Le§ons de langue fran§aise (cours moyen)

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  • C O L L E C T I O N D ' O U V R A G E S C L A S S I Q U E S

    R D I G S E N C O U R S G R A D U S

    C O N F O R M M E N T A U X P R O G R A M M E S O F F I C I E L S

    LEONS DE

    L A N G U E F R A N A I S E PAR U N E RUNION DE PROFESSEURS

    C O U R S M O Y E N

    L I V R E D U M A I T R E

    LIBRAIRIE GNRALE 77 , HOB DB VAQIIURI , PARIS-VI

    TOURS

    MAISON A. MAME & FILS IM P R I M E U R S - D I T E U R S

    P A R I S

    J. DE G I GO R D R U E C A S S E T T E , 15

    ET CHEZ L E S P R I N C I P A U X L I B R A I R E S

    6 6

  • bslLogo 2011

  • Tout exemplaire qui ne sera pas revtu de la signature ci-dessous sera rput contrefait.

  • C O L L E C T I O N D ' O U V R A G E S C L A S S I Q U E S

    RDIGS EN COURS GRADUS

    CONFORMMENT AUX PROGRAMMES OFFICIELS

    LEONS DE

    L A N G U E F R A N A I S PAR UNE RUNION DE PROFESSEURS

    C O U R S M O Y E N

    E D I T I O N C O N F O R M E

    A LA NOUVELLE NOMENCLATURE GRAMMATICALE

    L I V R E DU M A I T R E

    PARIS-VF LIBRAIRIE GNRALE. RUE OB VAUGIRARR, 77

    T O U R S

    MAISON A. Kl A ME & FILS IM P H I M E U R S - D I T E U R S

    P A R I S

    J. DE 6 I 6 0 R 0 R U E C A S S E T T E , 15

    ET CHEZ L E S P R I N C I P A U X L I B R A I R E S

    Tous droi ts r se rvs .

  • PRFACE

    Les premires leons de langue sont donnes Tentant par sa znre. Quand il arrive l'cole, il sait parler, il connat le sens d'un certain nombre de mots, il applique les rgles les plus simples de raccord grammatical, il construit des phrases suivant les lois de la syntaxe, il conjugue des verbes ; en un mot, il pos-sde des notions qu'il n'a pas raisonnes, mais qui sont une res-source dont un malre habile fait aisment son profit. La langue peut donc s'enseigner indpendamment des leons mthodiques qui constituent un cours rgulier. Les leons mthodiques com-muniquent la science du langage, tandis que la pratique en donne l'usage; ordinairement, l'usage prcde la science.

    Parmi les consquences auxquelles conduisent ces observa-tions, on se bornera mentionner les deux suivantes :

    1 Un bon matre profite de toutes les occasions que lui four-nissent les exercices de conversation avec ses lves, pour leur donner l'exemple de la puret et de la dignit du langage, et pour corriger les fautes qu'ils commeltent en parlant.

    Pour mieux se rendre compte de l'importance qu'il convient d'accorder cette remarque, il suffit de voir la diffrence entre le langage des enfants qui appartiennent des parents illettrs, et celui des enfants qui ne sont en contact qu'avec des personnes instruites.

    En veillant ce que, dans l'cole, nulle faute contre la langue ne soit commise sans tre releve, on place tous les lves, pen-dant plusieurs heures chaque jour, dans un milieu dont l'inDuence favorable ne peut manquer de se faire sentir sur leur manire i'erxprimer leurs penses.

    2 On doit profiter de l'enseignement de toutes les spcialits pour perfectionner l'tude de la langue.

    Chaque spcialit, en effet, donne lieu des exercices oraux; chacune fournit des sujets de devoirs crits et raisonnes. Ce se-rait perdre une occasion prcieuse que de se borner exiger des devoirs irrprochables au seul point de vue de ce qui fait actuel-lement l'objet de la leon, sans se proccuper de l'orthographe, de la ponctuation, d e a syntaxe, et mme, dans une juste me-sure, de la dignit et de l'lgance de la forme. Le soin que l'on donne ainsi la langue, loin de nuire la science particulire qu'on a surtout l'intention de cultiver, met l'lve eu tat d'tre plus clair, plus prcis et plus vrai.

    Langue franc. Cours moyeu, u . \

  • 2 PRFACE

    On n'apportera jamais trop d'attention cet enseignement in-direct de la langue, enseignement qui est de tous les instants, et qui peut se prolonger au del des heures de classe, et mme pendant le temps des rcrations, o Ton a l'occasion de rformer beaucoup de tournures vicieuses, de signaler des expressions impropres, triviales, contraires au* convenances. Mais il est juste de reconnatre que certaines spcialits offrent au matre, bien plus souvent que d'autres, le moyen de former ses lves une diction convenable.

    Il faut mettre en premire ligne la leon de lecture. Comme on ne lit bien que ce que Ton comprend, il importe

    d'amener les lves, en faisant appel leur initiative, dcou-vrir le sens des mois, des phrases, qui constituent le texte lire. Bien plus, tout le monde a remarqu qu'ils prennent un tou plus naturel quand ils racontent que lorsqu'ils lisent; ii c s i donc utile de les inviter rapporter de mmoire, mais sans s'astreindre au mot mot, le texte qui fait l'objet de la leoii, avant de leur demander d'en faire une lecture expressive. Nul exercice n'est plus efficace pour les habituer grouper, coordonner leurs ides et les formuler d'une faon correcte.

    Les leons d'histoire, de morale, de religion, donnent lieu des exercices du mme genre, et des rdactions qui, annotes v corriges et critiques, produisent les meilleurs rsultats.

    Mais, si avantageux que soient les procds qui viennent d'tre indiqus, ils ne sauraient jamais suppler l'tude directe des

    f>rincipe>s et des rgles. 11 faut donc que l'enseignement de la angue, qui se fait indirectement d'une faon permanente, ait ses heures dtermines et ses exercices particuliers.

    Voici quels caractres il parat convenable de lui donner, caractres dont plusieurs, du res te , lui sont communs avec tout autre enseignement.

    1 L'enseignement de la langue doit tre gradu. Soit que Ton descende de la rgle l 'exemple, comme on le fait gnra-lement avec les lves dj avancs, soit que l'on remonte de l'exemple la rgle, comme on le conseille principalement avec ls commenants, on doit toujours profiter des connaissances actuelles de l'lve pour l'aider en acqurir de nouvelles. On nasse du connu l'inconnu, du simple au compos, du concret a l'abstrait.

    2 L'enseignement de la langue doit tre vari. On se tromperait si Ton pensait que, dans l'enseignement de la langue, on peut obtenir de bons rsultats en faisant successivement de la grammaire et des exercices orthographiques ; puis , quand les lves sont quelque peu avancs, de l'analyse et des dictes; ensuite des exercices de phrasologie, et enfin des devoirs de rdaction. Ce n'est pas successivement, en passant d'un cours l 'autre, mais simultanment et dans tous les cours, qu'il faut donner h l'enseignement celle varit dans la forme qui ne nuit

  • PRFACE 3 a rien l'unit du but , et maintient, au contraire, l'harmonie entre tes diverses parties d'un mme tout. Ainsi, sans tomber dans la confusion, on vite la monotonie, qui conduit si aisment l'ennui et au dgot.

    8 # Venseignement de la langue doit tre vivant. Ni le matre ni l'lve ne peuvent tre passifs. Les questions adres-ses l'lve, les recherches qu'elles provoquent de sa part , les rponses qu'elles amnent, les explications du matre, ta-blissent entre l'un et l'autre une communication constante,

    Eropre mettre en activit toutes les facults intellectuelles i fois. Souvent l'usage du tableau noir devient indispensable pour

    rendre les choses plus sensibles l'esprit : ainsi , outre le sens de l 'oue, on appelle encore la vue au secours de l'inlelligence ; on fixe davantage l'image trop fugitive des objets et des mots, a i Ton maintient plus aisment l'attention.

    Sens doute, il y a loin de l aux procds qui font reposer tout renseignement de la langue sur la dicte et les exercices ortho-graphiques, et quelques matres pourront croire qu'ils compro-

    nombre de ces longs devoirs crits qui, en ralit, devraient moins servir l'enseignement proprement dit qu'au contrle qu'il con-fient d'en faire; mais ces matres ne tarderont pas s'aperce-tolr que le temps est plus utilement employ en exercices oraux bien distribus, bien enchans, et que l'on fait suivre de courts devoirs d'application.

    4 # L'enseignement de la langue doit tendre former les lves la rdaction. On ne sait la langue qu'autant qu'on la parle et qu'on Vcrit correctement. Ecrire correctement, ce o'est pas faire une dicte sans faute; c'est rdiger une note, une lettre, un rapport, un rcit, une allocution, en se conformant aux lois du langage.

    L'instituteur ne perdra jamais de vue ce principe : les exercices orthographiques, lexicologiques et autres, sont une prparation, on moyen : ils ne sont pas le but. Les exercices de phrasologie, d'analyse littraire, d'invention, ne sont encore que des procs ds La rdaction et la composition sont la fin. L'lve qui ne rdige pas , qui ne compose pas, ne sait pas la langue. Celui qui compose convenablement connat, dans une certaine mesure, Fmrl de parler et d'crire correctement.

    5 # L'enseignement de la langue doit tre rationnel. Un enseignement qui s'adresserait principalement la mmoire se-r t i t dfectueux et manquerait de solidit; c'est surtout l'intelli-gence, le bon sens, la raison, que l'on doit mettre contribution.

    Sans doute, on fera tudier de mmoire des morceaux choisis de littrature, des rgles de grammaire et des prceptes litt-raires, mais seulement aprs que, par une explication raisonne et de nombreux exemples, on les aura bien fait comprendre. Si

    lves, en rduisant le

  • 4 PRFACE

    l'on ne dispense pas l'lve de retenir ce qu'il a compris, on apporte un soin au moins gal obtenir qu'il comprenne ce qu'il doit retenir.

    De mme, lorsqu'on arrive aux exercices de rdaction et de composition franaise, on Paide dans ce travail, on Tempche de s'garer, de dominer, au dtriment du bon sens, trop de champ son imagination : on l 'amne, dans un exercice oral, dcou-vrir d'abord les ides principales, puis les ides secondaires que rveille le sujet; on lui fait, soit d'ap