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Magazine Solidarité

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  • SuisseDonner des chances de jeunes migrants

    InternationalLe thtre au servicedu changement social

    Le magazine de luvre suisse dentraide ouvrire OSEO Aot 3/2010www.oseo.ch

  • 2EditOriAL

    25.06.2010 Les communes ont une responsabilit

    sociale

    La section du Parti ouvrier et populaire (POP) de

    Val-de-Travers a dpos au Conseil gnral (lgisla-

    tif) une motion pour des achats socialement quita-

    bles. Elle veut que la Commune se dote doutils

    visant promouvoir lacquisition de biens produits

    dans des conditions dcentes.

    16.06.2010 Des milliers de cartons jaunes

    LOSEO a remis 13 715 cartons jaunes la FIFA pour

    que, lors du prochain Mondial au Brsil, les droits

    des travailleurs soient pris en compte et respects.

    Ce qui na de loin pas t le cas en Afrique du Sud.

    03.06.2010 Pourquoi ils sont sans travail

    Des jeunes de 16 25 ans, en recherche de forma-

    tion, vernissent ce soir un immense projet de

    lOSEO Genve. () Ce qui frappe, cest la grande

    motivation de ces jeunes, qui sactivent aux derniers

    prparatifs de Nainvisible. Ils ont tout fait: pltre,

    menuiserie, peinture, vido, flyers, relations publi-

    ques, et le rsultat est tonnant.

    02.06.2010 Le chiffre du jour

    LOSEO a dbloqu 58 000 francs pour venir en aide

    aux victimes de louragan Agatha, au Salvador.

    27.05.2010 Un Mondial sur le dos des Africains?

    La FIFA prparerait un Mondial aseptis et garderait

    tous les bnfices de la comptition. Ces critiques

    trouvent un cho en Suisse. Appuye par le PS,

    lOSEO mne une campagne intitule Hor$jeu. La

    FIFA na quasiment rien fait pour amliorer les con-

    ditions de travail des ouvriers sud-africains, ex-

    plique Alexandre Mari thoz, porte-parole de lOSEO.

    Revue de presse

    Chre lectrice, cher lecteur,

    En sengageant raliser les objectifs du Millnaire, en

    2000, la communaut internationale sest mise daccord

    sur ce que le dveloppement devait apporter: rduire la

    pauvret, garantir lgalit des chances aux femmes et aux

    filles, faire en sorte que chaque enfant puisse frquenter

    lcole primaire et amliorer laccs aux soins.

    Le bilan de cette campagne sera tir lors du Sommet

    2010 de lONU, New York, en septembre. Il sera mitig:

    laccs la formation scolaire et aux soins de base sest

    certes amlior. La pauvret a quelque peu recul

    lchelle mondiale, mais pas partout, et pas suffisamment.

    Aujourdhui, 1,4 milliard de personnes continuent vivre

    dans un tat de dnuement extrme et, dans beaucoup de

    pays subsahariens, un enfant sur quatre est sous-aliment.

    Quant lgalit des chances, elle reste ltat de vu

    pieux.

    Et en Suisse? Malgr les promesses formules au sommet

    de 2005, le Conseil fdral attend la session dhiver pour

    publier son message en faveur dune augmentation de

    0,5% du produit intrieur brut (PIB) dvolu laide au

    dveloppement dici 2015.

    Par ailleurs, les intrts conomiques passent rgulire-

    ment avant le dveloppement et les droits humains, en

    matire fiscale ou de politique commerciale notamment.

    Lensemble de la politique suisse doit tre axe sur le

    dveloppement, cest une priorit absolue.

    Et lOSEO? Nous nous engageons, avec les organisations

    qui nous appuient, pour un agenda suisse en faveur du

    dveloppement ax sur la lutte contre la pauvret. Et cet

    objectif, nous lavons traduit dans nos programmes. Nous

    accordons dj une place particulire lgalit des

    chances pour les femmes et les filles, et nous insisterons

    encore l-dessus dans la perspective de 2015.

    Ruth Daellenbach, directrice de lOSEO

  • 3SOMMAirE

    Impressum

    SUISSEMentorat pour la recherche dapprentissage:stimuler lgalit des chances 4

    POINT DE VUEChristian Levrat: la Suisse a besoin dune offensive sur le front de lapprentissage 7

    CONCOURS 10

    INTERNATIONALLes jobs verts doivent tre dcents 9

    Brsil 2014: la campagne contre lexploitationlors du Mondial continue 11

    Afrique du Sud: des travailleurs sociaux bnvoles font fonctionner le systme de sant 12

    Comment le thtre contribue des changements sociaux 16

    DONSdes legs pour soutenirdes personnes dfavorises 15

    PORTRAITFreddy Chipana utilise le thtrepour encourager des jeunes sengager 18

    Page de titre: Grce au coaching de lOSEO, des jeunes dorigine trangre trouvent une place dapprentissage. Photo: Sabine rockdernire page: travail thtral avec des jeunes en Bolivie. Photo: Altoteatro

    INTERNATIONAL et PORTRAIT Utiliser le thtre pour aborder des thmes sensibles et contribuer des changements sociaux.

    SUISSE LOSEO Suisse centrale soutient des jeunes dorigine trangre dans la recherche dun apprentissage.

    P. 46

    POINT DE VUE La Suisse doit offrir da vantage de places dapprentissage et de possibilits de formation. P. 7

    Salvador P. 16

    Mozambique P. 17

    Bolivie P. 18

    Editeur: uvre suisse dentraide ouvrire,Quellenstrasse 31, 8031 Zurich, tl. 021 601 21 61, e-mail: info@oseo.ch CP 10-14739-9 Lausanne. www.oseo.ch

    Rdaction: rosanna Clarelli, Christian Engeli, Hans Frhlich,Alexandre Marithoz, Cyrill rogger, Katja Schurter (resp.)

    Layout: Atelier Binkert, www.atelierbinkert.ch

    Traduction: irene Bisang, Ursula Gaillard, Milena Hrdina,Walter rosselli, Peter Schrembs

    Correction: Angelo Ciampi, Marianne Enckell, Jeannine Horni

    Impression et expdition: Unionsdruckerei/subito AG,Platz 8, 8201 SchaffhausenParat quatre fois par an. tirage 37 000 ex. Le prix de labon- nement est compris dans la cotisation (membres individuels 50. par an minimum, organisations 250. minimum). imprim sur papier recycl

  • 4SUiSSE

    La souplesse est de miseLes jeunes dorigine trangre peinent trouver une place dapprentissage. Le systme de mentorat mis en place par lOSEO Suisse centrale les aide dans leurs recherches.Texte: Katja Schurter. Photos: Sabine Rock

    Ali Azimi a trouv un stage et une place dapprentissage comme horticulteur.

  • 5SUiSSE

    Il y a une semaine, Noor Hamzawi a ap-

    pris quelle pourrait apprendre le mtier

    de boulangre chez Sidler, Gisikon. Au

    dpart, la jeune femme au regard ptillant

    et portant le foulard avait dautres projets:

    Je voulais devenir fleuriste ou gardienne

    danimaux. Les entreprises ne voulaient

    toutefois pas imposer une apprentie avec

    un foulard leur clientle. A la campa-

    gne, les gens ne sont pas encore prts

    laccepter, songe Karin Amrein, qui a ac-

    compagn Noor dans sa qute dune

    place dapprentissage. Aux fourneaux, je

    nai pas de contacts avec les clients. Le

    foulard ne gne donc personne.

    Enseignante du primaire, Karin Amrein

    participe titre bnvole au projet de

    mentorat de lOSEO Suisse centrale. Cest

    ainsi quelle a pris en charge Noor, 17 ans,

    lve de la section C, dont la famille a fui

    lIrak il y a neuf ans pour se rfugier en

    Suisse. Depuis octobre dernier, Karin a

    rencontr la jeune fille tous les quinze

    jours. Ma principale tche a consist en-

    courager Noor mener des recherches

    plus actives, se souvient Karin Amrein. A

    chaque rencontre, elles convenaient de ce

    Noor devait faire jusqu la prochaine fois:

    rechercher des places dapprentissage, r-

    diger des lettres de candidature, trouver

    des stages. Aprs fleuriste et gardienne

    danimaux, Noor a vis opticienne et tech-

    no-imprimeuse. Tout cela stant avr ir-

    raliste, elle a opt pour boulangre. Une

    dcision pragmatique: Des postes

    dapprentie boulangre taient encore

    libres. Et puis jaide volontiers ma mre

    la cuisine.

    Taux de russite suprieur 50%Dans le cadre du projet de mentorat de

    lOSEO Suisse centrale, quatorze mentors

    accompagnent autant de jeunes en qute

    de places dapprentissage. Six dentre

    eux en ont trouv une, deux jeunes com-

    mencent un stage dune anne et une

    jeune fille a russi lexamen pour entrer

    au gymnase, rsume Silvia Caluori, qui a

    lanc le projet avec Christine Spychiger en

    octobre 2009. Dici la fin de lt, le taux

    de russite pourrait bien crotre encore.

    Ceux qui nauront rien trouv jusque-l

    participeront un programme passerelle

    et continueront bnficier des conseils

    de leurs mentors, afin de dcrocher un

    poste lanne prochaine. Leur collabora-

    tion nayant pas fonctionn, quelques tan-

    dems ont aussi arrt de se rencontrer.

    Les formations avec attestation font

    dfaut pour les jeunes qui ne sont pas en

    mesure de commencer un apprentissage.

    Beaucoup renoncent, car le mtier de

    leurs rves est hors de porte. Dans cer-

    tains secteurs, comme la vente, les jeunes

    dorigine trangre nont gure de chan-

    ces mme sils ont de bonnes notes et ter-

    minent la scolarit en section A. Voil,

    selon Christine Spychiger, les principaux

    obstacles rencontrs.

    Ne pas se dcouragerUne odeur de pain frais schappe de

    larrire-boutique de la boulangerie, l o

    Le dessin de ANNA

    Silvia Caluori et Christine Spychiger ont constat, dans leur pratique professionnelle, que les jeunes dorigine trangre ont moins de chances de trouver un apprentissage.

  • 6SUiSSE

    se trouve le laboratoire. Aprs avoir ferm

    le four, le matre dapprentissage, M. Hf-

    liger, explique pourquoi il a engag Noor:

    Elle est honnte, propre, voit le travail

    faire, coute ce quon lui dit et pose des

    questions. De plus, e