1516 - Programme récital - Susan Graham - 03/16

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4R SAISON 15 16 RÉCITAL SCHUMANN | FAURÉ | STRAUSS | GRIEG | DEBUSSY | POULENC TCHAÏKOVSKI | GRANADOS | BERLIOZ MALCOLM MARTINEAU PIANO MEZZO-SOPRANO SUSAN GRAHAM

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Transcript of 1516 - Programme récital - Susan Graham - 03/16

  • 4R

    SA ISON1516

    RCITALSCHUMANN | FAUR | STRAUSS | GRIEG | DEBUSSY | POULENC

    TCHAKOVSKI | GRANADOS | BERLIOZ

    MALCOLM MARTINEAUPIANO

    MEZZO-SOPRANO

    SUSAN GRAHAM

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  • 2 GRAND THTRE DE GENVE RCITAL | SUSAN GRAHAM

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  • 3RCITAL | SUSAN GRAHAM GRAND THTRE DE GENVE

    Jeune femme nue penche lisant un livreJean-Jacques Henner, 1880-90

    Collection priveHuile sur toile

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  • Dimanche 20 mars 2016 19 h 30 lOpra des Nations

    ROBERT SCHUMANNI - Seit ich ihn gesehen

    EDVARD GRIEG Mte

    RICHARD STRAUSSSeitdem dein Aug in meines schaute

    ROBERT SCHUMANNII - Er, der herrlichste von Allen

    JOHN DANKWORTH Shall I compare thee to a summers day?

    GABRIEL FAUR Chanson damour

    TURE RANGSTRM Melodi

    ROBERT SCHUMANNIII - Ich kanns nicht fassen, nicht glauben

    EDVARD GRIEG Jeg elsker dig

    GABRIEL FAURAu bord de leau

    ROBERT SCHUMANNIV - Du Ring an meinem Finger

    GUSTAV MAHLER Rheinlegendchen

    JOAQUN TURINA Los dos miedos

    ROBERT SCHUMANNV - Helft mir, ihr Schwester

    Mutter, Mutter! Glaube nicht (Lied der Braut I)Lass mich ihm am Busen hangen (Lied der Braut II)

    MAURICE RAVEL Tout gai!

    Entracte

    HENRI DUPARC Phidyl

    CLAUDE DEBUSSY La Chevelure

    ROBERT SCHUMANNVI - Ssser Freund, du blickest mich verwundert an

    PIOTR ILITCH TCHAKOVSKI

    FRANCIS POULENC Le Carafon

    RICHARD SRAUSS Wiegenliedchen

    ROBERT SCHUMANNVII - An meinem Herzen, an meiner Brust

    HECTOR BERLIOZ Absence

    ENRIQUE GRANADOS Oh muerte cruel! (La maja dolorosa N 1)

    ROGER QUILTER How should I your true love know

    ROBERT SCHUMANNVIII - Nun hast du mir den ersten Schmerz getan

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  • Dimanche 20 mars 2016 19 h 30 lOpra des Nations

    RCITAL

    MEZZO-SOPRANO

    SUSAN GRAHAM

    MALCOLM MARTINEAUPIANO

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  • 6 GRAND THTRE DE GENVE RCITAL | SUSAN GRAHAM

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  • 7RCITAL | SUSAN GRAHAM GRAND THTRE DE GENVE

    Autour deLAmour et la vie dune femme...

    par Daniel Doll

    Ce serait un affront que de prsen-ter la mezzo-soprano la plus adule des grandes scnes internationales. Enfin, ses pas sarrtent sur la scne de Neuve. Ne au Texas, loin dune grande tradition musicale, des hauts lieux de la musique classique, elle sintresse rapidement la musique et se met au piano. Trs vite, elle prend conscience que la voix serait son moyen dexpression de prdilection. Elle aime la vie et recherche le ct amusant des choses. Jamais elle ne se contente des acquis, mais explore sans cesse de nouvelles voies. Cest avec Chrubin de Massenet quelle souvre les portes de la renomme internationale et des scnes lyriques les plus prestigieuses. La beaut exceptionnelle de son timbre et ses talents dinterprte joyeuse et passionne feront le reste. La musique est sa raison dtre et son amour pour le rcital est lgendaire, car elle le considre comme lessence de la musique.Probablement que Chrubin, en 1994, au Royal Opera House Covent Garden, tait un prsage de sa prdilection pour la langue franaise et le rpertoire franais quelle sert avec intelligence et raffinement, et dont nous aurons un aperu

    Grahams mezzo-soprano is a voice without regrets, healthy, rounded, ineffably

    musical, and eager for a challenge.THE NEW YORKER

    Les amants heureuxGustave Courbet, 1844Muse des Beaux-Arts, LyonHuile sur toile B

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    au cours du rcital avec des mlodies de Berlioz, Debussy, Duparc et Faur. Avec son amour pour la France et sa diction irrprochable, personne ne stonnera quelle soit Commandeur des Arts et des Lettres, depuis 2005.Ce soir, avec sa voix chaude et veloute, grce sa sensibilit musicale hors pair, sa curiosit et son intelligence, elle nous convie, en compagnie de Malcolm Martineau, un moment dexception finement cisel et brillamment structur. Un pro-gramme qui fait abstraction des barrires linguis-tiques et qui devient le dfi dun voyage musical, organis autour des huit Lieder qui composent LAmour et la Vie dune femme (Frauenliebe und leben) de Robert Schumann.Cest avec un complice de longue date quelle nous invite partager cette variation autour de lAmour, de la Vie et de la Mort, travers une forme la plus raffine et la plus stimulante, mais galement la plus angoissante, celle du Lied o lartiste sexpose et est mise nu en tant quinterprte. Mais elle est consciente que son ami Malcolm Martineau veille et demble la confiance sinstalle. Pour Susan Graham faire de la musique avec le pianiste dorigine cossaise demeure un bonheur exquis. Rciproquement, ils sinspirent et gnrent un univers o le temps suspend son vol et devient un moment de rve, et o lmotion rgne en matre.Trs souvent, les Lieder constituent une rflexion sur lexistence de lhomme, sur le temps qui passe et sont en relation intime avec les moments importants qui rythment la vie du compositeur : naissance, mort, amour, jalousie, haine, amiti, illusions et dsillusions, et bien dautres vne-ments, ou affects, qui ponctuent notre vie. De tout cela, Robert Schumann en tait bien conscient, lorsquil sest battu pour avoir le droit dpouser Clara Wieck. Il rflchit longuement sur les vicis-situdes de la vie et traduit ses penses en musique, notamment dans les huit Lieder de LAmour et la Vie dune femme qui charpentent la base de huit variations. 20 ans, il rencontre Friedrich Wieck, lun des plus clbres professeurs de piano de son temps. Celui-ci a une fille, Clara Wieck, alors ge de

    neuf ans, dj brillante virtuose, et cest en len-tendant que Robert dcide de travailler avec son austre et intransigeant pre. Il sinstalle chez son matre qui le considre comme un fils et travaille darrache-piedAu fil des annes, Clara est devenue une belle et talentueuse jeune fille dont il tombe amoureux. Mais Clara na que 16 ans et son pre soppose lidylle. Ce sera 5 annes dattente entre espoir et douleur. En novembre 1838, Robert part pour Vienne o Clara est dj une Kammervirtuosin. Cest un amour partag, ceci prs que Schumann est exalt comme un fou et que Clara se montre plus sage et pondre, ce qui ne lempche pas daffi-cher ses sentiments en interprtant les tudes symphoniques au Gewandhaus de Leipzig. Mais elle na ni lge ni le temprament de George Sand ou Marie dAgoult. Friedrich Wieck se fche. La pos-trit romantique le lui reprochera, mais enfin, on peut le comprendre. Quel pre verrait dun bon il un mariage entre une toute jeune fille pleine davenir et un exalt bipolaire sans situation professionnelle. Ainsi, Friedrich Wieck soppose farouchement leur union, y compris par de basses manuvres. De retour Leipzig, en avril 1839, Schumann apprend quil menace de dsh-riter sa fille et de confisquer ses revenus, si elle ne met pas fin sa liaison avec lui. Finalement, le couple porte plainte contre le vieux Wieck pour refus de consentement de mariage et ce nest quen septembre 1840 que Robert pourra enfin pouser Clara. Ce mariage est le dpart dun lar-gissement progressif de ses moyens dexpression. Il commence par produire une magnifique florai-son de Lieder, notamment : Lamour et la Vie dune femme (1840) et Les Amours du pote. Il en compose 130 pendant les annes 1840-1841. Ils sont le miroir de ses grandeurs et de ses misres. Laveu quotidien des secrets et tourments dune exis-tence qui a dvid son cheveau noir et blanc. Une alchimie damour, de folie et de mort.Aprs un sjour lasile dEndenich, prs de Bonn, ombre de lui mme, enferm dans un monde fan-tasmagorique de musiques et de fantmes, il ne compose plus. Il meurt le 29 juillet 1856, Il me

    AUTOUR DE LAMOUR ET LA VIE DUNE FEMME DANIEL DOLL

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  • 9RCITAL | SUSAN GRAHAM GRAND THTRE DE GENVE

    sourit, crira Clara, et dun grand effort menserra dans ses bras. Et je ne donnerais pas cette treinte pour tous les trsors du monde . Il laisse derrire lui une uvre importante et une vie de roman qui le feront surnommer, plus tard, le Romantique des Romantiques .Le cycle, bas sur des pomes de Chamisso, met en musique huit pisodes de la vie dune femme fidle : coup de foudre, transformation par lamour, merveillement, change des anneaux, mariage, arrive dun enfant, bonheur, deuil. Il faut noter que Schumann na pas peur dintroduire dans le cycle ce dernier moment, o la femme-narra-trice accompagne le cercueil de son mari, ce qui a nourri bon nombre de commentaires, comme si lunion relle ntait au fond quun leurre , et que seule la mort pouvait permettre lunion. Il faut noter que la musique du premier Lied revient dans le dernier : manire de dire en musique la vrit du destin que Schumann attribue la jeune fille, mme si le texte ne le dit pas ? Les huit Lieder nont pas de titre. Cest une femme qui parle et qui voque la passion amoureuse.Pour commencer lartiste nous parle de rencontre et du primordial des regards changs. Elle conclut avec un Lied de Richard Strauss qui demeure lillustration parfaite de la sublimation des pas-sions en musique. Un regard, un amour venu du ciel, que rver de mieux ? Lhomme aim devient le meilleur et incarne lidal qui seul peut combler la plus digne. Elle se rjouit et dj viennent les larmes. Mme le cur bris, quimporte ! Aussi longtemps que lon respire et que les yeux voient, la vie dfie le temps et la mort, nous apprend le jazzman John Dankworth, grce un sommet de Shakespeare. Puis Gabriel Faur exprime lAmour dans un style qui rappelle le madrigal et dont laccompagnement fait songer au luth ou la gui-tare. LAmour transcende, lobjectivit svanouit. La dernire mlodie, dun compositeur sudois du XXme sicle, nous apprend que lAmour est un chant qui le rend tout puissant. Avec le troisime Lied de Schumann, le doute sinstalle. Sagit-il dun rve ou de la ralit ? Le miracle sest accom-pli, mais elle ne parvient pas y croire et doute de

    DANIEL DOLL AUTOUR DE LAMOUR ET LA VIE DUNE FEMME

    Cest avec un complice de longue date quelle nous invite partager cette variation autour de lAmour, de la Vie et de la Mort, travers une forme la plus raffine et la plus stimulante, mais galement la plus angoissante, celle du Lied o lartiste sexpose et est mise nu en tant quinterprte. Mais elle est consciente que son ami Malcolm Martineau veille et demble la confiance sinstalle. Pour Susan Graham faire de la musique avec le pianiste dorigine cossaise demeure un bonheur exquis. Rciproquement, ils sinspirent et gnrent un univers o le temps suspend son vol et devient un moment de rve, et o lmotion rgne en matre.

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  • 10 GRAND THTRE DE GENVE RCITAL | SUSAN GRAHAM

    AUTOUR DE LAMOUR ET LA VIE DUNE FEMME DANIEL DOLL

    son amour. Elle croit entendre laveu dun amour ternel et voudrait mourir dans les bras de son bien-aim. Grieg poursuit avec un aveu dexclu-sivit sur des paroles de Christian Andersen Je taime, comme je nai jamais aim personne sur terre. La mlodie est crite en Do Majeur qui exprime la puret absolue de lAmour. Au bord de leau, de Gabriel Faur, voque le fugitif, lph-mre. La musique est fluide comme le ruisseau, comme leau, comme le temps. Tout passe Enfin vient le temps des fianailles, la fiance contemple la bague, son cur bat la chamade, coutez la main droite du piano. La bague au doigt, je veux lui appartenir tout entire. Extrait du Cor enchant de lenfant (Des Knaben Wunderhorn), Gustav Mahler nous raconte la lgende de la bague jete dans le Rhin et aval par un poisson qui finit sur la table du roi. Lanneau, symbole ternel, runit toujours les amants, ironise le compositeur sur un texte naf et populaire, servi par une musique dune grande sophistication. Joaquim Turina conclut sur un texte du pote romantique espagnol, Roman Campoamor. Il exprime la crainte de lloignement, de la rupture aprs la nuit dAmour. Dans la cinquime section et dernire de la premire partie du rcital, nous entendons la marche nuptiale, probablement, un hommage Flix Mendelssohn. On peroit une once de mlancolie, mais le bonheur dapparte-nir son mari domine. Puis elle rassure sa mre travers deux Lieder, extraits de Myrten, Mre, Mre, ne crois pas () Que parce que je laime tant Lamour va me manquer () Mre, mre ! Arrte davoir peur () Finir ? Cela naura jamais de fin. La premire partie sachve avec Maurice Ravel qui nous invite la danse dans un village grec, baign de lumire. Pour commencer la seconde partie du rcital, nous rencontrons le parnassien, Leconte de Lisle, travers une musique de Maurice Ravel. Subtilit et gravit baignent dans une sublime sensualit qui nous conduit Pierre Lous et Les Chansons de Bilitis, une courtisane grecque, du temps de Sappho. Debussy nous livre une scne extrme-ment sensuelle au cours de laquelle se dveloppe

    un rotisme intense, o sduction ne demeure pas un vain mot. Puis, les deux artistes nous ramnent Robert Schumann et au recueil de pomes dAdelbert von Chamisso, un pote, cri-vain et botaniste franco-allemand, qui voquent la nuit de noce et lattente de lenfant. Dans un chant, ddi la femme de Rimsky-Korsakov, Tchakovski exprime les supplications de la mre aux forces de la nature afin quelles soient favo-rables lenfant. Il sagit dun lullaby, dune ber-ceuse, qui cde sa place une mlodie de Francis Poulenc, compose pour Denise Duval et son fils. Richard Strauss reprend le flambeau avec une berceuse. La femme aimante transfre, en tout ou partie, son amour sur lenfant qui devient le noyau de son existence.La dernire section souvre avec Hector Berlioz qui composa Les Nuits dt la mme anne o fut cr LAmour et la Vie dune femme. Les suppli-cations restent vaines, elle ne reviendra pas. Une grande distance sinstalle entre les amants. Est-ce la distance entre la vie et la mort ? Seul le silence rpond lappel Rpond, reviens, La mort rde et sinstalle avec Roger Quilter et nous demeu-rons impuissants. Intraitable et cruelle est la mort, nous rappelle Enrique Granados travers Oh, muerte cruel! qui, comme le dernier Lied de Schumann, souvre sur un cri de rvolte, de non acceptation, et se prolonge dans une profonde dpression pour aboutir une quitude branle. Le dernier Lied voque la mort de lpoux dans un style sombre et dpouill, proche du rcitatif. Environ 1 h 30 pour voquer les moments forts dune vie, celle de tout chacun.Assister un rcital de chant de Susan Graham, cest lassurance dune vraie dmonstration de chant et de musique. Trs rapidement lartiste installe un climat intimiste et de sduction. Difficile de rsister son charme et son talent. Assurment, nous aurions tort de rsister.

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  • 11RCITAL | DIANA DAMRAU GRAND THTRE DE GENVE

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  • 12 GRAND THTRE DE GENVE RCITAL | SUSAN GRAHAM

    Depuis que je lai vu

    Depuis que je lai vu,Je suis comme aveugle ;O que je regarde,Lui seul je vois ;

    Comme dans un rve veillSon image plane devant moi,merge du noir le plus profond,Et sclaircit de plus en plus.

    Sans elle le monde autour de moiEst sombre et incolore,Le dsir me quitteDe jouer avec mes soeurs,

    Je prfre pleurer,Silencieuse en ma petite chambre;Depuis que je lai vu,Je suis comme aveugle.

    Robert Schumann (1810-1856)Frauenliebe und leben : Variations

    Extrait de Frauenliebe und leben (1840)

    Seit ich ihn gesehen op. 42 n 1 Adelbert von Chamisso (1781-1838)

    Seit ich ihn gesehen,Glaub ich blind zu sein;Wo ich hin nur blicke,Seh ich ihn allein;

    Wie im wachen TraumeSchwebt sein Bild mir vor,Taucht aus tiefstem DunkelHeller nur empor.

    Sonst ist licht- und farblosAlles um mich her,Nach der Schwestern SpieleNicht begehr ich mehr,

    Mchte lieber weinen,Still im Kmmerlein;Seit ich ihn gesehen,Glaub ich blind zu sein.

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  • 13RCITAL | SUSAN GRAHAM GRAND THTRE DE GENVE

    Rencontre

    Un dimanche elle est assise, languissante, sur la colline ;sur elle coulent de douces penses,et son cur est lourd et bat dans sa poitrine,et son rve sveille, tendre et tremblant.Puis, un charme apparat au sommet de la montagne ;elle rougit vivement ; son bel ami sapproche.

    Prise dun brusque vertige, elle voudrait se cacher,mais, ensorcele, elle tourne ses yeux vers lui ;leurs chaudes mains se touchent et ils se tiennent l, sans savoir que faire.

    Alors dans sa surprise elle sexclame :Mais toi, gentil garon, ... tu es si grand !

    [...]

    Et comme sapproche la fracheur du crpuscule,ils se cherchent lun lautre, pousss par un dsir croissant,et soudain leurs jeunes bras se nouent autour de leurs cous,et pris de vertige, tous deux tremblent bouche contre bouche.Tout disparat. Et l, dans la tideur du soir,dans une chaude flicit, elle dort dans ses bras.

    Depuis que ton regard sest plong dans le mien

    Depuis que ton regard sest plong dans le mienEt que lamour en est tomb sur moi,Comme la rose venant du ciel,Que pourrait moffrir de plus la terre ?

    Elle ma donn son meilleur,Et par le bonheur muet du curMa vie toute entire fut combleDans un seul regard.

    Edvard Grieg (1843-1907)

    Richard Strauss (1864-1949)

    Extrait de Haugtussa (1895)

    Mte op. 67 n 4 Arne Garborg (1851-1924)

    Ho st ein Sundag lengtande Li;det strymer p med desse ste Tankar;og Hjarta fullt og tungt i Barmen bankar,og Draumen vaknar, bivrande og blid.D gjeng det som ei Hildring yver Nuten;ho raudnar heit -- der kjem den vene Guten.

    Burt vil ho gyme seg i rska br,men stoggar tryllt og Augo mot han vender;dei tek einannan i dei varme Henderog stend so der og veit seg inkje Rd.

    D bryt ho ut i dette Undringsord:men snilde deg daa... at du er so stor!

    [ ... ]

    Og som det lid ti svale Kveldings Stund,alt meir og meir i Lengt dei saman skjer;og brdt um Hals den unge Arm seg krkjer,og re skjelv dei saman Munn mot Munn.Alt svimrar burt. Og der i Kvelden varmi heite Sle sv ho i hans Arm.

    Extrait de Sechs Lieder (1885-1887)

    Seitdem dein Aug in meines schaute op. 17 n 1 (1887)Adolf Friedrich von Schack (1815-1894)

    Seitdem dein Aug in meines schaute,Und Liebe, wie vom Himmel her,Aus ihm auf mich herniedertaute,Was bte mir die Erde mehr?

    Ihr Bestes hat sie mir gegeben,Und von des Herzens stillem GlckWard bervoll mein ganzes LebenDurch jenen einen Augenblick.

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  • 14 GRAND THTRE DE GENVE RCITAL | SUSAN GRAHAM

    Extrait de Frauenliebe und leben (1840)

    Er, der herrlichste von Allen op. 42 n 2 Adelbert von Chamisso (1781-1838)

    Er, der herrlichste von Allen,Wie so milde, wie so gut!Holde Lippen, klares Auge,Heller Sinn und fester Mut.

    So wie dort in blauer Tiefe,Hell und herrlich, jener Stern,Also er an meinem Himmel,Hell und herrlich, hehr und fern.

    Wandle, wandle deine Bahnen;Nur betrachten deinen Schein,Nur in Demuth ihn betrachten,Selig nur und traurig sein!

    Hre nicht mein stilles Beten,Deinem Glcke nur geweiht;Darfst mich niedre Magd nicht kennen,Hoher Stern der Herrlichkeit!

    Nur die Wrdigste von allenDarf beglcken deine WahlUnd ich will die Hohe segnenViele tausend Mal.

    Will mich freuen dann und weinen,Selig, selig bin ich dann,Sollte mir das Herz auch brechen,Brich, o Herz, was liegt daran?

    Lui, le plus glorieux de tous

    Lui, le plus glorieux de tous,Combien si doux, combien si bon !Lvres charmantes, yeux brillants,Esprit clair et ferme courage,

    Ainsi, comme cette toile,L-bas dans les profondeurs bleues,Il est dans mon ciel,Clair et splendide, haut et lointain,

    Change, change ton chemin,Seulement contempler ta splendeur,Seulement, humble, la contempler,tre bienheureuse et triste !

    Ncoute pas ma prire secrte,Seulement voue ton bonheur ;Tu peux ne pas me connatre, moi pauvre fille,Noble et brillante toile !

    Seule la plus digne de toutesDoit satisfaire ton choix,Et je la bnirai, grande,La bnirai plusieurs milliers de fois.

    Je me rjouirai, ensuite pleurerai,Heureuse, heureuse ensuite serai ;Et si cela doit mon cur briser,Brise-toi, cur, quimporte ?

    Robert Schumann (1810-1856)

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  • 15RCITAL | SUSAN GRAHAM GRAND THTRE DE GENVE

    Shall I compare thee to a summers day? (1964)William Shakespeare (1564-1616)

    Shall I compare thee to a summers day?Thou art more lovely and more temperate:Rough winds do shake the darling buds of May,And summers lease hath all too short a date:Sometime too hot the eye of heaven shines,And often is his gold complexion dimmd;And every fair from fair sometime declines,By chance or natures changing course untrimmd;But thy eternal summer shall not fadeNor lose possession of that fair thou owst;Nor shall Death brag thou wanderst in his shade,When in eternal lines to time thou growest:So long as men can breathe or eyes can see,So long lives this, and this gives life to thee.

    Chanson damour op. 27 no. 1 (1882)Armand Silvestre (1837-1901)

    Jaime tes yeux, jaime ton front, ma rebelle, ma farouche,Jaime tes yeux, jaime ta boucheO mes baisers spuiseront.

    Jaime ta voix, jaime ltrangeGrce de tout ce que tu dis, ma rebelle, mon cher ange,Mon enfer et mon paradis !

    Jaime tout ce qui te fait belle,De tes pieds jusqu tes cheveux, toi vers qui montent mes vux, ma farouche, ma rebelle !

    Te comparerai-je un jour dt ?

    Te comparerai-je un jour dt ? Tu es plus aimable et plus tempr. Les vents violents font tomber les tendres bourgeons de mai, et le bail de lt est de trop courte dure.Tantt lil du ciel brille trop ardemment, et tantt son teint dor se ternit. Tout ce qui est beau finit par dchoir du beau, dgrad, soit par accident, soit par le cours changeant de la nature.Mais ton ternel t ne se fltrira pas et ne sera pas dpossd de tes grces. La mort ne se vantera pas de ce que tu erres sous son ombre, quand tu grandiras dans lavenir en vers ternels.Tant que les hommes respireront et que les yeux pourront voir, ceci vivra et te donnera la vie.

    Traduction : Franois-Victor Hugo (1828-1873)

    John Dankworth (1927-2010)

    Gabriel Faur (1845-1924)

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  • 16 GRAND THTRE DE GENVE RCITAL | SUSAN GRAHAM

    Extrait de Fem dikter (1917)MelodiBo Bergman (1869-1967)

    Bara du gr ver markerna,lever var klla,sjunger var tuva ditt namn.Skyarna brinna och parkernasusa och fllalvet som guld i din famn.

    Och vid de skummiga strndernahr jag din stmmasvaggande vgsorl till trstRck mig de lskade hnderna.Mrkret skall skrmmas.Kvalet skall slppa mitt brst.

    Bara du gr ver ngarna,bara jag ser digvandra i fjrran frbi,darra de eviga strngarna.Sg mig vem ger digmakten som blir melodi?

    Extrait de Frauenliebe und leben (1840)

    Ich kanns nicht fassen, nicht glauben op. 42 n 3 Adelbert von Chamisso (1781-1838)

    Ich kanns nicht fassen, nicht glauben,Es hat ein Traum mich berckt;Wie htt er doch unter allenMich Arme erhht und beglckt?

    Mir wars, er habe gesprochen:"Ich bin auf ewig dein ,"Mir wars ich trume noch immer,Es kann ja nimmer so sein.

    O lass im Traume mich sterben,Gewieget an seiner Brust,Den seligen Tod mich schlrfenIn Thrnen unendlicher Lust.

    Mlodie

    Seulement tu marches travers les champs,et chaque source sveille,chaque brin chante ton nom.Le ciel brle, et les arbres susurrent et lchent leursfeuilles comme de lor dans tes bras.

    Sur les bancs mousseuxjentends ta voix qui berceles vagues de rconfortTends-moi tes mains aimes. Les tnbres senfuirontEt le tourment quittera mon coeur.

    Seulement tu marches travers les champs,et je te vois, vaguant dans la distance,ces ternelles souches tremblent.Dis-moi, qui te donne la puissance qui devient cette mlodie ?

    Je ne peux ni le comprendre ni le croire

    Je ne peux ni le comprendre ni le croire,Un rve ma ensorcele ;Comment aurait-il bien pu, pauvre entre toutes,Me distinguer et me ravir ?

    Il ma sembl quil ait dit : Je suis toi pour toujours, Il ma sembl-jen rve encore,Car cela ne pouvait jamais se produire.

    quen rve je meure,Berce contre sa poitrine,La bienheureuse mort sabreuve de moiEn larmes dun infini plaisir.

    Ture Rangstrm (1884-1947)

    Robert Schumann (1810-1856)

    III

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  • 17RCITAL | SUSAN GRAHAM GRAND THTRE DE GENVE

    Extrait de Hjertes Melodier (1864)

    Jeg elsker dig op. 5 no.3 Hans Christian Andersen (1805-1875)

    Min Tankes Tanke ene du er vorden,Du er mit Hjertes frste Krlighed.Jeg elsker Dig, som Ingen her p Jorden,Jeg elsker Dig i Tid og Evighed!

    Au bord de leau op. 8 no. 1 (1875)Ren-Franois Sully-Prudhomme (1839-1907)

    Sasseoir tous deux au bord du flot qui passe,Le voir passer ;Tous deux, sil glisse un nuage en lespace,Le voir glisser ; lhorizon, sil fume un toit de chaume,Le voir fumer ;Aux alentours si quelque fleur embaume,Sen embaumer ;Entendre au pied du saule o leau murmureLeau murmurer ;Ne pas sentir, tant que ce rve dure,Le temps durer ;Mais napportant de passion profondeQu sadorer,Sans nul souci des querelles du monde,Les ignorer ;Et seuls, tous deux devant tout ce qui lasse,Sans se lasser,Sentir lamour, devant tout ce qui passe,Ne point passer !

    Je taime

    Tu es devenue lunique pense de mes penses,Tu es le premier amour de mon coeur.Je taime, comme personne sur cette terre,Je taime en cet instant et ternellement !

    Edvard Grieg (1843-1907)

    Gabriel Faur (1845-1924)

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  • 18 GRAND THTRE DE GENVE RCITAL | SUSAN GRAHAM

    Extrait de Frauenliebe und leben (1840)

    Du Ring an meinem Finger op. 42 n. 4 Adelbert von Chamisso (1781-1838)

    Du Ring an meinem Finger,Mein goldenes Ringelein,Ich drcke dich fromm an die Lippen,An das Herze mein.

    Ich hatt ihn ausgetrumet,Der Kindheit friedlich schnen Traum,Ich fand allein mich, verlorenIm den, unendlichen Raum.

    Du Ring an meinem Finger,Da hast du mich erst belehrt,Hast meinem Blick erschlossenDes Lebens unendlichen, tiefen Wert.

    Ich will ihm dienen, ihm leben,Ihm angehren ganz,Hin selber mich geben und findenVerklrt mich in seinem Glanz.

    Du Ring an meinem Finger,Mein goldenes Ringelein,Ich drcke dich fromm an die Lippen,An das Herze mein.

    Toi, anneau mon doigt

    Toi, anneau mon doigt,Mon petit anneau dor,Je te presse pieusement sur mes lvres,Pieusement sur mon cur.

    Il stait vanoui,Le beau rve paisible de lenfance,Je me trouvais seule, perdue,En un lieu dsol et sans fin.

    Toi, anneau mon doigt,Alors tu mas enseign,Tu mas fait voir,La profonde et infinie valeur de la vie.

    Je le servirai, vivrai pour lui,Lui appartiendrai toute entire,Me donnerai moi-mme, et me trouveraiTransfigure par sa lumire,

    Toi, anneau mon doigt,Mon petit anneau dor,Je te presse pieusement sur mes lvres,Pieusement sur mon cur.

    Robert Schumann (1810-1856)

    IV

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  • 19RCITAL | SUSAN GRAHAM GRAND THTRE DE GENVE

    Extrait de Das Knaben Wunderhorn (1893)

    Rheinlegendchen Clemens Brentano (1778-1842)

    Bald gras ich am Neckar,Bald gras ich am Rhein;Bald hab ich ein Schtzel,Bald bin ich allein!

    Was hilft mir das Grasen,Wenn dSichel nicht schneidt!Was hilft mir ein Schtzel,Wenns bei mir nicht bleibt.So soll ich denn grasen Am Neckar, am Rhein,So werf ich mein goldenesRinglein hinein.Es fliesst im Neckar Und fliesst im Rhein,Soll schwimmen hinunter Ins Meer tief hinein.

    Und schwimmt es, das Ringlein,So frisst es ein Fisch!Das Fischlein soll kommenAufs Knigs sein Tisch!Der Knig tt fragen,Wems Ringlein sollt sein?Da tt mein Schatz sagen: Das Ringlein ghrt mein.

    Mein Schtzel tt springen Bergauf und bergein,Tt mir wiedrum bringen Das Goldringlein mein!Kannst grasen am Neckar, Kannst grasen am Rhein,Wirf du mir nur immer Dein Ringlein hinein!

    Petite Lgende du Rhin

    Tantt je fauche prs du Neckar,Tantt je fauche prs du Rhin,Tantt jai une bien-aime,Tantt je suis tout seul ! quoi cela sert-il de faucher Si ma faux ne coupe pas ? quoi sert une bien-aime Si elle ne reste pas ?Aussi si je fauche Prs du Neckar ou prs du Rhin,Jy lancerai doncMon petit anneau dor.Il flottera avec le Neckar Et avec le Rhin,Et il sengouffrera Dans le profond ocan.

    Et quand il flottera, le petit anneau, Un poisson lavalera !Le poisson arrivera peut-treA la table dun roi !Sitt le roi demandera A cet anneau qui a droit ?Et ma bien-aime dira : Cet anneau est moi.

    Ma bien-aime se htera Par monts et par vauxEt mapportera Mon petit anneau en or !Tu peux faucher prs du Neckar Tu peux faucher prs du RhinMais pense toujoursA y lancer ton anneau pour moi !

    Gustav Mahler (1860-1911)

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  • 20 GRAND THTRE DE GENVE RCITAL | SUSAN GRAHAM

    Extrait de Poema en forma de canciones (1917)

    Los dos miedos op. 19 n 4 Ramn Maria de las Mercedes de Campoamor y Campoosorio (1817-1901)

    Al comenzar la noche de aquel daElla lejos de m,Por qu te acercas tanto? Me deca,Tengo miedo de ti.

    Y despus que la noche hubo pasadoDijo, cerca de m:Por qu te alejas tanto de mi lado?Tengo miedo sin ti!

    Les deux peurs

    Dans la pnombre de ce jour-l,Loin de moi elle dit, Pourquoi tu tapproches tant de moi ?Jai peur de toi.

    Et lorsque la nuit senvolaPrs de moi, elle dit Pourquoi tu ten vas si loin de moi ? Jai peur sans toi !

    Joaqun Turina (1882-1949)

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  • 21RCITAL | SUSAN GRAHAM GRAND THTRE DE GENVE

    Extrait de Frauenliebe und leben (1840)Helft mir, ihr Schwestern op. 42 n 5 Adelbert von Chamisso (1781-1838)

    Helft mir, ihr Schwestern, Freundlich mich schmcken,Dient der Glcklichen heute, mir.Windet geschftigmir um die StirneNoch der blhenden Myrte Zier.Als ich befriedigt,Freudigen Herzens,Sonst dem Geliebten im Arme lag,Immer noch rief er,Sehnsucht im Herzen,Ungeduldig den heutigen Tag.

    Helft mir, ihr Schwestern,Helft mir verscheuchenEine trichte Bangigkeit;Dass ich mit klaremAug ihn empfange,Ihn, die Quelle der Freudigkeit.

    Bist, mein Geliebter,Du mir erschienen,Gibst du mir, Sonne, deinen Schein?Lass mich in Andacht,Lass mich in Demut,Lass mich verneigen dem Herren mein.

    Streuet ihm, Schwestern,Streuet ihm Blumen,Bringt ihm knospende Rosen dar.Aber euch, Schwestern,Grss ich mit Wehmut,Freudig scheidend aus eurer Schar.

    Les deux peurs

    Dans la pnombre de ce jour-l,Loin de moi elle dit, Pourquoi tu tapproches tant de moi ?Jai peur de toi.

    Et lorsque la nuit senvolaPrs de moi, elle dit Pourquoi tu ten vas si loin de moi ? Jai peur sans toi !

    Vous surs, aidez-moi

    Vous surs, aidez-moi,Gentilles, me faire belle,Servez-moi, en ce jour de bonheurs,Empressez-vousDe ceindre mon frontDune parure de myrtes fleuris.Alors que, satisfaite,Le cur en joie,Je dors dans les bras de mon bien-aim,Sans cesse il appellera encore,La passion au cur, Impatient, le jour prsent.

    Vous surs, aidez-moi,Aidez-moi dissiperUne sotte apprhension,Quavec des yeux clairsJe puisse le recevoir,Lui, la source de la joie.

    Mon bien-aim,Mes-tu apparu,Minondes-tu, soleil, de ta lumire ?Laisse-moi, recueillie,Laisse-moi, humble,Mincliner devant mon seigneur.

    Surs, encensez-le,Couvrez-le de fleurs,Offrez-lui des roses en bourgeons,Mais vous, surs,Avec mlancolie je dis au revoir,Avec joie, je quitte votre compagnie.

    Robert Schumann (1810-1856)

    V

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  • 22 GRAND THTRE DE GENVE RCITAL | SUSAN GRAHAM

    Extraits de Myrten (1840)

    Mutter, Mutter! Glaube nicht (Lied der Braut I)op. 25 n 11 Friedrich Rckert (1788-1866)

    Mutter, Mutter! Glaube nicht,Weil ich ihn lieb also sehr,Dass nun Liebe mir gebricht,Dich zu lieben wie vorher.

    Mutter, Mutter! seit ich ihnLiebe, lieb ich erst dich sehr.Lass mich an mein Herz dich ziehnUnd dich kssen, wie mich er.

    Mutter, Mutter! seit ich ihnLiebe, lieb ich erst dich ganz,Dass du mir das Sein verliehn,Das mir ward zu solchem Glanz.

    Lass mich ihm am Busen hangen (Lied der Braut II)op. 25 n 12

    Lass mich ihm am Busen hangen,Mutter, Mutter! lass das Bangen.Frage nicht: wie soll sichs wenden?Frage nicht: wie soll das enden?Enden? Enden soll sichs nie,Wenden, noch nicht weiss ich, wie!

    Extrait de Cinq mlodies populaires grecques (1904-1906)

    Tout gai! Michael Dimitri Calvocoressi (1877-1944)

    Tout gai ! gai, Ha, tout gai !Belle jambe, tireli, qui danse;Belle jambe, la vaisselle danse,Tra la la la la...

    Chant de la fiance I

    Mre, mre ! Ne crois pasQue parce que je laime tantLamour va me manquerPour taimer comme avant.

    Mre, mre ! Depuis que je laimeJe taime vraiment.Laisse-moi te serrer sur mon curEt tembrasser comme il le fait !

    Mre, mre ! Depuis que je laime,Je taime vraiment,Pour mavoir donn la vie,Devenue pour moi si rayonnante.

    Chant de la fiance II

    Laisse-moi maccrocher sa poitrine,Mre, mre ! Arrte davoir peur.Ne dis pas : quest-ce qui va changer ?Ne dis pas : Comment cela va-t-il finir ?Finir ? Cela naura jamais de fin,Changer ? Je ne sais pas comment cela pourrait !

    Robert Schumann (1810-1856)

    Maurice Ravel (1875-1937)

    Entracte

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  • 23RCITAL | SUSAN GRAHAM GRAND THTRE DE GENVE

    Chant de la fiance I

    Mre, mre ! Ne crois pasQue parce que je laime tantLamour va me manquerPour taimer comme avant.

    Mre, mre ! Depuis que je laimeJe taime vraiment.Laisse-moi te serrer sur mon curEt tembrasser comme il le fait !

    Mre, mre ! Depuis que je laime,Je taime vraiment,Pour mavoir donn la vie,Devenue pour moi si rayonnante.

    Chant de la fiance II

    Laisse-moi maccrocher sa poitrine,Mre, mre ! Arrte davoir peur.Ne dis pas : quest-ce qui va changer ?Ne dis pas : Comment cela va-t-il finir ?Finir ? Cela naura jamais de fin,Changer ? Je ne sais pas comment cela pourrait !

    Phidyl (1882)Charles-Marie-Ren Leconte de Lisle (1818-1894)

    Lherbe est molle au sommeil sous les frais peupliers, Aux pentes des sources moussues,Qui dans les prs en fleur germant par mille issues,Se perdent sous les noirs halliers.

    Repose, Phidyl !

    Midi sur les feuillagesRayonne et tinvite au sommeil.Par le trfle et le thym, seules en plein soleil,Chantent les abeilles volages;

    Un chaud parfum circule au dtour des sentiers,La rouge fleur des bls sincline,Et les oiseaux, rasant de laile la colline,Cherchent lombre des glantiers.

    Repose, Phidyl !

    Mais, quand lAstre inclin sur sa courbe clatante,Verra ses ardeurs sapaiser, Que ton plus beau sourire et ton meilleur baiser Me rcompensent, me rcompensent de lattente !

    Henri Duparc (1848-1933)

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  • 24 GRAND THTRE DE GENVE RCITAL | SUSAN GRAHAM

    Extrait de Chansons de Bilitis (1897)

    La Chevelure Pierre Lous (1870-1925)

    Il ma dit : Cette nuit, jai rv.Javais ta chevelure autour de mon cou.Javais tes cheveux comme un collier noirautour de ma nuque et sur ma poitrine.

    Je les caressais, et ctaient les miens ;et nous tions lis pour toujours ainsi,par la mme chevelure, la bouche sur la bouche,ainsi que deux lauriers nont souvent quune racine.

    Et peu peu, il ma sembl,tant nos membres taient confondus,que je devenais toi-mme,ou que tu entrais en moi comme mon songe.

    Quand il eut achev,il mit doucement ses mains sur mes paules,et il me regarda dun regard si tendre,que je baissai les yeux avec un frisson.

    Claude Debussy (1862-1918)

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  • 25RCITAL | SUSAN GRAHAM GRAND THTRE DE GENVE

    Doux ami, tonn tu me regardes

    Doux ami, tonn tu me regardes,Tu ne peux comprendreComment je peux pleurer.Des perles humides,Inhabituelle parure,De pure joie,Tremblent mes yeux.

    Comme mon cur est craintif,Combien dbordant de volupt !Si seulement avec des motsJe pouvais lexprimer ;Viens, et cache ton visageL, contre ma poitrine,Je te murmurerai loreilleTout mon dsir.

    Comprends-tu maintenant les larmesQue je peux verser ?Ne devrais-tu pas les voirToi, mari bien-aim ?Reste prs de mon curDont tu sens les battements,Que je puisse te serrerFort, encore plus fort.

    L, prs de mon litIl y a la place dun berceau,O se cache encoreMon doux rve ;Le matin viendra,O le rve sveillera,Et do ton image,Face moi rira.

    Extrait de Frauenliebe und leben (1840)

    Ssser Freund, du blickest mich verwundert an op. 42 n 6 Adelbert von Chamisso (1781-1838)

    Ssser Freund, du blickest mich verwundert an,Kannst es nicht begreifen,Wie ich weinen kann;Lass der feuchten PerlenUngewohnte ZierFreudig hell erzitternIn dem Auge mir.

    Wie so bang mein Busen,Wie so wonnevoll!Wsst ich nur mit Worten,Wie ichs sagen soll;Komm und birg dein AntlitzHier an meiner Brust,Will ins Ohr dir flsternAlle meine Lust.

    Weisst du nun die Trnen,Die ich weinen kann,Sollst du nicht sie sehen,Du geliebter Mann?Bleib an meinem Herzen,Fhle dessen Schlag,Dass ich fest und festerNur dich drcken mag.

    Hier an meinem BetteHat die Wiege Raum,Wo sie still verbergeMeinen holden Traum;Kommen wird der Morgen,Wo der Traum erwacht,Und daraus dein BildnisMir entgegen lacht.

    Robert Schumann (1810-1856)

    VI

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  • 26 GRAND THTRE DE GENVE RCITAL | SUSAN GRAHAM

    Berceuse

    Dors, mon enfant, endors-toi,Attire de doux rves ;Jai pris pour toi des nurses,Le vent, le soleil et laigle.

    Laigle sest envol vers la maison,Le soleil sest cach sous les eaux,Le vent, aprs trois nuits,Se prcipite vers sa mre,

    La mre demande au vent : O avais-tu disparu ?Tes-tu battu avec les toiles ?As-tu chass les vagues ?

    Je nai pas chass les vagues de la mer,Je nai pas touch aux toiles dores ;Je veillais sur lenfant,Et berais son petit berceau !

    Dors, mon enfant, dors, endors-toi ! Dors, endors-toi !Attire de doux rves ;Jai pris pour toi des nurses,Le vent, le soleil et laigle.

    Extrait de Six Romances (1872)

    op. 16 n 1 Apollon Nikolayevich Maykov (1821-1897)

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    Piotr Ilitch Tchakovski (1840-1893)

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  • 27RCITAL | SUSAN GRAHAM GRAND THTRE DE GENVE

    Extrait de La courte paille (1960)

    Le Carafon Maurice Carme (1899-1978)

    Pourquoi, se plaignait la carafe,Naurais-je pas un carafon?Au zoo, madame la girafeNa-t-elle pas un girafon ? Un sorcier qui passait par l,A cheval sur un phonographe,Enregistra la belle voixDe soprano de la carafeEt la fit entendre Merlin. Fort bien, dit celui-ci, fort bien ! Il frappa trois fois dans les mainsEt la dame de la maisonSe demande encore pourquoiElle trouva, ce matin-lUn joli petit carafonBlotti tout contre la carafeAinsi quau zoo le girafonPose son cou fragile et longSur le flanc clair de la girafe.

    Francis Poulenc (1899-1963)

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  • 28 GRAND THTRE DE GENVE RCITAL | SUSAN GRAHAM

    Berceuse

    Petite abeille, petite abeilleTu te berces dans le soleil,Joues autour de mon enfantBourdonnant pour tendormir,Doux visage.

    Petite araigne, petite araigne,Scintillant dans le soleil,Somnole, mon petit enfant,File pour entrer dans les rves,Ne tagite pas !

    Petit prince,chappe aux rayons du soleil,Rve, mon petit enfant,Une petite me souffle en toi :Amour de la lumire.

    Extrait de Acht Lieder (19001901)Wiegenliedchen op. 49 n 3 Richard Dehmel (1863-1920)

    Bienchen, Bienchen,Wiegt sich im Sonnenschein,Spielt um mein Kindelein,Summt dich in Schlummer ein,Ssses Gesicht.

    Spinnchen, Spinnchen,Flimmert im Sonnenschein,Schlummre, mein Kindelein,Spinnt dich in Trume ein,Rhre dich nicht!

    Tief-EdelinchenSchlpft aus dem SonnenscheinTrume, mein Kindelein,Haucht dir ein Seelchen ein:Liebe zum Licht.

    Richard Strauss (1864-1949)

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  • 29RCITAL | SUSAN GRAHAM GRAND THTRE DE GENVE

    Sur mon cur, sur mon sein

    Sur mon cur, sur mon sein,Toi ma volupt, toi mon dsir !Le bonheur est amour, Lamour est bonheur,Je lai dit, et ne le retirerai pas.

    Je me suis estime trs heureuse,Mais suis maintenant comble.Seule celle qui allaite, seule celle-l aimeLenfant quelle nourrit ;

    Seule une mre saitCe quaimer veut dire, et tre heureuse., comme je plains lhomme,Qui ne peut ressentir le bonheur de la maternit !

    Toi cher, cher ange, Tu me regardes et me sourisSur mon cur, sur mon sein,Toi ma volupt, toi mon dsir !

    Extrait de Frauenliebe und leben (1840)

    An meinem Herzen, an meiner Brust op. 42 n 7 Adelbert von Chamisso (1781-1838)

    An meinem Herzen, an meiner Brust,Du meine Wonne, du meine Lust!Das Glck ist die Liebe, die Lieb ist das Glck,Ich hab es gesagt und nehms nicht zurck.

    Hab berschwenglich mich geschtzt,Bin berglcklich aber jetzt.Nur die da sugt, nur die da liebtDas Kind, dem sie die Nahrung gibt;

    Nur eine Mutter weiss allein,Was lieben heisst und glcklich sein.O, wie bedaur ich doch den Mann,Der Mutterglck nicht fhlen kann!

    Du lieber, lieber Engel, du,Du schaust mich an und lchelst dazu,An meinem Herzen, an meiner Brust,Du meine Wonne, du meine Lust!

    Robert Schumann (1810-1856)

    VII

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  • 30 GRAND THTRE DE GENVE RCITAL | SUSAN GRAHAM

    Hector Berlioz (1803-1869)Extrait de Les nuits dt (1841)

    Absence op. 7 n 4 Thophile Gautier (1811-1872)

    Reviens, reviens, ma bien-aime !Comme une fleur loin du soleil,La fleur de ma vie est ferme,Loin de ton sourire vermeil.

    Entre nos coeurs quelle distance !Tant despace entre nos baisers ! sort amer! dure absence ! grands dsirs inapaiss !

    Dici l-bas que de campagnes,Que de villes et de hameaux,Que de vallons et de montagnes, lasser le pied des chevaux !

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  • 31RCITAL | SUSAN GRAHAM GRAND THTRE DE GENVE

    Oh, mort cruelle !

    Oh, mort cruelle !Pourquoi as-tu, tratreusement,Vol mon amour moi ?Je ne veux pas vivre sans lui,Parce que cest mourir, cest mourirDe vivre ainsi !

    Ce nest pas possibleDe ressentir plus de douleur :Mon me se dessche en larmes. dieu, renvoie mon amour,Parce que cest mourir, cest mourirDe vivre ainsi !

    Extrait de Tonadillas en un estilo antiquo (1912)

    Oh muerte cruel! (La maja dolorosa No. 1) H. 136 Fernando Periquet y Zuaznabar (1873-1940)

    Oh muerte cruel!Por qu t, a traicin,mi majo arrebataste a mi pasin?No quiero vivir sin l,porque es morir, porque es moriras vivir!

    No es posible yasentir ms dolor:en lgrimas desecha ya mi alma est.Oh Dios, torna mi amor,porque es morir, porque es moriras vivir!

    Enrique Granados (1867-1916)

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  • 32 GRAND THTRE DE GENVE RCITAL | SUSAN GRAHAM

    Comment puis-je reconnatre votre amoureux

    Comment puis-je reconnatre votre amoureuxDun autre ? son chapeau de coquillages, son bton, ses sandales.

    Il est mort et parti, madame,Il est mort et parti. sa tte une motte de gazon vert, ses talons une pierre.

    Son linceul blanc comme la neige des montsEst tout garni de suaves fleurs.Il est all au tombeau sans recevoir laverseDes larmes de lamour.

    Et ne reviendra-t-il pas ?Et ne reviendra-t-il pas ?Non ! Non ! il est mort.Va ton lit de mort.Il ne reviendra jamais.

    Sa barbe tait blanche comme neige,Toute blonde tait sa tte.Il est parti ! il est parti !Et nous perdons nos cris.Dieu ait piti de son me !

    Traduction : Franois-Victor Hugo (1828-1873)

    Extrait de Four Shakespeare Songs (1933)

    How should I your true love know op. 30 n 3 William Shakespeare (1564-1616)

    How should I your true love know From another one?By his cockle hat and staff,And his sandal shoon.

    He is dead and gone, lady,He is dead and gone;At his head a grass green turf,At his heels a stone.

    White his shroud as the mountain snow,Larded with sweet flowers;Which bewept to the grave did goWith true-love showers.

    And will he not come again?And will he not come again?No, no, he is dead:Go to thy deathbed.He never, never will come again,He never will come again.

    His beard was as white as snow,All flaxen was his poll;He is gone,And we cast away moan:God ha mercy on his soul.

    Roger Quilter (1877-1953)

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  • 33RCITAL | SUSAN GRAHAM GRAND THTRE DE GENVE

    L, pour la premire fois, tu mas fait mal

    L, pour la premire fois, tu mas fait mal,Une douleur qui touche.Tu dors, dur et impitoyable mari,Du sommeil de la mort.

    A labandon, on a le regard vague,Le monde est vide.Jai aim et jai vcu,Je ne suis plus vivante.

    Je me replie en mon silence intrieur,Le voile tombe,L jai perdu, et toi, et mon bonheur, Toi, mon univers !

    Extrait de Frauenliebe und leben (1840)

    Nun hast du mir den ersten Schmerz getanop. 42 n 8 Adelbert von Chamisso (1781-1838)

    Nun hast du mir den ersten Schmerz gethan,Der aber traf.Du schlfst, du harter, unbarmherzger Mann,Den Todesschlaf.

    Es blicket die Verlassne vor sich hin,Die Welt ist leer.Geliebet hab ich und gelebt, ich binNicht lebend mehr.

    Ich zieh mich in mein Innres still zurck,Der Schleier fllt,Da hab ich dich und mein verlornes Glck,Du meine Welt!

    Robert Schumann (1810-1856)

    VIII

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  • B

    . EA

    LOV

    EGA

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  • 35RCITAL | SUSAN GRAHAM GRAND THTRE DE GENVE

    Ds ses dbuts professionnels, Susan Graham rvle une vritable matrise dans un ventail tonnant de rpertoire et de genres. Ses rles lyriques couvrent quatre sicles de musique, de la Poppe de Monteverdi Sur Helen Prejean dans Dead Man Walking de Jake Heggie, spcia-lement crit pour elle. Originaire du Texas, elle dveloppe un got trs sr pour la musique vocale franaise, ce qui lui vaut dtre consid-re aujourdhui comme lune de ses plus grandes reprsentantes. Les premiers succs dopra de Susan Graham sont des rles travestis, tels que Cherubino dans Le Nozze di Figaro de Mozart. Ses qualits vocales la positionnent trs vite sur des rles mozartiens ncessitant une virtusosit trs aboutie, comme Sesto dans La Clemenza di Tito, Idamante dans Idomeneo et Cecilio dans Lucio Silla, ainsi que les rles-titres de Serse et Ariodante de Haendel. Elle triomphe dans deux rles embl-matiques de mezzo de Richard Strauss, Octavian dans Der Rosenkavalier et le Compositeur dans Ariadne auf Naxos. Ces succs lemmnent sur les grandes scnes du monde entier notam-ment le Metropolitan Opera, le Lyric Opera de Chicago, San Francisco Opera, Covent Garden, lOpra national de Paris, La Scala, le Bayerische Staatsoper, Wiener Staatsoper et le Salzburger Festspiele. Elle incarne pour la premire fois le rle de Sister Helen Prejean dans la cration mondiale de Dead Man Walking au San Francisco Opera, et chante galement les principales dames dans les premires mondiales au Met de The Great Gatsby de John Harbison et de An American Tragedy de Tobias Picker. Par ailleurs, elle fait ses dbuts au Dallas Opera comme Tina dans une nouvelle production de The Aspern Papers de Dominick Argento. Elle est salue par la critique internatio-

    Susan GrahamMezzo-soprano

    BIOGRAPHIES

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    nale dans Batrice et Bndict Lyon et triomphe dans Chrubin de Massenet Covent Garden. Elle se produit dans Iphignie en Tauride, La Damnation de Faust et Werther de Massenet Londres, Paris, Chicago, et San Francisco, notamment. Elle fait ses dbuts dans les rles-titres de La Belle Hlne et La Grande-Duchesse de Grolstein au Santa Fe Opera. Elle rejoint Bernard Haitink et le Boston Symphony pour Shhrazade Boston et au Carnegie Hall. En 2014-2015, elle chante La Mort de Cloptre avec deFilharmonie, Les Nuits dt avec le London Symphony Orchestra et lOrchestre Rvolutionnaire et Romantique de John Eliot Gardiner. En 2015, elle se produit notamment au Met dans Die lustige Witwe (Hanna Glawari) et Lulu (Comtesse von Geschwitz) et au San Francisco Opera dans Les Troyens (Dido). Rcemment, on a aussi pu lentendre au Metropolitan dans Die Fledermaus (Prince Orlovsky). Parmi ses projets : Capriccio (Clairon) au Santa Fe Opera. Sa vaste discographie comprend: Un Frisson franais, flo-rilge de chansons franaises accompagne par Malcolm Martineau, Cest a la vie, cest a lamour, album doprettes mconnues du XXme sicle et La Belle poque, mlodies de Reynaldo Hahn avec Roger Vignoles. En 2001, elle est nomme Chevalier dans lordre des Arts et des Lettres puis en 2005 Commandeur. En 2004, elle remporte un Grammy Award comme meilleur enregistre-ment vocal pour lalbum de mlodies de Charles Ives, elle reoit aussi de Musical America le titre de Chanteuse de lanne et un Prix Opra. En 2008, elle est nomme Docteur honoris causa la Manhattan School of Music.

    Dbuts au Grand Thtre de Genve.

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  • 36 GRAND THTRE DE GENVE RCITAL | SUSAN GRAHAM

    Malcolm MartineauPiano

    BIOGRAPHIES

    Originaire ddimbourg, Malcolm Martineau a tudi la musique au St Catharines College de Cambridge et au Royal College of Music de Londres. Considr comme lun des pianistes accompagnateurs les plus brillants de sa gnra-tion, il a travaill avec certains des plus clbres chanteurs, notamment Thomas Allen, Janet Baket, Olaf Br, Barbara Bonney, Ian Bostridge, Angela Gheorghiu, Susan Graham, Thomas Hampson, Della Jones, Simon Keenlyside, Angelika Kirchschlager, Magdalena Koen, Solveig Kringelborn, Jonathan Lemalu, Felicity Lott, Christopher Maltman, Karita Mattila, Lisa Milne, Anne Murray, Anna Netrebko, Anne Sofie von Otter, Joan Rodgers, Amanda Roocroft, Michael Schade, Frederica von Stade, Sarah Walker et Bryn Terfel. Il a t invit par le Wigmore Hall donner ses propres cycles de concerts (cycles Britten et Poulenc, Decade by Decade 100 Years of German Song et Songlives retransmis par la BBC) et par le Festival ddimbourg o il a notamment prsent lintgralit des lieds de Hugo Wolf. Il sest produit au Wigmore Hall, au Barbican, au Queen Elizabeth Hall et au Royal Opera House de Londres, au Teatro alla Scala de Milan, au Thtre du Chtelet de Paris, au Gran Teatre del Liceu de Barcelone, la Philharmonie et au Konzerthaus de Berlin, au Concertgebouw dAmsterdam, au Konzerthaus et au Musikverein de Vienne. Aux tats-Unis, on a pu lentendre lAlice Tully Hall et au Carnegie Hall de New York, en Australie au Sydney Opera House, ou encore dans les festivals dAix-en-Provence, Vienne, Munich et Salzbourg. Avec Bryn Terfel (Deutsche Grammophon), il a enregistr des slections de pices de Schubert, Schumann et de compositeurs anglo-saxons, avec Simon Keenlyside (EMI) des uvres de Schubert et Strauss. Des rcitals avec Angela Gheorghiu et Barbara Bonney (Decca), Magdalena Koen (Deutsche Grammophon), Della Jones (Chandos), Susan Bullock (Crear Classics), Solveig Kringelborn (NMA) et Amanda Roocroft (Onyx) ont donn lieu des enregistrements. Avec Sarah Walker et Tom

    Krause, il a enregistr lintgrale des mlodies de Faur, des folk songs de Britten (Hyperion), des Volkslieder de Beethoven (Deutsche Grammophon) et des mlodies de Poulenc (Signum). Avec Florian Boesch, il a enregistr lintgrale des songs de Britten et Die Winterreise de Schubert (Onyx). Parmi ses enregistrements rcents citons galement Heimliche Auffrderrung et Scene! avec Christiane Karg ainsi que Portaits avec Dorothea Rschmann. Cette saison, il se produira en compagnie de Simon Keenlyside, Elina Garanca, Anna Netrebko, Susan Graham, Christiane Karg, Paula Murrihy, Lucy Crowe, Dame Ann Murray, Florian Boesch and Anne Schwanewilms. Malcolm Martineau a reu de nombreuses distinctions et recon-naissances, parmi lesquelles, un doctorat hono-raire de la Royal Scottish Academy of Music and Drama en 2004, en 2009 une nomination en tant que International Fellow of Accompaniment , et cette anne, lordre de lEmpire britannique (OBE) au New Years Honour de 2016. Par ailleurs, Malcolm Martineau a t directeur artistique de ldition 2011 du Leeds Lieder+ Festival.

    Au Grand Thtre de Genve : rcitals avec Simon Keenlyside 94-95, 98-99 et 09-10, Amanda Roocroft 95-96, Bryn Terfel 96-97 et 14-15, Barbara Bonney 03-04.

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  • PROCHAINEMENT

    Directeur de la publication Tobias Richter

    Responsable de la rdaction Daniel Doll

    Responsable de ldition Aimery Chaigne

    ont collabor ce programme Sophie Barenne, Sandra Gonzalez,

    Isabelle Jornod, Petya Ivanova

    Impression Atar Roto Presse SA

    ACHEV DIMPRIMER EN MARS 2016

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    OPRA

    CONCERT EXCEPTIONNEL

    RCITAL

    Sara MingardoContralto

    l'Opra des NationsVendredi 15 avril 2016 19 h 30Alto Diemut Poppen Piano Joo Paolo Santos

    Brahms, Wagner, Mahler

    Le Mdecin malgr luiOpra-comique en 3 actes de Charles Gounod

    Nouvelle production l'Opra des Nations4, 6, 8, 12, 14, 16 avril 2016 19 h 3010 avril 2016 15 hDirection musicale Sbastien RoulandMise en scne et costumes Laurent Pelly Dcors Chantal ThomasCostumes Jean-Jacques DelmotteLumires Jol AdamAvec Franck Legurinel, Clmence Tilquin, Stanislas de Barbeyrac, Boris Grappe, Ahlima Mhamdi, Doris Lamprecht,Nicolas Carr, Jos Pazos, Romaric BraunOrchestre de la Suisse RomandeChur du Grand Thtre de GenveDirection Alan Woodbridge

    Confrence de prsentation par Georges Schrch en collaboration avec lAssociation genevoise des amis de lopra et du ballet.Au Thtre de l'Esprance8, rue de la Chapelle, 1207 GenveJeudi 31 mars 2016 18 h 15

    Purcell & HaendelChur du Grand Thtre de GenveL'Orchestre de Chambre de GenveDirection musicale Alan Woodbridge

    Coproduction avec la Fondation des Concerts de la Cathdrale et LOrchestre de Chambre de Genve. la Cathdrale Saint-Pierre de GenveVendredi 22 avril 2016 19 h 30

    HENRY PURCELLMusique pour les funrailles de la Reine Mary (extraits)

    GEORG FRIEDRICH HAENDELConcerto grosso op. 6 n2The King shall rejoice hwv 260Israel in Egypt hwv 54 (extraits)Zadok the Priest hwv 258

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