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    LENTREPRENEURIAT JEUNE AU MALI - ETUDES DE CAS:BAMAKO, SEGOU, KONOBOUGOU ET NIONO

    Universit de Bamako,

    Facult des Sciences Humaines et de des Sciences de lEducation (FSHSE) :

    Isae DougnonModibo Galy CisseLucie BelloBalla Kon

    Samba Tour

    Copenhagen Business School,Centre for Business and Development Studies (CBDS) :

    Thilde LangevangCecilia Gregersen

    Commande par

    LAmbassade Royale du Danemark au MaliMinistre des Affaires trangres du Danemark

    Juin 2013

    http://www.google.be/url?sa=i&source=images&cd=&cad=rja&docid=HX-t2NT8DFNpCM&tbnid=BMjVkwf39ToilM:&ved=0CAgQjRwwAA&url=http://u-bamako.ml.refer.org/&ei=7bclUoiqKpCY0AXjnYCICQ&psig=AFQjCNEPyCppQQyBzrrJEdiFOxiFhiw0kg&ust=1378290029745449
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    Liste des abrviations

    ADRA Agence Adventiste dAida et de DveloppementANPE Agence Nationale pour lEmploiAPEJ Agence Pour lEmploi des Jeunes

    API Agence pour la Promotion des Initiatives PrivesAPBEF Association Professionnelle des Banques et Etablissements FinanciersCNJ Comit National de la JeunesseCSCRP Cadre Stratgique pour la Croissance et de la Rduction de la PauvretDNE Direction Nationale de lEmploiDREFP Direction Rgional de lEmploi et de la Formation ProfessionnelleFAFPA Fonds dAppui la Formation et lApprentissageGEM Global Entrepreneurship MonitorINSTAT Institut National de la StatistiqueMEFP Ministre de lEmploi et de la Formation Professionnelle

    NU Nations Unis

    ON lOffice du NigerONG Organisation Non GouvernementalePAJM Programme dAppui la Jeunesse MaliennePTFE Programme de Plateforme Multifonctionnelle et EmploiSDRFTP Schma Directeur Rgional de Formation Technique et Professionnelle

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    TABLE DES MATIERES

    TABLE DES MATIERES.......................................................................................................... 3

    1- Introduction ....................................................................................................................... 4

    2- Les objectifs ...................................................................................................................... 53- Dfinitions des concepts cls ............................................................................................ 6

    4- Mthodologie .................................................................................................................... 8

    4.1- Mthode quantitative ............................................................................................. 8

    4.2- Mthode qualitative ............................................................................................. 10

    4.3- Difficults et faiblesses de ltude ...................................................................... 11

    5- Rsultat de ltude ........................................................................................................... 12

    5.1- Les activits des jeunes ....................................................................................... 12

    5.2- Les dimensions socioculturelles de lentrepreneuriat jeune................................ 195.3- La fonction publique : le premier choix des diplms ........................................ 20

    5.4- Le commerce, le choix des jeunes citadins ......................................................... 20

    5.5- Lagriculture, le choix des jeunes ruraux............................................................ 21

    5.6- La migration rurale : lOffice du Niger, un ple attractif.................................... 24

    5.7- Lentrepreneuriat fminin, un secteur fortes potentialits................................ 25

    5.8- La perception des jeunes sur les institutions ....................................................... 27

    6- Conclusion ...................................................................................................................... 28

    7- Recommandations ........................................................................................................... 298- Rfrences ....................................................................................................................... 31

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    LENTREPRENEURIAT JEUNE AU MALI - ETUDES DE CAS :

    BAMAKO, SEGOU, KONOBOUGOU ET NIONO

    Ce rapport est la synthse exhaustive des rsultats denqute qualitative excute par une

    quipe compose de Thilde Langevang (Copenhagen Business School), Isae Dougnon(FLASH, universit de Bamako), Modibo Galy Ciss (FLASH universit de Bamako), Lucie

    Bello, (FLASH, universit de Bamako), Balla Kon (FLASH, universit de Bamako), Samba

    Tour (FLASH, universit de Bamako) et Cecilia Gregersen (Copenhagen Business School)

    1- Introduction

    Suite ltablissement du multipartisme intgral aprs la rvolution dmocratique de 1991, leMali sest embarqu dans un processus dynamique de rforme institutionnelle. Plusieurs

    programmes de dveloppement sectoriel (sant, ducation, justice, genre, dveloppementrural) ont t mis en uvre conformment aux objectifs du Cadre Stratgique pour laCroissance et la Rduction de la Pauvret (CSCRP). Ces programmes politiques ont t

    prcdes par de nombreuses enqutes sur limpact du Programme dAjustement Structurel

    sur le secteur priv en particulier le chmage des jeunes. Cependant, la fin des annes 2000,le pays constate que la rduction consquente de la pauvret est ralentie cause du niveau

    faible de la formation professionnelle et de lemploi des jeunes. Le Gouvernement a assignalors au CSCRP de satteler la scurisation des emplois privs et publics, ladaptation de laformation aux besoins du march, la rduction du chmage des jeunes, au dveloppementdes initiatives prives et de la micro-finance pour les soutenir.

    A partir de 2002, furent mis en place plusieurs institutions et programmes visant rduire le

    chmage des jeunes grce la modernisation du secteur public et priv. Ainsi furent crs : unMinistre de l'Emploi et de la Formation Professionnelle, lAgence Nationale pour lEmploi(ANPE), lAgence pour lEmploi des Jeunes (APEJ), Fonds dAppui la Formation et lApprentissage (FAFPA), Agence pour la Promotion des Initiatives Prives (API), le SchmaDirecteur Rgional de Formation Technique et Professionnelle (SDRFTP), Programme dePlateforme Multifonctionnelle et Emploi (PTFE), etc. Cela signifie que les rformesinstitutionnelles qui visent lutter contre le chmage et dvelopper lentreprenariat jeune sont

    assez ancres. Cependant, au-del de la volont politique, de lappui des partenaires trangerset des discussions publiques, quelles sont les rpercussions relles de ces programmes sur leterrain ? Comment les jeunes chmeurs ou entrepreneurs voient ces rformes? Quels sont lessecteurs conomiques qui offrent de relles possibilits lentrepreneuriat des jeunes et quelsen sont les handicaps ?

    Dans le cadre dun programme conjoint de recherche entre le Copenhagen Business School etluniversit de Bamako, cette tude exploratoire a t entreprise dans quatre sites : deuxurbains (Bamako, Sgou) et deux ruraux (Konobougou et Niono) entre dcembre 2011 et

    fvrier 2012. Ces sites sont bien indiqus pour comprendre le problme de lentrepreneuriatjeune dans le domaine agricole et dans le business. Bamako est la capitale du Mali ofleurissent les diffrents types de business comme le commerce et les services, par contre,

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    Sgou est la rgion o se trouve lOffice du Niger, la plus grande e ntreprise agro-industrielle.Cest sur lON que repose en partie la politique de croissance conomique du Mali (riz,marachage, llevage, pche et culture sche) et cest vers lOffice du Niger que legouvernement du Mali voudrait attirer les capitaux de lagro-business et la main-duvrerurale.

    Bas sur les donnes collectes dans les quatre sites, ce rapport examine les problmes delemploi du point de vue des jeunes et des institutions tatiques, lengouement des jeunes verslentreprenariat, les handicaps et les avantages quils y rencontrent; les conditions daccsaux crdits pour les jeunes qui sauto-emploient dans le domaine agricole et dans le business,ainsi laccs aux terres et matriels agricoles pour les jeunes femmes et hommes qui selancent dans lagriculture moderne. Ltude explore enfin les perspectives de recherche sur les

    problmes de chmages des jeunes et la modernisation du secteur agricole.

    Cette tude a t commandite et finance par lAmbassade Royale du Danemark au Ma li etle Ministre des Affaires trangres du Danemark. Ltude a t supervise par deuxCo mits: le Comit de Suivi et le Comit de Personnes Ressources.

    2- Objectif

    2.1. Objectif gnral

    Lobjectif gnral de cette tude est de comprendre les problmes institutionnels,

    sociologiques et conomiques de lentreprenariat jeune au Mali.

    2.2. Objectifs spcifiques

    Dexaminer les types dactivits et demplois dans lesquels sengagent les

    jeunes.

    Recueillir la perception des jeunes et celles des agents de lEtat, desresponsables dONG sur les problmes de lemploi et lentreprenariat au Mali.

    Recueillir les raisons qui expliquent le choix des jeunes pour un travail salaridans la fonction publique ou lentreprenariat priv.

    Recueillir auprs des jeunes les facteurs de base du succs ou dchecde lentrepreneuriat en ville et dans le milieu rural.

    Recueillir les tmoignages des jeunes chmeurs sur les raisons de leurchmage et leurs attentes pour lemploi.

    Recueillir les perceptions des jeunes sur les institutions tatiques supposes

    lutter contre leur chmage et vice-versa.

    Enfin explorer des mthodologies pour un programme de recherchecomparative plus approfondie sur les cinq rgions conomiques du Mali :Bamako pour le business, Sgou pour le riz, Mopti pour llevage et la pche et

    Sikasso pour le coton, Kayes pour lorpaillage.

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    3- Dfinitions des concepts cls

    Dans cette section nous dfinissons les concepts cls utiliss dans ce rapport.

    La jeunesse : le mot jeune est un concept hautement discut qui change de sens selon les

    priodes historiques et les contextes culturels. Diffrentes sciences ont souvent diffrentesfaons de dfinir le mot jeunesse ou jeune. La dmographie prend en compte lge,lanthropologie met laccent sur les notions de cadets et dans. La biologie considre letemps de la pubert, la sociologie prend en compte la maturit dtre marier et enfin

    lapproche conomique met laccent sur la capacit que lon a de se prendre en charge.

    Il ny a pas un consensus sur la dfinition du mot jeunesse, mais lapproche la plus communeest celle qui dfinie la jeunesse selon lge chronologique. La dfinition donne par les

    Nations Unies est plus frquemment utilise. Cette dfinition considre comme jeune ; une

    personne ge entre 15 et 24 ans. Cependant, cette dfinition adopte par dautresorganisations et des Gouvernements nationaux diffrent largement dun pays un autre. En

    Afrique, le mot jeune dsigne des gens entre 15 ou 18 35 ans (Chigunta et al. 2005 ; Gough

    et al, 2013).

    Au Mali, au dbut des annes 1990, lAssociation des Demandeurs et Initiateurs dEmploi(ADIDE) avait dfini comme jeune chmeur, tout diplm g entre 18 et 40 ans (Dougnon,2012). Par contre, en 2000, le Ministre de la Promotion de la Femme de lEnfant et de laFamille considrait, dans son programme de lutte contre le travail des enfants, comme enfant

    tout individu malien de 0 18 ans (Dougnon, 2011).

    Dans cette tude nous avons cibl les jeunes gs de 18 35.

    Emploi: Les termes, emploi et chmage sont des concepts dlicats dfinir. Dterminer defaon exacte les frontires entre ces concepts relve de la gageure. Cela est spcialement vrai

    pour des conomies caractrises par un large secteur informel, o le travail est irrgulier,

    non scuris, temporaire et prcaire (Gough et al. 2013).

    Dans cette tude, nous dfinissons lemploi comme tant un secteur qui inclut le travail

    salari, lentrepreneuriat et lauto-emploi. Dans la catgorie des employs entrent les salariset les entrepreneurs qui sauto-emploient. Elle inclut aussi des tudiants qui, ct de leurstudes sauto-emploient ou sont salaris chez dautres.

    Travail salari: Les travailleurs salaris sont dfinis comme des individus qui sont employspar une tierce personne. Les travailleurs salaris incluent, la fois, des employs temporaireset des employs permanents. Ils dsignent, la fois, des gens qui sont sous contrat dans lesecteur formel et informel

    Entrepreneuriat: LEntrepreneuriat est aussi un concept complexe et peut tre abord dediffrentes manires. De nombreuses littratures sur lentreprenariat sont presque

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    exclusivement centres sur les cas europens et amricains. Cest seulement rcemment que

    les recherches ont commenc tudier les caractristiques de lentrepreneuriat en Afrique. Ceregain dintrt pour lentrepreneuriat africain est n sur le sillage du renforcement du dbatconscutif la croissance du secteur priv. Promouvoir le secteur priv, et spcialementlentrepreneuriat est devenu lobjectif cl de la politique du dveloppement en Afrique depuisle lancement au milieu des annes 1980 du Programme dAjustement Structurel

    (Commission Africaine, 2009 ; PNUD, 2004). Lentrepreneuriat est essentiellement vu

    comme une solution une srie de problmes conomiques et aussi comme une force motricedes changements sociaux. Particulirement en Afrique, lentrepreneuriat fut peru comme lasolution la monte du chmage des jeunes (Commission Africaine, 2009 ; BanqueMondiale, 2013).

    Une dfinition professionnelle de lentrepreneuriat peroit les entrepreneurs comme despersonnes qui sauto-emploient. Cette dfinition est base sur la conception selon laquelle une

    personne est soit sans emploi, auto-employe ou salarie chez une tierce personne. Cettedfinition est frquente dans la littrature sur le dveloppement, du fait du grand nombre degens qui gagnent leur vie travers lauto-emploi dans les micros et petites entreprises (Naud,2008). En effet, en Afrique, comme laffirment Chigunta et allis (2005), le terme entrepreneuriat est utilis pour dsigner lauto-emploi. En plus, les critiques de cette

    perception soutiennent que lentrepreneuriat va au-del de faire du business ou de sauto-

    employer. Mais elle se rfre des traits de comportement, la faon de raisonner et dagirdes hommes actifs (Olomi, 2009). Cette perspective psychologique et culturelle met laccentsur les fonctions et les actions des entrepreneurs tout en soulignant les capacits de crativit

    et dinnovation de lentrepreneur.

    Notre tude adopte la dfinition professionnelle ci-dessus mentionne et peroit

    lentrepreneuriat comme un processus par lequel des hommes et des femmes optentconsciemment pour une carrire fonde sur lauto-emploi. Ceux-ci acceptent de prendre desrisque, dapprendre lart de faire des affaires au cours du dveloppement de leur entreprise.

    Entrepreneur: Se rfrant la dfinition ci-dessus de lentrepreneuriat, lentrepreneur estdfinit dans cette tude comme un individu qui seul ou en collaboration dautres est

    propritaire dune entreprise. Cette dfinition prend en compte ceux qui sauto-emploient,mais aussi ceux-l qui vendent toutes sortes darticles et dautres services aux autres. Cettedfinition prend en compte une large gamme dactivits (ventes dans les rues, commerce des

    produits agricoles, artisanat, boutiques). Quelles soient dans le secteur formel ou informel, cesactivits font dune simple stratgie de survie une grande entreprise. Cette dfinition delentrepreneur est souvent adopte dans la part des grandes tudes sur lentrepreneuriat (GEM,2013 ; YEMP, 2013 ; Chigunta et al, 2005 ; Gough et al, 2013). Cest pourquoi nous utilisons

    dans cette tude des termes comme propritaires dentreprises, propritaires de business et

    entrepreneurs comme des termes synonymes.

    Enterprise: Dans cette tude, nous considrons comme synonymes les termes entreprise etbusiness ou affaires. Ils dsignent des organisations conomiques spcialises dans la vente

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    aux clients des biens, des services ou les deux la fois. Nous utilisons le motentreprise/business pour dsigner toutes les activits prives sans distinction de taille, niveauet statut: (formelles et non formelles) que les jeunes hommes et femmes entreprennent

    pour assurer leur auto-emploi, crer de la richesse pour eux-mmes, leurs familles et pour lasocit.

    Chmage: Les chmeurs sont dfinis comme des gens qui, au moment de lenqute taient ni

    auto-employ ni employ par quelquun dautre. Il ne prend pas en compte les tudiants.

    Les tudiants sans emplois: il sagit ici du lot de jeunes gens qui poursuivent leurs tudes etqui ne sont concerns par aucun type demploi.

    4- Mthodologie

    Pour atteindre les objectifs fixs dans cette tude, nous avons combin deux mthodes derecherche: qualitative et quantitative qui sont les suivantes.

    4.1- Mthodes quantitative et qualitative

    Mthode quanti tati ve :Des jeunes gens, gs entre 18 et 35 ans ont t slectionns au hasard

    travers une enqute de mnage dans les diffrents sites. Nous avons ainsi obtenu unchantillon de 412 jeunes, quitablement rpartis entre les quatre sites. Le choix des zones lintrieur de chaque site a t faite en collaboration avec les autorits locales. Une rencontre

    avec le Maire et le chef de quartier a t organise afin de dterminer et de slectionner lesquartiers denqute et, en mme temps, obtenir leur permission pour mener bien les ditesenqutes (voir tableau 1).

    Dans chaque zone, lchantillonnage consistait en un tirage au hasard de mnages o aumoins 1/5 de mnages ont t inclus dans ltude. Avant dentrer dans un mnage nousfaisions la liste des jeunes gs entre 18 et 35 ans et travers la mthode dite de gnrationnous avons choisi, au hasard, une jeune personne pour lenquter.

    La dfinition utilise pour identifier un mnage est la suivante : les gens qui ont mangensemble un repas la veille . Sil ny a aucun jeune dans le mnage slectionn, le mnagesuivant tait alors retenu sa place. Si le jeune homme tait absent de la famille, trois appelstaient faits avant quil ne soit remplac par un autre jeune. Un questionnaire pilote a tdabord test Bamako (Zknkorobougou) et Konobougou (Dougouba I et Sido-Sonikoura).

    La Slection des sites : Les localits ont t choisies sur la base de leur diffrencegographique et de leur dveloppement socioconomique. Bamako est la capitale du Mali ofleurissent les diffrents types de business comme le commerce et les services. Sgou est la

    plus grande capitale rgionale. Par contre, Konobougou est une zone rurale sche dontlconomie dpend des pluies. Il contraste avec Niono, qui est zone rurale mais o domine le

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    systme irrigu de lOffice du Niger. LOffice du Niger est la plus grande entreprise agro -

    industrielle sur laquelle repose, en grande partie, la politique de croissance conomique duMali (riz, marachage, llevage, pche et culture sche) et qui attire les capitaux lagro -

    business et de la main-duvre rurale.

    Bamako

    A Bamako, nous avons dcid de nous concentrer sur la Commune I pour la simple raisonquelle renferme, la fois, lun des quartiers les plus pauvres et les plus peupls et un desquartiers les plus riches de Bamako. Cest pourquoi, Banconi a t choisi pour reprsenter le

    premier cas et Korofina pour servir dexemple au deuxime cas. Compte tenu de la densitdmographique de Banconi nous avons dcid de choisir deux quartiers pour faciliterlchantillonnage. Les quartiers de Salembougou et Zknkorobougou ont t alors choisisavec laccord des chefs des quartiers.

    Sgou

    Sgou a t choisi comme un exemple de ville intrieure en dehors de Bamako et aussi par lefait quelle est la premire grande capitale rgionale du Mali. Pour des raisons de contraintesle Maire de Sgou, nous a dirigs vers le Directeur rgional de lANPE Monsieur Alpha

    Coulibaly. Avec lui, nous avons choisi deux quartiers tudier: Dar Salam au centre-ville etSido-Sonikoura, un quartier priphrique. Les chefs de ces deux quartiers ont t approchs

    pour quils nous offrent les permissions de recherche.

    Konobougou

    La ville de Konobougou a t choisie comme un exemple de ville moyenne situe en zonerurale sche (dont les activits agricoles dpendent de la pluie). La ville de Konobougou estsitue sur la route Bamako-Sgou. Elle est entoure de nombreux villages (petits et grosvillages). A notre arrive nous avons t reus par le Maire qui nous a fourni les informationssur le nombre des mnages et des jeunes. Vu la faible densit de population, surtout les jeunesgs entre 18 et 35 ans dans la zone de Konobougou, nous avons dcid dtudier quatre

    zones contre trois dans les autres milieux. Nous avons donc choisi Dougouba I qui est unquartier central de la ville de Konobougou et trois autres villages environnants qui sont:Doumanakbougou, un village situ 18 km de Konobougou; Sigidolo-Wr, situ 5 km deKonobougou et Dansnibougou, situ 15 Km de Konobougou. Ces villages fonthabituellement une production agricole importante. Par contre, dans la ville de Konobougoula population sadonne beaucoup plus au commerce qu lagriculture. Il faut souligner quunreprsentant du Maire a introduit nos enquteurs dans les trois villages et dans la ville de

    Konobougou.

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    Niono

    Niono a t choisi pour servir dexemple de zone rurale inonde (agriculture irrigue grce aubarrage de Markala). Niono est au cur de la zone de lOffice du Niger renomme pour saproduction rizicole et marachre). Dans cette ville cest le Quartier B a t choisi. Nousavons dcid de choisir deux autres villages aux alentours de Niono qui sont Koyan-N-Golobala, un vieux village dont les premiers habitants (les Minianka) ont t transfrs deforce par ladministration coloniale et Fobougou, un village rcent (cre en 1994) qui

    bnfici de linvestissement de la Banque Mondiale et de lUSAID.

    La taille de lchantillon est de 412. Nous avons dcid dadministr 100 questionnaires parsite afin davoir une connaissance approfondi de chaque site et pouvoir comparer les donnes.

    Tableau.1 : Taille de lchantillon et des localits slectionnes dans chaque site

    Frquence %

    Bamako Salembougou 33 8,0

    Zknkorobougou 49 11,9

    Korofina Nord 33 8,0

    Total 115 27,9

    Sgou Dar Salam 49 11,9

    Sido-Sonikoura 49 11,9

    Total 98 23,8

    Konobougou Dougouba 1 33 8,0Doumanakbougou 22 5,3

    Sigidolo-Wr 22 5,3Dansnibougou 22 5,3

    Total 99 23,9

    Niono Quartier B 50 12,1

    Koyan-N-Golobala 25 6,1

    Fobougou 25 6,1

    Total 100 24,3

    Total 412 100,0

    4.2-

    Mthode qualitative

    I ntervi ew dtai l le: Une interview dtaille a t ralise avec 56 jeunes gens tirs des 412qui ont particip lenqute quantitative. Nous avons aussi utilis la mthode de boule deneige1 en vue davoir des jeunes personnes de diffrents origines, zones, niveaux dducation,ges, itinraires emploi et types dentreprises.

    Focus-groupe: Dans chaque site, quatre groupes de discussion ont t mis sur place traversla mthode participative. Chaque focus groupe avait un nombre de 5 9 jeunes personnes.

    1La mthode boule de neige es t une technique denqute o un rpondant indique un autre comme

    potentiellement apte rpondre aux guides du chercheur. Par cons quent, le groupe des rpondants croit commeune roulante boule neige.

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    Les interviews avec l es informateurs cls:Nous avons men des interviews dtailles avec 23

    informateurs cls provenant de diffrentes institutions tatiques et des Organisations NonGouvernementales.

    4.3-

    Difficults et faiblesses

    Cette tude a rvl quelques faiblesses lies certaines difficults qui ont eu des impacts surnos rsultats.

    Quelques faiblesses de la mthode quanti tative

    La mthode quantitative prsente quelques faiblesses cause de trois facteurs. Le premier estli la taille assez vaste du champ dtude. Le deuxime est li la limitation du temps de

    recherche et le troisime facteur est li la modicit des ressources. En lisant les rsultats de

    la recherche, le lecteur doit tre conscient que les rsultats ne sont pas reprsentatifs de toutela jeune malienne car seulement quatre sites ont t pris en compte. En outre, la taille delchantillon de chaque site est trop rduite pour quon soit tre sr que les rsultats de chaquesite soient totalement reprsentatifs.

    Quelques faiblesses de la mthode qual itative

    Les faiblesses de la mthode qualitative sont semblables celles de la mthode quantitative:les interviews dtailles mais limites dans le temps nont pas permis dapprofondir certains

    points. La plus grande difficult de la mthode qualitative se trouve dans la rticence des

    informateurs de rpondre certaine srie de questions. Par exemple, les femmes taientrticentes rpondre aux questions relatives au nombre de mnage dans une concession. Ellessuspectent les enquteurs de vouloir connatre les dtails sur la nature et la quantit de cequils mangent. Et enfin dans les zones slectionnes, les gens sont simplement saturs par lesenqutes pendant ces dix dernires annes et sont par consquent, rticents rpondre auxquestions rcurrentes.

    Une autre grosse difficult mthodologique rencontre, la fois, dans ltude quantitative etqualitative tait comment catgoriser les occupations et les activits gnratrices de revenus

    des jeunes gens. Comme on la not plus haut les concepts demploi, de chmage,dentreprise, dentrepreneurs sont trs difficiles dfinir pour des gens engags dans destypes de travaux qui sont souvent informels, irrguliers et non scurits. Pendant lenqute parquestionnaire nous avons tent de suivre les dfinitions donnes dans la section X. Certains

    rpondants ne percevaient pas leurs propres activits gnratrices de revenus comme uneproprit prive. Par contre, dans les tudes qualitatives nous avons tent de suivre uneapproche plus ouverte et ainsi laiss les rpondants dutiliser leurs propres termes et

    perceptions. Cest pourquoi, parfois quand un rpondant parle dentreprise ouentrepreneur il semblait se rfrer des organisations formelles.

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    5- Rsultats

    Dans les sections suivantes nous prsentons dabord les types dactivit des jeunes et les

    dimensions socioculturelles de lentreprenariat jeune. Nos enqutes sur les raisons ou lesmotivations qui fondent le choix des jeunes pour un emploi salari ou lauto-emploi

    permettent dgager par voie hirarchique les activits suivantes:

    1. La fonction publique

    2. Le business3. Lagriculture4. La migration

    5.1-

    Les activits des jeunes

    Lauto-emploi comme un gagne-pain est lactivit la plus pratique par les jeunes. Lesdonnes quantitatives rvlent que 31% des jeunes sont des entrepreneurs, 27% sont deschmeurs, 23% sont des tudiants qui ne travaillent pas et 19% sont des employs (voir figure1). En comparant les quatre sites on peut voir que Konobougou a le plus grand pourcentage derpondants chmeurs (42%), Sgou a moins dentrepreneurs que les autres (21%) et plusdtudiants sans activit (42%), et Niono a, la fois, le plus grand nombre dentrepreneurs(40%) et demploys (31%) (voir figure 2).

    Figure 1: Les activits des rpondants au questionnaire dans les quatre sites

    31%

    19%23%

    27%

    Total

    Entrepreneur

    Travailleur salari

    Etudiant sans travail

    Sans emploi

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    Figure 2: Les activits des rpondants au questionnaire

    Les donnes montrent une diffrence de sexe en matire demploi. En terme de chmage, il y

    a plus de femmes qui chment (41%) contre (12%) dhommes. 33% des hommes interrogs

    taient des travailleurs salaris compars seulement 7% de femmes. Il y avait plus de

    proportion de femmes entrepreneures (34%) que dhommes (27%).

    Les entrepreneurs

    Le pourcentage de jeunes entrepreneurs dans lchantillonnage tait de 31%, ce qui fait untotal de 126 rpondants. La section qui suit dcrit les activits de ces 126 entrepreneurs.

    Le commerce est la principale activit des jeunes qui sauto-emploient avec 42%dentrepreneurs. En outre, la vente des repas et les activits marachres sont frquentes

    (11%). La principale activit Bamako est le commerce, la vente des repas et la couture(respectivement : 51%, 12% et 12%). A Konobougou les activits les plus frquentes sont : lecommerce (56%), la couture (12%) et la vente des repas (12%). A Sgou, le commerce (50%)

    et divers services (15%) taient les activits les plus pratiques. La ville de Niono diffre desautres car 35% de ses entrepreneurs sont des marachers. Les autres activits les plus

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    pratiques Niono sont le commerce (25%), la vente des repas (13%), les salons de beaut et

    de coiffure (13%).

    En termes de poly-activit, 27% des entrepreneurs sont engags dans plusieurs affaires lafois. Parmi les diffrents sites, Niono avait le taux le plus lev de poly-activit avec 43%dentrepreneurs qui sont engags dans plusieurs activits, la ville de Sgou avait 30%,Bamako 22% ; par contre Konobougou navait seulement que 8% (n=2) dentrepreneurs qui

    faisaient, la fois, plusieurs activits.

    Dans lensemble, 69% des entrepreneurs disent que lentreprise quils grent actuellement est

    leur toute premire entreprise. Seulement 31% avaient auparavant possd des affaires. Lesraisons principales de la fermeture de la premire entreprise sont (a) quelle ntait pasrentable (39%), (b) le manque dintrt (16%), (c) un changement dfavorable dans

    lenvironnement conomique (13%) et (d) un changement dans la situation familiale (10%).

    Avant de commencer leur propre business, 69% des entrepreneurs avaient des expriencesantrieures dans les mmes types daffaires. La majorit des entrepreneurs a acquis desexpriences en aidant un membre de la famille (61%). En plus, (20%) ont acquis desexpriences travers des activits antrieures telles que le commerce ou le travail dans lesateliers dapprentissage professionnel (13%).

    En termes dappui extrieur dans la gestion des affaires, s eulement 36% des entrepreneurs ontreu de la part des autres de laide pour grer leurs affaires. Pour 78% de ces cas laide venait

    des membres de la famille, 12% ont des apprentis, 8% ont des travailleurs permanents. Lenombre maximum de gens qui aident dans la gestion des affaires tait de 8 et ils sont tous lesmembres dune mme famille. Le nombre moyen de gens qui aide dautres grer leur affaire

    tait cependant de 1.8 personne, ce qui indique que la majorit des affaires est greexclusivement par le propritaire.

    Il y a des raisons complexes et multiples qui expliquent pourquoi les jeunes dcident decommencer leur business. Lorsque nous leur demandons les raisons principales dtreentrepreneur, 51% reconnaissent que cest pour accumuler de la richesse, 19% disent

    complter le revenu de la famille, 17% disent pouvoir tre indpendants, 8% disent que cestpar manque demploi, 4% disent profiter dune opportunit et 2% disent avoir hrits.Lorsque nous comparons les quatre diffrents sites, on peut voir que Bamako a le plus fort

    pourcentage de rpondants qui disent : par manque demploi, soit 18,5% et Niono le plusgrand nombre de rpondants qui disent tre indpendant soit 25%. A Sgou, il y a plusdentrepreneurs qui ont rpondu; pour profiter des avantages quoffrait une opportunitsoit 20% ou pour complter le revenu de la famille soit 35%

    Aux questions relatives la croissance/prosprit des affaires dans la courte et longue dure,73% des entrepreneurs disent que prsentement le gain est suprieur ou quelque peu suprieur

    compar leur dbut. 14% ont rpondu que leur croissance est quelque infrieure compare

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    celle du dbut, 13% disent que cest pratiquement la mme croissance. Ces rsultats

    indiquent que la majorit des propritaires dentreprise voient leur affaire progresser.

    En totalit, seulement 25% (n=31) des entrepreneurs avaient lgalement enregistr leurbusiness. Ce nombre tait nettement plus bas Bamako et Konobougou. Dans ces villes, ilest proche de 12% tandis qu Niono presque la moiti des affaires tait enregistre. La raisonla plus voque pour expliquer le non enregistrement des affaires tait quils en avaient pas

    besoin (57,9%). 23,2% ne voulaient pas enregistrer leurs affaires et 8,4% navaient

    simplement pas les moyens de le faire. Seulement, 2,1% trouvent que cest trop compliquer.

    A Bamako, Konobougou et Sgou, la raison principale denregistrement des affaires tait queles entrepreneurs pensaient que ctait leur devoir de le faire. Cependant, Niono (42%) nevoulaient, tout simplement pas enregistrer leurs affaires et un grand nombre dentrepreneurs letrouvaient trop compliqu (19%).

    A la question relative au financement des activits, 35% des entrepreneurs disent que lasource principale de leur capital tait leur propre pargne, 24% disent que le capital provenaitdes parents, 16% disent quils ont reu de laide de la part de personnes proches de leurfamille et 13% disaient que ctait leur poux/pouse qui leur en donnait. Seulement 3entrepreneurs avaient reu des crdits bancaires ou de la part des institutions de la micro-finance. Ces rsultats montrent le recours trs limit que font les jeunes entrepreneurs aux

    banques et aux institutions de la micro-finance pour soutenir leurs entreprises.

    Les entrepreneurs qui ont pargn en vue de constituer leur capital de dmarrage ont, soit fait

    des travaux temporaires (37%), ou men des affaires dans le pass (36%). 18% ont obtenu cesfonds en faisant des travaux informels. Cependant, lorsquon regarde dans les diffrents sites,

    on voit que cest seulement Bamako et Niono que les entrepreneurs ont pu constituer leur

    fonds de dpart grce des activits antrieures (59% et 69% respectivement). AKonobougou et Sgou, aucun entrepreneur na constitu son fonds partir dactivits

    antrieures. Ils lont fait partir demplois temporaires (80% et 86% respectivement). 28%des entrepreneurs ont cherch des fonds pour financer leurs affaires aprs le dmarrage.Konougou a le plus fort pourcentage dentrepreneurs qui ont cherch des financements pourleurs affaires (44%) tandis qu Bamako seulement 18% lont fait.

    Les entrepreneurs qui ont cherch des financements avant le dmarrage de leurs affaires lont

    eu soit auprs des membres de leur famille ou de proches parents (32% et 25%respectivement). En outre, 18% des hommes daffaire ont eu recours leur poux/pouse.Moins de 4% ont eu recours aux coopratives, des amis ou des micro-finances. 74% deceux qui ont cherch les fonds avant le dmarrage de leurs affaires avaient russi le faire.Bamako a le taux le plus bas dentrepreneurs qui ont russi trouver des fonds avec 43% de

    succs. A Niono, 83% ont russi le faire et Sgou tous ceux qui ont tent ont russi (n=5).Ces rsultats montrent que la majorit des entrepreneurs ne cherchent plus de fonds aprs ledmarrage de leur business et trs peu le cherchent auprs des institutions financires.

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    Aux questions relatives aux mthodes de gestion des affaires, seulement 12% des

    entrepreneurs tiennent une comptabilit financire de leurs transactions. En gnral, 72%pargnent les retombes de leurs affaires, tandis qu Sgou seulement 45% des entrepreneurspargnent. Lorsquon leur demande sur le lieu o quils gardent leur pargne 65% disent la

    garder la maison et 17% la gardent dans les caisses des associations informelles. Moins de7% confient leur pargne aux institutions de la micro-finance et moins de 5% la place dansdes banques formelles. En comparant les diffrents sites, la majorit de ceux qui gardent leur

    pargne dans les institutions de la micro-finance se trouve Niono et le reste Bamako.Seulement 20% des entrepreneurs possdent un compte uniquement ouvert pour leurs affaires.Les rsultats montrent que la majorit des entrepreneurs ne sparent pas les revenus de lafamille davec ceux des affaires prives et ne peuvent par consquent tre prcis sur lesrevenus et dpenses de leur business. Ils montrent aussi que lpargne est trs peu confie aux

    institutions financires.

    Lorsquon demande aux entrepreneurs dans quel besoin dpensent-ils leur pargne, 39%disent dans leur propre besoin, 31% dans le soutien de la famille, 16% le dpensent pour lafamille, 14% le rinvestissent dans leur business. Si nous regardons dans les quatre sites on

    peut voir, en effet, qu Sgou aucun nentrepreneur dit quil rinvestit son pargne dans sonpropre business.

    Ces rsultats montrent que trs peu dentrepreneurs sont capables ou sont disposs rinvestir

    leur profit dans leurs affaires, toute chose qui pourrait entraver leur croissance.

    A la question relative aux coopratives et lengagement associatif, 48% des entrepreneursdisent cooprer avec dautres entrepreneurs et 35% ont rpondu quils ne le font pas.

    Lorsquon compare les quatre milieux, on peut voir un taux lev de rpondants qui disent

    cooprer avec dautres entrepreneurs soit 69% alors qu Konobougou et Sgou, peu

    dentrepreneurs cooprent avec dautres hommes daffaire soit 28% et 35% respectivement.

    Seulement 6% de tous les entrepreneurs appartiennent des associations dont les affaires sontenregistres. A Sgou et Konobougou, il ny a aucun entrepreneur qui participe une

    association daffaire enregistre, tandis qu Niono 13% le font. Les soutiens quapportent ces

    associations dentrepreneurs sont les information-conseils, les capitaux et la livraison de

    produits en gros. Cest seulement qu Bamako que le soutien se limite qu linformation etau conseil, tandis qu Niono il y a les trois types de soutien. Presque la moiti desentrepreneurs (46%) appartiennent des groupes informels de soutien. Ces groupes sont plusfrquents Konobougou et Niono (56% et 64% respectivement) qu Bamako et Sgou o ils

    sont de 37% et 25% respectivement. Le groupe informel apporte principalement un soutienfinancier (54%) et des informations et services (25%). Quelques-uns de ces groupes apportentdes soutiens commerciaux (3%), achat en gros (3%) ou dautres soutiens (moins de 2%),

    tandis que 15% nont eu de soutien daucune association de ce genre.

    Ces rsultats montrent que ; tandis que les entrepreneurs comptent sur le rseau social pour

    grer leurs affaires, la participation un organisme associatif lucratif est presque inexistant.

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    En termes de formation et dducation la grande majorit (82%) na reu aucune formation

    avant de commencer le business. Ceux qui ont reu des formations lont eu en grande partiedans le domaine des comptences techniques (70%). Seulement 6 entrepreneurs ont tforms dans les sciences et techniques de gestion des affaires avant de commencer leur

    business. La majorit des entrepreneurs (91%) na pas eu de formation aprs le dmarrage de

    du business. Le peu dhommes daffaire qui ont reu des formations professionnelles trouvent

    quelles sont trs utiles ou utiles (64% et 27% respectivement) tandis que 9,1% (n =1) trouventla formation moins importante. La majorit (69%) de tous les entrepreneurs pense quelle a

    besoin de plus de comptences supplmentaires pour grer les entreprises. A Niono, jusqu

    85% des entrepreneurs pensent quils ont besoin de plus de comptence, Bamako 68%disent quils ont besoin de plus de formation, tandis qu Konobougou et Sgou seulement un

    peu plus de la moiti en exprime le besoin (56% et 55% respectivement).Ces donnes montrent quil y a une grande demande en formation technique et

    professionnelle non comble ainsi que la formation en gestion des entreprises, la fois, pour

    des entrepreneurs potentiels et ceux qui sont en activit.

    En mettant ensemble ces donnes on voit que les entrepreneurs reoivent un soutien limit dela part des institutions telles les agences dtat, les banques, les institutions de la micro-finance et les associations formelles. Ils comptent plutt sur les rseaux sociaux informels

    pour acqurir la formation, les fonds, les conseils et les informations.

    Concernant leurs aspirations futures, plus de la moiti des entrepreneurs disent quils esprent

    rester dans leur business. Cela est lgrement plus lev Konobougou et Niono avec

    respectivement 60% et 69%. Presque 60% des entrepreneurs disent quils arrteront leursaffaires ds quils obtiendront un travail salari temps plein, contre 37% qui ne le feraient

    pas.

    En terme de motivation, les rsultats des enqutes montrent que la majorit est motive fairecrotre son business. Plus de 90% disent vouloir faire grandir leur entreprise. Lorsquondemande comment ils comptent atteindre leurs objectifs, 75% des entrepreneurs (n=90) disentquils ont besoin de fonds, 29% expriment des besoins en matriel et quipement, 13% disentquils ont besoin de terre et 10% disent avoir besoin de formation.

    Les jeunes employs dans le travail salari

    Le pourcentage de jeunes travailleurs salaris de lchantillonnage tait de 19%, ce qui fait un

    total de 79 rpondants. La section qui suit dcrit les caractristiques de lemploi que font ces79 travailleurs salaris.

    Parmi les jeunes employs dans le travail salari, la majorit (60%) est dans un emploitemporaire tandis que 40% taient employs temps plein. A Niono, 52% des travailleursenquts taient des employs permanents. 14% des employs enquts travaillent pour le

    gouvernement, dans les entreprises publiques, les ONGs, les institutions non tatiques et desassociations etc. Il y a une variation lintrieur des sites . Bamako et Niono ont le plus faible

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    pourcentage des rpondants qui travaillent pour ces emplois ci-dessus cits (7% et 3%

    respectivement) tandis que Konobougou et Sgou ont le pourcentage le plus lev avec (23%et 29% respectivement).

    En dautres termes, Bamako et Niono ont le plus grand nombre de rpondants qui travaillentdans le secteur priv (93% et 97% respectivement) tandis que Konobougou et Sgou ont le

    plus grand nombre de rpondants qui travaillent dans le secteur public. Seulement 9% (n=7)

    de travailleurs salaris possdent des contrats crits, tandis que 23 travailleurs ont un contratoral. 69% nont aucun contrat. La forte majorit (80%) a obtenu son travail via un rseausocial. Seulement un plus du 1/3 des employs (34% peroivent un salaire fixe et 33% nont

    pas cela. Cependant Niono, seulement 13% gagnent un salaire fixe contre 87% qui nen ontpas.

    En termes de pension et de scurit sociale seulement 3 rpondants (4%) affirment que leurs

    employeurs cotisent pour leur pension et seulement 5 rpondants (6%) affirment que leursemployeurs cotisent pour leur scurit sociale.

    Ces rsultats montrent la dominance du travail salari informel parmi les jeunes travailleursavec des travaux prcaires, des salaires irrguliers et sans ou peu de protection sociale.

    La moiti des jeunes salaris dit quelle cherche prsentement un autre travail. Une large

    proportion (73%) des rpondants qui na pas sespropres affaires, dit quelle est en voie delancer sa propre entreprise (un peu moins de 61% Niono, un peu plus lev Bamako et

    Konobougou 87% et 85%).

    Les jeunes sans emploi

    Le pourcentage de jeunes chmeurs de lchantillonnage tait de 27%, pour un total de 110rpondants. La section suivante dcrit les caractristiques et les aspirations de ces 110rpondants.

    Parmi les jeunes qui ne sont pas employs, 45% disent quils ne travaillent pas parce quil ny

    a pas de travail acceptable , 32% disent quils ne travaillent pas car ils sont des tudiants,11% disent quils sont entirement pris par les travaux domestiques, 3% avancent des raisons

    sociales (grossesse/maternit et maladies).

    Les variations entre les quatre sites sont visibles. A Konobougou et Sgou, les jeunes disentchmer parce quil ny a pas de travail acceptable , avec respectivement 59% et 52%.Sgou aussi a un grand nombre de jeunes qui disent tre des tudiants (43%). A Niono ontrouve le plus grand nombre denquts qui expliquent leur non emploi par leurs occupationsdomestiques avec 35%. Seulement 17% des jeunes non employs ont reu des formations

    professionnelles et le perfectionnement des comptences. Parmi les enquts non employs

    qui ont reu des formations, 68% ont reu une formation technique et 32% (n=11) dentre euxont reu des formations en gestion des entreprises. Lorsquon leur demande sils ont

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    lintention de lancer leur propre business, 61% rpondent oui, 37% rpondent non et 20%

    taient indcis. Lorsquon compare les quatre sites, on voit que Bamako et Konobougou ont leplus grand nombre de jeunes qui disent oui la question cration dentreprise avecrespectivement 63% et 77% tandis que Sgou et Niono ont un nombre plus bas de oui avec48% et 52% respectivement. Lorsquon leur demande quel type de business quils comptentlancer, la majorit (60%) rpond : le commerce ou une affaire semblable au commerce. Lamajorit des jeunes non employs qui a lintention de lancer son business dit que le manque

    de capital est la premire raison de son blocage. A Niono, un grand nombre de rpondantsdisent que cest le manque de connaissances techniques et des ides qui bloque leurdmarrage dans la cration dentreprise (27%).

    5.2- Les dimensions socioculturelles de lentreprenariat jeune

    Lanalyse des donnes recueillies fait ressortir que plusieurs variables telles que le niveau de

    formation, lambition personnelle, le milieu de vie, le sexe, lorigine sociale, lenvironnementconomique, le contexte politique et institutionnel ont un impact sur le choix des jeunes dtreentrepreneur ou salari chez un priv ou dans lEtat. Ltude rvle aussi que le simple fait decre des programmes et des fonds financiers pour soutenir lentreprenariat ne conduit pasautomatiquement les jeunes sy engager. Cest le cas de lagriculture o pullulent lesCaisses de la micro-finance mais qui attire peu de diplms. Enfin dinciter les jeunesdiplms risquer dans lentreprenariat rural, lEtat doit dabord amliorer lenvironnement

    des affaires pour le monde rural et aussi financer quelques fermes pilotes commeexprimentation en vue dattirer les jeunes dans le secteur. Dans quelle mesure et par quelsmoyens lEtat peut rendre lagriculture attractive pour les jeunes est clairement une questionqui a une dimension culturelle et sociale : comment changer les prjugs quont les jeunes surlagriculture et le paysan? Le problme de lemploi, comme laffirment certains jeunes danscette tude, nest certainement pas un problme de manque de travail, mais le prestige quon

    accorde au travail que lon veut exercer. Ils disent quil y a du travail, mais les jeunes

    cherchent le boulot qui ne les salit pas. Cest dire que la question de lemploi a une dimensionculturelle importante par laquelle il faudrait commencer.

    Cette tude met en lumire le problme de formation dans lemploi rural. Les villes sont

    bombes de jeunes ayant reus la formation, mais qui chment ou se dbrouillent au march.

    Par contre, le milieu rural manque cruellement de jeunes forms pour boosterlentrepreneuriat rural. Depuis 2002, malgr la mise en place de nombreuses institutions deformation professionnelle, le problme reste entier comme le tmoignent les jeunes et lesagents des institutions publiques bass Niono et Konobougou. Les ressources locales sontsouvent disponibles dans certains secteurs comme lagriculture mais le professionnalisme et

    lappui institutionnel font dfaut car les jeunes ayant reu les formations ncessaires refusentdaller sy installer. La question est comment mobiliser les jeunes ayant reu la formation

    professionnel vers le milieu rural ?

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    5.3-

    La fonction publique : le premier choix des diplms

    Le Mali est un pays o lEtat demeure encore le plus gros employeur de gens forms etdiplms. Notre tude rvle que la notion demploi ou de travail chez les jeunes diplmsrenvoie la fonction publique. Pour un jeune diplm, trouver du travail signifie tre recrut

    la fonction publique qui est un emploi vie. En plus, depuis la dmocratie, tre fonctionnairenempche pas que lon monte une petite entreprise quon fera grer par quelquun dautre. Laforte majorit des jeunes diplms vont dans le priv en attendant de passer un concoursdentrer la fonction publique.

    A la question de savoir pourquoi, les jeunes diplms veulent presque tous aller la fonctionpublique, les rponses sont diverses. Soumaila NDiaye, 22 ans, a termin luniversit deBamako. Il explique pourquoi il attend le jour o il va intgrer la fonction publique :

    Jai fait plus de 16 ans dtudes pour obtenir une Matrise en sciences sociales. Pendant cetemps, je nai pas appris un autre mtier. Si je dois mengager dans un travail autre que celuide mon profil, je dois reprendre zro. Et je nai pas envie faire cela. Cest pourquoi jattendsune offre qui correspond ma formation ou mes comptences. Travailler dans un bureauserait lemploi quil me faut.

    Tandis que certains cherchent lemploi salari en occurrence la fonction publique, dautresplus raisonnables cherchent une porte de sortie c'est--dire un emploi de survie, comme lefait Skou Miminta, 21 ans, leveur Sgou Sido-Soninkoura :

    Nous jeunes, nous devrons faire tous les travaux qui nous permettent de gagner notre vie. Etcest ce qui est important mes yeux. Tout emploi rentable est souhaitable. Actuellement je

    fais llevage et lagriculture de subsistance parce que a me permet de gagner ma vie.

    Des jeunes diplms chmeurs qui pensent comme Skou Miminta ne sont pas nombreux.Dans lensemble, les diplms chmeurs privilgient la fonction publique et parmi ces

    chmeurs on y trouve curieusement ceux qui ont des coles professionnelles.

    5.4-

    Le commerce, le choix des jeunes citadins

    Dans les quartiers pauvres de Bamako et dans la ville de Sgou le commerce reste le secteurde prdilection des jeunes qui nont pas t lcole ou qui lont abandonn. Le choix de fairedu commerce est plus accentu chez les femmes. Le commerce chez beaucoup de jeunesgarons sapparente du dbrouillardisme ,2 cest--dire trouver de quoi subvenir aux

    besoins de base.

    2Dans le domaine de lemploi, le mot dbrouillardisme vient du verbe se dbrouiller qui signifie trouver sespropres moyens de survie, sen sortir par ses propres moyens . Plus prcisment, le mot es t apparu dans le jargon

    des chmeurs en Afrique Francophone pendant la premire dcennie (1984) de lAjustement Structurel qui a mis la porte plusieurs milliers de travailleurs de lEtat et introduit, en mme temps, le concours dentre lafonction publique pour restreindre drastiquement le recrutement des jeunes diplms. Au Mali, des milliers de

    jeunes diplms, en attendant un jour dintgrer la fonction publique, sefforaientde survive en faisant toute

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    Souvent ces jeunes passent dune activit une autre cause des difficults de ressources etdu march imprvisible. Certains arrivent monter des entreprises solides aprs quelquesannes de traverse de dsert. Cest le cas de ce jeune qui est pass du dbrouillardisme

    propritaire dcole prive. Voici un extrait de son rcit :

    Moi, jtais photographe, je faisais des photos de porte en porte. Ce business na pas march. Je

    me suis alors lanc dans le business du Cyber-caf. Cette affaire aussi na pas march comme jelesprais. Ensuite, jai investi mon conomie dans lachat dun taxi. Le matin, je prenais des

    cours de conduite, le soir jtais taximan . Si je dis cela aux gens ils ne vont pas croire, maisje vous jure que jai dmarr mon entreprise, avec une somme de 3500 F CFA (7 EURO).Aujourdhui, Dieu merci. Je possde deux Lyces denseignement secondaire. Je suis fier de

    moi. Quand on ne souffre pas, tant quon ne peine pas, on ne peut pas tre capable de

    comprendre quel est le but dune entreprise. Ce que je peux dire aux jeunes, cest que lona riensans peine, il faut surtout esprer, il ne faut jamais se sous-estimer. Etre jeune nest pas unhandicap au contraire cest un avantage. Le jeune est dynamique, il peut bouger dans tous lessens. Les difficults il y en aura toujours dans la vie. Il faut faire avec. Les difficults sontsouvent dues la jeunesse, au manque dexprience. Celle-ci est la somme des checs et desrussites. Il faut toujours se dire que cest possible, comme les anglais disent learning bydoing , tant quon a peur de se tromper, on ne va jamais avancer. La meilleure mthode cest decommencer. Le jeune doit chercher sinstruire lcole, mais aussi chercher se cultiver pour

    connatre lenvironnement dans lequel il entreprend. Ce ne sont pas que les riches qui russissentdans la vie. Les pauvres aussi ont une place au soleil. Il suffit dy croire.

    5.5-

    Lagriculture, le choix des jeunes ruraux

    De Bamako Niono, en passant par Sgou et Konobougou, les diffrentes personnesinterroges ont soutenu dans leur grande majorit que cest le travail de la terre qui est lasolution au problme de lemploi au Mali. Cependant, il y a ce quon pourrait appeler le

    paradoxe de lagriculture. Dun ct, elle est perue comme le plus important moyen de luttecontre le chmage des jeunes, de lautre ct les jeunes diplms prfrent faire le

    dbrouillardisme Bamako ou dans les villes intrieures que daller dans les champs.

    LOffice du Niger o domine lagriculture irrigue offre de relles possibilits demploi aux

    jeunes diplms ruraux et citadins. Cependant, elle nattire pas ces derniers cause deplusieurs facteurs, tels que les conditions de vie difficile dans le milieu rural. Ceux qui selancent dans lagriculture sont des jeunes diplms qui ont un background rural. Les cultures

    sorte dactivits . Ils ont appel cette stratgie de survie se dbrouiller ou du faire du dbrouilladisme.Ainsi, en milieu urbain, le mot est venu dsigner tout type de travail temporaire quentreprend un jeunechmeur (diplm ou pas) en vue de subvenir ses besoins de base ou de ne pas dpendre de ses parents pour lesdits besoins. Nous voyons dans ce rapport que la notion de dbrouillardisme dcrit les conditions de travailimprvisibles des jeunes urbains et ruraux. Pour bon nombre de ces jeunes, le dbrouillardisme, au lieu dtreune transition, es t devenue une condition permanente de vie vue le long temps quils prennent avant davoir leur

    premier travail salari et/ou dtablir leur propre bus iness.En ralit ce que les jeunes attendent, cest dtablirpour eux-mmes ce quils cons idrent comme tant un vritable bus iness.

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    comme celle du riz et des fruits et lgumes exigent des comptences en techniques agricoles

    modernes. Ici encore la question est comment inciter les nombreux chmeurs sortis desgrandes coles et des coles professionnelles se lancer dans lagriculture ?

    Nous avons enregistr auprs de nos interviews quelques raisons de la rticence des jeunes lagriculture. En voici quelques-unes :

    Certains paysans interrogs disent que cest linsuffisance des terres qui explique le peudengouement des jeunes lagriculture. Par contre, dautres disent que les jeunes, aprs leurstudes ne veulent pas de lagriculture quils trouvent dgradante, comme le tmoigne un

    jeune tudiant de Konobougou :

    Bien que lagriculture soit le mtier de nos parents, nous jeunes, aprs nos tudes, nous avons

    honte de nous sengager dans ce travail. Car ce nest pas un mtier o lon peut porter de

    beaux costumes et rencontrer de belles filles.

    Skou Miminta, g de 21 ans, leveur de poulets Konobougou est de mme avis que cettudiant. Selon lui, les jeunes naiment pas lagriculture et ne lui accordent aucuneimportance. Karim Traor, un leveur de Konobougou met laccent sur les conditionsdifficiles de vie de ceux qui la pratiquent. En substance, il dit:

    Les jeunes ne sengagent pas dans lagriculture parce quils voient que ceux qui la pratiquent

    vivent mal et ne possdent pas grand-chose.

    Certains jeunes comme Karamoko Djir, 28 ans, agriculteur Konobougou et son collguesoutiennent que lagriculture ne permet pas de prparer lavenir des enfants. Nous rsumons

    ici leurs discours.

    Nos parents ont pass toute leur vie cultiver la terre, et pourtant ils nont pas pu prparernotre avenir. Cest la raison pour laquelle nous naimons pas lagriculture. Par contre, les

    jeunes dorigine non paysanne ne sengagent pas parce que ce nest pas le travail de leurs

    parents. Lagriculture ici Konobougou nest pas rentable. Nous la pratiquons faute de

    mieux. Le jour o nous trouverons un travail plus rentable nous abandonneronsimmdiatement lagriculture.

    A ct de jeunes qui mettent laccent sur la non rentabilit de lagriculture, il y a ceux qui

    pensent que le vrai problme cest labsence de jeunes paysans bien forms capables de

    pratiquer une agriculture haute technicit. Cest lavis dun jeune chmeur rencontr Sgou. Il explique pourquoi un groupe de jeunes diplms install lOffice du Niger a toutabandonn, champs et matriels de travail pour rejoindre Bamako. En voici un extrait de sontmoignage :

    Il y a quelques annes, lEtat a financ linstallation dun groupe de jeunes sur les terres de

    lOffice du Niger. Une campagne aprs, ces jeunes paysans sont alls en faillite. Les raisonsde leur chec sont varies. Certaines personnes disent que les jeunes nont pas investi le crdit

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    agricole dans les champs. Ils ont d les gaspiller dans des dpenses de prestige. Par contre,dautres disent que ces jeunes ne matrisaient pas les techniques de la riziculture irrigue. Cecas montre, dans tous les cas, quil y a ncessit que les jeunes soient dabord forms

    lagriculture moderne avant quon ne leur accorde des parcelles ou des crdits agricoles.

    Il ny a, cependant des jeunes, qui ne jurent que par lagriculture comme cest le cas de cejeune paysan qui disait :

    Aujourdhui, je ne vit que de lagriculture et pourtant je nai reu aucune formationprofessionnelle sur lagriculture. Pour des raisons familiales jai migr bas ge de monvillage pour minstaller dans ce village.

    Beaucoup de jeunes ont mis laccent sur la place centrale que pourrait occuper lOffice duNiger dans lemploi des jeunes. Voici lavis dun agent agricole de Niono:

    Chez nous lOffice Niger, il ny a aucune activit qui puisse rapporter 600 000 F CFA(EURO 1000) de bnfice chaque cinq mois si ce nest pas lagriculture.

    Lun des problmes auxquels font face les jeunes qui veulent se lancer dans la riziculture

    irrigue lOffice du Niger est linsuffisance des parcelles amnages comme le souligne

    Siaka Traor, 30 ans mari, pre de quatre enfants :

    Jaimais lagriculture mais je navais pas de terre, je lai cherch sans succs et le temps a

    pass, jai entrepris autres choses.

    Le constat de Monsieur Siaka Traor est aussi fait par deux femmes : Fatoumata Diarra etAramata Traor ; toutes deux vendeuses au march de Sgou. Elles disent laconiquement:

    De nombreux jeunes ont une bonne perception de lagriculture et aimeraient se lancer dans lesactivits agricoles, mais le problme est quil ny pas assez de terres amnages pour les

    jeunes lOffice du Niger.

    Selon Fatoumata Ciss, grante dun salon de coiffure Sgou, les jeunes sont conscients des

    avantages de lagriculture mais seulement ils ny ont pas accs. Selon elle, le taux lev de

    jeunes chmeurs lOffice du Niger est li au manque de terres.

    Linsuffisance des parcelles amnages est le premier problme soulign par presque tous les

    interviews de Sgou et de Niono. Une des solutions qui reste est de louer ou dacheter des

    terres qui sont justement trop chres pour un jeune dbutant. Cest pourquoi beaucoup dejeunes restent les bras crois dans la zone Office du Niger.

    Un autre jeune interview Niono tmoigne du dsir des jeunes davoir des terres lOffice

    du Niger.

    Ces jeunes sont ns et grandis dans la culture du riz. Ils ont lamour de la terre etsavent quonpeut compter sur elle. Comme on le dit la terre ne ment pas . Les emplois recherchs

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    lOffice du Niger est la riziculture et le marachage. Le problmes est que les jeunes sont peuprsents dans ces activits. Les jeunes qui sy lancent rencontrent des difficults daccs auxparcelles amnages, lachat des outils de travail et au cot des intrants et de la redevance

    eau. A celles-ci, il faut ajouter un manque de formation en techniques agricoles. Voilquelques-unes des difficults auxquelles les jeunes de cette rgion font face et qui les

    empchent de se raliser comme ils le souhaiteraient dans le monde agricole o ils rvent de seraliser.

    Un agent de service de dveloppement lOffice du Niger, disait quen gnral, dans tout le

    Mali, cest le systme foncier coutumier qui est la plus grande barrire qui empche aux

    femmes davoir accs aux terres. En substance il dit :

    Les ressources principales du Mali relvent du secteur agricole. Chez nous la terre, leau etles animaux appartiennent aux hommes. Il y a aussi le poids du mnage qui pse sur lesfemmes. Une femme ne peut pas quitter son foyer pour aller, loin de son mnage et travailler

    plusieurs jours. Certains maris nacceptent pas de vivre de pareilles situations. Au Mali, onpense que la femme doit rester la maison, tre la matresse de la maison.

    5.6- La migration rurale : lOffice du Niger, un ple attractif

    Ltude montre que les jeunes ne bougeraient pas de leurs villages ou villes sils pouvaient ytrouver du travail et raliser leurs rves. Cest le chmage prolong qui les pousse quitterleurs rgions ou leur pays. Lune des questions de recherche pour nous est de savoir quellesseraient dans un futur proche ou lointain les rgions maliennes forte croissance conomiquevers lesquelles iraient les jeunes ? Ltude montre que lOffice du Niger attire les jeunesruraux de toutes les rgions du Mali. Depuis une dizaine, dans les rgions du Sud Ouest du

    Mali cest lorpaillage qui attire de milliers jeunes ruraux. Cette activit minire uneconsquence grave sur la production agricole et sur la dgradation de lenvironnement. Les

    jeunes citadins se dirigent vers les nouveaux Eldorados africains : Angola, Guine Equatorial,Afrique du Sud etc.

    Les jeunes filles et les jeunes garons dorigine rurale migrent lOffice du Niger pour

    sadonner aux activits marachres, secteur o dominent les femmes maris et migrantes.

    Une femme rencontre Fobougou un village de lOffice du Niger explique comment ellesest lance dans la production de loignon:

    Je suis la deuxime femme de mon mari, mre de six(6) enfants. Je fais lcole coranique. A

    lenfance, je rvais dtre une prcheuse auprs de mes consurs. Cest aprs mon mariageque je me suis retrouve Fobougou. Il y a de cela 15 ans. A mon arrive, jai trouv que

    toutes les femmes du village faisaient le marachage en contre saison dans les parcellesfamiliales ou celles loues. Comme ma copouse possdait dj sa parcelle, mon mari men adonn une partie de sa parcelle que jexploite. Aprs la rcolte du riz, lchalote est lactivit

    principale des paysans de lOffice du Niger. Je suis dans une grande famille o les femmes se

    sont organises pour sentraider dans le repiquage, le dsherbage des champs des unes desautres, parce que la main duvre cote cher.

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    En plus des femmes, des jeunes migrants pcheurs venus du delta humide (Macina) etdautres localits du Mali alternent lagriculture et la pche. La migration de pche extradeltaque des pcheurs Bozo et Somono du Delta central du fleuve Niger est visible par ledegr dinvasion des canaux dirrigation par ceux-ci. Les hommes pchent, les femmessoccupent de la vente du poisson. Un jeune migrant venu de Kayes disait quen plus de lariziculture, il fait le commerce du riz et des intrants.

    5.7- Lentreprenariat fminin, un secteur fortes potentialits

    Malgr le poids de la tradition, le manque de formation, les prjugs des poux, ltudemontre que les femmes sont trs prsentes dans certains secteurs comme la restauration, lacoiffure, la couture, la teinture, la saponification, la vannerie et le petit commerce. On dit denos jours les jeunes hommes prfrent marier une femme qui se dbrouille qu une

    femme qui fait rien. Dans les villes intrieures ainsi qu Bamako, certaines de ces femmessont les grandes pourvoyeuses demplois aux jeunes migrantes venues des villages. Il y a troiscatgories de femmes qui se lancent dans le business priv : les jeunes filles, les femmesmaries et les femmes divorces ; ces dernires nont pas dautres alternatives car elles nont

    pas dautres soutiens.

    Les femmes sont particulirement cibles par les caisses de micro-finance et aussi par les

    institutions tatiques dappui au monde rural.

    Selon un agent de lAPEJ, les femmes sont plus crdibles que les hommes dans la gestion desfonds allous pour les activits gnratrices de revenus. Malgr le poids des traditions socialesqui handicapent nombre de femmes, elles ont beaucoup de potentialits. Elles sont reconnuescomme pouvant tre le moteur de la promotion de lentrepreneuriat dans le milieu rural et

    urbain. Un observateur local dit ceci en parlant des capacits gestionnaires des femmes :

    En matire de gestion, la femme gre mieux et est, par consquent, plus crdible devant lesinstitutions de la micro-finance. Il y a certes des pressions socioculturelles qui font que lafemme ne puisse rien faire sans laval de son mari. Il faudrait, en ce temps, que la femme aitelle-mme linitiative de crer son entreprise. Les femmes doivent se considrer en elles -

    mmes capables. Quelles ont une capacit relle de cration de biens et de services. Cest vraiquil y a toujours les pressions sociales, mais aujourdhui les femmes sont capables de lescontourner. Etant un agent dappui aux entreprises, jai pu travailler avec des centaines de

    femmes qui se sont installes leur propre compte. Les femmes ont t encadres dans lesdomaines comme la couture, la teinture, la saponification, la vannerie afin quelles puissentproduire.

    Plusieurs interviews ont reconnu que si les femmes sont dcides elles peuvent biensurmontes les barrires sociales et culturelles. Pour cela, il faudrait quelles optent pour les

    activits qui leur russissent mieux quaux hommes.

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    Quant aux femmes, elles sont optimistes que les contraintes culturelles font saffaiblir plus

    vite quelles ne ltaient il y a deux dcennies. Cet optimisme se justifie par la politique

    tatique relative lemploi qui favorise et incite les femmes entreprendre.

    Un agent de lemploi jeune disait quil y a une politique de discrimination positive pourbooster lentrepreneuriat des femmes. Il dit ce propos :

    Nous ne faisons aucune diffrence entre les hommes et les femmes dans la formation etlappui. Mais il faut reconnatre que, quand il y a litige entre 2 projets (celui de homme et celui

    de la femme), nous priorisons la femme. Il faut souligner aussi que dans le remboursement desdettes contractes, les femmes sont plus fiables. Sur nos 316 jeunes forms les hommes sontplus nombreux mais nous finanons 4/5 des femmes qui finissent leur formation chez nous. Lefinancement des projets des femmes est notre priorit bien que nous recevons peu de demandede leur part. Nous faisons lappel projet sur la tlvision nationale et sur les radios

    communautaires et nous partons aussi sensibiliser les jeunes des coles techniques qui sont enfin de formation et qui ont envie daller dans lentrepreneuriat.

    Les femmes pensent que certaines pratiques traditionnelles qui psent sur elles commencent disparaitre cause de la crise conomique et des contraintes de la vie moderne. De plus en

    plus les jeunes hommes cherchent pouser les femmes qui se dbrouillent , cest--direcelles qui mnent des activits conomiques et qui gagnent un revenu plus ou moins fixe.

    Cela allge le poids de la charge familiale sur les hommes. Une de nos enqutes disait cepropos :

    Quand je vois des femmes qui crent leurs propres business et qui vont Douba, Lagos, jecrois que la tendance change. Parmi celles qui voyagent, il ya des jeunes maries et desfemmes ges. Il existe encore des hommes qui naccepte raient pas que leurs femmessabsentent du domicile conjugal pendant des semaines.

    Si une femme russit et quelle nest pas marie, des hommes courent aprs elle et lui font des

    propositions de mariage et ou de cration de foyer.

    En plus des femmes maries il y a le dynamisme conomique des jeunes filles dont on parle

    peu. Interroges sur ce sujet, voici ce que disent deux jeunes filles : K.C et F.T :

    De nos jours, il y a tellement de jeunes femmes entrepreneures. Des filles dynamiques quicrent leurs propres entreprises. Leur vritable handicap est quelles seront appeles un jour tre mre au foyer. Larrive des enfants et les travaux domestiques dtruisent souvent leur

    ambition. Elles se demandent est ce quelles pourront concilier business et vie de famille etcomment : voil des questions qui hantent des jeunes filles qui se lancent danslentrepreneuriat bien avant leur mariage.

    De nos enqutes sur femme et business , il ressort que la grande majorit des femmescommencent le business aprs leur mariage et mme un ge avanc (plus de 40 ans). En ce

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    temps elles auraient fini de faire des enfants et ceux-ci sont assez grands pour les aider et leurs

    maris sont moins jaloux de leurs mouvements.

    Pour les jeunes filles non maries, cest beaucoup plus compliqu. Cest dabord les parents

    mmes qui ne permettent pas leurs filles de quitter la famille pour raison de business. Ellessont plus vulnrables. Par exemple, celles qui font le commerce, intra urbain, interurbain ouinternational sont victimes du harclement sexuel et mme des viols. Une femme retraite quia servi la justice de Niono pendant plus de 30 ans affirme quil y a eu plusieurs jugements

    sur des cas de viols de petites vendeuses dont sa propre nice venue du village pour vendre dujus de gingembre. Elle disait de faon mlancolique :

    Elles sont nombreuses les jeunes filles qui ont subi ce genre datrocits sexuelles. Cest pour

    cette raison que les pres de famille naiment pas que leurs filles fassent du commerce avantdtre marier.

    Mme si une jeune fille obtient quelques succs dans le commerce, ds quelle se marie elle

    sexpose la rticence du mari. Celui-ci dveloppe une jalousie permanente jugeant que lecommerce de sa femme nest rien quun prtexte pour elle de voir dautres hommes.

    5.8- La perception des jeunes sur les institutions charges de promouvoir lemploi

    jeune

    Les avis sont varis et contradictoires sur le rle des institutions politiques charges de

    promouvoir lemploi des jeunes et les caisses rurales qui sont supposes le soutenirfinancirement. Certains jeunes trouvent que les services publics dappui lemploi des

    jeunes comme lAPEJ, lANPE font dans lensemble un bon travail.

    Nous rapportons ici des exemples de perceptions positives et ngatives sur les caisses rurales

    et les institutions tatiques.

    Monsieur Kon, commerant de crales explique pourquoi, il trouve que ces institutions sontutiles pour les jeunes:

    Je pense que les institutions publiques ddies lemploi des jeunes excutent une bonne

    politique dans ce sens. Par exemple, des institutions comme lAPEJ, lANPE font de la

    formation professionnelle et apportent un soutien matriel aux jeunes par loffre des motos -taxi ou des charrettes. Ce soutien est encore limit. Il serait encore mieux si le Gouvernementpeut ltendre la majorit des jeunes qui veulent se lancer dans lentrepreneuriat.

    Cependant, malgr cette perception positive, de nombreux jeunes et leurs parents trouvent que

    ces intuitions tatiques (APEJ, ANPE, DREFP) sont gangrenes par le npotisme et leclientlisme. Dans le processus de slection, cest gnralement les pa rents proches et lesamis des agents tatiques qui sont prioritaires. Une autre faiblesse de ces institutions est qula fin des stages de qualification, de nombreux jeunes sont laisss eux-mmes. Il ny aaucun suivi.

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    Les jeunes entrepreneurs ont aussi des ides divergentes sur les caisses rurales. Ceux qui ontdes perceptions ngatives se basent sur les contraintes. Ils insistent sur les conditionnalits desinstitutions de la micro-finance. Avec ces institutions, ils se sentent pris dans un pige sans fincomme le tmoigne cette commerante rencontre au march de Sgou :

    Il ya trois ans jai pris une dette avec une Caisse dEpargne et de Crdit de la place. Il tait

    convenu que chaque mois je verse un montant fixe la Caisse jusqu' lpuisement du crdit.Il est arriv un moment o je ne pouvais pas verser le dit montant car mon entreprise nefonctionnait pas trs bien. Je navais pas de march. La caisse a saisi tous mes biens de valeur.

    Ds lors je ne fais plus confiance aux institutions de la micro-finance.

    Un autre commerant rencontr Konobougou est plus radical dans sa perception des CaissesRurales :

    Moi personnellement, je ne vois pas le but de lexistence des institutions de la micro -financecar la couche sociale la pus diminue ne bnficie pas de leurs aides. Leurs conditions sont trsdifficiles et imposent des garanties et des taux dintrts levs. Si nous avions les moyens,

    nous nallions pas demander leur aide. En dpit des garanties, le processus de soumission des

    dossiers est long et compliqu. Moi je nai jamais demand de crdit et je ne le ferai pas cartous ceux qui lont fait ont mal fini.

    6- Conclusion

    A lissue de cette tude, nous constatons les difficults smantiques dfinir les concepts telsque : jeune, chmeur, travail salari/ non salari, entrepreneur ou auto-emploi. Cependant, au-

    del de ces difficults conceptuelles, lanalyse des donnes recueillies fait ressortir queplusieurs variables telles que le niveau de formation, lambition personnelle, le milieu de vie,le sexe, lorigine sociale, lenvironnement conomique, le contexte politique et institutionnel

    ont un impact sur le choix des jeunes dtre entrepreneur ou salari chez un priv ou dans

    lEtat. Ltude des perceptions des jeunes urbains et ruraux ; diplms et non diplms sur lesinstitutions tatiques de promotion de lemploi jeune rvle que le simple fait de cre des

    programmes et des fonds financiers pour soutenir lentreprenariat ne conduit pas

    automatiquement les jeunes sy engager. Il faudrait, par exemple, faire un travail dechangement dattitude des jeunes vis--vis de lagriculture afin que cette activit soitattractive pour la couche les jeunes urbains en particulier. Dans ce secteur pullulent lesCaisses de la micro-finance mais qui attire peu de jeunes diplms. Les sites choisis : milieuxruraux et milieux urbains ont permis de comprendre la diffrence dattitude des jeunes surlagriculture et le business.

    Dans le milieu urbain, ltude des raisons et motivations qui fondent le choix des jeunes pourun emploi permettent dgager par voie hirarchique les activits suivantes:

    La fonction publique Le business

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    Lagriculture

    La migration interne et internationa le

    Par contre, dans le milieu rural, les jeunes portent leur premier choix sur lagriculture et vient

    ensuite la migration vers les villes ou lOffice du Niger.

    Ltude a explor aussi les perspectives de recherche sur les problmes de chmages dejeunes et la modernisation du secteur agricole.

    7- Recommandations

    Lune des conclusions de cette tude est que lEtat et les dcideurs locaux doivent prendre en

    compte les intrts des femmes et des jeunes entrepreneurs dans leur politique de relance delagriculture comme vecteur de la croissance conomique au Mali. Pour se faire, lEtat doit

    amliorer les conditions daccs la terre, la formation technique et lallgement desconditionnalits daccs aux crdits de la micro-finance. Ceux-ci proposent les solutionssuivantes :

    Augmentation substantielle des parcelles amnages lOffice du Niger au profit desjeunes

    Formation continue en techniques agricoles pour les jeunes qui veulent sinstaller

    Simplification des procdures dobtention de crdits auprs des institutions de lamicro-finance

    Perfectionnement continu des comptences des jeunes entrepreneurs Plus de transparence et dquit dans les programmes tatiques de lemploi jeune

    Allgement par les caisses de la micro-finance des conditionnalits au profit desjeunes.

    En outre, le problme de lemploi jeune peut tre pos en terme plus global. Dans ce cas nous

    estimons que lEtat doit penser investir une partie des revenus de lor dans lappui desjeunes entrepreneurs, en particulier dans le secteur agricole en mettant laccent sur lemarachage des femmes. Dans la recherche future sur lemploi jeune laccent doit tre mis sur

    les relations business et agriculture, surtout au niveau de lagro-business en forte croissance lOffice du Niger.

    A la fin de cette tude plusieurs questions peuvent tre formules comme base de rechercheplus approfondies :

    Comment changer l'attitude ngative que les jeunes ont de l'agriculture?

    Comment encourager les jeunes devenir plus entrepreneurs plutt que d'attendre d'unemploi, et de prfrence dans l'tat?

    Comment la politique de libralisation de lconomie (privatisation) et de la socit

    (dcentralisation) a affect lemploi des jeunes dans le milieu rural et urbain ?

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    Comment le systme de solidarit locale (les Tons) et les institutions de la micro-

    finance affectent lentrepreneuriat jeune ?

    Quel est limpact du retrait de lEtat sur les petites exploitations familiales et lagro-business lOffice du Niger ?

    Comment les communauts dcentralises peuvent-elles monter des programmes deformation professionnelle adapts leurs ressources naturelles ?

    Comment les organisations et les coopratives paysannes peuvent-elles impliquesdans la promotion de lemploi jeune au niveau rural ?

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    8- Rfrences

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    Dougnon, I. (2011) Child Traffiking or Labor Migration? An historical perspective fromDogon Country, Humanity: An International Journal of Human Rights,humanitarianism, and Development, Volume 2, Number 1, pp: 85-105

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    Perspective, at The XVIth World Economic History Congress, University ofStellenbosch, South Africa, July 9-14, 2012.

    GEM (2013): The Global Entrepreneurship Monitor http://www.gemconsortium.org/

    Gough, K.V., Langevang, T. and Owusu, G. (2013): Youth employment in a globalizingworld, International Development Planning Review 35(2): 91-102.

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