Vialatoux La Cite de Hobbes

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DU MLML AU1LUKExprience et idal ; essai sur la sociologie de M. Durkheim (Extrait des Annales de Philosophie Chrtienne, 1913) La connaissance de la fnalit : essai sur la thorie de M. Goblot ( Extrait de la Revue de Philosophie, 1923). La Maison humaine (Un vol. BLOUD et GAY, 1926). Raison naturelle et Religion surnaturelle (Revue Apologtique, 1930). L'ide de civilisation dans la Philosophie de saint Thomas d'Aquin (Edition de la Chronique Sociale de France, r6, rue du Plat, Lyon) . Les donns actuelles et la solution catholique du problme de la civilisation (Id. ) . L'ide de civilisation et les courants modernes de l'opinion (Semaine Sociale, Caen 1920). Recherches sur les causes de la dsertion agricole (Semaine Sociale, Rennes, 1924). La notion d'autorit dans le naturalisme moderne (Semaine Sociale, Lyon 1925). La personne fminine (Ed. de la Chronique Sociale) . L'Enfant (En collaboration avec l'Abb CHARLES et les Dr RICHARD et BIOT.-Ed. de la Chronique Sociale). La Doctrine catholique et l' Ecule de Maurms (s dit. , Chronique Sociale, 1927). La Nature fminine et le Fminisme ( Etude bio-psycho-sociologique, en collaboration avec le D' BroT. Chronique Sociale, 1927). Le Discours et l'Intuition, leons philosophiques sur la connaissance humaine et la croyance, introductives l'tude de la Logique et de la Mtaphysique ( Un vol. BLOUD et GAY, 1930) . iV/orale et Politique, rfexions sur les tudes du P. DE BROGLIE, Science politique et Doctrine chrtienne (Vol. Ill de la Collection Questions disputes, DESCLE DE BROUWER et Cl, 1931). Morale el Politique (Suite une qnestion dispute) . Chronique Socwle, mars et novemhrp 1933 l'rimuut du spirituel dans les affaires (Semaine Sociale, Mulhouse, 1931) . 0J.a Confusion dans les esprits touchant la Politique (Semaine Sociale, Reims, 1933). l'hilosophie conomique, tudes critiques sur le naturalisme (Un vol. DESCLE DE BROUWER 1933). I.11 f"aleur de la Libert (Ed. de la Chro11ique Sociale, 1934).

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|. VlA|A1CUXProfesseur de Philosophie l'Institution des Cartreux de Lyon lAClJI OI HBBISIHEORlF DF|LJ^J JLJ^LlJ^ILESSAI SUR LA CONCEPTION NATURALISTE DE LA CIVILISATION PARlSLIBRAIRIE LECOFFRE |. GABALOA FT COHRAGNIF, FOITFURsRUE BONAPARTE, 90 `!CHRONIQUF sOCIALF DF ERANCFRUE DU PLAT, 16 O.

Le prsent travail est n d'une tude sur l'histoire de la pense naturaliste dans la philosophie modere. Hobbes, en cette tude, retient imprieusement l'attention. Et voici qu'aujourd'hui, le regard qui, de l'histoire des ides se porte sur la vie des faits, croit voir la pense abstraite, froide et solitaire du thoricien de Leviathan, s'incarner et reprendre vie dans l' actualit des j ours que nous vivons. Sous nos yeux, la vie conduit le naturalisme pratique de la civilisation moderne l'closion relle du mme Etatisme > et ce livre qu'il lit constamment et que Guichardin appelle >. Au royaume de l'ide succde le royaume du fait. L' Italie politique ofre le spectacle d'une instabilit infnie, o la nouveaut triomphe et dtruit, pice pice, l'ordre, aux traditions ecclsiastiques : le vote par nations (Cf. SALEMBIER, le Grand Schisme d'Oc.cident, p. 301) . - 31 -le systme, le rgime du pass. . . Le prince conclut qu'il n'y a qu'une chose qui compte, savoir d'tre fort, intelligent et oppor tun . . . Il ne considre plus le monde comme un produit de Dieu, mais comme un simple j eu d'intrts humains et de passions humaines rfrner, satisfaire ou conduire. Il se dpart des abstractions et des priori de la scholastique pour entrer dans la ralit positive. Et la politique cesse d' tre une thorie pour devenir une science exprimentale, base sur l'tude des hommes et l' observation des faits. Le prince est, comme on l'a dit, un vritable artiste politique. Il connat les hommes comme pas un . . . Il est double, ambigu et dissimul . . . Il est admirablement au fait des conditions sociales, conomiques, politiques de chaque pays d' Italie . . . Il sait les ressources, les faiblesses, les chances, les habitudes, j usqu'aux particularits physiques de l'ami ou de l'ennemi qu'il n'a j amais vu. Il sait d'o le vent se lve . . . Il prend les choses comme elles sont et les vnements comme ils viennent. Rien ne l' tonne . . La Signorie n'est point l'Etat moderne, tel que nous le concevons ; elle est du moins une forme de gouvernement qui se rapproche de notre concept. Le prince italien s' appuie sur le peuple menu contre le peuple gras, comme ailleurs le monarque s'appuie sur le tiers-tat contre l' aristocratie. Il tablit l' unit dans la servitude. Il met les paules niveau et monte dessus. Le peuple n'est plus rien . . . Machiavel n'intitule pas son livre de sagesse gouvernementale la Commune, la Rpublique, l' Etat ; il l' intitule : > despotiques d'une nature des choses tout extrieure, gouverns automatiquement par une physio-cratie . L'Economisme libral, qui proclamera au xvme sicle l e rgne de cette nature des choses , et auquel succdera, au x1xe, le matrialisme historique >> de l'cole de Marx, n'est lui-mme que le continuateur du mercantilisme des xv1e et xvne sicles. En ce domaine, comme en politique, l'Angleterre a ouvert les voies. C' est ds la fn du xne sicle, comme l'a montr Ashley, qu'une monnaie courante a pu servir de commune mesure de valeur, bien avant qu'elle ft employe dans les transactions quotidiennes comme un moyen d'change >> ; et c'est au milieu du x1ve sicle ( 1345-46) qu'Edouard ngocia avec les villes famandes l' tablissement d' une monnaie uniforme qui aurait cours dans les deux pays 1. Le rgime que Marx appelle rgime de manufacture >> a fait son apparition en Angleterre ds la fn du Moyen Age ; l 'industrie nationale de la laine y ofre dj l'exemple de puissantes entreprises : mesure que le marchand a tendu le march, il s'est subordonn le vieux tisserand autonome, en a fait d' abord so n fournisseur, puis bientt son ouvrier dans la grande manufacture dont il est devenu l' entrepreneur 2 C'est alors que le > a commenc de marquer les tapes de l'industrialisation de l'ancienne conomie anglaise manoriale et agricole ; et c'est de ce moment que les ncessits d'une Econo-1. AsHLEY, Hist et Doctrlnes conomlques de l'Anguterre, p. 82-85. 2. Cf. MANTOUX, la Rvol. industrielle au XVIII sicle. - ]. VIALATOUX, Philosophi e eonomique ; Descle de Brouwer, 1932. 3

l J^mie toute commerciale ont pes d' un poids dcisif sur les destines politiques et coloniales de l' Empire britannique - spectacle suggestif pour les thoriciens futurs du matrialisme historique. Et c' est au xvre sicle, l'heure mme o s' panouissait, sous le signe du Mercantilisme, l'Economie de l'argent, que les thories calvinistes de la libert de l'intrt refoulaient les eforts tents par les canonistes en vue de discipliner, sous une intention morale, cette puissance naissante des temps modernes Ainsi, sous son aspect politique et conomique, se transformait le vieux monde. VI. - En mme temps, voici qu'aux Antipodes surgissaient un nouveau monde et de nouveaux hommes. Ce n'est pas seulement la Gographie politique de l' Europe, ce n'est pas seulement la carte religieuse de la Chrtient, c'est la face de la terre qui changeait. Ou plutt c'est une autre terre qui apparaissait. Une telle nouveaut dans les choses pouvait-elle laisser en repos les ides ? Le ddoublement de la demeure des hommes mettait en cause leur espce. La pense mdivale concevait la Terre entire comme une Chrtient virtuelle ouverte aux croisades de la Chrtient actuelle. Et Christophe Colomb lui-mme avait couru sa belle aventure, inspir par l' ambition spirituelle de porter le Christ aux Indes occidentales . Mais l'ancien monde disloqu allait se demander si la terre trangre et sans nom, apparue l'horizon de la terre ancienne, au del des colonnes d' Hercule, tait bien du ressort de la communaut humaine, et si les races de l-bas taient de n otre nature et de notre espce. C'est l' unit de l' espce qui devenait une question. Dj rapparaissait l'antique vision cosmogonique esquisse par le naturalisme de Lucrce : la gnration mcanique des organismes vivants et des hommes par la rencontre atomique des lments terrestres 2 Et ce dont les philosophes du naturalisme moderne loueront le hardi navigateur, c'est d'avoir largi le champ de l'exploration physique. Bacon l'honore au premier rang dans cette galerie des grands serviteurs de la Science qui donne accs l' Institut Salomon de la Nova Atlantis. La dcouverte du nouveau monde tait l'un r. Cf. BRANTS, l'Economie politique au Moyen Age. - GoNNARD, Hist. des Doctrines conomiques, t. I. 2. LucRcE, De Natura rerum, lib. V. - 35 -des signes du Monde nouveau, et comme l'une des gestes de son hroque parturition : temporis partus masculus. Mais cette extension soudaine de l' empire des hommes, en drangeant les perspectives accoutumes, semblait inviter l'homme ranger sa nature et son espce sous l'empire grandissant de la Nature extrieure. Les imaginations furent longtemps s'