Synthèse des conférences sur le commerce. Communication AudéLor n° 50, avril 2013

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Bien comprendre avant de décider, telle était l'ambition du cycle de conférences sur le commerce qu'a engagé le syndicat mixte pour le SCoT du Pays de Lorient dans le cadre de l'élaboration de son "DAC", Document d'Aménagement Commercial. Cette communication présente la synthèse des quatre conférences qui se sont tenues en 2011 et 2012.

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  • 1. Synthse des confrences sur le commerce Synthse des confrences sur le commerce Environnement conomie Habitat Sites d'Activits Emploi Formation Dplacements Tourisme Dmographie Dynamiques Sociales Agriculture Le commerce de centre-ville, vers un nouvel lan ? Lecommerce: un secteur de plus en plus concentr de par son outil de production Aujourdhui, alorsquelapopulationadoubl, il y a deux fois moins de commerces quil y a 80 ans. Loutil commercial a donc augment considrablementsaproductivit.Cependant, la diminution des points de vente nest pas as- socie exclusivement lavnement de la grande distribution (annes 60). La chute des commerces de dtail date des annes 30 : cest la premire fois quil y a plus durbains que de ruraux. Lexode rural a favoris la disparition des tablissements situs en milieu rural. Le parc actuel est compos de 90% de petites boutiques qui reprsentent 40% du chiffre daffaires, alors que les moyennes surfaces re- prsentent 9% des points de vente mais 60% du chiffre daffaires. Chaque anne, 800 moyennes surfaces ouvrent et 1300 bou- tiques ferment. Le commerce : un secteur de plus en plus concentr en capital 1 euro sur 2 est dpens dans des commerces de succursales (magasins qui dpendent dun rseau hors de notre territoire). Le commerce indpendant reprsente seulement 16% de part de march, mais cest un acteur impor- tant pour le territoire car il y rinvestit. La matrise du dveloppement commercial sur un territoire est un objectif politique majeur qui impose toutefois une bonne apprhension des volutions rcentes de la so- cit et des mcanismes conomiques dont sont issues les diffrentes formes de com- merce prsentes aujourdhui. Cest dsormais aussi une question durbanisme que le Schma de Cohrence Territoriale (SCoT) du pays de Lorient approuv en 2006 avait dj intgre travers ses orientations. Or, les volutions rglementaires rcentes donnent la planification du dveloppement commercial une place prpondrante travers notamment le DAC, document dam- nagement commercial dsormais rendu obligatoire pour le futur SCoT du pays de Lo- rient qui sera prescrit prochainement. Bien comprendre avant de dcider, telle tait lambition du cycle de confrences sur le commerce qua engag le syndicat mixte pour le SCoT du pays de Lorient. Les lus et acteurs du territoire ont entendu plusieurs experts et tmoins dexpriences menes par des collectivits voisines et se sont ainsi forg une opinion. Voici la synthse des quatre confrences tenues de dcembre 2011 septembre 2012. N50 Juillet 2013 Panorama du commerce franais 1 600 000 1 400 000 1 200 000 1 000 000 800 000 600 000 400 000 200 000 0 1850 1870 1890 1910 1930 1950 1970 1990 2000 Sources : C. Lefbure, Insee Extrait de la prsentation de P. Madry - Institut pour la Ville et le com- merce - 21/12/2011 volution du nombre de commerces de dtail en France depuis 1850 Confrence du 21/12/2011 par Pascal Madry, directeur de Procos et de lIns- titut pour la Ville et le Commerce. Communication N 50 1

2. Communication N 502 Le commerce de centre- ville, vers un nouvel lan ? Le commerce associ (franchises) reprsente 39% des parts de march. Ainsi, succursales et commerces associs (le commerce de chane) totalisent 85% du commerce. Le commerce : un secteur de plus en plus concentr dans lespace : Aujourdhui, lessentiel des achats (62%) est ralis dans des commerces de priphrie. 13% sont raliss dans les quartiers et 25% dans les centres-villes. Ce profil global correspond exactement celui du Pays de Lorient. sif des collectivits lo- cales depuis le milieu des annes 80 dans les centres -villes (amna- tractivitdeceslieuxetdegagnerencommercialit. Une offre qui sest modernise et standar- dise merces dans les centres-villes a peu volu. En re- enseignes rseau qui ont rinvesti les centres- villes.Leurpartestpassede1/41/3danslesvilles moyennes. Cette part est de 36% dans le centre de Lorient. Ainsi, les investissements sur les centres- moderne de rseau, ce qui a entran une cer- Une offre qui sest contracte et polarise sur les rues trs convoites qui deviennent inac- cessibles aux commerants indpendants. Des amnagements parfois gnrateurs de surcot pour le commerce en place tir dans les espaces centraux (tramway). Une tude ralise sur une quinzaine de villes avant et au secteur immobilier. quisecrent,80%ouvrentenpriphrie.Enterme relatif,lescentres-villesvontdoncperdredupoids, Lesquartiersvontpeut-tregagnerunpeupluscar le consommateur revoit sa mobilit (retour aux formats de proximit) mais cela reste un micro- phnomne par rapport au dveloppement de la priphrie. Depuis 10 ans la pro- merciaux se fait un rythme de 3 4% par analorsquelaconsom- La dynamique des centres - villes La filire de production du commerce 135 130 125 115 110 105 100 120 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 Sources : Insee, enqutes points de vente 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 ConsommationSurfaces volution du parc de surfaces commerciales et de la dpense de consommation des mnages en volume. (France, base 100 en 2000) 3. mationaugmentede2%paran:onproduitplusde m2 commerciauxque ce que le march est capable dabsorber, le secteur est entr dans une bulle. Quelles sont les logiques dacteurs qui expliquent ce phnomne ? Des surfaces de plus en plus chres et de moins en moins performantes : une rentabi- lit qui se fait en amont Lesloyersquilientlescommerantsleurspropri- taires ont augment au minimum de 40% en 10 ans.Danslemmetemps,ductdesdistributeurs, lessurfacesdeventeontprogressalorsqueleschif- fres daffaires ont stagn voire diminu. Les dis- tributeurs payent toujours plus cher des locaux qui leur rapportent de moins en moins. Comme le commercesestconsidrablementconcentr,laren- tabilit de chaque unit de vente est moins impor- tante dans la mesure o louverture dune nouvelle surfacedeventevapermettredengocierenamont avec les fournisseurs (effet quantit). Limmobilier commercial : une valeur refuge Du ct des grands promoteurs institutionnels et des foncires, limmobilier commercial est considr comme une valeur refuge. En effet, quand on compare les taux de rendement de diffrents produits financiers, la courbe des centres commerciaux et des retail park ap- parat aussi intressante que lEURIBOR et les bons du Trsor. Mais les promoteurs ne rpondent pas seulement la demande des distributeurs, ils sont eux-mmes actifs cause de la financiarisation du secteur, deux outils expliquent ainsi la forte production de m2 commerciaux : Leffet levier de la dette : plus le promoteur a recours lemprunt, plus la rmunration du ca- pital est accentue. La rforme de la loi de finance de 2002 qui permet aux socits immobilires cotes dinscrire au bilan, comme des richesses relles, lensemble des loyers quelles attendent de leur investissement Ce mcanisme a jou plein ces dix dernires an- nes et explique la multiplication des ensembles commerciaux. Le paradoxe de la valeur foncire : il ny a plus de prix moyens La dtermination des prix du foncier se fait en fonction de la localisation : plus on sloigne du centre, plus les prix baissent avec des rebonds ponctuels (bord de rocade, noeud routier). Normalement, les charges foncires destines aux oprations commerciales devraient suivre cette logique ; or, on constate aujourdhui quil ny a plus de prix moyen, il y a des extre- mums : soit les prix sont trop levs, soit les prix sont trop bas. Les prix trop levs se re- trouvent en centre-ville. De nombreux centres- villes ont voulu passer des logiques de coeur dagglomrations (donner plus dpaisseur au centre), en utilisant le commerce. Ainsi, des cen- tres commerciaux ont t crs en bordure de quartiers. Aujourdhui, ces centres commerciaux ont du mal tre rentables (loyers trop levs). En effet, ils sont arrivs les premiers avec une zone de proximit vide, et bien souvent, les collectivits ont fait monter les prix du foncier et les loyers. Pour les prix trop bas : il sagit gnralement demplacements valoriser, mo- derniser (zone de priphrie moins intres- sante), alors, on fait baisser les prix. Au final, ni les loyers, ni les valeurs dactifs, ni les valeurs foncires ne jouent plus le rle de rgulateur. En France, 60 millions de m2 ont t autoriss en 35 ans (la moiti de ce qui existe aujourdhui), et la moiti de ces m2 ont t autoriss ces 10 dernires annes. Communication N 50 3 4. Communication N 504 NB : Attention au graphique : il ny a pas de baisse des autorisa- tions partir de 2008, car les surfaces de ventes infrieures 1000 m2 ne passent plus en CDAC. Si on intgre les surfaces de 300 1000 m2, la tendance la hausse se poursuit. Est-cequetoutcelapeutdurer?Cestpeuprobable. Onsesituedansunebulleimmobilirequinestpas loindclater,auvudelavacancedanscertainscen- tres-villes, de lordre de 10 %, cest une vacance qui devient structurelle. Aprs les friches industrielles, va-t-on connatre les friches commerciales ? (ex de Metz, sur la zone Acti Sud : 10% de locaux vacants et 50000 m2 de commerces en projet). court terme : vers un commerce qui smiette et se diffuse Le commerce depuis le Moyen ge sest tou- jours adapt au dve- loppement urbain. Dans le contexte actuel dmiettement urbain qui va perdurer, le pari est de direquelecommercevasadapter(ex:petitsformats dvelopps par les distributeurs : Carrefour City). Deplus,ilyatoujoursplusdurbainsquisloignent descoeursdeville.Lparpillementdelapopulation se fait plus vite que celui du commerce. La distance moyenne du domicile au centre commercial le plus proche a augment de 30% entre 1994 et 2008, ce qui reprsente 700 800m de plus (Insee). moyen terme (8-10 ans) : 2 hypothses pour le commerce : lhyper-discount et le post-discount, la rvolution informationnelle en marche En se basant sur les apports de la sociologie, deux tendances se distinguent nettement : la tendance hypermoderne : on ne change pas de socit, on amplifie lhyperconsommation et la tendance dun nouveau modle de socit. partir de ces 2 tendances on peut imaginer pour le commerce : Une tendance hyper-discount porte par des grands groupes inscrits dans des systmes de logis- tique mondiale ; Une tendance post-discount : commerce ph- mre, location de biens, le commerce vnemen- tiel, communautaire Le-commerce, reprsente 30 milliards de chiffre daffaires, il sagit dune vague, mais qui ne concerne pas tous les secteurs du commerce. En taux de croissance, la part de le-commerce dimi- nue. Si on prolonge cette tendance, on arriverait en 2020 une situation o il pourrait reprsenter 20% du commerce de dtail. Le-commerce est un canal de distribution complmentaire qui ne va pas bouleverser de faon radicale le commerce. On assiste ainsi une rvolution du rapport com- merce/client.Aveclarvolutioninformationnelle, la boutique nest plus le lieu de convergence, on parle dun commerce ubiquitaire, plus fluide. trs long terme (20-30 ans) : la rvolu- tion dmographique comme enjeu majeur pour le commerce Onacruquelarrivedelagrandedistributionavait balaylecommercetraditionnel,alorsquecestplu- ttlexoderuralquilafaitvoluer,lagrandedistri- bution na fait que suivre le mouvement. Prospective (hypothses dveloppes au sein de lInstitut pour la Ville et le Commerce) 4 000 000 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 3 500 000 3 000 000 2 500 000 2 000 000 1 500 000 1 000 000 500 000 0 Sources : Rene-Paul Dresse, DGCIS, Kyris Abaissement du seuil 300 m2 Relvement du seuil 1000 m2 Extrait de la prsentation de P. Madry - Institut pour la Ville et le commerce - 21/12/2011 Quarante ans durbanisme commercial. volution des autorisations des surfaces commerciales en CDUC, CDEC puis CDAC depuis 1974 Le commerce de centre- ville, vers un nouvel lan ? 5. Communication N 50 5 les mouvements migratoires (+30% pour les territoires littoraux) toujours plus dmiettement urbain Une population qui vieillit : 2030 plus dune personne sur trois aura plus de 60 ans. Les courants migratoires et le vieillissement vont pousser encourager lmiettement du commerce. Peut- tre reviendra-t-on alors des formes de proximit lies au vieillissement et aux mobilits plus contraintes. Demain : les mouvements migratoires Taux dvolution de 2005 2030 en % Contribution du solde naturel (en points) Contribution du solde migratoire (en points) IGN - Insee 2008Source : Insee - Omphale 9 8 6. Communication N 506 Nouvelles tendances commerciales, quels enjeux pour le territoire ? Nouvelles tendances commerciales, quels enjeux pour le territoire ? Selon Philippe Moati, le paysage commercial est en train de changer. Dans son dernier ouvrage, il utilise le concept de rvolution commerciale par analogie la rvolution industrielle. Cette rvolu- tion a induit des changements en profondeur : de nouveaux formats apparaissent, la manire de ren- trer en contact avec les consommateurs volue et linscription territoriale du commerce change. Cela peut heurter les acteurs actuels du secteur. En effet, les leaders dhier nont pas rsist, les nouveaux entrants sont les nouveaux acteurs. Le commerce se trans- forme en lien avec les mutations du secteur conomique et social. La manire de produire lesrichessesetlamaniredeconsommerontvolu. La prcdente rvolution commerciale, celle de la grandedistribution,nelafindesannes50dbut desannes60estlieaupassageunemassification delaproduction,deladistribution,uneconomie fordienne. Cest dans cette socit moderne des 30 glorieuses qua merg le concept de classe moyenne. Avec laccs la consommation, la population dcouvre un mode de vie indit, homogne, faonn par les grands mdias. Les modes de vie ayant volu, il a fallu envisager une autre faon de faire du com- merce, un commerce davantage en phase avec limaginairedelpoque.Onsortdesannesdep- nurie et commence alors le rgne de labondance, avec une surenchre dans le grand (hypers). De mme, la grande distribution est adapte la faon dont on gre lespace de lpoque, marque parunesectorisationetunzoning.Aujourdhui,la socit est sortie de ce capitalisme industriel for- dien. Elle nest plus centre sur la classe moyenne. La vision de la gestion de lespace a chang. La grande distribution a tard prendre acte de ces mutations, elle se trouve aujourdhui face la n- cessit de sadapter un nouvel environnement. Selonlenqutede20101 :92%desacteursducom- merce anticipent les mutations profondes que le secteurducommercevaconnatre(56,3%et35,6% sur le graphique ci-dessous). Confrence du 07/03/2012 par Philippe Moati, professeur dconomie lUniversit Paris-Di- derot, coprsident de lObservatoire Socit et Consommation(Obsoco).AuteurdeLaNouvelle Rvolution Commerciale, 2011, d. O. Jacob Pourquoi le commerce se transforme-t-il ? Base : 114 professionnels et 46 experts Source : Enqute Lavenir du commerce vu par ses acteurs, CREDOC 2010 Lampleur des changements attendus au cours des dix prochaines annes 7. Communication N 50 7 D-massification de la socit La classe moyenne na plus dhomognit sociologique. La demande se fragmente, il ny a plus de consommation de masse. lvation du niveau de vie La consommation par tte tripl depuis le dbut des annes 60, mais les besoins de base sont satis- faits. La dpense se dplace au profit des services. Dans les annes 60, les biens constituaient 60% des achats, les services 40%. Aujourdhui, cest linverse : les services reprsentent 60%. Si la dimension fonctionnelle reste bien sr un prrequis pour lachat dun bien, la dimension immatrielle et symbolique dans la consomma- tion a pris le dessus. Mais, pour linstant, crer de la valeur immatrielle et symbolique, la grande distribution ne sait pas bien faire. Le changement dans limaginaire de la consommation Selon P. Moati, les valeurs de la grande distribu- tion, le grand, le gant, sont aujourdhui des repoussoirs, car perus comme trop anonymes, voire inhumains. Ce qui est apprci par les consommateurs est linverse, le petit, le proche, lauthentique. Larrive dinternet Aujourdhui, le e-commerce constitue 5% de la dpense des mnages. Son dveloppement a ga- lement permis la formation dune intelligence col- lective des consommateurs. Auparavant, les consommateurs taient plus isols et silencieux, aujourdhui, ils sont trs informs, prennent la pa- role et communiquent entre-eux. Cela change for- tement la nature de la relation entre loffre et la demande. Mondialisation Drgulation Financiarisation Nouvelles Technolo- gie de linformation de Communication (NTIC) 1re consquence des changements co- nomiques : la ncessit dinnover Lensemble de ces changements a eu des cons- quences multiples et notamment celle dintensi- fier la concurrence, et donc de faire baisser les profits. Avec la financiarisation de lconomie, les entreprises ont vu leurs objectifs de rentabilit augmenter. Pour cela, elles ont d inventer des stratgies, et notamment innover. Ainsi, les entreprises indus- trielles ont chang de forme dorganisation et ont mis la comptence et lintelligence au coeur de leur business model. Pour linstant, cela na pas beaucoup touch le monde du commerce qui na pas fait son entre dans lconomie de la connais- sance. Il ny a pas de raison pour quil ny accde pas. Sa comptitivit ne reposera plus alors seule- ment sur sa puissance, mais galement sur son in- telligence comprendre les volutions du march et inventer. 2me consquence des changements co- nomiques : la (re)dcouverte du client Les entreprises se sont recentres autour du client, mais en changeant de business model : le crdo, ce nest pas plus de client, mais de fidliser les clients existants et den tirer plus de valeur. Dans le monde du commerce, la dcouverte du client est arrive plus tard : le premier directeur marketing dans la grande distribution alimentaire est arriv seulement en 1997 (Carrefour). Dans la grande distribution alimentaire, le postu- lat tait : le consommateur veut des prix bas, donc on organise le magasin pour lui offrir des prix bas. Selon P. Moati, le secteur du commerce va lui aussi Ce qui a chang du point de vue de la socit Ce qui a chang du point de vue de lconomie 8. Communication N 508 rentrer progressivement dans cette logique de lconomie de la connaissance et dorientation clients. En effet, quand on interroge les acteurs sur la vision de ce que pourrait tre le commerce de dtail en 2020 : Cest le commerce le moins cher qui ga- gnera : le rgne du prix cass : 13,2% des r- ponses D -massification, commerce de prcision : 42,6% des rponses Le commerce serviciel pourvoyeur deffets utiles : 44,2% des rponses Selon P. Moati, nous avons face nous des distri- buteurs qui anticipent un changement radical, qualitatif de ce que sera le commerce demain. Ainsi, la direction actuelle que prend la rvolution commerciale, cest une orientation client. Cette orientation conduit une rvolution commerciale qui se droule en 2 temps : une premire phase marque le passage dun commerce de masse un commerce de prcision, et une seconde phase se caractrise par laffirmation dun modle serviciel. Le temps 1 : est dj amorc alors que le temps 2 lest peine. Le commerce de prcision Puisque la concur- rence par les prix me- nace de siphonner les marges, il faut que le modle cono- mique volue et cre de la valeur. Selon P. Moati, les distributeurs vont satisfaire lvolution de la demande en rpon- dant son htrognit. Il sagit de prendre une cible particulire de clients et de construire un concept commercial ddi. Par la prcision, le commerce va se diffrencier de ses concurrents et crer un business plus rentable par la cration de valeur ajoute. La stratgie de segmentation et de diffren- ciation Les distributeurs vont, leur niveau, crer de la va- leur immatrielle et symbolique, cela est dautant plus ais quils ont leur disposition des leviers que les industriels nont pas : la prsence du consommateur dans leurs murs pendant un temps donn. Cela permet de crer un supplment dme au produit que lon vend : plus cher avec plus de marge. Le marketing relationnel La manire de sadresser au consommateur va changer. La grande distribution va nouer avec lui une relation qui va au-del de la transaction, et qui va permettre de le fidliser lenseigne. P. Moati cite plusieurs exemples de la segmenta- tion et de la diffrenciation : le secteur alimen- taire tait jusqu prsent segment par format : superette, supermarch, hypermarch. Au- jourdhui, cest totalement insuffisant, dans cha- cun des formats cits, on peut identifier diffrents positionnements : Des concepts qui jouent sur le prix, mais plus radicalement que les autres, ce sont les formules hard-discount.Cesformulessontducommercede prcision : la clientle est sensible au prix. Des concepts qui jouent sur la fracheur, Au- chanalancuneenseigneLespartisansdugot, Des concepts pratiques, il faut simplifier la vie des gens : ce sont les concepts de proximit Monop, Chez Jean, les distributeurs auto- matiques en zone pri-urbaine : le drive Le concept direct producteur : forte ten- dance Le concept exotisme : le groupe Casino Via Italia, lEthnique : chasse garde du com- merce indpendant, certains sy mettent : Casino a lanc une marque de produits hallal. Le temps 1 de la rvolution commerciale : Rpondre une demande de plus en plus htrogne 9. Communication N 50 9 Ce processus nen est encore quau dbut, mais on peut dj remarquer quel point il peut menacer les formes de commerce issues de la prcdente r- volution commerciale. Les grands groupes qui crent du commerce de prcision creusent la tombe des hypermarchs. La cause majeure du dclin de lhypermarch est l : il y a hors de lhy- permarch des concepts de prcision qui prolif- rent et qui apportent des rponses plus prcises et plus pertinentes aux attentes multiples des consommateurs. Lhypermarch est lui-mme tel- lement imposant quil a du mal rentrer dans ce commerce de prcision. Selon P. Moati, ce nest quune tape dans la r- volution commerciale en cours. La 2me tape sera plus fondamentale encore : cest le basculement vers des modles serviciels. On voit apparatre des fissures dans le modle de consommation. Lhyper consommation est remise en cause : cette manire de consommer nest pas tenable, notamment si on lexporte aux pays mergents croissance rapide. Les contraintes de pouvoir dachat Les annes venir vont tre difficiles sur la ques- tion du pouvoir dachat qui va se contracter. Mais malheureusement, pour P. Moati, mme si lon russit assainir les finances publiques, on peut craindre que le pouvoir dachat se maintienne la baisse, car les prix des matires premires vont augmenter de manire tendancielle. Dun point de vue sociologique On sent les consommateurs de plus en plus dus par le modle de consommation actuelle, mme dans le Nutella, il y a de lhuile de palme ; Chaque jour on dcouvre une face sombre de la consommation et cela cre de la co- lre et un contexte de dfiance gnralise. Ainsi le discours critique sur la socit de consomma- tion des annes 60 revient avec une nouvelle jeu- nesse au travers les arguments cologiques. Tout cela aboutit la monte de laspiration consom- mer autrement, cela se manifeste sous des formes diverses : march doccasion, troc, AMAP, ce sont des phnomnes en mergence qui se diffu- sent. Il y a, de la part des consommateurs, une at- tente dautre chose, et si le secteur marchand ne rpond pas, sil nest pas capable de le compren- dre et dincarner ce besoin, autre chose ailleurs va se crer avec des acteurs qui ne viennent pas du secteur du commerce. Interpellsparcettesi- tuation, les acteurs du commerce ont r- pondu cette htro- gnit par des concepts de prcision. Mais, plus ils vont approfondir la connaissance du client, plus ils vont se rendre compte dune ralit basique : les clients nachtent jamais les produits pour eux-mmes. Ce sont les effets utiles, immat- riels, symboliques quils attendent de la consom- mation qui leur font acheter le produit. Donc, ce qui va tre important pour les distribu- teurs, cest de vendre des effets utiles, dapporter des solutions aux clients. Le 1er degr du modle serviciel : la vente deffets utiles court terme, travers les produits, le distribu- teur se donne pour mission de maximiser la quan- tit deffets utiles quil offre son client pour la dpense quil va consentir. Ainsi, ils tendent la relation commerciale en amont et en aval de la transaction. Avant lachat : il faut informer le consommateur, le conseiller, customiser ventuel- lement le produit. Exemple de Dcathlon o lti- quetage explique que le produit est adapt tel type dusage. Aprs lachat : accompagnement du client vers lobtention deffets utiles : ajustement Le temps 2 de la rvolution commerciale : Plus de services 10. des produits, formation lutilisation (brico- lage...), assistance en cas de problme Le 2me degr du modle serviciel : rsou- dre le problme du client Le distributeur oublie les produits. Son mtier cest de rsoudre le problme de son client, et viser lapport de la solution au client. Pour rsoudre un problme, un seul produit ne suffit pas, le consommateur a besoin dun ensem- ble de solutions (exemple dans le bricolage) : on parle alors dune offre de bouquet. Le distri- buteur accompagne le client tape par tape dans la rsolution du problme: dialogue avec le client, diagnostic, propositions de solutions : exemple les cuisinistes (Lapeyre) : construction dun projet sur mesure. Autre exemple : Sur le march de la minceur, Nestl pro- pose des solutions allant du diagnostic au suivi avec la li- vraison en direct des produits pour les repas. Ainsi, limage de ce que sera la gographie du commerce est quasiment inverse de ce que lon a connu depuis 40 ans. Le commerce de prcision appelle une localisation de prcision. On va met- tre les commerces l o sont les clients pour les- quels ils ont t conus. Un commerce de proximit dun genre nouveau On associe trop souvent proximit et centre-ville, maisdupointdevuedmographique,ilnyapasde retour de population au centre-ville. On est encore dans une logique dtalement urbain, mme si le mouvementsestralenti.Unnouveaucommercede proximit de type pri-urbain va sinventer, le drive en est une premire manifestation. Ce re- tour vers le commerce de proximit ne ressemblera pas au commerce de proximit antrieur la pre- mirervolutioncommerciale.Ilfautinventerautre chose, l o se trouvent les gens, l o vont se crer de nouveaux lieux de vie. Vers la cration de plates-formes servi- cielles multimodales SelonP.Moati,lavenir,nestplusaupointdevente, mais aux plates-formes servicielles multimodale. Chaque enseigne va grer des plates-formes servi- ciellesmultimodalesdontlecoeurserasurlenet.Il sagira de mettre disposition des consommateurs tout une palette daccs des services, des pro- duits,desrecommandations,quipourrontappor- ter une solution au problme de consommation. Il y aura des points de contacts physiques, qui ne se- ront pas forcment des boutiques au sens o on lentendactuellement,maispluttdesagences,avec des conseillers, des espaces de dmonstration. On passe du multi-canal au cross canal2. Un commerce diffrent dans des endroits diffrents De nouvelles formes de commerce vont ainsi ap- paratre : commerces de flux, implants prs des 10 Les consquences de la rvolution commerciale Communication N 50 Nouvelles tendances commerciales, quels enjeux pour le territoire ? 69 % des rpondants anticipent pour 2020 un renforcement du poids des petites sur- faces de proximit 3 rpondants sur 4 anticipent un recul du poids des hypermarchs 52 % sattendent un recul du poids des retails parks 72% imaginent le renforcement du com- merce de centre-ville dans les villes petites et moyennes 47 % anticipent le dveloppement du com- merce rural (34 % sa stabilit) Avis mitigs quant lavenir des centres commerciaux, des grandes surfaces spcia- lises et du hard-discount. Source : Enqute Lavenir du commerce vu par ses acteurs, CREDOC 2010 11. Communication N 50 11 consommateurs quils visent, nouveaux espaces de relations avec les clients (qui ne seront pas les bou- tiques daujourdhui) Ainsi, le commerce hrit de la prcdente rvolution commerciale sera de moins en moins adapt ces nouvelles formes : ce nest pas le mme commerce, il ne se fera pas dans les mmes endroits, ni dans les mmes formats. Ainsi, non seulement, il y a un problme quanti- tatif, mais galement qualitatif. Selon P. Moati, il faut tre trs vigilant lorsque quil faudra ima- giner le Document dAmnagement Commer- cial. Les projections sont dangereuses : on est en train de vivre des ruptures. Ce qui se profile de- main est trs diffrent de ce que lon a connu dans le pass, lappareil commercial risque de conna- tre deux ruptures : du point de vue quantitatif, avec un problme de surcapacit : il est trop grand par rapport ce que va devenir le com- merce et du point de vue qualitatif avec lappari- tion de friches commerciales. Lappareil commercial crot plus vite que la consommation des mnages. Si lon ajoute cela la saigne que le e-commerce est suppos faire dans lavenir, on va vers de grandes dconvenues. Il est donc n- cessaire dtre vigilant, le commerce est en train de changer dans ses fondamentaux dimplanta- tions et de rapport lespace. (1) : Quel commerce pour demain ? La vision prospective des acteurs du secteur. P. Moati, nov. 2010, CREDOC. http://www.credoc.fr/pdf/Rech/C271.pdf (2) : Multi-canal : phnomne dutilisation simultane ou alterne des diffrents ca- naux de contact pour la commercialisation des produits et / ou la relation client. Cross- canal : cest--dire vers un dcloisonnement des canaux de distribution. Le cross-canal engendre en effet des conomies dchelle importantes grce la mu- tualisation des moyens logistiques et lamlioration globale du marketing. Il permet galement dintroduire de nouvelles fonctionnalits fortement attendues par les clients, telles que : lachat en ligne et un retrait en magasin (avec des frais de livraison moins chers) ou lachat en magasin et une livraison domicile (plus rassurant et confortable pour le client) ou bien un service aprs-vente en magasin quel que soit le canal dachat. 12. Communication N 5012 Concilier urbanisme et commerce : une utopie ? David Mangin organise sa confrence autour de 10 ides reues concernant lurbanisme commercial, chacune delles fait lobjet dun dveloppement. En reprenant lhisto- rique de la localisation des commerces, on constatequeleurdve- loppement est condi- tionn par les flux. Audpart,ilyalescen- tres-villes, les faubourgs, les entres de villes puis, avec le dveloppement automobile, les centres commerciaux se sont installs sur les nationales, eux-mmes gagns par les nappes de lotissements. Lemodletoutsouslemmetotsestalorsd- velopp. partir de ce modle, les zones se sont tendues (galeries, discounters, htellerie, restau- ration) pour crer de grandes zones priph- riques, David Mangin parle alors de produit routier, identifiable et reproductible. Puis sont arrivs les nouveaux ples commerciaux, le drive Lide que la problmatique du commerce se r- duirait aux entres de ville est lie la profusion de la publicit dans ces espaces. Mais tout nest pas commercial quand on y regarde de plus prs, dau- tres formes de commerces existent (centres-villes, faubourgs...). La question du commerce est donc beaucoup plus globale que celle des entres de ville. Elle touche au fonctionnement de la ville : accs, mixit des fonctions, lisibilit de la ville. Il faut viter les en- claves et favoriser la ville passante. Il apparat donc important de clarifier et de rendre plus lisible les diffrents types de fonctionnement commerciauxetdelestraduirespatialementpar lebiaisderflexionssurlahirarchisationdelavoi- rie, la densit Cela permettrait de rpondre la question : comment faire une ville plus urbaine ? Les anciens faubourgs devenus commerciaux sont pourcelaintressantscarilssontdjorganisspar une trame viaire et leur renouvellement est plus fa- cile (logique de quartier). Maislesproblmeslis laffichage et les- thtique ne sont pas le coeur du problme : onnarrivepasfaire des lois contre les af- fiches. En effet, selon David Mangin, ces problmes daffichage se trou- veront peut-tre rgls deux-mmes par les volu- tions technologiques (GPS). Par contre, lenjeu est de recrer le lien avec le lieu, de remettre de lagographiedansceszones.Lesbotescom- merciales ne sont pas un problme mme si elles sont opaques et ne prsentent que peu de vitrines (cela est en train de changer). Le problme, cest linorganisation et la juxta- position des espaces. Ces places pu- bliques ne le sont pas car elles sont avant tout des parkings privs, de plus en plus enclavs. Une place publique est libre et gratuite daccs. SelonDavidMangin,lesretail-parkouparcXXL, sontunefausseinnovation,ilsessaientderecrerdes morceauxderuescielouvertaumilieudunparking. Cettedmarchenestpasinintressantemaisonreste trsdpendantdelavoiture. La loi Doubin de 1990 sur les ensembles commer- ciaux a introduit lobligation de soumettre autori- sation les ensembles commerciaux raliss dans le Confrence du 13/06/2012 par David Mangin, architecteurbaniste,GrandPrixdelUrbanisme 2008, associ-grant de SEURA architectes - Auteur de La Ville franchise, d. de la Villette Concilier urbanisme et commerce: une utopie ? 1 La question du commerce se rduirait celle des entres de ville 2 Amliorer les environnements commerciaux serait affaire desthtique 3 Les aires commerciales seraient les places publiques daujourdhui 13. Communication N 50 13 cadre dune opration durbanisme group (lotisse- ment ou zone damnagement concert), au mme titrequelesconstructionsindividuelles.Elleaeudes effetsperversquiontconduitunesegmentationde lespace : un commerce = un parking. Aujourdhui, des solutions existent : les voisines : units de chalandise pitonnes qui permettent de rcrer la rueetdepartagerlesespacesdeparkings.Ilfautes- sayer de recrer un effet de souk et viter que les consommateurs aient reprendre leur voiture entre deux commerces. Dautres solutions existent : des mails et des contre-alles pour les surfaces petites et moyennes, des aires plantes et mutualises pour les surfaces moyennes, des parkings en silos Cette rentabilit est davantage lie la ren- tabilit de limmobi- lier commercial et des mcanismes finan- ciers spcifiques qui ont fait de ce secteur une valeur refuge (cf. intervention de Pascal Madry 21/12/2011). En ralit, les dplace- ments des consomma- teurs sont trs largement suprieurs aux flux logistiques. De faon globale, la frquentation des ensembles commerciaux est souvent trs leve. Ainsi, par exemple, la frquen- tation annuelle du muse du Louvre est de 7,5 millions de visiteurs par an, celle du centre com- mercial les 4 temps : 33 millions de visiteurs par an. Ce sont les consommateurs qui sont la source majeure des dplacements. Or, les crations dem- ploi lors de louverture dun commerce se sol- dent bien souvent par des pertes demploi de lautre. De plus, les emplois crslouverturenesontpaslabridesajustements termesetsontpluttdesemploissoumislaflexi- bilit.Enfin,pourcertainsdecesemplois,lautoma- tisationdesfonctionsrisquedediminuerlenombre de postes (caissires, vendeurs...). De la mme faon que la France a connu une dsindustrialisation, de nombreux indica- teurs semblent montrer que lon soriente vers une dcommercialisation des territoires (bulle immobilire qui risque dexploser). Quid de la gestion des friches, quels leviers fiscaux et rglementaires ? Le consommateur volue dans ses com- portements dachat mais galement dans son rapport la mobi- 4 La rentabilit des zones com- merciales serait principalement lie aux changes commerciaux 5 La logistique serait la source majeure des d- placements 6 Lemploi justifierait tout 7 La croissance serait sans borne Le commerce : une interaction entre flux et den- sit de population. Ncessit de prendre en compte lenjeu de la mobilit Cergy 3 Fontaines* Euralile* Le Forum des Halles* 100 50 0 100 2003 2008 2000 2008 2003 2008 50 0 100 50 0 18,2 M visiteurs /an 33 000 visiteurs/jours en TC 14,3 M visiteurs /an 22 216 visiteurs/jours en TC 42 M visiteurs /an 119 000 visiteurs/jours en TC TC/piton Voiture Lutilisation des transports en commun augmente et modifie sensible- ment les comportements dachat : on frquente davantage les com- merces avec des paniers moyens plus faibles et moins volumineux (*) : donnes Sminaires Centres commerciaux & TC RATP 2003 - Hammerson/unibail 8 Le transport en commun ne serait pas adapt au caddie 14. Communication N 5014 lit : moins longtemps, plus souvent. Avant larrive du tramway au centre commercial Me- riadeck de Bordeaux, la part des vhicules par- ticuliers tait de 70% et celle des TC de 30%. Ces chiffres se sont inverss aprs larrive du tramway. Les friches commer- ciales sont difficiles grer en raison de la valeur commerciale rattache au foncier. Pour cela, David Man- gin reprend les prin- cipes dvelopps par P. Madry concernant loutil foncier : encourager un mode de croissance intensif (et nonplusextensif)ainsiquunemixitdefonctions urbaines (dans lurbain comme dans le rural), planifier le commerce partir des besoins ob- jectifs lchelle des bassins de vie, des territoires, reconsidrer les valeurs foncires comme varia- bles stratgiques de la planification de lurbanisme commercial et non plus comme une variable dajustement oprationnel des projets dimmobi- lier commercial qui se prsentent sur le territoire. Pour complter lapproche, David Mangin pr- sente la grille danalyse des capacits de transfert ralise par le bureau dtudes CVL (les collecti- vits ont dsormais davantage de marge de ma- nuvre pour ngocier avec les enseignes) : Source CVL 6 CRITRES POUR MESURER LES MARGES DE NGOCIATION AVEC LES ENSEIGNES (HORS CRITRES FINANCIERS) Nature du commere Sous-dimensionnement des enseignes nationales Mauvais aspect gnral du btiment Faible qualit de laccessibilit routire Dans ou hors des secteurs thmatiques Propritaires et exploitants distincts ssssss La runion dau moins 4 critres facilite la ngociation 9 Les zones commerciales seraient des friches facilement mutables ou la grande illusion Concilier urbanisme et commerce: une utopie ? 15. Communication N 50 15 En ralit, un autre modleestpossible,les volutions urbaines fontdsormaisquedes surfaces de proximit sont rentables. Lpui- sement des ressources nergtiques favorise le dveloppement du co-voi- turage, du drive. Les volutions dmographiques (vieillissement, isolement) favorisent le com- merce de proximit. Enfin, le dveloppement du commerce numrique (drive, paiement mobile, mur digital, bornes tactiles) peut apparatre comme une alternative au modle extensif. Mais les grands projets autarciques continuent se dvelopper. La diffrence entre le centre-ville et la priphrie (et cest un atout pour le centre-ville), cest quon peut y faire plusieurs choses la fois (frquentation des services administratifs, cultu- rels et de loisirs et achats). Recommandations pour le Document dAmnagement Commercial : Le point de dpart doit tre le projet urbain : les DAC, PLU sont au service du projet, Pour les commerces, ne pas mettre de quotas mais dlimiter les zones (les seuils risquent dtre dtourns), distinguer lalimentaire des autres sec- teurs dactivit commerciale, de par la diversit de ses activits, le centre-ville a un grand rle jouer, - bien prendre en compte leffet levier du transport en commun. 10 Il y aurait une fatalit certaine la prennit du modle commer- cial extensif En rsum, l'urbanisme commercial vu par les oprateurs est : gnrique (systme auto, infra, talement urbain, grande distribution), grgaire (vraies-fausses innovations) opportuniste (guerrillas de positions) De lourds facteurs financiers d'immobilit psent : la sauvegarde des marges de promotion et du taux de capitalisation rduisent les prises de risques et les investissements ; les propritaires non institutionnels g- rent leurs actifs comme complment de re- traites et constitution de patrimoine Urbanisme de produits produits[auto]routiersfran- chiss versus Urbanisme de projets gographie, mise en situa- tion urbaine des produits, mutualisation, optimisa- tion Urbanisme de produits Urbanisme de projets urbanisme commercial projet urbain CDAC PC no parking no business (visible) parking invisible tout automobile Plus de TC entres de villes entre de la ville zones quartiers monofonctionnelle mixit fonctionnelle publicit signaltique gographie, architecture qui oriente air conditionn lumire naturelle nivellement, impermabilisation usage de la gographie logistique mutualisation Source : prsentation David Mangin - 13 06 2012 16. La rgulation du commerce dans les agglomrations bretonnes. Intervention de Mme Frdrique Bonnard Le Floch PourBrest,toutpartde la gographie. Ds les annes80,lancessitde sorganiser lchelle dun bassin de vie de 400 000 habitantssestimpose.Lexplosiondeprojetsenp- riphrieaentrandesmenacessurlquilibreurbain. Ainsi, les lus se sont mis autour de la table pour d- finirlesconditionsdudveloppementcommercialdu territoire. Partant de l, un diagnostic a t ralis et unestratgieatbtie.La1rechartedatede1989, pourBrestilsagissaitalorsdecontinuersacroissance engelantlapriphrie.Parexemple,en1995,lecom- mercetaitinterditsurleslieuxdefluxetincitdans lescentralits. Le commerce est une culture commune qui se construit. Les lus doivent affirmer leur lea- dership dans la fabrication de la ville. Le commerce : une vieille question redfinir Le commerce est une vieille question : on envisage souvent les politiques damnagement commer- cial comme des actions en vue de se protger de la grande distribution. Or le service la population est aussi assur par la grande distribution. Il ne faut pas opposer mais organiser. Il faut laisser le commerce sorganiser l o il est susceptible dapporter le plus de valeur ajoute. Cest cela, le rle des lus. On peut alors tenir un discours de dveloppement commercial et non de seule- ment de dfense. Attention la mystique commerciale Le commerce est un service que lon apporte la population mais on ne peut pas ignorer laspect financiarisation du commerce. Dans les projets urbains en centre-ville par exemple, le commerce sert au renouvellement urbain, cest une des rares formes dimmobilier qui rapporte. Pour pouvoir dvelopper le commerce, il faut dabord linterdire dans certains endroits. 2 armes pour rguler le commerce le droit du sol le foncier Forte priorit au droit du sol (l o la collectivit peut agir) par rapport au foncier qui cote cher. Leslusnesontpaslgitimessurlargulationde la concurrence : ils sont en revanche lgitimes sur le projet urbain. Le document qui signe le projet urbain, cest le PLU. La rgle du jeu est alors la mme pour tous. Llaboration du DAC : un travail collaboratif interne mais largi Brest Mtropole entame une rvision de son PLU (PLU facteur 41 ), pour laborer le DAC, les pra- tiques dj anciennes de concertation ont t poursuivies. Les services se sont appuys sur les chartes communales existantes, sur une bonne ex- prience en matire de gouvernance politique et dingnierie technique, il ny a pas eu dinterven- tion extrieure, mais un travail collaboratif entre lAdeupa, la CCI et la CMA. Communication N 5016 Confrence du 12/09/2012 Frdrique Bonnard Le Floc'h, Vice-prsi- dente de Brest Mtropole Ocane en charge du commerce et de l'urbanisme Honor Puil Vice-prsident dlgu l'urba- nisme commercial, l'artisanat, au commerce et au tourisme Rennes Mtropole Marc Andro Vice-prsident dlgu au dve- loppement conomique, touristique et amna- gement de l'espace de Quimper Communaut GrardCabrolVice-prsidentdusyndicatmixte pour le SCoT du Pays de Lorient La rgulation du commerce dans les agglomrations bretonnes Lexprience de Brest Mtropole Ocane 17. Communication N 50 17 Leprincipedirecteur:quelecommercesuive lorganisation urbaine du territoire Sur le contenu : lorganisation urbaine du terri- toire a t dfinie en diffrents niveaux, lorgani- sation du commerce se calque dessus : grand commerce pour les grandes villes, petit commerce pour les petites villes. Les points forts du DAC son caractre opposable, son appropriation par les acteurs conomiques : il ny a plus de projets qui arrivent sans tre com- patibles, le DAC permet de ngocier, mais il y a quand mme des points durs (seuils/plafonds) qui sont parfois interrogs par la ralit des projets conomiques. (Voir en annexe la synthse des principales dispositions de rgulations prsentes dans les DAC de Brest, Quimper, Rennes et Lorient). Mme Bonnard Le Floch souligne galement la ncessit de comprendre les ralits du commerce, les modles des promoteurs. Pourquoi pas le mme niveau dintervention pour le commerce que pour lhabitat par exemple ? Intervention de M. Marc ANDRO Lagglomration de Quimper a une d- marchebeaucoupplusrcentequecelledeBrestsur le commerce. Avant le DAC, la rflexion sur le commerce tait peu structure, cela se passait de faonspontane.Onpeutdirequetoutpassait en CDAC, avec pour consquence un fort dve- loppement commercial sur plusieurs ples secon- daires : Concarneau, Fouesnant. Une concertation et un schma taient donc ncessaires. Le DAC de lagglomrationdeQuimpersinscritdansuned- marche dInterscot, un rfrentiel commun a t laborlchelledelaCornouaillequiregroupe5 Scot.Cerfrentielsertdebasepourlesdocuments damnagement commerciaux (DAC) de chaque Scot de Cornouaille. Le commerce : trouver un consensus a t ncessaire Celui-ci a t trouv sur : la limitation de la consommation despace, la dfense des centralits, des interrogations face un pouvoir dachat des consommateurs qui bascule vers de nouvelles formes de commerces (drive, internet). 3 grands principes pour le DAC 1. Dfinition de ZACOM hirarchises et plafonnes : surchaquezoneonaunnombredem2maximumet une dlimitation. Le problme est que sur la plupart deszones,onaatteintleplafond.Celaapourcons- quencesuneimpossibilitpourcertainesenseignesde sagrandir et une perte de valeur pour des biens im- mobiliersquinepourrontplusmuter. 2. Dfinition de centralits par les PLU. Toutes les surfaces infrieures 400 m2 ne peuvent simplan- ter que dans les centralits. Ce principe ne permet pas de nouvelles galeries marchandes. 3. Le DAC prvoit des ples de proximit (qui ac- cueillent les moins de 1000m2). Mais ces ples doivent tre dfinis dans les PLU. Si ces ples ne sont pas dfinis, cest que rien nest interdit Intervention de M. Honor PUIL Rennes dispose dune exprience ancienne en matire de rgulation du commerce (1re charte en 1996). La mise en place dune TP unique a permis de rduire les antagonismes entre communes. Des outils ont t mis en place pour analyser les projets commerciaux avec la runion dun comit des Prsidents. Lexprience de Quimper Lexprience de Rennes 18. Communication N 5018 Depuis 2007, les prconisations de la charte sont transfres dans le Scot. La mthode de travail a permis dassocier les CCI, les commerants, les consommateurs. Un volet social de la charte a ga- lement t instaur. Les prescriptions de la charte sorganisent autour de 2 grands axes le rayonnement de Rennes : comment continue- t-on dvelopper et renforcer linfrastructure commerciale du centre ? quelle infrastructure commerciale peut-on pro- poser aux communes de proche priphrie ? Pour H. Puil, le Scot nest pas un document suffi- sant,illuimanqueladimensionconomique.Cest pourquoiundocumentpolitique,danalysescono- miques a t rdig et sera retranscrit dans le Scot. Une dmarche de concertation et des outils danalyse Sur le plan de la dmarche, il est ncessaire daller voir les communes, de recueillir la parole des lus, den raliser une synthse. Des auditions auprs de nombreux professionnels ont galement permis de connatre et de mesurer les projets de chacun. Enfin, la ralisation dun diagnostic a t trs utile pour partager une mme vision. Le Comit dOrientation et de Suivi (COS) de la charte associe tous les acteurs Le Syndicat Mixte du Scot Le Comit Consultatif : invite tous les acteurs du commerce. Intervention de M. Grard Cabrol Le Scot a t approuv en 2006. Les princi- paux lments concernant les implantations com- merciales : Pas de nouvelle zone commerciale et favoriser les mutations sur site, Identification de secteurs commerciaux strat- giques, Principe de mise en place dun Schma de sec- teur pour le Mourillon, Priorit aux centralits pour les supermarchs. Depuis son approbation, plusieurs points sont ap- parus comme essentiels : Identification de sur-capacits en hypermarchs Renforcement des centres, Eviter de crer une zone commerciale au Mou- rillon (valid dans le schma des zones dactivits en juillet 2011) Ainsi, lors des dcisions de CDAC, cest la posi- tion du SCoT qui est regarde, certains aspects mriteraient dtre repenss, r-crits (prciser les conditions dinstallation des commerces). On se trouve aujourdhui davantage en position de spectateurs que dacteurs. La rgulation du commerce dans les agglomrations bretonnes Lexprience de Lorient Conclusion Pourchacundesterritoires,silyavaitune bonne raison de faire un DAC quelle se- rait-elle ? F. Bonnard Le Floch : Parce que a marche, des chelles pertinentes, cela pro- duit des effets positifs. M. Andro : Parce que a marche, ceci dit, le DAC a rsolu les problmes des grandes zones. Par contre, il renvoie au PLU si on veut agir lchelle des quartiers. H. Puil : Cela permet de dessiner le paysage commercial que lon souhaite. G. Cabrol : Ces interventions donnent envie de produire un DAC, avec la ncessit de construireleprojetpolitiquesurleprimtredu SCoT. 19. Communication N 50 19 En dehors des ZACOM et des centralits, les commerces sont regroups en ples commerciaux Une limite maximum en surface de plancher est fixe pour chaque ZACOM Des dpassements de plafonds de surfaces peuvent tre autoriss pour limplantation dactivits commerciales ex- ceptionnelles Sur les ZA existantes naccueillant pas de commerce : tout changement daffectation vers de lactivit commerciale est proscrit (sauf localisation en centralit ou quartier). Le Scot dfinit 11 critres lis lenvironnement et au dveloppement durable. Selon la taille des projets com- merciaux un nombre de critres sera respecter : pour plus de 500m de surface, le projet devra respecter 11 critres. Un bonus de surface de plancher de 10% pourra tre en- visag si plus de critres que ncessaire sont respects. RENNES 3me Charte (2008-2012) Dfinition prcise de lorganisation spatiale du com- merce : 12 ples majeurs, 9 ples intermdiaires, des ples fonction locale Pas de cration ex-nihilo de nouvel hypermarch Sur les ples majeurs : la taille de rfrence-plafond des grandes surfaces alimentaires (hypers) est fixe 10 000 m de surface de vente. Plafond en m pour certains ples (hors alimentaire) : Le renforcement de loffre non-alimentaire pourra tre assur sur la base dun plancher global limit 10 000m. Le secteur alimentaire est encadr pour certains ples : Les signataires de la charte ont souhait limiter 6000m de surface de vente le plancher alimentaire global sur les communes ples de bassin de vie. Cration dun COS Comit dOrientation et de Suivi Si lextension dun supermarch de centre-bourg se r- vle techniquement impossible, le principe de son dplace- ment pourra tre admis sous rserve dune implantation en continuit de lurbanisation et sans galerie commerciale. Lorient Schma de Cohrence Territoriale (Dcembre 2006) Pas de nouvelle zone commerciale et favorisation des mutations sur site Identification de secteurs commerciaux stratgiques Principe de mise en place dun schma de secteur pour le Mourillon Priorit aux centralits pour les supermarchs. BREST DAC LME approuv le 23/06/2009 puis Scot SRU et PLU de Brest Mtropole Ocane. Dfinition prcise des centralits et des ples pri- phriques Classement de chacun des ples selon son niveau de fonction (proximit, semi-proximit, structurant, mtro- politain) Pour chaque niveau de ple commercial : des seuils de surfaces de ventes maximales par type de commerce sont dfinis. Exemple : pour les ples structurants (zone de chalandise de 20 000 40 000 habitants), les maga- sins de meubles ne devront pas dpasser une surface de vente de 2000m. Tous les types de commerce quelque soit lactivit et la surface de vente sont autoriss dans les centralits La cration dquipements cinmatographiques se fera exclusivement dans les centralits Interdiction dinstaller des commerces isols hors des ples urbaniss En priphrie, le commerce ne pourra sinstaller que dans les zones dactivit vocation commerciale Les changements dusage dune zone dactivit in- dustrielle ou artisanale sont proscris Interdiction de toute nouvelle implantation de sur- face de vente infrieure 300m dans les zones com- merciales priphriques (ce seuil peut tre relev 500 m dans le PLU). QUIMPER Scot Grenelle (DAC intgr au Scot) : il y a un r- frentiel commun lchelle de la Cornouaille que chaque Scot dcline ensuite. Chaque PLU devra dfinir le primtre des centralits et les rgles dimplantation au sein des centralits Dans les centralits, les implantations commerciales sont autorises sans limite de surface Hors primtres des centralits, les commerces de moins de 400m sont interdits Les PLU devront dfinir des espaces vocation commer- ciale (ples) pouvant accueillir du commerce de plus de 400 m et de moins de 1000 m de surface de plancher Le Scot (Dac) dfinit le nombre et la position des Zones damnagement commercial (ZACOM) ; le Scot dlimite le contour et la classification de la ZACOM Les commerces de plus de 1000 m de surface de plan- cher sont autoriss uniquement dans les ZACOM ou les centralits ANNEXE : Synthse des principales dispositions de rgulation selon les territoires 20. Agence dUrbanisme et de Dveloppement conomique du Pays de Lorient Contact : Christine Boissonnot -Delachienne 02 97 88 22 46 12 avenue de la Perrire 56100 BP 324 Lorient cedex Directeur de la publication : Philippe Leblanche ISSN 2118 - 1632