L'église de Châteauneuf

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L'église de Châteauneuf

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  • Socit Historique de Chteauneuf-la-Fort------

    L'EGLISE

    de

    CHATEAUNEUF - la - FORET

    ou

    Les pripties d'une constructionMarie-Thrse et Bernard GRASDEPOT

    Imprim par nos soins - Octobre 1996 - Reproduction interdite

  • Introduction

    Lorsqu'un touriste arrive dans un village, il se dirige souvent vers l'glise qui prsente en gnral un intrt

    historique.

    A Chteauneuf la Fort, c'est la dception : le monument est d'une grande banalit architecturale et l'orientation

    nord-sud surprend car les glises anciennes sont gnralement orientes est-ouest.

    Nous avons essay de comprendre pourquoi une telle construction et pour cela faisons un voyage dans le temps et

    retrouvons nous au sicle dernier.

  • 3L'glise de Sainte-Marie-la-Claire

    A cette poque l, l'glise paroissiale n'est pas situe au centre du bourg actuel, mais au village de Sainte-Marie. Il

    ne reste rien de cette construction ni du cimetire attenant. Seul subsiste l'ancien presbytre transform en maison

    particulire.

    Que savons-nous de cette glise dont il ne reste, notre connaissance, aucune reproduction?

    Nous en trouvons une description dans la "Monographie du canton de Chteauneuf la Fort" crite en 1875 par

    l'abb Lecler : "L'glise paroissiale n'est pas situe au chef-lieu de cette commune, mais au village de Sainte-Marie-la-

    Claire. Actuellement elle menace ruine. Elle est de l'poque romane. La vote de la nef est remplace par un lambris en

    bois affectant la forme et les nervures gothiques. Du ct de l'vangile se trouve une chapelle remarquable, dont le sol

    est plus bas que le niveau de l'glise. Elle sert de sacristie. Les piliers qui la supportent sont arrondis, peu relevs, avec

    des chapiteaux palmettes fort lgament sculptes. Sur ces colonnes repose une vote gothique, aux nervures

    multiples, qui doit tre postrieure aux piliers."

    Un article paru dans "La Semaine religieuse de Limoges" du 28 octobre 1886 nous prcise aussi que : "... La seule

    partie remarquable tait la sacristie, ancienne chapelle des seigneurs de Chteauneuf,construite au XVe sicle. Il serait

    vraiment dsirer que ce petit joyau architectural, encore debout, put tre restaur et conserv, comme tmoin de

    l'emplacement de l'ancienne glise, ..."

    Des cloches avaient t installes en 1775. La premire portait l' inscription suivante : "M.B.Joseph du Garreau,

    du Puy-de-Bette, la Seinie, Vergnias, Neuvic, Maslon, Leborne de Ste-Marie et autres lieux, patron fondateur de

    l'glise paroissiale de Ste-Marie-la-Claire, capitaine de cavalerie, parrain. Dame Marie-Anne de Guiton du Tranchard,

    marquise de Chteauneuf, Tranchard, Fleurac et autres lieux, veufve de Mre F.Duch, cuyer, gdr sre du roy. Mrs

    Martial Marc, cur. Jhp Pigner, juge et notaire royal fabritiens, l'an 1775. Jacques Martin et Nicolas Boulanger,

    fondeurs". De la seconde, fondue par Jacques Martin et Nicolas Boulanger en mme temps que la premire nous ne

    connaissons qu'une partie de l'inscription : " ... a eu pour parrain Martial de la Bachellerie, marquis de Chteauneuf, et

    pour marraine Valrie Limousin, dame de Neuvic, de Bord et autres places, pouse du sieur du Garreau, fondateur de la

    dite glise ... 1775". Cette dernire cloche a t prise pendant la rvolution.

    A-t-elle t remplace ou retrouve? Nous ne le savons pas, mais deux cloches ont t refondues en 1858.

  • 4La refonte des cloches

    Nous sommes en avril 1857. Le maire M. Reymond fait, son conseil municipal, le compte-rendu du conseil de

    fabrique (1)

    prsid par M. Faure, cur-doyen de Chteauneuf, conseil qui demande la somme de 1500 F pour la refontedes cloches. M. le maire a constat que sur la principale cloche de l'glise "il existe une flure de 35 cm environ, flure

    qui tend augmenter", que "le son de la cloche est si affaibli qu'on ne l'entend plus qu' une petite distance de l'glise,

    que la 2e cloche cloche est compltement hors service et qu'il est indispensable de prendre une dtermination ce

    sujet".

    Aprs une discussion "longue et anime", les conseillers "reconnaissent la facheuse situation financire de la

    fabrique, savent aussi que la fonte d'une cloche est indispensable, et que le service divin n'aura qu' souffrir de cet tat

    de chose, ils dsireraient accorder la somme demande par la fabrique ... mais la commune de Chteauneuf se trouve

    dans l'absolue ncessit de refuser, il ne lui est pas possible de se crer de nouvelles ressources ... la commune va tre

    aussi oblige de faire des rparations coteuses la Maison Communale. En prsence de ces motifs lgitimes, le conseil

    municipal exprime ses regrets de ne pouvoir faire droit sur le champ la juste rclamation du conseil de fabrique, il

    ajourne cette question des moments plus heureux".

    Mais quelques mois plus tard, "il n'est plus possible d'attendre, les cloches sont compltement hors service".

    Devant "la ncessit absolue de faire refondre les cloches de l'glise", le conseil municipal vote l'unanimit moins une

    voix la prolongation pendant deux ans d'un impt qui sera peru en 1860 et 1861, l'expiration de celui vot en

    novembre 1855 pour les annes 1856 1859.

    M. Reymond, maire signe donc en mai 1858 un trait avec M. Bolle, fondeur de cloches Orlans. Les

    cloches refondues arrivent en juillet et sont rinstalles en septembre. Elles seront ensuite utilises pour la nouvelle

    glise.

    A partir de 1857, le cimetire jouxtant l'glise ne sert plus aux inhumations : c'est M. Boussenot Franois,

    sacristain, propritaire-cultivateur qui vendra une chtaigneraie moyennant la somme de 438,35 F pour l'assiette du

    nouveau cimetire l'emplacement que nous connaissons aujourd'hui.

    (1)

    Le conseil de fabrique est un organisme paroissial, cr en 1809, pour veiller l'entretien et la conservation des glises et l'administration desaumnes. Il est compos de propritaires et de membres des professions librales, nomms paritairement par le prfet sur proposition du maire, et parl'vque sur proposition du cur. Il fonctionnera ainsi jusqu'en 1905 (loi de sparation de l'Eglise et de l'Etat).

  • 5Rparer ou reconstruire ?

    Au dbut du 19e sicle, l'glise et le presbytre sont en mauvais tat. Aprs la rvolution, un conseil municipal

    extraordinaire runi le premier prairial an XI de la Rpublique (21 mai 1803), value 700 F les dpenses ncessaires

    pour le "rtablissement du culte de la commune". En 1806, les travaux n'ayant pas t entrepris, le cur Nicard s'adresse

    au maire Martial Bonnet Delacroix pour attirer son attention sur l'tat de dlabrement des deux btiments. Il faudra

    attendre 1810 pour que des rparations soient faites par l'entrepreneur Coly.

    En 1823, le conseil municipal vote une somme de 400 F pour refaire l'autel de l'glise.

    En 1825, les curs de Chteauneuf et Neuvic ont crit au Ministre des Affaires Ecclsiastiques pour lui exposer

    "l'tat de ruine" de leurs glises. Le Prfet reoit du Ministre un courrier lui demandant d'intervenir "pour viter le

    malheur que pourrait occasionner l'tat de dprissement des charpentes et assurer aux crmonies religieuses la

    dcence et la majest qu'elles rclament".

    En 1830, le maire M. La Bachellerie demande au Prfet l'autorisation de procder l'adjudication de travaux de

    rparations au presbytre.

    Il faut arriver en mai 1860 pour que le conseil municipal s'intresse nouveau aux affaires de l'glise. Il demande

    au gouvernement l'installation d'un vicaire Chteauneuf pour aider l'abb Faure (alors g de 64 ans) dans son

    ministre.

    En 1863, le conseil municipal envisage pour la premire fois la construction d'une nouvelle glise et demande la

    cration d'un octroi dont les fonds pourraient tre affects en partie au financement de cette opration. Il envisage aussi

    cet effet l'acquisition d'un terrain appartenant M. Montagner, situ dans le centre du bourg, et qui pourrait servir

    l'implantation de la nouvelle glise.

    En 1865, en plein centre du bourg actuel, s'est produit un "boulement" dans des btiments appartenant M.

    Dumas qui avait l'intention de reconstruire. La grange croule "confronte la place publique ... est contige d'autres

    immeubles appartenant au dit M. Dumas". Considrant "que la place publique tait de beaucoup trop petite, vu

    l'extension qu'avait prise le commerce de la localit les jours de foire, qu'au surplus l'administration communale ayant

    l'intention de faire

  • 6transporter dans le bourg l'glise de Ste-Marie les terrains de M. Dumas taient admirablement situs pour servir

    lassiette de la nouvelle glise, le conseil municipal autorise lunanimit M. le maire faire l'acquisition de tous les

    immeubles appartenant M. Dumas, "soit par la voie amiable, soit par la voie d'expropriation ... terrains qui seront

    destins soit l'agrandissement de la place publique, soit l'assiette de l'glise, soit tout autre emploi d'intrt public".

    Le conseil municipal, sous l'autorit du maire M. Rougier, engage des pourparlers avec M. Dumas et l'acquisition

    de cette proprit aboutira en 1869.

    Petit petit, le projet prend forme et on commence prvoir le financement avec notamment la dcision

    d'affermer l'ancien cimetire en fvrier 1866.

    Peu aprs, par dcrets impriaux, l'abb Faure, en raison de son ge et de ses infirmits, est "dcharg du fardeau

    des fonctions pastorales" et l'abb Charles Renard, cur de Peyrat le Chteau est nomm la "cure dcanale(1