterina Antonacci et Donald Sulzen, devenus presque des habitus de la scne genevoise, pour ouvrir une sai-son qui aurait pu plaire aux surralistes. ces artistes o le rve entre en interaction avec la ra-lit mise en cause, afin de nous maintenir veills et de nous tonner. Mais nest-ce pas l le but de la saison que nous voulons partager ? Deux amou-reux du verbe franais nous ouvrent les portes de lonirisme et de la ferie qui divertissent, ques-tionnent et transcendent la ralit.Au programme, des plumes qui ont marqu la lit-trature et la musique. luard retrouve Cocteau travers la composition de Poulenc. Cet luard qui avait interrompu, deux reprises, la rptition de La Voix humaine, la Comdie-franaise, en criant lobscnit ? Cela ne les empchera pas de se rconcilier en 1942, et Cocteau de se recueillir au chevet de Paul luard, au moment de sa mort. cette occasion Jean Cocteau crit :[] La mort jalouse ceux qui vivent.Et connaissant par quels cheminsTu nous rafrachissais deaux vivesElle a mme vol tes mains. (Portrait de Paul Eluard sur son lit de mort)

    par Daniel Doll

    Le surralisme na pas chang nos vies, mais il a permis une autre vison du monde, grce la puissance dflagrante de lonirisme et de limage. Sans lintercession dune muse, dune femme aime, dun homme aim, il ny a pas de posie. Elle, ou il, provoque, soutient et assure le lien avec lunivers potique.Faut-il rappeler que cest loccasion dun bal-let, sur une musique dric Satie, que le mot surralisme fut employ pour la premire fois ? Mais lide ne laisse pas dtonner si lon a les-prit labsence dintrt des surralistes pour la musique. Satie, par ses audaces musicales et son got de la provocation, serait plutt proche de Dada. Pour Andr Breton, le reprsentant de la pense du surralisme, seules les images suscites par la peinture et la posie sont aptes donner accs aux reprsentations inconscientes et aux rves ; lexpression musicale est juge trop confu-sionnelle. Le beau sera dsormais ce qui se rvle lorsque lartiste se penche vers le gouffre intrieur de linconscient. Ce rcital original, centr sur les grands mlo-distes franais du XXme sicle, commence par les Cinq mlodies populaires grecques, de Maurice Ravel. Ce cycle de cinq courtes mlodies inspi-res du folklore grec, vaut surtout par le soin

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  • 7RCITAL | ANNA CATERINA ANTONACCI GRAND THTRE DE GENVE

    par Daniel Doll

    qua pris Ravel de ne pas trop dnaturer la tradi-tion pour en faire des pices savantes. Trois des mlodies ( Chanson de la marie , Quel galant mest comparable , Tout gai ), au texte joyeux et entranant, lui inspirent des accompagne-ments simples, alors que les deux autres ( L-bas vers lglise , Chanson des cueilleuses de len-tisques ), qui parlent de mort et damour, sont des bijoux de profondeur. Contrairement Poulenc, la mlodie ne constitue pas pour Ravel un genre dominant. Ses prfrences intimes allaient, sans doute la musique pour piano, qui offre une cl dinterprtation de son art, dabord par les uvres elles-mmes, mais aussi par linfluence consid-rable quexera le piano sur le style du musicien. Vuillermoz ne disait-il pas : Les harmonies de Ravel portent trs nettement ce quon pourrait appeler ses empreintes digitales ? Cette prdilection pour le piano se retrouve dans son corpus de mlodies. Laccompagnement se dveloppe en soi, indpendamment du texte que scande la prosodie la plus exacte qui soit. Laction se passe au piano, le chant la commente. Mais ne croyez pas que le chant ravlien nest quun faire-valoir. Tout comme Debussy et Faur, sil renie le bel canto et soppose un chant trop gnreux, comme dans le rpertoire italien, cest pour mieux servir le texte. Ravel choisit presque toujours des textes plus provocateurs que potiques, des proses, des sujets quotidiens et non dlvation, des textes trangers ou traditionnels : des mots qui existent comme tels et non, dj, comme musique potique.Pour ses mlodies accompagnes et pour ses uvres chorales, Francis Poulenc choisit des potes qui ont tous, ou presque, fait partie de son cercle de connaissances : Je ne me sens musica-lement laise quavec les potes que jai connus . Paul luard tient la premire place : parce que ctait le seul surraliste qui tolrt la musique; ensuite, parce que toute son uvre est vibration musicale. Losmose se fait au terme de la conver-gence de deux polarits: linfluence sur Poulenc de ses amies, qui sont aussi en quelque sorte ses g-ries, Adrienne Monnier et Raymonde Linossier,

    Paul et Nusch luard photographis par Dora Maar en t 1937 Mougins

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  • 8 GRAND THTRE DE GENVE RCITAL | ANNA CATERINA ANTONACCI

    et la fascination que le pote exerce sur les musi-ciens de son temps. Poulenc fut sduit demble par Paul luard. Georges Auric peroit trs rapidement la parent de rsonance entre luard et Poulenc. Cest mme lui qui incite son ami mettre les vers du pote en musique. En 1935, Poulenc, parlant de sa rencontre avec luard, dit : lune des rencontres impor-tantes de ma vie . Pour ses mlodies, Poulenc choisit 34 textes et les traite le plus souvent en cycles, dont La Fracheur et le feu. Au fond deux-mmes, luard et Poulenc pos-sdent une pulsation rythmique quon pourrait qualifier de naturelle pour souligner quelle nest pas un dcoupage mcanique du temps. Le rythme vivant est le contraire de la carrure rythmique qui fragmente le discours : Poulenc adorait Monteverdi et Mozart quil considrait comme les premiers matres du rythme. luard et Poulenc remontent contre-courant le flux de leur inspiration jusqu la source de leurs rves. Cest ce quluard appelle sa raison dcrire .Le pome dluard sintitule Vue donne vie. La Fracheur et le feu, dont le titre fut suggr au com-positeur par luard, voit le jour en 1950, treize ans aprs Tel jour telle nuit, premier recueil important consacr au pote. Poulenc reprend lantithse du titre des fins musicales. Il cre un cycle unifi par le prlude (et postlude) de Rayon des yeux quil reprend en conclusion de La grande rivire qui va. Francis Poulenc, en 1961, voque ainsi les circons-tances de la composition de la pice qui clt cette premire partie de rcital, La Dame de Monte-Carlo : Tout coup, un fantme envahit ma musique ! Monte-Carlo ! Monte-Carlo, la Venise de mes vingt ans! Achet par hasard Cannes, le Thtre de poche de Jean Cocteau, il y a une quinzaine de jours. Je ne connaissais p