L’Organisation Qualifiante Des Chantiers

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  • Lorganisation qualifiantede chantier

    Elisabeth Campagnac Nicolas Froment

    LATTS-ENPCLaboratoire Technique, Territoires et Socits

    cole Nationale des Ponts et Chausses

    tudes et ExprimentationsChantier 2000

  • 3Sommaire

    Introduction

    5 Les enjeux de lorganisation qualifiante pour le Btiment

    6 Les principes dune organisation qualifiante

    Conception et dfinition de la Ralisation Exprimentale

    9 Les diffrentes priodes de lintervention10 Les constats de la phase de diagnostic11 La dfinition des principes de la Rex14 Des interrogations concernant le champ de la

    Rex

    Le droulement de laRalisation Exprimentale

    15 Les difficults rencontres dans la mise enuvre

    16 Les caractristiques du chantier17 largissement de lautonomie

    Le traitement vnementielde lactivit

    19 Les diffrentes phases de lappropriation de ladmarche

    21 Les vnements abords en runion28 Des enseignements tirs des entretiens

    Conclusion

    31 L'valuation de la Rex : les diffrentes repr-sentations de la performance en prsence

    33 Deux schmas de lorganisation qualifiante ?34 Les enrichissements que lorganisation quali-

    fiante peut apporter au Btiment34 L'ouverture vers de nouvelles pistes de

    recherche

  • Dans cette tude, on se propose de dgager les enjeuxet des conditions d'application dune organisation qua-lifiante au Btiment partir dune ralisation expri-mentale portant sur une opration de soixante loge-ments sociaux vreux (Matre d'ouvrage : SAIEMd'Evreux ; Matre d'uvre : ATAUB ; Entreprise gn-rale : SOGEA Nord-Ouest).Aprs avoir dgag, dans cette introduction, les enjeuxque reprsente l'organisation qualifiante pour leBtiment et en avoir prcis la dfinition, nous consa-crerons notre rapport l'expos des conditions de miseen uvre et des rsultats obtenus sur l'opration exp-rimentale dEvreux. Cet expos s'organise autour dedeux chapitres :- La conception de l'organisation qualifiante et la dfi-nition de ses modalits dans le cadre dune Rex.- Lanalyse de son droulement.

    LES ENJEUX DE LORGANI-SATION QUALIFIANTEPOUR LE BTIMENT.L'organisation qualifiante, dont nous dfinirons plus prci-sment les composantes par la suite, prsente a priori unintrt vident pour le Btiment. Les potentialits qu'elleouvre pour le secteur sont la mesure des contraintesengendres par les grandes volutions de marchs.Ces potentialits de l'organisation qualifiante peuventtre rapportes en particulier quatre sries d'enjeux :

    Des enjeux relatifs la redfinition de la performanceAu cours de ces dernires annes, de nombreux travaux1

    ont montr comment, sous l'effet des nouvelles

    contraintes de marchs, l'on a assist dans le Btiment un certain dplacement des sources defficacit. Nousrenvoyons ces travaux. L'organisation qualifiante, quant elle, s'apparente aux proccupations de "performanceglobale", dans la mesure o elle met en avant l'impor-tance de la dimension organisationnelle et sociale de laperformance. En cela elle semble mme de rpondreaux caractristiques actuelles des marchs, aux volutionsde la demande comme aux exigences des projets. Cesvolutions appellent de ncessaires qualits d'adaptation,de flexibilit, de qualit et d'efficacit qui se joue auniveau des organisations. La prvention des dysfonction-nements, par exemple, perue comme nouvelle sourced'efficacit, suppose une qualit des anticipations et descoordinations qui se jouent pour une large part dans lescapacits relationnelles de dialogue, de comprhension etd'ajustement entre les diffrents acteurs et les diffrentesfonctions. Ceci vaut pour le projet comme pour le chantier.

    Des enjeux lis la qualit de la relation sociale sur lechantierDans cette perspective de la performance globale, la qua-lit de la relation sociale joue un rle dcisif. Tandis quele dplacement des sources d'efficacit et la ncessairemarge d'autonomie du chantier soulignent le caractreinadapt des modes de relation et des rapports sociaux

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    Introduction

    1. C. DU TERTRE, Les dterminants de la production dans le btiment, revueTravail, n 16, fvrier 1989.M. CAMPINOS-DUBERNET, La rationalisation du travail dans le secteur dubtiment : des avatars du taylorisme orthodoxe au no-taylorisme, in Le tay-lorisme, sous la direction de M. DE MONTMOLLIN et O. PASTR, ditions LaDcouverte, 1984.Du chantier lentreprise : de nouvelles approches de la productivit, n 34,PCA-EMVB, juin 1989.Travail et productivit dans le btiment, n 34 de PCA Actualits, mars 1990.

    Lorganisation qualifiante faire merger des potentialits la mesuredes contraintes engendres par les grandes volutions de marchs.

  • hrits du taylorisme, le diagnostic pralable que nousavons pu tablir, sur l'opration d'Evreux, a mis l'accentsur les faiblesses constates dans ce domaine dans leBtiment. Par certains cts, on peut mme dire que lefoss a eu tendance se creuser au cours de ces der-nires annes, du fait d'un dcalage trs fort entre d'unepart, toute la partie amont de l'entreprise focalise surl'amont du projet et qui a fait l'objet d'un certain nombred'innovations, et d'autre part, la partie chantier qui n'apas toujours connu, loin s'en faut, des avances compa-rables. Lorganisation qualifiante en mettant l'accent surl'interaction et la communication apparat, sous certainesconditions, mme d'amliorer cette dimension de larelation sociale sur le chantier.

    Des enjeux lis la monte des proccupations degestion et leurs implications sur la marge et le contenude l'autonomie du chantierLa fin de la priode de croissance a conduit les entre-prises accrotre leur vigilance sur la gestion de chantier.Une grande partie des innovations dveloppes au coursdes annes 80, notamment par le biais de linformatique,a concern le contrle de gestion. Ce phnomne a ren-forc limportance alloue une dmarche reposant surla fixation et le contrle des objectifs plutt que sur lastricte prescription directe des tches.Lune des questions souleves par ces volutions est desavoir si le contrle de gestion a renforc ou non lauto-nomie du chantier. A la suite de certains auteurs2 on peutfaire lhypothse que cette logique gestionnaire au sensconomique du terme a favoris lautonomie du chantiermais aussi la puissance du contrle3. Une logique de ges-tion conomique et financire a dsormais pris le pas surla logique technique dans lorganisation du chantier. Lalogique technique remonte en amont au niveau destudes et la logique conomique descend au niveau duchantier.Par rapport cette volution de lentreprise, lorganisa-tion qualifiante peut reprsenter un intrt dans lamesure o elle vise dvelopper l'autonomie desquipes. Il reste savoir quelle acception de l'autono-mie elle se rapporte.

    Des enjeux lis la mobilisation et la gestion de lamain-d'uvreL'accroissement de la pression concurrentielle et le carac-tre plus fluctuant de la demande ont donn lieu deuxgrands types de stratgies : la recherche prioritaire d'unabaissement des cots de la main d'uvre, la recherchede son meilleur usage dans le procs de travail. Ces deuxtypes de stratgies ne sont pas, bien sr, exclusives l'une

    de l'autre. Mais la premire a, beaucoup plus que la seconde, encourag le recours des formes d'emploiprcaires et la dstabilisation des collectifs de travail. Cesdonnes n'ont pas contribu amliorer l'image duBtiment auprs des jeunes, alors que par ailleurs cer-taines expriences ont su faire valoir les potentialits quiexistent dans ce domaine. Elles ont soulign, comme parexemple dans le cas de certains sites pilotes ou chantiersde rhabilitation, le rle dcisif que la qualit de l'organi-sation et la qualit de la relation sociale jouent dans laconstruction de l'image de marque auprs des jeunes.

    Des enjeux lis la redfinition des comptencesncessaires pour rpondre la complexification descontraintes de la production et de sa gestion, et la red-finition correspondante des modes d'apprentissage etd'acquisition de ces comptences. Cet aspect n'chappepas aux responsables des ressources humaines,conscients que les volutions techniques, conomiques etsocitales dsignent cette question comme un enjeu cldans les annes venir. Les entreprises, par rapport aucaractre complexe des oprations, sentent la ncessitdu renouvellement de la qualification de leur mainduvre mais cette demande reste trs floue sur la dfi-nition des comptences prcises dont elles aurontbesoin4. Ces comptences mobilisent diffrents compo-sants techniques, relationnelles, savoir-faire qui sont dli-cats rsumer en quelques principes simples.

    LES PRINCIPESDUNE ORGANISATIONQUALIFIANTEEncore faut-il dfinir lorganisation qualifiante laquellenous nous rfrons. En effet, derrire le caractre globalde celle-ci, des acceptions varies peuvent apparatre.Nous nous rfrons pour notre part aux principes dePhilippe Zarifian pour dfinir lorganisation qualifiante5 :

    Former des quipes de travail gres parobjectifs plutt que par prescription.

    Ces quipes sont dfinies la fois partir de l'ensembledes activits qu'elles assument (la notion de mission rem-

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    2. E. CAMPAGNAC, J. BROBROFF, C. CARO, Approches de la productivit etmthodes dorganisation dans les grandes entreprises de la construction,PCA, mars 1990.

    3. E. CAMPAGNAC, Culture dentreprise et mthodes dorganisation : lhistoirede Bouygues, ENPC-CERTES, mars 1987.

    4. Les nouvelles comptences dans le btiment, J.P. LE GOFF, n 27 PCAActualits, janvier 1987.Polyvalence et autonomie dans le btiment, J. BROBROFF et J.P. LE GOFF, n 29PCA Actualits, septembre 1987.Lencadrement de chantier, renouvellement et enjeux, cahier thmatiquePCA-EQF, juillet 1993.

    5. P ZARIFIAN, Acquisition et reconnaissance des comptences dans une orga-nisation qualifiante, ducation Permanente n 112, octobre 1992.

  • place alors celle de tche) et des objectifs de perfor-mance qu'elles doivent atteindre. Dans le cadre de sa mission, l'quipe peut se doter de ses propres outils degestion