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  • PRESENTATION

    Le prsent rapport rend compte dune recherche commande par la DATAR

    au Laboratoire Techniques, Territoires et Socits, agissant en coopration

    avec le CEREM-FORUM de lUniversit de Nanterre.

    Le thme central de cette recherche e s t : la globalisation et la

    territorialisation des groupes.

    Le coeur du travail a consist dans la mise en place dun dispositif original

    de sminaires permettant des acteurs publics (de la DATAR en particulier)

    et des chercheurs de rencontrer des responsables de haut niveau de

    grandes entreprises (industrielles mais aussi tertiaires), ces dernires

    prsentant les stratgies et les logiques de territorialisation de leurs firmes, et

    ayant accept de rpondre aux questions de lauditoire. Chaque sminaire

    sest droul pendant une demi-journe, entre mai et novembre 1996, et a

    fourni un riche matriau de premire main.

    Ont ainsi t auditionns des dirigeants de :

    - Rhne Poulenc Rorer

    - Rhne Poulenc Chimie

    - Bouygues

    - Bos ton Consulting Group

    - C a n o n France

    - N o v a t r a n s

    Le rapport sappuie galement sur dautres auditions, interviews et

    prsentations des responsables des entreprises suivantes :

    - Lafarge

    - Usinor-Sacilor

    - T h o m s o n - C S F

    - C A P Gemini

    La documentation Franaise : "Globalisation et territorialisation des groupes industriels : rapport de synthse / Association amicale des ingnieurs des Ponts et Chausses

    et des anciens lves de lEcole nationale des Ponts et Chausses de France ; Pierre Veltz ; Dlgation lamnagement du territoire et laction rgionale."

  • - D a n o n e

    - 3 M

    - Pchiney

    - France-Tlcom

    Un mmoire de DEA de lUniversit de Paris XII a galement t ralis s u r

    la question des chelles gographiques dans les organigrammes (F. Wiscart,

    juillet 1997), en relation directe avec la recherche.

    Le rapport sappuie enfin sur la connaissance accumule au sein des deux

    laboratoires, les recherches-actions menes depuis de longues annes par le

    LATTS avec de multiples grandes entreprises et les travaux statistiques ou

    denqutes menes par le CEREM-FORUM.

    Lobjectif de la prsente note de synthse est de fournir au lecteur les

    rsultats principaux de ces investigations, sous une forme accessible et utile,

    donc relativement brve. Il faut insister ici sur le fait que les sujets voqus

    - la "globalisation" des grandes firmes, les transformations

    organisationnelles que cette globalisation entrane, les implications

    territoriales de ces transformations - font lobjet dune littrature gnrale

    abondante, notamment sous la forme de livres de management qui vantent

    les dernires recettes-miracle, mais quil existe tonnamment peu dtudes

    monographiques prcises permettant de dresser un tableau objectif d un

    univers organisationnel en pleine mutation.

    La commande passe par l a DATAR comportait principalement la

    ralisation du sminaire. Les comptes rendus de ce dernier ont fait lobjet de

    deux rapports davancement remis la DATAR. Nos interlocuteurs o n t

    demand expressment que ces comptes rendus, qui contiennent des

    lments confidentiels, ne soient pas rendus publics au-dela des membres

    du groupe de travail.

    La documentation Franaise : "Globalisation et territorialisation des groupes industriels : rapport de synthse / Association amicale des ingnieurs des Ponts et Chausses

    et des anciens lves de lEcole nationale des Ponts et Chausses de France ; Pierre Veltz ; Dlgation lamnagement du territoire et laction rgionale."

  • SOMMAIRE

    1. Introduction 4

    - L e contexte: passage doligopoles nationaux des oligopolesmondialiss- Un enjeu-cl pour les territoires- Porte et limites dune analyse centre sur les grandes firmes

    2. Stratgies et organisations : les grandes tendances 13

    3. Echelles gographiques et niveaux dorganisation 23

    - L a dialectique entre marchs-produits et marchs gographiques

    4. Echelles gographiques et structures fonctionnelles 31

    5. Pour conclure : les groupes en France ; la place delEurope : les groupes et le local 37

    Rfrences 43

    La documentation Franaise : "Globalisation et territorialisation des groupes industriels : rapport de synthse / Association amicale des ingnieurs des Ponts et Chausses

    et des anciens lves de lEcole nationale des Ponts et Chausses de France ; Pierre Veltz ; Dlgation lamnagement du territoire et laction rgionale."

  • 1. Introduction

    Le contexte : passage doligopoles nationaux des oligopoles mondialiss

    Des premires dcennies du sicle jusque dans les annes 70, les modalits

    dorganisation de la plupart des branches ont t domines par la formation

    doligopoles nationaux, marquant un repli par rapport la situation

    conomique nettement plus internationalise (en termes relatifs) qui avait

    prvalu jusqu la veille de la premire guerre mondiale (Hirst, Thompson,

    1996). Lespace de production, lespace de consommation et lespace de

    financement taient en troite correspondance au sein des structures

    nationales, ces dernires tendant repousser au second rang (voire

    liminer pratiquement, comme en France) les sous-espaces rgionaux

    comme espaces relativement autonomes. Ces oligopoles nationaux avaient

    comme caractristiques dtre btis dabord sur lexploitation de fortes

    conomies dchelles et des stratgies dintgration verticale. Bien entendu,

    certaines firmes, notamment amricaines, ont implant des units de

    production ltranger, et notamment en Europe, pour bnficier des taux

    de croissance locaux levs et pour conqurir des parts de march au sein de

    structures encore faiblement concentres. Mais ces firmes multinationales e t

    les firmes domestiques taient soumises aux mmes contraintes dactivit :

    celle de lenvironnement national.

    La grande rupture qui intervient, dabord timidement partir du milieu des

    annes 70 et plus vigoureusement partir du milieu des annes 90, est celle

    du passage une situation doligopoles mondialiss. Ce passage rsulte dun

    double mouvement dinternationalisation des marchs et

    dinternationalisation des entreprises et de la production, dynamiques qui se

    confortent mutuellement. Pour tendre rapidement leur part de march (la

    vitesse joue un rle essentiel), les firmes sont amenes de plus en plus

    simplanter productivement dans les zones de consommation, souvent par

    croissance externe. Mme le Japon, et plus rcemment lAllemagne,

    La documentation Franaise : "Globalisation et territorialisation des groupes industriels : rapport de synthse / Association amicale des ingnieurs des Ponts et Chausses

    et des anciens lves de lEcole nationale des Ponts et Chausses de France ; Pierre Veltz ; Dlgation lamnagement du territoire et laction rgionale."

  • structurs comme des machines exporter partir du territoire national, ont

    connu cette volution. Le volume et la structure des flux dinvestissements

    directs ltranger tmoignent de cette mutation. Ces flux passent denviron

    50 milliards de dollars annuels (avant 1985) 211 milliards en 1990 et 360

    milliards en 1995. Si lon ajoute cela des rinvestissements locaux des

    bnfices et lappel au crdit national des pays dimplantation, ce chiffre doit

    tre multipli par 3 ou 4, pour mesurer correctement les investissements

    extrieurs des firmes. Quant la gographie des flux, elle devient

    multipolaire, les USA passant dune position de pays metteur largement

    dominant une situation de rcepteur trs important. LEurope en gnral,

    la Grande-Bretagne et la France en particulier, sont la fois parmi les

    premiers metteurs et parmi les premiers rcepteurs. Soulignons aussi, a u

    passage, que contrairement aux ides reues sur les "dlocalisations

    massives" vers les pays faibles salaires, ces flux se recentrent trs

    majoritairement sur le pays de la Triade, et sur quelques pays dAsie ou

    dAmrique Latine dits "mergents".

    Les grandes firmes sengagent ainsi progressivement dans de multiples

    marchs nationaux ou "rgionaux", non seulement par le commerce mais

    par la production, voire par la recherche. Elles retrouvent tout ou partie de

    leurs concurrents sur ces multiples thtres concurrentiels, qui restent

    relativement spcifiques, malgr labaissement gnralis des barrires

    tarifaires et non-tarifaires, ne ft-ce quen raison des spcificits de la

    consommation, des modes de vie et des appareils de distribution.

    La mondialisation des oligopoles se traduit par trois phnomnes majeurs :

    - La logique de stabilit des parts des marchs et de rigidit des prix qui

    prvalait labri des frontires nationales est rompue. Les grandes firmes

    sont amenes, souvent leur corps dfendant, entrer dans une vritable

    concurrence par les prix, qui dgnre parfois en guerre des prix. Mais,

    simultanment, lavantage concurrentiel obtenu par les cots et les prix se

    La documentation Franaise : "Globalisation et territorialisation des groupes industriels : rapport de synthse / Association amicale des ingnieurs des Ponts et Chausses

    et des anciens lves de lEcole nationale des Ponts et Chausses de France ; Pierre Veltz ; Dlgation lamnagement du territoire et laction rgionale."

  • rvle totalement insuffisant. Les atouts de "diffrenciation", par la qualit,

    les services associs aux produits, la varit, la ractivit, la capacit

    danticipation et linnovation deviennent des critres de performance

    obligatoires, non-lectifs, en particulier sur les marchs les plus dvelopps

    et pour les firmes