DOSSIER DE PRESSE - ©e dauphinois, Grenoble CE QUE NOUS DEVONS A L’AFRIQUE Du 16 octobre...

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  • D O S S I E R D E P R E S S E

    CONTACT PRESSE

    Agns Jonqures04 57 58 89 11 - a.jonqueres@cg38.fr

    Une exposition du Muse dauphinois16 OCTOBRE 2010 - 9 JANVIER 2012

    Ce que nous devons

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  • Mu se dauph inois , Gren oble CE QUE NOUS DEVONS A LAFRIQUE Du 16 octobre 2010 au 9 jan v ier 2012 Dossier de presse

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    Ce que nous devons lAfrique

    Lexposition Dans le cadre des expositions qui abordent les problmatiques des communauts dorigine trangre installes en Dauphin, le Muse dauphinois propose aujourdhui dvaluer ce que nous devons lAfrique au regard de lhistoire, dapprcier les valeurs que portent les socits de ce continent et ce quelles nous enseignent. Il ambitionne de bousculer certains prjugs que de nombreux acteurs culturels, associatifs et universitaires isrois, partenaires du projet, dnoncent dans leurs actions. Ds lentre dans lexposition, le visiteur est interpell par Marie-Josphine Kon, filme grandeur nature. Incarnation de lAfrique, elle fait tat des richesses culturelles africaines et demande : Pensez-vous que le monde occidental puisse avoir un jour besoin des acquis de la civilisation africaine ? Eh bien regardez ce que lon vous montre ici et reparlons-en la fin du parcours . Ainsi averti, le visiteur pntre dans la premire partie de lexposition consacre lhistoire. Plusieurs moulages de fossiles dhominids attestent que lhumanit est ne ici. Touma, dcouvert dans le dsert du Djourab au nord du Tchad en 2001, dont lge a t estim 7 millions dannes est considr comme le plus vieux fossile dhominid connu. Lucy, dcouverte en 1974 en Ethiopie par Yves Coppens est ge de 3 millions deux cent mille ans et dmontre que lacquisition de la marche bipde est antrieure 3 ou 4 millions dannes. Le visiteur poursuit sa marche dans le temps et dcouvre que la mtallurgie du fer est invente en Afrique ds le IIIe millnaire avant notre re. Ces quelques donnes montrent que les Ages de la pierre et du fer y sont souvent beaucoup plus prcoces que sur les autres continents. En Afrique, des socits se sont constitues bien avant les ntres pour quelquefois accder des degrs de culture extrmement levs. Cest le cas de la civilisation gyptienne, bien sr, mais galement des grands empires africains qui se succdent jusquau XIVe sicle et dont les vestiges tmoignent dune immense production intellectuelle. Ainsi la Charte du Mand, proclame en 1236 par Soundjata Keita, empereur du Mali, souvent reconnue comme une dclaration des Droits de lHomme avant la lettre, apporte la preuve que les droits humains ne sont pas une invention occidentale. La restitution de lhritage africain dans tous les secteurs de lactivit humaine, reste un vaste et passionnant

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    domaine de recherche observe Cheikh MBack Diop (*). Le leg de lAfrique lhumanit, poursuit-il, incitera alors une rcriture plus objective de lhistoire mondiale des techniques, des sciences et des ides. Cet hritage doit tre connu et enseign . Lhistoire sassombrit ensuite avec la colonisation qui samorce dans la seconde moiti du XVe sicle, au temps des grands explorateurs , avec limplantation des comptoirs commerciaux sur les ctes africaines et lvanglisation des populations locales. Vient aussi le temps de la traite ngrire occidentale et du commerce triangulaire qui dfinit les changes entre lEurope, lAfrique et les Amriques. Ds les annes 1770-1780 des partisans de labolition de lesclavage font entendre leur voix. En France, labb Grgoire en est lun des porte-paroles les plus actifs. Lesclavage sera dfinitivement aboli en 1848 mais nempchera pas les thories racistes de se propager en Europe et aux Etats-Unis prtendant dmontrer la supriorit de lhomme blanc. La visite traverse alors le XXe sicle et note qu la veille de la Premire Guerre mondiale, hormis lEthiopie et le Libria, tous les territoires africains sont rpartis entre les puissances coloniales. Propices au dveloppement conomique des pays colonisateurs, les colonies sont galement dimportants rservoirs humains qui fournissent les troupes lors des conflits arms. Enfin, au lendemain de la Deuxime Guerre mondiale, les mouvements dindpendance se dveloppent en Afrique et en Asie, soutenus par les Etats-Unis, lURSS et lOrganisation des Nations Unies, au nom du droit des peuples disposer deux-mmes . La France sobstine pourtant vouloir conserver une partie de son empire mais en 1960, en pleine guerre dAlgrie, toutes les colonies franaises dAfrique noire deviennent indpendantes. Les anciennes puissances coloniales ont-elles pour autant modifi leurs politiques envers lAfrique ? La deuxime partie de lexposition renverse en quelque sorte le propos et nous donne voir ce que lAfrique a apport lOccident par la puissance de ses cultures et de ses valeurs. Cest lethnologie qui nous apprend cela. Elle nat et se dveloppe dans lEurope coloniale des annes 1870-1910. Certains ethnologues vont mofidier leur regard sur les peuples qui lOccident est sens apporter la civilisation . Lethnologie, telle que la pratiquait Jean Rouch, a largement

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    contribu faire voluer les mentalits : la connaissance nest plus un secret vol, dvor ensuite dans les temples occidentaux de la connaissance, elle est le rsultat dune qute sans fin o ethnographis et ethnographes sengagent sur un chemin que certains dentre nous appellent dj lanthropologie partage . Ses travaux sur limaginaire et les croyances africaines, la place du travail dans ces socits, la fonction de lamiti, servent de support dans lexposition pour explorer les identits africaines. De nombreux extraits de films et dentretiens rendent compte de ses recherches. Le visiteur dcouvre aussi les masques issus des collections du Muse de Grenoble qui sont lincarnation des esprits avec lesquels il est possible dobtenir la gurison, la protection ou le salut.. Lart et la notion du beau sont abords dans la troisime partie de lexposition. Lart africain ne relve pas du seul critre esthtique, il traduit les liens qui unissent lindividu son environnement naturel et social. Les bijoux touaregs par exemple dont quelques exemplaires sont exposs sont plus que des apparats, ils indiquent la fonction que lon occupe dans la communaut. Puis les photographies dHans Silvester emmnent le visiteur auprs des pasteurs nomades de la valle de lOmo en Ethiopie. Leurs coiffes vgtales et leurs ornements participent la jouissance de la beaut dans une relation la nature intacte depuis la prhistoire. Hans Silvester a fix, avant quelles ne disparaissent, ces peintures corporelles et ce quelles traduisent de lharmonie avec le milieu. De ce que nous prenons lAfrique est le dernier volet de lexposition et rpond la question : Comment lAfrique russira-t-elle perdurer en dpit de ce quelle continue de donner au monde et des maux qui lassaillent ? . La plupart des tats africains qui dpendent de lexportation des matires premires ptrole, or, diamant, fer, potasse, manganse - sont les plus conomiquement instables et les plus autoritaires. Dautres, trangls par les emprunts contracts lors de leur accession lindpendance, ne peuvent limiter leurs exportations. Aussi, les matires premires du sol africain sont-elles souvent dilapides, sans profit pour ses habitants. Tandis que des millions de personnes souffrent rgulirement de la famine, dimmenses territoires sont privatiss et mis en culture au profit de pays trangers pour produire de la nourriture ou des agro-carburants. A la dforestation sajoute la spoliation. La capacit de rsistance des peuples africains ne cesse pourtant dtonner. La recherche du consensus dans lintrt de la vie et de la

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    cohsion du groupe, le fonctionnement des rseaux, la solidarit, bref un lien social trs fort leur permet de survivre aux crises. En Occident, de nombreuses ONG rclament lannulation de la dette pour permettre aux populations africaines de matriser leur propre dveloppement. Les travaux rcents dEdgard Pisani ouvrent une autre voie, base sur le respect et la comprhension de lautre, sous la forme dun pacte international de renaissance de lAfrique . Des tmoignages films de personnalits du monde politique et associatif viennent tayer lurgence de changer notre regard sur ce continent. Le visiteur achve le parcours de lexposition avec trois uvres dun jeune plasticien dorigine congolaise, Moridja Kitenge Banza. Les deux premires, Hymnes nous et De 1848 nos jours , viennent dtre primes la dernire Biennale dArt contemporain de Dakar. La troisime sans titre , inspire prcisment de la dette, est ralise spcialement pour lexposition. Enfin, Marie-Josphine Kon sadresse nouveau au visiteur en se demandant : Mais jusqu quand lAfrique donnera ? Jusqu quand le monde pourra-t-il satisfaire aux besoins de lhumanit si rien ne change ? Et sil faut changer, lAfrique a des solutions proposer . (*)Cheikh Mback DIOP est physicien au laboratoire de physique nuclaire de Gift-Sur-Yvette (rgion parisienne, France). Il a aussi cr la police informatique qui permet d'crire des hiroglyphes.

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    Hans Silvester Grand reporter et photographe

    Entretien (*)

    Quelle est lorigine de ce travail photographique sur les peuples de la valle de lOmo ?

    a ma pris avec Lucy dont lhistoire remonte 3 millions dannes. Lascaux, c