Gauguin Les fleurs du mal — Baudelaire - · PDF filetable Baudelaire photographié...

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    Baudelaire photographi par tienne. Carjat, 1866preuve tardive au glatino-bromure dargent

    Les fleurs du mal BaudelaireGauguin

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    On dit qu'il faut couler les excrables chosesDans le puits de l'oubli et au spulchre encloses,Et que par les escrits le mal resuscitInfectera les murs de la postrit;Mais le vice n'a point pour mre la science,Et la vertu n'est pas fille de l'ignorance.

    (THODORE AGRIPPA D'AUBIGN : Les Tragiques, livre II)

    Les fleurs du mal BaudelaireGauguin

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    AU POTE IMPECCABLE

    AU PARFAIT MAGICIEN S LETTRES FRANAISES

    MON TRS-CHER ET TRS-VNRMAITRE ET AMI

    THOPHILE GAUTIER

    AVEC LES SENTIMENTSDE LA PLUS PROFONDE HUMILIT

    JE DDIECES FEURS MALADIVES

    C. B.

    Les fleurs du mal Baudelaire

    Portrait de Thophile Gautier , crivainphotographi par Tournachon AdrienParis, muse d'Orsay

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    AU LECTEUR

    LA sottise, l'erreur, le pch, la lsine,Occupent nos esprits et travaillent nos corps,

    Et nous alimentons nos aimables remordsComme les mendiants nourrissent leur vermine.

    Nos pchs sont ttus, nos repentirs sont lches;Nous nous faisons payer grassement nos aveux,

    Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

    Sur l'oreiller du mal c'est Satan TrismgisteQui berce longuement notre esprit enchant,

    Et le riche mtal de notre volontEst tout vaporis par ce savant chimiste.

    C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent!Aux objets rpugnants nous trouvons des appas;

    Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,Sans horreur, travers des tnbres qui puent.

    Ainsi qu'un dbauch pauvre qui baise et mangeLe sein martyris d'une antique catin,

    Nous volons au passage un plaisir clandestinQue nous pressons bien fort comme une vieille orange.

    Serr, fourmillant, comme un million d'helminthes,Dans nos cerveaux ribote un peuple de Dmons,Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumonsDescend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.

    Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,N'ont pas encor brod de leurs plaisants dessinsLe canevas banal de nos piteux destins,C'est que notre me, hlas! n'est pas assez hardie.

    Mais parmi les chacals, les panthres, les lices,Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,Dans la mnagerie infme de nos vices,

    Il en est un plus laid, plus mchant, plus immonde!Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,Il ferait volontiers de la terre un dbrisEt dans un billement avalerait le monde;

    C'est l'Ennui! l'il charg d'un pleur involontaire,Il rve d'chafauds en fumant son houka.Tu le connais, lecteur, ce monstre dlicat, Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frre!

    AU LECTEUR Les fleurs du mal Baudelaire

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    I

    BNDICTION

    LORSQUE, par un dcret des puissances suprmes,Le Pote apparat en ce monde ennuy,Sa mre pouvante et pleine de blasphmesCrispe ses poings vers Dieu, qui la prend en piti :

    Ah! que n'ai-je mis bas tout un nud de vipres,Plutt que de nourrir cette drision!Maudite soit la nuit aux plaisirs phmresO mon ventre a conu mon expiation!

    Puisque tu m'as choisie entre toutes les femmesPour tre le dgot de mon triste mari,Et que je ne puis pas rejeter dans les flammes,Comme un billet d'amour, ce monstre rabougri,

    Je ferai rejaillir ta haine qui m'accableSur l'instrument maudit de tes mchancets,Et je tordrai si bien cet arbre misrable,Qu'il ne pourra pousser ses boutons empests!

    Elle ravale ainsi l'cume de sa haine,Et, ne comprenant pas les desseins ternels,Elle-mme prpare au fond de la GhenneLes bchers consacrs aux crimes maternels.

    Pourtant, sous la tutelle invisible d'un Ange,L'Enfant dshrit s'enivre de soleil,Et dans tout ce qu'il boit et dans tout ce qu'il mangeRetrouve l'ambroisie et le nectar vermeil.

    SPLEEN ET IDAL Les fleurs du mal BaudelaireGauguin

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  • Gauguin

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    Il joue avec le vent, cause avec le nuage,Et s'enivre en chantant du chemin de la croix;

    Et l'Esprit qui le suit dans son plerinagePleure de le voir gai comme un oiseau des bois.

    Tous ceux qu'il veut aimer l'observent avec crainte,Ou bien, s'enhardissant de sa tranquillit,Cherchent qui saura lui tirer une plainte,

    Et font sur lui l'essai de leur frocit.

    Dans le pain et le vin destins sa boucheIls mlent de la cendre avec d'impurs crachats;

    Avec hypocrisie ils jettent ce qu'il touche,Et s'accusent d'avoir mis leurs pieds dans ses pas.

    Sa femme va criant sur les places publiques : Puisqu'il me trouve assez belle pour m'adorer,

    Je ferai le mtier des idoles antiques,Et comme elles je veux me faire redorer;

    Et je me solerai de nard, d'encens, de myrrhe,De gnuflexions, de viandes et de vins,

    Pour savoir si je puis dans un cur qui m'admireUsurper en riant les hommages divins!

    Et, quand je m'ennuierai de ces farces impies,Je poserai sur lui ma frle et forte main;

    Et mes ongles, pareils aux ongles des harpies,Sauront jusqu' son cur se frayer un chemin.

    Comme un tout jeune oiseau qui tremble et qui palpite,J'arracherai ce cur tout rouge de son sein,

    Et, pour rassasier ma bte favorite,Je le lui jetterai par terre avec ddain!

    Vers le Ciel, o son il voit un trne splendide,Le Pote serein lve ses bras pieux,Et les vastes clairs de son esprit lucideLui drobent l'aspect des peuples furieux :

    Soyez bni, mon Dieu, qui donnez la souffranceComme un divin remde nos impuretsEt comme la meilleure et la plus pure essenceQui prpare les forts aux saintes volupts!

    Je sais que vous gardez une place au PoteDans les rangs bienheureux des saintes Lgions,Et que vous l'invitez l'ternelle fteDes Trnes, des Vertus, des Dominations.

    Je sais que la douleur est la noblesse uniqueO ne mordront jamais la terre et les enfers,Et qu'il faut pour tresser ma couronne mystiqueImposer tous les temps et tous les univers.

    Mais les bijoux perdus de l'antique Palmyre,Les mtaux inconnus, les perles de la mer,Par votre main monts, ne pourraient pas suffire ce beau diadme blouissant et clair;

    Car il ne sera fait que de pure lumire,Puise au foyer saint des rayons primitifs,Et dont les yeux mortels, dans leur splendeur entire,Ne sont que des miroirs obscurcis et plaintifs!

    Spleen et Idal Les fleurs du mal Baudelaire

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  • Gauguin

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    II

    LE SOLEIL

    LE long du vieux faubourg, o pendent aux masuresLes persiennes, abri des secrtes luxures,Quand le soleil cruel frappe traits redoublsSur la ville et les champs, sur les toits et les bls,Je vais m'exercer seul ma fantasque escrime,Flairant dans tous les coins les hasards de la rime,Trbuchant sur les mots comme sur les pavs,Heurtant parfois des vers depuis longtemps rvs.

    Ce pre nourricier, ennemi des chloroses,veille dans les champs les vers comme les roses;Il fait s'vaporer les soucis vers le ciel,Et remplit les cerveaux et les ruches de miel.C'est lui qui rajeunit les porteurs de bquillesEt les rend gais et doux comme des jeunes filles,Et commande aux moissons de crotre et de mrirDans le cur immortel qui toujours veut fleurir!

    Quand, ainsi qu'un pote, il descend dans les villes,Il ennoblit le sort des choses les plus viles,Et s'introduit en roi, sans bruit et sans valets,Dans tous les hpitaux et dans tous les palais.

    Spleen et Idal Les fleurs du mal Baudelaire

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  • Gauguin

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    aperu

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    propos

    La transcription des pomes de Charles Baudelaire, la collecte des images des tableaux de Paul Gauguin, la mise en page et sa navigation interactive ont t accomplies par votre impcunieux copiste rditant les

    ouvrages lui manquant : Dominique Petitjean.

    Cahier dit aux dpens d'un amateur, en vue dun usage strictement personnel et non-marchand la date du samedi 29 dcembre 2012

    Les fleurs du mal Baudelaire

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