DIA Alioune _Thèse Finale

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Thèse professionnelle en vue de Thèse professionnelle en vue de l’obtention du Diplôme de Master l’obtention du Diplôme de Master Spécialisé en Commerce International Spécialisé en Commerce International Les procédures de paiement et de Les procédures de paiement et de financement du commerce international : financement du commerce international : une nouvelle approche à l'ère de l'e- une nouvelle approche à l'ère de l'e- banking banking le cas de la « le cas de la « Citibank Citibank » » Année académique 2009 - 2010 Élaborée par : DIA Alioune

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Thèse professionnelle en vue de l’obtention du Diplôme de Master Spécialisé en Commerce International

le cas de la «le cas de la «    CitibankCitibank    » »

Élaborée par :

DIA Alioune

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Sommaire

SOMMAIRE...............................................................................................................................................IIDÉDICACES...............................................................................................................................................IIIREMERCIEMENTS.....................................................................................................................................IVAVANT – PROPOS......................................................................................................................................VTABLE DES ILLUSTRATIONS.......................................................................................................................VILISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS........................................................................................................VIIIABSTRACT................................................................................................................................................IXNOTE DE SYNTHÈSE..................................................................................................................................XIINTRODUCTION GÉNÉRALE........................................................................................................................1PREMIÈRE PARTIE : LE CADRE THÉORIQUE DES PROCÉDURES DE PAIEMENT ET DE FINANCEMENT DU COMMERCE INTERNATIONAL....................................................................................................................5

CHAPITRE 1 : LE SOUBASSEMENT DES OPÉRATIONS BANCAIRES DE PAIEMENT INTERNATIONAL...................................6Section 1 : L’identification des risques bancaires associés au paiement international.............................6Section 2 : Le change dans les transactions internationales..................................................................16Section 3 : Les constituants des transactions internationales................................................................23

CHAPITRE 2 : LES MODALITÉS ET PROCÉDURES DE PAIEMENT INTERNATIONAL ET LES INSTRUMENTS D’ENGAGEMENT PAR SIGNATURE...........................................................................................................................................38

Section 1 : Généralités sur le paiement à l’international.......................................................................38Section 2 : Présentation et analyse des différentes modalités de paiement internationales...................49Section 3 : Les engagements par signature...........................................................................................71

CHAPITRE 3 : LE FINANCEMENT DU COMMERCE INTERNATIONAL ET LA DÉMATÉRIALISATION DES OPÉRATIONS DE PAIEMENT............................................................................................................................................89

Section 1 : Les instruments et les méthodes de financement du commerce international.......................90Section 2 : La dématérialisation des procédures de paiement et leurs impacts sur la finance du commerce international..................................................................................................................... 100

DEUXIÈME PARTIE : LA PRATIQUE DES OPÉRATIONS DE PAIEMENT ET DE FINANCEMENT DU COMMERCE INTERNATIONAL PAR L’APPROCHE CLASSIQUE ET SUR PLATEFORME E-BANKING : LE CAS DE LA CITIBANK..............................................................................................................................................................136

CHAPITRE 4 : PRÉSENTATION DE CITIGROUP ET DE SA FILIALE MAROCAINE : LA CITI MOROCCO.............................137Section 1 : Introduction au Citigroup..................................................................................................137Section 2 : Présentation de Citibank Maghreb....................................................................................143

CHAPITRE 5 : L’APPLICATION DES MÉTHODES INTERNATIONALES DE PAIEMENTS DOCUMENTAIRES ET DE GARANTIES À LA CITI MOROCCO....................................................................................................................................150

Section 1 : La gestion des encaissements documentaires....................................................................150Section 2 : La gestion des crédits documentaires................................................................................161Section 3 : La gestion des garanties, des LSCB et des cautions bancaires.............................................194Section 4 : La gestion du portefeuille des effets de change..................................................................219

CHAPITRE 6 : LA PRATIQUE DE L’APPROCHE DÉMATÉRIALISÉE DU PAIEMENT INTERNATIONAL DE LA CITIBANK............226Section 1 : Le paiement international sur plateforme e-banking : l’exemple du CitiDirect....................227Section 2 : La dématérialisation des opérations du commerce extérieur au Maroc..............................237

CONCLUSION GÉNÉRALE........................................................................................................................245GLOSSAIRE............................................................................................................................................248BIBLIOGRAPHIE......................................................................................................................................258ANNEXES...............................................................................................................................................262TABLE DES MATIÈRES.............................................................................................................................281

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Dédicaces

péciales à ma mère Ndeye Sokhna SENE et à mon père Amdy DIA pour tout ce qu’ils représentent pour moi. Je tiens à magnifier vos sacrifices et votre soutien inconditionnel

sans lesquels rien ne serait possible pour moi. Veuillez trouver ici l’expression de mon éternelle gratitude.

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A mes frères et sœurs, mention spéciale à Mamadou Lamine DIA pour qui je n’ai que de sincères remerciements à adresser. Ton assistance permanente ainsi que tes conseils très utiles me sont toujours allés droit au cœur. Que DIEU nous donne longue vie pour partager des jours meilleurs !

A toute la famille et à tout(e)s les ami(e)s. A mon homonyme Alla SECK pour son support indéfectible, ses prières et ses encouragements.

A Ibrahima Khalil Diallo , à C.S , … envers qui j’ai le sentiment d’une reconnaissance toute particulière. Je voudrais que vous sachiez que je vous définis comme étant des êtres d’exception et pour cela vous méritez d’être mentionnée entre ces lignes.

Bref à tous ces êtres chers à moi dont je n’ai pu citer les noms, qu’à cela ne tienne, il en demeure que toutes mes pensées convergent vers vous en ces moments précieux et uniques.

Je tiens tellement à vous…

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Remerciements

Que toutes les personnes qui ont directement ou indirectement mis leur contribution à la réalisation de ce modeste travail trouvent ici l’expression de toute ma gratitude.

Des remerciements vont à l’endroit du personnel de la Citibank Morocco et plus

particulièrement à ma Directrice de thèse Mme BEN Abdellah Bouchra, Trade Unit Head pour son implication et ses recommandations me permettant d’affiner les contours de mon champ d’études. Il en va de même à ses collègues, notamment :

- Mr BARIK Youness, Trade specialist

- Mme KERCHOUB Rachida, Trade specialist

- Mme LOUIMI Khadija, Human Resources

Je ne sais combien vos conseils ont constitué un viatique pour moi et pour la qualité de cette thèse.

Je réserve dans ce chapitre de remerciements une place spéciale à Mouhamadou Hamidou DEME, Operations Control Head à la Citibank Senegal, dont l’assistance permanente m’a permis de mieux appréhender ce travail. Thank you so much friend !

Je remercie le professeur Mme BENHIDA Rahmouni, Professeur en Sciences économiques à l’Université Hassan Ier (mon professeur encadrant) pour sa bienveillance, la pertinence de ses suggestions et de ses questionnements.

Enfin tous mes remerciements vont à l’égard de mes amis dont les noms je n’ose m’aventurer à les citer ici (vous allez certainement vous reconnaître), de mes collègues du master et de mes proches collaborateurs.

Je tiens à exprimer ma sincère gratitude aux membres du jury qui ont bien voulu accepter de m’honorer ainsi de par leur présence.

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Avant – propos

Depuis quelques décennies l’environnement international a connu une complexité de plus en plus accrue à tel point qu’il est devenu impératif pour les acteurs impliqués dans le commerce international de se faire accompagner par des spécialistes ayant compétences réputées pointues en la matière.

Ainsi, pour répondre à cette exigence la filière de Master Spécialisé en Commerce International a été ouverte à la Faculté des Sciences Économiques et Sociales de l’Université Hassan Ier de Settat (Maroc). C’est une filière de troisième cycle qui est sanctionnée, à l’issue de deux années de formation théorique suivies d’un stage et d’une thèse professionnelle, par le Diplôme de Master Spécialisé en Commerce International.

L’intégration de cette filière offre la possibilité de disposer à la fois des compétences transversales et d’un large éventail de choix de spécialisations allant de la finance, en passant par le marketing et de la logistique de la chaîne du commerce international pour ne citer que ceux-là. A la fin, l’immersion dans la pratique lors d’un stage à l’occasion duquel toutes les aptitudes de l’étudiant à s’épanouir dans un cadre professionnel sont mises à l’épreuve.

N’ayant pas dérogé à cette règle, nous avons opté pour un stage de fin d’études au sein du département commerce extérieur (Trade Services Deparment) de Citi Morocco, la marocaine filiale de la Citigroup. Durant une période de deux mois, nous avons intégré le département du commerce extérieur en qualité de Trade specialist. Un choix plutôt guidé par le statut et le prestige que jouit la Citibank à l’échelle internationale : un des groupes financiers leader dans l’industrie bancaire et les services financiers associés. Citigroup est le fruit de la fusion de Citicorp et de Traveler’s group en 1998, elle se trouve être la banque multinationale la plus répartie globalement avec une présence effective dans plus de 100 pays.

La dimension et la notoriété qu’elle a acquises sont en partie dues à la variété des services financiers qu’elle propose dont la plupart sont conçus et déployés sur des supports technologiques très avancés. Dans un monde où rapidité et flexibilité sont des facteurs de survie pour les entreprises, des services bancaires synchrones à la vitesse et à la multiplicité des transactions sont plus qu’indispensables. La mise en place d’une plateforme de banque en ligne s’inscrit plutôt dans cette démarche. La Citi a développé “ Citidirect Online Banking ˮ, une plateforme de banque électronique qui intègre des services de gestion de trésorerie, des paiements, de financements, de chaîne de logistique financière, des opérations du commerce international et des informations connexes. Durant la période de stage, la découverte de cette infrastructure technologique qui essaie de placé le paiement et la finance du commerce international dans de nouvelles perspectives, a été le déclic ; alors consacrer un sujet d’étude sur les implications de la dématérialisation des procédures de paiement à l’international ainsi que sur ses avantages et limites s’est avéré être une nécessité pressante. En subséquent, nous l’avons décliné à travers notre thèse professionnelle dont le thème s’intitule: “ Les procédures de paiement et de financement du commerce international : une nouvelle approche  à l'ère de l'e-banking (le cas de la Citibank) ˮ.

Aussi, nous tenons à préciser que toutes erreurs ou omissions dans ce modeste travail, n’engagent aucunement la Citibank, elles sont donc à être imputées sur notre entière responsabilité.

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Table des illustrations

Liste des figures

Figure 1: Catégories de risques liés aux transactions..............................................................................................20Figure 2 : Total des transactions quotidiennes sur le FX en Milliards de USD......................................................31Figure 3 : Le volume des transactions quotidiennes par rapport aux principaux instruments financiers (en

Milliards de USD)..........................................................................................................................................31Figure 4 : Horaire moyen indicatif de fonctionnement des principales places.......................................................32Figure 6: Incoterms : l'échelle des obligations........................................................................................................43Figure 7: Les différentes phases dans les termes de paiement................................................................................47Figure 8 : Les différents instruments de paiement internationaux..........................................................................52Figure 9 : Schéma d’acceptation directe de lettre de change..................................................................................53Figure 10 : Schéma d’acceptation par l’intermédiaire de banques.........................................................................53Figure 11 : La communauté de SWIFT...................................................................................................................56Figure 12 : Organisation du réseau de SWIFT........................................................................................................58Figure 13 : Structure et schéma de circulation des messages SWIFT....................................................................58Figure 14: Les méthodes de paiement : l'échelle des risques..................................................................................63Figure 15: Le concept du paiement sur compte ouvert..........................................................................................64Figure 16: Schéma de l'encaissement documentaire : Document contre paiement (D/P).......................................68Figure 17: Schéma de l'encaissement documentaire : Document contre acceptation (D/A)..................................68Figure 18: Schéma du déroulement du crédit documentaire...................................................................................77Figure 19 : Schéma du Crédit Documentaire " REVOLVING "............................................................................78Figure 20: Le transfert du crédit documentaire.......................................................................................................79Figure 21 : Le montage d'un crédit documentaire transférable...............................................................................79Figure 22 : Schéma de déroulement d'un crédit documentaire Back-to-Back : mise en place...............................80Figure 23: Schéma de déroulement d'un crédit documentaire Back-to-Back : réalisation.....................................81Figure 24: les différentes étapes d'une LSCB commerciale : cas de non défaillance.............................................89Figure 25: les différentes étapes d'une LSCB commerciale : cas de défaillance....................................................90Figure 26 : Schéma d'une LSCB notifiée................................................................................................................91Figure 27 : Schéma d'une LSCB indirecte..............................................................................................................91Figure 28 : Schéma d'émission de garantie directe.................................................................................................95Figure 29: Schéma d'émission de garantie indirecte...............................................................................................96Figure 30: Les différents types de garantie à émettre au fil du contrat...................................................................96Figure 31: Schéma de l’avance en devises............................................................................................................107Figure 32 : Schéma d'escompte fournisseur en devises........................................................................................108Figure 33: Schéma de mobilisation de créances nées (sur présentation de facture).............................................109Figure 34: Schéma d’une transaction avec forfaiting...........................................................................................110Figure 35: Schéma d'une opération d'affacturage.................................................................................................110Figure 36: Schéma de transport de messages EDI entre deux entités sur un RVA..............................................116Figure 37: Comparaison entre traitements traditionnel et EDI pour une entreprise.............................................117Figure 38: Fonctionnement d'un achat EDI..........................................................................................................119Figure 39: Exemple de fonctionnement de la signature numérique sur l’infrastructure SWIFTNet....................127Figure 40: Croissance annuelle en volumes du commerce international (1981-2008).........................................128Figure 41: Évolution et tendance sur le marché de la finance du commerce international..................................129Figure 42: L’utilisation des instruments de la finance du commerce international en chiffre..............................130Figure 43: Le problème de l'utilisation du papier et des échanges multipliés dans le commerce international. . .134Figure 44: Bolero : un modèle de plateforme centralisée.....................................................................................135Figure 45: L’interaction des deux chaînes logistiques : physique et financière...................................................138Figure 46: La visibilité dans les chaînes de logistique physique et financière dans une transaction....................139Figure 47: Les services bancaires basés sur le TSU.............................................................................................140Figure 48 : Schéma d’une transaction internationale avec utilisation du TSU.....................................................141

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Figure 49: L'utilisation conjointe de Bolero et du TSU dans une transaction......................................................141Figure 50: Checklist de la visibilité d’une transaction sur compte ouvert avec utilisation du TSU.....................142Figure 51 : Les éléments de la chaîne logistique financière.................................................................................144Figure 52: Specimen de la traite à accepter..........................................................................................................170Figure 53 : Processus décisionnel d'ouverture de crédit documentaire................................................................175Figure 54 : Structure du texte de garantie.............................................................................................................213Figure 55 : Procédure de transmission des remises -aller.....................................................................................235Figure 56 : Procédure de traitement par le SIMT.................................................................................................236Figure 57: Interface principale de la plateforme...................................................................................................239Figure 58 : Processus d'émission de lettre de crédit sur CitiDirect.......................................................................244Figure 59 : Le déroulement du crédit documentaire sur CitiDirect......................................................................245Figure 60 : Processus de paiement sur compte ouvert avec SCF..........................................................................247Figure 61 : Schématisation des interfaces de communication de la plate-forme EDI..........................................250Figure 62 : Schématisation du mode de communication du Workflow................................................................251

Liste des tableaux

Tableau 1 : Les mesures de contrôle des changes...................................................................................................30Tableau 2: Différentes formes de connaissement...................................................................................................38Tableau 4: Structure basique des termes de paiement usuels.................................................................................48Tableau 5: Avance sur paiement : avantages - risques et rôle de la banque..........................................................64Tableau 6: Compte ouvert : avantages - risques et rôle de la banque....................................................................65Tableau 7: Encaissement documentaire: avantages - risques aux parties..............................................................71Tableau 8: Formes d’utilisation de la lettre de crédit stand-by..............................................................................87Tableau 9: Caractéristiques des différents types de garantie..................................................................................96Tableau 10: Exemples de messages EDI..............................................................................................................124Tableau 11: Les avantages pour les différents participants de la chaîne logistique financière.............................146Tableau 12: Synopsis de la structure des ISBP - 681............................................................................................189Tableau 13: Les irrégularités majeures (non-respect flagrant des termes et conditions du crédit).......................195Tableau 14: Exemples d'offre de services dans le cadre d'un crédit documentaire export...................................200Tableau 15: Quelques statistiques sur CitiDirect (Europe, Moyen Orient et Afrique)........................................240

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Liste des sigles ET abréviations

▪ BFR : Besoin en Fonds de Roulement ()

▪ CHAP : (Clearing House Automated Payment Service

▪ CMI : Comité Maritime International

▪ IASB : International Accounting Standards Board

▪ UN/CEFACT :United Nations Centre for Trade Facilitation and Electronic Business.

▪ XML : Extensible Markup Language

▪ BIC :  Bank Identifier Code

▪ CCI : Chambre de Commerce International

▪ CNUDCI : Commission des Nations Unies pour le droit Commercial International

▪ EDI : Échange de Données Informatisées

▪ EDIFACT : Échange de données informatisées pour l'administration, le commerce et le transport

▪ IBAN:  Identifial Bank Account Number

▪ ISBP : International Standard Banking Methods

▪ LCSB : Lettre de crédit Stand-by

▪ ONU : Organisation des Nations Unies

▪ RPIS : Règles et Pratiques internationales relatives aux Stand-by

▪ RUGC : Règles Uniformes pour les Garanties Contractuelles

▪ RUGD : Règles Uniformes Relatives aux Garanties sur Demande

▪ RUR : Règles Uniformes pour les Remboursements de Banque à Banque

▪ RUU : Règles et Usances Uniformes relatives aux crédits documentaires

▪ SBF : Sauf Bonne Fin

▪ SWIFT: Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication

▪ TSU : Trade Services Utility

▪ UNECE : United Nations Economic Commission for Europe

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Abstract

The recent full-scale development of Information Technologies and Communication has given an unprecedented momentum to international trade. And yet, a simple business transaction may require days or even months before it is settled. The duration of treatment and transfer of the numerous basic documents pertaining to a transaction, between parties and from one country to another, still remain considerable; and that has direct and indirect repercussions both over costs and deadlines. As fundamental reasons we can retain that : in the international scale, all becomes complicated, systems are different from one country to another, the stakes are important especially as there is plenty of risks tied in with transactions which should be well-managed.

In the era of information technology and communication, the privileged solution to mitigate or eliminate these constraints is the dematerialization of international payment procedures. In this way where electronic try to supplant the too costly paper medium, introduction of electronic banking platform is being a success in multinational banks.

From now on, with the issue of eRUU (legal framework of electronic documentary credits), the modernization of international payment networks such as SWIFT and the rise of virtual one-stop infrastructures, all players involved in international trade, i.e. importers, exporters, banks, customs administrations, insurances, hauliers ... etc. have the opportunity to interact or exchange all documents required in transactions through a centralized electronic infrastructure. In this trend, big banks such as Wells Fargo have been the first to clear the way to electronic banking. These mastodons have implemented e-banking platforms on which various services are provided some of which electronic end-to-end management of international payment process. For this purpose, Citibank created the CitiDirect in 2000.  Considering this e-banking infrastructure’s advanced built-in technology, it is completely useful to expose the innovations which can be deployed thereon, including the electronic documentary credit, financial supply chain, etc...

Given these facts, it is necessary to wonder how procedures of payment and financing of international transactions can be reshaped by this platform for electronic banking and the benefits of using this technology for the bank and also for importers and exporters.

In the final analysis, this document will unveil this new approach by immersion in practice. This will lead us, first, to reveal used techniques at Citibank for managing payment and trade finance and, secondly, to outline new possible solutions with its e-banking platform. In the end, this should contribute to unwrap these solutions that are reconfiguring banks-businesses relationships.

The pursuit of these goals has motivated this work to be divided into two parts. Thus, we will discuss in the first part, some theoretical aspects related to procedures of payment and trade finance. Much of this part will be dedicated to the dematerialization of international trade operations as its implications, in fact,

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those of the payment.  In a second part, it will be described the practice of payment and trade finance according to the traditional approach, that is to say, without the use of the e-banking platform and according to the new approach which assumes the opposite. Also, this is the place to cross theory and practice and besides, undertake an in-depth analysis about some operational aspects. The provided schemes will help understand rapidly, all steps in the dematerialized procedures and to make a comparison with those still based on traditional patterns. This approach will highlight the benefits to be gained in the management of payment and trade finance through an e-banking platform.

However, the full potential of this infrastructure can be exploited only if all processes on the chain of international trade are dematerialized in the country of the bank. In Morocco, the project of dematerialization is in progress but still faces many difficulties.

For all that, even if we want to prove that the bank and its corporate clients have much to gain through the use of promising solutions for dematerialization in their relationships, it remains that confidentiality did not permit us to conduct studies such as, for example, comparing fees incurred by a company when it manages either paper-based or paperless documentary credits.

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Note de Synthèse

Le récent développement à tous azimuts des nouvelles technologies de l’information et de la communication a insufflé une dynamique sans précédent aux échanges internationaux. Et pourtant, une simple transaction commerciale peut nécessiter des jours voire des mois avant de connaître son dénouement. La durée de traitement et de transfert des nombreux documents de base d’une transaction entre les parties et d’un pays à l’autre reste toujours considérable ; et cela des répercussions directes et indirectes, que ce soit sur les coûts ou sur les délais. Comme raisons fondamentales à cela, notons qu’à l’international tout se complique, les systèmes sont différents d’un pays à un autre et les enjeux sont importants d’autant plus qu’il y’a une foison de risques inhérents aux transactions qu’il faut maîtriser.

A l’ère des technologies de l’information et de la communication, la solution privilégiée pour atténuer voire éliminer ces contraintes est la dématérialisation des procédures de paiement à l’international. Dans cette voie où l’électronique essaie de supplanter le support papier car jugé trop coûteux, la mise en place de plateformes de banque électronique fait succès dans les banques multinationales.

Dorénavant, avec la publication des eRUU, cadre juridique des crédits documentaires électroniques, et la modernisation des réseaux internationaux de paiement comme la SWIFT et l’essor des guichets uniques virtuels, tous les acteurs impliqués dans le commerce international à savoir importateurs, exportateurs, banques, administrations douanières, assurances, transporteurs…etc. ont la possibilité d’interagir ou d’échanger tous les documents obligatoires dans des transactions par le biais d’une infrastructure électronique centralisée. Dans cette mouvance, les grandes banques internationales comme Wells Fargo ont été les premières à se lancer dans la banque électronique. Ces mastodontes ont mis en place des plateformes d’e-banking sur lesquels sont pourvus divers services dont la gestion électronique du processus paiement international de bout en bout. La Citibank a crée, à cet effet, la CitiDirect en 2000. Au vu de la technologie de pointe intégrée dans cette infrastructure de banque électronique, il est tout à fait utile de d’exposer les innovations qui peuvent y être déployées, entre autres le crédit documentaire électronique, la chaîne de logistique financière, etc…

Compte tenu de ces faits, il s’impose de se demander comment les procédures de paiement et financement des transactions internationales peuvent être remodelées par cette plate-forme de banque électronique ainsi les avantages que procure l’utilisation de cette technologie pour la banque et pour les entreprises dans leurs activités d’importation/d’exportation.

Tout compte fait, ce document veut lever le voile sur cette approche nouvelle par une immersion dans la pratique. Cela nous conduira, d’une part, à révéler les techniques utilisées à la Citibank dans le cadre de la gestion des opérations de paiement et de financement du commerce international et, d’autre part, à exposer les nouvelles solutions envisageables avec sa plate-forme de banque électronique. À la fin, cela devrait contribuer à faire connaître l’existence de solutions qui sont en phase de reconfigurer les relations banques-entreprises.

La poursuite de ces objectifs a motivé la scission du travail en deux parties. Ainsi, il sera question dans une première partie, de brosser les aspects théoriques relatifs aux procédures de paiement et de financement du commerce international. Une large part sera occupée par la dématérialisation des opérations du commerce international de mêmes que ses implications, en l’occurrence, celles du paiement. Dans une deuxième partie, il s’agira de décrire la pratique du paiement et du financement du commerce international selon l’approche classique, c'est-à-dire qui ne n’implique pas le recours à la plate-forme de banque électronique et selon l’approche nouvelle qui suppose le contraire. Aussi, ce sera le lieu de croiser la théorie et la pratique et en plus d’analyser en profondeur certains aspects

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opérationnels. Les schémas proposés permettront de comprendre de manière ramassée, toutes les étapes dans les procédures dématérialisées et d’en faire une comparaison avec celles toujours basées sur les schémas traditionnels. Cette approche mettra en lumière les bénéfices à tirer dans la gestion des opérations de paiement et financement sur plate-forme de banque électronique.

Toutefois, les pleines potentialités de cette infrastructure ne peuvent être exploitées que si tous les processus sur la chaîne du commerce extérieur sont dématérialisés dans le pays de la banque. Au Maroc, cette dématérialisation est en cours de projet mais qui rencontre encore beaucoup de difficultés.

Au demeurant, même si on veut démontrer que la banque et ses clients entreprises ont beaucoup à gagner à travers l’utilisation des solutions prometteuses de dématérialisation dans leurs relations, il reste que la confidentialité des informations ne permettait pas de mener des études comme, par exemple, la comparaison des frais supportés par une entreprise lorsqu’elle gère ses opérations de crédit documentaire par voie traditionnelle et par voie électronique.

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Introduction Générale

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Introduction générale

L’observation des tendances du commerce international, depuis quelques années, dans un environnement économique élargi et très mouvant, offre un premier aperçu sur l’étendue et la diversité des contraintes et opportunités du nouvel environnement dans lequel elles se meuvent1. Des opportunités qui sont inextricablement liées à l’utilisation grandissante des technologies informatiques qui ont permis avec le commerce électronique, d’accroître considérablement en volume les échanges commerciaux internationaux. Mais aussi des contraintes qui sont pour autant liées au caractère sclérosé des processus du commerce international. Il faut souligner que le commerce international fait partie de l’un des domaines à épouser tardivement voire insuffisamment les possibilités d’automatisation des processus comme en témoigne le nombre faramineux de documents en support papier qui circulent entre les acteurs impliqués dans les opérations d’importation et d’exportation.

Ce constat a été corroboré par une enquête de l'ONU qui a estimé le coût global du support papier à près de 420 milliards de dollars par an, ce qui représente environ 7 % des échanges internationaux. Parmi les composants de ce coût, il faut y voir les erreurs opérationnelles dues au traitement manuel, le papier lui-même et ses canaux de transmission (postal), le temps opératoire, la redondance dans le traitement, etc. Or, aujourd’hui, les exigences croissantes de rentabilité imposées par les financiers et la concurrence de plus en plus ardue à laquelle doivent faire face les banques de même que leurs partenaires importateurs et exportateurs, exige une évolution vers un système qui garantit la rapidité, l’accessibilité et la flexibilité opérationnelle dans les processus du commerce international et plus spécifiquement dans les processus de paiement et de financement des transactions internationales. Face à cette donne, la dématérialisation est devenue, depuis quelques années avec l’impulsion de l’Échange de Données Informatisées (EDI), le point de convergence des débats sur l’optimisation des processus du commerce international. Dans cette perspective, les banques essaient d’imposer une nouvelle approche qu’elles estiment révolutionnaire pour la finance du commerce international, en déployant de plus en plus les opérations de financement et de paiement relatives aux crédits documentaires, aux encaissements documentaires, aux garanties, etc. sur des plateformes de banque électronique. Pour ce faire, elles comptent beaucoup sur des plateformes propriétaires tel que le Bolero, Tradecard… ou étatiques, notamment les guichets uniques virtuels qui leur assurent la connectivité à tous les intervenants du processus du commerce international (Douanes, Administrations, Transporteurs, Assureurs, etc.). L’adoption de telles solutions électroniques par les banques ne manque de bases car elles invitent leurs clients à y voir des possibilités de gestion et d’optimisation d’une chaîne de logistique financière qui existe au même titre que la chaîne de logistique physique. Les arguments étant nombreux, mais ce qui reste essentiel, c’est d’explorer de fond en comble, les possibilités et les limites des solutions de banque électronique dans la finance du commerce international.

Cependant, avant de passer à cette étude du bien fondé de la banque électronique et les changements positifs qu’elle pourrait engendrer dans les processus du commerce international, il s’avère primordial d’appréhender au préalable les techniques de gestion des modalités de paiement et de financement à l’international. La maîtrise de ces techniques est indispensable pour un spécialiste de banque car il y va de la notoriété de l’établissement. En effet, la mise en place de crédit documentaire ou de garantie bancaire exige une bonne connaissance et une utilisation à bon escient des standards internationaux en

1 Jean-Paul Lemaire : « Stratégies d’internationalisation », éd Dunod, Paris, 1997.

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la matière, des règles et usances instaurées par des organismes comme la CCI et les procédures internes de la banque.

Mais aujourd’hui, il ne suffit plus de maîtriser des techniques pour prétendre fournir des services à la à la nature et à la qualité attendues par les opérateurs du commerce international. Faudrait-il allier leur prestation avec rapidité et coût moindre. Cette attente des opérateurs a trouvé une réponse à la Citibank avec la plate-forme de banque électronique, la CitiDirect. À l’origine, la banque électronique était définie comme la fourniture d’informations à propos d’une banque et de ses services aux clients via l’Internet. Maintenant que les mutations récentes ont rendu sophistiqué la banque électronique les procédures de paiement et de la finance du commerce international ont été fraîchement repensées. C’est pour saisir cette nouveauté que nous avons jugé opportun d’attacher une attention particulière à la nouvelle approche des procédures de paiement et de financement du commerce international en s’appuyant sur le cas de la Citibank. Ce qui nous amène naturellement à poser des questions d’ordre à savoir :

Comment s’opèrent le paiement et le financement du commerce international à l’heure où la banque électronique essaie d’occuper tous les canaux relationnels entre banques et entreprises ?

Et quels avantages peuvent-elles en tirer ?

Ces interrogations qui nous interpellent, nous tâcherons d’y apporter des éléments de réponse dans ce document. Pour ce faire, notre démarche consistera à nous appuyer sur les soubassements théoriques et à présenter des cas en guise d’illustration de la pratique.

L’objectif poursuivi étant :

▪ De présenter les démarches techniques suivies par les professionnels de Citibank pour gérer l’encaissement documentaire, le crédit documentaire, la lettre de crédit stand-by et les autres formes de garantie et de cautionnement bancaires. L’occasion nous sera donnée pour rapprocher la théorie à la pratique.

▪ D’énumérer de nouveaux scénarios d’utilisation des techniques de paiement sur une plateforme de banque électronique. Étant donné qu’on parle de plus en plus de crédit documentaire électronique et de paiement sur compte ouvert adossé à la gestion de chaîne de logistique financière, il est nécessaire de dissocier les schémas réalisables de ceux qui constitueraient actuellement l’idéal à réaliser.

▪ Enfin, de mener une analyse sur les avantages qui justifient le recours à cette solution ainsi que les défis que doivent relever les banques pour réussir la vulgarisation des plateformes de banque électronique.

Pour l’atteindre, nous avons privilégié une approche binaire qui consiste à scinder le travail en deux parties :

Une première partie qui recense toute une théorie sur les procédures de paiement et de financement du commerce international. Ainsi, les trois chapitres qui la composent, seront le truchement par lequel nous allons présenter successivement les bases des transactions internationales, les modalités de paiement utilisés à l’international, les engagements bancaires par signature avant de passer aux typologies de financement ainsi que les solutions de dématérialisation.

Une deuxième partie qui présente les procédures de paiement et de financement sous une nouvelle approche, en référence à la plate-forme de banque électronique de la Citibank. Faudra-t-il préciser que

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la quintessence de cette partie repose sur des aspects opérationnels qui décrivent les séquences, dans différents cas de figure, de la pratique des opérations bancaires de paiement et de financement du commerce international à la Citibank. Ce qui se traduit à travers les trois chapitres qui la composent par une prise une en connaissance nécessaire avec l’établissement et par une application de ses méthodes de gestion selon un schéma classique et dématérialisé.

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Première partie

Le cadre théorique des procédures de paiement etLe cadre théorique des procédures de paiement et

de financement du commerce internationalde financement du commerce international

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Première Partie : Le cadre théorique des procédures de paiement

et de financement du commerce international

Le commerce international est un domaine très vaste. Il fait interagir de multiples acteurs intervenant à des degrés variables sur un processus très complexe dans lequel les opérations bancaires de paiement et de financement occupent une place prépondérante. Ceci suggère que les banques doivent implacablement maîtriser tous les aspects de ce processus influents sur le bon déroulement de leurs opérations initiées dans le cadre du commerce extérieur. C’est fort de cet impératif, que nous allons présenter cette première partie en guise de cadre conceptuel. Autrement dit, cette partie se veut être, à la fois, une référence théorique dans laquelle seront examinées toutes les questions liées au paiement, aux engagements par signature et au financement du commerce international et un guide qui nous illuminera lors du passage à la deuxième partie consacrée à la pratique.

En tout état de cause, cette partie a été divisée en trois chapitres dont :

Le premier revisite les notions essentielles (risques, termes de ventes, termes de paiement…) qu’il faut maîtriser, en préalable à toute opération d’importation et d’exportation.

Le deuxième est le prolongement du premier puisqu’on y énumère de manière analytique, les différentes solutions de paiement, de garantie et de cautionnement à l’international envisageables, tout en mettant en relief les caractéristiques de chacune d’elle.

Le troisième traite les modalités de financement bancaire motivé par les transactions internationales ainsi que les nouvelles solutions offertes par la dématérialisation des procédures du commerce international, spécialement celles qui concernent le paiement.

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CHAPITRE 1  : LE SOUBASSEMENT DES OPÉRATIONS BANCAIRES DE PAIEMENT INTERNATIONAL

Une transaction commerciale implique un mouvement de biens et de services entre un vendeur et un acheteur mais aussi un paiement de l’acheteur au vendeur qui s’effectue en grande partie par l’entremise d’une banque. La banque facilite ainsi la transaction de par son rôle d’intermédiaire ; ce qui constitue l’une de ses plus importantes activités.

Mais le rôle de la banque qui peut être un peu plus simple si le vendeur et l’acheteur résident dans le même pays devient très compliqué lorsque ces deux protagonistes sont séparés par des frontières. Dans une transaction internationale tout peut se compliquer, des risques naissent aussi bien du coté de l’importateur que de l’exportateur mais aussi du coté des banques intervenant dans le processus de paiement. Mais en ce qui nous concerne, nous allons nous focaliser sur les risques qu’encourent les banques lorsqu’elles s’engagent dans une opération de paiement. L’identification et la maîtrise des risques sont des facteurs clés de réussite pour un établissement bancaire.

Un autre facteur est l’un des plus importants est la bonne connaissance de certains éléments qui encadrent les opérations de paiement. Par conséquent, une opération de paiement international invite impérativement les banques à observer minutieusement :

La règlementation de change ; Les éléments de base constituants la transaction ; et Les termes usuels figurant sur le contrat

Dès lors, l’objectif de ce chapitre est faire de connaissance avec la réglementation de change qui régit toute opération d’entrée et de sortie de devises dans un pays ainsi que les différents éléments qui sous-tendent le paiement à l’international. Mais aussi et avant tout, nous allons faire l’inventaire des risques majeurs auxquels une banque fait face dans une opération de paiement international et les moyens de mitigation de ces risques.

Section 1 : L’identification des risques bancaires associés au paiement international

Deux considérations extrêmement importantes dans le commerce international sont les risques liés dans ce type de transaction et la conformité aux règles, législations et règlementations internationales.

Dans cette section, nous allons passer en revue les risques qui affectent les transactions commerciales et décrire les solutions de gestion de ces risques.

A. Les risques bancaires

Dès lors qu’une transaction est conduite entre des pays, une gamme de risques spécifiques peut impacter négativement son succès. La spécificité de ces risques réside :

d’une part,  dans la complexité croissante des opérations du commerce international où les deux partenaires sont géographiquement éloignés, parlant pas la même langue et dont les réglementations et législations nationales sont souvent divergentes ; et

d’autre part, dans l’apparition de nouveaux risques dans la vie des affaires et qui résultent de l’explosion technologique en matière de transport et des télécommunications, de l’accélération

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AUTRES RISQUES

Image

Produit

Opérationnel/systèmeLégal et

règlementaireDocumentation

Exécution

RISQUE PAYS*

Politique

Convertibilité

Transfert

RISQUE DE CREDIT

Prêt

Direct

Contingent

Contrepartie

Pré-règlement

Règlement

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de la mondialisation de l’économie et de la globalisation financière, de la concurrence et des mutations de l’environnement international2.

Par exemple, des changements dans les conditions politiques et économiques d’un pays peuvent affecter le remboursement d’un prêt. Pour ne pas subir ce contrecoup, la banque doit être consciente du risque qu’elle encoure dans une transaction. Pour ce faire, elle les répertorie selon qu’ils entrent dans les catégories suivantes :

risque de crédit ;

risque-pays ; ou

autres risques associés.

Figure 1 : Catégories de risques liés aux transactions

* Note : selon le Citicorp Core Credit Policy (C.C.C.P.)

1. Le risque de crédit

Le risque de crédit (aussi appelé risque commercial) est un risque inhérent au client qui reflète sa capacité à remplir toutes ses obligations3 vis-à-vis de la banque. La possibilité qu’un emprunteur ne soit pas en mesure de rembourser son emprunt à temps et entièrement, entraînant une perte financière pour la banque, constitue le risque de crédit. Il se divise en deux catégories : le risque de prêt et le risque de contrepartie.

1.1. Le risque de prêt

Le risque de prêt implique des extensions de crédit et/ou des produits sensibles au crédit (prêts et découverts) dans lesquels la banque prend le risque en entier pour toute la durée de la transaction. Les deux types de risque de prêt sont directs et contingents.

▪ Le risque de prêt direct est la possibilité que les obligations d’un client ne soient pas remplies à échéance. Le risque de prêt direct survient dans les produits tels que les prêts, les découverts, les cartes

2 Tahar Daoudi : « Techniques du commerce international », éd…, p.274-2753 Obligation : la responsabilité de payer une somme d’argent ou d’accomplir un acte quand c’est dû.

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de crédits, les hypothèques mobilières. Un produit commercial qui expose la banque au risque de crédit direct est les acceptations bancaires4. Le risque existe pour toute la durée de la transaction.

▪ Le risque de prêt contingent est la possibilité que les obligations potentielles d’un client deviennent réelles and ne soient pas remplies à échéance. Le risque de prêt contingent survient dans les produits tels que les lettres de crédit et les confirmations des lettres de crédit.

1.2. Le risque de contrepartie

Une contrepartie est un client avec qui la banque a un contrat de payer simultanément les valeurs convenues à une date future fixe. Le risque qu’une contrepartie fasse défaut se produit soit avant la date de règlement soit à la maturité du contrat.

Le risque de pré-règlement (RPR) est le risque qu’une contrepartie avec qui la banque négocie fasse défaut sur l’obligation contractuelle avec la banque avant la date de règlement du contrat. Deux conditions sont requises de la banque pour admettre une perte sur un contrat :

La contrepartie a fait défaut (ou déclare avoir fait faillite). Le contrat a une valeur de marché positive pour la banque.

▪ Le risque de pré-règlement est mesuré en termes de coût de remplacement potentiel – les conséquences économiques potentielles sur la banque – si un contrat non honoré devrait être remplacé.

▪ Le risque de règlement survient à la date de maturité lorsque la banque échange simultanément des fonds avec une contrepartie mais ne peut vérifier que la réception du paiement qu’après qu’elle livre sa partie de la transaction.

Dans l’environnement bancaire actuel, le décalage horaire entre les pays est toujours une cause à la difficulté de réaliser un échange simultané entre les contreparties. Si la banque livre sa partie de la transaction, mais ne reçois pas livraison, elle est exposée au risque de prêt direct. Dans cette situation, au moins 100% du principal est à risque. Le risque peut dépasser les 100% si il y’a eu une fluctuation adverse du prix pour la banque entre le prix mentionné sur le contrat et le prix du marché.

2. Le risque pays

En plus des risques de crédit liés au client, le/les pays particulier(s) impliqué(s) dans une transaction commerciale à l’international présente(nt) des risques à la Banque.

Le risque pays est la possibilité que le pays dans lequel la Banque fait des affaires puisse connaître une instabilité interne qui réduit la capacité du prêteur étranger à se faire rembourser à temps. Des problèmes économiques, des troubles politiques, ou des actions souveraines dans un pays peut rendre impossible de sortir des fonds ou des biens physiques de ce pays. Dans certains cas, il peut devenir impossible de convertir la monnaie locale en devise étrangère. Le risque pays comprend le risque politique (souverain5) et le risque de transfert6 et de convertibilité7.

4 Acceptations bancaires (Banker’s acceptances) : c’est l’acceptation par une banque de traite(s) liée(s) à l’expédition de marchandises. Cette traite acceptée par une banque est négociable sur le marché pour mobiliser des liquidités à 90 jours ou sur des maturités relativement courtes.

5 Risque souverain : Risque qu'une entité souveraine fasse défaut sur sa dette, aussi bien en monnaie locale qu'étrangère. L'entité souveraine peut être un gouvernement central ou bien agence du gouvernement central (quasi-souverain).

6 Risque de transfert : risque que l'État ne fournit pas devises nécessaires pour rembourser.7 Risque de convertibilité : c'est le risque qu'une entité locale se retrouve face à une impossibilité systémique d'accéder à des

devises étrangères sur son territoire comme le résultat d'une crise de liquidité externe.

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2.1. Le risque souverain

Le risque souverain est la possibilité que les actions d’un gouvernement souverain (e.g, confiscation, expropriation ou nationalisation) ou des évènements indépendants (e.g, guerres, émeutes, soulèvement populaire) affectent la capacité des clients dans ce pays à honorer leurs engagements envers la Banque. Les risques politiques sont plus significatifs dans les transactions entre les pays développé et les pays à marchés émergents.

2.2. Le risque de transfert

Le risque de transfert existe dans toute transaction dans laquelle l’emprunteur puisse être incapable, à cause de des barrières légales ou autres, de transférer des fonds dans la devise de paiement à la place de paiement lorsque ses engagements dans cette devise échoient.

2.3. Le risque de convertibilité

Ce risque existe dans toute transaction dans laquelle des barrières légales ou règlementaires puissent empêcher l’emprunteur à convertir sa monnaie locale en la devise requise pour le paiement lorsque ses obligations dans cette devise échoient. Le risque de convertibilité est inhérent dans toute transaction qui requiert un flux de fonds à travers une barrière de contrôle de change comme une banque centrale d’un pays.

Ce risque ne se réfère pas à la dévaluation monétaire ; il reflète, plutôt, le risque qu’une monnaie locale sera inconvertible. Les PMA sont souvent à court de devises fortes (euro, dollar, yen). Par conséquent, un importateur peut enregistrer des retards ou une incapacité de convertir la monnaie locale en la devise de l’exportateur pour paiement.

3. Les autres risques

Le risqué de crédit et le risque pays sont deux risques majeurs auxquels la Banque s’expose dans les transactions commerciales internationales. Les autres risques qui doivent être considérés comprennent le risque d’image, le risque produits, le risque opérationnel/systèmes, légal et règlementaire, de documentation et de performance.

3.1. Le risque d’image

Le risque d’image est la possibilité que des activités de la Banque ou une des ses activités représentatives portent atteintes à sa réputation. Un moyen de protéger la Banque est de maintenir la confidentialité à tout moment. En plus, la Banque doit éviter de financer des produits ou services tels que des médicaments ou des armes qui puissent nuire à sa réputation. Les produits de financement du commerce qui peuvent créer du risque d’image sont composés des lettres de crédit, des acceptations bancaires, des encaissements documentaires et des remboursements de banque-à-banque.

Le remboursement de banque-à-banque est un produit de finance du commerce auquel on fait recours lorsque la lettre de crédit de la transaction entre le donneur d’ordre et le bénéficiaire de pays différents est libellée dans une monnaie tierce, souvent le USD8. La banque remboursant paie la banque notificatrice/négociatrice dans la monnaie stipulée dans la lettre de crédit et sur la base de l’autorisation de remboursement émise par la banque émettrice. La Banque remboursant fait payer des commissions fixes soit à la Banque émettrice ou au bénéficiaire et représente une source de revenue conséquente pour la Banque.

3.2. Le risque « produits »

8 Pour honorer sa lettre de crédit, un importateur marocain utilise souvent le dollar à un exportateur indien.

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Le risque « produits » est le risque que la structure de certains produits ou services de la finance du commerce sont inadéquats ou défectueux. Lettres de crédit, acceptations bancaires, encaissements documentaires et remboursements de banque-à-banque sont des produits de la finance du commerce qui ont ce risque. Les directives et les standards de qualité pour gérer ces transactions commerciales permettent limiter le risque de produits.

3.3. Le risque opérationnel/systèmes

Le risque opérationnel/systèmes se réfère aux risques associés aux aspects fonctionnels des produits. Ce risque est élevé dans les transactions commerciales en raison de la confiance accordée à l’examen manuel des documents et des factures et à l’utilisation de la technologie.

Le risque opérationnel/sytsèmes peut être endogène ou exogène de la banque. Par exemple, dans un système de transfert d’argent, il y’a un risque associé au système externe. Lorsque la Banque transfert les fonds par virement, elle peut user des systèmes privés internationaux de communication tels que le SWIFT9. Il y’a toujours un risque que l’interruption des services puisse empêcher ou retarder le transfert.

3.4. Le risque légal et règlementaire

Certains facteurs d’ordre légal et règlementaire affectent les transactions commerciales. Ceux-ci incluent les réglementations de change, les limites règlementaires locales de crédit, les sanctions et les lois anti-boycottes. Lorsqu’une transaction n’est pas conforme à toutes les lois et règlementations applicables, la Banque peut faire face à des poursuites judiciaires civiles, criminelles et administratives.

Les produits de paiement et de financement qui portent des risques légaux et règlementaires incluent  : les lettres de crédit, les acceptations bancaires, les encaissements documentaires et les remboursements de banque-à-banque.

3.5. Le risque de documentation

Des actes écrits comme les formulaires juridiques, les reçus et les demandes sont requis pour faire valoir les droits de la Banque dans les contrats ou les transactions. Le risque de documentation est la possibilité que ces actes soient incorrects, incomplets ou inapplicables.

3.6. Le risque d’exécution

Le risque d’exécution est la possibilité qu’un exportateur puisse manquer d’exécuter le contrat établi avec l’importateur. Par exemple, si un importateur ne délivre pas des modules critiques ou envoie des modules défectueux, l’importateur-fabricant peut être incapable de fabriquer son produit final. Le défaut d’exécution de l’exportateur affecte la capacité de l’importateur à générer de l’argent de la vente des biens et de repayer son obligation à la Banque.

A travers l’exemple qui suit, nos allons essayer de déterminer les risques afférents à une simple opération de finance du commerce international.

Risques dans une opération de finance du commerce international

9 Cf au chapitre 2.

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Un exportateur en Turquie reçoit une avance sur un paiement de $7 millions d’une banque X, sise à New York, pour des marchandises qui seront expédiées à un importateur américain dans 9 mois. L’importateur américain paie le montant principal en USD à la Banque X, dès réception des expéditions. L’exportateur accepte de payer l’intérêt en convertissant des Euros en dollars dans une banque locale filiale de la banque X.

Les expéditions à l’importateur commencent dans 9 mois et durent pendant deux mois. Pour chaque expédition reçue, l’importateur a trois jours pour envoyer le paiement correspondant à la Banque X.

Pendant ce temps, l’exportateur paie à la Banque X, 10% d’intérêt annuel sur le paiement échu. Ce taux est fonction des risques associés à la transaction et le coût de mitigation des risques.

Pour la Banque X, les risques associés à cette transaction sont :

Risque de crédit  : risque que l’exportateur soit incapable de fabriquer les biens ou de payer l’intérêt sur paiement échu et le risque que l’importateur refuse ou soit dans l’incapacité de payer le montant principal.

Risque politique (souverain )  : risque que l’exportateur soit incapable d’exporter en raison des actions du gouvernement local telles que la confiscation, l’expropriation ou la nationalisation.

Risque de convertibilité  : risque que l’exportateur soit incapable de convertir les euros en USD pour payer l’intérêt sur le paiement échu.

Risque légal et règlementaire : risque que l’importateur soit dans l’incapacité de dédouaner les marchandises pour l’importation en raison des quotas.

En revanche, la banque ne se limite pas seulement à percevoir des commissions ou des intérêts pour compenser le/les différent(s) au(x)quel(s) elle s’est exposée. Étant soumise à des règles extrêmement strictes en matière de risque, elle bien est obligée de se prémunir contre ces risques en observant certaines dispositions prudentielles édictées par la banque centrale du pays ou issues des accords de Bâle10 ou même développées en interne11. Ainsi, la Banque applique ces règles très strictes par le biais de sa cellule de management des risques.

B. Le management des risques

Nous avons vu que les transactions internationales implique principalement le risque de crédit et le risque pays. Évaluer et assumer des risques commerciaux est le rôle traditionnel des banques comme exposé précédemment, les banques ont établis des pratiques standard pour déterminer la solvabilité d’un client. Les banques qui financent le commerce international doivent analyser le risque pays du débiteur ou des pays impliqués dans la transaction.

Pour ce faire, elles ont soit recours au rating12 ou à des méthodes d’évaluation qui leur sont propre. C’est sur base que le contrôle interne exerce ses activités de management des risques qui peuvent consister à :

Fixer des limites sur les montants que la Banque peut traiter avec un pays.

10 Les accords de Bâle visent à renforcer la stabilité des établissements bancaires en affinant l'adéquation de leur fonds propre qui constituent la garantie ultime des déposants. Cette démarche vise à protéger les épargnants en assurant que les établissements bancaires soient capables d'absorber d'éventuelles pertes financières liées à des risques de marché, de crédit ou d'opérationnels. Publiés pour la première fois en 1988 sous Bâle I, ce premier accord était seulement axé sur le risque de crédit, il fut amendé pour tenir compte du risque de marché dans Bâle II, sous l'égide d'un comité appelé comité de Bâle qui a pour fonction d'assurer la coopération internationale dans les matières liées au contrôle prudentiel bancaire, lequel peut être défini comme l'ensemble des règles qu'une institution doit respecter lorsqu'elle s'engage dans des activités bancaires.

11 Mais qui ne peuvent être en désaccord avec la loi locale.12 Le rating est l’appréciation d’un spécialiste comme Moody’s ou Standard & Poors de la qualité de la signature d’un

emprunteur. Le rating est très important dans la mesure où les conditions du crédit ou de l’émission seront tributaires de cette évaluation.

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Décrire les types de transaction autorisés : par exemple la Banque peut recommander la confirmation de lettre de crédit mais se retient à octroyer des crédits en relation avec un pays.

Recommander les types de maturité admissibles pour chaque type de transaction.

Autant se demander ce que ferait la Banque si elle a en vue une transaction très rentable comportant des risques importants qu’elle ne peut engager. Il existe, en effet, des modalités et des techniques de transfert des risques que les banques ne sont pas disposées à conserver. Quelles sont ces techniques et dans mesure peuvent-elles apporter leur réponse aux exigences du management des risques et aux besoins des clients ? C’est sur quoi nous allons nous consacrer dans ce qui suit.

1. Le transfert de risques

Le transfert de risques implique essentiellement de trouver des moyens pour déplacer les risques politique et commercial d’une transaction internationale. Les objectifs du transfert de risque sont de :

Aider les clients de la banque à faire leurs affaires dans des pays qui présentent des opportunités uniques et des problèmes potentiels particuliers ;

Percevoir des commissions sans excéder les contraintes de la banque.

1.1. Le transfert de risque par syndication

Si une seule banque est réticente ou incapable de financer un prêt, elle peut inviter plusieurs autres banques à accorder conjointement le prêt afin d’étendre les risques aux autres banques. Une syndication est un prêt octroyé par plusieurs banques ou prêteurs qui forment une association pour assumer la responsabilité et partager les risques du prêt.

Pour élucider le processus de transfert du risque, nous allons recourir à un exemple qui illustre comment une Banque utilise la syndication pour gérer une transaction qui dépasse les limites de transfert pour un pays.

Exemple   : Une compagnie britannique décide d’exporter du thé en Égypte. En raison du risque pays associé à la transaction, l’exportateur veut un paiement par lettre de crédit confirmée. La banque Z en Égypte est invitée à confirmer la lettre de crédit, mais le montant excède les limites de transfert autorisées en Égypte.

Rappelons que la syndication est le processus de transfert du risque consistant à scinder le risque en plusieurs parties et à trouver des investisseurs qui veulent partager ce risque.

Sans le transfert de risques, la Banque ne peut réaliser la transaction. En y associant d’autres investisseurs elle est en mesure d’accepter l’affaire.

Dans ce cas, la Banque demande à cinq banques de partager le risque pays (transfert et convertibilité), avec chacune supportant un pourcentage du total en retour d’une part proportionnée de commissions pour la fourniture de la lettre de crédit. En plus, la Banque prélève des commissions pour avoir été à l’origine de l’affaire et la proposer aux investisseurs. Si la banque (égyptienne) émettrice n’honore pas pour des raisons politiques, chacune des banques paie seulement la portion du montant de la lettre de crédit qu’elle a acceptée.

D’habitude, les transactions internationales séparent le risque de crédit et le risque pays de la transaction. La Banque peut garder le risque commercial et syndique le risque pays. Voyons comment cela fonctionne.

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Les syndications de transfert de risques peuvent être « silencieuses » ou « ouvertes ». Dans une syndication silencieuse, le client ne sait pas qu’il y’a d’autres investisseurs dans la transaction. La Banque accepte le risque de la totalité de la transaction puis vend des parties de l’affaire aux autres banques. La banque supporte les risques de contrepartie et de documentation. Si la Banque vend une portion de l’affaire à une banque qui ensuite fait défaut dans sa portion de l’affaire, la Banque est responsable pour le montant de cette portion. L’avantage pour la Banque est qu’elle reçoit une commission pour avoir engagé les fonds et ensuite vend l’affaire à un spread13 afin de retenir une portion des commissions qui sont payées aux autres banques.

Dans une syndication ouverte, les banques investisseuses agissent en tant que consortium. La banque principale gère la transaction, mais toutes les autres banques du consortium sont révélées les unes aux autres et au client (l’emprunteur). Ce dernier doit évaluer le risque de contrepartie de chaque banque participante. Si une banque manque à ses obligations, l’emprunteur et non la Banque principale supporte la perte. Elle n’est pas responsable de toute la transaction même si elle la principale banque qui a monté l’opération de syndication.

1.2. Les investisseurs dans les transactions de transfert de risque

Nous avons déjà décrit une technique de transfert de risques, la syndication. Nous allons examiner à présent les autres techniques dans le contexte des parties investissant dans les risques. Celles-ci incluent les banques, les compagnies d’assurance, les agences de crédit à l’exportation, et d’autres investisseurs.

1.2.1. Les banques

Les banques représentent 50% du marché du transfert de risques. Elles sont les investisseuses privilégiées dans les transactions de transfert de risques puisqu’elles ont tendance à toutes utiliser les mêmes formules d’évaluation. Comme nous l’avons vu plus haut, les banques investissent dans le risque à travers les syndications.

1.2.2. Les compagnies d’assurance

Comme les banques, les compagnies d’assurance sont d’importantes investisseuses dans le marché du transfert de risques, représentant environ 40% du total. Cependant, les compagnies d’assurance diffèrent des banques dans la manière où elles investissent dans le risque. Elles le font en souscrivant des polices dans lesquelles il y’a un bénéficiaire qui soumet une demande d’indemnité en cas de survenance d’un défaut.

Par exemple, supposons qu’une Banque accepte le risque pays d’une transaction dans un pays moins développé et transfert ce risque à travers une police d’assurance. La survenance de l’évènement de défaut pour des raisons politiques couvertes par la police, la Banque sollicite une demande d’indemnisation à la compagnie d’assurance et reçoit le paiement.

Le domaine de l’assurance liée au commerce traite le problème du risque de crédit aussi bien que le risque pays.

L’assurance de crédit commercial est utilisée pour protéger les créances d’une large gamme de risques, incluant les actions des débiteurs privés et les gouvernements souverains. L’assurance de crédit commercial fournir une protection financière contre l’instabilité politique, les problèmes

13 Le Spread signifie la marge initiale s’ajoutant au taux de base pour donner le taux d’intérêt dans le cadre d’un crédit syndiqué.

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économiques régionaux ou globaux et des désastres naturels qui peuvent affecter les marchandises en transit.

L’assurance du risque pays est utilisée pour se protéger conter les pertes résultant des actions ou de l’inaction du gouvernement d’un gouvernement souverain. L’assurance du risque pays n’est pas une garantie financière puisqu’elle ne couvre pas le risque commercial. Par exemple, elle peut être utilisée quand l’exposition au risque pays devient une contrainte à la transaction commerciale. L’assurance du risque pays couvre :

L’inconvertibilité de la monnaie et/ou le non transfert. Un gouvernement bloque la conversion ou le transfert de la monnaie (ce n’est pas le risque de dévaluation).

La frustration du contrat. Un entité gouvernementale fait défaut ou bloque l’affaire. La confiscation, l’expropriation, la nationalisation. Un gouvernement saisit les investissements. Le recours injuste à une garantie. Un gouvernement fait injustement appel à une garantie de

bonne exécution.

Les assurés doivent garder la confidentialité à propos de l’assurance. Les demandes d’indemnité sont payables après une « période d’attente » spécifiée.

1.2.3. Les agences de crédit à l’exportation (ACE)

Les pays développés ont des agences gouvernementales qui promeuvent les exportations, particulièrement les vers les pays émergents. Les agences de crédit à l’exportation utilisent soit les garanties soit l’assurance pour aider les compagnies exportatrices à couvrir le risque commercial de l’importateur étranger et le risque pays du pays de l’importateur.

D’habitude, la Banque ébauche la transaction et ensuite contacte l’agence de crédit à l’exportation appropriée pour arranger une modalité de transfert de risque (assurance ou garantie). L’ACE accepte une portion majoritaire (mais pas toute) du risque et des recettes de la transaction. La Banque structure ces transactions et une de ses forces repose sur sa capacité d’interagir avec les ACE afin d’assurer le succès de ces transactions.

1.2.4. Les sociétés d’affacturage

L’affacturage implique la vente sans recours de créances nées de l’étranger d’un exportateur. L’affacturage est une technique qui transfert aux investisseurs les risques pays et commercial de l’acheteur étranger, le débiteur. Le risque commercial peut être mitigé quelque peu par une garantie bancaire sur le papier (bien que l’investisseur supporte maintenant le risque de la banque plutôt que le risque de l’importateur).

Les principaux investisseurs dans le marché de l’affacturage sont les banques d’affaires, les agences d’affacturage (spécialistes dans la négociation de ces investissements), et les départements d’affacturage des banques. Ces structures d’investissement établissent typiquement des réseaux d’investisseurs secondaires qui résident dans le pays du débiteur. Puisque les investisseurs locaux sont souvent plus à l’aise avec leurs risques locaux politique, transfert, et/ou de convertibilité qu’un étranger puisse en être, ils ont plus tendance à investir dans des affaires originaires de leur pays. L’importateur peut bénéficier de plus longues échéances avec l’affacturage que les autres formes de financement puisque l’affacturage transfert le risque aux investisseurs secondaires qui trouvent le risque d’un pays particulier attractif.

Nous avons présenté les différents types et objectifs du transfert de risque. Cette section sera conclue sur les avantages que cela engendre.

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2. Les avantages du transfert de risque

Le transfert de risque offre trois avantages primordiaux à la Banque :

1. Une part de marché accrue et de l’aptitude face au risquePar exemple, la limite de sortie de divise ($600 million) au Brésil est insuffisante pour répondre aux demandes des clients d’une Banque Internationale qui y est installée. Ces clients veulent se protéger contre le risque pays associé au commerce brésilien. En faisant appel à une technique de transfert de risque comme la syndication, la Banque internationale est capable de lever deux fois le montant de l’affaire qu’elle pourrait traiter, sans se soucier de la limite à 600 $.

2. Construire une image positive et une réputation dans un marché spécifique.

Par exemple, les syndications, en l’occurrence les syndications silencieuses, permettent à la Banque d’arranger d’importants volumes de transactions qui renforcent la réputation de la Banque et ouvrent d’autres perspectives en affaires. Un exemple est un projet qui requiert un important capital coûtant des millions de dollars et durant des années. Dans ce cas, la Banque transfert les risques pays et le risque commercial afin de structurer des transactions ou le montant du risque est au-delà de la capacité de toute banque.

3. Des revenus à effet de levier

Un exemple aide à illustrer l’avantage des revenus à effet de levier. La couverture du risque pays kenyan est généralement fixée sur le marché à environ 4 % annuel. Si la Banque engage une transaction qui concerne le Kenya, elle touche 4% de revenus sur le risque pays. En transférant une certaine portion du risque, la Banque gagne 4 % sur le montant du risque conservé, sur les frais de gestion et sur la différence des frais payés par le client et le montant payé aux membres de la syndication. Le revenu total dépasse les 4 % que la Banque aurait gagnés si elle était la seule à engager le montant dans sa globalité. Pour gagner cette différence la syndication doit être silencieuse.

4. Le transfert de risque permet aussi à la Banque d’alléger les actifs de son Bilan afin

d’outrepasser légalement certaines contraintes prudentielles.

Après avoir élucidé la notion du risque bancaire dans les opérations du commerce international, nous allons nous focaliser dans la prochaine section sur le principe du contrôle de change : une réglementation à laquelle les banques doivent strictement se conformer dans les transactions internationales.

Section 2 : Le change dans les transactions internationales

Les banques jouent un rôle de premier choix dans les opérations du commerce extérieur, puisqu’elles interviennent dans la quasi-totalité des transactions internationales.

En finançant les importations et les exportations, en garantissant leur paiement et en procédant à leur dénouement régulier, elles permettent en effet aux importateurs et aux exportateurs de nouer des liens et d’entretenir aisément leurs relations avec des fournisseurs et des clients étrangers.

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En revanche, vis-à-vis des autorités de chaque pays, les banques sont des intermédiaires agréés qui ont pour objet de faciliter l’application de la réglementation des changes tour en collaborant avec l’État au développement du commerce extérieur dans le cadre des orientations préconisées14.

Pour régler un achat de biens ou de services à l’étranger, l’importateur qui reçoit une facture de son fournisseur dont le montant est libellée en monnaie autre que la sienne, doit nécessairement avoir recours au change, généralement en se tournant vers sa banque qui elle-même se tourne vers le marché des changes afin de procurer à son client la monnaie de la facturation. Ainsi, le change est l’opération par laquelle une monnaie est échangée contre celle d’un pays ou d’une monnaie internationale.

Cet échange s’effectue sur le marché des changes, le lieu de confrontation des offres et des demandes (achats/ventes) de devises, c'est-à-dire des moyens de paiement des différents pays. La confrontation donne lieu à des fluctuations (pouvant être favorables comme défavorables) entre les devises, d’où la genèse du risque de change. A cet effet, les importateurs et les exportateurs ont besoin de protection de ce risque en se servant d’instruments techniques de couverture fournis par leurs banques.

Ces différents aspects vont faire l’objet de développement dans ce qui suit.

A. Le contrôle des changes

Un pays peut avoir des difficultés à défendre la valeur de sa monnaie quand les entreprises ou des particuliers de ce pays préfèrent garder leurs richesses en dehors du pays. Ceci est essentiellement dû soit au manque de confiance des investisseurs dans l’économie de ce pays, soit à l’existence ailleurs d’autres environnements dérèglementés et favorables aux investissements. Il en ressort une sortie nette de capitaux de ce pays provoquant ainsi une dévaluation de la monnaie locale. Une autorité tutelle, en principe la banque centrale du pays, peut introduire des lois obligeant les entreprises et les particuliers à garder leurs capitaux à l’intérieur du pays et dans la monnaie locale. Ces lois sont appelées réglementation des changes ou contrôle des changes.

D’une manière assez simple, le contrôle des changes peut être défini comme toute décision règlementaire visant à limiter les entrées ou, plus généralement, les sorties de capitaux15.

Pour mieux appréhender l’évolution historique et contemporaine de ces mesures, il faut au moins remonter à l’époque de l’étalon-or. Mais, c’est au lendemain de la crise de 1929 et à la veille de la deuxième guerre mondiale que les dispositifs de contrôle des changes se sont renforcés. C’est par la suite que les règlementations se sont assouplies dans la plupart des pays avec le processus de libéralisation progressive du commerce mondial.

La réglementation des changes vise à assurer que les détenteurs de recettes en devises tels les exportateurs rapatrient leurs avoirs en devises étrangères du pays, dans ce cas la banque centrale prend possession entière ou partielle des devises étrangères disponibles dans le pays, obligeant les détenteurs de devises à convertir les devises étrangères en leur possession en monnaie locale en les vendant à la banque centrale. Ces mesures concernent généralement les importations et les exportations de biens et de services, les investissements, les opérations financières internationales, les transferts courants, …etc.

14 Berrada Mohammed Azzedine : “Les techniques de banque et de crédit au Marocˮ, 3ème édition, éd SECEA, Casablanca, 1991, p.523.

15 Trainfortrade : « Modalités et procédures de paiement à l’international », adapté de l’anglais par A. Bendriouch, p.93.

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Le tableau ci-dessous énumère les différentes mesures de contrôle des changes qui sont susceptibles d’affecter les exportateurs et les importateurs.

Tableau 1 : Les mesures de contrôle des changes

Importateurs exportateurs

Les mesures d'interdiction de détenir ou de faire le commerce des devises étrangères limitent les possibilités de l'importateur en matière de financement de ses approvisionnements sur le marché international.

Les importateurs ne peuvent obtenir de devises étrangères pour payer leurs importations que sous certaines conditions. Ces conditions prévoient généralement l’obtention d'une autorisation d'importation. Dans certains pays, la pénurie de devises oblige la Banque Centrale à réglementer les allocations de devises étrangères aux importateurs.

Recours obligatoire à certains moyens de paiement des importations. Par exemple, certains pays insistent sur le fait que toutes les importations doivent être réglées par lettre de crédit.

Interdictions des paiements d’avance des importations.

L'exportateur est tenu de faire une déclaration aux services chargés du contrôle des changes à propos de toutes ses opérations d'exportation. La déclaration précise quelles marchandises vont être quelles marchandises vont être exportées. Leur valeur et la date à laquelle les recettes de ces exportations arriveront dans le pays. L'exportateur devra soumettre ces documents accompagné de sa déclaration en douane en vue d'effectuer les formalités douanières pour permettre aux marchandises de quitter le pays.

L'exportateur est tenu de rapatrier ses recettes en devises étrangères dans l'espace d'une certaine période après l'expédition des marchandises.

L'exportateur est tenu de céder ses recettes en devises étrangères à sa banque dans l'espace d'une certaine période après les avoir reçues.

L'exportateur ne peut avoir un compte en devises étrangères et ne peut détenir des devises étrangères ;

L'exportateur doit obtenir une autorisation de la banque centrale pour régler des paiements étrangers (par exemple le prix du fret, les commissions, etc.).

Quelque soit la nature des mesures prises, elles sont appliquées en fonction des objectifs économiques du pays concerné (rééquilibrage de la balance des paiements). Il ressort de ce fait que le contrôle de change est une intervention étatique, consistant à mener une action directe sur l’offre et la demande des devises, ainsi que sur le taux des changes fixés de manière arbitraire.

Dans le cadre des opérations de paiement international, les intermédiaires agréés, en l’occurrence les banques, sont des leviers de la banque centrale pour le strict respect de la réglementation des changes.

B. Le marché des changes

La plupart des transactions du commerce international exigent des opérations de change. Sur le marché des changes, appelé aussi le « Forex ou FX», sont échangées des devises entre elles. Le cours d'une devise par rapport à une autre résulte sur le marché des changes de la confrontation à un moment donné entre les offres et les demandes.

En termes de volume des transactions, le marché des changes est le plus grand marché mondial avec une liquidité de 24h/24 et 5 jours/7. C’est aussi un marché qui connaît une croissance spectaculaire avec un accroissement en volume de plus 600%, seulement dans les dix dernières années16.

16 Citi FX market website : http://www.citifxpro.hk/FX-trading-and-forex-markets.aspx

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Figure 2 : Total des transactions quotidiennes sur le FX en Milliards de USD

L’accroissement rapide a alimenté un marché où 3200 $ Milliards sont échangés en volume sur une base quotidienne. Les transactions sur la seule devise Euro sont cinq fois supérieures à toutes les transactions effectuées sur le tout le NYSE.

Figure 3 : Le volume des transactions quotidiennes par rapport aux principaux instruments financiers (en Milliards de USD).

Ce marché comprend le marché de change au comptant et mais également le change à terme avec certaines spécificités qu’il convient de détailler.

1. Les spécificités du marché des changes

Ses spécificités reposent avant tout sur : la qualité de l'information, une double organisation (gré à gré, et organisé), une déontologie très stricte.

1.1. La qualité de l'information

Le marché des changes est avant tout un vaste réseau de télécommunication à travers le monde dont la qualité permet aux grandes places financières de se relier entre elles. Les transactions s'effectuent de manière tout à fait informelle, par téléphones et par un système de transmission électronique développé par l'agence Reuter : le « Dealing ». Le DeaIing permet à deux banques d'échanger des

Source: Bank for International Settlements (BRI)

Étude triennale de la Banque Centrale sur le marché des changes et les marchés dérivés en Avril 2007

Source: Bank for International Settlements

Étude triennale de la Banque Centrale sur le marché des changes et les marchés dérivés en Avril 2007

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informations ou de traiter des opérations par écrans interposés. De grandes agences alimentent le marché en informations: Reuter, Bloomberg, Telerate. Elles offrent les services suivants :

une diffusion permanente des nouvelles économiques, politiques, et financières et surtout les commentaires s'y rapportant ;

les tableaux de cotations des principaux marchés financiers du monde; -un système d'analyse graphique des prix des instruments cotés;

des liaisons informatiques permettant à chaque abonné d'extraire et de stocker les informations diffusées par leurs réseaux.

1.2. Dichotomie: le gré a gré et l'organisé

Un marché des changes organisé est fondé sur quatre éléments:

les transactions sont réalisées sur un lieu géographique bien défini par des intervenants agrées ;

les transactions ne peuvent avoir lieu que sur une plage horaire fixe ; un organisme intermédiaire supprime le risque de contrepartie ; les produits sont bien définis et standardisés.

Les progrès réalisés dans les télécommunications et les exigences des entreprises en matière de flexibilité ont conduit au développement d'un marché de gré à gré (entre deux co-contractants), sur lequel s'effectuent des opérations sur mesure. Ces deux formes de marché cohabitent sur tous les compartiments du marché des changes.

1.3. Déontologie très stricte

La très forte volatilité des cours de change, les montants considérables engagés par les cambistes et la nécessité d'une grande rapidité dans les transactions impose le respect le plus absolu de la parole. Le respect d'un code de bonne conduite par les cambistes et les courtiers est l’expression même du professionnalisme.

1.4. Un marché non centralisé

Contrairement à d'autres marchés (la bourse des valeurs), le marché des changes n'est pas un lieu « physique ».

Il n'a pas de structure centralisée et les opérations sont conclues d'un pays à l'autre par l'intermédiaire de moyens de communications très rapides. Mais c’est dans les grandes places financières (Londres, New York…) que se concentre la plupart des liquidités du marché des changes.

Figure 4 : Horaire moyen indicatif de fonctionnement des principales places

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24

                Paris / Londres              

                        New-York      

                                Los Angeles

Tokyo                                

    Hong-Kong/Singapour                          

1.5. Le système de cotation

Les cotations se caractérisent par l’existence de deux cours :

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Le cours acheteur pour le marché, appelé « bid » : demandé (le plus bas) ; Le cours vendeur pour le marché, appelé « offer » : offert (le plus haut).

L’écart entre ces deux taux est appelé « spread »17. Il représente la marge de la banque. Si la banque ne trouve pas de contrepartie sur le marché, elle ressert le « spread ».

Le cours USD/EUR 1,3763 - 97 signifie que la banque est prête à acheter le dollar à 0,3763 € mais à le vendre à 0,3797 €.

Lorsque le cours de change indique le nombre d’unités de monnaie nationale nécessaires pour une unité de devise étrangère, on dit que le système utilisé est la cotation à l’incertain18.

Par contre, lorsqu’un cours indique le nombre d’unités de devise étrangère pour une unité de monnaie nationale, on dit que c’est la cotation au certain19.

Il faut noter que les devises cotées font l’objet de codes communs standardisés. C’est une convention universellement admise régie par l’ISO. Les codes ISO des devises se déclinent en trois lettres pour chaque devise (Dollars US = USD, Euro = EUR, Livre sterlling = GBP…).

En outre, l’usage veut que les devises soient cotées jusqu’à 4 décimales.

2. Les intervenants sur le marché des changes

2.1. Les Banques Centrales

Le rôle essentiel des banques centrales vise à régler les fluctuations du marché des changes à partir des données macro-économiques et politiques. Leur action s'exerce sur le taux d'intérêt et sur les cours des changes.

2.2. Les banques et les institutions financières

Les banques et institutions financières agréées sont habilitées à opérer sur le marché des changes pour leur propre compte et celui de leur clientèle.

2.3. Les courtiers

Les courtiers n'ont qu'un rôle d'intermédiaire en centralisant les cotations et en confrontant l'offre et la demande. Ils ne traitent généralement pas pour leur propre compte. Ils sont rémunérés à la commission.

2.4. La clientèle privée

Elle se compose de trois catégories :

les organismes financiers ou les petites banques, les entreprises industrielles et les entreprises commerciales, les investisseurs internationaux.

La première motivation de la clientèle est la couverture de ses positions de change ainsi que l'optimisation des ressources et le placement de ses excédents. Certaines firmes multinationales pratiquent des opérations de spéculation et d'arbitrage.

17 Le spread est le plus souvent exprimé comme suit : Spread (en% )= cours vendeur−cours acheteurcours vendeur

18 Cotation à l’incertain : X unités de monnaie nationale = 1 unité de devise étrangère19 Cotation au certain : 1 unité de monnaie nationale = X unités de devise étrangère

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3. Les activités sur le marché des changes

On distingue sur les différents compartiments du marché des changes quatre grands types d'activité: la couverture, la spéculation, l'arbitrage et le market-marking.

3.1. La couverture

La couverture contre le risque de change, correspond à l'essence même du marché des changes. Cette opération s'adresse principalement aux banques, aux institutions financières et aux entreprises. Elle correspond au transfert au marché d'un risque que l'on ne souhaite plus assumer.

3.2. La spéculation

Opération effectuée sur le marché des changes dans le but d'obtenir une plus-value. Selon la durée de la prise de risque par le spéculateur on peut distinguer :

Les scalpers : effectuent des aller-retours très rapides (quelques minutes) : Les days-to-days traders : qui débouchent leurs positions en fin de journée: Les long-term traders : travaillent sur des horizons plus lointains

3.3. L'arbitrage

Technique consistant à repérer les imperfections de toute nature du marché (mauvaise propagation désinformations, réglementations) et d'en tirer profit sans aucune prise de risque.

3.4. Le Market-Marking

C'est l'activité des teneurs de marché. Leur activité institutionnelle est de se porter contrepartie pour régulariser le marché. En ce sens le market-marking est un fournisseur de liquidité instantanée.

4. Les compartiments du marché des changes

Il existe deux compartiment sur le marché de change : le marché au comptant (marché spot) et le marché à terme.

4.1. Les marchés des changes au comptant

Il est aussi appelé « marché spot », est le marché sur lequel des devises sont échangées entre banques. Le marché est qualifié de comptant car la livraison des devises s’effectuent en général dans les  jours ouvrés.

Une opération de change au comptant est un accord bilatéral d’échanger des devises X contre les devises Y, à un cours déterminé, l’échange ayant lieu au plus tard 48 heures ouvrées par transfert d’un compte bancaire à un autre ; il est matérialisé par un jeu de d’écritures dans les livres de comptes des deux banques concernées.

Lorsqu'une banque a besoin d'une devise particulière, elle peut en acheter à d'autres banques. C'est ce que l'on appelle le marché interbancaire. Les banques peuvent aussi passer par un intermédiaire, appelé courtier de change (ou "broker") qui met en contact la banque acheteuse avec une banque vendeuse de la même devise.

4.2. Les marchés des changes à terme

Les marchés des changes à terme (forward market) sont les marchés sur lesquels s'échangent les devises à un cours déterminé immédiatement, mais pour une livraison à une date future précise. Il suffit que la livraison des devises soit faite plus de deux jours pour qu'il s'agisse d'une transaction à

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terme. Les instruments sur les marché à terme sont des produits dérivés. Selon l'IASB (International Accounting Standards Board) un produit dérivé peut être défini comme un instrument financier dont la valeur varie en fonction du changement de prix d'un sous-jacent, tels qu'un taux d'intérêt, matières premières, actions ou indices, etc.20.

Parmi les instruments dérivés que les banques disposent dans leurs portefeuilles, figurent les futures, les FRA, les contrats à termes sur devises (forward contracts), les options, les swaps et de plus en de dérivés exotiques, d'instruments financiers synthétiques et structurés. Ces instruments hors-bilan connaissent une augmentation fulgurante ces dernières décennies, en raison de leur attractivité et de leur souplesse quoiqu’il ne faut jamais occulter leur caractère très risqué et aussi de leur haut degré de sophistication.

Pour revenir sur le les marchés des changes à terme, notons que les cours qui s’appliquent (cours de change à terme) sont cotés en terme de différences par rapport au cours comptant. On appelle cette différence les points de termes, qui sont :

Le report : si le cours à terme est supérieur au cours comptant d'une devise, on dit que la devise est cotée avec un report ou est en report.

Cours à terme = cours comptant + report

Le déport : si le cours à terme est inférieur au cours au comptant d’une devise, on dit que la devise est cotée avec un déport.

Cours à terme = cours comptant - déport

Les reports et les déports sont donnés généralement en points. Les termes cotés sont les suivants : 1 mois, 3 mois, 6 mois et 1 an21.

Le change à terme permet à un opérateur de fixer, aujourd’hui, le prix auquel elle échangera ses devises contre de la monnaie22. Ce qui se traduit par la possibilité de se couvrir soit en achetant à terme soit en vendant à terme.

Les schémas suivants expliquent le fonctionnement de la couverture à terme.

20 Dimitris N. Chorafas: "Introduction to derivative financial instruments: Options, Futures, Forwards, Swaps, and Hedging", The McGraw-Hill Companies, 2008, p.33.

21 Le cours de report ou déport sont calculés souvent sur base annualisée :

Taux dereport ou deport=Ct−CcCc

×T12

avec Ct = cours à terme, Cc = Cours au comptant et T = nombre de

mois.22 A. Barelier – J. Duboin – F. Duphil : « Exporter : Pratique du commerce international », 14ème édition, éd Foucher, p.669

Exportateur + +

Jour de l’opération

J +

L’exportateur veut vendre la devise contre la monnaie

Les opérations suivantes seront réalisées

+ devise (paiement de l’importateur) - devise (vente en devises reçues)+ monnaie (contrepartie en Banque

+ +

Jour de l’opération

J + 3

Pour satisfaire l’exportateur, la banque emprunte la devise (+devise) La vend comptant et place les fonds (-monnaie)

Livre la monnaie à l’exportateur et récupère la devise avec laquelle elle rembourse l’emprunt.- devise – intérêts sur devises+monnaie + intérêts de la

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Ainsi, une opération de couverture à terme équivaut à une opération sur le marché du comptant à laquelle viennent s’ajouter deux opérations de trésorerie (emprunt/prêt).

À coté du change à terme, il existe d’autres moyens de protection que nous ne traiterons pas pour éviter que ce travail soit alourdi. Mais au-delà de ces aspects de change, il y’a les autres éléments qui constituent eux-mêmes les bases des transactions à l’internationale. Nous allons les évoquer dans la section suivante.

Section 3 : Les constituants des transactions internationales

Dans les transactions internationales, il est tout à fait important de maîtriser trois aspects fondamentaux :

les documents qui constituent les bases de la transaction. les termes de vente usuels qui définissent les responsabilités et les

obligations du vendeur et de l’acheteur (incoterms) ; et les termes de paiement usuels auxquels les parties ont recours.

L’un des états de fait qui constitue, souvent, une pierre d’achoppement aux intervenants, aguerris ou non, du commerce international, est la profusion de papiers ou de documents, nécessaires à l’exécution d’un contrat. En prenant l’exemple d’une procédure de paiement par crédit documentaire, la banque peut être amenée à vérifier l’apparence de conformité de ces liasses documentaires. Au vu de la diversité, du nombre important et de la complexité des documents de base du commerce international, il relève d’une très grande subtilité pour pouvoir déceler d’éventuelles irrégularités pouvant entacher leur conformité stricte23, d’où la nécessité de comprendre exhaustivement, l’objet, la fonction et la portée de chaque document.

En plus, lorsqu’un contrat est conclu entre un importateur et un acheteur les termes de la vente pour la livraison des marchandises doivent être clarifiés pour éviter toute dispute à un stade ultérieur. Très souvent, si ceci n’est pas fait dans une phase initiale par mégarde ou par manque de connaissance de ces termes,

23 Ce principe est édicté dans les Règles et Usances Uniformes de la CCI que nous verrons dans la partie consacrée au crédit documentaire.

+ +L’importateur veut acheter la devise contre la monnaie dans trois mois

Les opérations suivantes seront réalisées

- monnaie (achat devises)+ devises (contrepartie en monnaie du montant de la créance)- devises (pour paiement)Banque

+ +

Jour de l’opération J + 3

Pour satisfaire l’importateur, la banque emprunte la monnaie (+monnaie)

La vend comptant (- monnaie),

Livre la devise à l’importateur et récupère la monnaie avec laquelle elle rembourse l’emprunt.+ monnaie - intérêts sur monnaie

Importateur

J + 3Jour de

l’opération

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les parties impliquées peuvent rencontrer des difficultés pour situer les responsabilités au cas où un conflit s’éclaterait.

Il est, certes, essentiel pour éviter des conflits, que les parties d’une transaction internationale, précisent expressément les termes de paiement dans le contrat. Ces termes qui fixent les délais de paiement, le lieu ainsi que le mode, constituent un enjeu financier très important à l’égard des parties impliquées car ayant un impact direct sur leur trésorerie.

A. Les documents de base

Toutes les opérations d’importation ou d’exportation effectuées soit directement entre négociants de pays différents soit par remises documentaires ou encore par crédits documentaires ne peuvent être dénouées qu’après transmission par l’expéditeur des documents formés par24 :

Les documents commerciaux Les pièces d’expédition Les documents d’assurance éventuellement ; Les documents précisant les caractéristiques des marchandises, exigés par les services de

douanes, la réglementation des changes du pays destinataire ou l’importateur lui-même.

Nous allons tour à tour les voir dans ce qui suit.

1. La facture commerciale

Il est de pratique courante qu’un acheteur sollicite de différents vendeurs des factures proformas sur des marchandises données afin de pouvoir comparer et opter. Une fois son choix déterminé, il demande au fournisseur retenu la livraison de marchandise accompagnée d’une facture définitive.

▪ La facture proforma

C’est une sorte de devis qui concrétise l’offre de l’exportateur et qui permet à l’importateur d’engager les formalités relatives à l’importation.

▪ La facture définitive (invoice)

C’est le document de base qui concrétise toute opération commerciale. A l’instar de la facture proforma, elle doit indiquer, à une date précise : les noms et adresses du vendeur et de l’acheteur, la nature et la description des marchandises en quantité, en unité et en valeur ; les termes de la vente ainsi que les délais et les modalités de paiement.

Elle permet donc au destinataire (importateur ou banquier) de confronter les caractéristiques de l’expédition avec celles de la commande et de relever, par conséquent, les anomalies éventuelles.

2. Les documents d’expédition

les documents d’expédition sont les pièces que remet le transporteur à l’expéditeur au moment de la réception des marchandises devant être portées dans un lieu déterminé.

Ces documents peuvent être de simples titres de transport comme ils peuvent conférer la preuve de la propriété de la marchandise (cas du connaissement maritime).

24 Berrada Mohammed Azzedine op cit, p.579-581

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▪ Le connaissement maritime (bill of lading)

Le connaissement maritime est le document d’expédition le plus répandu dans les opérations du commerce international. Son succès est dû à la fois aux différents avantages que procurent les transports par mer (quantités, prix…) et à ses caractères propres qui en font un document de transport en même temps qu’un titre représentatif de la propriété de la marchandise susceptible, par conséquent, d’être gagé. Il est donc négociable

En matière d’utilisation, on distingue trois sortes de connaissement :

- Le connaissement au porteur : très rare parce qu’il procure peu de sécurité ;- Le connaissement à personne dénommée : de moins en moins courant en raison des difficultés

de sa cession à une autre personne ;- Le connaissement à ordre : titre courant, négociable par simple endossement.

Le connaissement peut être émis en un seul exemplaire original ou en plusieurs.

Le nombre d’exemplaires originaux est indiqué dans chacun d’eux afin de protéger le créancier gagiste éventuel qui ne serait pas en possession du jeu complet de connaissements.

Tableau 2 : Différentes formes de connaissement

Désignation Caractéristiques utilisation

À personne dénommée ou nominatif

Nom et adresse du réceptionnaire « consignee »

Mention à ordre rayée

Mention « non négociable » apparente

Relativement peu utilisé, car ce connaissement n’est pas transmissible par endos, donc inutilisable dans le cadre des crédits documentaires.

À ordre (du chargeur ou du réceptionnaire ou d’une banque)

Transmissible par simple endos (ce connaissement est négociable).

Dans le cas d’un crédit documentaire, le connaissement à l’ordre de la banque émettrice (autre titre de garantie de la marchandise).

Fréquemment utilisé si l’opération est payée par crédit documentaire

Au porteur (sans indication du destinataire)

Transmissible par simple tradition.

Livraison sur simple présentation

Cas moins fréquent car dangereux en cas de perte ou de vol de connaissement.

Utilisation plus réduite dans le cas du crédit documentaire.

Comme l’a expliqué Monsieur Lavergne25 : « il importe en effet, aux banques qui pourront être appelées à négocier le connaissement, aux créanciers qui ne détiennent à titre de gage, à tous ceux, enfin, qui auront en vertu de ce document, un droit sur la marchandise, de savoir en combien d’exemplaires il a été émis, car il suffit d’un seul exemplaire du connaissement à ordre, régulièrement endossé (ou du connaissement au porteur), pour obtenir livraison de la marchandise, et une fois que cet exemplaire a été accompli, tous les autres n’ont plus de valeurs ». Il n’y a donc de garantie efficace que dans la possession de tous les exemplaires originaux, c'est-à-dire du jeu complet des connaissements.

25 Léon Lavergne : « Les transports par mer », édition refondue et mise à jour par G.H Lafaye, éd René Moreux et Cie Paris, 1972, P.102

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▪ La lettre de voiture : c’est un titre de transport qui représente une expédition effectuée par chemin de fer (duplicata de lettre de voiture ferroviaire), par voie routière (lettre de voiture internationale), ou par voie fluviale (lettre de voiture fluviale ou récépissé de batelier)

▪ La lettre de transport aérien (LTA) Air Waybill : il s’agit de la pièce qui constate comme son nom l’indique un envoi effectué par voie aérienne. La LTA est un contrat de transport qui fait la loi des parties. Elle n’est pas un titre de propriété de la marchandise comme le connaissement maritime, de ce fait elle n’est pas négociable.

▪ Les documents de transport combiné : ce titre représente l’expédition de la marchandise par deux ou plusieurs modes de transport différents.

▪ Le récépissé postal : cette pièce est délivrée par les services postaux pour les expéditions réalisées par l’intermédiaire de la Poste (quel qu’en soit le mode de transport).

Comme le connaissement maritime, les différentes pièces d’expédition énumérées ci-dessus sont des titres de transport qui attestent l’envoi des marchandises.

Ce caractère permet donc aux banques de les utiliser dans les opérations documentaires mais ne leur confère pas les mêmes garanties sur les marchandises, celles-ci pouvant en effet être en cours de route par l’expéditeur ou être retirées par le destinataire.

3. Les documents d’assurance

Pour couvrir les différents risques de sinistre pouvant affecter les marchandises en cours de route, il est nécessaire au vendeur ou à l’acheteur (selon les termes du contrat) de souscrire à une police d’assurances.

Ces polices comportent généralement une clause indiquant leur négociabilité telle que la mention « pour compte de qui il appartiendra » qui permet d’éviter aux établissements de crédit de demander la délégation des indemnités d’assurances en leur faveur dans le cadre d’un financement (crédit documentaire par exemple).

La police d’assurances peut être modifiée par avenant et être attestée par certificat d’assurances.

La valeur assurée doit être au minimum égale à la valeur C.A.F des marchandises.

4. Les documents déterminant les caractéristiques des marchandises

Les documents qui précisent les différentes caractéristiques des marchandises : poids, quantité, qualité, origine, spécificités particulières peuvent être exigés par les services douaniers, la réglementation des changes du pays destinataire ou l’importateur lui-même. Il s’agit principalement des différentes pièces suivantes :

▪ Le certificat d’origine (certificate of origin) : généralement délivré par les services des Douanes ou par une Chambre de Commerce du pays exportateur, ce document certifie l’origine des marchandises.

▪ Le certificat E.U.R. 1 : certificat utilise entre les pays de CEE et les membres associés (pays méditerranéens) tenant lieu de certificat de certificat d’origine. Il a pour effet l’application des tarifs douaniers préférentiels.

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▪ La facture consulaire : exigée par la réglementation de certains pays, cette facture doit être revêtue du visa du Consulat du pays destinataire afin que les différentes mentions qui y sont portées soient certifiées.

▪ La facture douanière : demandée par l’administration des douanes de certains pays importateurs, elle est généralement établie par l’exportateur dans les formes requises par les services douaniers concernés.

▪ Le certificat d’agréage : délivré par des établissements spécialisés, le certificat d’agréage revêt un caractère officiel et donne des renseignements généralement assez précis sur les caractéristiques qualitatives de la marchandise. L’agréage est une opération nécessaire en prévision de litiges qui pourraient surgir entre l’acheteur et le vendeur sur l’état de la marchandise expédiée ;

▪ Le certificat d’analyse : ce certificat est établi par des experts ou laboratoires d’analyses (utilisé lors d’achats d’éléments chimiques ou minéraux. Il est établi pour chaque expédition. Il peut se muer en certificat d’inspection ou de qualité.

▪ Le certificat de qualité : c’est un document émis par un expert après avoir vérifié que les marchandises expédiées sont conformes aux descriptions sur le document de transport et la facture commerciale. C’est un document qui peut se substituer au certificat d’inspection, un document qui atteste aussi que les marchandises sont de bonne qualité après inspection (du degré ou de la teneur de certaines composantes).

▪ Les certificats sanitaires, vétérinaires, phytosanitaires (Sanitary certificate) : ces certificats délivrés après analyse d’un service sanitaire reconnu, sont établis pour autoriser le passage frontalier respectivement de certains produits comestibles, des viandes et animaux, des plantes et des graines. Il n’atteste pas forcément la qualité des marchandises.

▪ La liste de colisage (Packing list) : cette liste détaille les différents colis relatifs à l’expédition des marchandises. Elle est rédigée par l’expéditeur ou son transitaire, mais elle n’est pas un document officiel

▪ La note de poids : dressée par l’exportateur, cette note relève les poids bruts et nets des produits expédiés.

Ce long inventaire nous montre déjà, combien le nombre des documents, constituant la base d’une transaction, peut être important. En tout état de cause, seule leur maîtrise est la solution qui permet aux intervenants, en général, et aux banques26, en particulier, d’en déceler d’éventuelles irrégularités et par conséquent de les signaler au plutôt. Ces irrégularités très fréquentes dans les documents présentés, peuvent induire des erreurs et donc des pertes financières, de temps ou des litiges. Au niveau des banques, elles sont à l’origine de rejets systématiques et intempestifs des documents.

B. Les termes de vente usuels

Les transactions internationales sont matrices de rapports juridiques divers. Ainsi, il y’a de nombreux points à appréhender, figurant en grande ligne sur le contrat de vente et, sur lesquels doivent

26 À noter que les banques n’ont affaire qu’avec les documents, c'est-à-dire qu’au plus, elles sont tenues de procéder à la vérification des documents et d’en juger leur apparence de conformité en se référant sur les instructions documentaires prescrites (cas d’un paiement par crédit documentaire). Ce rôle quasi-simple, de prime abord, nécessite toutefois, de la part des banquiers, de connaissances basiques ou avancées selon la nature du document, relatives à la fonction et à la description de chacun d’eux.

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s’accorder, au préalable, les deux protagonistes (importateur et l’exportateur). Parmi ces points, y figure les termes de vente. En effet, l’hétérogénéité des pratiques commerciales internationales, les différences linguistiques ont longtemps été à l’origine de malentendus ou de mésinterprétations dans des opérations commerciales internationales, en l’occurrence, les termes de vente.

C’est pour uniformiser, simplifier et éviter toute ambigüité dans les contrats de vente internationale, que la CCI a élaboré un référentiel de codes définissant les termes usuels : les incoterms (International Commercial Terms).

1. Définition et objet des incoterms

Les termes de vente usuels ou les Incoterms, habituellement utilisés dans les opérations du commerce extérieur sont des références contractuelles non obligatoires qui ont pour rôle de clarifier les points suivants :

Situer le point critique du transfert des risques du vendeur à l'acheteur dans le processus d'acheminement des marchandises (risques de perte, détérioration, vol des marchandises) permettant ainsi à celui qui supporte ces risques de prendre ses dispositions notamment en terme d'assurance ;

Indiquer qui du vendeur ou de l'acheteur doit souscrire le contrat de transport ; Répartir entre les deux les frais logistiques et administratifs aux différentes étapes du

processus ; Préciser qui prend en charge l'emballage, le marquage, les opérations de manutention, de

chargement et de déchargement des marchandises ou l'empotage et le dépotage des conteneurs ainsi que les opérations d'inspection ;

Fixer les obligations respectives pour l'accomplissement des formalités d'exportation et/ou d'importation, le règlement des droits et taxes d'importation ainsi que la fourniture des documents.

Cependant, les incoterms ne définissent pas le point de transfert de propriété (qui est en général lié au paiement où à la livraison, suivant loi régissant le contrat).

Dans une perspective historique, il convient de rappeler que les incoterms sont les fruits d’une lente maturation de pratiques commerciales séculaires en matière contractuelle27. En effet, les termes commerciaux sont le plus souvent d’origine britannique et que ces termes n’avaient pas exactement le même sens dans tous les pays et tous les ports. C’est ainsi que F.O.B Londres ou F.O.B le Havre pouvaient présenter de notables différences28.

Au rôle primordial du temps dans l’émergence de ces pratiques et l’accroissement progressif de leur champ d’application, ou du moins dans la précision de ce dernier s’est ajoutée, depuis 1920, la précieuse contribution de la CCI. C’est pour unifier le sens, la portée et la définition de ces termes que la CCI a crée 9 incoterms. Ces termes commerciaux se sont développés du fait des coutumes commerciales internationales ; ils ont simplifié, et jusqu’à un certain point standardisé la vente des marchandises à l’étranger.

Ces incoterms ont fait l’objet de plusieurs modifications (de nouveaux incoterms avaient été introduits respectivement en 1953, 1976 er 1980, 1990) depuis 1923, date de leur première publication par la CCI. Ils ont subi un nouveau réaménagement par leur révision en 1999 suivie de leur entrée en vigueur

27 Emmanuel Jolivet : « Les Incoterms : études d’une norme du commerce international », éd FNDE, Paris, 2003, p.3328 Clive M. Schmitthoff : « l’exportation : ses problèmes et leurs solutions », traduit de l’anglais « The export trade : the law

and practice of international trade », collection exporter, 5ème édition, Londres, 1969, éd Jupiter, paris. P.29

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au 1er janvier 2000. L’objectif général de cette révision étant, bien sûr, que ces nouveaux incoterms au millésime 2000, brochure n°560, se meuvent au rythme de la dynamique du commercial international dans le souci de :

Éviter de comprendre de travers l’interprétation de certains termes, différends et litiges ; adapter les termes à l’utilisation accrue de l’échange des données informatisées (EDI) ; accommoder les changements dans l’utilisation de la technologie et des systèmes de transport,

par exemple : l’utilisation des containers, le transport multimodal, la navigation de ferry-boat par le trafic roll-on/roll-off29, l’unitisation de cargo30…

2. Structure et analyse des incoterms

Dans le contrat commercial, il doit y être mentionné l’incoterm qui a été choisi de la manière suivante :

Incoterm CCI 200031 les 3 lettres indiquant l'incoterm choisi lieu d'effet les mentions complémentaires ou restrictions éventuelles.

Pour une compréhension plus aisée, les 13 incoterms de la CCI sont groupés quatre grande en catégorie : à savoir, qu’ils commencent par le terme où le vendeur délivre la marchandise au client dans ses locaux (le terme « E » - Ex works) ; suivi du second groupe où le vendeur est appelé à livrer la marchandise au transporteur désigné par l’acheteur (les termes « F ») ; continuant avec le troisième groupe (les termes « C ») où le vendeur a la charge du transport mais n’assume pas les risques de perte ou de dommages aux marchandises ou d’éventuels coûts additionnels causés par des événements postérieurs au chargement ou à l’expédition ; et enfin les termes « D ».

On peut aussi distinguer les incoterms selon le mode de transport ou selon le mode de vente.

Mode de transport Vente au départ Vente à l’arrivée

Tout mode EXW, FCA, CPT, CIP DDU, DDP

Spécifique Terrestre DAF

Spécifique Maritime FAS, FOB, CFR, CIF DES, DEQ

Selon que l’on se trouve du côté du vendeur, il est à noter que ses obligations vont crescendo du terme « E » au terme « D » et vice-versa côté acheteur (voir figure suivante).

Figure 5 : Incoterms : l'échelle des obligations

29 Ferry : c’est un navire spécialement conçu pour le transport des trains et voitures d'une rive à l'autre d'un fleuve, d'un lac, d'un bras de mer. Le roll-on/roll-off est une technique du ferry où on peut charger directement des remorques de camions qui sont roulées et non soulevées.

30 Tarsem Singh Bhogal and Arun Kumar Trivedi : « International Trade Finance : A pragmatic approach », éd Palgrave Macmillan, New York, 2008, p.111

31 Cette est de rigueur car il y’a des différences de signification entre les incoterms américains US (appelés Uniform Commercial Code, UCC) et les incoterms de la CCI. La précision est plus que donc indispensables.

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EXW

FCA

FAS

FOB

CFR

CPT

CIF

CIP

DAF

DES

DEQ

DDU

DDP

LES OBLIGATIONS DU VENDEUR AUGMENTENT

LES OBLIGATIONS

DE L’ACHETEUR AUGMENTENT

Les droits et les obligations des parties au contrat de vente quant au respect des modalités de livraison des marchandises peuvent être élucidés avec l’aide des « incoterms 2000 » comme suit :

Le groupe des Incoterms " E " = EXW ou Sortie d’usine

▪ L’incoterm " EXW " EXW= EX WORKS … (lieu convenu)

Vendeur : l'unique responsabilité du vendeur est de mettre la marchandise, dans un emballage adapté au transport, à la disposition de l'acheteur dans ses locaux (en général, le prix inclut la mise sur palette).

Acheteur : l'acheteur supporte tous les frais et risques inhérents au transport, du départ de l'usine au lieu de destination.

Le groupe des Incoterms " F " = FREE ou FRANCO

▪ FCA= FREE CARRIER … (lieu convenu)

Vendeur : Si la livraison s'effectue dans les locaux du vendeur, c'est le vendeur qui fait le chargement de la marchandise emballée convenablement sur le véhicule fourni par l’acheteur, (précisez « FCA locaux du vendeur »). Le dédouanement export est à la charge du vendeur.

Acheteur : L'acheteur choisit le mode de transport et le transporteur avec lequel il conclut le contrat de transport et paie le transport principal. Le transfert des frais et des risques se fait au moment où le transporteur prend en charge la marchandise. Les parties doivent convenir du lieu de remise des marchandises (terminal du transporteur ou locaux du vendeur).

▪ FAS = FREE ALONG SIDE SHIP … (port d’embarquement convenu)

Vendeur : Les obligations du vendeur sont désormais remplies lorsque la marchandise est placée dédouanée le long du navire sur le quai ou dans les allèges au port d’embarquement convenu.

Acheteur : A partir de ce moment, l'acheteur supportera tous les frais et risques de perte ou de dommage dès que la marchandise a été livrée le long du navire, notamment dans le cas de retard du navire ou d'annulation de l'escale. L'acheteur désigne le transporteur, conclut le contrat de transport et paie le fret.

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▪ FOB = FREE ON BOARD ... (port d’embarquement convenu)

Vendeur : La marchandise est placée à bord du navire par le vendeur. Les formalités d'exportation incombent au vendeur.

Acheteur : L'acheteur désigne le navire et paie le fret. Le transfert des frais et risques se fait au moment où la marchandise passe le bastingage du navire.

▪ CFR = COST AND FREIGHT … (port de destination convenu)

Vendeur : Il choisit le transporteur, conclut et supporte les frais en payant le fret jusqu'au port de destination convenu, déchargement non compris. Le chargement des marchandises dédouanées sur le navire lui incombe ainsi que les formalités d'expédition. Par contre, le transfert de risques est le même qu'en FOB.

Acheteur : Supporte le risque de transport, lorsque la marchandise a été livrée à bord du navire au port d'embarquement ; la réceptionner du transporteur et prendre livraison de la marchandise au port de destination convenu.

▪ CIF = COST, INSURANCE AND FREIGHT … (port de destination convenu)

Vendeur : Terme identique au CFR avec l'obligation supplémentaire pour le vendeur de fournir une assurance maritime contre le risque de perte ou de dommages aux marchandises. Le vendeur paye la prime d’assurance.

Acheteur : Supporte le risque de transport, lorsque la marchandise a été livrée à bord du navire au port d'embarquement. Réceptionner et prendre livraison de la marchandise du transporteur au port de destination convenu.

▪ CPT = CARRIAGE PAID TO … (lieu de destination convenu)

Vendeur : Le vendeur maitrise la chaine logistique. Après avoir pris en charge le dédouanement export, il choisit les transporteurs et paie les frais jusqu'au lieu convenu.

Acheteur : Les risques d'avaries ou perte sont supportés par l’acheteur à partir du moment où les marchandises ont été remises au premier transporteur. Ensuite, l’acheteur prend en charge le dédouanement import et les frais de déchargement.

▪ CIP = CARRIAGE AND INSURANCE PAID TO … (lieu de destination convenu)

Vendeur : CIP est identique au CPT, mais le vendeur doit fournir en plus une assurance transport. Le vendeur conclut le contrat de transport, paie le fret et la prime d'assurance.

Acheteur : Les risques d'avaries ou perte, sont supportés par l’acheteur à partir du moment où les marchandises ont été remises au premier transporteur. Ensuite, l’acheteur prend en charge le dédouanement import et les frais de déchargement.

Le groupe des " D " = DELIVERED ou Rendu

▪ DAF = DELIVERED at FRONTIER… (lieu convenu)

Vendeur : Le vendeur paie les frais et supporte les risques jusqu'à la frontière qui doit être précisée. Il assume les formalités douanières à l'exportation.

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Acheteur : Prendre livraison des marchandises au point frontière convenu. Il assure les formalités douanières à l'importation.

▪ DES = DELIVERED EX SHIP … (port de destination convenu)

Vendeur : Le vendeur choisit le transporteur maritime, conclut, paie le fret. Il supporte les frais et risques du transport. Le transfert des frais et risques se fait à bord du navire au point de déchargement du port d'arrivée avant le déchargement.

Acheteur : Réceptionner les marchandises à bord du navire au port de destination et payer les frais de déchargement.

▪ DEQ = DELIVERED EX QUAY … (port de destination convenu)

Vendeur : Le vendeur met la marchandise à la disposition de l'acheteur, dédouanée export sur le quai au port convenu.

Acheteur : Le dédouanement import est désormais à la charge de l'acheteur.

▪ DDU = DELIVERED DUTY UNPAID … (lieu de destination convenu)

DDU est un incoterm nouveau qui fait l'objet d'une offre commerciale et valorise la position du vendeur car la marchandise est transportée aux risques et frais du vendeur jusqu'aux locaux de l'acheteur.

Dorénavant, la répartition des frais se fait selon le même principe que pour l'Incoterm FCA.

Vendeur : Le vendeur met la marchandise à la disposition de l'acheteur, au lieu convenu dans le pays d'importation.

Acheteur : L'acheteur est responsable des formalités douanières import, des droits et taxes. La nouveauté 2000 consiste en une précision quant au déchargement du véhicule de transport à destination qui est désormais à la charge de l'acheteur.

▪ DDP = DELIVERED DUTY PAID… (lieu de destination convenu)

Vendeur : Le vendeur a ici l'obligation maximale, les transferts de frais et de risques se font à la livraison chez l'acheteur. Le dédouanement import lui incombe aussi !

Acheteur : Prendre livraison au lieu de destination convenu et payer les frais de déchargement.

Ces incoterms, étant donc très importants dans le contrat, il n’en demeure pas moins des termes de paiement sur lesquels, importateurs et exportateurs, s’accordent quant au règlement des transactions.

C. Les termes de paiement

À l’instar des termes de vente usuels, les parties d’une transaction commerciale doivent aussi s’accorder sur un autre point essentiel dans le contrat de vente : les termes de paiement.

À travers ces termes, l’objectif est pour eux, d’optimiser le résultat et la profitabilité de la transaction avec un seuil de risque établi et acceptable. Cependant, dans l’optique des vendeurs, les termes de paiement peuvent être utilisés en tant que argument supplémentaire pour renforcer leurs avantages concurrentiels, de la même façon que d’autres éléments du contrat. Cela donne tout le sens de la

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nécessité de comprendre la structure des termes de paiement et le comment ils peuvent être utilisés conjointement avec des garanties et des différentes formes et solutions de financement bancaire. Pour les banques ces termes sont au confluent de leurs opérations de trésorerie32.

1. Les contenus des termes de paiement

Lors de la négociation d’une transaction, le choix des termes du paiement peut devenir un processus assez complexe du fait que les intérêts des parties sont par défaut opposés ; et en principe, ils ont aussi des positions opposées. Par exemple, dans le cadre des transactions complexes, le cas de nouveaux acheteurs ou de pays à risque élevé, les termes de paiement peuvent vite devenir un point d’orgue dans la négociation des points du contrat. Les questions qui se posent alors sont :

Quand est-ce que le paiement sera effectué (délai de paiement) ? Où sera-t-il effectué (lieu de paiement) ? Comment sera-t-il effectué (méthode de paiement) ?

C’est par une structuration convenable des termes de paiement, combinée au montage d’une solution de couverture de risques, que les deux parties puissent être en mesure de déterminer, à l’avance et avec précision, quand, où et comment le paiement sera effectué33.

Un terme de paiement approprié permet de faire un planning optimal sur les liquidités, les besoins en capital et leurs modalités de financement, et aussi sur la couverture du risque de change.

2. Les délais de paiement

Le vendeur et l’acheteur peuvent avoir des positions différentes sur le délai de paiement : l’acheteur peut vouloir utiliser la meilleure situation compétitive en ayant le vendeur financer la vente à travers un crédit fournisseur le plus court- ou long-terme dans des conditions attractives, tandis que le vendeur préférerait probablement un paiement à la livraison ou avec une échéance plus courte couvrant seulement la période d’expédition.

Cependant, la possibilité d’offrir des crédits fournisseurs est de plus en plus devenue un argument de vente. Même dans les petites transactions, il est normal d’offrir des crédits à court-terme pour 60-90 jours incluant la période de transport. Dans d’autres situations, le vendeur et l’acheteur peuvent tous avoir un intérêt commun à faire financer la transaction par un tiers, souvent par des crédits de banque-à-banque ou de banque-à-acheteur séparés.

Afin d’éviter de futures disputes, il est important que tous les évènements dans les termes de paiement soient rapportés à un certains points définis sut l’axe de temps du contrat.

Figure 6 : Les différentes phases dans les termes de paiement

32 Les opérations de trésorerie représentent une proportion importante des activités des banques commerciales.33 Anders, Grath. “The handbook of International Trade & finance : The Complete Guide to Risk Management, International

Payments and Currency Management, Bonds and Guarantees, Credit Insurance and Trade Finance”, Kogan Page, London, 2008, p.163-167.

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Offre pour le contrat

Contrat signé

Expédition/Livraison

Expiration du temps limité de garantie

Paiement avant livraison (paiement par avance)

Paiement après livraison (crédit)

La date du contrat est souvent le point de départ du calcul de la durée du paiement par avance.

La date d’expédition est souvent définie par la date du B/L ou des documents de transport.

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Cela donnera au vendeur un paiement au comptant à la livraison pendant que l’acheteur obtient le financement bancaire, qui peut au mieux, entièrement ou partiellement équilibrer le cash-flow généré de la vente des marchandises.

La taille de la transaction, les marchandises livrée, la durée du crédit ainsi que sa sécurité déterminera finalement en quels termes les crédits seront offerts et dans quelle mesure ces termes peuvent rapprocher les différentes positions lors de la fixation les délais de paiement.

3. Le lieu de paiement

La question du lieu de paiement doit être définie puisqu’elle détermine l’accomplissement des obligations de l’acheteur. Cela se rapporte à la méthode paiement utilisée 34. Les lettres de crédit sont normalement payables soit à la banque émettrice soit à la banque notificatrice. Cela signifie que la banque respective prend la responsabilité de transférer le paiement au vendeur - mais seulement après que les documents sont approuvés.

La situation est similaire lorsqu’un encaissement documentaire est utilisé en tant que méthode de paiement – la différence réside dans le fait que l’acheteur a rempli ses obligations en acceptant une traite contre les documents à la banque remettante. C’est à la banque de transférer le paiement selon les instructions issues du vendeur.

Dans les quelques cas relativement rares où on a recours au chèque en terme de paiement, il doit être rendu clair si le vendeur acceptera un chèque commercial ou un chèque bancaire (se rapportant aussi à la traite bancaire). C’est aux parties de décider si les obligations de l’acheteur seront remplies quand le chèque est envoyé, quand il est reçu par le vendeur ou quand il est compensé dans le système bancaire. Cela inclut la question du « qui couvre le risque postal ».

34 Cf au chapitre 2 où nous traiterons en détail certaines notions évoquées ici (lettres de crédit, banque notificatrice/émettrice, etc.).

Paiement à la livraison

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Dans le cas de virement bancaire, le lieu du paiement doit être décidé par les parties impliquées. Le vendeur veut que le paiement soit reçu par sa banque avant d’accepter que l’acheteur ne remplisse ses obligations dans le paiement, tandis que l’acheteur peut considérer ses obligations d’avoir accompli quand il paie le montant à sa banque locale. Pour le paiement dans la plupart des pays de l’OCDE, cela peut être une affaire de 2 voire 3 jours de décalage, avec les systèmes de transfert rapides et fiables la plupart des banques opèrent dans ces pays à travers le système SWIFT. Cependant, il y’a d’autres raisons pour lesquelles le lieu de paiement devrait être clairement défini.

Sans tenir compte du système de transfert utilisé, un paiement international pourrait dépendre du contrôles de change ou retardé par d’autres raisons. Celles-ci pourraient inclurent un traitement incorrecte ou des lenteurs dans les procédures en général, ou des grèves par les banques ou autres formes de cas de force majeure, ou simplement des instructions de paiement insuffisantes ou incorrectes provenant de l’acheteur.

La question du lieu où l’acheteur remplira ses obligations de paiement en relation avec des conditions de paiement à compte ouvert n’est pas toujours une mince affaire dans l’accord des parties. Si un tel accord n’est fait pas passé, des litiges peuvent survenir plus tard. Dans la plupart des pays, la loi stipule que la dette devrait être payée au domicile du créancier, à savoir le vendeur. Donc, c’est aussi dans l’intérêt de l’acheteur que le lieu de paiement soit indiqué sur les termes du contrat, particulièrement avec ceux des plus gros montants ; et cela lorsque l’intérêt peut le valoir peut être d’importance.

Le lieu de paiement devrait, donc, être défini comme étant aux lieux de la banque choisie par le vendeur et le compte bancaire, et les codes de SWIFTBIC35 correspondant devraient toujours être inclus dans les termes de paiement pour sécuriser un transfert exact et rapide.

Tableau 3 : Structure basique des termes de paiement usuels

Synopsis de la structure des termes de paiement

A Paiement avant livraison

1 Sans garantie d’avance de paiement

2 Contre garantie d’avance de paiement

3 Contre garantie d’avance de paiement « demande »

B Paiement à la livraison

1 Lettre de crédit : document contre paiement

2 Encaissement documentaire : documents contre paiement

C Paiement après livraison

1 Lettre de crédit : documents contre acceptation

2 Paiement sécurisé par garantie de paiement

3 Encaissement documentaire : documents contre acceptation

4 Virement bancaire

35 BIC (Bank Identifier Code ou Code d’Identifications des Banques) : une adresse unique qui identifie précisément les institutions financières impliquées dans les transactions financières internationales. Géré et alloué par l’entreprise SWIFT, un BIC comprend 8 ou 11 caractères comprenant les trois ou quatre premiers des éléments suivants  : Code de la banque, le code du pays, le code d’emplacement et de la branche.

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En résumé, ce chapitre a revisité certains aspects fondamentaux qui sous-tendent les procédures de paiement des transactions internationales. Du point de vue des banques, il s’agit d’abord de connaître, d’évaluer et de maîtriser les risques connexes à ces opérations de paiement. Un tel objectif ne peut être atteint qu’une fois qu’elles ont parfaite maîtrise de certains points négociés entre l’exportateur et l’importateur (incoterms et termes de paiement).

C’est ainsi que les banques apportent leur expertise à leurs clients entreprises afin de les permettre d’utiliser les modalités de paiement appropriées à leurs besoins.

Ce sont ces modalités de paiement qui feront l’objet d’un développement dans le prochain chapitre.

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CHAPITRE 2 : LES MODALITÉS ET PROCÉDURES DE PAIEMENT INTERNATIONAL ET LES INSTRUMENTS D’ENGAGEMENT PAR SIGNATURE

Les transactions internationales engendrent des risques considérables aux importateurs, aux exportateurs mais aussi aux banques par le biais desquelles s’effectuent les opérations de paiement. L’environnement international présente des particularités beaucoup plus complexes comparées à celles au niveau local. En effet, dans les transactions internationales, la distance qui sépare les parties, la diversité des législations des pays, les montants souvent élevés qui sont en jeu, la différence des monnaies sujettes à du contrôle de change et aux vicissitudes des marchés de change, les évènements politiques ou catastrophiques pouvant survenir au cours du déroulement de la transaction font que les parties sont de façon permanente exposées à une kyrielle de risques de la signature du contrat de vente au dénouement de la transaction. Pour préserver les intérêts de chaque partie, les banques proposent aux importateurs et aux exportateurs produits et des services leur permettant de financer leurs besoins en trésorerie, de choisir à un instrument de paiement, de minimiser les risques de non paiement ou de non exécution des termes du contrat par le recours aux garanties bancaire…

Cependant, ces produits et services répondent différemment aux attentes, du coté du vendeur et de l’acheteur. Ainsi, l’ingénierie bancaire a développé au fil des années des instruments et techniques de règlement spécifiques acceptés de par le monde, qui permettent de mitiger les craintes de chaque partie. Il faut dire que ce développement est allé de pair avec le perfectionnement des systèmes électroniques des banques et des réseaux d’échange des données bancaires ; ce qui a permis l’échange des données en temps réel entre les banques.

Avant la fin de ce chapitre, nous allons :

Présenter les différentes méthodes de paiement à l’international et leurs caractéristiques ;

Identifier les risques relatifs à chaque mode de paiement ;

Traiter les déclinaisons de la garantie et du cautionnement bancaires.

Section 1 : Généralités sur le paiement à l’international

A l’international, quelque soit la nature de la transaction nouée entre un vendeur et un acheteur, ceux-ci s’accordent sur un point très déterminant : l’instrument de paiement qu’ils choisiront pour le règlement.

Il y’a plusieurs types d’instruments de paiements internationaux par lesquels les banques, sur ordre de leur demandeur, effectuent le règlement du montant de son dû. Dans cette procédure chaque partie contractuelle veille au près à ce que l’instrument choisi lui soit plus convenable, puisque chaque instrument à un impact différent ou contraire sur chacune d’elle.

Une fois qu’il y’a compromis sur l’instrument de paiement, la banque enclenche processus de paiement. Pour cela, elle peut procède à un transfert des fonds à la banque du vendeur en utilisant soit la voie classique ou la voie moderne : traditionnellement, le paiement était transmis par voie postale mais aujourd’hui, au vu de la rapidité et de la sécurité qu’offrent les systèmes électroniques de paiement et de transmission des données entre les banques, la transmission par la voie classique devient de plus en plus désuète.

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En outre, pour transférer des fonds à un pays destinataire, la banque entre en contact avec son correspondant dans ce pays qui tient un compte en devise pour elle : c’est le « correspondent banking ».

A. Les instruments de paiement internationaux

En commerce international, on peut utiliser cinq instruments de paiement : le chèque, la lettre de change, le billet à ordre, le mandat poste international et le virement.

Figure 7 : Les différents instruments de paiement internationaux

LES INSTRUMENTS DE PAIEMENT INTERNATIONAUX

ChèqueLettre de Change

Billet à ordre

Mandat Poste

Virement

Nous allons tour à tour présenter chacun de ces instruments ainsi que leurs avantages et inconvénients.

1. Le chèque

Il faut distinguer deux sortes de chèques, qui n’offrent pas les mêmes garanties de paiement  : le chèque d’entreprise et le chèque de banque.

Le chèque d’entreprise est tiré par le titulaire du compte, c’est-à-dire l’acheteur, sur une banque. Il n’offre aucune garantie, la provision pouvant être insuffisante ou inexistante au moment où le chèque est présenté à l’établissement teneur du compte.

Cet inconvénient est partiellement ou totalement levé par le visa ou la certification.

Le visa sur un chèque atteste que la provision existe au moment où le chèque est émis par le tireur. Cependant, la provision n’étant pas bloquée, la garantie fournie par le chèque visé est loin d’être satisfaisante. La certification d’un chèque atteste que non seulement la provision existe, mais qu’elle est bloquée au profit du bénéficiaire pendant la durée légale de présentation du chèque. Le bénéficiaire dispose dans ce cas d’une sécurité : son risque est sur la banque, et non sur l’acheteur. Notons cependant que la certification ne couvre pas le risque politique.

Le chèque de banque est un chèque tiré par une banque sur elle-même, à la demande de l’acheteur. Il offre donc en principe une garantie contre le risque commercial, mais pas contre le risque politique.

Le chèque peut être libellé en monnaie nationale ou en devises étrangères.

Cet instrument de règlement est relativement peu utilisé dans les transactions internationales. Son usage présente en effet certains inconvénients qui le rendent peu attractif, malgré sa simplicité d’utilisation.

D’une manière très schématique, les avantages et les inconvénients à retenir sur le chèque sont présentés sur le tableau qui suit.

Appréciation

Avantages Inconvénients

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Peu couteux ;

Très répandu et utilisé dans le monde ;

Une pièce juridique qui peut éventuellement faciliter le recours contre le tiré (importateur).

Risques matériels, vol… ;

Risque politique ;

Danger de chèque sans provision ;

Risque de change (éventuel) ;

Lenteur de recouvrement ; envoi par poste, intervention de plusieurs banques.

2. La lettre de change

Également appelée traite, c’est un écrit par lequel le tireur (le créancier) donne l’ordre au tiré (le débiteur) de payer une certaine somme, à une certaine échéance, à un bénéficiaire. La lettre de change est un effet de commerce, ce qui lui confère certaines caractéristiques, qui en font un instrument de paiement assez fréquemment utilisé en commerce international. En effet, acceptée par le débiteur, elle matérialise la créance de l’exportateur.

Dans la pratique, le tireur se désigne le plus souvent lui-même comme bénéficiaire, et expédie la traite au tiré pour que celui-ci la lui retourne acceptée, c’est-à-dire signée. Pour le vendeur, la traite constitue à la fois un support de juridique (recours cambiaire en cas de non-paiement ou de non-acceptation) et un instrument de mobilisation de sa créance auprès de son banquier (escompte).

Pour éviter le risque d’impayé, le vendeur peut exiger l’aval bancaire sur la traite déjà acceptée par le ré. Auquel cas, la banque avaliste se doit d’honorer sa signature à l’échéance, même si son client est défaillant36.

Il existe deux manières d’émission d’une traite :

Soit l’exportateur l’émet et l’envoi directement à l’importateur pour acceptation ; Soit il fait appel à sa banque qui, à sa demande, l’émettra et l’enverra à l’importateur ou à sa

banque pour acceptation.

Figure 8 : Schéma d’acceptation directe de lettre de change

La figure ci-dessus décrit le schéma d’émission directe d’une traite.

Nous allons voir à ci-dessous, celle qui décrit l’émission par l’intermédiaire d’une banque.

Figure 9 : Schéma d’acceptation par l’intermédiaire de banques

36 Tahar Daoudi : « Les opérations de banque », éd…, p.290

(1) Marchandises

Exportateur

(Tireur)

Facture + Traite

Retour de la traite acceptée + Aval

Importateur

(Tiré)

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*Si la traite est avalisée par la banque de l’importateur

La lettre de change présente des avantages et des inconvénients de part et d’autre.

Appréciation

Avantages Inconvénients

Est émise à l’initiative du vendeur

Précise exactement le délai de paiement accordé

La traite est une pièce juridique qui facilite le recours contre le tiré à condition qu’elle soit acceptée

Permet au tireur de mobiliser sa créance

Peu répandue et utilisée

Soumise à l’acceptation du tiré 

Risque de non-paiement qui peur être écarté si l’exportateur réclame un aval bancaire au banquier de l’importateur.

3. Le billet à ordre

Le billet à ordre est un écrit par lequel l’importateur (souscripteur) s’engage à payer l’ordre de l’exportateur (bénéficiaire) une somme d’argent, à vue ou à échéance.

Il s’agit également d’un effet de commerce, mais rarement utilisé en commerce international. La différence essentielle entre une lettre de change et un billet à ordre tient au fait qu’alors que la première est émise par le créancier (l’exportateur), le second est émis par le débiteur (l’importateur). C’est ce qui explique que le vendeur préfère utiliser une lettre de change, plutôt que de laisser à l’acheteur l’initiative de l’émission de l’effet de commerce.

En dehors de cette différence essentielle, le billet à ordre présente les mêmes caractéristiques que la lettre de change, et peut donc être avalisé par une banque, endossé ou négocié.

Appréciation

Avantages Inconvénients

Sert de reconnaissance de dette ;

Précise la date  de paiement ;

Permet l’escompte (par la mobilisation).

Est émis à l’initiative de l’acheteur ;

Est soumis au risque d’impayé ;

Est soumis au risque de change.

4. Le mandat poste international

Il peut se présenter sous trois formes : mandat ordinaire, mandat de versement à un compte postal, mandat télégraphique. Du fait de limitations au plan géographique, ce mode de paiement est très peu

(1) Marchandises

Exportateur

(Tireur)

Banque de

l’exportateur

Banque de

l’importateur

Facture + TraiteRetour de la traite

acceptée (+ Aval*)

Importateur

(Tiré)

Facture + Traite

Retour de la traite acceptée (+

Aval*)

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utilisé en commerce international d’autant que les montants transférables par ce moyen sont également limités37.

5. Le virement

Ordre donné par un acheteur (l’importateur) à son banquier de débiter son compte pour créditer celui du vendeur (l’exportateur).

Il s’agit du transfert d’un compte à un autre, opéré par une banque sur ordre de l’importateur, au profit de l’exportateur. Il existe plusieurs types de virement.

Type de virement caractéristiques

Courrier L’ordre de virement transite par la voie postale ; il en résulte que les délais peuvent être plus ou moins longs, en fonction de l’éloignement et de l’organisation postale du pays concerné.

Télex Plus rapide que le virement courrier, il offre également davantage de sécurité, mais le support papier reste l’instrument du virement, ce qui laisse subsister un risque d’erreur.

SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication)

Système privé d’échanges de messages télématiques entre banques adhérents. Le réseau est plus rapide, plus souple, et plus sûr que celui du télex. Il est, en outre, plus économique.

Appréciation

Avantages Inconvénients

Rapide (télex, Swift) ;

Peu couteux ;

Impossibilité d’impayé.

Lenteur d’encaissement si virement par courrier ;

Risque de change (éventuel) ;

Émission à l’initiative de l’acheteur.

Aujourd’hui, les paiements automatisés se sont largement répandus. C’est grâce aux systèmes internationaux de transmission des données que les banques communiquent et exécutent toutes sortes de transactions avec une célérité plus accrue.

B. Les systèmes internationaux de transmission des données 

L’avancée à grands pas vers des nouvelles technologies dans le domaine des télécommunications et le développement de l’échange des données informatisées (EDI) ont permis non seulement l’accès en temps réel à de l’information distante mais aussi de la suppression du support papier dans les échanges et les paiements interbancaires. La clé de sa réussite est la complémentarité entre des outils techniques hautement perfectionnés et des normes bancaires rigoureuses sur l’échange des données électroniques. Le réseau SWIFT est à cet égard un exemple édifiant.

1. L’Échange de Données Informatisées (EDI)38

37 A. Barelier – J. Duboin – F. Duphil : « Exporter : Pratique du commerce international », 14ème édition, éd Foucher.

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L’EDI est l’acronyme en anglais de « Electonic Data Interchange ». Selon la définition donnée par le Dictionnaire Permanent de droit des affaires, l’EDI est « une technique permettant d’émettre et de recevoir par voie électronique des données sous forme de messages normalisés et ayant comme principal objet de permettre à des applications s’exécutant dans des systèmes informatiques hétérogènes d’entrer en relation par l’intermédiaire des réseaux de télécommunication »39. Il implique à cet effet une série de procédures standardisées d’échange électronique interentreprises entre des applications d’ordinateurs interconnectés. De là, il facilite, accélère et sécurise les échanges pour les banques impliquées dans les transactions internationales par l’assomption essentielle d’une triple fonction :

La suppression du papier dans les échanges ; L’amélioration des performances commerciales ; La maîtrise globale des flux de données.

C’est dans ce contexte technologique qu’il convient d’appréhender l’utilisation du réseau SWIFT en matière de paiements automatisés à distance.

2. Le SWIFT

Le réseau SWIFT fut créé en 1973 par l'association d'un nombre important de banques américaines et européennes et le nombre des adhérents a augmenté dans les différents pays. Il n’est pas en lui-même un moyen de paiement mais plutôt un réseau de télétransmission privé. Il a débuté ses opérations en 1977 ; c'est un organisme coopératif ayant son siège en Belgique. Il a été institué pour se substituer à des formes traditionnelles de transmission de données relatives au financement du contrat de vente internationale telles que le télex, le courrier, le câble. Le réseau fonctionne 24 heures durant toute l'année. SWIFT est une coopérative inspirée par la communauté, créée par et pour le secteur de la finance, collaborant avec plus de 8 300 établissements parmi lesquels des banques, des infrastructures de marché, des établissements financiers, des entreprises, des fournisseurs de réseau, des partenaires commerciaux et des sociétés technologiques (voir la ) afin de garantir la sécurité des transactions financières. Son rôle est double :

Il met à disposition la plateforme, les produits et les services permettant à ses clients de se mettre en relation et d’échanger des informations financières en toute sécurité et fiabilité.

Il intervient également dans un cadre de coopération dans le souci de façonner les pratiques de marché, de définir des normes et d’envisager des solutions aux problèmes qui intéressent et préoccupent ses utilisateurs.

2.1. Le système SWIFT

Fondé sur un système d’ordinateurs interconnectés reliant les banques entre elles, le réseau SWIFT est actuellement utilisé pour l’écrasante majorité de paiements internationaux interbancaires.

Figure 10 : La communauté de SWIFT

38 Ici, on aborde l’EDI dans une optique propre à l’industrie bancaire mais Cf. chapitre III où l’EDI est traité dans son aspect générique, c'est-à-dire sans considérer une seule entité ou un seul secteur d’activité. On précisera ainsi ses caractéristiques, ses implications techniques et juridiques et ses langages normalisés.

39 Cathie-Roshalie Joly : « Le paiement en ligne : sécurisation juridique et technique », éd Lavoisier, Hermes Sciences Publishing Ltd, Paris, 2005, p.69.

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Source: SWIFT (www.swift.net)

Le réseau SWIFT a marqué une grande évolution au niveau de la transformation des méthodes de paiements électroniques en substance et en nature et sur les mécanismes de financement du commerce international.

2.2. Les caractéristiques de SWIFT

En raison de sa vocation universelle, le réseau SWIFT a prévu un certain nombre de dispositions visant à assurer la qualité du service à travers la continuité, la disponibilité du réseau, la confidentialité, la sécurité et la rapidité40…

Ainsi, le procédé de SWIFT présente quatre avantages. Il est sûr. Il est rapide. Il est peu coûteux. Il est fiable.

La sécurité est le premier des avantages que procure le système de communication SWIFT. En effet :

Les moyens de traitement de l’information qui interviennent aux différents niveaux du réseau sont équipés de programmes sophistiqués de détection et de correction des erreurs ;

Les messages échangés entre les concentrateurs et les centres de traitement sont cryptés par ordinateur, le réseau est ainsi protégé contre les écoutes pirates ;

Une clé permet de vérifier l’identité de l’émetteur du message ; La normalisation des messages supprime les risques de non-négligeables de mauvaise

compréhension.

La rapidité est le deuxième avantage du système SWIFT. Le temps de transmission d’un message est très inférieur au délai d’acheminement d’un courrier postal. Et si les communications telex sont parfois plus rapides, elles sont onéreuses et réservées aux affaires urgentes ou d’un montant important.

40 Ahmed SLAMTI : « Exporter Plus », EDIT, Casablanca, 1993, p.320

Administrateurs de fonds

MA-CUGs

Les Banques créent

SWIFT

Courtiers de change

Institutions de Trading

- Registrars & transfer agents- Fournisseur de Custody- Compagnie fiduciaire

Gestionnaire d’investissements

- Courtiers/dealers- Dépositaires centraux & Inst de compensation- Marchés de change

- Paiements- Agences de vote par procuration- Inst financières non anonymes

- Contrepartie des salles de marché- Treasury ETC service providers

Émetteurs de Travellers cheque

Infrastructures de marché pour les Titres

1973

2000

Fournisseurs des données des marchés de capitaux

Fournisseurs de service de trésorerie et sur titres

Entreprises

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Centre de commutation(exple : Bruxelles pour les pays d’Afrique du Nord et d’Europe « Culpeper » (USA) pour quelques pays d’Amérique et d’Asie

Concentrateur régional(Relais pouvant être situé dans le même pays ou à l’extérieur)

Installations terminales(Banques)

C1

CR1 CR1

C2

CR3 CR4

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Au contraire – et c’est là son troisième avantage – le message SWIFT a un coût réduit. Il peut toujours être utilisé, pour autant que le destinataire soit relié au réseau.

La fiabilité est la dernière qualité du réseau SWIFT. En raison de sa vocation, les utilisateurs doivent en avoir la disposition 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Cet objectif est largement réalisé puisque le taux de disponibilité effective est sensiblement supérieur à 99,78 %.

Seul inconvénient du procédé SWIFT : il n’est délivré aucun accusé de réception. Ceci implique que le contrôle de la bonne transmission ne peut se faire qu’au travers du contrôle de l’opération elle-même41.

2.3. Le fonctionnement du réseau SWIFT

Le SWIFT est un réseau à trois niveaux. A la base du système, on trouve les installations terminales des adhérents. Ces terminaux (Banques) sont reliés à des concentrateurs régionaux par l’intermédiaire du réseau téléphonique national. Au sommet se trouvent les centres de commutations qui ont pour tâches d’enregistrer, de stocker et de répartir les messages.

Figure 11 : Organisation du réseau de SWIFT

L’acheminement d’un message comporte quatre phases. Dans un premier temps le message est confectionné sur un terminal par une opératrice qui le place dans une file d’attente. Cette opératrice travaille sur un écran pré-formaté selon le type de message et les normes de SWIFT.

Le message est, dans un deuxième temps, contrôlé par un vérificateur qui peut seul, après vérification, mettre le message sur une file de départ.

Dès que le message placé en file de départ l’ordinateur situé dans la banque émettrice vérifie les normes imposées par le système SWIFT et transmet le message au centre de commutation par l’intermédiaire du concentrateur régional.

Le message, stocké au centre de commutation dans l’attente de la recherche du destinataire, est délivré dès que l’identification de ce destinataire est réalisée.

Les messages émis par les banques et reçus par les ordinateurs centraux sont retransmis à leurs destinataires sans intervention humaine et selon des ordres de priorité déterminés à priori ou choisis par l’émetteur42.

Figure 12 : Structure et schéma de circulation des messages SWIFT

41 Yves Simon : « Techniques financières internationales », 2e édition, éd Economica, Paris, 1986, p.375-37642 Yves Simon, op cit, p.373

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Le réseau SWIFT offre aux banques utilisatrices des services de transmission des messages. Le message SWIFT est créé par la banque émettrice puis transmis sur le réseau pour être exécuté par la banque contrepartie. La transmission du SWIFT s'opère en temps réel selon des normes sécuritaires et selon un langage normalisé (Xml des EDIFACT/UN) pour assurer une harmonisation des techniques et des normes de création des EDI en sus de la normalisation des instructions et des incidents constatés dans le message SWIFT.

La communication s’effectue par l’envoi ou la réception de messages définis selon les standards de SWIFT, qui contiennent des formats spécifiques classés en catégories (MT 300, MT 700…). Chaque catégorie regroupe des messages correspondant à des notifications ou à des opérations à exécuter (voir annexe n° 2).  

Cette liste annexée n’est pas exhaustive car elle contient que la catégorie MT qui coexiste depuis quelques temps avec la nouvelle norme MX. D’ailleurs, Swift prévoit une évolution dans le futur consistant à supplanter la norme MT par celle de MX adaptée au service TSU (Trade services Utility).

Le TSU43 fait partie de la panoplie de services pourvus par Swift dont les plus intéressants sont :

SWIFTNet FIN qui permet l’échange de messages financiers normalisés tels que des paiements individuels, des virements d’équilibrage de trésorerie, des annonces de fonds, des ordres de bourse…

SWIFTNet FileAct qui permet l'échange de fichiers pour effecteur des paiements en masse, ce qui intéresse directement les entreprises, car il permet de traiter notamment les ordres de virements ou encore les prélèvements.

Il existe d’autres services tels que BROWSE ou INTERACT, mais leur intérêt est moins courant44.

Avec l’utilisation du service Swiftnet Fin, les banques peuvent exécuter des ordres de paiements comme le montre l’exemple ulistratif ci-dessous.

Exemple de paiement par Swift (ordre de transfert)

103

UBSWCHZH80A CITIUS33

Donneur d’ordre

Bénéficiaire

BIC de l’émetteur

UBSWCHZH80A 20 : PAY/001

23B : CRED

MT 10332A : 041004USD1500

50K : « Donneur d’ordre », TALSTRASSE 101 8022 ZURICH

BIC du destinataire

CITIUS33 59 : /98765430771924764

« Bénéficaire », 42ND STREET NEW YORK, NY 10022

43 Cf. Chapitre 3 pour les détails sur le TSU.44 AILLOUD Olivier : « Automatisation d’un processus de paiement par carte à puce : Dossier d’études sur les EDI ».

Document accessible sur http://svn.assembla.com/svn/PC1_CaP/Etude/%5BPC1%5DEtude_EDI_v1.1.doc

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70 : /RFB/EXP.11/10

71A : SHA

Ainsi, lorsqu’il s’agit d’ordres de paiement de la part d’importateurs ou d’exportateurs, la banque dispose des procédés divers pour les exécuter, mais quelque soit le procédé utilisé, le résultat sera reflété sur les comptes que les banques entretiennent entre elles. Ce qui nous mène au point sur les relations bancaires internationales.

C. Les relations internationales entre banques : « correspondent banking »

Faire connaître la banque, avec ses meilleurs attraits d’un large réseau de banques commerciales internationales couvrant le monde entier et principalement les zones les plus importantes sur le plan des échanges, c’est le rôle de la fonction « correspondent banking » ; le but étant de confier aux correspondants des opérations devant se dénouer à l’étranger, et de recevoir de ceux-ci des opérations à réaliser localement et ce, dans les meilleures conditions.

L’image de la banque à l’extérieur est véhiculée à travers les responsables du correspondent banking  ; ceux-ci devant être des professionnels accomplis de l’activité bancaire internationale, maîtrisant plusieurs langues tout principalement l’anglais, et sachant défendre les intérêts de la banque tout en étant ouverts à la négociation.

1. L’entrée en relation : le choix des correspondants

Le choix des correspondants est effectué en fonction des besoins découlant de l’activité internationale de la clientèle dans ses diverses opérations avec l’étranger, ou propre compte de la banque.

Ainsi, il existe un large choix des critères de sélection d’un correspondant. Ils sont basés sur :

L’importance du correspondant, notamment en termes de réseau domestique et de dimension internationale ;

La qualité de son risque, mesurée par son rating international attribué par Moody’s par exemple ou sa situation financière ;

Son savoir-faire en matière d’activité internationale, à travers son offre de services ; La qualité dans la prise en charge des opérations et la résolution des problèmes éventuels.

L’échange de documents permet aux banques de s’évaluer sur plusieurs plans : bancaire, financier et managérial.

Pour une entrée en relation, il est obligatoire d’échanger, pour des raisons de sécurité et d’identification : les clés Swift et la liste de signatures autorisées lorsque c’est le courrier sur papier qui est utilisé.

2. Les opérations échangées avec les correspondants

Les opérations échangées concernent essentiellement : les virements, les encaissements de chèques, les encaissements documentaires, les crédits documentaires, les garanties et les Lettres de crédit stand-by, les achats et les ventes de devises.

2.1. Les types de relations avec les correspondants

L’exécution des opérations confiées et reçues doivent donner lieu à un enregistrement comptable chez le correspondant tenant le compte de la banque.

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En effet, pour ne pas alourdir le suivi comptable (réconciliation des écritures NOSTRO 45/LORO46), les banques préfèrent centraliser les comptes auprès d’un nombre réduit de correspondants.

Les relations entre correspondants peuvent être :

▪ avec compte : le compte « nostro » d’une banque chez son correspondant va enregistrer au:

Débit crédit

les encaissements suite à l’exécution de virements émis et de paiement de chèques,

les remises documentaires, les crédits documentaires, les garanties bancaires lorsqu’elles sont

mises en jeu, l’achat de devises la perception d’intérêts, les frais de commissions…

les virements reçus, les encaissements de chèques, les remises documentaires, les crédits documentaires, la venter de devises…

Les banques sont tenues sont tenues de suivre « parallèlement » sur leurs livres, les écritures enregistrées au débit et au crédit de leur compte chez le correspondant. Il s’agit d’un rapprochement comptable permettant de déceler les erreurs éventuelles et ainsi de les régulariser.

A titre d’exemple, si la banque A donne instruction à son correspondant B de payer EUR 1000 en faveur d’un bénéficiaire, ce correspondant, détenant le compte de la banque A sur ses livres débite celle-ci et reçoit la couverture de EUR 1000 de la banque A.

En contrepartie, la banque A, dans sa comptabilité de « rapprochement », crédite le compte « miroir » du correspondant B de EUR 1000 à l’émission du virement et le débite du même montant lors de la couverture. Ainsi, le nivellement du compte traduit la bonne réalisation des opérations.

En général, les banques choisissent leurs correspondants avec compte, parmi les principaux, par devises, par pays et par zone.

▪ sans compte : c’est-à-dire que la relation de correspondant banking existe avec tous les échanges que cela induit mais les mouvements de fonds sont effectués à travers d’autres correspondants en compte. Les banques ont l’habitude de se communiquer entre elles la liste de leurs correspondants avec compte, par pays, par devise afin de faciliter les paiements et les couvertures.

Par exemple, si la banque C ouvre un crédit documentaire auprès d’un correspondant D, chez qui elle ne détient pas de compte, elle prend soin de lui indiquer le nom de la banque de remboursement de telle sorte que c’est celle-ci qui couvre le correspondant D à la demande de celui-ci, à charge pour la banque A d’effectuer la couverture.

2.2. Les lignes de crédit

Dans le cadre de certaines opérations nécessitant la prise de risque à l’extérieur, les correspondants s’allouent entre eux des lignes de crédit. Il s’agit notamment de cas suivant :

Ligne de trésorerie pour des découverts passagers ; Ligne de change pour les opérations d’achat et de vente de devises ;

45 NOSTRO : Compte d’une banque auprès du correspondant en devises étrangères.46 LORO : Les comptes LORO concernent les banques correspondantes qui détiennent des comptes auprès de leurs

correspondants à l’étranger en devises étrangères (Nostro) et gèrent les comptes de ces derniers dans le cadre des opérations inverses (Vostro).

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Ligne de confirmation de crédit documentaire ; Ligne d’acceptation de crédit documentaire ; Ligne pour l’émission de garanties.

Bien évidement, l’octroi de ces lignes obéit à l’analyse du risque d’insolvabilité de la banque-contrepartie et du risque pays de celle-ci47.

Enfin, nous allons voir des exemples illustrant le rôle des « correspondent banking » dans la section suivante où sont présentées et analysées les différentes modalités de paiement internationales.

Section 2 : Présentation et analyse des différentes modalités de paiement internationales

Dans une transaction internationale, le vendeur souhaite être payé avant l’expédition de la marchandise et l’acheteur veut pouvoir n’en acquitter le prix qu’après l’avoir réceptionnée, vérifiée, voire revendue. Chaque partie veut ainsi tirer l’avantage de son coté : voilà la problématique fondamentale de sécurisation des transactions de commerce international.

Pourtant, il existe une panoplie de formules de paiement simples ou documentaires qui garantissent à des degrés variables de la sécurité selon que l’on se trouve du coté du vendeur ou de l’acheteur. En générale, la formule choisie peut ou non présenter des avantages au vendeur ou à l’acheteur.  Il est de nature que leur position est souvent symétrique ; d’où le paradoxe du paiement international : un avantage chez une partie se traduit-il forcément par un risque à supporter chez l’autre partie ?

En revanche, une formule unique permet d’apporter un équilibre sur les rapports pour prétendre pouvoir résoudre ce paradoxe de sécurité sur le paiement : le crédit documentaire. Mondialement reconnu, son efficacité repose par ailleurs, sur le cadre juridique uniforme qui l’encadre et sur le rôle des banques qui par leur engagement, apportent une réponse aux préoccupations des partenaires commerciaux et jouent un rôle d’arbitre, dont la neutralité permet de concilier les intérêts réciproques et parfois contradictoires des vendeurs et des acheteurs48.

Figure 13 : Les méthodes de paiement : l'échelle des risques

Avantageàl’acheteur

AvantageauvendeurPaiement par avance

Lettre de crédit confirmée

Lettrede créditnon-confirmée

Documents contre paiement

Documents contre acceptation

Compte ouvert

A. Les formules simples de paiement à l’international

47 Ahmed Slamti : « Les techniques bancaires à l’international », Casablanca, 2003, p.130.48 Hubert Martini – Dominique Deprée – Joanne Klein-Cornede : « Crédits documentaires, Lettres de crédit stand-by,

Cautions et garanties : Guide pratique », éd La Revue Banque (collection : Techniques bancaires), Paris, 2007, p.18

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Dans une transaction commerciale, les parties prenantes établissent les termes du contrat dans lesquels figurent une des principales formules simples de paiement suivantes pour le dénouement de la transaction :

Paiement par avance Paiement à compte ouvert par virement

Nous allons examiner dans ce qui suit les caractéristiques distinctives de ces formules de paiement et présenter leurs avantages ainsi que leur inconvénients du coté de l’importateur, de l’exportateur et enfin de celui de la banque.

1. Le paiement par avance

C’est le mode de paiement le plus basique pour les marchandises. Le vendeur reçoit les fonds de l’acheteur avant que les marchandises ne soient expédiées.

Il n’y a pas d’avantages pour le client dans cette transaction ; il y’a plutôt de multiples risques à considérer. Par exemple :

Impossibilité de vérifier les marchandises ; Perte de l’utilisation qu’il pourrait faire des fonds payés au vendeur ; Refus ou impossibilité du vendeur à convoyer les marchandises Risque politique (souverain) dans le pays du vendeur jusqu’à ce que les marchandises soient

convoyées ; Risque commercial ou de crédit du vendeur résultant d’un mauvais usage des fonds, faillite,

ou toute autre activité commerciale malhonnête.

Il faut dire que dans cette formule de paiement, le vendeur a tous les avantages et ne supporte aucun de ces risques. Il peut convoyer les marchandises à sa convenance et pendant ce temps profiter de l’avance pour améliorer sa trésorerie.

Quant à la banque, elle a une implication minimale dans ce type de paiement. Cependant, elle pourrait tirer des revenus provenant de commissions sur le transfert des fonds, la couverture du risque de change (si nécessaire) et la gestion de la trésorerie.

Tableau 4 : Avance sur paiement : avantages - risques et rôle de la banque

AVANCE SUR PAIEMENT

Le vendeur reçoit les fonds de l’acheteur avant l’expédition

Avantages Risques

Acheteur

Aucun L’acheteur n’a aucun contrôle sur les marchandises ;

Il perd l’utilisation qu’il pourrait faire des fonds payés au vendeur ;

Refus ou incapacité du vendeur à expédier les marchandises ;

Risques politique du pays du vendeur ; Risque commercial ou de crédit du vendeur.

Vendeur Envoi les marchandises dès que cela lui

convient ; Profiter de l’avance pour sa trésorerie.

Aucun

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Banque Participation minimale (mais peut gagner des commissions sur les ordres de virement, le

risque de change et la gestion du paiement de l’acheteur).

La situation du paiement par avance est possible dans le cas où le vendeur se trouve dans un rapport de force supérieur face à ses clients et est capable de leur dicter les termes de la transaction – par exemple, lorsqu’il jouit d’un statut de monopole ou d’oligopole. Mais dans le cas où le client aurait la latitude, il ne devrait accepter cette formule que lorsque cela n’impacte pas négativement la liquidité de sa trésorerie et qu’il a confiance à la bonne foi du vendeur et à son pays.

2. Le compte ouvert

Une seconde méthode pour régler les transactions internationales est le compte ouvert. Le principe est que le vendeur expédie les marchandises, accompagnées par les documents de transport, d’assurance, etc. avant de recevoir un paiement ou une promesse de payer (lettre de change, aval…). Le convoyeur ne garde pas le contrôle des marchandises.

Figure 14 : Le concept du paiement sur compte ouvert

Contrairement à l’avance, ici le vendeur conserve tous les avantages et supporte un risque moindre. Il :

détient le contrôle des marchandises ; a le temps de générer des fonds de la vente avant de payer au vendeur pour couvrir la période

entre l’achat et la revente des marchandises. Cependant, le manquement à une échéance peut causer l’annihilation de cette facilité49.

peut ne pas être obligé d’emprunter et peut utiliser les fonds à la réception de la marchandise ; peut supporter le risque de change si les marchandises importées sont facturées à la monnaie

du vendeur. L’acheteur peut se trouver dans l’impossibilité de payer si sa monnaie varie défavorablement par rapport à la monnaie du vendeur.

Quant au vendeur il ne détient aucun avantage et a tous les risques sur son dos dans ce type de transaction. Il :

n’a aucun contrôle sur les marchandises et sur la volonté de l’acheteur de payer supporte le risque pays50 qui peut empêcher un client de bonne réputation d’honorer ;

49 La durée entre l’expédition des marchandises par le vendeur et le paiement par l’acheteur dépend des termes du crédit préalablement négociés. Le bon de commande émis par l’acheteur ou le contrat de vente représente les termes et les conditions de la négociation.

50 Cf. chapitre 1 : le risque pays

(1) Marchandise

sVendeur

Acheteur

Documents 

Transport ;Assurance…

(2) Paiement

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peut subir le risque de change si les marchandises exportées sont facturées dans la monnaie de l’acheteur.

peut être dans le besoin d’emprunter pour couvrir la période entre l’expédition des marchandises et la réception des fonds. Si le vendeur emprunte à taux flottant, il pourra subir le risque de taux d’intérêt51.

Dans cette formule, la banque a une implication minimale. Cependant, comme dans le cas de l’avance, elle peut tirer des revenus provenant de commissions. La documentation relative à l’expédition est gérée en dehors des circuits bancaires.

Tableau 5 : Compte ouvert : avantages - risques et rôle de la banque

COMPTE OUVERT

L’acheteur reçoit les marchandises et paie plus tard à travers un arrangement négocié à l’avance avec l’acheteur

Avantages Risques

Acheteur

détiens le contrôle des marchandises ; paie à sa convenance ; n’est pas obligé de recourir à l’emprunt et peut

au contraire utiliser le montant du paiement au profit de sa trésorerie.

Peut subir le risque de change

Vendeur

Aucun N’a aucun contrôle sur les marchandises et la volonté de payer de l’acheteur ;

Subit le risque pays ; Le risque de change (éventuel) ; Le risque de taux d’intérêt (éventuel).

Banque Participation minimale (mais peut gagner des commissions sur les ordres de virement, le risque

de change et la gestion du paiement de l’acheteur).

En analysant les avantages et les risques du compte ouvert, on peut se demander in fine  : dans quelles situations le vendeur peut accepter ce compromis ne comportant que des risques? La réponse est qu’il assume ces risques décrits en haut dans des cas de figure qui impliquent que le contrat est établi :

entre des compagnies-mères est de leurs filiales pour faciliter les transactions intragroupes ; entre des acheteurs et des vendeurs ayant d’excellentes longues relations ; entre des acheteurs et des vendeurs et que les vendeurs subissent de fortes pressions

concurrentielles, spécialement dans son marché domestique.

On vient de voir que le paiement par avance et le compte sont des procédures relativement simples, mais les risques liés sont inégalement répartis entre l’acheteur et le vendeur. Ces deux types de paiement ne conviennent pas aux transactions dans lesquelles l’acheteur et le vendeur ne se connaissent pas assez ou bien le vendeur ne voudrait pas assumer les risques pays et de crédit lors de la proposition des termes du paiement à l’acheteur.

Ces trois méthodes de paiements, ne requièrent pas une implication conséquente de banques contrairement à l’encaissement et au crédit documentaire. Dans le cadre des opérations documentaires, la banque peut assumer deux rôles différents : 51 Le taux d’intérêt auquel le vendeur a obtenu son emprunt peut monter au point que la transaction devienne peu rentable

pour le vendeur.

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dans le cas de la remise documentaire, elle agit en tant que simple mandataire ; dans le cas du crédit documentaire ou de la lettre de crédit stand-by, elle s’engage à payer de

manière irrévocable.

B. Les paiements documentaires

1. L’encaissement documentaire

La remise documentaire est une technique d’encaissements par laquelle le vendeur (le donneur d’ordre) donne mandat à sa banque (appelée « banque remettante », remitting bank) de transmettre des documents tels que la facture, le document de transport, la liste de colisage, le certificat d’origine, à une banque correspondante, généralement la banque de l’acheteur (appelée banque présentatrice  », presenting bank) qui les remettra à son client (le bénéficiaire de la remise)52.

Cette opération obéit, sauf convention expresse, aux « règles et usances uniformes relatives aux encaissements », publiées par la CCI (publication n° 522).

La Chambre de Commerce Internationale (CCI)

La Chambre de commerce internationale (ICC) est la seule véritable organisation mondiale des entreprises, fondée en 1919 et basée à Paris. Elle est l’unique porte-parole reconnu de la communauté économique à s’exprimer au nom de tous les secteurs et de toutes les régions. Son objectif est de favoriser les échanges et l'investissement, l'ouverture des marchés aux biens et aux services, et la libre circulation des capitaux ; ses activités relèvent essentiellement de trois domaines :

▪ L’élaboration de règles standards ;▪ L’arbitrage ; et ▪ La politique générale.

L’organisation compte plus des milliers d’entreprises de toutes les tailles dans plus de 130 pays principalement à travers des comités nationaux. Cadres et experts des entreprises membres d’ICC travaillent à formuler le point de vue de la communauté économique internationale, tant sur de grands problèmes touchant au commerce et à l’investissement que sur des sujets techniques et sectoriels essentiels.

La CCI élabore et publie des principes et des règles révisables si nécessaire, relatifs à des sujets que nous abordons dans notre thème : les incoterms, les techniques et les pratiques bancaires pour les paiements documentaires et les garanties (URC, RUU, URDG…), …etc53.

1.1. Les parties impliquées

Selon les dispositions des URC 522, il y’a quatre parties intervenantes dans le processus du paiement par encaissement documentaire :

▪ Le vendeur : c’est le donneur d’ordre (exportateur) qui confie l’opération d’encaissement à sa banque  

▪ La banque remettante : c’est la banque du donneur d’ordre qui reçoit l’ordre d’encaissement accompagné des documents ;

52 H. Martini – D. Deprée – J.K-Cornede op cit53 Pour plus d’informations rendez vous au site de la CCI : www.iccwbo.org

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▪ La banque présentatrice : est le domiciliataire de l’acheteur (tiré) chargée de présenter les documents à son client pour encaissement ;

▪ L’acheteur (tiré) : celui à qui la présentation des documents doit être faite selon l’ordre de paiement.

1.2. Les types d’encaissements

Les Règles Uniformes distinguent l’encaissement simple (clean collection) de l’encaissement documentaire (documentary collection) :

▪ L’encaissement simple vise un encaissement de documents financiers (lettre de change, billet à ordre, chèques) non accompagnés de documents commerciaux (facture, documents d’expédition ou autres documents analogues).

▪ L’encaissement documentaire vise un encaissement de :

Documents financiers accompagnés de documents commerciaux ; Documents commerciaux non accompagnés de documents financiers.

Tout document envoyé à l’encaissement doit être accompagné d’un ordre d’encaissement comportant des instructions complètes et précises. Ces instructions se rapportent aux modalités d’utilisation (formes de réalisation de l’encaissement), à la perception des frais bancaires (à la charge de l’acheteur ou du donneur d’ordre) et d’autres indications liées au protêt en cas de non-acceptation ou de non-paiement.

1.3. Les étapes et formes de réalisation de l’encaissement documentaire

Il existe deux voire trois formes de réalisation d’un encaissement documentaire :

▪ Documents contre paiement (D/P) : La remise D/P signifie « documents contre paiement à vue ». La banque présentatrice ne remet les documents que contre le paiement de la somme due.

Figure 15 : Schéma de l'encaissement documentaire : Document contre paiement (D/P)

▪ Documents contre acceptation (D/A) : correspond à une remise des documents « contre acceptation ». Dans ce cas, la banque présentatrice ne délivre les documents à l’acheteur que contre l’acceptation par ce dernier d’une ou de plusieurs traites payables à échéance.

(1) Marchandi

ses

Vendeu

r

Acheteur

Banque

remettante

Banque

présentatric

e

(2) Traite à vue et

documents (3) Traite

à vue et document

s

(4) Paieme

nt

(4) Traite à vue et

documents

(5) Paiement

(6) Paieme

nt

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Page | 54

En plus, de l’acceptation de la (des) traite(s), l’acheteur peut demander si indispensable à sa banque de la (les) avaliser54 ; ce qui signifie que sa banque accepte de payer de manière irrévocable au donneur d’ordre.

Figure 16 : Schéma de l'encaissement documentaire : Document contre acceptation (D/A)

*NB : ces deux étapes se passent de manière simultanée

▪ Documents contre une lettre d’engagement : Cette dernière technique est plus rare car il s’agit d’un engagement de paiement différé non matérialisé par une traite ; elle est moins sécurisante pour le vendeur en raison de l’absence de cet instrument cambiaire. Elle est toutefois utilisée par les pays où il y’a une forte fiscalité sur les traites. 

D’après les figures 16 et 17, les étapes du paiement par D/P et D/A peuvent être regroupées en six  qui se déroulent comme suit :

Étape 1  : le vendeur expédie la marchandise et fait établir les documents de transport (et d’assurance selon l’incoterm choisi) soit à l’ordre de la banque présentatrice (banque à l’étranger), soit directement à l’ordre de l’acheteur55. La première solution est préférable surtout en cas de transport aérien afin d’éviter que l’acheteur puisse entrer en possession de la marchandise avant de l’avoir réglée.

Étape 2  : les documents sont remis à la banque de l’exportateur. Étape 3  : la banque remettante transmet les documents accompagnés d’une lettre d’instruction à

la banque présentatrice, généralement son correspondant dans le pays de l’acheteur. Étape 4  : la banque présentatrice remet les documents à l’acheteur, soit contre paiement, soit

contre acceptation d’une ou plusieurs traites, soit contre son engagement de payer ultérieurement. En acceptant les documents, l’acheteur lève les documents qui lui permettront de prendre possession de la marchandise.

54 Avaliser consiste à émettre un aval pour le compte d’un débiteur. Par définition, l’aval est le cautionnement du débiteur donné par son banquier en guise d’engagement de payer un effet de change. Il se matérialise par l’apposition de la signature du banquier (avaliseur) sur la traite accompagnée par une mention expresse « bon pour aval » ou toute formule équivalent.

55 Sur les destinations courtes, (Marseille –Alger, par exemple) les opérateurs utilisent la technique du «  pli cartable ». Un des trois originaux du B/L voyage avec la marchandise pour être remis à une personne désignée selon l’instruction de l’expéditeur ou de son transitaire. Il est très dangereux d’envoyer en pli cartable un B/L à l’ordre de l’acheteur, au lieu d’être à l’ordre de banque présentatrice. Le vendeur permettrait ainsi à l’acheteur de prendre possession de marchandise sans acquitter, via la banque présentatrice.

(1) Marchan

dises

Vendeu

r

Acheteur

Banque

remettante

Banque

présentatri

ce

(2) Traite à terme

et documen

ts(3) Traite à terme

et documen

ts

(4) Envoi Traite pour

acceptation

(6) Traite acceptée

et retourné

e

*(5) Traite acceptée

*(5) Document

s

(7) Traite acceptée

et retourné

e

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Étape 5   et 6  : le paiement est transmis au vendeur par l’intermédiaire de la banque remettante. Cette dernière transmet au bénéficiaire un « avis de sort » qui l’informe de la réception des fonds.

En cas de non paiement, de nombreuses raisons peuvent expliquer la non-levée des documents par l’acheteur.

1.4. Les causes de non-paiement

Dans le processus d’encaissement documentaire, diverses raisons peuvent être invoquées comme motif de refus conditionné ou délibéré de l’acheteur pour ne pas s’exécuter. La liste de ces raisons est non exhaustive, mais on peut en retenir quelques unes :

Les conditions de délivrance des documents ne sont pas conformes aux stipulations du contrat commercial ;

le montant facturé est supérieur à celui de la commande ; la marchandise n’est pas conforme à la commande ou elle a été expédiée tardivement ou avant

la date prévue, ou n’est pas encore arrivée à destination ; les documents sont parvenus après l’arrivée de la marchandise occasionnant ainsi des frais de

stationnement que l’acheteur ne veut pas supporter ; les documents indispensables au dédouanement (certificat phytosanitaire…) ne sont pas

parvenus ; la licence d’importation n’a pas été encore obtenue ; le jeu de connaissements est incomplet ; le prix de la marchandise a baissé sur les marchés internationaux (négoce de matières

premières) et l’acheteur ne veut plus prendre possession de la marchandise, ou l’acheteur essaie de renégocier le prix du contrat ;

la marchandise arrive endommagée bien qu’elle ait voyagé au risque de l’acheteur ; il y’a un litige commercial sur une transaction précédente que l’acheteur souhaite régler sur

cette livraison.1.5. Les avantages, les risques et les responsabilités

Le paiement par remise documentaire n’est pas une solution qui offre une sécurité absolue au vendeur ou à l’acheteur. Chacun pour sa part, tire des avantages mais supporte aussi des risques, c’est pour cette raison qu’il ne convient qu’à des transactions entre partenaires qui se connaissent. Quant aux banques, les risques qu’elles supportent, proviennent de leur responsabilité engagée dans leur mission de mandataire.

▪ L’acheteur   : dans une opération de remise documentaire, l’avantage de l’acheteur est qu’il peut :

Refuser de payer pour la traite ou pour les documents ; Refuser l’acceptation de la traite ; Renvoyer les marchandises pour quelque raison que ce soit ; Renégocier les prix un fois que la marchandise aura déjà été expédiée.

En termes de risques, les marchandises peuvent ne pas correspondirent aux spécifications de l’acheteur après l’acceptation ou le paiement.

▪ Le vendeur   : l’avantage pour lui est qu’il est assuré que les documents commerciaux et/ou financiers sont contrôlés par les banques, jouant le rôle d’intermédiaires, et ne délivrés qu’après que l’acheteur a honoré ou accepté d’honorer par traite.

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Le contrôle des documents par une banque réduit seulement le risque relatif aux documents ; cependant le vendeur est exposé au :

Risque pays ; Risque de change et de taux d’intérêt ; Risque commercial et au risque de crédit ; Coût résultant du refus de payer de la part de l’acheteur. Dans cette circonstance, le vendeur

supporte des frais de stockage des marchandises immobilisées dans un pays étranger pendant qu’il y recherche un autre acquéreur (ou dans un autre pays), ou qu’il peine à arranger leur rapatriement et donc payer à nouveau des frais de transport, de stockage, et d’assurance.

Perte des marchandises conséquente de la durée limitée de stockage dans un entrepôt public. La règlementation dans certain pays peut restreindre le nombre de jours durant lequel les marchandises peuvent être stockées dans les entrepôts publics. Passées des délais autorisés, les marchandises peuvent être purement et simplement vendues aux enchères.

▪ La banque   : dans cette méthode de paiement, on retient que la banque est facilitatrice de l’acheminement des documents et de la réalisation du paiement de la transaction et n’est donc pas responsable des marchandises à fortiori d’assumer le risque de crédit.. Il est important de signaler que les URC n° 522 stipulent que « les marchandises ne doivent être envoyées directement à l’adresse d’une banque, ou placées sous sa responsabilité, sans un accord préalable de cette banque…  ». Notons que dans le cas où cette demande d’accord préalable n’a pas été formulée, la banque n’est nullement tenue de prendre livraison des marchandises, l’expéditeur continuant à en assumer le risque et la responsabilité.

Nonobstant, il existe de risques opérationnels à prendre en considération par la banque :

Elle doit se confiner aux instructions transmises par le vendeur ; autrement, elle pourrait subir de perte financière ;

Elle doit aussi se conformer à la règlementation de son pays et du pays concerné sinon elle risque de s’exposer à des amendes et pénalités ou à une mauvaise publicité.

Elle doit sauvegarder les instruments négociables puisqu’ils peuvent être frauduleusement endossés et sont librement négociables sur le marché libre. Par exemple, les traites à paiement différé, après acceptation par l’acheteur, deviennent des instruments négociables en soi et requièrent de la précaution pour protéger la banque de pertes financières et du mécontentement du client.

En contrepartie des risques, la banque a des opportunités pour accroître les revenus issus des frais et tire avantage des opportunités des transactions internationales en termes de cash management.

Le tableau ci-dessous synthétise les avantages, les risques des différentes parties intervenantes dans la remise documentaire.

Tableau 6 : Encaissement documentaire: avantages - risques aux parties

ENCAISSEMENT DOCUMENTAIRELe vendeur envoie les marchandises à l’acheteur. La traite et les documents de la transaction sont présentés à la banque

intermédiaire pour le paiement.

Avantages Risques

acheteur Refuser de payer pour la traite ou pour les documents ;

Les marchandises peuvent ne pas répondre aux critères spécifiés

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Refuser l’acceptation de la traite ; Renvoyer les marchandises ; Renégocier les prix après expédition.

Vendeur

les documents commerciaux et/ou financiers sont contrôlés par les banques.

Risque pays, de change, de taux d’intérêt;

Risques commercial et de crédit ; Durée limitée de stockage des

marchandises convoyées en cas de non-acceptation des documents.

Banque

Revenus issus des frais ; Opportunités de cash management dans ces

transactions.

Ne pas suivre les instructions Ne pas se conformer aux règlementations

locale et étrangère ; Ne pas sauvegarder les instruments

négociables

En se focalisant sur les avantages communs, la remise documentaire, assortie dans certains cas d’une assurance-crédit destinée à couvrir les risques de non-transfert ou d’un aval bancaire de la traite, est une procédure assez simple et peu couteuse. Elle facilite les relations entre partenaires qui se connaissent, l’intervention de leur banque facilitant la transaction sans pour autant la sécuriser pleinement.

En revanche, elle se révèle totalement insuffisante dans des contextes où le risque local est important, où acheteurs et vendeurs se connaissent mal, ou lorsque la solvabilité de l’acheteur est sujette à interrogation. En effet, face à un environnement plus risqué, seul l’engagement d’une ou plusieurs banques est de nature à réduire les risques encourus par le vendeur. C’est pourquoi le Crédit documentaire s’est depuis longtemps imposé comme la technique privilégiée de protection des exportateurs.

2. Le crédit documentaire

Il semble que la technique du crédit documentaire est apparue pour la première fois au début des années du XIX siècle en Europe Occidentale et était utilisée, en dehors des Banques, notamment dans les Ventes Maritimes. Les banques introduiront cette technique dans leurs activités au début de XXe siècle lorsqu’une prolifération d’incidents de non paiement entre partenaires commerciaux internationaux a été constatée56. Toutefois, pour l’utilisation quasi-universelle du crédit documentaire, le mérite revient à la CCI qui a fait adopter les RUU avec des suppléments destinés uniformiser sa gestion pratique.

2.1. Principes généraux

2.1.1. Définition

Le crédit documentaire est une opération par laquelle une banque (banque émettrice/issuing bank) s’engage irrévocablement57, à la demande et pour le compte de son client importateur (donneur 56 Abdelmajid AMMAR : « Les sécurités de paiement dans le commerce mondial : l’exemple des crédits documentaires »,

Centre de Publication universitaire, Tunis, 2000, p.3.57 Dans la pratique, la quasi-totalité des crédits documentaires sont irrévocables. Les RUU 600 ont ainsi supprimé la mention

crédit documentaire révocable. Cependant, les parties ont la possibilité de faire émettre un crédit révocable si elles le souhaitent en intégrant cette clause dans le contrat. Toutefois, ce type de crédit peut être à tout moment amendé ou annulé par la banque émettrice sans être obligée de faire au préalable un avis ou une notification au bénéficiaire.

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d’ordre/applicant), à régler à un tiers exportateur (donneur d’ordre/applicant), dans un délai déterminé, un certain montant, contre la remise de documents strictement conformes et cohérents entre eux, justifiant de la valeur et de l’expédition de marchandises ou de prestations de services58.

Pour le bon déroulement de cette opération, les agents engagés dans le commerce international (importateurs, exportateurs, banquiers, transporteurs, …etc.) se réfèrent à des règles publiées par la CCI.

2.1.2. Le cadre juridique du crédit documentaire : les RUU – 600

Les RUU sont des règles qui s’appliquent aux crédits et aux lettres de crédit stand-by (Stand-by Letter of Credit ou SBLC), dans la mesure où elles seraient applicables aux SBLC. Le crédit devra faire référence aux RUU pour y être soumis. Ainsi, ces règles lient toutes les parties intéressées sauf dispositions contraires « expressément modifiées ou exclues par le crédit»59.

Les textes des RUU définissent clairement le cadre d’application du crédit documentaire, les normes liées à ses supports et à sa pratique, l’étendue des responsabilités de chaque partie intervenante dans son déroulement.

Historiquement, les premières RUU remontent à 1933. Elles ont été révisées plusieurs fois pour davantage faciliter et adapter l’utilisation du crédit documentaire à l’évolution du commerce internationales et des pratiques bancaires et, en plus, de fiabiliser ce moyen de paiement et de sécurisation, en diminuant substantiellement le nombre d’irrégularités constatées sur les documents ; ce qui concourt à la fluidité des paiements.

2.1.2.1. La révision des RUU

La dernière révision en 2007 des RUU (la sixième fois), a donné naissance à la version n°600. Cette mise à jour de la version n°500, est considérée comme substantielle, voire réalisant la plus grande transformation depuis l’origine, et ce pour nombreuses raisons :

Apporter des réponses plus précises sur des interprétations ou des imprécisions, sources de conflits ;

Procéder à la révision périodique tous les 10-15 ans pour tenir compte des changements dans les habitudes de commerce et des prises de décisions de la CCI ;

Harmoniser les RUU autant que possible avec les autres règles (ISP, ISBP60…) ; Obtenir une diminution substantielle des irrégularités.

2.1.2.2. La structure des RUU

Les nouvelles RUU contiennent 39 articles ainsi que 12 articles complémentaires (eRUU version 1.1) régissant la présentation des documents électroniques. Les RUU ont subi, en effet, une « cure d’amaigrissement » avec la suppression de 10 articles de la version de 500. D’une vue très synoptique, les RUU – 600 sont structurées comme suit :

Article 1 à 5 : articles à portée générale Article 6 à 13 : engagement des banques Article 14 à 18 : normes pour l’examen des documents Article 19 à 25 : les documents de Transport Article 28 : document d’assurance et couverture

58 H. Martini – D. Deprée – J.K-Cornede op cit, p.3359 Art – 1 des RUU – 600. 60 International Standard Banking Practice (ISBP): Il s’agit d’un corps de règles et de pratiques bancaires internationales

relatives à l’examen des documents dans le cadre des crédits documentaires.

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Article 38 : les crédits transférables Autres articles : d’autres dispositions importantes

Ces articles définissent aussi les différents acteurs intervenants dans une opération de crédit documentaire, leur rôle ainsi que leur responsabilité.

2.1.3. Les intervenants du crédit documentaire

Un crédit documentaire met généralement en présence quatre intervenants, plus rarement trois, mais parfois cinq, voire six selon le montage du crédit : l’acheteur, le vendeur, la banque de l’acheteur (banque émettrice), la banque correspondante de la banque émettrice (banque notificatrice ou confirmante).

Certains crédits documentaires mentionnent d’autres banques intermédiaires telles que la banque de remboursement, une seconde notificatrice ou la banque désignée, chacune ayant un rôle précis.

▪ Le donneur d’ordre : c’est l’acheteur, il donne les instructions d’ouverture du crédit documentaire tel que convenu lors de la négociation commerciale.

▪ La banque émettrice : c’est la banque de l’acheteur (située en général dans le même pays) ; sollicitée par son client, elle procède à l’ouverture du crédit documentaire.

▪ La banque notificatrice : c’est la banque correspondante de la banque émettrice (située en général dans le pays du vendeur). Elle avise le bénéficiaire de l’opération de crédit documentaire sans prendre d’engagement de paiement vis-à-vis de celui-ci.

▪ La banque confirmante : c’est en général, la banque notificatrice qui, le cas échéant, accepte un engagement de paiement identique à celui de la banque émettrice, vis-à-vis du bénéficiaire, elle fait la confirmation61.

▪ Le bénéficiaire : c’est le vendeur (exportateur) en faveur de qui le crédit documentaire est ouvert.

Le crédit documentaire peut prévoir d’autres parties : des banques (banque de remboursement et seconde banque notificatrice), des assureurs-crédit, des organismes et institutions internationales telles que la Banque Mondiale.

▪ La banque de remboursement : elle est désignée dans le crédit pour effectuer le paiement à vue ou à usance après appel des fonds par la banque réalisatrice du crédit, généralement la banque notificatrice ou confirmante (sa localisation est fonction de la devise du crédit documentaire).

2.1.4. Les concepts du crédit documentaire

Trois concepts sont au cœur mécanisme du crédit documentaire : l’autonomie, l’inopposabilité des exceptions et la conditionnalité.

▪ L’autonomie de la garantie de paiement : si le crédit documentaire est un moyen de paiement, c’est aussi et surtout une garantie de paiement pour le vendeur. L’efficacité de la garantie réside dans l’autonomie du crédit documentaire par rapport au contrat commercial et dans son indépendance vis-à-vis des relations entre les différentes parties au crédit62.

▪ L’inopposabilité des exceptions découle directement du principe d’autonomie : donneur d’ordre et bénéficiaire ne peuvent en aucun cas se prévaloir de moyens de défense ou d’argument tirés :

Du contrat, De la marchandise,

61 La confirmation constitue un engagement irrévocable qui s’ajoute à l’engagement irrévocable de la banque émettrice.62 Article 4 des RUU-600 (Règles et Usances Uniformes relatives au crédit documentaire)

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De leurs relations avec les autres parties,

Pour ne pas payer si les documents présentés par le bénéficiaire sont réguliers. Seule la fraude peut bloquer le paiement.

▪ La conditionnalité : l’engagement irrévocable de la banque émettrice, et éventuellement d’une banque confirmante, est conditionné à la présentation de documents conformes, voire strictement conformes aux conditions et termes du crédit. Il y’a par ailleurs séparation totale entre les documents et la marchandise. Les différentes parties au crédit n’ont pas à vérifier la conformité des documents avec les marchandises et/ou services, mais à contrôler leur conformité aux seuls termes et conditions du crédit. Le principe du formalisme est au cœur de la préparation, puis du contrôle des documents. Les documents ne peuvent être comparés qu’aux stipulations de l’ouverture de crédit et des exigences des RUU63.

Ainsi quand bien même les marchandises ne seraient pas conformes aux stipulations du contrat de vente, qu’elles aient ou non été fournies, dès lors que les documents présentés sont conformes aux termes et conditions du crédit, les banques sont tenues d’exécuter leur engagement.

Seule la fraude peut paralyser la réalisation du crédit. Le choix des documents revêt une importance primordiale tant pour l’acheteur que pour le vendeur.

2.2. Les caractéristiques des crédits documentaires

2.2.1. Les fonctions des crédits documentaires

Le crédit documentaire, longtemps et largement utilisé dans les transactions internationales est un instrument au succès imparable grâce à ses trois fonctions qui répondent effectivement aux désidératas des opérateurs du commerce international.

2.2.1.1. Le crédit documentaire : un instrument efficace de paiement

Le crédit documentaire permet un dénouement rapide d’une transaction, son intérêt réside de son caractère irrévocable qui oblige la banque de l’acheteur à honorer et à transférer les fonds au vendeur dans un court délai et cela dès que la banque présentatrice approuve la conformité des documents, en sus la confirmation du crédit permet au vendeur d’être sûr de se faire payer immédiatement. Ainsi, le crédit documentaire est un moyen de paiement très efficace contrairement à d’autres qui peuvent causer des retards et des préjudices à la trésorerie de l’exportateur.

Quant à la banque confirmatrice, elle se fait rembourser sur le champ en débitant le compte de la banque émettrice une fois qu’elle règle au vendeur. Pour l’acheteur, l’avantage de payer par lettre de crédit se trouve dans le fait qu’il peut négocier des échéanciers lui permettant ainsi de prévoir avec certitude ses mouvements de trésorerie.

2.2.1.2. Le crédit documentaire : un instrument de sécurité et de garantie

Dans une opération de crédit documentaire l’engagement pris par la banque de payer après réception des documents conformes fait qu’il offre une garantie de paiement et une sécurité indéniable au vendeur ; cet engagement étant différent de celui de l’acheteur et donc est plus sûr.

Du coté de l’acheteur, sa sécurité est assurée par les preuves documentaires contre le paiement, sans les documents attestant l’envoi des marchandises, il ne paiera pas. En l’occurrence, la banque doit être consciencieuse dans l’examen de ces documents. Même si cette dernière est à considérer les documents sans les marchandises.

63 Les RUU : Cadre juridique régissant le crédit documentaire, publiées par la CCI (voir la partie cadre juridique)

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2.2.1.3. Le crédit documentaire : un instrument de financement

Le crédit documentaire peut être un moyen pour l’acheteur de financer ses achats, la banque dispose un gage sur les marchandises achetées puisqu’elle se substitue à l’acheteur pour garantir le paiement. Encore plus, la trésorerie de l’acheteur trouve un confort dans le cas où la banque émettrice lui octroie des lignes de découvert.

Pour le vendeur, sachant qu’il a un engagement irrévocable de se faire payer, il peut mobiliser sa créance en escomptant avant l’échéance auprès de sa banque le montant du crédit.

2.2.2. Typologies des crédits documentaires

Il est fréquent de classer les crédits selon qu’ils sont révocables, irrévocables ou irrévocables et confirmés.

▪ Crédit documentaire irrévocable : ce type de crédit documentaire est plus courant. Il offre un engagement irrévocable de la banque émettrice de payer les documents requis, s’ils présentent l’apparence de conformité avec les conditions et termes du crédit.

En l’absence d’indication, un crédit sera réputé irrévocable. Malgré la sécurité qu’il apporte, il ne fait pas disparaître le risque d’impayés résultant de l’insolvabilité de la banque émettrice ou d’évènements liés à son risque pays.

▪ Crédit documentaire irrévocable et confirmé : le vendeur qui dispose d’un crédit documentaire irrévocable et confirmé en sa faveur et a la certitude d’être payé s’il présente les documents requis, conformes aux conditions et termes du crédit.

La confirmation correspond à l’engagement irrévocable d’une seconde banque plus souvent située dans le pays du bénéficiaire ou dans un pays où le risque politique est très faible, sauf cas particuliers64.

▪ Crédit documentaire irrévocable avec confirmation silencieuse : la confirmation à l’insu de la banque émettrice et de l’acheteur se nomme confirmation silencieuse. Elle est de pratique courante dans les cas de figures suivants :

Lorsque, lors de la négociation, le vendeur n’a pas été en mesure d’imposer un crédit documentaire confirmé à son acheteur,

Lorsque les banques émettrices s’y refusent (Iran), considérant que la qualité de leur signature n’a pas à être mise en doute, ou n’y sont, d’une manière générale, pas favorables (Chine).

Remarque : il est bien de faire une distinction entre confirmation silencieuse et la confirmation selon les RUU. En son article 8, le crédit documentaire peut seulement être confirmé sur autorisation ou demande de la banque émettrice. Dans le cas où le crédit documentaire est confirmé sans autorisation, la banque qui apporte cette confirmation, assume seule la responsabilité à l’égard du bénéficiaire.

2.2.3. Les modes de réalisation

La réalisation d’un crédit documentaire correspond à l’acte par lequel la banque réalise ses engagements vis-à-vis du bénéficiaire lorsque celui-ci utilise le crédit.

Le crédit documentaire a pour vocation d’être utilisé, que le bénéficiaire présente des documents conformes ou non aux conditions du crédit. Le bénéficiaire est donc très attentif aux caractéristiques de la réalisation : mode, lieu et moment de la réalisation.

L’article 6 des RUU – 600 se distinguent quatre modes de réalisation exposés ci-dessous :

64 Il est possible que des crédits documentaires soient confirmés par une banque locale (dans le même pays que la banque émettrice), bénéficiant d’un meilleur rating que la banque émettrice.

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2.2.3.1. Par paiement à vue

L’exportateur est payé à vue par la banque notificatrice ou la banque désignée, contre des documents conformes. Si le crédit confirmé, le paiement du bénéficiaire par la banque notificatrice suppose que celle-ci ait obtenu les de la banque émettrice, soit en débitant son compte dans ses livres, soit en attendant la réception des fonds selon les instructions données lors de l’ouverture du crédit documentaire.

2.2.3.2. Par paiement différé

Le bénéficiaire a accordé un délai de paiement à l’acheteur (le donneur d’ordre). Le crédit ne prévoit pas spécifiquement de tirage de traite pour matérialiser la créance. La réalisation intervient par la remise d’une lettre d’engagement de payer à une échéance déterminée, sur la base de documents conformes.

2.2.3.3. Par acceptation

Un crédit documentaire réalisable par acceptation se fonde sur deux mandats donnés par la banque émettrice à la banque désignée :

La banque émettrice mandate la banque correspondante pour vérifier si les documents sont conformes avec les termes de l’accréditif.

Si les documents présentés sont conformés, la banque correspondante ou la banque désignée devra, d’ordre et pour le compte de la banque émettrice, accepter une traite tirée par le bénéficiaire sur la banque émettrice (ou sur la banque confirmante, si le crédit est confirmé).

La traite émise par le bénéficiaire pour être escomptée auprès d’une banque.

2.2.3.4. Par négociation

La négociation d’un crédit documentaire induit que la banque émettrice a donné une autorisation à la banque désignée (négociation restreinte) ou à toute autre banque dans le pays du bénéficiaire (négociation libre ou ouverte) d’acheter, c’est-à-dire de payer par avance, dans le cadre du crédit documentaire, le montant des documents présentés. La banque émettrice permet ainsi au bénéficiaire, s’il le souhaite, d’obtenir par anticipation le paiement de ses documents auprès de la banque autorisée à effectuer cette négociation et elle s’engage à la rembourser.

Le tableau dans l’annexe 3 présente les différents modes de réalisation selon que le crédit est notifié ou non.

2.2.4. Le déroulement du crédit documentaire

Le crédit documentaire est une procédure composée d’un ensemble d’étapes caractéristiques détaillées dans le schéma suivant :

Figure 17 : Schéma du déroulement du crédit documentaire

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Étape 1  : acheteur et vendeur ont conclu un contrat qui prévoit un paiement par crédit documentaire.

Étape 2  : l’acheteur donne des instructions d’ouverture de la lettre de crédit. Étape 3  : elle est marquée par l’ouverture du crédit par la banque émettrice. Étape 4  : la banque notificatrice notifie l’ouverture de la lettre de crédit au bénéficiaire. Étape 5  : le vendeur expédie la marchandise avant la date butoir. Étape 6  : il (l’exportateur) remet les documents à la banque chargée de réaliser le crédit65. Étape 7  : la banque réalisatrice paie le bénéficiaire. Étape   8  : c’est celle de la transmission des documents à la banque émettrice. Étape 9  : la banque émettrice rembourse la banque notificatrice. Étape 10 et 11  : levée des documents par l’acheteur et paiement par le donneur d’ordre

(l’acheteur).

Enfin de compte, l’ultime étape est constituée par le retrait des marchandises de l’acheteur auprès de la compagnie de transport. Dans le cas spécifique du transport maritime, le titre de transport (Bill of Lading) constitue un titre de propriété sur la marchandise.

Cependant, il faut noter que ce processus ne décrit que les grandes étapes d’un crédit documentaire normal, c'est-à-dire sans particularité. Le crédit documentaire peut, en effet, être structuré sorte qu’il puisse répondre à des circonstances particulières d’une transaction.

2.3. Les crédits documentaires particuliers

Dans ce qui précède, nous avons abordé le crédit documentaire dans sa globalité comme garantie de paiement par l’acheteur et comme garantie de l’exécution du marché par le vendeur.

Pour répondre aux besoins de certaines activités commerciales et industrielles, le crédit documentaire démontre son adaptabilité et se décline selon plusieurs types de montage spécifique.

2.3.1. Le crédit documentaire revolving

Cette notion de «revolving» correspond à une «remise en vigueur» automatique, pour un montant ou une période donnée.

Ce type de crédit documentaire évite à l’acheteur d’ouvrir plusieurs crédits dans cadre d’un courant d’affaires réguliers dont les expéditions sont constantes en volume et en montant. A titre d’exemple, si des expéditions sont prévues trimestriellement pour un million d’euro par trimestre, la lettre de crédit pourra être «revolving», trois fois trimestriellement à hauteur de 1.000.000 €.

L’opération se renouvelle selon des modalités diverses : montant global, nombre de renouvellements, périodicité, période de validité.

65 Elle peut être dans certains cas la banque confirmante.

(5) Marchan

dises

Acheteur

étrange

r

Vendeu

r loca

l

Banque

émettrice

Banque

notificatric

e

(10) Fonds

(9) Fonds

(4) Notifica

tion

(1) Contrat

(6) Documents

(7) Fonds

(8) Documen

ts(3) Lettre de

Crédit

(8) Documents + B/L

(2) Deman

de d’ouverture de la LC

Page 77: DIA Alioune _Thèse Finale

1M €

4M €

T1 T2 T3 T4 J

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Figure 18 : Schéma du Crédit Documentaire " REVOLVING "

Cette technique permet donc la remise en vigueur ou la reconduction automatique du crédit après la première utilisation dans les limites d’un plafond maximum autorisé.

A noter que cette remise en vigueur peut être de deux natures : cumulative ou non cumulative

Revolving cumulatif : signifie qu’une tranche non utilisée pourra se reporter sur la tranche suivante. Dans l’exemple le bénéficiaire aurait pu à la limite «tirer» le crédit documentaire au dernier trimestre pour 4 millions d’euros.

Revolving non cumulatif : signifie que le tirage éventuel doit s’effectuer au cours du trimestre concerné.

2.3.2. Le crédit documentaire transférable

Le crédit documentaire transférable est un crédit documentaire irrévocable qui permet au bénéficiaire du crédit (premier bénéficiaire) de désigner un ou plusieurs seconds bénéficiaires (bénéficiaires du transfert).

Dans le cadre des opérations de négoce international, le crédit documentaire transférable répond à deux objectifs :

Sécuriser l’opération vis-à-vis du fournisseur qui souhaite s’assurer de paiement du négociant ;

Financer l’opération dans la mesure où l’entreprise de négoce peut être amenée à régler le fournisseur avant la réalisation du crédit.

Figure 19 : Le transfert du crédit documentaire

Dans un tel schéma, le négociant assume la responsabilité de premier bénéficiaire du crédit vis-à-vis du donneur d’ordre. Il est l’ « exportateur » et, à ce titre, est responsable du respect des délais de fabrication, de livraison et de la préparation des documents. N’étant pas le fournisseur de la

Marchandises

Frs réel Fabricant

2nd bénéficiai

re

Acheteur Final

Donneur d’ordre

Crédit transféré

Contrat de vente

Crédit d’origine

transférable

Contrat

d’achat Négociant

Premier Bénéficiaire

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marchandise, il délègue cette responsabilité à un plusieurs fabricants qui auront le statut de seconds bénéficiaires. Ceux-ci n’ont aucun lien avec le donneur d’ordre.

Figure 20 : Le montage d'un crédit documentaire transférable

Source : Dexia Banque : http://www.dexia.be/Fr/Professional/CorporateBanking.

Il comporte moins de risques pour la banque que la lettre de crédit adossé ou « back to back ».

Synthèse sur le crédit transférable

Avantages pour le bénéficiaire Inconvénients

Facile à mettre en œuvre. Permet de gérer des affaires sans disposer de la trésorerie

correspondante, car cette technique ne mobilise pas de ligne de crédit auprès de la banque transférante.

Si le crédit documentaire est confirmé, le transfert emporte l’engagement de la banque transférante, ce qui constitue une garantie supplémentaire pour le fournisseur.

N’est pas toujours possible à réaliser. Ne permet pas toujours de préserver la

confidentialité, sauf dans le cas de montage spécifique.

Le fournisseur doit s’appuyer sur la solvabilité de la banque émettrice.

Particularités Recommandations

Le transfert doit être conforme aux conditions énoncées dans le crédit documentaire de base. Cependant, selon les RUU, les exceptions suivantes sont autorisées :

Le montant du crédit documentaire et le prix unitaire peuvent être réduit ;

La durée de validité, le délai de présentation des documents et le délai d’expédition peuvent être réduits ;

Le nom du premier bénéficiaire peut être substitué à celui du donneur d’ordre ;

Le taux de couverture de l’assurance peut être adapté.

Le crédit documentaire de base doit être émis sous la forme la plus simple possible ;

La multiplication des documents et des clauses particulières complique ou empêche le transfert ;

La transaction suppose des compétences en matière de crédit documentaire.

2.3.3. Le crédit documentaire adossé ou « back to back »

En cas d’impossibilité de transférer un crédit, le bénéficiaire peut demander à la banque notificatrice/confirmatrice d’émettre un second crédit documentaire en faveur du sous-traitant.

Contrat

1er bénéf. Vende

ur

Acheteur D/0

Banque notficatric

e confirman

te

Banque émettric

e

Demande du crédoc

Envoi confirmation

et authentificatio

n

2em bénéf. Fournis

seurContrat

Banque notficatric

e confirman

te

Envoi confirmation

et authentificatio

n

Demande de transfert

Transfert

Émission du crédoc

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Si elle y consent, le second crédit doit être libellé de façon que les documents requis ainsi que toutes les autres conditions permettent la réalisation du premier crédit (crédit de base66). Le second crédit prend le nom de « crédit adossé » (back to back letter of credit).

Figure 21 : Schéma de déroulement d'un crédit documentaire Back-to-Back : mise en place

Source   : banque UBS : www.ubs.com

La banque notificatrice du crédit de base devient la banque émettrice du crédit adossé. Le bénéficiaire du crédit de base devient le donneur d’ordre du crédit adossé et, à ce titre, est responsable de la couverture des paiements effectués par la banque émettrice du crédit adossé au titre de ce crédit.

Figure 22 : Schéma de déroulement d'un crédit documentaire Back-to-Back : réalisation

IntermédiaireAcheteur

D/ 0

Banque confirmante/ émettrice Back-to-Back

Banque émettrice

(6) Notification et confirmation du crédocde base

Fournisseur

Banque du vendeur

(15) Présentation des documents

(14) Livraison de la M/ se

(24) Contrôle des documents (18) Contrôle

des documents(11) Contrôle des

documents

(20.b) Débit de l’intermédiaire dans le cadre du Back-to-Back

(17) Envoi des documents

(19) Remise des documents à l’intermédiaire

(23) Débit du donneur

d’ordre

(20) Paiement au Frs

(20.a) Paiement

(21.a) Substitution des documents

(21.b) Demande de paiement et envoi des documents

(22) Couverture

(25) Remise des

documents

Source   : banque UBS : www.ubs.com

Le recours au crédit documentaire adossé en lieu et place d’un crédit transférable se justifie dans les cas suivants :

66 Le crédit de base et le crédit adossé constituent deux opérations distinctes qui ne sont pas juridiquement liées, alors même que les deux crédits constituent un ensemble destiné à sécuriser une opération économique homogène.

(1.a) Contrat

Intermédiaire

Acheteur D/0

Banque confirmante/

émettrice Back-to-Back

Banque émettri

ce

(2) Instruction d’ouverture

(6) Notification et confirmation du crédoc de

base

Fournisseur

Banque du

vendeur

(12) Notification du crédit au

Frs

(4) Ouverture

(1.b) Contrat

(3) Contrôle de solvabilité

(5) Contrôle du

crédoc

(11) Contrôle du Crédoc

Back-to-Back

(8) Instruction d’ouverture du Crédoc Back-to-Back

(10) Ouverture

(9) Ifixation des conditions d’ouverture du Crédoc Back-to-Back

(13) Contrôle du Crédoc

Back-to-Back

(7) Contrôle du Crédoc de

base

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Crédit non transférable ; Conditions de vente non homogènes ; Conditions de paiement non homogènes ; Raisons commerciales (confidentialité).

Lorsque les documents requis sont identiques entre les deux crédits, à la seule exception de la facture, on parle de crédits concordants.

Lorsque les documents requis diffèrent, les crédits sont qualifiés de non concordants. C’est ainsi lorsque le crédit de base requiert un certificat d’origine émis ou légalisés dans le pays du vendeur.

Le crédit adossé offre les mêmes avantages que le crédit transférable moins souple mais offrant plus de sécurité pour le(s) fournisseur(s). il permet de préserver la confidentialité entre acheteur et fournisseur. Il est très adapté au contexte de la mondialisation qui favorise le développement de la sous-traitance internationale. Toutefois, il présente des inconvénients qui en limitent son usage. Parmi les inconvénients, on peut citer :

Sont coût élevé, Les risques financiers pour la banque émettrice du crédit adossé en cas de faillite de

l’intermédiaire (incapacité de fournir les documents de l’intermédiaire.

Par ailleurs, il existe un autre type de crédit documentaire particulier avec une approche différente par rapport à ce qu’on vient de voir : le crédit documentaire avec « red ou green clause »

2.3.4. Le crédit documentaire avec « red clause » ou « green clause »

2.3.4.1. Le crédit documentaire avec « red clause »

Cette pratique remonte au début du XXème siècle lorsque les banques anglaises émettaient des crédits documentaires sur instructions des industriels anglais afin qu’ils s’approvisionnent en laine en Australie. Afin de garantir leurs approvisionnements, les importateurs anglais proposaient à leurs fournisseurs australiens de préfinancer les transactions.

Depuis, les banques émettrices ont pris l’habitude d’incorporer une clause de financement 67 (apposée à l’encre rouge) permettant au bénéficiaire d’obtenir de la banque notificatrice une avance sur le crédit, cette avance étant faite soit :

Contre un simple reçu du bénéficiaire certifiant que les fonds seront utilisés conformément aux stipulations du crédit ;

Contre l’engagement du bénéficiaire de remettre les documents conformes immédiatement après l’expédition ou de rembourser toutes les sommes avances majorées des intérêts, frais, etc.

Il est important de noter que, dans la majorité des cas, l’avance est consentie par la banque notificatrice sur demande de la banque émettrice et au risque de cette dernière. C’est pour cette raison que la banque émettrice souhaite matérialiser la créance sous forme de billet à ordre de traite.

Avantages Inconvénients Recommandations

Le vendeur bénéficie d’un financement de la production ou de l’achat de matières premières sans avoir à utiliser ses propres

L’importateur supporte un risque important car il est banquier de son fournisseur.

L’acheteur n’a pas la certitude que le fournisseur remettra des documents

Un crédit documentaire avec « red clause » devrait être choisi uniquement dans le cas où acheteur et vendeur ont une confiance

67 Cette clause est insérée dans le crédit documentaire à la demande de l’acheteur et autorise la banque notificatrice, sur ordre et pour le compte de banque émettrice, à effectuer des avances de fonds au vendeur avant la présentation des documents. Le texte de la « red-clause » détermine les conditions de l’avance et l’engagement de la banque qui débloque les fonds et détiendra en contrepartie un gage marchandise.

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lignes de crédits. d’expédition prescrits au titre du crédit documentaire.

En effet, si le vendeur n’expédie pas la marchandise ou ne rembourse pas cette avance, la banque qui a effectué l’avance (notificatrice ou confirmante) réclamera le remboursement à la banque émettrice qui, elle-même, se retournera vers l’importateur.

réciproque forte.

Les documents requis pour l’avance doivent pouvoir attester le mieux possible la qualité de  la marchandise et le respect des obligations par le fournisseur. Certains documents devront être établis par des tiers de confiance.

2.3.4.2. Le crédit documentaire avec « green clause »

Le crédit documentaire « green clause » fonctionne de façon similaire au précédent. Cependant, l’avance des fonds par la banque notificatrice est subordonnée à la présentation des documents prouvant l’existence réelle des marchandises tels que le certificat d’entreposage ou de stockage, le certificat d’assurance, le certificat d’inspection, le reçu de transitaire, le gage sur la marchandise…

Les avances ont lieu avant l’expédition des marchandises, lesquelles sont le plus souvent nanties en faveur de la banque qui avance les fonds (banque émettrice ou banque confirmante selon le montage du crédit.

Le crédit green clause comporte moins de risque qu’un crédit « red clause » :

Tant pour la banque qui procède à l’avance des fonds ; Que pour l’importateur (donneur d’ordre).

En effet, les marchandises entreposées constituent une « garantie marchandise » sur les avances consenties. La banque supporte toutefois un risque lié à la variation des cours de la marchandise (baisse du prix de la matière première).

Pour cette raison l’avance est généralement plafonnée à un pourcentage du crédit (60, 80 ou 90%).

Nous avons vu de manière succincte, les crédits documentaires particuliers exceptés celui qui au point de vu complexité n’en présente pas les moindres car impliquant la constitution et l’intervention d’un pool bancaire dans l’opération de crédit documentaire.

2.3.5. Le crédit documentaire syndiqué

Outre le schéma classique mettant en présence une banque émettrice et une notificatrice, il existe des montages plus complexes dans lesquels intervient un ensemble de banques, réunies sous forme de pool bancaire ou de syndicat bancaire.

2.3.5.1. Mécanisme

Le syndicat bancaire (ou pool bancaire) est groupes de banques qui s’associent de façon ponctuelle (ou permanente) pour une opération (ou une série d’opérations) précise(s). (p.150)

Les membres du syndicat participent en risque ou en trésorerie (selon les conditions du crédit) et partagent les commissions en fonction de leur niveau de participation au pool.

La base de leur participation est clairement stipulée dans la documentation signée par les participants : la lettre de syndication68.

68 Cette lettre est adressée à chaque participant par le chef de file. Elle stipule les particularités du crédit (montant, validité, termes de paiement, bénéficiaire…), le traitement des documents, les modalités d’appel des fonds de remboursement, les

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Le pool bancaire est dirigé par une banque chef de file qui selon le cas est :

Émettrice : dans ce cas, le chef de file émet le crédit documentaire et assure la relation avec le donneur d’ordre ;

Confirmante : dans ce cas, le chef de file confirme le crédit documentaire et assure la relation avec le bénéficiaire.

Dans les deux cas, la banque chef de file a la responsabilité de gérer et coordonner les banques participantes et, à ce titre, perçoit une rémunération.

2.3.5.2. Les raisons de la syndication

Le recours à la syndication se justifie lorsque le montant des opérations d’un client dépasse la capacité ou la volonté des banques de mettre en place les lignes de crédit nécessaires pour l’émission d’un crédit import ou la confirmation d’un crédit export.

La syndication peut se justifier pour des raisons commerciales : L’importateur a plusieurs banques et ne souhaite pas « privilégier » une par rapport à l’autre ; La banque émettrice souhaite inviter plusieurs de ses correspondants dans une opération

intéressante ; Certains protocoles intergouvernementaux imposent que les banques publiques participent à

certaines opérations de syndication.

Généralement les crédits syndiqués sont annoncés bien avant leur ouverture et le pool est constitué très en amont de la réception du crédit.

En plus de ces différentes déclinaisons du crédit documentaire, il existe d’autres variantes qui donnent au crédit documentaire son caractère spécial.

2.4. Les variantes du crédit documentaire

Avec une terminologie différente, d’autres variantes du concept de base du crédit documentaire existent et sont utilisées essentiellement par les pays anglo-saxons. Nous tâcherons dans ce qui suit d’en développer deux formes, à savoir : la lettre de crédit commerciale (commercial letter of credit) et la Lettre de Crédit Stand-By (Stand-by letter of credit) qui font partie intégrante des RUU de la CCI, Brochure 600.

2.4.1. La lettre de crédit commercial

Il s’agit d’un crédit documentaire qui peut être notifié au bénéficiaire par la banque émettrice, soit directement, soit par l’intermédiaire d’une banque tierce chargée d’authentifier l’instrument de d’ouverture.

Le bénéficiaire aura le choix de la banque auprès de laquelle il négociera sa Lettre de crédit. La banque choisie, dite banque négociatrice, n’agit pas généralement en vertu d’un mandat de la banque émettrice, laquelle reste seule engagée envers le bénéficiaire. Elle peut, à sa convenance, négocier sauf bonne fin, la lettre de crédit. Toutefois, des considérations relationnelles, tant vis-à-vis du bénéficiaire, qu’envers la banque émettrice peuvent amener ladite banque à négocier la lette de crédit sans recours.

2.4.2. La lettre de crédit stand-by

engagments réciproques des membres du pool et du chef de file.

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C’est un engagement émis par une banque pour le compte d’un donner d’ordre en faveur d’un bénéficiaire dénommé. La mise en jeu de la lettre de crédit stand-by intervient en cas de défaillance du donneur d’ordre ou de la partie qu’il entend faire garantir69.

Étant donné que cette définition de la lettre de crédit stand-by est un peu simpliste pour comprendre cette technique, ses caractéristiques ainsi que son fonctionnement, nous allons développer cette variante du crédit documentaire dans la prochaine section qui traitera les différentes formes d’engagements bancaires par signatures.

Section 3 : Les engagements par signature

Lors de la négociation commerciale, chacun des partenaires tente d’obtenir à son profit les sécurisations attendues. Nous avons montré dans la partie précédente comment l’exportateur se couvrait du risque de non-paiement grâce au crédit documentaire. Dans cette section, nous allons aborder la sécurisation de l’acheteur, un aspect incontournable dans contrats internationaux.

À un moment où les entreprises et les banques cherchent à limiter leurs risques, force est de constater qu’il existe une large panoplie d’outils de sécurisation à la disposition des opérateurs : lettres de crédit stand-by, cautionnements, garanties et bonds. Selon le régime juridique et selon leurs modalités de mise en œuvre, ils offrent des couvertures de force variable.

Nous allons nous concentrer sur la présentation de ces différentes formes d’engagements sous un angle juridique, financier et opérationnel.

A. Des sûretés réelles aux sûretés personnelles

Historiquement, la période 1973-1975 – qui correspond aux premiers chocs pétroliers – marque un tournant important dans les pratiques de sécurisation des transactions entre acheteurs et vendeurs internationaux.

Sur le plan juridique, cette période va être marquée par le passage des sûretés réelles aux sûretés personnelles.

1. Antériorité du système : les sûretés réelles

Dans un contexte international bien particulier, d’avant choc pétrolier, le vendeur était le plus souvent en position de force et avait tendance à imposer ses conditions à l’acheteur. Grâce au crédit documentaire, il obtient de l’acheteur un mode et une garantie de paiement. L’acheteur, de son côté, n’est jamais assuré que les marchandises ou prestations ainsi réglées correspondent parfaitement à ses attentes.

Or, l’équilibre contractuel impose que si le vendeur trouve naturel de se protéger du risque de défaillance financière de l’acheteur, celui-ci recherche corrélativement à se protéger du risque de défaillance du fournisseur, c'est-à-dire du risque de non performance.

Ce dernier cherche à de manière empirique à se protéger en exigeant la constitution par la banque du vendeur d’un dépôt de garantie à son profit ou en bloquant une fraction du paiement final au titre d’une retenue de garantie. Ce type de mécanisme relève des sûretés réelles, c'est-à-dire de l’affectation d’un bien en garantie de l’obligation.

Définition

69 Ahmed Slamti, opus citatum. p.130.

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Le montant du dépôt de garantie, prévu au contrat, constitue pour l’acheteur un niveau de sécurité parfois suffisant en cas de défaillance du vendeur. Il n’est pas nécessairement destiné à couvrir financièrement le préjudice causé à l’acheteur mais joue le rôle, comme dans le droit des assurances, d’une franchise destinée à s’assurer du sérieux de la prestation du vendeur.

Sur le plan pratique, le vendeur sollicite auprès de sa banque un transfert de fonds auprès de la banque de l’acheteur. Les fonds transférés ne sont bien sûr pas directement affectés au compte de l’acheteur mais identifiés dans un compte spécifique à son nom.

Avantages pour l’acheteur Inconvénients pour le vendeur

Disponibilité immédiate d’une somme en cas de défaut sans avoir à solliciter le vendeur même si ce dernier reconnaisse ou non les causes de l’appel des fonds ;

Possibilité certaine de capter le dépôt de garantie en réparation du préjudice financier causé en cas de défaut avéré.

Risque de tirage non fondé du dépôt de garantie ; Risque de non-transfert si les fonds doivent être retournés

au vendeur ; Risque de change ; Risque d’immobilisation de la trésorerie.

Cependant, ce système qui prévalu durant des années, a atteint ses limites lorsque la fréquence des marchés et leur montant sont devenus très élevés rendant le dépôt de garantie ou le nantissement de biens mobilier très pénalisant.

Compte tenu de ces inconvénients évoqués, les vendeurs ont souhaité se tourner vers d’autres formes de sécurisation.

2. Évolution du système : les sûretés personnelles

L’après choc pétrolier a été marqué par un climat fortement concurrentiel, voire de surenchères commerciales, les exportateurs sont contraints d’accepter, de façon systématique, la mise en place de sûretés au bénéfice des acheteurs.

Ceci va conduire les partenaires commerciaux à s’orienter vers des procédures visant à substituer aux sûretés réelles, les sûretés personnelles.

Définition

Les sûretés personnelles à la différence des sûretés réelles, ne sont plus fondées sur l’affectation d’un bien en garantie de l’obligation du vendeur mais sur l’engagement écrit d’un tiers d’indemniser l’acheteur en cas de défaillance. Elles sont généralement délivrées par les banques, dont la surface financière et la qualité de la signature assurent à l’acheteur une couverture efficace.

Pour les partenaires commerciaux, le passage des sûretés réelles aux sûretés personnelles a été l’occasion d’un rééquilibrage de leur système de protection. Il visait à respecter leurs exigences réciproques : sécurisation des transactions pour l’acheteur et réduction des risques pour le vendeur :

L’acheteur devait ainsi pouvoir disposer d’une liquidité immédiate en cas de mise en jeu des engagements et être sécurisé de la bonne exécution des obligations du vendeur ;

Alors que le vendeur n’aurait à immobiliser, ni à risquer, sa trésorerie dans le cadre de ses opérations internationales et tout en continuant à obtenir des marchés.

L’évolution du système de protection de l’acheteur va se dérouler en trois temps :

La pratique va orienter de manière naturelle les opérations vers une catégorie juridique de sûreté personnelle connue qu’est le cautionnement ;

Le régime du cautionnement va démontrer son insuffisance à satisfaire les exigences des acheteurs et va être remplacé par le régime des garanties autonomes ;

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Les difficultés engendrées par les mécanismes des garanties autonomes vont conduire progressivement les vendeurs et les émetteurs à tenter d’atténuer ces difficultés en déclinant les garanties autonomes sous forme de garanties documentaires.

B. La lettre de crédit stand-by

Appelé aussi lettre de crédit de « soutien » ou Stand-by Letter of Credit (SBLC) en anglais, la lettre de crédit stand-by (LSCB) constitue un instrument dont les utilisations sont multiples et dépassent la seule sphère des opérations d’exportations et d’importations.

1. Cadre général de la LSCB

1.1. Définition

La lettre de crédit stand-by est un engagement pris par une personne morale – « l’émetteur » (établissement de crédit en général) – vis-à-vis d’un tiers – le « bénéficiaire » - de lui payer d’ordre et pour compte du « donneur d’ordre » une somme d’argent déterminée si celui-ci n’a pas satisfait à une obligation.

Le paiement intervient contre remise par le « bénéficiaire » de documents présentant une conformité apparente avec ceux requis aux termes de l’acte. L’émetteur n’est en aucun cas tenu de vérifier l’authenticité ou la véracité de ces documents. Le contrôle des documents par l’émetteur, généralement une banque, est effectué selon les pratiques bancaires internationales.

La lettre de crédit stand-by a une double vocation : selon qu’elle sera utilisée à l’import ou l’export, elle servira à garantir un paiement ou une indemnisation.

Émise à la demande d’un acheteur en faveur d’un fournisseur, la LSCB constitue une garantie de paiement, un substitut au crédit documentaire classique.

Émise à la demande du vendeur en faveur d’un client, la LSCB devient une garantie d’indemnisation et remplit la même fonction que les garanties indépendantes exigées dans le cadre des contrats de BTP, de livraison d’usine clés en main, de contrat de service ou de fourniture de biens d’équipement par exemple.

1.2. Caractéristiques, origine et extension

Si les stand-by existent depuis plus de cinquante ans, elles sont pratiquées de façon plus ou moins régulière de par le monde. Leur utilisation dans certains pays reste marginale, malgré ses nombreux avantages. Plusieurs raisons expliquent cette situation :

Une pratique d’origine américaine : à l’origine, ce type de crédit a été développé aux États-Unis pour contourner la réglementation restrictive qui était en vigueur dans le domaine de l’émission de garanties internationales par les banques. Par la suite, son usage s’est étendu à d’autres pays compte tenu de sa souplesse, de son adaptabilité aux différents domaines d’application, de son insertion dans le cadre des RUU. Cependant, dans certains pays le cautionnement a existé depuis longtemps et a répondu aux problématiques de sécurisation des paiements ;

La méconnaissance d’un instrument jugé ambigu: il comporte de similitudes de forme ou de fonction avec d’autres techniques telles que le crédit documentaire ou les garanties bancaires ;

Une utilisation duale : selon son objet la stand-by est utilisable à l’export comme à l’import ;

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L’existence de plusieurs cadres réglementaires possibles70 (étatiques et non étatiques).

Or, les LSCB présentent des avantages dont il serait dommage de se priver, d’autant qu’elles constituent maintenant une part significative de l’encours hors bilan des grandes banques internationales et que leur part en Europe tend à accroître par rapport aux crédits documentaires traditionnels tant à l’export qu’à l’import71. Cet accroissement notoire est la conséquence des formes d’utilisation très éclectiques qui peuvent être faites de la lettre de crédit stand-by (voir tableau ci-après).

Aujourd’hui, force est de constater que de nombreuses typologies d’opérations donnent lieu à l’émission de LSCB soit :

En tant que garantie de paiement, qualifiées de lettres LSCB commerciales, Soit en tant que garantie de marché (abordée dans la partie types de garantie).

Tableau 7 : Formes d’utilisation de la lettre de crédit stand-by

Donneurs d’ordre Bénéficiaires Nature des Operations

Exportateurs Importateurs Garanties sur marchés en cas de non performance des vendeurs

Importateurs Exportateurs Couverture d’une opération d’import classique Couverture de flux réguliers à l’importation

Réassureurs Assureurs Gestion de risques de la part de compagnie d’assurance

Garants Emprunteurs Prêts pour particuliers garantis par SBLC

Sociétés-Mères Filiales Sécurisation de financements octroyés aux filiales en lieu et place de « lettre d’intention » ou de « confort »

Établissements Financiers Établissements Financiers Couverture d’opération de prêts de titres, actions…

Établissements Financiers « Trustee House » Garantie pour permettre le lancement d’un emprunt obligataire

Banquiers Exportateurs Couverture du risque pays (non-transfert) par SBLC

Banquiers d’Exportateurs Banquiers Correspondants Garantir le banquier mandaté pour l’examen des documents dans le cas de paiement sous réserves.

2. La stand-by commerciale : caractéristiques essentielles

La lettre de crédit stand-by est constituée par l’engagement irrévocable d’une banque de payer une somme déterminée au bénéficiaire. Cependant, sa réalisation est subordonnée au respect par ce dernier de certaines conditions de présentations de documents dans les délais impartis.

70 Les RUU – 600, les Règles et Pratiques Internationales relatives aux Stand-by (dénommées RPIS 98, brochure n°590, entrée en vigueur en le 1er janvier 1999, les RUDG. Il convient de souligner que les stand-by rentrent dans un autre cadre réglementaire : celui de la Convention des Nations Unies sur les garanties et les Stand-by de 1995, entrée en vigueur en 2000 mais à laquelle il fait rarement référence dans les textes des LSCB. Cependant, les RPIS 98 ont été inspirées par cette convention de UN.

71 Hubert Martini – Dominique Deprée & Joanne Klein-Cornede, op cit. p.227.

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Les LSCB sont des engagements autonomes et indépendants du contrat sous-jacent. Elles constituent un instrument souple s’adaptant à une grande diversité de situations.

2.1. La présentation des documents

Le paiement au bénéficiaire par la banque émettrice ne peut intervenir que contre présentation de documents72 préalablement définis dans le texte de l’engagement. Ils ont pour rôle de d’accréditer le bien-fondé de la demande73 : en attestant, d’une part, que le vendeur a bien rempli les obligations d’expédition ou de livraison qui lui incombaient et, d’autre part, que l’acheteur n’a pas réglé selon les modalités convenues dans le contrat commercial.

Par ailleurs, le paiement au bénéficiaire dépendant de la qualité des documents présentés – comme en matière de crédit documentaire -, celui-ci devra les soigner afin d’éviter des irrégularités.

La LSCB s’apparente donc au crédit documentaire. Néanmoins, on peut souligner, dès à présent, plusieurs différences :

Le crédit documentaire est un instrument de paiement alors que la LSCB est uniquement une garantie de paiement, ou moyen de paiement par défaut.

La réalisation du crédit documentaire s’appui sur l’exécution normale du contrat (paiement contre documents) tandis que la lettre de crédit stand-by n’est mise en œuvre qu’en cas de non-exécution, par le donneur d’ordre, de ses obligations de paiement.

2.2. Le respect des délais

Les stand-by doivent comporter une date d’expiration, si elles ne font pas l’objet d’une demande de paiement ou d’une prorogation avant cette date, elles tombent automatiquement à leur échéance. Attention, la validité de la stand-by doit être supérieure à l’échéance de paiement.

2.3. Un engagement indépendant

Lorsque le bénéficiaire présente les documents conformes dans les délais requis, la banque se doit de payer sans tergiverser. La LSCB représente une garantie financière pour le bénéficiaire. L’efficacité de cet instrument est liée à l’impossibilité de la banque émettrice d’invoquer des « exceptions », ou moyens de défense – qu’ils soient tirés du contrat commercial (l’obligation principale) ou de ses relations avec le donneur d’ordre, ou encore d’événements extérieurs aux parties – pour se soustraire à ses obligations de paiement. Cela se résume sur deux principes fondamentaux :

L’inopposabilité des exceptions tirées du rapport fondamental, L’inopposabilité des rapports de droit entre la banque émettrice et le donneur d’ordre.

3. Le fonctionnement de la LSCB

3.1. Les intervenants dans une stand-by commerciale

Les intervenants sont les mêmes que ceux d’un crédit documentaire. Les rôles assumés par les intervenants sont les suivants :

Intervenants LSCB Export LSCB Import

Donneur d’ordre Acheteur étranger Acheteur/Importateur

72 Une demande souvent accompagnée de documents spécifiques tels que des copies de factures, de documents d’expédition...

73 En tout état de cause, la banque se borne à vérifier la conformité apparente des documents présentés par rapport à ceux requis aux termes de l’acte.

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Banque émettrice74 Banque dans le pays de l’acheteur Banque dans le pays de l’acheteur

Banque notificatrice Banque dans le pays du vendeur Banque dans le pays du vendeur

Bénéficiaire Vendeur/Exportateur Vendeur/fournisseur étranger

3.2. Le déroulement d’une LSCB de paiement

Les schémas ci-dessous montrent les étapes de la stand-by commerciale selon qu’il y’a défaillance ou non.

Figure 23 : les différentes étapes d'une LSCB commerciale : cas de non défaillance

À la cinquième étape, le vendeur expédie les marchandises à l’acheteur ; et ce dernier règle le montant des marchandises livrées à l’échéance contractuelle convenue. Le bénéficiaire n’aura pas eu besoin de tirer sur la LSCB car il aura obtenu le paiement directement de son client.

Toutefois, que se passe-t-il en cas de défaut de paiement de l’acheteur ?

En cas de défaillance sur le paiement, le vendeur tire tout simplement la LSCB. Pour ce faire, elle envoie à la banque notificatrice les documents attestant le défaut de paiement de l’acheteur pour obtenir le montant de la LSCB comme l’illustre la figure ci-après.

Figure 24 : les différentes étapes d'une LSCB commerciale : cas de défaillance

74 Les montages peuvent prévoir l’intervention de banques offshore.

(1) Contrat commercial

Vendeur

Acheteur

Banque notificat

rice

Banque émettric

e

(4) Notification

et confirmation

(2) Demande d’émission de la LSCB

(5) Paiement direct

(3) Émission de la LSCB

Vendeur

Acheteur

Banque notificat

rice

Banque émettri

ce

(6) Envoi des documents à

banque notificatrice

(8) Rembourseme

nt

(5) Bis Pas de paiement direct

(7) Bis Remboursement ou

couverture

(5) Expédition des M/ses

(6) Bis Paiement

(7) Envoi des documents à

banque émettrice

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4. Les modalités d’émission et les rôles des banques

Les LSCB sont généralement émises directement par la banque de l’acheteur, ensuite peuvent venir s’ajouter l’intervention d’une ou de plusieurs autres banques désignées.

4.1. Les LSCB directes

▪ LSCB directe sans notification : la stand-by peut être émise par la banque de l’acheteur étranger directement auprès du bénéficiaire exportateur. La validité et le paiement sont alors stipulés aux caisses de la banque émettrice.

Mais il existe des inconvénients pour le bénéficiaire lorsque la stand-by est émise de cette manière, c'est-à-dire sans transiter par une banque notificatrice : risque d’authenticité, rallonge des délais de transmission…

C’est pourquoi, dans bien des cas, le bénéficiaire exige que la LSCB lui soit notifiée par une banque de son pays, voire par sa propre banque.

▪ LSCB directe avec notification : l’émetteur de la LSCB, va désigner, dans le texte même de la LSCB, une banque notificatrice. Ce sera un de ses correspondants dans le pays du vendeur ou la banque imposée par le bénéficiaire, le cas échéant. Deux cas doivent être distingués en la circonstance :

La validité et le paiement de la LSCB sont stipulés aux caisses de la banque émettrice ; La validité et le paiement de la LSCB sont stipulés aux caisses de la banque notificatrice.

Figure 25 : Schéma d'une LSCB notifiée

4.2. LSCB indirecte

Le schéma indirect suppose deux lettres de crédits stand-by : la première (« contre-stand-by ») émise par la banque de l’acheteur en faveur d’une banque dans le pays du vendeur pour la couvrir contre des risques qui découlent pour elle de l’émission de la seconde stand-by « commerciale » émise par cette dernière en faveur du bénéficiaire.

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Ce montage est peu fréquent dans le cadre de la LSCB commerciale mais se rencontre plus régulièrement lorsque la sécurisation prend la forme d’une garantie de marché.

Figure 26 : Schéma d'une LSCB indirecte

En définitif, la sécurité, l’adaptabilité et la souplesse que procure la LSCB fait que cet instrument séduit de plus en plus d’entreprises tant à l’export qu’à l’import.

En revanche, il existe, à côté de la LSCB, d’autres types d’engagement bancaires (garanties et cautionnements) qui peuvent se substituer à la LSCB mais, à l’inverse, dont les utilisations sont circonscrites au périmètre des contrats internationaux et à la sécurisation de l’acheteur contre une éventuelle défaillance de l’exportateur.

C. Les garanties et les cautionnements

Les banques sont appelées à émettre des cautions bancaires et garanties internationales à la demande de clients donneurs d’ordres et en faveur de bénéficiaires à l’étranger, en vertu des marchés internationaux comportant la fourniture de biens ou de services ou l’exécution de travaux. Il arrive que des garanties soient adossées à des prêts financiers.

En effet, le but de ces engagements est de couvrir les risques auxquels sont exposées les parties au contrat.

Cependant, il faut noter que du fait de leurs caractéristiques souvent apparentes sur la forme, les garanties et les cautions sèment de la confusion dans les esprits. Pour y parer, il convient de préciser – ne serait-ce qu’en matière de terminologie – leurs principales distinctions.

Engagement émis Rôle de la Banque Pour compte du Vis-à-vis du

cautionnement Se porte cautionDu débiteur de

l’obligationCréancier de l’obligation

Garantie autonome Se porte garante Donneur d’ordre Bénéficiaire

1. Le cautionnement

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Le cautionnement est engagement contracté à l’égard d’un créancier par un tiers (la banque) qui n’est pas le débiteur principal et dont l’engagement se rattache à la dette principale existant entre le débiteur et le créancier.

La banque qui se porte caution engage son propre crédit et pourra être amené à décaisser les fonds au créancier pour se retourner ensuite vers le débiteur principal.

Appliqué dans le cadre d’un contrat international, le schéma ci-dessous illustre le mécanisme de formation de la caution :

Étape 1  : Le contrat entre le vendeur et l’acheteur prévoit la mise en place d’un cautionnement par la banque du vendeur ;

Étape 2  : le vendeur demande à sa banque de se porter caution en faveur du bénéficiaire au moyen d’une lettre d’ordre ;

Étape 3  : La banque du vendeur se porte caution en faveur de l’acheteur.

1.1. Les caractéristiques juridiques du cautionnement

Par nature, la définition donnée au cautionnement fait ressortir deux caractères très importants :

▪ Caractère accessoire : il faut noter que le cautionnement ne se justifie que par l’existence d’une obligation principale. Il y’a donc dépendance directe et étroite, qualifiée d’ « accessorité », du cautionnement par rapport à l’obligation principale. Le contrat est préalable à la caution et celle-ci ne peut exister au-delà de la vie du contrat. La caution émise dans le cadre d’un marché international sera donc totalement reliée au contrat dont elle dépend, et tout évènement qui conduirait à mettre en jeu la caution doit se rapporter à l’une des obligations du vendeur née du contrat.

▪ Caractère subsidiaire : étant donné que la caution est appelée à s’exécuter si le débiteur (vendeur) ne satisfait pas lui-même à l’obligation principale, l’engagement pris par la banque est subsidiaire.

Au-delà de ces caractères, il existe différents types de cautionnement qui sont distingués selon le degré plus ou moins grand de protection apportée au créancier (acheteur).

1.2. Différents types de cautions

1.2.1. Le cautionnement simple

Ce sont des engagements accessoires dépendant des obligations principales garanties.

La banque qui a cautionné peut opposer au créancier les exceptions inhérentes à la dette et qui appartiennent au débiteur principal. En conséquence, le paiement n’étant pas garanti, les bénéficiaires n’ont pas recours à ce type de caution et lui préfèrent le cautionnement solidaire.*

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1.2.2. Le cautionnement solidaire

La banque qui donne sa caution solidaire renonce au bénéfice de discussion75 et de division76. Ainsi, elle est obligée de payer au créancier ce que doit à celui-ci le débiteur cautionné.

Juridiquement, en matière commerciale, le cautionnement est réputé être solidaire sauf stipulation contraire expresse.

À ce stade, le regard est important sur le droit auquel le contrat est soumis. Suivant le pays la protection fournie peut avantager le vendeur ou l’acheteur. Par exemple, le droit anglo-saxon est-il traditionnellement plus protecteur des intérêts de l’acheteur que du vendeur ; alors qu’au contraire, dans le droit français ou dans le droit allemand, la tradition juridique conduit à mieux protéger les intérêts du vendeur.

Avec ces tendances juridiques, on comprend donc pourquoi les cautionnements se sont révélés inappropriés à fournir une protection efficace au créancier. Progressivement, les acheteurs ont montré de la défiance vis-à-vis de l’engagement reçu de la banque étrangère sous forme de cautionnement, allant même jusqu’à le refuser.

Devant ce refus, pour assurer la pérennité du développement du commerce international tout en évitant le retour aux sûretés réelles, la pratique va donner naissance à une nouvelle forme d’engagement : la garantie indépendante.

2. La garantie indépendante

La garantie indépendante ou autonome77 peut se définir comme un « engagement de payer une certaine somme, pris en considération d’un contrat de base et à titre de garantie de son exécution, mais constitutif d’une obligation indépendante du contrat garanti et caractérisé par l’inopposabilité des exceptions tirées du contrat78 ».

Techniquement, la garantie indépendante s’appuie sur des principes déjà utilisés par les banques pour faciliter le paiement ou le financement des opérations de commerce international (opérations documentaires, financements sans recours, etc.) :

Implication des banques de manière irrévocable, pour autant que les conditions de l’appel soient respectées par le bénéficiaire ;

Mise en jeu par l’acheteur, bénéficiaire sans crainte d’une action contraire du vendeur ;

75 Bénéfice de discussion : consiste dans le droit, pour une caution, de demander au créancier qui lui réclame le paiement, qu’il mette d’abord en œuvre les moyens nécessaires pour se faire payer par le débiteur principal. Il devra discuter dans ses biens (c'est-à-dire les faire saisir ou vendre) pour diminuer la somme à débourser dans la caution, et peut être même la compenser en totalité.

76 Bénéfice de division : ce principe peut être invoqué en cas de pluralité de cautions pour une même dette. A priori, chacune d’entre elles est obligée pour la totalité de la dette. Cependant, en vertu de ce principe que le débiteur peut invoquer, il a la possibilité d’exiger du créancier qu’il divise son action et la réduise à la part de chaque caution.

77 La garantie autonome est soumise aux Règles Uniformes relatives Garanties sur Demande (RUGD, Brochure n°458) de la CCI publiées en 1992. L’objectif de ces règles étant d’uniformiser l’usage des pratiques en matière de garanties et d’assurer l’équilibre entre les intérêts des parties concernées, en écartant les risques d’abus et de conflits. Mais à la différence des RUU qui se sont imposées en règles quasi « supranationales », les RUGD ont connu un frein à leur expansion puisqu’elles sont suspectées d’être qu’une actualisation des Règles Uniformes pour les Garanties Contractuelles (RUGC n°325) de 1978. En subséquent, la CCI a entrepris la révision des RUGD n°45, ce qui a donné naissance à la nouvelle version (RUDG 758) publiée en Février 2010 et qui entrera en vigueur au 1 er Juillet 2010. Cette toute nouvelle version est promise pour être plus claire, plus précise et plus exhaustive que son prédécesseur (URDG 458) selon la commission bancaire de la CCI.

78 Cela signifie que le garant (banque) ne peut se prévaloir de moyens de défense tirés du contrat de base pour refuser le paiement. Par définition, une exception est un moyen invoqué pour faire décliner ou écarter une demande judiciaire sans discuter le principe du droit sur lequel elle repose.

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Indépendance de la banque par rapport aux contrats commerciaux qui forment la base de l’intervention de la banque.

2.1. Typologie, caractéristique et portée des engagements

L’obligation du donneur d’ordre au titre du contrat et l’obligation de paiement de la banque sont distinctes. Cette dernière reste neutre dans les conflits éventuels pouvant éclater entre le donneur d’ordre et le bénéficiaire. C’est ce qui fait le caractère indépendant de ce type d’engagement.

La mise en jeu de la garantie peu se faire sur simple demande, c’est garantie à première demande ou sur présentation de documents, c’est la garantie documentaire.

2.1.1. Nature de garanties

▪ Garantie documentaire: la banque s’engage à payer inconditionnellement le montant de la garantie sur présentation de documents qui attestent le non-respect des délais accordés ou le non-respect des obligations du vendeur79 : qualité, performance, de la législation locale. Le fait générateur peut être constitué par un procès verbal (document) établi à la suite d’un constat de retard de livraison.

▪ Garantie à première demande : lorsque l’acheteur est en position de force, il peut exiger une garantie de ce type pour lequel une demande d’exécution par écrit du bénéficiaire à la banque suffit pour qu’il se fasse versé du montant de la garantie80.

Ces garanties peuvent être émises selon un schéma direct ou indirect.

2.1.2. Schémas d’émission de garanties bancaires

▪ La garantie directe : on dit qu’une garantie est directe si elle est émise par la banque de l’exportateur et adressée au bénéficiaire.

Figure 27 : Schéma d'émission de garantie directe

(1) Marchandises

Vendeur Acheteur

Banque du vendeur

(2) Lettre d’instruction

(3) Émission de l’acte de garantie

(1)Signature du contrat

Acte de Garantie

Contrat

▪ La garantie indirecte : Parfois la règlementation du pays de l’acheteur exige que l’émission de l’acte de garantie soit fait par un organisme local, d’où la nécessité pour le banquier de recourir à son correspondant à l’étranger. La banque de l’exportateur va demander à son correspondant la délivrance de l’acte pour son compte et sous sa responsabilité.

79 Ghislaine Legrand & Hubert Martini : « Management des opérations du commerce international », 2e édition, Dunod, Paris, 1995, p.390.

80 La garantie à première demande est soumise aux Règles Uniformes relatives aux Garanties sur Demande (RUGD, publication n°458)

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La banque contre-garante, aura pour obligation de payer dès l’instant où la banque locale aura versé le montant de la garantie.

Figure 28 : Schéma d'émission de garantie indirecte

Vendeur Acheteur

Banque du vendeur

(2) Lettre de demande de garantie

(3) Émission de la contre garantie

(1)Contrat export

Contre garantie

Contrat

Banque contre-garante

(4)Émission de la garantie

garantie

2.2. Les différentes garanties

Dans le cadre de chaque contrat, l’exportateur sera tenu de mettre en place une ou plusieurs garanties. Le schéma ci-dessous montre qu’à chaque étape du déroulement d’une opération commerciale va correspondre un type de garantie spécifique.

Figure 29 : Les différents types de garantie à émettre au fil du contrat

Les caractéristiques principales de ces garanties sont reprises dans le tableau ci-dessous. Chacune d’entre elles est destinée à couvrir une nature d’obligation différente.

Tableau 8 : Caractéristiques des différents types de garantie

Types de garantie

SoumissionRemboursement

d’acompteBonne

exécution

Dispense de retenue de garantie

Découvert local

Phase contractuelle

Réponse à un appel d’offres international

Paiement des acomptes avant livraison ou réalisation du contrat

Livraison-réalisation des prestations

Déblocage du dernier terme de paiement/ début de garantie technique

Avant le début de l’exécution des travaux à l’étranger

Objet de l’engagement

Garantir le sérieux de

Remboursement total ou partiel de

Paiement d’une

Remboursement total ou

Remboursement de crédit accordé

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l’offre et payer une indemnité au bénéficiaire si le soumissionnaire est défaillant

l’acompte reçu si le vendeur n’a pas exécuté ses obligations d’expédition/ livraison

indemnité en cas de mauvaise exécution du contrat

partiel du dernier terme de paiement en cas de défaillance du vendeur durant la période de garantie technique

par la banque étrangère

La majorité des garanties à émettre dans le cadre d’un contrat bénéficient à l’acheteur étranger lui-même. Cependant, dans le cadre de certains contrats, l’exportateur peut avoir à fournir des garanties en faveur d’autres types de bénéficiaires locaux tels que les douanes, le fisc ou des banques.

2.2.1. Les garanties en faveur de l’acheteur

2.2.1.1. Garanties pré-contractuelles

Ces engagements : promesse de garantie et garanties de soumission se rencontrent dans le cadre des appels d’offres internationaux, émis soit dans le cadre de marché public ou soit dans le cadre de marché privé.

▪ Promesse de garantie : c’est un engagement écrit d’une banque de fournir ultérieurement une garantie de soumission. Lorsqu’un acheteur a opère sa préselection à la suite de son appel d’offres, il souhaite obtenir une promesse de garantie de soumission de chaque société préselectionnée dans le cas où la société serait admise à soumissionner.

En plus de cela, l’acheteur peut parfois exiger une promesse de garantie de bonne fin d’éxécution : un engagment écrit de la banque du soumissionnaire stipulant qu’elle émettra la garantie de bonne exécution requise au titre du marché, dans le cas où son client serait déclaré adjudicataire.

▪ Garantie de soumission (Bid bond ou Tender bond) : elle désigne « un engagement pris par une banque ou une compagnie d’assurance (le garant) ; à la demande d’un soumissionnaire (le donneur d’ordre) ou vis-à-vis d’une partie ayant émis un appel d’offres (le bénéficiaire) ; par lequel, le garant s’oblige, (en cas de manquement du donneur aux obligations découlant de sa soumission) à effectuer un versement dans les limites du montant indiqué81 ».

Destinée à garantir le sérieux de l’offre qui est remise par chaque soumissionnaire. Elle sert à indemniser le préjudice subi par l’acheteur au cas où la société adjudicataire décide, par exemple, de se retirer au dernier moment, l’obligeant ainsi à relancer son appel impliquant des coûts et délais supplémentaires.

2.2.1.2. Garanties de marché

▪ Garanties de restitution d’avance ou d’acompte (Advance payment guarantee/ down payment) 

C’est un engagement pris par une banque ou une compagnie d’assurance (le garant) à la demande d’un fournisseur de biens ou de services ou d’un autre entrepreneur (le donneur d’ordre), vis-à-vis d’un acheteur ou d’un maître d’ouvrage (le bénéficiaire), par lequel le garant s’oblige (au cas où le donneur d’ordre omettrait à rembourser conformément aux conditions contractuelles, toute somme avancée ou

81 Source RUGD 458 de la CCI

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payée par le bénéficiaire au donneur d’ordre et non remboursée par ailleurs) à effectuer un versement dans les limites du montant indiqué »82.

La garantie de restitution d’acompte couvre l’acheteur du risque de non remboursement des acomptes au cas où la livraison des biens ou l’exécution des services ne sont pas réalisées. L’engagement de la banque qui a donné caution décroît au fur et mesure de l’avancement des travaux ou des livraisons (un avancement à 20% dans les travaux se traduit par une réduction de 20% de la garantie du montant de l’avancement : réduction au prorata).

▪ Garantie de bonne exécution ou de bonne fin83 

Cette garantie, la plus répandue, couvre le risque de non exécution du marché ou l’exécution défectueuse des travaux non-conforme par rapport au contrat. Cet engagement est valable durant toute sa période d’exécution. Il fait suite à la garantie de soumission qui doit faire l’objet de mainlevée dès que la garantie de bonne fin a été acceptée par le bénéficiaire.

Le risque du banquier ayant délivré cette garantie consiste à, en cas de défaillance de son client : soit de se trouver une autre entreprise pour effectuer les travaux, soit d’indemniser le bénéficiaire de la garantie pour les dommages subis.

▪ Garantie de dispense de retenue de garantie (Retention money guarantee ou bond)

La définition donnée à la garantie de restitution d’acompte s’applique à ce type de garantie.

Les obligations de l’exportateur vont souvent au-delà de la simple livraison des marchandises puisque l’acheteur n’a aucune certitude quant au fait qu’une fois le matériel livré et payé, le vendeur assumera bien les obligations qui lui incombent durant la période de garantie : assistance technique, remplacement de pièces défectueuses, etc. Aussi, très longtemps, les acheteurs ont prévu dans leurs marchés de différer jusqu’à la période de garantie technique le paiement du dernier terme de 5 à 10 % et d’opérer ainsi une « retenue de garantie ». Le but étant de s’assurer que pour percevoir le solde de son dû, l’exportateur remplirait bien ses obligations.

Maintenant, au lieu de cette retenue qui alourdit les charges financières du vendeur, il est d’usage que l’acheteur accepte un engagement bancaire qualifié ainsi de « garantie de dispense de retenue de garantie ». Elle permet à l’exportateur d’encaisser le dernier terme du marché dès la réception provisoire, tout en garantissant à l’acheteur le remboursement de ces fonds dans le cas où l’exportateur ne remplirait pas ses obligations durant la période de garantie.

2.2.2. Les garanties en faveur de tiers

2.2.2.1. En faveur des douanes

En principe, toute marchandise importée dans un pays est passible de droits de douanes et taxes dès leur entrée sur le territoire assujetti (partie terrestre d’un territoire national)84.

Cependant, ces paiements peuvent être suspendus dans le cadre des régimes économiques en douane ou les différer pendant un certain temps en procurant les cautionnements pour en garantir le règlement.

Les régimes économiques en douane suspensifs comprennent :

82 Source RUGD 458 de la CCI83 Cf définition des RUGD 84 Berrada Mohammed Azzedine, op cit, p.589

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Les entrepôts en douane L’admission temporaire ; L’importation temporaire ; Le trafic de perfectionnement à l’exportation ; L’exportation temporaire ; Le transit.

▪ Les cautions relatives aux régimes économiques en douane

Les cautions à l’entrepôt : elles permettent à la clientèle des banques d’entreposer des marchandises dans des établissements soumis au contrôle de la Douane (entrepôt public ou privé).

Les cautions à l’admission temporaire85 : elles s’appliquent aux marchandises importées destinées à être transformées ou à recevoir un complément d’ouvraison avant d’être réexportées ou constituées en entrepôt de douane.

Les cautions à l’importation temporaire : délivrées pour permettre l’importation pendant un certain temps, des marchandises et produits finis destinés à être exposés (foires, expositions…), à servir de modèle, à permettre la réalisation de travaux ou à être exploités temporairement.

Les cautions au trafic de perfectionnement à l’exportation : elles servent à autoriser, en suspension des droits et taxes, l’exportation provisoire des produits locaux destinés à être transformés à l’étranger avant d’être réimportés.

Les cautions à l’exportation temporaire : elles permettent la sortie de marchandises devant séjourner ou être utilisées à l’étranger, en suspension des droits et taxes à l’exportation.

Les cautions pour le transit temporaire : elles sont accordées pour suspendre le règlement des droits et taxes applicables aux marchandises transitant entre bureaux et/ou entrepôts de douane.

▪ Les cautions pour le paiement des droits et taxes

Ces cautions confèrent aux redevables des droits et taxes à l’importation de marchandises mises à la consommation, la possibilité de différer les règlements y afférents sur une période.

Le crédit d’enlèvement : il est établi dans le cadre de soumission cautionnée garantissant à l’administration des douanes, l’acquittement des droits et taxes, le versement d’intérêts de retards éventuels. Il permet aux services des douanes de délivrer le « Bon à enlever » à l’importateur l’autorisant ainsi à retirer ses marchandises

L’obligation cautionnée : souscrite généralement à la suite d’un crédit d’enlèvement, elle permet à un importateur de différer) 120 jours le règlement des droits et taxes dont il est redevable. Une fois que l’importateur souscrit l’obligation cautionnée et l’envoi à son banquier, ce dernier avalise l’obligation et fait parvenir l’original au receveur des douanes (voir modèle à l’annexe 4).

▪ Les cautions diverses

85 Elle consiste à l’émission d’une garantie par une banque pour le compte d’un donneur d’ordre (exportateur) en faveur de la douane, couvrant ainsi le montant des droits et taxes éventuellement exigibles. Une société qui réalise un marché à l’étranger va parfois avoir besoin d’y venir du matériel (machines, véhicules, etc.), et ce, pour la durée d’exécution de son contrat. Ce matériel est ensuite destiné à être réexpédié. Cette procédure est qualifiée d’admission temporaire. La tombée de cet engagement ne peut s’effectuer que sur notification d’une mainlevée officielle des douanes à la banque locale après réexportation du matériel dans son pays d’origine.

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Elles sont généralement délivrées pour soit garantir les engagements d’un client à l’étranger (crédit acheteur) soit pour permettre la réalisation d’opérations en l’absence de documents.

La lettre de garantie : elle permet à un importateur de retirer ses marchandises en l’absence de documents d’expédition (connaissement entre autres) souvent causée par l’arrivée des marchandises avant les documents.

Cautions pour absence de titre d’importation : elles sont destinées à remplacer la présentation à la douane du titre relatif à une importation tel, par exemple, un certificat d’importation qui n’a pas encore reçu l’accord des autorités. Cette caution extrêmement risquée (compte tenue de l’amende qui peut décupler la valeur de la marchandise) est fait rare86.

2.2.2.2. En faveur de banques locales

▪ La garantie de découvert local (guarantee for overdraft facility)

Une entreprise exportatrice a d’engager des dépenses (financement d’achats de fournitures su place, rémunération de la main d’œuvre et des sous-traitants locaux) en monnaie locale à l’étranger pour la réalisation de son contrat.

Ces dépenses sont couvertes ultérieurement par des rentrées en monnaie locale, résultant des paiements effectués par l’acheteur. Cependant, la société devra en faire l’avance. Aussi, il est courant qu’elle sollicite, auprès d’une banque locale, l’octroi d’un découvert durant la période de réalisation du marché ou pour la durée du chantier et de ses besoins.

La banque locale demande en garantie de ce découvert la contre-garantie de la banque de l’exportateur. Celle-ci va donc garantir, directement à la banque locale, le remboursement du découvert, éventuellement majoré d’intérêts et de frais, dans le cas où l’exportateur ne serait pas lui-même en mesure de le rembourser à son échéance.

▪ La garantie en couverture de lignes/facilités diverses

Il n’y a pas que dans le contexte des découverts locaux que l’exportateur peut avoir besoin de recourir aux services d’une banque locale. En effet, son activité peut nécessiter la mise en place de diverses natures de concours bancaires.

Ainsi, une banque étrangère peut accepter d’avaliser des effets émis par l’exportateur en faveur de ses fournisseurs locaux, c'est-à-dire se porter garante de leur paiement à échéance. Elle peut aussi être amenée à délivrer de nombreuses garanties fiscales, judiciaires ou douanières, etc. vis-à-vis des autorités du pays de l’acheteur. Elle peut enfin accepter d’octroyer un crédit à l’exportateur. Ce faisant, la banque locale n’acceptera pas pour autant d’assumer le risque final sur ces opérations et exigera une contre-garantie de la banque de l’exportateur.

Au terme de ce chapitre où il a été traité, d’une part, les différents instruments de paiement ainsi que les modalités et procédures de paiement international et, d’autre part, les engagements bancaires par signature.

Les modalités de paiement sont composées par des techniques simples (paiement par avance et le compte ouvert) et aussi par des techniques un peu plus complexes, notamment le crédit et l’encaissement documentaire qui sont encadrés par une juridiction internationale bien reconnue. L’utilisation de l’une de ces techniques est dictée par des paramètres liés à la nature de la transaction

86 Berrada Mohammed Azzedine, op cit, p.599.

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et des relations commerciales, aux rapports de force, aux risques encourus, etc. Ainsi, les vendeurs utilisent largement la technique du crédit documentaire afin de se protéger contre les risques de non paiement qui constitue sa principale préoccupation. À contre-courant, les acheteurs préoccupés par les risques de non exécution des termes de leur contrat, ont recours à des techniques de garantie (lettre de crédit stand-by, garantie à première demande, cautions bancaires, etc.) pour s’en protéger.

Les banques se trouvent au centre de ces préoccupations ressenties de part et d’autre par les exportateurs et les importateurs donneurs d’ordres. Pour cette raison, leur expertise est fortement sollicitée pour la mise en place et la gestion de ces techniques très réputées et fortement utilisées dans les transactions internationales.

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Chapitre 3 : le financement du commerce international et la

dématérialisation des opérations de paiement

Dans le cadre de leurs activités, les entreprises importatrices et exportatrices sont confrontées à des besoins structurels de financement. En effet, il leur est très difficile de faire face à la pression qu’exercent les dépenses et investissements requis dans les différentes étapes de l’exportation ou de l'importation ainsi que les crédits accordés, en l’occurrence, sur leur cycle d’exploitation (fonds de roulement et trésorerie). Une insuffisance sur ce cycle se traduit par des difficultés ou des manquements au respect des termes de leurs transactions.

C’est alors que des concours de financements sont essentiels pour pallier à ces insuffisances. C’est l’objet de la finance du commerce internationale qui est définie comme étant le processus qui permet de faire bénéficier des crédits ou d’autres types de financement répondant aux besoins des importateurs et des exportateurs.

Toutes les transactions internationales requièrent une forme de financement. Si le vendeur accorde un délai à l’acheteur pour le paiement des marchandises, il doit donc emprunter des fonds ou financer cette période par des disponibilités. Inversement, si le vendeur requiert une avance sur le paiement, l’acheteur doit à son tour couvrir la période entre le paiement et la vente subséquente des marchandises. Dans ces opérations, le financement bancaire occupe une place prépondérante  en proposant aux exportateurs et importateurs des solutions de financement allant du classique aux plus innovantes grâce à des infrastructures technologiques de pointe.

Bien que la technologie et les moyens de communication avancés aient amélioré l’efficacité dans les processus et que la tendance à « tout automatiser » soit une marche irréversible, ceux du commerce international sont toujours dominés par le manuel. Les volumes des transactions sont en constante évolution alors que les processus qui supportent le transfert des marchandises entre acheteurs et vendeurs sont restés relativement inchangés. Cela a pour corolaire, l’utilisation grandissante du support papier (jugé très couteux) dans les transactions internationale ; comme le souligne d’ailleurs un extrait du rapport de Columbus : les insuffisances des processus du commerce international coûtent environ 420 Milliards USD et l’utilisation du papier représente 7% de ce coût87. À titre illustratif, une transaction typique peut impliquer 12 parties et l’échange de 27 documents88, d’où l’origine de ce coût et de toute la lourdeur /lenteur que subissent les transactions internationales. Or, l’importance que revêtent les activités liées au commerce international justifie, à tout point de vue, l’adoption des solutions automatisées permettant d’accélérer les procédures et d’optimiser toutes les maillons de la chaîne d’import et d’export. Dans cette perspective, l’avancée de la technologie et l’informatisation progressive a ouvert la voie à la dématérialisation et l’automatisation des documents du commerce extérieur. Aujourd’hui, cette solution semble de plus en plus s’imposer pour les acteurs publics, privés et les institutions internationales spécialisées dans le commerce international. Les projets de dématérialisation, la plupart pilotée par des organismes nationaux et/ou internationaux ont ainsi donné naissance à des plateformes uniques d’échange entre les acteurs impliqués (banques, organismes d’assurance, douanes, transporteurs, transitaires…). En parallèle, les grandes banques ont développé des solutions propriétaires conçues sur des plateformes e-banking. Des tendances se sont vite dessinées pour la finance du commerce international : l’intégration des processus entre banques et

87 Cahier de l’Académie : “Trade finance : Risques, Techniques, Technologies », Rubrique : « Technologie internet : une révolution pour les acteurs du Trade finance ? », Juin 2008, N°12, p.56.

88 Anita Hawser: “Crossing boundaries: Evolving electronic systems are blurring the lines between trade finance and cash management”. Global Finance magazine, 2006, p.1.

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entreprises dans le cadre d’une chaîne de logistique dite financière, permettra d’offrir des solutions financières plus souples, moins coûteuses et plus adaptées.

Dans ce chapitre, nous allons, d’une part, examiner les différentes solutions de financement des transactions internationales et les différents facteurs que les banques doivent considérer pour accorder des crédits aux clients. Et d’autre part, nous allons aborder la dématérialisation des opérations de paiement internationales et son impact sur la nouvelle configuration de la finance du commerce international.

Section 1 : Les instruments et les méthodes de financement du commerce international

Le crédit est un instrument indispensable au commerce international : la concurrence internationale est vive, et les délais de paiement constituent désormais un élément décisif de succès.

Par le besoin de crédit qu’il fait naitre, le commerce international a conduit les agences privées spécialisées, les Pouvoirs publics et à plus forte raison les banques, à mettre en œuvre des solutions de financements adaptés aux nécessités qu’elles tendent à satisfaire89.

Leur forme diffère suivant la durée de l’opération, sa nature, l’usage auquel ils sont destinés, l’origine des fonds employés. En premier lieu, il sera question traité dans cette section les crédits à court terme qui ont été eux-mêmes classés en crédits de financement des importations et crédits à court terme à l’exportation ; et en deuxième lieu, les crédits de financement à long-terme. Mais bien avant, il s’avère nécessaire de s’arrêter sur un point primordial, à savoir les implications dans la décision de la banque d’accorder du crédit de financement à l’importation ou à l’exportation.

A. L’accord de crédit

Pour un établissement bancaire, la décision d’accorder du crédit90 à un client est basé sur les expériences du passé et sur les conditions du présent. Étant donné qu’elle ne relève pas d’une science exacte, la décision ne requière pas des considérations de problèmes spécifiques. Les motivations à accorder le crédit sont de servir les besoins des clients et d’en tirer du profit. Dans le processus d’accord de crédit, la question est comment peut-elle parvenir à concilier ces deux objectifs ?

L’établissement ne pourra répondre à cette interrogation qu’après minutieusement avoir étudié certains aspects essentiels (solvabilité du client, inventaire des risques, taux à appliquer…).

1. L’établissement de la solvabilité du client

À chaque fois qu’une banque accorde du crédit, il y’a toujours un risque que l’emprunteur ne puisse rembourser le prêt. Pour chaque demande de crédit, la banque doit recueillir tous les faits, les analyser, et prendre une décision à propos de la solvabilité du client.

Le processus d’accord de crédit commence au niveau de la banque par quelques questions basiques:

Quel est le montant des fonds dont le client a besoin ? À quelles fins ces fonds seront utilisés ? Pour quelle durée le client-il a besoin d’emprunter les fonds? Comment compte t-il rembourser les fonds ?

89 François Giscard d’Estaing : “Financement et garanties du commerce international », Puf, Paris, 1977, p.39.90 Le cadre de notre sujet nous impose à préciser qu’il s’agit ici des crédits de financement des transactions internationales.

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L’activité du client génère-t-elle des fonds suffisants pour le remboursement ?

En outre, le client doit fournir des informations spécifiques sur sa santé et réputation financière. Ce faisant, la banque analyse les états financiers du client afin d’évaluer ses moyens et ses capitaux. Les états financiers incluent le compte des produits et charges, la balance, et le tableau des flux financiers. C’est le recoupement des données extraites des états financiers qui permet de générer des informations suffisantes pour juger de la solidité financière d’une entreprise à n’importe quelle date ou période. Pour être fiables, ces documents doivent être préparés et signés par des auditeurs indépendants.

2. Identification des risques

Hormis d’évaluer la solvabilité du client, la banque doit aussi considérer les risques à prêter dans d’autres pays. Ceci nous évoque le risque pays que nous avons déjà abordé au premier chapitre.

L’environnement économique et politique du pays de l’emprunteur doit être déterminé avant que le crédit ne soit accordé. Par exemple, un pays peut connaître des guerres civiles, des émeutes ou des révolutions qui peuvent affecter son commerce extérieur et la capacité de l’emprunteur à rembourser

Dans les opérations de prêts/emprunts internationales, l’une des parties est exposée au risque de conversion de la devise. C’est pour ce motif que les banques commerciales américaines accordent fréquemment des prêts en USD aux clients étrangers et veulent systématiquement être remboursés en USD. Lorsqu’un emprunteur vend des marchandises à l’étranger, le paiement se fera dans la monnaie de ce pays. Le risque de convertibilité peut survenir si la banque centrale ou le marché des changes du pays de l’emprunteur n’a pas des USD disponibles pour vendre à l’emprunteur et permettre le remboursement du prêt.

Les gouvernements peuvent changer les lois, la réglementation, ou les procédures qui peuvent affecter la capacité de l’emprunteur à rembourser le prêt. Dans le pays, il se peut que l’autorisation de transfert des fonds en la devise et au pays du paiement ne soit pas accordée à l’emprunteur. Par conséquent, la banque doit bien s’informer à propos de la situation dans le pays de l’emprunteur avant d’approuver une demande de crédit.

3. Fixation du taux d’intérêt

En guise de compensation des risques supportés, la banque fixe un certain taux d’intérêt pour l’utilisation de ses fonds. Le taux d’intérêt représente un pourcentage que la banque applique au client pour l’utilisation des fonds pendant un temps déterminé. Le montant des intérêts reflètent et compensent le degré du risque supporté par la banque : si le risque est élevé, ou la durée du prêt plus longue, donc le taux d’intérêt est plus élevé.

Un taux d’intérêt fixe ne change pas durant la période du prêt tandis qu’un taux flottant est modifié périodiquement, dépendant du taux du marché en vigueur à la date du changement. Le financement du prêt peut se faire en monnaie locale ou en devises.

Chaque banque définit son propre « prime rate » (taux préférentiel) pour les prêts financés localement. Le « prime rate » est le taux flottant qui représente le taux d’intérêt le plus favorable appliqué par une banque commerciale sur les crédits à court-terme à ses clients les plus solvables. Si un emprunteur n’est pas le client le plus solvable, la banque indiquera un taux d’intérêt avec prime augmenté d’un spread. Le « prime rate » de chaque banque est établi en fonction d’un niveau qui

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permet de couvrir les coûts du financement, les dépenses opérationnelles de la banque tout en incluant une marge de profit.

Lorsque les prêts sont financés par des Eurodollars91 par exemple, la banque emprunte les Eurodollars, paie le LIBOR92 (London Interbank Offered Rate) et prêtent ces dollars à ses clients.

Les Eurodollars sont dépôts à terme et donc le LIBOR est indiqué comme un taux fixe basé sur des maturités (30, 60, 90, 180, 360 et au-delà d’une année). Pour un prêt à maturité supérieure à un an, la banque peut emprunter des eurodollars pour six mois au taux du LIBOR et réappliquer un taux à ce prêt avec des augmentations successives par six mois. Le taux d’intérêt appliqué à l’emprunteur est fixé pour chaque période de six mois et peut changer à chaque fois que l’emprunt est renouvelé.

Noter la différence en termes de profit entre ces deux types de financement. Le «  prime rate » comprend le coût d’emprunt de la banque plus un montant pour couvrir les frais généraux de la banque et un montant conférant une marge à la banque. Puisque le LIBOR seulement représente le coût d’emprunt, la banque doit couvrir ses frais généraux, compenser son risque de crédit et gagner un profit provenant de l’augmentation sur le taux LIBOR (spread).

4. Établissement des termes du crédit

Lorsque la banque consent un prêt assorti de sûreté, cela requiert la possession de, ou le droit sur certaine valeur en plus de la signature d’un instrument de dette. Cette garantie (collateral en anglais) fournit de la protection supplémentaire à la banque. La provision de garanties résulte, dès fois, de la volonté de la banque d’appliquer un taux d’intérêt plus bas. Et d’autres fois, la banque ne prêtera que si une garantie est donnée en gage93.

Il arrive qu’un emprunteur ne soit pas qualifié à bénéficier d’un prêt en raison du caractère discutable de sa propre solidité financière ou parce que tout simplement, il n’a pas fourni un gage pour garantir le prêt. Dans cette situation, une autre banque, personne ou institution peut garantir le remboursement à la banque prêteuse. On appelle cela un prêt garanti. Le garant est le tiers qui assume la responsabilité si l’emprunteur manque à rembourser le prêt. La banque prend la décision de consentir le prêt sur la base de la solvabilité du garant. En commerce international, le risque pays du garant doit être pris en considération. Lorsque le garant réside dans le même pays que l’emprunteur, les mêmes risques s’appliquent. Par contre, s’ils sont de pays différents la décision est prise sur la base du risque pays du garant.

5. Détermination du type de financement

C’est la nature de la transaction qui détermine le type de financement requis. Les divers types de financement disponibles pour répondre aux différents besoins en crédit comprennent les crédits à court-terme, moyen terme, les lignes de crédit et les crédits syndiqués.

91 Les Eurodollars sont des dollars américains déposés dans les banques situées hors des États-Unis telles que les banques étrangères, les banques américaines implantées à l’étranger et les banques offshore.

92 Le LIBOR est un taux flottant, un taux de prêt interbancaire offert sur le marché des eurodevises (devise détenue dans une banque d’un pays par un non résident de ce pays) de la place de Londres par des banques de premières catégories. Ces taux sont indiqués comme suit : « LIBOR + x % (pour cent) p.a » ; les « x% p.a appelés « spread » représentent les marges de la banque.

93 Notez qu’un prêt sans gages est accordé sur la base de la solidité et de la réputation financière de l’emprunteur. Les obligations sur la dette ne sont pas cautionnées par un nantissement ou un accord de caution. Cet accord est un document qui lie la garantie à un prêt ou à une facilité de crédit.

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5.1. Crédit à court terme

Un crédit à court terme est un prêt avec une maturité inférieure à un an. Le principal et les intérêts sont payés à l’échéance ; cela est matérialisé par un billet à ordre.

5.2. Crédit à moyen terme

Un crédit à moyen terme est un prêt avec une maturité supérieure à un an. Il est remboursé par versements échelonnés et matérialisé par un arrangement de crédit et d’un billet à ordre. Si la banque applique un calendrier d’un seul ou de multiples décaissements à l’emprunteur, elle devrait inclure les échéanciers du crédit.

5.3. Ligne de crédit

Une ligne de crédit est un arrangement avec la banque pour des prêts à court-terme sur demande. C’est le montant maximal qu’une banque est disposée à prêter à un client particulier sur une période future. Les clients utilisent les lignes crédits lorsqu’ils ont une série de transactions à faire financer sur période de temps. Dans certains cas, mettre en place une ligne de crédit est plus approprié qu’approuver une série de prêts dans le temps.

Si une banque est réticente ou n’est pas en mesure de financer seule un prêt, elle peut, tout de même, inviter plusieurs autres banques pour octroyer conjointement le crédit afin de diviser les risques entre elles : c’est la syndication. Les objectifs et les caractéristiques de la syndication sont déjà traités au premier chapitre.

6. La Gestion de crédits

La banque doit rester en contact avec le client (emprunteur) durant les décaissements du crédit pour s’assurer que le client reçoive les fonds comme précisé sur l’accord de crédit et que les fonds soient utilisés comme stipulé sur le dit accord. La banque devrait regarder de près la santé financière de l’acheteur. Les paiements en retard, les sources d’informations sur les paiements retardés ou les demandes supplémentaires d’autres financements à court-terme peuvent indiquer que l’emprunteur est en difficulté. Il est important de reconnaître les problèmes et de les traiter dès que possible.

À présent qu’on a abordé le processus de consentement de crédit par la banque, nous allons nous focaliser sur les différents types de transactions qui peuvent nécessiter un accord de crédit.

B. Typologie de financement des transactions internationales

Selon la durée des crédits mis en place, on peut distinguer des financements à court terme et des financements à moyen et long terme.

1. Les crédits de financements à court terme

Les opérations commerciales à court terme sont généralement classées comme des opérations d’une durée maximale de 360 jours. La plupart des financements avant et après expédition sont fournis dans cet intervalle de temps. Les produits financiers à court terme sont conçus en fonction des caractéristiques d’une transaction classique du commerce international. Un financement pour la fabrication de marchandises est généralement sollicité par l’exportateur jusqu’à 6 mois avant expédition et le remboursement devra être intégralement effectué à la réception des rentrées. Cela se produit normalement au moment de l’expédition (lorsque les crédits documentaires sont utilisés).

1.1. Le financement des importations

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L’importation implique plusieurs défis qu’on ne rencontre pas dans les transactions à un niveau national. C’est pourquoi elle fait naître des besoins financiers qui sont au cœur des préoccupations des importateurs. Ces derniers peuvent se trouver dans l’une ou plusieurs des situations suivantes et avoir besoin de financement pour leurs transactions commerciales :

Financement de l’achat des matières premières auprès d’une source étrangère pour son propre processus de production

Financement à moyen et long terme pour l’achat de biens d’équipement auprès d’une source étrangère pour les besoins de production à destination du marché national et international.

Financement de l’importation de marchandises pour les revendre ou les réexporter. Financement pour couvrir les coûts d’entretien des stocks pendant quelques mois.

1.1.1. Crédits de financement des importations en monnaie locale

Il peut revêtir la forme d’une avance par caisse ou d’escompte d’une traite financière tirée par l’importateur sur la banque à l’échéance du crédit. Parfois ce crédit pourra être prorogé dans le but de financer le stockage ou la transformation de la marchandise jusqu’à sa revente. La banque peut fixer pour une durée déterminée au profit de l’importateur un encours maximum de crédits en fonction de la valeur des marchandises et des besoins de l’importateur.

1.1.2. Crédits de financement des importations en devises

1.1.2.1. Avance en devises

Le principe est que la banque effectue normalement le transfert du paiement, en monnaie locale ou en devises, en faveur du fournisseur étranger de son client importateur. Simultanément, elle consent à son client une avance en devises dont la contre-valeur est égale à celle du transfert  : cette avance peut être effectuée dans la devise de la facture ou dans une devise tierce.

L’échéance de l’avance, de même que son taux, est fixée en accord avec l’importateur, pour une durée généralement inférieure à six mois, avec possibilité de renouvellement.

À l’échéance, la banque procède au remboursement de l’avance :

Soit en achetant des devises sur le marché des changes par le débit du compte en monnaie locale de l’importateur ;

Soit en utilisant les devises détenues par ce dernier dans un compte en devises « en attente de cession », si celui-ci est aussi exportateur dans la même devise.

Figure 30 : Schéma de l’avance en devises

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(1) MarchandisesVendeur Acheteur

Banque de l’acheteur

(5) Remboursement à échéance (Principal +

Intérêt)

(3) Demande financement en devises

(2)Facture & B/ L

(4) Paiement au nom de l’acheteur

1.1.2.2. Escompte fournisseur en devises

C’est un type de crédit apparenté aux avances en devises : le fournisseur étranger tire une traite en devises sur son client importateur qui l’accepte et la remet pour escompte à la banque : celle-ci transfère le produit de l’escompte au fournisseur étranger, les agios étant généralement payés par l’importateur.

À l’échéance de la traite, le compte de l’importateur sera débité pour rembourser ce crédit d’escompte en devises : l’importateur subit donc également le risque de change pendant la durée du crédit.

Figure 31 : Schéma d'escompte fournisseur en devises

(1) MarchandisesVendeur Acheteur

Banque de l’acheteur

(3) Remise de la traite à l’escompte

(4) Devises

(2)Envoi de la Traite

(5) Paiement (devises)

(6) Remboursement à échéance (Principal +

Intérêt)

1.2. Les crédits à court-terme à l’exportation

Avec l’expansion des échanges commerciaux internationaux, il est devenu pour chaque pays un impératif majeur de doter les exportations d’un système de crédit adapté aux exigences du commerce extérieur.

En conséquence, les banques, les agences de financement publiques et privées ont inscrit dans leurs missions la mise en place de procédures spécifiques adaptées aux besoins de crédits qui se posent aux exportateurs à différents stades de leurs marchés étrangers :

Avant l’expédition des marchandises : des crédits de préfinancement ; Après l’expédition des marchandises : des crédits de mobilisation des créances nées.

1.2.1. Les crédits de préfinancement

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Les crédits de préfinancement d’exportations sont des crédits de trésorerie mobilisables auprès d’une banque, consentis afin de permettre le financement des besoins courants ou exceptionnels résultant de l’activité exportatrice d’une entreprise.

Ils peuvent être consentis pour faciliter l’exécution d’une commande importante se rapportant à un marché déterminé, ce sont alors les préfinancements spécialisés. Puisque les acomptes reçus par l’exportateur, ne couvrent en général qu’une partie des dépenses à engager durant l’exécution du contrat ; il en résulte pour l’exportateur un décalage de trésorerie qui peut être couvert en grande partie par des crédits de ce type. Enfin ils peuvent financer un courant continu d’exportations ; ils prennent alors la forme de préfinancement revolving. Ces crédits sont accordés aux exportateurs qui justifient un mouvement continu de d’exportations avec ou sans commandes fermes. Ils financent en fait la production et le stockage des marchandises en vue de satisfaire des commandes ultérieures.

1.2.2. Les crédits de mobilisation des créances nées

Les crédits de mobilisation des créances nées à court terme sur l’étranger permettent aux exportateurs qui ont accordé à leurs partenaires étrangères des délais de paiement à court terme de recevoir grâce à une procédure simple le montant de la créance qu’ils détiennent dès que celle-ci prend naissance.

Ils peuvent ainsi mobiliser leurs créances auprès de leur banque qui leur consent pour ce faire un crédit de mobilisation de créances nées.

La mobilisation ne peur intervenir qu’après l’expédition de la marchandise. Elle est réalisée par escompte d’effets portant deux signatures, celle du bénéficiaire et celle de la banque intervenante. Ces effets peuvent prendre la forme d’acceptations de banques ou de billets souscrits à l’ordre d’une banque et avalisée par celle-ci. Leur durée correspond à l’échéance de la créance qu’il mobilise.

1.2.3. Les différentes formules de mobilisation des créances nées

Les procédures de mobilisations peuvent être convenues librement entre l’exportateur, sa banque et l’organisme étranger prêteur94.

On distingue principalement deux formes de mobilisation :

Soit l’escompte avec recours : dans ce cas l’impayé éventuel est pris en charge par l’exportateur ;

Soit l’escompte sans recours : dans cette procédure le risque d’impayé est supporté par l’organisme prêteur. Plusieurs formules existent à cet effet ; nous en définirons les principales à savoir : le forfaiting (ou forfaitage), le factoring (ou affacturage) et la technique de l’achat-vente.

Figure 32 : Schéma de mobilisation de créances nées (sur présentation de facture)

94 Berrada Mohammed Azzedine : “Les techniques de banque et de crédit au Marocˮ, 3ème édition, éd SECEA, Casablanca, 1991, p.606

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(1) MarchandisesVendeur Acheteur

Banque du Vendeur

(4) Fonds (Montant de la facture)

(3) Demande de financement

(2)Envoi Facture & B/ L

(5) Règlement de la facture à l’échéance

(5) Remboursement à échéance (Principal +

Intérêt)

1.2.3.1. Le forfaiting (forfaitage)

Le forfaiting est la technique qui consiste pour un organisme dit « forfaiteur » à acheter sans recours une créance cédée par un exportateur sur la base d’un effet accepté par le tiré ou l’importateur.

Figure 33 : Schéma d’une transaction avec forfaiting

(1) Contrat Commercial

Vendeur Acheteur

Banque Avalisatrice

(7) Paiement au vendeur

(3) Envoi traite

(4.b) Traite avalisée

(8) Présentation de la Traite avalisée

(9) Paiement de la banque au Forfaiter

(6) Envoi Traite

(5) Contrat avec le Forfaiteur

Forfaiteur

(2) Marchandises

(4.a) Traite avalisée

$

1.2.3.2. Le factoring (affacturage)

Il s’apparente à la technique du forfaiting avec cette différence qu’un organisme dit « factor » achète la créance qui est matérialisée par une ou des facture(s) accompagnée(s) de quittance(s) subrogative(s)95 établie(s) en sa faveur. Le factor) qui se charge d’en opérer le recouvrement et qui en garantit la bonne fin, même en cas de défaillance du débiteur. Le factor peut régler par anticipation tout ou partie du montant des créances transférées96.

Figure 34 : Schéma d'une opération d'affacturage

95 Quittance qui produit une subrogation, c'est-à-dire une disposition en vertu de laquelle celui qui paye la dette d’autrui devient propriétaire de la créance avec les droits, privilèges et hypothèques attachés.

96 Jean-Marc Béguin & Arnaud Bernard : « L’essentiel des techniques bancaires », Éditions Groupe Eyrolles, Paris, 2008, p.260.

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(2) MarchandisesVendeur Acheteur

Société d’affacturage

(5) Paiement à l’échéance par subrogation* *

(3)Facture + Instruction à payer directement à la société d’affacturage

(4) Paiement anticipé(1) Contrat d’affacturage

Pour ce qui est du mécanisme comme le montre la figure ci-dessus, l'affacturage nécessite un certain formalisme :

un contrat est conclu entre la société d'affacturage et le créancier, dans lequel ce dernier s'engage notamment à céder la totalité de ses créances, sauf dérogation prévue par le factor ;

l'entreprise remet ses factures cédées sur un bordereau appelé quittance subrogative. Chaque facture est individualisée. Le cédant y appose sa signature et inscrit « bon pour subrogation ». Le factor devient alors propriétaire des factures ;

les factures cédées sont portées au crédit d'un compte courant ouvert chez le factor au nom du cédant ;

le factor et le cédant informent le débiteur cédé qu'il devra régler sa dette entre les mains du factor.

La prise en charge des factures (après analyse appropriée du risque) par le factor entraîne trois services :

le recouvrement des créances et, en conséquence, la gestion du poste client du cédant, incluant la comptabilité des comptes clients, les relances par la tenue d'échéanciers, des statistiques ;

la garantie du paiement des créances approuvées par le factor (prise en charge du risque d'insolvabilité et de non-paiement à l'échéance, mais aussi mise en œuvre des procédures contentieuses) ;

la mobilisation des créances commerciales cédées. Le financement peut intervenir dès la création des factures (dans la mesure où elles sont cédées au factor et approuvées par lui) et porte sur 100 % des créances qui peuvent être privées ou administratives. Les règlements se font à la demande de l'entreprise et sont envisageables sous trois formes : par chèque, par virement ou par émission d'un billet à ordre qui sera escompté par la banque habituelle du créancier.

1.2.3.3. L’achat-vente

Cette technique permet à l’exportateur de céder sa créance au comptant à un intermédiaire financier à charge pour ce dernier de refacturer cette créance à l’acheteur tout en lui accordant le délai de paiement convenu dans le contrat commercial.

1.2.4. Les crédits de trésorerie liés à des opérations d’exportation

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Parallèlement aux financements d’exportation proprement dits, les exportateurs peuvent trouver auprès de leurs banques des crédits de financement de trésorerie spécialisés : l’assurance prospection et les stocks détenus à l’étranger.

1.2.4.1. Crédit d’assurance prospection

L’exportateur titulaire d’une police d’assurance prospection peut obtenir de sa banque un crédit pour financer les frais qu’il a engagés pour prospecter de nouveaux marchés étrangers.

1.2.4.2. Crédit de financement des stocks détenus à l’étranger

Les entreprises sont fréquemment amenées à constituer à l’étranger des stocks de produits ou de matériels destinés à être vendus sur place ; il en résulte pour elles des charges de trésorerie qui peuvent être lourdes. Pour les aider à les supporter, les banques peuvent leur accorder des crédits spéciaux.

2. Les crédits à moyen et long terme

Les ventes de biens d’équipement, plus encore que celles de produits de consommation justifient l’existence d’un système de financement approprié.

Portant sur des montants importants, ces transactions ne sont en règle générale que très exceptionnellement réglées au comptant. Les acheteurs sont fréquemment des PVD, leurs capacités de paiement conditionnées par l’importance de leurs ressources en devises les obligent à régler à terme leurs importations industrielles ; dans les pays soumis à plans gouvernementaux, les dépenses prennent un caractère budgétaire et les fonds ne sont souvent libérés que parallèlement à la réalisation du plan. Il se pose donc à l’exportateur des problèmes de trésorerie. Pour lui permettre de les résoudre, la mise en place des mécanismes de financement spécifiques faisant intervenir, indépendamment du banquier de l’exportateur, des structures étatiques spécialisées. Ces mécanismes peuvent prendre la forme de crédit fournisseur ou de crédit acheteur.

2.1. Le crédit fournisseur

Certains pays ont des programmes destinés à aider leurs exportateurs à devenir compétitifs sur le marché international. Ces programmes prévoient par exemple l’octroi de financements à taux subventionnés et/ou l’octroi de garanties financières aux institutions de prêt au profit de l’exportateur. Grâce à ces mécanismes, l’exportateur est en mesure d’offrir à sa clientèle étrangère des conditions de paiement plus attrayantes. Ce type de crédit commercial soutenu par l’État est appelé «  crédit fournisseur ». Dans le cadre de ce type de crédit, c’est l’organisme de crédit à l’exportation, et non pas l’exportateur, qui détermine les critères auxquels l’acheteur devra se conformer.

Simple dans les principes de base sur lesquels il repose, le crédit fournisseur se traduit par une organisation duale de deux rapports juridiques97:

L’exportateur fait crédit à son acheteur en acceptant de lui consentir des délais de paiement après livraison des biens qui constituent l’objet du marché ou plus généralement après l’exécution de ses obligations contractuelles. Ce crédit est représenté par des traites ou billets à ordre qu’émet le vendeur-tireur sur son acheteur-tiré ;

La banque de l’exportateur accepte d’escompter à un taux privilégié les effets représentatifs du crédit consenti à l’importateur. L’escompte est toujours réalisé « sauf bonne fin », laissant ainsi à la charge de l’exportateur un risque d’impayé.

2.2. Le crédit acheteur

97 Tahar Daoudi : « Pratique de l’import », 1991, p.284

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Les pays industrialisés offrent des financements à moyen et long terme aux importations d’autres pays à des taux d’intérêt subventionnés en vue de promouvoir l’exportation de leurs biens d’équipement. Ces fonds sont fournis par les banques dans le pays de l’acheteur, mais sont garantis par le gouvernement du pays du fournisseur et administrés par des organismes de crédit à l’exportation ou des banques d’import/export.

Le crédit acheteur est mis à disposition à travers l’ouverture de lignes de crédit entre la banque dans le pays industrialisé vendeur et la banque du pays acheteur. La banque dans le pays du vendeur est disposée à fournir cette ligne de crédit sur la base de la garantie financière accordée par l’organisme de crédit à l’exportation. Dans certains cas, des lignes de crédit sont ouvertes entre l’organisme de crédit à l’exportation et la banque du pays vendeur qui offre le crédit acheteur. Sans cet appui étatique, la banque du pays vendeur n’acceptera pas d’octroyer des crédits à certains pays en raison des risques élevés liés à la situation dans ces pays98.

Son particularisme relève du fait que contrairement au crédit fournisseur où le contrat commercial constitue la base unique des rapports entre le vendeur et l’acheteur, en matière de crédit acheteur, deux contrats distincts et autonomes doivent être signés ; en plus du contrat commercial il y’a la convention de crédit liant la banque et l’emprunteur.

Au terme de cette section, nous pouvons retenir qu’il existe une panoplie de financements que les banques ou des agences de crédit spécialisées mettent au service des opérateurs du commerce international. En effet, la pression concurrentielle de plus en plus ardue dans l’industrie de financement a obligé l’ingénierie financière à toujours inventer de nouvelles solutions ou à perfectionner celles déjà existantes, afin de mieux répondre aux besoins de financement que l’activité commerciale internationale fait naître. Dans ce même registre, on insiste de plus en plus, aujourd’hui, sur l’automatisation et la dématérialisation des documents du commerce international en général et des procédures de paiement international en particulier. Cette solution de la technologie jugée accélératrice des flux commerciaux internationaux, est perçue, selon plusieurs études, comme étant comme l’avenir prometteur pour la finance du commerce international. Nous allons voir si cette solution est à la hauteur de ses promesses pour justifier son adoption.

Section 2 : La dématérialisation des procédures de paiement et leurs impacts sur la finance du commerce international

Depuis l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, les systèmes informatiques ont connu un perfectionnement continuel sans précédent ayant un impact probant sur les possibilités d’automatisation des procédures et d’Échange de Données Informatisées (EDI). Pendant longtemps, l’EDI est devenue plus présent dans les opérations qui sous-tendent les processus en supplantant davantage l’utilisation du papier et le traitement manuel qu’elle induit, mais le commerce international est l’un des rares domaines à rester en traîne dans cette mouvance. Il faut souligner que parmi les défis les plus importants auxquels sont confrontés les intervenants dans les procédures des transactions internationales, il y’a : la réduction des lenteurs, des retards et des coûts superflus liés aux opérations commerciales internationales.

Or, l’ancrage dans les méthodes héritées du passé continue de neutraliser les tentatives visant à atteindre ces objectifs. Il est clair que l’étendue des champs d’application de l’outil informatique, due à la recherche permanente de solutions innovantes, la technologie offre, aujourd’hui, un cadre pour

98 L’OCDE a essayé de réglementer les modalités du crédit à l’exportation conformément au consensus sur les lignes directrices concernant l’octroi de crédits d’exportation.

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l’implémentation d’infrastructures technologiques avant-gardistes déclinées à travers des plateformes électroniques pour l’échange dématérialisé des documents nombreux et très variés du commerce international entre les intervenants. Ce qui donne aux acteurs de nouvelles options pour initier dans la manière la plus simple, la plus rapide et la plus accessible, leurs transactions tout en se donnant la possibilité de réduire les coûts et les délais inhérents.

Malgré cette avancée remarquable, le constat est que la plupart des acteurs du commerce international, hormis les banques, manifestent, à tort ou à raison des velléités quant à la migration vers ces plateformes électroniques. On pourrait évoquer diverses raisons, entre autres, pour justifier cette réticence mais les plus récurrentes sont : la vulnérabilité des systèmes informatiques, la qualité discutable des signatures numériques, l’hétérogénéité des plateformes électroniques, l’absence d’un cadre réglementaire unique à l’international dans ce domaine…

Mais qu’à cela ne tienne, ces insuffisances n’ont pas empêché, au vu des avantages qu’offrent les solutions de la dématérialisation, certains pays (les asiatiques sont les plus remarquables), voulant promouvoir leur efficacité commerciale, et certains organismes du commerce international, devant mettre en place des bases de régulation, à encourager la naissance de ces plateformes électroniques dédiées à la fois aux opérations commerciales. Aussi, les banques qui interviennent qui interviennent dans la phase paiement/financement des transactions ne veulent pas restées en rade ; elles optent davantage pour la dématérialisation des procédures de paiement à l’international par le biais de l’e-banking. Cette nouvelle approche est, par conséquent, à l’origine d’une visibilité renforcée des banques sur toute la chaîne d’approvisionnement de leurs clients. Il en découle d’un modèle appelé la chaîne de logistique financière. Aujourd’hui, encore peu exploité et en pleine expansion, ce modèle dessine des liens plus renforcés entre les banques et leurs clients-entreprises. Son principe repose sur l’optimisation de la chaîne de logistique financière pour améliorer la performance globale de la chaîne logistique. L'objectif ultime d'une solution de gestion de la chaîne logistique est d'optimiser l'utilisation du fonds de roulement et de la trésorerie dans l'ensemble de la chaîne logistique par des solutions de paiement/financement plus avantageuses, tant pour l'acheteur que pour le vendeur. Pour ce faire, les banques doivent impérativement tabler sur les technologies avancées (plateformes e-banking, par exemple), sur les comptes ouverts assistés ou sur les nouvelles techniques de gestion des comptes créditeurs et débiteurs99.

L’objet de cette section est d’abord de présenter les mobiles, les supports et les différentes déclinaisons de la dématérialisation des procédures de paiement à l’international. Sur cette base il sera question, ensuite, de mettre en perspective les nouvelles relations banques et entreprises qui préfigurent le futur de la finance du commerce international.

A. Les mobiles de la dématérialisation des opérations de paiement internationales

Pour comprendre les raisons qui motivent la dématérialisation des opérations de paiement internationales, nous allons présenter :

Le concept d’EDI ainsi ses modalités de mise œuvre ; Les importants travaux, jusque là, abattus par les organisations internationales qui militent en faveur de

la dématérialisation des documents commerciaux dans les transactions internationales et établissent les normes techniques et juridiques en la matière ;

L’environnement actuel de la finance du commerce international et ses nouvelles tendances.

99 Cf infra.

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1. La présentation de l’EDI

Même si nous l’avons déjà évoqué précédemment, il nous semble judicieux dans cette partie de faire un rappel sur la définition donnée à l’EDI : il s’agit d’une technique grâce à laquelle différentes entités peuvent échanger des données structurées (bon de commande, facture, transfert de fonds ...) avec leurs partenaires. L'utilisation d’un format structuré, assimilable par la machine permet le transfert des informations, d'une application à une autre, sans qu'aucune intervention humaine ne soit nécessaire (réintroduction au clavier, interprétation des informations…).

Aujourd’hui, du fait que l’EDI a acquis une notoriété jamais connue auparavant, il est donc nécessaire de souligner qu’il n’est pas un phénomène nouveau mais qu’il est surtout entré dans une nouvelle ère caractérisée par l’ubiquité des technologies de l’information et de la communication. Si nous précédons par une démarche rétrospective, nous trouverons que les premiers échanges d'informations sous forme électronique datent de 1949 avec la création du Réseau SITA qui est un réseau international de télécommunication permettant aux compagnies aériennes d'échanger des informations commerciales (réservation de sièges) ou techniques (fiche d'entretien des aéronefs). Ce réseau est toujours utilisé aujourd’hui par les agences de voyage et les compagnies aériennes.

Dans les années 1970-1980, de grands réseaux à valeur ajoutée100 sont mis en place, tel que le réseau SWIFT qui relie les établissements de crédit du monde entier et permet le transfert électronique quotidien, de centaine, de millions de dollars, le réseau RINET en matière d'assurance, ODETTE101 pour les échanges de l'industrie automobile, EDISANTE dans le secteur de la santé ou encore GENCOD pour le milieu de la grande distribution...

La majorité des messages EDI sont issus d'une application ou arrivent à une application logicielle. Ces applications qui sont souvent propriétaires, c'est-à-dire développées spécifiquement pour les besoins d’une entité particulière, traitent les données et les structurent selon un format propre à l'entreprise. Cependant la mise en place de l'EDI n'entraînera pas de modifications importantes des programmes informatiques, qui pourront être conservés.

La mise en place d'un EDI nécessitera toutefois une interface EDI afin de permettre aux partenaires de parler un même langage. Cette interface comprenant un logiciel de traduction et un ensemble de messages standards. Le logiciel permettant de rendre exploitable par tous les partenaires les données transmises par les applications propriétaires. Les partenaires doivent s'entendre sur une structure de message normalisée (voir tableau 1) ainsi que sur une procédure d'application afin qu'il ne soit pas nécessaire que les partenaires commerciaux se dotent de systèmes identiques. Ainsi, le transfert de données normalisées est tout à fait possible entre systèmes hétérogènes dès lors que l'on utilise un format commun.

Le transport des données entre partenaires peut s’effectuer de différentes façons :

de point à point, c'est-à-dire, par liaison directe entre les systèmes respectifs des partenaires via un réseau téléphonique, une liaison câble ou ADSL. Cette solution de réseau privé est principalement utilisée lorsque le nombre de commandes à traiter est très élevé ;

100 Réseau à valeur ajoutée (VAN ou Value Added Network en anglais).101 ODETTE : un système unique mis en place en Europe qui lie toute l’industrie automobile et qui permet à tous leurs

ordinateurs de communiquer : constructeurs-assembleurs et sous-traitants utilisent un système. En revanche, il s’agit d’un système fermé, c'est-à-dire qu’il est limité à un cercle restreint de partenaire ou à un secteur d’activité..

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par le biais d'un réseau à valeur ajoutée (RVA). Le réseau joue le rôle de serveur central, chaque partenaire disposant d'une adresse de réseau spécifique ou d'une boîte aux lettres électronique permettant notamment l'enregistrement et la retransmission de messages ;

par internet, ce sont les Web EDI. Ils se basent sur Internet et sur des messages en XML pour la transmission des données. Ce type d’EDI est bien plus ouvert et facile à mettre en œuvre, plus rapide et peu coûteuse à mettre en place, mais il est forcément soumis à plus d’aléas que des applications lourdes. C’est aujourd’hui la solution en vogue du fait de sa flexibilité.

Figure 35 : Schéma de transport de messages EDI entre deux entités sur un RVA

Application Entité A Application Entité B

Fichier de donnée en format interne

Fichier de donnée en format interne

Traducteur Traducteur

Enveloppe de transport

Fichiers de donnée en format normalisé

Enveloppe de transport

Fichiers de donnée en format normaliséRVA

1.1. L’applicabilité de l’EDI

L'EDI s'est développé dans les rapports avec l'administration dans un souci de facilitation de la gestion et de réduction des frais y compris d'archivage. Des États ont ainsi mis en place des télé-procédures de télé-déclaration mais également de télépaiement couvrant notamment le domaine fiscal (TVA et Impôts sur les Sociétés) et social (déclaration de cotisations et gestion du personnel) non seulement à destination des entreprises (A2B102) mais également beaucoup plus récemment il destination des particuliers (A2C103).

A côté des échanges avec les administrations, l’EDI s'est particulièrement développé dans les échanges entreprises/entreprises (B2B104). Ces échanges sont principalement de nature commerciale et couvrent l'ensemble du scénario commercial allait de l'échange de bon de commande jusqu'au paiement en passant par la facturation.

Parmi les échanges B2B, il existe une catégorie particulière relative aux activités financières. Après avoir informatisé les relations entre banques, ces dernières se sont tournées vers leurs clients-entreprises et leur ont proposé des services de banque en ligne leur permettant de gérer leurs comptes et d'effectuer certaines transactions. Dans le cadre notre étude, nous nous focalisons uniquement sur cette catégorie.

Enfin, les échanges entreprises-personnes physiques (B2C105) sont ceux qui se sont le moins développés en matière d'EDI alors même qu'ils progressent très vite ces dernières années. Les exemples les plus représentatifs de la vente directe aux clients sont « Dell Direct » ou « Amazon.com» qui grâce à l'EDI peuvent éviter l'intermédiation et proposer directement à l'utilisateur final ses produits ou services.

102 Administration to Business, en anglais.103 Administration-to-Consumer, en anglais.104 Business-to-Business, en anglais.105 Business-to- Consumer, en anglais.

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L'EDI apporte donc aux entreprises comme aux administrations, une plus grande 1a productivité en supprimant la ressaisie des informations provenant d'un ordinateur extérieur. Ce gain de temps permet, dès lors, d'affecter le personnel qui aurait été nécessaire à la saisie, à d'autres fonctions plus proches du métier, et donc de l'attente du client ou de l'usager. De plus, la non-ressaisie des informations est gage d'une meilleure fiabilité des informations en supprimant les risques d'erreurs. Enfin, l'EDI utilisant des moyens de télécommunication modernes réduit les délais de communication et donc de réaction ce qui permet à l'entité de s'adapter efficacement au marché (voir figure ci-après). Cette plus grande réactivité permet de réduire les stocks, lourds en investissements humains, matériels et financiers. La chaîne de fabrication utilisant l'EDI est donc en mesure d'adapter au mieux sa fabrication avec les besoins du marché. Les gains de temps se traduisent dès lors par une réduction globale des délais de paiement, par une diminution des prix des marchandises et par la réduction de stock106.

Figure 36 : Comparaison entre traitements traditionnel et EDI pour une entreprise

Traitement traditionnel

Tâche Durée

Saisie de la commande J

Edition J

Mise sous enveloppe J

Courrier Départ J +1

Acheminement postal J +2

Ouverture de l’enveloppe J +3

Service commercial J +3

Saisie de la commande J +3

Traitement J +4

Traitement EDI

Tâche Durée

Saisie de la commande J

Télétransmission J

Téléréception J

Traitement J

Avec ce domaine d’applicabilité très vaste, il est indispensable pour que l’EDI fonctionne au mondial de mettre en place un langage universel d’EDI. C’est pour cela que les institutions onusiennes ont développé à travers les normes UN/EDIFACT, un langage d’EDI universel qui est basé sur certains concepts essentiels.

1.2. Les concepts de base de l’EDI

Trois notions ont été fondamentales à l’élaboration du langage :

1.2.1. La saisie unique 

L’information s’échange entre les partenaires tout au long de la chaîne commerciale et logistique depuis l’expéditeur (qui désigne la marchandise) jusqu’au destinataire en passant par les transporteurs de pré et post-acheminement, et les professionnels portuaires, et elle n’a pas à subir de modification à l’occasion de l’échange.

Le meilleur exemple est celui de la quantité et du poids de la marchandise vendue. Ces données sont saisies par tous les intervenants de la chaîne commerciale. Elles circulent telles quelles tout au long de la chaîne transactionnelle, au travers des systèmes d’information de l’organisateur du transport, des transporteurs, du banquier, de l’assureur, du douanier, jusqu’au client final. Les inconvénients liés à la multiplicité des saisies des mêmes informations (coût, risque d’erreur, perte de temps) sont éliminés107.

106 Cathie-Roshalie Joly : « Le paiement en ligne : sécurisation juridique et technique », éd Lavoisier, Hermes Sciences Publishing Ltd, Paris, 2005, p.71.

107 Emmanuelle Chelly : « Le connaissement électronique », Mémoire de DESS Droit maritime et des transports, Université Aix-Marseille 3, 1999, p.58.

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1.2.2. La transmission unique

Les données n’ont à être saisies qu’une seule fois au partenaire à l’échange informatique alors même qu’elles apparaissent dans plusieurs documents et formulaires papier. L’exemple de la quantité et du poids est sur ce point aussi clair : ces informations apparaissent dans l’accusé de réception de commande, la facture, la liste de colisage, l’avis d’expédition, la déclaration en douane, l’instruction au transporteur. Elle est à chaque fois saisie. Avec les EDI, ces informations circulent d’ordinateur à ordinateur sans être ressaisies.

1.2.3. La mise en relation des bases de données

Les deux concepts précédents supposent la constitution de bases de données s’échangeant, tout au long de la vie d’une transaction, des informations. Il se produit donc un mécanisme d’enrichissement de base de données. L’EDI consistera alors en une mise en relation de bases de données, les informations étant saisies une fois pour toutes et s’échangeant au fur et à mesure des besoins, en évitant les redites et les erreurs.

Ainsi, le langage UN/EDIFACT permet d’alléger les tâches bureaucratiques et de réduire les traitements intermédiaires, fastidieux, qui sont la source d’erreur et qui ne procurent aucune valeur ajoutée.

1.3. Mise en œuvre de l'EDI

Avant de commencer à échanger des messages électroniques, les partenaires doivent établir un contrat qui définit les conditions dans lesquelles les échanges seront réalisés. Un tel contrat est appelé «Convention d'interchange».

Ce contrat est donc un prérequis pour le bon fonctionnement de l’EDI surtout lorsqu’il est appliqué dans des transactions.

1.3.1. Le contrat EDI

Classiquement, les contrats EDI ou contrats d'interchange se divisent en deux parties. Une partie juridique et une partie technique.

1.3.1.1. La partie juridique du contrat d’interchange

La partie juridique du contrat d'interchange comprend généralement:

L’identification des partenaires impliqués (émetteur, récepteur, tierces parties...) et contiendra l'acceptation expresse des parties d’utiliser l'EDI. Lorsque les communications entre les parties ne se limitent pas qu'à l'EDI, l'usage du papier demeurant, il conviendra de préciser la part qui revient à l'EDI ainsi que l'attitude que devront adopter les parties en cas de concurrence de messages identiques sur support différent. Quel est celui qui doit faire foi ?

le type d'information qui sera échangé ainsi que les modalités de facturation éventuelles résultant de l'échange ;

les conditions dans lesquelles les contrats seront automatiquement mis en œuvre notamment du point de vue de leur validité.

les procédés de sécurité (afin de répondre aux impératifs de fraude et de piratage de réseau et du système, les parties prévoiront des dispositions relatives à l’envoi d'un accusé de réception, aux méthodes de chiffrement et de cryptage utilisées, aux techniques d'identification et d'authentification notamment par l'emploi de la signature électronique), les dispositions relatives à la protection et la confidentialité des données personnelles, aux conditions

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d'enregistrement et de conservation des messages et les' mesures à prendre en cas d'incident (non-transmission des fichiers d'échange, erreurs de transmission, erreurs découvertes dans les fichiers d'échange) ;

les responsabilités respectives dans l'émission et la réception des fichiers d'échange. Le contrat précisera donc que les parties se portent garantes du bon fonctionnement de leur système informatique qui comprend : les périphériques informatiques dédiés à la communication, le matériel de base capable de pré-traiter ou de post-traiter les messages ainsi que les logiciels de traduction EDI qui généreront les messages nonl1alisés à partir du système interne de l'entreprise ;

la rapidité du traitement des messages (les parties doivent prévoir une procédure de réception et de remise au destinataire final dans les meilleurs délais)...

1.3.1.2. La partie technique du contrat d'interchange

Elle comprend des clauses destinées à préciser notamment les spécifications techniques, opérationnelles et procédurales nécessaires au fonctionnement de l'EDI :

la définition des termes techniques utilisés dans le contrat tels que « EDI », « message EDI », « normes », « identification », « authentification », « signature des données», « avis de réception », etc. ;

les listes de codes d'éléments de données auxquelles les messages EDI font référence ; l'environnement, réseau et équipements informatiques, étant précisé que les parties doivent

fournir et assurer la maintenance du matériel, des logiciels et des services nécessaires pour transmettre, recevoir, traduire, enregistrer et conserver les messages;

les protocoles et normes de communication; les procédures applicables aux essais et aux vérifications permettant d'établir et de contrôler

l'adéquation des spécifications et des exigences techniques; le planning des transmissions...

1.3.2. Illustration de fonctionnement de l'EDI dans une transaction typique

Nous allons présenter le schéma EDI d’une vente avec paiement international par virement. Dans un premier temps, le client envoie un bon de commande EDI au fournisseur, qui, à réception du bon de commande lui fait parvenir un accusé de réception. Dans un second temps, correspondant à l'expédition de là commande, le fournisseur envoie au client un préavis d'expédition EDI, suivi d'une facture EDI.

Enfin, l'acheteur fait parvenir à sa banque les informations relatives au paiement de la facture. L'établissement bancaire procèdera alors au transfert des fonds sur le compte en banque du fournisseur via le réseau SWIFT108.

Figure 37 : Fonctionnement d'un achat EDI

108 Cathie-Roshalie Joly, op cit, p.78.

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Bon de commandeVendeurAcheteur

Transfert des fonds

SWIFT

Accusé de réception

Préavis d’expédition + facture

Ord

re d

e p

aie

ment

Avis d

e d

ébit

Banque A Banque B

Avis

de cré

dit

Remarque : Le réseau SWIFT utilise les normes EDIFACT, les messages sont échangés selon le langage de cette norme.

À travers cette prise de connaissance des concepts de l’EDI, nous avons démontré combien il est important de mettre en place des normes convergentes à l’échelle internationale pour promouvoir son utilisation. Un rôle et un pari assumés par des institutions internationales.

2. Les implications de la dématérialisation : le rôle des organismes internationaux

Des initiatives privées ont déjà tenté la dématérialisation de documents commerciaux comme le connaissement maritime. La plupart de ces expériences se sont soldées par des échecs. Le problème réside principalement sur le fait que le développement hétérogène de solutions de dématérialisation pose un véritable dilemme au importateurs et exportateurs quand il s’agit de porter un choix ou de d’accorder une crédibilité à un quelconque système électronique. Il est donc nécessaire dans ce cas que les institutions internationales spécialisées au développement du commerce encadrent les initiatives de dématérialisation afin d’harmoniser ou même d’uniformiser les méthodes et les procédures. Pour mener ce travail qu’elles ont déjà amorcé bien avant les années quatre vingt dix, le CMI (Comité Maritime International), l’UNECE (branche de l’ONU pour l’Europe), la Commission des Nations Unies pour le Droit Commercial International (CNUDCI) et la Chambre de Commerce Internationale, effectuent des actions complémentaires et parfois coordonnées qui reposent en fait sur ces deux volets : technique et réglementaire. Le volet technique concerne la normalisation des échanges informatiques tandis que le volet règlementaire se focalise sur l’attribution de valeur juridique aux normes informatiques dans un cadre un uniformisé.

2.1. L’adoption des règles juridiques uniformes

Le caractère récent de la dématérialisation des documents commerciaux internationaux soulève beaucoup de questions d’ordre juridique. L’inexistence de règles de droit international qui unifient ou rapproche les différentes juridictions en matière de documents électroniques est un obstacle qu’il faut franchir pour pouvoir relever le défi de dématérialiser tous les documents commerciaux. C’est ce qu’ont compris les institutions internationales depuis les années quatre vingt, les plus éminentes sont la CCI et certaines institutions spécialisées de l’ONU.

2.1.1. Par la CCI

Considérant les avantages de l’émergence du commerce électronique et des EDI dans les transactions internationales, la CCI, dans son rôle facilitation et d’harmonisation des pratiques dans les transactions commerciales internationales, a décidé d’étendre son champ d’intervention à cette nouvelle donne. Ce faisant, elle a publié des normes relatives au commerce électronique sous la houlette de sa commission

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bancaire et d’autres commissions impliquées. L’une des premières a été les Règles de Conduite Uniforme pour l’Échange de Données Commerciales par Télétransmission avec le concours de la CNUDCI adoptées en 1987. Elles définissent les droits et les obligations des parties qui utilisent l’Échange de Données Informatisées et constituent un lien juridique contractuel qui prévaudra en cas de conflit. En matière de dématérialisation des documents commerciaux, la CCI a élaboré le « projet E.100 ». Celui-ci a été reconsidéré et rebaptisé Electronic Commerce Project109. Les préoccupations en matière de sécurité du commerce électronique, a poussé la même organisation à mettre en place des directives intitulées « General Usage in International Digitally Ensured Commerce » (Guide 1997). 

En plus de la publication de nouvelles règles pour promouvoir le commerce électronique, la CCI a entrepris des travaux d’adaptation à l’ère du numérique des règles déjà existantes, notamment les RUU, les URDG et les incoterms, etc. L’objectif étant de permettre le déploiement du crédit documentaire, des garanties documentaires et des incoterms sur des formats d’EDI. Dès lors, on a vu apparaître dans les RUU 500 la notion de crédit documentaire électronique à travers les règles nommées e-RUU110, une nouveauté qui s’est réaffirmée dans la dernière version, les RUU 600. Il en est de même pour les incoterms 2000 et la nouvelle version des URDG. Dorénavant les documents commerciaux peuvent être émis, transférés, présentés et conservés électroniquement de bout-en-bout avec les mêmes fonctions et la même valeur juridique que ceux en papier.

2.1.2. Par le CMI 

C’est pour faire face à la célérité du flux physique des marchandises par rapport à la lenteur du flux documentaire que les transporteurs ont mis au point un système de transmission de données d’information qui allège les procédures traditionnelles du commerce international. Mais ils se sont heurtés au problème posé par la dématérialisation du connaissement maritime : un document négociable qui assure trois fonctions (la preuve du contrat de transport, la preuve de la réception des marchandises à bord et le titre représentatif des marchandises). Pour apporter des éléments de réponse à cette problématique, le Comité Maritime International (CMI) s’est beaucoup intéressé au connaissement électronique depuis les années 80. En subséquent, il a fait voté en 1990 les règles du CMI pour le Connaissement Électronique : des règles contractuelles à application facultative entre des partenaires commerciaux, créées dans l’optique de dépasser les problèmes juridiques soulevés par la dématérialisation du connaissement et par là même de remplacer le connaissement traditionnel sur papier par un équivalent électronique.  

2.1.3. Par la CNUDCI

La Commission des Nations Unies pour le droit commercial international est une institution de l’organisation des Nations-Unies. Son mandat est de promouvoir l’harmonisation et l’unification du droit commercial international, de manière à supprimer les obstacles aux échanges internationaux imputables aux insuffisances et aux divergences du droit commercial111. Dès l'apparition du phénomène électronique dans le commerce international, la C.N.U.D.C.I. a créé un groupe de travail dont la recherche est axée sur les É.D.I, avec l'objectif d'assurer la complétude et l'efficacité des règles juridiques qui y soient adaptées. On remarque la participation de plusieurs observateurs comme la CCI et le S.W.I.F.T. Le groupe de travail de la CNUDCI sur les É.D.I. a élaboré un projet de disposition réglementaire type sur les aspects juridiques des É.D.I. et des moyens connexes de communications

109 Mohammed Bedheri : « Le commerce électronique : quelles perspectives au Maroc ? », éd 1er -2001.110 Règles et Usances Uniformes pour la présentation électronique.111 Pour voir de manière détaillée les mandats de la CNUDCI, se référer au texte « Guide de la CNUDCI », document sur son

site web : www.uncitral.org

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qui a été adopté à la 28ème session du groupe de travail tenu à Vienne du 3 au 14 octobre 1994. Les

travaux de la C.N.U.D.C.I. avaient porté son groupe de travail à examiner les aspects juridiques du développement des É.D.I. dans le commerce international et à donner des recommandations aux États dans le but d'harmoniser le commerce électronique. Bien que les travaux aient porté essentiellement, et de façon remarquable, sur le transfert électronique de fonds, les problèmes juridiques posés par les É.D.I. concernaient, essentiellement, la preuve, la responsabilité, la sécurité juridique et la négociation des documents112.

La C.N.U.D.C.I. a consacré un intérêt considérable à l'uniformisation et à l'harmonisation des réglementations et des lois-types113 régissant le commerce électronique. Après un long processus, la C.N.U.D.C.I. a fini par adopter, en 1996, une loi-type sur le commerce électronique suivie d'un guide d'incorporation114 dans le droit internes. La loi-type prévoit des règles spécifiques pour le commerce électronique susceptibles de concevoir un régime juridique adapté aux nouvelles technologies et aux usages du commerce électronique. La situation idéale serait que tous les États adoptent cette loi ou s’en inspirent de manière à créer une uniformité internationale en matière de règles applicables au commerce électronique.

2.1.4. Par le CEFACT 

C’est un aussi un organisme des Nations unies dont l'appellation en français est Facilitation des Procédures Commerciales et le Commerce Électronique115. Il est chargé de l’élaboration de protocoles juridiques relatifs au commerce électronique. Cet organisme encourage une étroite collaboration entre les gouvernements et les entreprises afin d'assurer l'interopérabilité des échanges d'information entre les secteurs public et privé. Le programme de travail de cet organisme est large et comprend116 :

L’élaboration d’un modèle d’échange ; L’étude des obstacles juridiques et commerciaux nationaux au développement du

commerce électronique ; et L’authentification électronique.

Pour ce qui est de son actif, cet organisme a développé117 :

La formule-cadre, un standard pour les documents commerciaux des Nations unies ; UN/EDIFACT, un standard international pour les échanges électroniques ; de nombreuses autres recommandations.

2.1.5. Par l’UNECE 

112 Haroun Hadj Mbarek : « La dématérialisation des opérations de crédits documentaires internationaux », Mémoire pour l’obtention du grade maître en droit, Université Laval, Avril 2002, p.61.

113 Une loi type est un texte législatif qu’il est recommandé aux États d’incorporer dans leur droit national. C’est un bon moyen pour moderniser et harmoniser les lois nationales lorsque l’on pense que les États souhaiteront ou devront adapter le texte type aux conditions locales qui varient d’un système à l’autre, ou lorsqu’une stricte uniformité n’est ni nécessaire ni souhaitable. C’est précisément cette souplesse qui rend une loi type potentiellement plus facile à négocier qu’un texte contenant des obligations non modifiables et permet à une telle loi d’être acceptée plus facilement qu’une convention portant sur le même sujet. <Guide de la CNUDCI p.14-15>.

114 D’après la définition donnée par la CNUDCI, un guide d’incorporation est un complément qui accompagne une loi-type et qui contient des informations générales et des explications pour aider les gouvernements et les législateurs à se servir du texte de la loi type. Voir le « Guide de la CNUDCI », Publication des NATIONS UNIES, Numéro de vente: F.07.V.12

115 En anglais, c’est “Centre for Trade Facilitation and Electronic Business”. Voir le site de l’UNECE.116 Mohammed Bedheri, op. cit, p.97.117 Se référer au site : www.fr.wikipedia.org\wiki\CEFACT.

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L’U.E est très impliquée dans les questions juridiques et techniques particulières au commerce électronique et les EDI. Elle a mis sur pied sous l’égide de l’ONU, la Commission économique pour l'Europe des Nations unies. Cette institution établie pour encourager la coopération économique entre les États membres, est composée de 56 États membres : pays européens auxquels sont ajoutés les États-Unis, le Canada, Israël et les républiques d'Asie centrale 118. Dans le cadre de sa mission de promouvoir le développement de l’EDI, la commission a entamé des travaux portant sur les aspects techniques et juridiques d'un système européen d'échange électronique de données. Le projet Tedis119 a vu le jour en 1987 et il est arrivé à sa deuxième phase en juillet 1991. Les travaux menés dans le cadre de ce projet ont touché des aspects juridique et technique. L'accord Tedis traite les aspects juridiques des messages É.D.I. sous le prisme des principes du droit international privé. Les partenaires doivent respecter leurs obligations contractuelles et extra contractuelles d’autant plus que le lieu de formation du contrat É.D.I. détermine la loi applicable. Le projet É.D.I. européen prend soin de normaliser les différentes étapes relatives au document numérique dès sa création jusqu'à l'enregistrement et la conservation des données transmises sur un support tangible.

Du point de vue technique, le texte de Tedis fait référence à l'utilisation des normes universelles de communications qui sont les normes UN/EDIFACT, des normes qui constituent le standard à suivre pour harmoniser les échanges de données informatisées. La référence du projet de Tedis aux normes E.D.I.F.A.C.T milite en faveur de la création d'un standard d'É.D.I international qui l'emporte sur des normes et des codes régionaux.

2.2. La normalisation technique

La possibilité de faire circuler des documents commerciaux dématérialisés suppose l’existence d’un langage commun compris par les différents systèmes informatiques des intervenants du processus commercial. Ainsi, les documents échangés, leur contenu ainsi que leur format doivent être formellement standardisés. Mais avec la profusion des standards informatiques durant ces dernières décennies, due en grande partie par des initiatives de groupes ou de secteurs d’activité qui travaillent sans se préoccuper des autres, un problème d’incompatibilité limite l’instauration d’un cadre d’EDI universel. C’est pour dévier de cet obstacle qu’un langage a été crée : les UN/EDIFACT.

Un langage unique ne suffit pas pour créer toutes les conditions de vulgarisation de l’EDI, il faut en même temps mettre en place des procédés de signatures électroniques acceptés par les utilisateurs et juridiquement reconnues qui garantissent l’authenticité, l’intégrité, la fiabilité et la confidentialité dans la transmission des données ou des documents électroniques.

2.2.1. La norme UN/EDIFACT 

EDIFACT est l’acronyme pour Échange de données informatisées pour l'administration, le commerce et le transport120. C’est une norme élaborée par les Nations unies avec la collaboration d’ISO121 (International Organisation for Standardization) qui décrit les modalités techniques pour l’EDI dans

118 Voir le site de l’UNECE : www.unece.org119 Acronyme de “Trade Electronic Data Interchange Systems”.120 En anglais, Electronic Data Interchange for Administration, Commerce and Transport.121 L'International Organization for Standardization est le regroupement au niveau international des organismes nationaux de

normalisation. Au sein de l'ISO c'est le Comité technique en charge des technologies de l'information, le JTC1 qui se consacre au développement de l'EDI.

L'ISO TC154 a initié le Basic Semantic Register (BSR) proposant un répertoire de références universelles de la société de l'information afin de remédier à la prolifération des dictionnaires et des définitions de données souvent sémantiquement ambiguës. L'idée du BSR est donc de développer un glossaire multilingue permettant de garantir une interopérabilité sémantique entre les différentes langues afin de ne pas imposer l'anglais comme unique référence universelle. Les principales sources pratiques alimentant actuellement le BSR sont les dictionnaires EDIFACT.

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différents secteurs industriels. L’objectif étant de permettre à une échelle internationale, le recours des acteurs à des systèmes de transmission de données susceptibles de communiquer entre eux, c’est-à-dire respectant les mêmes normes techniques.

La norme UN/ EDIFACT est composée d’un vocabulaire, de “ règles de grammaire ”, le tout entrant dans la composition de messages standards.

le vocabulaire : Le “ Répertoire d’Eléments de Données Commerciales ” (Trade Data Elements Directory) Norme Iso 7372, comporte la liste de quelques huit cents notions de base qu’on est amené à utiliser à l’occasion des transactions commerciales, des opérations de logistiques et des relations entre l’administration et les entreprises.

la grammaire : Les “ règles de syntaxe au niveau de l’application ” (Norme Iso 9735) ont pour but de présenter les modalités d’agencement des données entre elles pour former des segments, ces derniers étant regroupés pour constituer des messages, les messages d’un même type pouvant être expédiés ensemble.

les messages standards : La syntaxe fonctionne comme un ensemble de règles de positionnement de l’information. Elle permet de constituer le message, élément de base de la télétransmission.Les messages standards couvrent les différentes étapes de la transaction commerciale : proposition d’affaire, demande de cotation, commande, facture, avis d’expédition, lettre de transport maritime.Des messages sont créés pour répondre aux besoins des différents secteurs d’activité, en prenant en compte leur spécificité mais sans trahir les règles générales122.

Tableau 9 : Exemples de messages EDI

Code du message Fonction du message

APERAK Erreur et accusé réception de l'application

DIRDEB Créditer un montant sur un compte

FINSTA État financier d'un compte

INVOIC Facture

PAYMUL Ordre de paiement multiple

PAYORD Ordre de paiement

REMADV Avis de paiement

2.2.2. Les caractéristiques du langage EDIFACT

2.2.2.1. La neutralité 

Sur le plan linguistique : EDIFACT définit un certain nombre de règles de présentation de l’information, de regroupement et de télétransmission, totalement indépendantes des langues : de plus en plus, une grande partie des données sont codifiées (ces codes sont composés de caractères latins et de chiffres arabes).

Vis-à-vis des machines : EDIFACT est utilisable quel que soit le système d’exploitation des ordinateurs intégrés à la chaîne transactionnelle. Le langage est supporté par les ordinateurs de

122 Emmanuelle Chelly, ibidem.

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toute marque, de tout type, de toute puissance, quel que soit le système de mise en œuvre. Cette “ universalité ” permet une utilisation des EDI et d’EDIFACT dans un système ouvert. Limiter la compatibilité d’EDIFACT à un programme revenait à la fois à créer un club fermé d’utilisateur et à mettre un fabricant en position de monopole.

À l’égard des réseaux de transmission ou des supports d’informations : les données normalisées et enveloppées selon les prescriptions de l’EDIFACT sont véhiculables sur tous les types de réseaux, depuis les plus simples jusqu’aux plus sophistiqués en passant par les plus répandus (tels que le télex).

Les données transmises d’ordinateur à ordinateur peuvent aussi être imprimées à tout moment.

2.2.2.2. L’adaptabilité d’EDIFACT

Le langage EDIFACT n’est pas figé. Les organismes chargés d’abord chargés de le créer sont maintenant chargés de l’enrichir en permanence et de répondre aux besoins des utilisateurs. Ces derniers ont la faculté de demander des ajouts, des suppressions ou des modifications aux règles édictées. Une procédure est prévue qui comprend une consultation élargie et un processus d’adoption internationale.

Cette adaptabilité permet aussi d’assurer la pérennité du langage et donc de fournir une garantie aux entreprises qui doivent investir pour entrer dans le réseau des EDI. Le langage s’adaptera mais ne connaîtra pas de changement radical demandant de nouveaux équipements123.

2.2.3. L’évolution des langages d’EDI 

L’un des obstacles notoires qui va à l’encontre de l’adoption d’EDIFACT est le coût exorbitant supporté pour la mise en place et la maintenance d’un système d’EDI basé sur ce langage. Ajouter à cela, la complexité de mise en œuvre de ce langage, les petites entités trouvent énormément de difficulté pour l’intégrer dans leur système d’information124. Alors, vers la fin des années 90, le W3C125 a mené le développement du langage XML considéré comme la base des échanges de données nouvelle génération, pour contribuer à rendre l'EDI beaucoup plus facile à mettre en place et à utiliser et le rendre moins coûteux avec une interopérabilité126 accrue.

Le système EDI est également en cours de développement sur internet, dans un souci de mise en place d'un EDI ouvert. Ainsi, UN/CEFACT, OASIS127 et de nombreux acteurs du commerce électronique ont uni leurs efforts pour concevoir un nouveau standard pour le commerce électronique.

L'objectif recherché et de permettre l’établissement de relations EDI entre entreprises n'appartenant pas à une organisation commune. Les entreprises souhaitant participer n'auraient donc pas à adhérer aux groupements EDI ou aux services EDI pour pouvoir effectuer des échanges de données. Le standard international d'échanges électroniques interentreprises ebXML (Electronic Business in XML)

123 Emmanuelle Chelly, ibidem. 124 Il convient de définir ce terme selon les textes de la CNUDCI : « un système d’information désigne un système

utilisé pour créer, envoyer, recevoir, conserver ou traiter de toute autre manière des messages de données  ». Réf publication <F.07.V.2>

125 Le W3C, World Wide Web Consortium, est un organisme international qui développe des standards pour le Web afin que les utilisateurs d’Internet puissent communiquer efficacement à travers cet outil. Ce consortium créé en 1994 assure le contrôle de l'évolution des technologies et des langages utilisés sur le Web.

126 L’interopérabilité est la capacité que possède un système informatique à fonctionner avec d'autres produits ou systèmes informatiques, existants ou futurs, sans restriction d'accès ou de mise en œuvre.

127 OASIS est un consortium international à but lucratif, regroupant un ensemble d'acteurs offrant des solutions aux utilisateurs qui souhaitent faire accélérer l'adoption de standards autour de XML. OASIS est étroitement lié au W3C.

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qui a été ratifié en mai 2001 n'a donc pas vocation à remplacer la norme EDIFACT, particulièrement adaptée aux échanges de gros volumes entre partenaires stables, mais bien à la compléter.

EbXML, en s'appuyant sur les technologies d'internet et sur le métalangage XML conçu par un groupe de travail du W3C (modélisation objet, architectures distribuées ...), tente de concevoir des modèles d'échanges plus intégrés et plus réactifs permettant de réduire les difficultés d'identification des partenaires commerciaux afin de leur permettre de contracter plus rapidement par voie électronique.

2.2.4. La sécurisation de l’EDI par la signature électronique

Le développement de l’EDI dans les transactions suppose que les informations soient transmises en parfaite sécurité. L’obtention d’un niveau de sécurité adapté aux risques inhérents à la transmission d’informations commerciales ou financières, par nature sensibles, implique l’utilisation de procédés de signature électronique, c'est-à-dire des techniques permettant pour reproduire dans un environnement électronique certaines ou la totalité des fonctions identifiées comme caractéristiques des signatures manuscrites ou d’autres méthodes traditionnelles d’authentification.

Il existe divers mécanismes techniques qui peuvent être tenus pour des signatures électroniques, mais nous allons nous focaliser sur la signature numérique, l’une des méthodes les plus répandues et dont le vocable « signature électronique » fait référence.

2.2.4.1. La signature numérique

La signature numérique désigne des applications technologiques qui utilisent la cryptographie asymétrique, autrement dit un système de chiffrement à clef publique, pour garantir l’authenticité de messages électroniques et l’intégrité de leur contenu.

La signature numérique peut prendre de multiples formes, telles que la signature avec arrêt sur défaillance, la signature aveugle et la signature indéniable128.

La signature numérique repose quant à elle sur des procédés de cryptographie qui assurent des fonctions de chiffrement. C’est grâce à la cryptographie, branche des mathématiques appliquées, qui s’occupe de la transformation de messages en des formes apparemment inintelligibles et de leur restitution dans leur forme initiale, que les signatures numériques sont créées et vérifiées.

2.2.4.2. Présentation des techniques de chiffrement utilisées

Dans le cadre de la méthode de chiffrement par cryptologie symétrique dite «  à clé unique », les parties disposent chacune de la capacité de chiffrer et de déchiffrer les messages cryptés, puisqu’elles partagent une clé identique qui leur permet de crypter et de décrypter le message. Si cette technique a l’avantage de la facilité, son utilisation dans le cadre de réseaux ouverts ne semble pas satisfaisante, ne serait-ce que par le risque inhérent à la communication de la clé à son partenaire via le réseau. Si un tiers interceptait cette clé il pourrait ensuite déchiffrer tous les messages cryptés avec cette clé.

Dans le cadre de la cryptologie asymétrique dite « à clé publique » qui est utilisée dans la mise en œuvre des signatures électroniques, chaque partenaire dispose de deux clés complémentaires : une clé privée et une clé publique qui d’un point de vue mathématique constitue la fonction irréversible de la

128 Définition de la CNUDCI extrait de sa publication intitulée : « Promouvoir la confiance dans le commerce électronique : questions juridiques relatives à l’utilisation internationale les méthodes d’authentification et de signature électroniques  », A.25 p.17. Ce document de référence général qui traite spécifiquement les questions juridiques liées à l’authentification et à la reconnaissance internationale des signatures électroniques fournit une analyse sur l’ensemble des méthodes de signatures et d’authentification électroniques dans les opérations internationales et de leur traitement juridique dans divers pays. Le document est accessible sur le site de l’institution.  < F.09.V.4>

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première129. L’expéditeur cryptera le message avec sa clé privée qu’il conservera secrète. Il communiquera à son partenaire sa clé publique que ce dernier utilisera pour décrypter le message codé avec la clé privée de l’expéditeur. Seule la clé publique de l’expéditeur permet de décoder un message encodé avec sa clé privée130 (voir illustration).

Figure 38 : Exemple de fonctionnement de la signature numérique sur l’infrastructure SWIFTNet

Expéditeur Destinataire

Clé publique de cryptage du Destinataire

Clé publique de décryptage du Destinataire

Clé privée de signature de l’Expéditeur

Clé privée de vérification de l’Expéditeur

Répertoire de SWIFTNet

Signature

Cryptage

HSMHSM

2.2.4.3. Les fonctions de la signature électronique

Il convient donc d’étudier plus précisément, dans un premier temps, la fonction d’identification du signataire puis, dans un second temps, les fonctions d’intégrité et d’authentification de l’écrit électronique, assignées à la signature électronique.

▪ L’identification du signataire

La fonction première de la signature est de permettre l’identification de son auteur et de s’assurer de son consentement. Elle garantit donc l’imputabilité de l’acte.

De l’identification classique à l’identification numérique : dans les rapports contractuels classiques le rôle de l’identification assuré par la signature peut être contrôlé à priori. Cependant les parties étant en relation physique, la vérification de la signature s’effectue essentiellement à postériori à des fins probatoires lors d’un litige.

Au contraire, lors de rapports contractuels sur les réseaux, les parties ne sont pas présentés physiquement ce qui accroît l’importance de la signature. Dans le cadre de la participation à un réseau fermé type EDI les partenaires doivent ainsi s’identifier préalablement en s’enregistrant auprès de l’autorité qui gère le réseau. Au contraire, dans les réseaux ouverts de type internet les personnes ne se connaissent pas et n’ont pas, au préalable à apporter la preuve de leur identité. Dès lors la signature électronique prend toute son importance, puisqu’elle remplit à elle seule les fonctions d’identification de l’interlocuteur et d’expression de son consentement.

▪ L’intégrité de l’écrit électronique

129 Cathie-Roshalie Joly, opus citatum, p.88-92-93.130 Bien que le recours à la cryptographie soit l’une des principales caractéristiques des signatures numériques, le simple fait

qu’une signature numérique soit utilisée pour authentifier un message contenant des données sous forme numérique ne doit pas être assimilé à l’utilisation plus générale de la cryptographie à des fins de confidentialité. Le codage pour raison de confidentialité est une méthode utilisée pour coder une communication électronique de manière que seuls l’initiateur et le destinataire du message seront en mesure de le lire. Dans un certain nombre de pays, la loi restreint l’utilisation de la cryptographie à cette fin pour des raisons d’ordre public qui peuvent comporter des considérations de défense nationale. CNUDCI < F.09.V.4>

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Sous l’empire de la signature manuscrite l’intégrité du document était assurée, non au moyen de la signature elle-même, mais par le biais du support papier qui la recevait. Le contenu étant quasiment indissociable du support ce sont ces qualités fonctionnelles de ce dernier qui permettent d’assurer l’intangibilité et la répudiation du contenu. En effet, non seulement le support papier est quasi inaltérable puisque les fraudes sont difficiles à dissimuler (les ajouts, modifications ou ratures se décelant assez facilement), mais en plus c’est un support relativement stable qui se dégrade peu lorsqu’il est conservé dans de bonnes conditions.

Dans le monde numérique au contraire, cette garantie de l’intégrité du contenu incombe à la signature électronique fondée sur des méthodes de chiffrement permettant de vérifier de façon certaine si l’intégrité du contenu échangé est préservée. La notion d’intégrité de l’écrit électronique instaure dès lors une certaine correspondance avec la notion d’original pour le support papier.

Il est impératif que le destinataire d’un paiement électronique ne puisse pas après réception de ce dernier, affirmer ne pas avoir eu connaissance du paiement ou de son contenu. Il convient donc de garantir que le message reçu est totalement identique à celui qui a été envoyé, c'est-à-dire que pendant la durée de la transmission, aucune modification du message ou d’une partie du message n’a pu avoir lieu. Cette fonction est assurée par le dispositif de cryptage qui émet une information codée de telle sorte que cela permette de vérifier que le message transmis ne comporte aucune modification131.

Enfin, on a vu que les institutions internationales ont joué et continuent de jouer un rôle important dans la promotion et la normalisation de la dématérialisation des documents du commerce international. Mais ce fait s’est conjugué à des changements importants dans le domaine de la finance du commerce international : les opérateurs optent davantage pour des solutions de paiement et financement plus souples et moins coûteuses qui obligent les banques à de plus en plus adopter des procédures de paiement dématérialisées.

3. Les tendances contemporaines dans la finance du commerce international

À l’orée de ce vingt-et-unième siècle marqué par une mondialisation exacerbée, les changements économiques et politiques notés plus particulièrement dans les marchés émergents cumulés aux effets pervers et réducteurs des crises financières et économiques répétitives132 sur les échanges mondiaux, ont réduit le volume des transactions commerciales mondiales133 (voir figure 10).

Figure 39 : Croissance annuelle en volumes du commerce international (1981-2008)

131 Cathie-Roshalie Joly, ibidem.132 En période de crise, l’aversion grandissante du risque est à l’origine du resserrement des critères de financement des

transactions internationales dû à la forte probabilité de défaut sur crédit et de non paiement. À l’avenant, le volume et les flux transactionnels à l’international en pâtit, comme en témoignent les crises asiatiques en 97 et mondiales en 2008.

133 Rick Striano: « Where’s the Internet in Trade Finance ? », Worldtrademag.com.

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Source : Banque mondiale, Perspectives économiques mondiales 2009. 

Par conséquent, le marché de la finance du commerce international s’est contracté, fragmenté et devenu moins liquide, obligeant les acheteurs et vendeurs à passer beaucoup plus de temps et à travailler davantage pour égaler les opportunités. Ceci a pour résultat d’accroître les coûts transactionnels134, d’où la nécessité de se rabattre sur des formules de financement plus souples et moins coûteuses. C’est pourquoi, la dématérialisation incite de plus en plus les opérateurs à avoir recours aux comptes ouverts et au crédit documentaire électronique.

3.1. Les nouvelles exigences de souplesse dans le paiement et le financement des transactions internationales

Les lettres de crédit et les encaissements documentaires sont les instruments classiques de financement du commerce international. Dans le passé, les vendeurs utilisaient généralement l'un ou l'autre de ces modes de paiement pour financer leurs activités et diminuer les risques courus par les acheteurs. Au cours des cinq dernières années, cependant, leur importance a fléchi d'environ cinq pour cent par an. Les acheteurs, tout comme les vendeurs, leur reprochent leur complexité, leur lourdeur et leurs coûts élevés.

Par conséquent, ils leur préfèrent de plus en plus souvent le compte ouvert, un mode de paiement plus simple, qui exige moins de temps et moins d'argent.

3.1.1. La poussée du compte ouvert

Le compte ouvert rend superflues plusieurs des caractéristiques d'atténuation des risques associées aux produits classiques de financement du commerce international.

Lors d'un échange commercial effectué au moyen d'un compte ouvert, le vendeur expédie ses marchandises et transmet une facture à l'acheteur. L'acheteur règle la facture en envoyant un chèque ou un paiement électronique au vendeur.

Contrairement aux lettres de crédit et aux encaissements documentaires, les comptes ouverts n'exigent des banques qu'une contribution minime : leur rôle se limite au traitement des chèques et des paiements, ce qui ne leur procure aucune prise directe sur la chaîne logistique de leurs clients.

Figure 40 : Évolution et tendance sur le marché de la finance du commerce international

Paimentcomptes ouverts

Moinsd’interventionsdes banques,

Risquesplus importantspour les entreprises

Moinsde margespour les banques

Eventaildes risques pour les entreprises

ValeurRisque

Créditsdoucmentaires

(+) ( -)

À l'heure actuelle, cette tendance vers les paiements sur comptes ouverts se solidifie car ces opérations représentent environ 85 % de l'ensemble des opérations de financement du commerce international, contre 15 % seulement pour les instruments traditionnels. Et la tendance se maintient, confinant les banques à une participation toujours plus minime au financement du commerce international de leurs clients.

Figure 41 : L’utilisation des instruments de la finance du commerce international en chiffre

134 Voir le rapport du FMI sur la finance du commerce international de 2008.

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81%

11%

5%3%

Comptes ouverts

Crédits documentaires

Encaissemnts documentaires

Autres

Source: Global Business Intelligence Corp report commissioned by Misys. D’après le business forum Mumbai-2005

Néanmoins, les sociétés ont besoin d'aide pour gérer efficacement leur chaîne logistique élargie. Selon une étude du cabinet Aberdeen Group effectuée en 2006, 90 % des entreprises estiment que la technologie qu'elles utilisent pour gérer leur chaîne logistique mondiale « ne répond pas convenablement et à temps à leurs besoins d'information financière »135. Par conséquent, elles sont à la recherche de nouvelles approches créatives qui augmenteront la réactivité, la transparence, l'efficacité, l'efficience, la fluidité et la prévisibilité des opérations dans l'ensemble de leur chaîne logistique136.

3.1.2. Le crédit documentaire électronique

Depuis que les possibilités de dématérialiser les documents commerciaux ont suscité de l’intérêt chez les acteurs du commerce international, la question du crédit documentaire électronique est devenue un vaste chantier sur lequel la CCI, le SWIFT, les banques et d’autres agences spécialisées ont consenti beaucoup d’efforts ayant abouti à une évolution certaine vers des normes et des technologies capables d’éliminer entièrement ou partiellement le papier dans les procédures de paiement par crédit documentaire. En ce qui concerne les banques, grâce au système SWIFT, elles ont déjà informatisé une grande partie des procédures relatives à la gestion du crédit documentaire (émission, notification, paiement).

Malgré ces avancées notables dans l’informatisation des documents commerciaux, des problèmes d’ordre pratique ont surgis et remis en question la viabilité des documents électroniques notamment dans le cas du connaissement. En revanche, même si ils persistent encore, ces obstacles sont en phase d’être dépassés car des plateformes e-banking en collaboration avec des infrastructures comme Bolero ont montré la faisabilité d’une procédure de paiement par crédit documentaire électronique encore plus à mesure que les règles uniformes de la CCI ont suivi cette évolution vers le crédit documentaire sans papier avec la publication des eRUU.

3.1.2.1. L’adaptation des textes de la CCI : les incoterms et eRUU

La vulgarisation de l’EDI n’a pas épargné le crédit documentaire. Mais ce n’est que lors des révisions des RUU en 1993 et des Incoterms en 1990 que le crédit documentaire électronique ait pu être envisageable dans les transactions internationales car les règles antérieures de la CCI avaient demeuré entièrement attachées au papier. Même dans les RUU 500, on ne permettait que les messages électroniques alors qu’on n’évoquait pas la suppression du papier au bénéfice de documents électroniques. Guidée par son souci d’adapter ses normes aux évolutions technologiques et aux

135 Aberdeen Group : « Get Ahead with Supply Chain Finance: How to Leverage New Solutions for End-to-End Financial Improvement », Juillet 2006.

136 Voir l’étude technique réalisée par le Groupe CGI : « La Chaîne Logistique Financière : le nouveau modèle que les banques commerciales utilisent pour renforcer leurs liens avec leurs clients », 2007, p.4. Le document est accessible sur leur site : www.cgi.com

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besoins du marché, la CCI a fini par consacrer au crédit documentaire électronique un cadre juridique plus explicite dans les RUU 600. Aussi, la CCI n’a pas manqué à d’adapter les termes de vente internationale aux exigences de l’EDI et du crédit documentaire électronique, l’un des motifs de leur révision et de l’adoption des incoterms 2000.

Toutefois, à cause des problèmes survenus dans les tentatives de dématérialiser les documents commerciaux, la CCI a su que l’adoption universelle du crédit documentaire sans papier est une marche de longue haleine et qu’il faut nécessairement faire cohabiter, dans ce moyen de paiement, à la fois le papier et l’électronique pour permettre aux opérateurs d’effectuer une transition en douceur. C’est pour cette raison que la version des RUU publiée en 2007 a été accompagnée par un supplément qui définit les dispositions particulières applicables au crédit documentaire électronique. Ainsi, l’article 1 des eRUU stipule que :

« le supplément aux RUU pour la présentation électronique (« eRUU ») complète les RUU 600. Il a pour objet de permettre la présentation d’enregistrements électroniques seuls ou en association avec des documents papier »137.

Ce supplément continue avec des définitions, des précisions sur le format électronique, des spécifications sur la présentation et l’examen, etc.

Malgré le caractère évolutif de ces règles, il leur est difficile de saisir la mouvance des technologies et des systèmes nécessaires à la présentation électronique du crédit documentaire. C’est pourquoi, elles réclament leur indépendance vis-à-vis de ces technologies ou systèmes en donnant toute la latitude aux parties de convenir desquels elles comptent utiliser.

3.1.2.2. Les obstacles au crédit documentaire sans papier

L’utilisation du crédit documentaire électronique dans une transaction internationale procure des avantages inestimables aux parties concernées. Dans cette procédure les documents en papier sont supplantés par des documents électroniques. Par conséquent, il faut nécessairement créer les versions électroniques des documents en papier du commerce international tout en attribuant aux formats électroniques les mêmes fonctions remplissent les documents en papier.

Or, ces fonctions sont difficiles à informatiser comme il a été le cas du connaissement maritime. Pourtant, des efforts multipliés ont été fournis pour réussir l’informatisation du connaissement depuis les années 80 sous la houlette du CMI.

En sus, les conditions de réalisation du crédit documentaire dématérialisé ne sont pas faciles à réunir. Puisqu’il est nécessaire que toutes les parties utilisent un système d’EDI sous la forme d’une plateforme électronique centralisée sur laquelle circulent des flux documentaires dématérialisés entre les partenaires.

3.2. L’émergence de modèles de plateformes électroniques

Dans la marche vers la dématérialisation des échanges documentaires à l’international ainsi que des procédures relatives au paiement international, nous avons été témoins à l’émergence d’une multitude de plateformes ad hoc. Ces plateformes sont des infrastructures d’EDI qui sont soit issues d’initiatives gouvernementales (c’est le cas de la Corée du Sud avec le « uTradeHub Project) soit d’organismes coopératifs (à l’instar du Bolero project géré par le SWIFT) soit d’initiatives privées (comme les infrastructures autonomes ou intégrées de banques multinationales).

137 Article e1 : « Champ d’application des eRUU », supplément des RUU-600 (révision 2007 de la CCI).

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En revanche, même si ces initiatives parallèles n’ont rien de différentes dans leur finalité, la différence de leur approche ou de leurs standards technologiques limite implacablement leur portée. Il est tout à fait nécessaire donc de les imbriquer pour l’émergence d’une plateforme universellement adoptée. C’est la raison d’être de Bolero ; une plateforme qui permet aux banques de pourvoir des solutions de paiement et de financement à leurs clients par l’e-banking.

3.2.1. L’e-banking : une niche porteuse

L’e-banking est un terme générique qui désigne le processus par lequel des clients d’une banque effectuent électroniquement des transactions bancaires sans se rendre physiquement sur les lieux de l’institution138. Les termes suivants se réfèrent de manière interchangeable à l’e-banking : l’Internet banking, la banque virtuelle, la banque en ligne, la banque électronique à distance, etc.

Dans sa forme la plus simple, l’e-banking peut signifier l’exécution de transactions financières et la provision d’informations concernant une banque et ses services via un site web ou via un logiciel propriétaire installé sur un ordinateur distant. Les services d’e-banking les plus sophistiqués peuvent fournir aux clients de banque l’accès à leurs comptes, la possibilité de transférer de l’argent de compte en compte et effectuer des paiements ou demander des prêts en ligne. Mais aux fins de notre sujet, nous allons utiliser le terme e-banking pour décrire la provision de services financiers par un établissement bancaire à ses clients entreprises.

Avant de parler comment l’e-banking a changé les méthodes de paiement, il convient de s’attarder un peu sur son évolution. Historiquement, il y’a eu des développements significatifs dans le secteur des services de la finance électronique durant les 30 dernières années. Les innovations technologiques et les mouvements de dérégulation dans l’industrie financière en générale et bancaire en particulier dans les années 80 et 90 a placé les technologies de l’information et de la communication dans une nouvelle dimension. Ce qui a exacerbé la concurrence et la pression en matière d’innovation.

L’Internet est relativement un canal pour délivrer des services bancaires. À ses débuts dans les années 80, plusieurs initiatives ont échoué vu que le nombre d’utilisateurs n’était pas conséquent. Mais avec la croissance rapide d’autres types de services électroniques depuis le milieu des années 90, les banques ont renouvelé leur intérêt aux modes de livraison électroniques de leurs services utilisant l’Internet. L’éclatement de la bulle de l’Internet au début de 2001 a, certes, estompé l’engouement et fait disparaître des opportunités ; mais pendant que les compagnies « dot.com » et les acteurs de l’Internet se démenaient pour leur survie, le commerce électronique se rétablissaient vigoureusement de ce choc et la plupart de ses composants tel que l’e-banking ont progressivement et dans certains cas spectaculairement cru dans la plus grande partie du monde.

L’expansion de l’e-banking a coïncidé avec l’augmentation des connections avec bandes passantes à grande vitesse et la maturation progressive des utilisateurs d’Internet. L’autre facteur qui a favorisé l’expansion de l’e-banking est que les banques ont trouvé ses avantages très attrayants et sont par conséquent plus disposées à les offrir aux clients en option139.

Parmi les avantages de l’e-banking, on peut généralement citer : l’économie de temps et d’argent, la simplicité d’utilisation, la disponibilité, le contrôle direct des fonds, la possibilité d’intégration directe dans le système d’information, etc. Bien que ces avantages soient très appréciables, les entreprises ne sont jusqu’à présent très séduites par cette les opérations bancaires électroniques. Le problème majeur est d’ordre sécuritaire. L’évolution de l’e-banking n’est vraiment pas allée de paire avec des avancées

138 Dr. Carl A. Nelson: “Import/Export: How to Take Your Business Across Borders”, Fourth Edition, The McGraw-Hill Companies, 2009, p.95.

139 Mahmood Shah & Steve Clarke: « E-Banking Management: Issues, Solutions, and Strategies », IGI Global, 2009, p.3.

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probantes dans la sécurisation des systèmes informatiques. Malgré le développement de la cryptologie informatique et la signature numérique, les systèmes restent toujours vulnérables.

En revanche, les institutions bancaires investissent aujourd’hui, davantage dans des technologies consistantes et futuristes pour la mise œuvre de plateformes e-banking. La tendance vers la dématérialisation des documents commerciaux internationaux a suscité des améliorations dans les services fournis dans l’e-banking. En collaboration avec d’autres intervenants dans les procédures des transactions internationales, les banques ont développé des solutions d’e-banking qui offrent aux importateurs et aux exportateurs des possibilités de gestion des paiements/encaissements depuis une plateforme électronique. En plus de dématérialiser leurs opérations de paiement international, les entreprises ont la possibilité d’intégrer la plate-forme à leur système d’information et à leur workflow140, ce qui leur donne plus de rapidité dans la collecte et la réconciliation des données et une parfaite visibilité sur leur trésorerie. Cette visibilité est une condition sine qua non pour optimiser le fonds de roulement et les ressources en trésorerie par un contrôle et une maîtrise de la chaîne de logistique financière.

En parallèle à l’e-banking, des projets supranationaux comme Bolero ont vu le jour durant cette dernière décennie. Leur objectif étant principalement d’offrir des solutions alliant dématérialisation des flux documentaires dans le commerce international et concrétisation du modèle de la chaîne de logistique financière.

3.2.2. Le Bolero Project

Durant les 20 dernières années, l’industrie bancaire a migré vers l’utilisation des systèmes électroniques, particulièrement en matière de transfert de fonds. Grâce au réseau de SWIFT, le noyau central des échanges internationaux entre institutions financières, des opérations de virement ou bien sur titres se réalisent instantanément à travers le globe. C’était juste, donc, une question de temps avant que les opérateurs du commerce international n’aient commencé à examiner les possibilités d’accélérer le transfert des documents. En outre, même avec la réduction des délais de livraison des marchandises (les navires sont plus rapides), le mouvement des documents de transport n’est pas plus véloce qu’il y’a cinquante ans141.

L’autre complexité induite par les documents du commerce international est la multiplicité des acteurs qui les produisent, la redondance dans l’échange des documents en papier et leur coût subséquent (voir figure).

Figure 42 : Le problème de l'utilisation du papier et des échanges multipliés dans le commerce international

140 Le Workflow est une application de gestion d’un ensemble de tâches répétitives s’inscrivant dans un processus de travail en groupe. Il permet d’organiser le travail d’une communauté d’utilisateurs tout le long de la chaîne du travail en orchestrant l’échange de l’information. <Rapport CNCE>

141 Eric Bishop: “Finance of International Trade”, Elsevier Butterworth-Heinemann, 2004, p.62.

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VAN

EDI Internet

Propriétaire

Mail

Courrier

FaxImportateurs

Douanes

Assureurs Banques

Agences

Exportateur

Transporteur

Transitaire

Électronique

Manuel

Coût global du papier dans le commerce international

$420 Milliards par an

7% du coût dans le

commerce international

Source   : Bolero

C’est ainsi qu’un groupe de parties intéressées, comprenant SWIFT et le TTClub (Through Transport Club) se sont engagées sous forme d'une coentreprise (50/50) dans le projet Bolero en 1994 ; un projet devenu opérationnel depuis septembre 1999. Le TTClub, créé en 1970, regroupe des transitaires, des assureurs, des compagnies de navigation, et représente à travers ses membres les deux tiers du trafic mondial des conteneurs. Le but de ce projet est d’abord de trouver une méthode alternative pour la production et la transmission des documents. Un tel système devrait répondre à certains critères avant qu’il ne soit introduit commercialement et vendu aux opérateurs du commerce international. Le système doit être rapide, sûr, confidentiel et flexible142.

Le système Bolero est une infrastructure technologique et légale pour faciliter les transactions à travers des moyens électroniques. Il implique la technologie de l’information numérique pour transférer des messages et sauvegarder certaines informations, et un système légal de règles (les rulebook143) adoptées pour déterminer les effets de certains messages et des mises à jour sur les informations stockées144.

La communauté électronique bolero.net compte déjà plus de 100 intervenants : les principales banques et compagnies maritimes mondiales, des assureurs, des transitaires et les plus importantes entreprises spécialisées dans le commerce du café, du tabac, de l'acier, etc.

Le projet englobe un ensemble de technologies permettant l’identification, l’authentification et la conservation des messages reçus et transmis. Ces technologies distinctes sont : le Registre Central, les autorités de certification/enregistrement et les Rulebook, etc.

Ainsi, le service bolero.net s’appuie sur deux systèmes :

▪ Un système de messagerie central sécurisés (Core Messaging Platform) qui offre les avantages suivants :

la sécurisation des documents (cryptage, signature numérique) ; la garantie de délivrance ;

142 Eric Bishop, ibidem.143 Les “ Rulebook ” sont des corps de règles auxquelles sont soumises les opérations effectuées au travers du système Bolero.

Le “ Rulebook ” réglemente la standardisation des messages, la constitution des preuves et définit les obligations contractuelles des parties. Ce “ recueil ” énonce aussi que la loi applicable est la loi anglaise.

144 Cf à l’ “Appendix to Bolero Rulebook Operating procedures”, p.1

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la conservation de l'empreinte du document d'origine ; l'interopérabilité (modèles de documents XML s'appuyant sur les standards UN/Edifact et

ANSI X.12145) ;

▪ Un système d'enregistrement des droits (Title Registry), qui confère aux connaissements dématérialisés les mêmes fonctionnalités que les connaissements sous forme papier, avec sécurité renforcée : notification automatique aux parties, transfert des droits et obligations, chaînes d'endos, management des modifications, intégration de la notion de gage, etc.146

Il faut noter que le projet Bolero a été conçu pour répondre aux problèmes complexes d’informatisation du commerce international (documents et opérations) en particulier le connaissement maritime du fait que la majorité des transactions s’effectuent par voie maritime. La dématérialisation du connaissement maritime est la clé de voûte du projet Bolero qui est un document négociable, transférable par voie d’endos147. L’infrastructure de Bolero fournit donc des solutions d’échanges électroniques des documents commerciaux basée sur un système centralisé (voir Figure 43: Bolero :un modèle de plateforme centralisée).

Figure 43 : Bolero : un modèle de plateforme centralisée

DouanesAssureurs Banques

Agences

ExportateursTransporteurs

Transitaire

Manifeste B/ Ls

Déclaration douanière

Documents L/ C

Offre, instructions transports

LicencesBon de commande

Documents d’assurance

B/ Ls, notification du transport

Bolero.netImportateurs

Sur le plan institutionnel, le projet Bolero est doté d’un organisme appelé l’association Bolero qui constitue la deuxième étape de la réalisation de ce projet. L’association Bolero Limited (Bal) est une organisation qui coiffe un projet industriel regroupant les administrations nationales et celles des sociétés privées. Elle est chargée de développer de nouvelles infrastructures légales et techniques du commerce international.

Pour ce qui est de l’utilisation de la plateforme Bolero, de multiples avantages peuvent être notés :

Le coût relativement bas de l’utilisation de ce système ; La suppression totale du papier et de ses coûts dans les processus des transactions ; La rapidité et la productivité dans les traitements documentaires ; Le gain de temps énorme dans la saisie et la circulation des documents ; La non-répudiation grâce aux rulebooks ;

145 L’ANSI X.12 est un corps de standards d’EDI accrédités par l’ANSI (American National Standards Institute), l’organisme responsable chargé du développement et de l’approbation sur consensus volontaire de standards aux États-Unis. Pour éviter une concurrence entre les standards ANSI X.12 américains et les normes EDIFACT internationales, le comité ASC X.12 a déployé des efforts de rapprochement à l’EDIFACT durant les années 90.

146 Le Moniteur du Commerce International (MOCI), Denis Chevalier & Bernard Stoven : « L’EDI au service du commerce international », n° 1563, 12 septembre 2002.

147 Mohammed Bedheri, op cit, p.96

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La réduction des erreurs et des risques opérationnels ; La sécurité et la fiabilité du système ; L’initiation et le suivi de crédit documentaire électronique et des paiements sur comptes

ouverts ; La visibilité de bout-en-bout et la prédictibilité sur l’ensemble de la chaîne logistique ; L’intégration du modèle de chaîne logistique financière, etc.

Même si ces avantages sont très prisés par les acteurs du commerce international, il n’en demeure pas moins que le système Bolero n’est pas parvenu à ce jour à susciter leur enthousiasme. Le scepticisme et le manque d’engouement pour cette plateforme sont bien dus à des motifs juridiques et sécuritaires justifiés à tort ou à raison. Il y’a aussi les difficultés à informatiser les fonctions connaissement en papier d’autant plus que la standardisation internationale n’a pas immédiatement connu le succès.

Mais aujourd’hui, Bolero se fait connaître de plus en plus auprès des opérateurs en raison que les stratégies d’achat et de vente à l’international privilégient le modèle de la chaîne de logistique financière qui implique nécessairement la dématérialisation des documents des transactions.

B. Le modèle de la chaîne de logistique financière

Le modèle de la chaîne de logistique financière est devenu depuis quelque temps un sujet qui fait couler beaucoup d’encre. Pour comprendre le fonctionnement de ce modèle qui a suscité un grand intérêt dans l’industrie de financement et chez des groupes de recherche indépendants, nous allons d’abord évoquer le contexte qui tend à l’imposer aux opérateurs du commerce international.

Dans le contexte d'un marché qui se mondialise davantage chaque jour, il est de plus en plus ardu, pour une entreprise, de préserver ses avantages concurrentiels.

Incapables de suivre les déplacements des biens qu'ils ont commandées, les acheteurs ont du mal à prévoir à quel moment ils recevront leurs marchandises ou devront effectuer des paiements. Cela les oblige à maintenir des stocks plus importants et des liquidités plus élevées afin de pallier à toutes les éventualités. Ils pressent donc les vendeurs de leur accorder des délais de paiement plus longs, ce qui a une incidence néfaste sur les prix, sur la qualité des relations entre vendeurs et acheteurs ainsi que sur la stabilité du bassin de fournisseurs.

La même dynamique empêche souvent les vendeurs d'obtenir leurs paiements aussi vite qu'ils le souhaiteraient. La plupart d'entre eux doivent attendre leur dû 45 jours, et même parfois jusqu'à 90 ou 120 jours. Cependant, compte tenu des pays où ils sont établis et de leur taille, de nombreux vendeurs ne peuvent pas obtenir du crédit à court terme à prix raisonnable. En réclamant des délais de paiement plus longs, les acheteurs accroissent encore davantage les pressions qui s'exercent sur les vendeurs, les forçant souvent ainsi à augmenter leurs prix ou à se retirer du marché.

Cette configuration met en péril l’équilibre économique de leur réseau de fournisseurs qui ne sont plus en mesure de répondre à ces exigences en raison de leur instabilité financière. Ultimement, les acheteurs s'exposent à des risques accrus, car la disparition de leurs fournisseurs menace leur existence eux-mêmes. Si cette situation tendue est conjuguée aux risques du commerce international (risque pays, risques de crédit, etc.), il en résulte que les entreprises subissent davantage des pressions montantes sur leurs besoins en fonds de roulement. Il faut leur donc impérativement gérer et optimiser

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le besoin en fonds de roulement (BFR148) pour augmenter leur possibilité d’autofinancement de leur cycle d’exploitation à un coût et risque contrôlés à travers une solution gagnant-gagnant.

Or, en matière d'optimisation du BFR, la clef du succès est de gérer simultanément les chaînes d'approvisionnements physiques et financières149.

Le groupe Aberdeen150 décrit les deux chaînes d'approvisionnements comme suit :

▪ La chaîne de logistique financière (Financial supply chain) décrit les activités impliquées dans la planification et l'éxécution des paiements entre les partenaires commerciaux par divers instruments, y compris les taux de change, et les risques de crédit liés aux pays. Elle implique la gestion des moyens de paiement, de la trésorerie, du cash & credit management et du BFR (Working Capital Requirement).

▪ La chaîne de logistique physique (Physical supply chain) décrit les activités impliquées dans la planification et l'éxécution de la circulation des marchandises, y compris les services d'approvisionnement, de fabrication, de stockage, et leurs documents respectifs (par exemple, bons de commande, de transport, documents de douane, etc...). Elle implique la gestion des achats, de l'approvisionnement, de production et de la logistique.

Le commerce international implique de réaliser un parallèle et une étroite liaison entre les deux chaînes d'approvisionnements (supply chains) : financière (financial) et physique (physical). Les deux chaînes d'approvisionnements commencent toutes deux par le processus de commande. La gestion de la chaîne d'approvisionnements physique a évolué vers différentes fonctions de logistique comme le transport et les expéditions jusqu'à la livraison effective. De cette manière, les sociétés ont réalisé d'importants bénéfices tels qu'une réduction des coûts de production, des stocks, des délais de livraison et des frais d'exploitation. Mais jusqu'ici les grands absents des processus d'entreprise ont été les solutions pour la gestion des données et des services financiers à travers la chaîne d'approvisionnement globale.

Une des raisons qui nous poussent à s’intéresser, aujourd’hui, à la gestion de la chaîne de logistique financière qui n’est pas une chaîne décalée de la chaîne de logistique physique. Au contraire, ces deux chaînes entretiennent des relations très étroites et se doivent être intégrées.

Figure 44 : L’interaction des deux chaînes logistiques : physique et financière

148 Le Besoin en Fonds de Roulement (BFR) représente le décalage de trésorerie provenant de l’activité courante de l’entreprise (l’exploitation), autrement dit il résulte des décalages entre les décaissements et encaissements des flux liés à l’activité de l’entreprise. Son expression simplifiée est la suivante : BFR = stocks + créances clients - dettes fournisseurs. (Source les guides Sage : "L’optimisation durable du BFR : 10 bonnes pratiques pour passer de la théorie à la réalité") 

149http://www.physicalsupplychains.com/BFR-et-chaines-d-approvisionnements-Financial-Supply-Chain-et-Physical-Supply-Chain_a1114.html. Sur ce site « physicalsupplychains.com », vous trouverez des articles traitant des thèmes divers sur le management des chaînes logistiques (financières et physiques).

150 Aberdeen est un groupe créé en 1988 et basé au Massachusetts (Etats-Unis) qui mène des enquêtes impartiales et fournit des études documentées qui aident les entreprises à créer une valeur ajoutée concrète à partir de solutions technologiques. Le groupe dispose plus de 100 000 analystes dans plus de 36 pays du globe. C’est pour cela, qu’Aberdeen est une référence en matière d’études de la chaîne de valeur orientée technologie. Dans le cadre de ses missions, il a publié pas mal de rapports qui démontrent les insuffisances dans les chaînes logistiques des entreprises causées par la non ou la sous-utilisation de la technologie dans leurs processus. Aberdeen précise que même si certains rapports ou parties de rapport sont sponsorisés, les conclusions des études menées qu’il a ne sont en aucun cas influencées par l'un de ces sponsors.

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MouvementdesDocuments,Données

&Marchandises

physiques

Fabricant ClientDétaillant/ distributeur

Fournisseurde matièrespremières

MouvementdesDocuments,Données

&Argent

• Quoi acheter ?

• Quand acheter ?

• Combien acheter ?

• De qui acheter ?• Fabrication Juste-à-temps

• Quoi et comment payer ?• Quand payer ?• Combien payer ?• Qui payer ?• Paiement Juste-à-temps

Optim

iséesdansle

s

dixdern

ière

sannées

En p

hase d

’être

optim

isées

Les questions dans la chaîne de logistique financièreLes questions dans la chaîne de logistique physique

Source*151: APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation) Symposium on the Assessment and Benchmark of Paperless Trading, Beijing:

“Successes and Best Practices of Financial Supply Chain Automation in Asia”, Sept-2005. [traduction libre]

1.1. Les solutions de gestion de la chaîne de logistique financière : pourquoi et comment ?

Les chercheurs d'Aberdeen Group définissent les solutions de gestion de la chaîne logistique financière de la manière suivante : « la combinaison des produits de financement du commerce international fournis par une institution financière, une autre société ou l'entreprise elle-même et d'une plate-forme technologique qui relie électroniquement les partenaires commerciaux et les institutions financières afin d'exécuter les opérations de financement déclenchées par la survenance d'un ou de plusieurs événements dans la chaîne logistique »152.

On voit ici que derrière l’idée de la gestion de la chaîne de logistique financière, il y’a principalement la recherche de maîtrise des informations financières d’une part et la mise en place d’un meilleur financement global de la chaîne d’approvisionnement d’autre part (voir Figure 45: La visibilité dansles chaînes de logistique physique et financière dans une transaction).

Figure 45 : La visibilité dans les chaînes de logistique physique et financière dans une transaction

Bill

of L

adin

g

Chaîne de logistique financière

Containers chargés

Factory

Containers sontchargés sur le

bateau

Terminale du port de chargement

Livraison finale

CentreDe distribution

Ord

red'

acha

t

Ligne de Navire à vapeur

Navire en merContainers

placés au port de chargement.

InlandDray

Containers placés au DC.

InlandDray

Les containers sont chargés sur

le bateau

Terminale du port de

déchargement

Flux des marchandises, de l'information et des fonds

Dem

ande

de ré

serv

ation

Preu

vede

livr

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n

Processus de transport

ASN

Mis

jour

des

stoc

ks

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jour

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ks

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jour

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stat

ut

Mis

jour

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ut

Déd

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Mis

jour

de

stat

ut

Les chaînes de logistique physique et financière sont étroitement intégrées

Financement des PO*

Financement des créances nées

Factoring

ForfaitageLettres de crédit

Encaissements documentaires

Financement avant expédition

Financement post- expédition

Financement des stocksFinancement de l’acheteur

Crédit acheteur Crédit Fournisseur

Chaîne de logistique physique

151 * www.apec-ecba.org/english/ppt/CarlWegner.ppt 152 Aberdeen Group Rapport: « Get Ahead with Supply Chain Finance: How to Leverage New Solutions for End-to-End

Financial Improvement », Juillet 2006, op.cit.

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*PO = Purchase Order (Ordre d’achat ou Bon de Commande en français).

Source: APEC153

Sur la figure, on peut noter que les informations de la chaîne de logistique sont recueillies, agrégées et normalisées à partir différents points et systèmes, fournissant une vue unique des processus relatifs aux ordres d’achat, à l’inventaire des stocks, au transport et au financement de la chaîne de logistique financière. Ceci par le truchement d’une plateforme technologique qui centralise toutes les données et donne une visibilité sur toute la chaîne logistique autant pour les partenaires commerciaux que les pourvoyeurs de solutions financières, en l’occurrence les banques.

Les banques jouent un rôle pivot puisqu’à travers des plateformes comme Bolero, TradeCard, SWIFT TSU (Trade Services Utility) combinées à leur propre plateforme e-banking, elles peuvent y intégrer des solutions de gestion de la chaîne de logistique financière et, ce faisant, passer d'un modèle centré sur les produits à des partenariats axés sur la collaboration. Ce qui tend à renforcer leurs liens avec les clients-entreprises.

Nous allons citer ici quelques unes des fonctions et des avantages qu'une banque ayant adopté le modèle de la chaîne logistique financière peut offrir à ses clients :

aider les acheteurs à optimiser leur chaîne logistique en leur donnant accès aux comptes ouverts assistés, au financement des exportations garanti par l'acheteur, au financement direct des exportations, à la gestion des données des bons de commande et des factures ainsi qu'à l'appariement des données des comptes ouverts, des comptes ouverts assistés et des lettres de crédit;

répondre aux besoins de financement des vendeurs avant, pendant et après l'expédition - au moyen de lettres de crédit à l'exportation et de recouvrements si la banque est celle du vendeur, ou au moyen de comptes ouverts assistés et de lettres de crédit à l'importation si la banque est celle de l'acheteur;

fournir des liquidités aux vendeurs en finançant les comptes débiteurs.

Toutefois, le fonctionnement de ce modèle ne peut être viable à un niveau international que grâce à une plateforme unique, acceptée et utilisée par tous à l’instar de SWIFT. Conscient des obstacles qu’auraient induits la prolifération de plateformes hétérogènes manquant d’interopérabilité, SWIFT a travaillé de concert avec des banques pour mettre en place une infrastructure technologique unique : SWIFT Net TSU. Ce moteur central de comparaison de flux de données complète Bolero. Il donne ainsi aux banques les moyens de répondre au défi de la chaîne de logistique financière et aussi de s’adapter à la dynamique et aux besoins du marché.

1.2. L’innovation de SWIFT avec le TSU

Le « Trade Services Utility » (TSU) de SWIFT est un dispositif centralisé de correspondance et de flux de traitement qui permet une comparaison opportune et précise des données issues des accords d’achats des entreprises et des documents afférents. Le TSU est compatible avec les services de la chaîne d’approvisionnement à valeur ajoutée des banques tels que les programmes de financement, la prévision des espèces et la gestion des liquidités (voir Figure 46: Les services bancaires basés sur leTSU). Le flux de traitement du TSU peut impliquer une, deux ou plusieurs banques154.

153 Sur : www.apec-ecba.org/www/upload/2.ppt

154 Swift.com

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Figure 46 : Les services bancaires basés sur le TSU

Lancée au premier semestre 2007, cette plate-forme permet aux banques du monde entier d'être en concurrence à armes égales sur le marché des produits pour les échanges commerciaux sur comptes ouverts155.

Le TSU est opérationnel à travers le SWIFTNet TSU, une application de SWIFT accessible via le SWIFTNet qui :

Compare et effectue la correspondance d’un sous-ensemble de données provenant des documents commerciaux ;

Fournit un workflow de traitement des transactions associé au processus de correspondance ; Est fonctionnel pour l’utilisation unique des institutions financières. Les entreprises n’ont pas

accès direct au SWIFTNet TSU.

Les messages TSU comprennent les données des ordres d’achat, des factures, de transport, d’assurance et de certificats. Le TSU gère uniquement des données et non les versions électroniques de documents papier. Ainsi, il compare les données structurées des deux banques principales et les prévient en cas de données incohérentes.

Figure 47 : Schéma d’une transaction internationale avec utilisation du TSU

155 Communiqué de presse par Bnparibas : « JPMorgan et BNP Paribas réalisent la première transaction interbancaire de trade finance via le Service SWIFTNet TSU », 26 Avril 2007. Site web : www.bnpparibas.com

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Intervenants

Banquede l’importateur

Acheteur

Banquede l’exportateur

Vendeur

SWIFTNet

Trade Services Util ity (TSU)

Base de données

Moteur central decomparaison desflux de donnéesE

space

Coll

abora

tif

Espace

de C

om

péti

tion

MessagesSWIFTDocumentationcommerciale

Services bancaires non fournis par le TSU

Source: SWIFT [traduction libre]

Le TSU est l’espace collaboratif interbancaire, à la différence de Bolero qui est positionné entièrement dans l’espace de compétition entre les banques en tant que plateforme universelle et neutre pour la fourniture de services de transaction sur comptes ouverts et de chaîne de logistique financière. Ce qui veut dire que les deux plateformes ne sont pas en compétition mais sont toutes deux complémentaires (Le TSU est l’espace collaboratif interbancaire, à la différence de Bolero qui est positionnéentièrement dans l’espace de compétition entre les banques en tant que plateforme universelle etneutre pour la fourniture de services de transaction sur comptes ouverts et de chaîne de logistiquefinancière. Ce qui veut dire que les deux plateformes ne sont pas en compétition mais sont toutes deuxcomplémentaires (Le TSU est l’espace collaboratif interbancaire, à la différence de Bolero qui estpositionné entièrement dans l’espace de compétition entre les banques en tant que plateformeuniverselle et neutre pour la fourniture de services de transaction sur comptes ouverts et de chaîne delogistique financière. Ce qui veut dire que les deux plateformes ne sont pas en compétition mais sonttoutes deux complémentaires (Erreur ! Référence non valide pour un signet.). ). ).

Figure 48 : L'utilisation conjointe de Bolero et du TSU dans une transaction

Banquede l’importateur

Acheteur

Banquede l’exportateur

Vendeur

SWIFTNet

TSU

Source   : Bolero

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En utilisant le TSU et une plateforme comme le Bolero, les banques qui avant, n’avaient qu’une participation minimale dans les transactions à compte ouvert peuvent désormais augmenter leur niveau d’intervention en réduisant en même temps les risques qu’elles encourent. En effet, la gestion des risques est facilitée par la visibilité de bout-en-bout sur tous les flux dans le processus de la transaction (les banques intervenantes ont la possibilité de recevoir tous les documents et d’en faire des comparaisons).

Figure 49 : Checklist de la visibilité d’une transaction sur compte ouvert avec utilisation du TSU

Ordre d’achat Acheteur

Acceptationde l’Ordre d’achat Vendeur

Certificatd’inspection Agent

Facture Vendeur

Instrument de paiement Banque

Baseline submission Banque

Dataset withPrematch Banque

Dataset match Banque

Checklist* de la visibilité pour les banques Checklist* pour le TSU/

1.3. Les principales fonctionnalités d'une solution de gestion de la chaîne logistique financière

Les principales fonctionnalités des solutions de gestion de la chaîne logistique financière sont la gestion des données des bons de commande et des factures, la gestion des comptes ouverts assistés et des paiements à compte ouvert ainsi que la gestion des opérations de financement des exportations et des importations156.

1.3.1. Gestion des données des bons de commande et des factures

Les transactions commerciales planétaires gravitent autour des bons de commande, des factures et d'autres documents non bancaires. Les lettres de crédit, les encaissements documentaires et les comptes ouverts assistés jouent pour leur part un rôle complémentaire.

En incorporant les bons de commande et les factures aux produits traditionnels de financement du commerce international et en arrimant ceux-ci à de nouvelles solutions de compte ouvert, les banques peuvent créer des offres attrayantes qui s'harmoniseront à la vision des entreprises en matière de chaîne logistique financière.

À cette fin, la banque doit tout d'abord travailler en collaboration avec le client pour avoir accès aux données des bons de commande et des factures. On peut atteindre ce but en utilisant des portails de téléchargement ou en intégrant les fonctions d'arrière-guichet.

Une fois que les données sont disponibles, les banques peuvent offrir un vaste éventail de services, dont voici un aperçu.

Appariement des bons de commande et des factures aux comptes ouverts et aux autres instruments de financement du commerce international : en reliant les données des bons de commande et des factures aux comptes ouverts et aux autres produits de financement du commerce international, les banques peuvent intégrer les modalités des bons de commande à ces instruments ou utiliser les données comme base pour déclencher des opérations de financement.

156 D’après l’étude technique réalisée par le Groupe CGI, opus citatum,  p.5.

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Appariement des factures et des bons de commande : les banques peuvent également apparier les factures aux bons de commande afin de dépister les erreurs et de les corriger de la manière appropriée selon les types d'instruments auxquels les bons de commande sont liés. L'appariement peut se faire au niveau des données clés seulement ou à un niveau plus détaillé. Par exemple, Swift vient de lancer un service permettant aux banques membres d'intégrer un service d'appariement approfondi à leurs applications de gestion du commerce international.

Pistage des bons de commande : grâce à l'appariement des factures, la banque peut suivre les bons de commande et leurs soldes au nom de ses clients. Cette information peut être transmise par divers canaux, par exemple un système frontal ou une application intégrée d'arrière-guichet.

1.3.2. Comptes ouverts assistés - Approbation des paiements

En utilisant la nouvelle fonctionnalité « approbation des paiements » en conjonction avec un compte ouvert assisté, les clients bénéficient de plusieurs des avantages des lettres de crédit sans verser des frais de couverture à leur banque. Émise de la même manière qu'une lettre de crédit, l'approbation des paiements s'appuie sur le bon de commande et précise les modalités de paiement conditionnelles de l'acheteur; elle n'est toutefois pas assortie d'une garantie bancaire.

Cet instrument fournit un cadre structuré pour la prestation de services de comptes ouverts tels que la vérification des documents, l'appariement et le pistage des bons de commande et des factures, le financement des bons de commande et des factures, le versement de paiements à l'exportateur et le financement de l'acheteur.

1.3.3. Paiements à compte ouvert

Les paiements à compte ouvert permettent d'acquitter directement les factures.

1.3.4. Financement des exportations

En règle générale, le cycle des ventes - de la commande au paiement - fait porter le fardeau financier de la transaction aux vendeurs. Ils doivent préparer et expédier les marchandises, puis attendre un bon moment avant de recevoir un paiement. C'est pourquoi la demande de crédit émanant des exportateurs augmente sans cesse.

Cependant, toutes les banques ne jouent pas le même rôle en matière de financement des exportations : chacune participe à ce marché à sa manière, selon son profil de risque et le genre de produits qu'elle souhaite offrir. Comme on le voit ci-dessous, le financement des exportations peut ainsi prendre des formes très variées.

Ainsi, la banque qui émet une lettre de crédit à l'exportation ou un recouvrement peut fournir du financement avant, pendant ou après l'expédition.

Financement avant l'expédition – La banque finance la fabrication ou l'achat des biens à expédier. Traditionnellement, le vendeur finance cette étape au moyen d'une lettre de crédit couvrant le paiement des marchandises.Néanmoins, les bons de commande sont de plus en plus couramment acceptés comme base pour ce type de financement.

Financement pendant l'expédition – La banque fournit du financement de la date de présentation de la lettre de crédit documentaire ou de réception des directives de recouvrement de l'exportateur à la date de réception du paiement.

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Financement après l'expédition – Si la lettre de crédit ou les directives de recouvrement précisent qu'il s'agit d'une acceptation bancaire, d'un paiement différé ou d'une acceptation commerciale à terme, la banque peut fournir du financement jusqu'à l'échéance de ces instruments.

Ces modes de financement ne sont pas nouveaux en tant que tels. Néanmoins, la possibilité de relier les données des bons de commande et des factures à un instrument de financement à l'exportation fournit une base solide pour financer un pourcentage plus élevé de la valeur de la transaction ou pour offrir un taux d'intérêt plus avantageux.

Figure 50 : Les éléments de la chaîne logistique financière

Source : Étude technique par CGI Group

1.3.5. Compte ouvert / financement des importations - Financement direct des exportations

La banque de l'acheteur peut financer directement le vendeur avant, pendant et après l'expédition, s'exposant ainsi à des risques liés au pays et à l'entreprise exportatrice. Plusieurs banques évitent par conséquent de financer directement les exportations provenant de pays où elles ne sont pas elles-mêmes établies.

Les banques qui sont présentes dans ces pays peuvent pour leur part offrir du financement fondé sur les bons de commande ou les factures qui ont été téléchargées et reliées à un compte ouvert assisté ainsi qu'à des instruments de lettres de crédit à l'importation.

1.3.6. Financement des comptes débiteurs

Le financement des comptes débiteurs permet aux banques de fournir des liquidités aux exportateurs en leur accordant du crédit sur leurs factures jusqu'au moment où ils reçoivent les paiements des acheteurs.

1.3.7. Compte ouvert - Financement des exportations garanti par l'acheteur

Les acheteurs novateurs ne cherchent plus à ruser pour retarder leurs paiements. Ils préfèrent utiliser des techniques créatives et collaboratives afin d'optimiser leurs chaînes logistiques. L'une de ces techniques est le financement des exportations garanti par l'acheteur, une approche avantageuse pour l'acheteur, pour le vendeur et même pour la banque.

En vertu d'une entente de financement de ce genre, un acheteur ayant obtenu des délais de paiement prolongés ordonne à sa banque de payer ses factures à leur échéance. La banque paie le vendeur par

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anticipation, en achetant ses factures selon des modalités qui dépendent de la solvabilité de l'acheteur. Ceci procure généralement une économie appréciable au vendeur et par conséquent, la plupart des acheteurs qui participent à ce genre d'accord négocient un meilleur prix.

Le financement des exportations garanti par l'acheteur est avantageux pour tous : l'acheteur bénéficie de délais de paiement plus longs et de prix moins élevés; le veneur jouit d'un accès fiable à du crédit moins coûteux, sur demande; la banque retire de tout nouveaux revenus sous la forme d'intérêts et de frais de service.

1.3.8. Financement des importations

Chaque fois qu'un acheteur a l'obligation de faire un paiement en vertu d'un compte ouvert ou d'un instrument de financement, sa banque peut lui accorder du financement et, ce faisant, retirer des revenus.

1.4. Les avantages de cette approche pour les différentes parties

Les solutions axées sur la chaîne logistique financière sont avantageuses pour tous : acheteurs, vendeurs et banque. Les acheteurs bénéficient de prix plus avantageux, d'une transparence accrue de leurs flux de trésorerie et d'un bassin de fournisseurs de plus en plus fiable. Les vendeurs tirent parti de la solvabilité des acheteurs pour diminuer le coût du capital, obtenir du financement à des taux plus avantageux et obtenir des flux de trésorerie plus prévisibles.

Quant aux banques, cette vision leur permet d'accroître radicalement le volume des activités qu'elles effectuent pour leurs clients. En se donnant une portée accrue afin de rejoindre l'ensemble de la chaîne logistique des entreprises qu'elles servent, elles améliorent leur rentabilité et renforcent leurs liens avec leurs clients.

Plusieurs organisations novatrices jouissent déjà des retombées du modèle de la chaîne logistique financière. Selon une étude réalisée par Aberdeen Group en 2007, « Les sociétés les plus performantes ont six fois plus de chances que les autres d'avoir acquis un avantage concurrentiel substantiel en adoptant une plate-forme technologique de gestion de la chaîne logistique financière »157.

Tableau 10 : Les avantages pour les différents participants de la chaîne logistique financière

ACHETEURS VENDEURS BANQUES

Une diminution du coût des biens achetés

Une diminution du coût du capital grâce à la réduction du délai moyen de recouvrement des créances et du coût du crédit

Des liens plus forts, axés sur la collaboration, avec les clients

Des besoins plus faibles de fonds de roulement grâce à la réduction du délai moyen de règlement des comptes créditeurs

Des flux de trésorerie souples et prévisibles

Une fidélité accrue des clients

Un bassin de fournisseurs plus stable

Un bassin de fournisseurs plus stable

Une croissance des bénéfices grâce à une présence à toutes les étapes de la chaîne logistique des clients

Des relations plus harmonieuses avec les vendeurs

Un accès à une source plus fiable de fonds de roulement

Une portée accrue des activités de financement du commerce international

157 Aberdeen Group : « Technology Platforms for Supply Chain Finance », mars 2007.

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Une meilleure transparence de l'ensemble de la chaîne logistique financière

Une transparence accrue du processus de paiement

Une notoriété plus forte dans le secteur du financement du commerce international

Les avantages énumérés sur ce tableau sont loin d’être exhaustifs. Toutefois, ils doivent être reconnus par les différentes parties pour que ce modèle ait un avenir dans les relations banques et leurs clients-entreprises. Aujourd’hui, en dépit de ces promesses alléchantes, force est de constater que les vertus de l’intégration d’une chaîne de logistique financière ne sont pas toujours appréhendées par le plus grand nombre d’entreprises ; la plupart d’entre sont manifestement réticentes à des changements.

Au terme de ce chapitre, il est à retenir que l’activité internationale génère des besoins de financement très récurrents pour les entreprises. Dans cette situation, les banques sont des partenaires incontournables dans l’apport de solutions de financement adéquates. Elles ont mis en œuvre diverses formules de financement qui ont été perfectionnées au fil des temps. Les avancées dans les techniques de financement des transactions internationales ont été capitales dans la croissance des échanges internationaux durant ces vingt dernières années.

En effet, la concurrence exacerbée dans l’industrie bancaire exige des offres de financement plus souples, plus flexibles et moins coûteuses. Pour répondre à ces impératifs, les banques ont misé sur la technologie informatique qui a prouvé son efficacité dans l’optimisation des processus, dans la recherche de gains de temps, dans la réduction de risques et des coûts. Avec les nombreux obstacles dans les processus du commerce international dont la multiplicité des intervenants et des documents de bases qu’ils délivrent, il fallait nécessairement trouver des solutions idoines. Ce qui s’est traduit par l’adoption de l’EDI et la dématérialisation conséquente des documents commerciaux. Or, ces changements prometteurs n’ont pas toujours fait l’unanimité, car il y’a eu un manque de convergences des normes utilisées. C’est pourquoi les institutions internationales ont joué et continuent toujours à jouer un rôle important dans la promotion des transactions électroniques. En plus que les banques aussi y ont trouvé des moyens pour déployer leurs services traditionnels sur des plateformes électroniques. Ceci a permis de repenser la possibilité de mettre en place le crédit documentaire dématérialisé et d’intégrer un modèle de chaîne de logistique financière basé sur la souplesse du compte ouvert. Cette chaîne est à optimiser au même titre que la chaîne de logistique physique. Mais, il faut, dans ce cas, avoir recours nécessairement à la dématérialisation des documents commerciaux.

En dépit de son état embryonnaire, ce modèle est promu à un bel avenir si toutefois les entreprises et les pays de manifestent des volontés de s’adapter à la dynamique de l’environnement du commerce international et en tirer pleinement parti.

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DEUXIEME partie

La pratique des opérations de paiement et deLa pratique des opérations de paiement et de

financement du commerce international parfinancement du commerce international par

l’approche classique et sur plateforme e-bankingl’approche classique et sur plateforme e-banking ::

le cas de la Citibankle cas de la Citibank

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Deuxième Partie : La pratique des opérations de paiement et de

financement du commerce international par l’approche classique

et sur plateforme e-banking : le cas de la Citibank

Dans cette deuxième partie où la théorie cédera place à la pratique, il sera question de faire l’historique avant de présenter la structure de Citigroup, l’un des géants multinationaux des services financiers et ensuite de passer à la prise de connaissance avec sa filiale marocaine « Citi Morocco ». Ces passages nécessaires, faisant l’objet d’un quatrième chapitre, seront mis à profit pour passer en revue certains départements de Citi Morocco ainsi que les principaux produits et services fournis à sa clientèle.

Après que l’organisation de l’établissement est appréhendée, nous allons nous focaliser sur les aspects les plus proéminents qui ont motivé ce travail. Ainsi, le cinquième chapitre traitera les procédures de gestion des modalités de paiement et de financement des opérations commerciales telles qu’elles sont appliquées par le trade departement de la Citi. Et enfin, nous terminerons par une étude de l’approche dématérialisée de ces modalités à partir de la plateforme de banque électronique, CitiDirect.

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Chapitre 4  : Présentation de Citigroup et de sa filiale marocaine  : la

Citi Morocco

De la veille de l’indépendance à nos jours, le système bancaire marocain a connu des transformations et des restructurations quasi-permanentes. Les phases chronologiques de cette évolution sont rythmées par une série successive de réformes et de réaménagements toujours arrimés à la politique économique et aux besoins de financement de l’économie marocaine et récemment à la nécessité de s’adapter à la dynamique de la mondialisation. L’un des points saillants dans cette évolution est la création de la Banque marocaine du Commerce Extérieur en 1959 dans le but de faciliter et de développer les échanges extérieurs158. Ce jalon historique peut être considéré comme ayant été une manifestation de la nécessité et de la volonté du Maroc de s’ouvrir sur l’extérieur. Dans cette nouvelle ère marquant les lendemains de l’indépendance, la conjoncture économique favorisait un climat d’investissements propice et offrait des perspectives attrayantes d’implantation d’entreprises étrangères conséquemment accompagnée par celle de banques étrangères. C’est ainsi qu’en 1967, la Citibank N.A a décidé d’implanter sa filiale au Maroc : la Citibank Maghreb ou la Citi Morocco.

Cette branche de Citigroup est soumise à la législation marocaine, aux directives et au contrôle des autorités tutelles (Bank-Al-Maghrib, ministère chargé des finances…). En ce qui concerne son activité, la Citi Morocco est une banque commerciale et d'investissement qui, à la différence de la majorité des établissements bancaires inscrits marocains, n’exerce pas d’activités de banque de détail159. Elle est plutôt spécialisée dans des activités de finance d’entreprises, de marché de capitaux et de gestion de portefeuille. Sans faire son éloge, elle tire de l’expertise mondialement reconnue de sa maison mère présente dans plus de cent pays et dont les innovations financières et technologiques sont des références dans l’industrie bancaire internationale.

Dans ce chapitre nous nous focaliserons sur la présentation de Citi Morocco, mais bien avant, il convient d’introduire la maison-mère, Citigroup, et de la structuration des branches de Citibank internationale.

Section 1 : Introduction au Citigroup

Citigroup Inc, opérant sous le nom Citi, est une entreprise financière majeure basée à New York, issue de l’une des plus grandes fusions dans l’histoire alliant le géant bancaire Citicorp et le conglomérat financier Travelers Group. Citigroup Inc. a le plus important réseau mondial de services financiers couvrant plus de 100 pays avec environ 12 000 bureaux dans le monde. L'entreprise emploie plus de 275 000 personnes et gère environ 200 millions de comptes clients dans plus de 100 pays différents. En 2008, elle était la plus grande banque multinationale par revenue au regard du Forbes 2000. Le statut que jouit ce géant de l’industrie bancaire est le fruit d’un concours de péripéties qui fait appel a une histoire longue de près de 200 ans.

A. Histoire

158 Berrada Mohammed Azzedine, opus citatum, p. 33. 159 Une banque de détail est une banque qui exerce une activité de crédit et d'offre de produits de placements auprès de

clientèles individuelles : particuliers, professions libérales, entreprises de petite taille (commerçants, artisans,...) ou de taille moyenne (PME, PMI), collectivités locales et associations, par opposition aux banques travaillant auprès des grandes entreprises, au contact des autres banques et sur les marchés financiers. Les banques de détail se distinguent des banques d'investissement, des banques d'affaires ou encore des banques de dépôt. (Wikipédia)

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Citigroup a été créé le 8 octobre 1998 après la fusion de la banque Citicorp et de la compagnie d'assurances Travelers Group, devenant ainsi la plus grande organisation de services financiers au monde. Interdite auparavant, cette fusion a été rendue possible par le Gramm-Leach-Bliley Act (Financial Services Modernization Act) de 1999160.

Son histoire est donc divisée entre l'histoire de toutes les sociétés qui ont précédemment fusionnées avec soit Citicorp - une multinationale du secteur bancaire opérant dans près de 100 pays, soit Travelers Group dont les principaux secteurs d'activités sont : l'assurance, les crédits, le courtage et le financement des consommateurs.

En tant que tel, l'historique de Citigroup remonte à la fondation de la City Bank of New York (renommée en Citibank) en 1812, de Bank Handlowy en 1870, de Smith Barney en 1873, de Banamex en 1884, et de Salomon Brothers en 1910.

1. Citicorp

Citicorp est la société mère de Citibank. L'histoire de Citicorp remonte à 1812. Après l'accord de l'État de New-York daté du 16 juin 1812, c'est en effet le 14 septembre de cette même année que fut créée avec un capital de 2 millions de dollars, The City Bank of New York, une institution financière pour les commerçants locaux et les négociants et dont le siège se trouvait à Wall Street. Samuel Osgood en fut le premier président. Bien avant la fin du siècle, elle déploya ses ailes dans d'autres États du pays ainsi qu'à l'étranger. The City Bank of New York fut alors transformée en The National City Bank of New York en 1865 après avoir rejoint le nouveau système des banques fédérales des États-Unis. En 1895, The National City Bank of New York est alors la plus grosse banque des États-Unis.

National City achète en 1910 une part importante de la Banque de la République d'Haïti, la banque centrale d'Haïti, trésorier du pays et doté d'un monopole sur l'émission de billets. Après l'invasion américaine d'Haïti, National City acheta tout le capital de la Banque de la République.

En devenant le plus gros contributeur de la Réserve fédérale de l'État de New York en 1913, puis l'année suivante en inaugurant la première banque Américaine à l'outre-mer à Buenos Aires, The National City Bank of New York s'est imposée comme l'un des leaders majeurs du secteur bancaire.

Après la Première Guerre mondiale, l'achat de la banque Américaine d'outre-mer, The International Banking Corporation, en 1918, a fait d'elle la plus importante banque des États-Unis avec des capitaux dépassant le milliard de Dollars, et par conséquent la plus grande banque de commerce du monde en 1929. Au fur et à mesure de son développement, la banque est devenue l'un de leaders en termes d'innovations de services bancaires, avec la création des Traveler's Chèques (1904), les intérêts composés sur l'épargne (1921), les prêts personnels à risque (1928), les comptes courants clients (1936) et le certificat négociable de dépôt (1961).

À partir de 1902, l'expansion internationale se concrétisa par l'ouverture d'agences à Londres, Shanghai, Hong Kong, Yokohama, Manille et Singapour. Dans les années 1930, la banque comptait déjà plus de 100 agences dans 23 pays avant que la Seconde Guerre mondiale ne la contraigne

160 L’une des plus importantes lois bancaires fédérales aux Etats-Unis, qui prend le contrepied des provisions du « Glass-Steagall Act » et du « Bank Holding Company Act » (une loi fédérale de 1956 qui oblige les entreprises détenant des participations dans des banques à consulter la Réserve fédérale pour obtenir son approbation avant d’acquérir ou d’absorber d’autres compagnies. L’objectif de cette loi était donc de limiter les holdings qui menaçaient l’indépendance de certaines réduisant ainsi l’influence du gouvernement sur les performances des banques). Cette loi (le « Gramm-Leach-Bliley Act ») a autorisé la propriété commune des banques, des compagnies de gestion des titres et des assurances, à travers des compagnies de holding financier ou des filiales à condition qu’elles soient bien gérées, bien capitalisées et avec des approbations réglementaires. Lire, Peter S. Rose: « Commercial Bank Management », 5th ed., The McGraw-Hill Companies, New York, 2002, p.52.

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temporairement à mettre un frein à ses activités en Europe et en Asie. L'internationalisation de la banque était cependant bien en marche. La City Bank devint la plus grande banque des États-Unis, changea son nom en The First National City Bank of New York en 1955 raccourci par First National City Bank lors du 150ème anniversaire de la création du groupe en 1962. Elle en profitera pour transférer son nouveau siège principal dans le bâtiment caractéristique de Park Avenue qui définit la silhouette de New York.

La logique a voulu que la First National City Bank s'intéresse elle aussi aux secteurs de la carte bancaire et du leasing, et, son introduction dans les certificats de dépôts à Londres a marqué le début des nouveaux instruments de négociation du marché depuis 1888. Devenant ensuite la MasterCard, le groupe lança sa carte de crédit First National City Charge Service en 1967, popularisée sous le nom de « la carte à tout faire ».

Afin de soutenir une nouvelle expansion de ses activités, l'institution créa en 1968 un holding composé d'une seule banque. En 1974, elle le rebaptisa Citicorp, dont la principale filiale n'est autre que Citibank. Peu après, la banque lança la Citicard, qui a été pionnière dans l'utilisation des distributeurs automatiques 24h/24h.

Dans son expansion, la banque a acquis en 1981 la compagnie de cartes de crédit Narre Warren-Caroline Springs. John S. Reed a été élu Directeur général en 1984, et Citi est devenu alors un membre fondateur de CHAPS (Clearing House Automated Payment Service) à Londres. Sous sa direction et durant 14 années, Citibank est devenue la plus importante des États-Unis, le plus grand fournisseur de cartes de crédit au monde, et a étendu son offre à plus de 90 pays.

2. Travelers Group

Travelers Group, au moment de la fusion, était un groupe diversifié dans le milieu de la finance qui fut unifié par le PDG Sandy Weill. Ses racines proviennent de Commercial Credit, une filiale de Control Date Systems qui fut rendue privée par Weill en Novembre 1986 après avoir pris le contrôle de l'entreprise plus tôt dans l'année. Deux ans plus tard, Weill entreprit le rachat de Primerica - un conglomérat qui possédait déjà l'assurance-vie A. L. Williams et aussi Smith Barney. La nouvelle entreprise prit le nom de Primerica, et fonctionna selon une stratégie de "cross-selling", c'est-à-dire que chaque entité de la compagnie-mère vendait ses services aux autres filiales.

B. Fusion de Citicorp et de Travelers Group

Au mois d'avril 1998, Citicorp fit part de son intention de fusionner avec Travelers Group, un holding principalement actif dans les assurances, mais qui compte également Salomon Smith Barney (Smith Barney en 2008) et Primerica parmi ses activités. Le 8 octobre 1998, cette fusion fut réalisée pour former ainsi Citigroup, l'une des plus grandes sociétés de services financiers au monde, avec 200 millions de clients dans plus de 100 pays.

Ainsi fait, Citigroup évolue dans tous les segments bancaires et offre, à travers ses activités de « corporate and investment banking », une panoplie exhaustive de services bancaires ou financiers.

1. Les activités de « corporate & investment banking »

Le secteur bancaire n’est pas uniforme dans la mesure où toutes les banques n’offrent pas les mêmes services et ne sont pas spécialisées dans les mêmes activités. Ce fait, permet de faire une classification des banques en fonction de critères définis. Ainsi, des législations nationales, comme il

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a été le cas aux Etats-Unis avec le Glass-Steagall Act161 de 1933, peuvent faire la distinction entre la banque de détail, la banque d’affaires et la banque d’investissement. Chacune d’elle ayant une activité spécifique qu’elle exerce.

1.1. Le corporate banking ou banque d’affaires

Les banques d'affaires sont des banques de capitaux au long terme, spécialisées dans le financement d'entreprises.

Ainsi, les banques d'affaires ne peuvent plus posséder de capitaux au court terme. Elles prennent et gèrent des participations dans des entreprises existantes ou qui se créent et accordent des crédits à long terme sur la base de leurs fonds propres ou d'autres ressources à long terme.

Par abus de langage, banque d'affaires prend la même signification que banque d'investissement, étant donné que les banques commerciales classiques sont aussi capables de proposer des services de banque d'affaires.

1.2. L’investment banking ou banque d’investissement

Une banque d'investissement est une société ou une entité qui rassemble l'ensemble des activités de conseil, d'intermédiation et d'exécution ayant trait aux opérations dites de haut de bilan (introduction en bourse, émission de dette, fusion/acquisition) de grands clients corporate (entreprises, investisseurs, mais aussi États...). Ces activités sont généralement scindées en entités distinctes, habituellement désignées par des anglicismes : les opérations de Corporate Finance (finance d'entreprise), de Global Capital Markets (marchés financiers), et de Structured Finance (opérations de financement).

On différencie parfois la banque d'investissement de la banque d'affaires en attribuant à la première les activités de marchés et à la seconde celles de finance d'entreprise. Cependant, dans toutes les grandes banques traitant les opérations de haut de bilan, le terme de banque d'investissement regroupe l'ensemble de ces activités, suivant des nomenclatures plus ou moins différentes.

Malgré sa grande envergure, la survenance d’une grave crise financière en 2008, a failli ébranler le mastodonte Citigroup. Étant presque au bord de la faillite, son sauvetage à prétexter sa restructuration.

2. La Citigroup dans la tourmente financière de 2008

A l’instar des grands groupes financiers mondiaux, la crise financière de 2008 n’a pas épargné la Citigroup qui a publié des pertes à l’ordre de 8,29 milliards de dollars au quatrième trimestre 2008. C’est ainsi, qu’elle a été sauvée de justesse par le gouvernement américain à travers son programme de bail-out.

Ce sauvetage est à l’origine de la nouvelle restructuration de Citigroup, désormais scindée en deux entités aux activités séparées. Effective depuis Mai 2009, la scission a attribué : Citicorp pour ses activités bancaires visant le détail et l'investissement (activités saines) et Citi Holdings pour ses activités de courtage et de gestion d'actifs (activités risquées). Citigroup continuera d'exister comme une seule entité pour le moment, mais les gestionnaires de Citi Holdings seront encouragés à profiter des opportunités d'affaires quand elles apparaitront et de futures fusions ou ventes d'actifs ne sont pas exclues.

3. La structure de Citigroup

161 Appelé « the Banking Act of 1933 », le « Glass-Steagall Act » est historiquement l’une des plus importantes de toutes les lois bancaires fédérales. Il a été adopté durant la période de la grande dépression. Cette loi interdisait les banques nationales américaines à investir dans les titres et avait donc séparé les activités de banque commerciale aux activités de banque d’investissement. Son principal inconvénient était qu’il neutralisait les efforts de concentration et d’expansion internationale des banques américaines. Ce qui a longtemps constitué un désavantage par rapport aux banques anglaises et japonaises et une des causes à l’essor de la place financière de Londres au détriment de New York. À lire également, Peter S. Rose, op cit, p.40.

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Les deux entités de Citigroup (Citicorp et Citi Holdings) sont chacune organisée en fonction de métiers, de services, d’activités et de grandes régions (voir organigramme).

Structure de Citigroup

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Structure de la division CitiCorp

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Section 2 : Présentation de Citibank Maghreb

La Citibank Maghreb ou est une société anonyme de droit marocain majoritairement détenue par Citicorp, la division spécialisée dans les services bancaires de Citigroup . Ayant démarré son activité en 1967, la Citi s’est implantée sur deux sites dont le plus éminent est sis à Sidi Mâarouf, Casablanca et l’autre secondaire, sis à Rabat, la capitale marocaine. La filiale Citi Morocco emploie une soixantaine de personnes dont la quasi-totalité est affectée au site de Casablanca. Avec une présence effective de plus de quarante années, la franchise de Citigroup a toujours mis en œuvre des initiatives pour asseoir sa position et renforcer sa visibilité dans le panorama du système bancaire marocain, c’est ainsi qu’elle a été plusieurs fois nommée meilleure banque étrangère au Maroc.

La banque est spécialisée dans les activités de financement et d’investissement commercial. Les principaux services de Citi Morocco sont reliés à une branche d’activités de Citicorp  : la « Global transaction services (GTS) » (voir organigramme de Citi). Cette division de Citi sert plus de 65 000 clients et au deuxième trimestre 2009, elle détenait en moyenne 288 milliards de dollars en solde de dette, et 11,1 billions de dollars d’actifs sous conservation162. De cette branche, la Citi Morocco pourvoie une offre variée de services financiers aux entreprises et aux institutions. Ces services se concentrent sur le dépôt, la finance du commerce international, la garde des titres, l’investissement commercial, la gestion de trésorerie et la banque en ligne.

▪ Une mission formulée

La mission de la Citi est de fournir des services financiers qui intègrent rapidité et qualité pour mieux répondre aux exigences des clients. Cet engagement est affirmée à travers des idées et des solutions les plus novatrices et les plus exhaustives par des banquiers qui ont des connaissances en profondeur de l’industrie bancaire, de l’acuité sur marché local, de la créativité et de l’expertise dans l’exécution.

▪ Vision

“Être le fournisseur de services financiers le plus complet ”

A la Citi Morocco, cette vision se traduit par la capacité d’offrir un service global à l’échelle mondiale tout en alignant les standards de cette capacité à ceux pourvus sur le marché local marocain. La Citi est une banque de l’entreprise locale marocaine et de la multinationale implantée au Maroc. Une pionnière des services bancaires électroniques, la Citi compte étendre leur utilisation sur le sol marocain.

▪ L’environnement du travail

Un cadre de travail harmonieux est une particularité de la Citi à laquelle la branche marocaine ne déroge pas. En tant que stagiaire, vos premiers jours à la Citi Morocco sont marqués par une assistance permanente, un encadrement et un accompagnement vers l’autonomie en vue d’une immersion rapide dans les méthodes et les procédures de travail. Ceci étant sous l’égide du personnel compétent qui puise sur les ressources et l’expertise de la maison-mère. Il veille au près à l’application des prescriptions propres à la Citi en matière de qualité dans les services et les produits offerts, ainsi que de rapidité dans les solutions apportées aux problèmes des clients dans un domaine où ces derniers sont très sensibles à ces impératifs.

Dans cette atmosphère, la formation est très prisée car elle permet de s’accommoder de manière fluide et efficace avec les procédures internes et d’acquérir de nouvelles connaissances pratiques en rapport avec les métiers. C’est alors qu’elle constitue une première étape cruciale avant de devenir opérationnel et autonome à la Citi. Pour ce faire, des sessions de formation sont ponctuellement programmées dans les locaux de la banque. Aussi, il est mis à la disposition du personnel, le réseau global d’e-learning de Citigroup couvrant toutes les disciplines de la banque-finance ou qui entre dans leur cœur de métier.

162 Source : Citi

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Grâce à cet outil technologique d’apprentissage à distance, on a pu suivre dès notre intégration et depuis notre poste de travail, des sessions d’e-learning sur la sécurité des données, sur les règles de la Citi, sur le réseau SWIFT, sur certains aspects pratiques transversaux, etc. Bref des pré-requis pour pouvoir bien mener la mission.

A. Les activités de Citi Morocco

La Citi Morocco offre une large gamme de produits et de services financiers à sa clientèle, parmi lesquels il y’a la gestion de trésorerie, la garde des titres, etc.

1. La gestion de trésorerie

Dans les services bancaires, on désigne par la gestion de trésorerie ou par le terme anglais le «  cash management » (plus usité), l’ensemble des opérations consistant à gérer des flux de fonds pour le compte de clients entreprises ou institutions afin de veiller au maintien d’une liquidité suffisante pour faire face aux échéances, tout en optimisant la rentabilité de ces fonds.

Un des exemples les plus illustratifs du cash management est lorsque la banque gère les encaissements et les décaissements d’une entreprise et investit tout excédent temporaire dans des titres ou valeurs porteurs d’intérêts et des prêts jusqu’à ce qu’il y’ait besoin pour payer des factures.

A la Citi, l’activité de cash management est gérée par les deux unités récemment fusionnées, le « trade services solutions » et la « Treasury ». Ces deux unités cohésives sont dépendantes du GTS l’un des plus grands gestionnaires de cash-flows mondial.

Parmi les services pourvus, il y’a :

▪ Les paiements 

Paiements en monnaie locale : chèques, virements, effets de commerce ;

Paiements en devises : virements internationaux, Worldlink163, traites internationales, etc. ;

Encaissements ;

Encaissements physique : recouvrement de chèques et de cash, dépôts de chèques internationaux, collecte de fonds ;

Encaissements électroniques : via citidirect online.

▪ Investissements et liquidités

Ces services de cash management permettent aux entreprises de :

Optimiser leurs cash-flows ;

Accroître leurs liquidités ;

Rationnaliser leurs processus ;

Réaliser une plus grande efficience opérationnelle ;

Gérer plus efficacement leurs fonds de roulements164 ;

Réduire les coûts de financements.

Réaliser une rentabilité plus importante sur les actifs

163 C’est une solution de paiement multi-devises qui offre un guichet unique par le biais duquel on peut effectuer une variété de types de paiement dans plus de 138 devises à travers le globe sans à avoir à disposer des comptes locaux pour chaque devise.

164 Actif circulant – passif circulant

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2. Le Crédit 

La Citi offre un éventail de solutions pour répondre aux besoins en fonds de roulement, de financement des actifs et autres. Elles sont :

Des prêts sur un horizon allant du court au long terme ;

Des découverts ;

Dés facilités de caisse ;

Des crédits d’investissement syndiqués ;

La recevabilité de la demande dépend du profil du risque client, de la maturité, de la possession d’une ligne de crédit nantie165. Une fois que l’étude du dossier est achevée, la banque statue.

3. Le custody 

La Citi est l’une des premières banques à offrir des services de gestion et de garde des titres au Maroc. Ce service a été introduit dans ses activités depuis 1996, après l'agrément de la maison mère en plus d'une certification d'adhésion à ses standards internationaux. Les custodians, comme on les appelle, fournissent divers services à une clientèle d’intermédiaires internationaux, de fonds de placement étrangers, d’institutions étrangères d’investissement, de différentes entités de la Citibank et de plus en plus d’investisseurs locaux. Parmi ces services, il y’a la garde des titres (actions, obligations, OPCVM, FCP) détenus par ces derniers à la bourse des valeurs de Casablanca, le règlement, l’enregistrement, le recouvrement des fonds et le reporting sur la tenue des comptes clients.

4. Les services de finance du commerce extérieur

Le « Trade services department », en relation avec d’autres entités locales et internationales, propose aux clients importateurs et exportateurs de la Citi, des services de gestion de leurs paiements. A leur diligence, les spécialistes du commerce extérieur (trade specialists) :

Initient des demandes d’ouverture d’accréditif pour les crédits ou encaissements documentaires ;

Avisent ou amendent des crédits ou des paiements ;

Exécutent les demandes d’aval, de SBLC, de garanties et de cautionnements ;

Les spécialistes gèrent aussi les effets de commerce jusqu’à leur dénouement à travers le SIMT166.

5. La banque électronique ou l’e-banking

Avec l’essor des nouvelles technologies, les grandes banques ont acquis un savoir-faire qui leur permet de proposer leurs services sur des plateformes électroniques avec la possibilité de les intégrer dans les systèmes d’information de leurs clients entreprises.

La Citi est l’une des pionnières de l’e-banking, avec Citidirect Online Banking, les clients ont à leur disposition une plateforme de livraison d’informations comme un point d’accès unique à une suite complète d’outils de cash management et de financement du commerce.

Pour rationnaliser les activités bancaires des clients entreprises, la Citidirect permet l’accès direct à tout utilisateur autorisé aux comptes de l’entreprise via une interface web. Les utilisateurs peuvent, ainsi :

Effectuer des paiements locaux ou internationaux ;

165 collaterals166 Le SIMT est le réseau par lequel transitent les effets dématérialisés pour la télécompensation

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Générer des informations de reporting ;

Demander des services de finance de leurs activités internationales ;

Initier des demandes d’investissement.

B. Les départements et services à la Citi Morocco

1. Trade departement services

C’est le département du commerce extérieur de la banque. Y sont traitées les opérations telles que :

L’ouverture, la notification et la réalisation des crédits documentaires ; La déclaration à l’Office des Changes ;  L’émission et de gestion des garanties et des cautionnements ; La gestion des demandes de prêt des clients ; La gestion des effets de commerce ; …

2. Custody

En finance, la garde des titres est la mission de conservation des actions, obligations, etc. confiée à un établissement financier par un client détenteur de titres. Cette prestation donne lieu à des frais facturés dénommés droits de garde.

Le départment « Custody » ou garde des titres fournit divers services à une clientèle d’intermédiaires internationaux, d’institutions étrangères d’investissement de différentes entités de la Citibank et d’investisseurs locaux. Parmi ces services, il y’a la garde des titres détenus par ces derniers, le règlement, l’enregistrement et le recouvrement des fonds. Le département travaille en étroite collaboration avec Maroclear pour s'assurer que les procédures de règlement/livraison répondent aux exigences des banques dépositaires. Il veille à ce que Maroclear respecte les normes internationales de règlement/livraison afin d'inciter les investissements étrangers en portefeuille.

3. Citiservice

Ce département de relation clients de la Citi fait office d'un seul point de contact pour les demandes d’informations et la gestion des réclamations. Alliant rapidité, exactitude et courts délais de réponse, l’équipe de Citiservice a été formée pour traiter un large éventail de consultations grâce à des systèmes informatiques perfectionnés. De nos jours, la rapidité et l'exactitude sont des facteurs vitaux. Un court délai de réponse conjugué à un faible taux d'erreurs permet d'avoir accès à l'information adéquate dans les plus brefs délais. C'est la raison pour laquelle CitiService a été créé en 1997 à la Citi Morocco.

Les demandes sont pour la plupart traitées et résolues en temps réel. Elles concernent les :

Informations sur les produits ;

Services pour comptes ;

Suivis de transactions ;

Investigations aux demandes ;

Pratiques et réglementations bancaires.

Couvrant les produits suivants :

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Transferts de fonds ;

Information sur le compte ;

Vérification de Paylink / Payroll ;

Import/Export ;

Marché de change ;

Prêt ;

Banque électronique, etc.

4. Control Unit

C’est le département responsable de superviser et de gérer différents aspects du contrôle interne. Une certaine indépendance est vouée aux agents du control unit du fait de leur statut de contrôleur des opérations de la banque, du respect des procédures et de la réglementation. Ils contrôlent aussi tous les niveaux et les autorisations d’accès aux données167.

La fonction inspection et audit, parfois séparée en deux entités distinctes, remplit généralement deux grands types de mission :

Elle assure pour le compte de la Direction Générale ou du CA, le contrôle et le respect des règlements ou des prescriptions fixés par les pouvoirs publics, ainsi que ceux fixés en interne par les différents niveaux hiérarchiques de l’entreprise.

Par ailleurs, dans le cadre de ces missions, l’inspection ou l’audit devront s’assurer de l’absence de malversations ou d’indélicatesses de la part de certains collaborateurs manipulant des valeurs ou réalisant des écritures comptables.

Ce contrôle de la régularité et de la sécurité des opérations, tant en interne que vis-à-vis de l’extérieur, correspond à la facette inspection de la fonction.

L’aspect « audit », consiste, quant à lui, en l’analyse de l’efficacité des systèmes, de l’organisation et du fonctionnement de l’entreprise bancaire. Cet audit s’accompagne généralement de constats de carences ou d’observations qui font, ensuite, l’objet de propositions concrètes en vue de l’amélioration de la situation168.

5. Credit Risk

Le départment « Credit Risk » est en charge d’autoriser les crédits, de vérifier leurs plafonds ou d’étudier leur historique pour obtenir les informations nécessaires permettant de déterminer la solvabilité d’un client lorsque celui-ci en demande. Avant d’apposer leur approbation, il s’assure à ce que le demandeur ait déjà une ou des garanties et une ligne de crédits.

6. Treasury

La salle des marchés intervient sur le marché de change et sur le marché des bons du trésor. Comme toute entreprise, la banque doit gérer sa trésorerie. Celle-ci résulte des diverses grandes masses du bilan.

167 Corporate governance report168 Philippe Garsuault – Stéphane Priami : « Banque : fonctionnement et stratégies », éd Economica, Paris 1995, p.362

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Elle doit être gérée, tant en ce qui concerne le placement des excédents que l’emprunt des insuffisances, mais aussi des évolutions prévisibles de ses composantes.

Les placements et les emprunts pourront intervenir sur tous les marchés (financier, monétaire, interbancaire…) et seront réalisés en grande partie par la salle de marché. Les objectifs qui lui sont fixés sont simples :

Maximiser la rentabilité des placements ; Minimiser le coût des ressources empruntées

7. Human Resources & Compliance

Le « Human resources » est le département en charge de la gestion des ressources humaines. Les missions qui lui sont confiées dont deux ordres : en premier lieu, elle est chargée d’organiser et de dynamiser le potentiel humain de la banque et, parallèlement, elle assure la gestion quotidienne des aspects matériels ou règlementaires liés à l’emploi d’une quantité souvent importante de collaborateurs. Par ailleurs, sa mission s’exerce dans le cadre des règlements extérieurs (loi du travail, règlement, mesure sociale…) et internes (convention collective, règlement intérieur, règlement de sécurité…) que la RH se doit de respecter et de faire respecter. La gestion administrative du personnel est une tâche importante et relativement lourde. Pour la RH qui en est chargée, il s’agit, en effet, de s’assurer, grâce notamment à des logiciels informatiques spécifiques, un ensemble de services à l’attention des collaborateurs de la banque :

Règlement des salaires, calcul des rémunérations extra-contractuelles, gestion des congés. Réalisation de l’ensemble des déclarations à caractère social (CNSS) ainsi que les

prélèvements et les paiements correspondants Intervention en cas d’apparition d’évènements particuliers touchant le collaborateur (maladie,

congé de longue durée…)169.

En outre, la Citi Morocco étant une banque de droit marocain, elle est dans l’obligation de se conformer strictement à la loi bancaire marocaine. Elle est ainsi dotée d’un département « Compliance » qui assure le lien entre les dispositions de la loi marocaine et les standards de Citicorp. Ceci pour dire que toute opération engagée ou toute procédure appliquée par la banque est d’abord soumise à la réglementation marocaine puis aux règles de la maison-mère. Outre son rôle de conseil juridique de la banque, elle établit ou contrôle les actes de garanties, participe à la récupération des créances douteuses et gère les dossiers contentieux.

8. Information Technology

C’est le département chargé de la gestion de l’infrastructure technologique de la banque. Il analyse les traitements à informatiser, programme les études réalisées et suit la maintenance des chaînes.

En somme, ce chapitre nous a éclairés sur la structure et l’évolution de l’une des multinationales bancaires mondiales et de sa filiale au Maroc tout en n’omettant pas de visiter certains départements de la banque et leur fonction. Cette présentation est nécessaire dans la mesure où elle nous permet de nous familiariser avec la banque où nous avons eu à pratiquer les opérations de paiement et de garantie. Les procédures de traitement de ces opérations seront dévoilées et analysées dans le prochain chapitre.

169 Philippe Garsuault – Stéphane Priami : « Banque : fonctionnement et stratégies », éd Economica, Paris 1995, p.372

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Chapitre 5  : L’application des méthodes internationales de

paiements documentaires et de garanties à la Citi Morocco

La croissance d’un marché mondial de plus en plus globalisé et des flux commerciaux internationaux a crée de nouvelles opportunités mais autant de défis pour les acteurs. Dans les transactions internationales, acheteurs et vendeurs sont toujours préoccupés par le succès de leurs opérations : le paiement à temps du côté de l’exportateur et la réception de marchandises conformes du côté de l’importateur. Tout au long de cette procédure complexe, on voit naître une multitude de risques qui se dressent en obstacles jusqu’au dénouement des transactions. Il s’y ajoute que les charges supportées par les vendeurs dans la production, le transport, le stockage et la commercialisation des marchandises et également celles supportées par les acheteurs pour se faire dûment livrer et pour payer les marchandises acquises, induisent des insuffisances de ressources en trésorerie parfois périlleuses et difficiles à prévoir. La conjugaison de tous ces facteurs justifie qu’ils aient recours à des institutions financières qui pourvoient des formules de financement ajustées à leur besoin et des modalités de paiement idoines. Pour ce faire, ils doivent s’appuyer sur une solide expertise bancaire, c'est-à-dire qu’ils doivent s’allier avec des banques bien rompues aux techniques de paiement et de financement. Ces banques sont ainsi appelées à s’ancrer localement tout en ayant une solide assise à l’international.

C’est dans cet esprit que bon nombre d’entreprises marocaines et multinationales implantées au Maroc ont choisi la Citibank Morocco comme partenaire accompagnateur dans leurs opérations de paiement et de financement international. Grâce à son large réseau international, ses services alignés aux normes bancaires internationales et l’utilisation des innovations technologiques de sa maison-mère (Citigroup), la Citi Morocco fournit des services et des solutions bancaires de paiement et de financement à sa clientèle entreprise. Pour le compte de cette dernière, les agents du département commerce extérieur gèrent des encaissements documentaires, des crédits documentaires, des lettres de crédit stand-by, des garanties, des cautions et des opérations trésorerie.

Toujours est-il que dans cette activité, la différenciation par les produits offerts est assez délicate et les clients cherchent toujours des services de qualité inégalables. Il s’impose donc à la banque de mettre en place des méthodes optimisées de gestion de paiement et de financement. Un impératif impossible à satisfaire sans la maîtrise des produits, du flux de travail et des procédures opérationnelles par tous les agents du front au back-office.

Cette maîtrise s’est avérée durant notre expérience au département commerce extérieur à la Citi Morocco. L’objet de ce chapitre est de présenter l’approche pratique, à la Citi Morocco, de techniques de paiements et de garanties adjacents au commerce extérieur.

Section 1 : La gestion des encaissements documentaires

Des entreprises résidentes au Maroc et à l’étranger sollicitent la Citibank Morocco pour leurs opérations d’encaissement documentaire. Du fait de la simplicité de cette modalité de paiement mais aussi des risques considérables qu’elle induit pour le vendeur, l’encaissement documentaire est quasiment utilisée dans les transactions où les partenaires ont de bonnes relations commerciales ou appartiennent à un même groupe. Au fait, la Citi joue un rôle d’intermédiaire facilitant le paiement et le transfert des documents.

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Du point de vue de la gestion, on distingue les remises documentaires à l’export et les encaissements documentaires à l’import. Ceux-ci sont classés en fonction des instructions du donneur d’ordres pour la forme de réalisation de l’encaissement :

Documents contre paiement à vue Documents contre acceptation de paiement à terme Documents contre acceptation de paiement et aval de la banque

A. La remise documentaire à l’importation

Dans le cadre d’une remise documentaire à l’import, Citi Morocco prend le statut de banque présentatrice qui est, en fait, chargée de remettre les documents de la marchandise à l’acheteur en contrepartie d’un paiement immédiat ou d’un engagement de paiement différé en signant une traite. Les modalités de remises sont consignées sur une lettre d’instructions envoyée avec les documents. La réception de cette lettre d’instructions au guichet de la banque marque le début du traitement de l’opération au niveau du « trade services department ». Même si ce type de transaction implique le passage éphémère des documents dans la banque, un dossier de suivi est ouvert à cet effet. Une notification sur laquelle figure le mode de paiement est envoyée à l’acheteur des marchandises.

1. Documents contre paiement à vue

Pour décrire le déroulement de la procédure d’une remise documentaire contre paiement à vue à la Citi Morocco, nous allons, à titre illustratif nous appuyer sur un cas pratique.

Cas pratique n° 1  

Contexte : L’entreprise exportatrice française « Neptunes », spécialisée dans la vente de produits de pêche, a reçu une commande de crevettes surgelées d’une valeur de 97 855,67 euros, passée l’entreprise marocaine « Synergie » (disposant un compte à la Citi Morocco) avec qui elle entretient des relations commerciales qui sont vieilles de 10 ans, et durant lesquelles il n’y a jamais eu d’incidences dans les paiements. À cet effet, une certaine confiance s’est instaurée, poussant ces deux partenaires à opter pour la remise documentaire contre paiement à vue. L’entreprise française a ordonné à sa banque HSBC France de remettre les documents relatifs aux marchandises à la Citi Morocco.

Au niveau de la Citi Morocco, cette remise documentaire se déroule comme suit :

Après expédition des marchandises par voie maritime, l’entreprise « Neptunes » remet les documents y relatifs à HSBC France accompagnés d’une lettre d’instructions. Cette banque étrangère, dite banque remettante, établit un bordereau de remise qu’elle joint et envoie avec tous les documents qui lui sont transmis à l’intention de Citi Morocco par courrier DHL.

À la réception des documents au guichet de Citi Morocco, ils sont par la suite directement envoyés au « trade services department ». Les premiers gestes consistent à statuer sur les instructions données par l’entreprise « Neptunes », à savoir accepter de suivre les conditions de la remise conformément aux règlements de Citibank (Citi policy) et à la loi marocaine ou bien les rejeter ou les faire amender le cas contraire. Si les instructions de la remise sont acceptées par Citi, un dossier est ouvert à cet effet  ; il portera un numéro de référence et une désignation de la nature de l’opération (encaissement documentaire avec paiement à vue mentionnée sur la couverture du dossier) et à accuser réception à

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HSBC France par message Swift MT 410 (Acknowledgment) en reprenant les mentions essentielles et en indiquant ses références et les références du dossier ouvert par la Citi Morocco.

Pour l’ouverture, on procède comme suit :

Imprimer un « cover-sheet170 » et le faire signer par une personne habilitée en interne ; Vérifier sans responsabilité de la part de Citi Morocco si tous les documents figurant sur le

bordereau sont effectivement reçus ; Joindre le « cover-sheet » au document au bordereau de remise et aux documents ; Attribuer un numéro de référence au dossier en fonction de spécifications (nature opération,

année, etc.)

Le document du bordereau comprend :

L’indication du mode de règlement : D/P ou D/A ; L’échéance, la devise et le montant ; La commission d’agent éventuelle ; Le nom du tiré  et sa domiciliation ; Le nom du tireur ; La liste des documents joints au bordereau ; L’indication de la nature de la marchandise, la date de l’expédition, le moyen de transport, la

destination ; Les instructions concernant : le protêt171, les frais et la perception des intérêts ; Les instructions concernant l’acceptation ou le paiement.

En parallèle, une lettre d’avis de réception des documents de la remise est envoyée à l’entreprise « Synergie » qui doit, par la suite, prendre contact avec le « trade services department » afin de donner sa décision sur le sort des documents (avis de sort). Trois cas de figure sont envisageables :

Soit elle accepte les conditions de la remise ; Soit elle les rejette tout simplement ; ou bien elle invite son partenaire à en apporter des modifications

Dans le deuxième cas, un message Swift MT 416 (Advice of Non-Payment/Non-Acceptance) est envoyé à HSBC France qui se chargera d’informer son client « Neptunes». Les documents lui sont aussi renvoyés par courrier DHL.

En revanche, dans le troisième cas, un message Swift MT 422 (Advice of Fate and Request for Instructions) est envoyé à HSBC France qui devra aussi informer l’entreprise « Neptunes».

Par contre, dans le premier cas, c'est-à-dire en cas d’acceptation par l’entreprise marocaine «  Synergie », cette dernière doit faire parvenir au guichet de la banque son ordre de paiement (voir specimen en annexe 5), la facture proforma et son titre d’importation.

170 Le cover-sheet est un document qui désigne la nature de l’opération (remise simple, remise documentaire, crédit documentaire, lettre de crédit stand-by, caution…) et où sont énumérés tous les documents, le cas échéant, afin d’établir une check-list.

171 Le protêt est un acte authentique émis par un huissier de justice constatant le non-paiement d'un effet de commerce à son échéance. Le protêt fait l'objet d'une inscription au greffe du tribunal de commerce et peut entraîner la procédure relative à une cessation des paiements.

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Précision de la réglementation des Changes au Maroc

“Extrait de l’instruction n°1 aux intermédiaires agréés du 31 Décembre 2009 de l’Office des Changesˮ

Titre d’importation

Toute importation de marchandises est subordonnée à la souscription d'un titre d'importation établi conformément au modèle joint en annexe, prévu par les textes législatifs et réglementaires en vigueur.

Le titre d'importation permet le passage en douane de la marchandise et son règlement financier. Il consiste soit en un engagement d'importation, soit en une licence d'importation, soit en une déclaration préalable d'importation.

Pour les importations avec paiement, le titre d'importation y afférent doit obligatoirement faire l'objet d'une domiciliation auprès d'un intermédiaire agréé.

Pour les importations sans paiement, les titres d'importation ne sont pas soumis à l'obligation de domiciliation.

Engagement d'importation

L'engagement d'importation se définit comme étant le titre souscrit pour l'importation de marchandises libres à l'importation. Il doit être établi par l'importateur concerné en cinq exemplaires dont l'affectation interviendra après accomplissement de la formalité de domiciliation auprès d'un intermédiaire agréé.

La durée de validité de l'engagement d'importation pour le passage en douane des marchandises est de six mois qui ne peut être prorogée. Elle commence à courir à compter de la date de domiciliation auprès du guichet domiciliataire pour les engagements d'importation avec paiement.

Licence d'importation

C'est le titre souscrit pour l'importation de marchandises faisant l'objet de mesures de restrictions prévues par les textes législatifs et réglementaires régissant le commerce extérieur.

La durée de validité de la licence d'importation pour le passage en douane des marchandises est de six mois. Ce délai commence à courir à compter de la date de délivrance de la licence par le Ministère en charge du commerce extérieur.

Déclaration préalable d'importation

Il s'agit du titre souscrit pour l'importation de marchandises dont la production nationale fait l'objet de mesures de sauvegarde prévues par les textes législatifs et réglementaires régissant le commerce extérieur.

La durée de validité de la déclaration préalable d'importation pour le passage en douane des marchandises est de trois mois. Les dates d'effet et d'expiration sont portées sur la déclaration préalable d'importation.

La déclaration préalable d'importation et la licence d'importation doivent être souscrites par l'importateur en six exemplaires suivant le modèle joint en annexe l et comporter des indications sur le guichet qui procédera à leur domiciliation. Ces titres doivent être ensuite présentés au Ministère en charge du commerce extérieur pour visa.

Remarque : La domiciliation172 des titres d’importation est donc obligatoire pour l’importateur. Il lui appartient de solliciter une banque pour cette opération. Pour la banque domiciliataire, il s’agit d’effectuer toutes les formalités requises pour la bonne fin des opérations conformément à la

172 La formalité de domiciliation assume une triple fonction aux yeux de l’Administration :

- Support de contrôle et de vérification de la régularité des opérations effectuées ;

- Un outil informationnel pour l’établissement des statistiques, compte tenu des indications précieuses portées sur le titre d’importation (valeur FOB, fret, nature de la marchandise, monnaie de facturation, pays d’origine, pays de provenance…) ;

- Un instrument de programmation et de contingentement (certificat d’importation).

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réglementation des changes marocaines, aux instructions de ses clients importateurs et d’autres intermédiaires.

Aussi, il faut comprendre qu’à côté de la domiciliation, les importateurs sont obligés de constater par imputation douanière173 l'entrée de toute marchandise sur le territoire marocain assujetti. C’est d’ailleurs, à partir de la valeur indiquée sur l’imputation douanière que la banque effectuera le règlement financier en faveur du fournisseur, et procèdera par la suite, à l’apurement du dossier d’importation. L’imputation douanière (voir modèle titre d’importation en annexe 6) est représentée par les mentions apposées par les services douaniers sur les titres d'importation et qui font apparaître :

la désignation et le code du bureau douanier; l'émargement et le cachet de l'inspecteur des douanes ; le numéro et la date de la déclaration unique de marchandise (DUM) ; la date de l'imputation; la quantité et la valeur de la marchandise constatées par le bureau douanier étant entendu que

celles-ci ne peuvent en aucun cas dépasser celles prévues par le titre d'importation majorées, le cas échéant, des dépassements dans la limite des taux prévus par la réglementation du commerce extérieur et des changes en vigueur.

Pour opérer la domiciliation, Citi Morocco est tenue, au sens de la réglementation des changes :

De recevoir du client : les exemplaires nécessaires de l’engagement d’importation, les justificatifs relatifs à l’importation (factures proforma, lettre de commande, confirmation du bon, contrats..), le règlement d’un timbre spécial.

D’effectuer la vérification des documents en contrôlant notamment leur conformité avec la réglementation des changes

D’apposer sur les exemplaires du titre un cachet comportant : le numéro de guichet de domiciliation, un numéro de référencement, tiré d’une série continue, la date d’expiration du titre

D’enregistrer les principales caractéristiques du titre su le répertoire de domiciliation : « engagement d’importation »

Une fois que l’ordre de paiement, le titre d’importation ainsi que les autres documents requis sont déposés auprès de la banque, la procédure de paiement peut être enclenchée. Dans ce cas, si l’entreprise « Y » dispose un compte en euros dans les livres de la banque, ce compte est directement débité pour un montant de EUR 97.855,67. Si, au contraire, elle dispose un compte en Dirhams convertible, ce dernier est débité pour le montant en Dirhams équivalent (ce montant est calculé comme suit : Cours du jour DHS/EUR x 97.855,67 €). Ce cours est donné par la Bank-Al-Maghrib. Il peut arriver que l’entreprise « Synergie » demande à la banque d’acquérir le montant en devise de la transaction sur le marché des changes. C’est le département de la trésorerie qui se chargera de cette opération.

Ainsi fait, un message Swift MT 103/ 103+ / 103 REMIT (Single Customer Credit Transfer) est envoyé à HSBC France pour lui notifier l’envoi des fonds destinés à l’entreprise « Neptunes » à son compte.

173 En ce qui concerne la Banque, l’imputation est exigée s’il s’agit d’un transfert simple. Cependant, dans le cas d’une remise documentaire, l’imputation n’est pas exigée pour le paiement mais seulement pour la liquidation du dossier.

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Our Reference ___________Account No. _____________Date: ____/____/__________

From: « Universal Textile »London, United Kingdom

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Bénéficiaire «X»

HSBC France CitiMorocco

SwiftMT 103 Donneur d’ordre «Y »

€ €

Cette étape débouche sur la clôture du dossier au niveau de Citi Morocco et à l’apurement du titre d’importation. L'apurement d'un titre d'importation consiste pour la banque à réunir les documents commerciaux, financiers et douaniers et à dresser la situation de l'opération d'importation sur la base d'un dossier qui doit comporter174:

le contrat commercial ; l'exemplaire du titre d'importation concerné ; la copie du document justifiant le règlement financier de l'importation ; l'exemplaire du titre d'importation ou le cas échéant l'avis d'imputation ou rectificatif

d'imputation dûment imputés par les services douaniers ; les factures définitives, les factures du fret, les notes de frais accessoires ; les documents de transport et d'une manière générale, tous documents se rapportant à

l'opération d'importation.

Enfin, après cette liquidation le dossier de cette transaction est classé. Cette procédure décrite montre toute la simplicité de la remise documentaire avec paiement à vue.

2. Documents contre acceptation

La différence entre ce type paiement et le paiement à vue est que l’acheteur doit accepter une traite à échéance envoyée avec les documents à remettre comme l’illustre le cas pratique suivant.

Cas pratique n° 2

Contexte : La société « Moroccan Textile » a commandé de la fibre synthétique à la multinationale « Universal Textile » de Londres. Ce partenaire de longue date lui a transmis une facture proforma dans laquelle est mentionné un montant en USD de 358 756,15. En raison de la longévité de leurs relations commerciales, elles ont convenu d’utiliser comme modalité de paiement, l’encaissement documentaire avec acceptation d’une traite payable à 60 jours date de B/L.

Il se trouve que la Citi Morocco est la banque correspondante au Maroc de Wells Fargo Bank N.A. London Branch, la banque de « Universal Textile ». C’est pourquoi, Wells Fargo lui a chargé, conséquemment aux instructions de « Universal Textile », de remettre les documents (factures, B/L, liste de colisage…) accompagnée d’une lettre de change à « Moroccan Textile ». Afin que cette dernière puisse prendre possession des documents et par la suite la marchandise, il faut qu’elle accepte la traite.

Voici la lettre d’instruction envoyée par « Universal Textile » à Wells Fargo (banque remettante) qui, à son tour, l’a transférée à la Citi (banque présentatrice) par courrier postal.

174 Cf. Instruction n°1 de l’Office des Changes relative au régime des importations des biens et des services (Déc 09).

Page 166: DIA Alioune _Thèse Finale

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Dear Sir,

Bills for collection drawn on ___ Moroccan Textile ___ Amount _____GBP 358.756_______

We enclose our bill of exchange for collection, subject to Uniform Rules for Collection (1995 revision) Publication number 522. Please follow instructions marked:

Documents to be released against acceptance.

Please Swift advise our remitting Bank, acceptance stating maturity date. Retain the accepted draft for

presentation on due date.

Payment/acceptance may be deferred at drawee’s request pending arrival of the relative goods.

In case of non-payment/non-acceptance on presentation please Swift advise our remitting Bank stating

reasons.

If unpaid/unaccepted, please Note/Protest the drafts and Swift advise our remitting Bank stating

reasons.

Recover all charges, including your charges from drawee. Charges may not be waived.

Please collect interest 0.96 % p.a. from the date of draft to approximate arrival of return remittance in

London. Interest may not be waived.

If unpaid on due date, overdue interest to be charged @ 0.43 % p.a. from due date to approximate

arrival of return remittance in London. Interest may not be waived.

In the event of foreign currency cover not being available at the time of maturity of the Bill, you may

accept deposit in local currency to the full equivalent of the value of the draft amount together with interest and charges at the rate ruling on the date of deposit and remit the same when foreign currency cover is provided by the Central Bank.

Please obtain an undertaking from the drawee to hold himself responsible for any difference due to

fluctuations in exchange rates which may arise between the date of deposit in local currency and foreign currency allocation by the Central Bank.

Please disburse the proceeds as under-

Credit our account, Nr XXXXXXXXXXX, held by Wells Fargo N.A. London Branch & advise.

Details of documents enclosed.

Documents Draft InvoiceBill of

lading/Cert. airwaybill

InsurancePacking

ListCert. Of Origine

Others

Original

Duplicate

In case of need refer to:

Yours faithfully

Authorized Signature

“ ” ✓

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Cet exemple de remise assortie d’une acceptation de traite (n° 120), n’est pas très différente au niveau de la procédure de traitement à suivre.

Figure 51 : Specimen de la traite à accepter

……………………….on………………………………………………………………………………At………………………………………………………………………………………………………..Please pay against this bill of exchange to the order of…………………………………………………………………………………………………………The sumof……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………For and behalfof…………………………………………………………………………….

……………………………………………………………………………………………………..………… …………………………………………………………………………………………

………………………………………………………….…………………………………………….………………………………………………………………………………………………………..

DRAWEE

PAYEMENT BY BANKER’S ORDER

Montant : ………………………………………….Date ………/ ………/ …20…….....................

Signature

Universal Textil ethr ee hundred fifity eight thousand seventy hundr ed and fif ty s ix pounds only

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No. 120

Sur sa lettre d’instruction, « Universal Textile » précise que :

Les documents doivent seulement être remis au client contre acceptation de la traite ; La banque (Wells Fargo) doit être notifiée par message Swift stipulant la date de maturité. Et

la traite doit être retenue par les soins de la banque présentatrice pour la présentation à l’échéance ;

Le paiement/acceptation peut être déferré à la demande du client en attendant la réception des marchandises correspondantes ;

En cas de non-paiement/acceptation, la banque dressera un protêt et notifiera par message Swift à Wells Fargo en évoquant les raisons ;

Les frais sont à la charge de l’acheteur ; En cas d’absence de possibilité de couverture de risque de change à la date de maturité de la

traite, la banque présentatrice pourrait accepter le dépôt en monnaie locale de l’équivalent de l’intégralité du montant de la traite majoré des intérêts et des frais au taux de change en vigueur le jour du dépôt. Elle transférera le montant dès lors que la couverture du risque de change est permise par la banque centrale.

La banque doit obtenir du tiré, l’engagement de supporter toute différence due par les fluctuations des cours de change ;

Après paiement du tiré et transfère du montant sur son compte n°XXXXXXX détenu chez Wells fargo, cette dernière doit créditer ledit compte du même montant.

Enfin, cette remise documentaire est soumise aux Règles Uniformes relatives aux Encaissements175.

Après l’acceptation de ces instructions par la banque (Citi), un message Swift d’accusé de réception - MT 410 est envoyé à Wells Fargo. Aussi, le client est contacté pour qu’il soit informé de la réception des documents qu’il doit récupérer à la banque, à condition de signer et/ou d’apposer son cachet d’acceptation sur la traite. Une fois que c’est fait, un message Swift MT 412 (Advice of Acceptance) est envoyé à la banque du vendeur en Londres.

175 Cette précision définie le cadre juridique applicable à cet encaissement documentaire. En cas de litige, ce sont les RUE 522 qui prélaveront.

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Au cas où l’entreprise marocaine n’acceptait pas la traite où les documents, un message MT 416 (Advice of Non-Payment/Non-Acceptance) serait envoyé à la banque remettante (Wells Fargo) pour l’informer de ce refus et des motifs relevés. Il est important pour l’exportateur d’être informé du sort pour lui permettre d’envisager les démarches appropriées de relance auprès de son client ou de prendre des dispositions de sauvegarde de la marchandise.

Sinon, la banque conserve la traite et la copie des documents (facture, B/L, …) jusqu’à échéance. À cette de date, le client émet l’ordre de paiement et les mêmes procédures relatives au paiement à vue seront suivies jusqu’à la liquidation du dossier de la transaction au niveau de la banque.

Remarque : étant donné qu’ici, le client doit payer à échéance 60 jours date de B/L, le cours de la livre sterling peut monter à la hausse entre temps. Pour s’y prémunir, il peut recourir à un produit de couverture de risque de change (une option d’achat de devises ou un achat à terme) qui lui permettra de fixer un cours le jour de la signature du contrat. Par le biais de sa trésorerie, la banque met à la disposition de la clientèle des contrats de change à terme.

Si le paiement de la traite échoit sans que le client ne montre aucun signe de volonté de payer la traite, celle-ci sera déclarée « impayée » et un message Swift MT 456 (Advice of Dishonour) sera envoyé à la banque remettante pour qu’elle en informe immédiatement le vendeur car celui-ci doit prendre rapidement des dispositions. Il peut s’agir de :

Soit nommer un avocat pour réclamer par voie judiciaire le recouvrement de sa créance, surtout si la marchandise a été retirée sur base d’une acceptation de traite ;

Soit donner instruction à la banque de lui retourner les documents si ceux-ci sont restés en souffrance à ses caisses ;

Soit confier à un transitaire ou à un commissionnaire le retour de la marchandise ou sa vente à un autre acheteur.

Dans le cas précis, la banque doit, conformément aux instructions, dresser un protêt qui constate le non paiement en attendant que le vendeur réagisse, en conséquence. Dans ce genre de situations, la banque peut être appelée à assister l’exportateur pour réduire les pertes. C’est ainsi qu’elle peut être chargée de soigner la marchandise, en la faisant assurée et entreposer par le biais de transitaires commis par la banque, les frais étant répercutés sur le vendeur.

Si la marchandise est périssable, elle est généralement irrécupérable d’autant plus que les services douaniers peuvent procéder à sa destruction par mesure d’hygiène.

Néanmoins, pour s’assurer éviter le défaut de paiement de sa traite à échéance, le vendeur devrait ajouter dans ses instructions la mention « documents à remettre contre acceptation et aval bancaire ». Quoiqu’il advienne, ceci le protégera contre non paiement puisque c’est la banque avaliste qui paiera.

3. Documents contre acceptation de paiement et aval de la banque

Dès lors que la remise documentaire est conditionnée par une traite avalisée, le client doit demander la banque d’émettre un engagement par signature176. Mais avant d’avaliser la traite en devises, des vérifications sont faites :

D’abord, par les spécialistes du « trade services department » pour s’assurer du respect de l’opération à la réglementation des changes. Pour cela, ils vérifient l’existence d’un titre d'importation souscrit et domicilié auprès de la banque et un engagement écrit de l'importateur

176 Voir infra : l’aval étant un forme de caution, c’’est pourquoi, il est traité dans la partie caution bancaire.

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à justifier à la banque la réalisation de l'importation par la production de l'exemplaire du titre d'importation dûment imputé par les services douaniers, dans un délai maximum de trois mois après la date d'expédition de la marchandise à destination du Maroc177.

Et puis, par le « credit risk department » concernant la ligne de crédit du client demandeur, à savoir, si la nature de la demande est conforme aux fins de sa/ses ligne(s) de crédit, le cas échéant, si le montant à avaliser rentre dans cette/ces ligne(s). Aussi, du fait que l’aval est une opération risquée pour la banque, puisqu’elle sera tenue d’honorer l’exportateur, une évaluation des risques encourus sur le client et sur la transaction est aussitôt faite. Par la suite, si la demande d’émission de l’aval est recevable, le « credit risk department » autorise l’émission par un ticket de transaction transmis au « trade services department ».

C’est suivant ces procédures que l’aval sera émis. Le dossier de l’aval est classé à part dans la catégorie caution et garantie. Le traitement de cet acte séparé est présenté dans la partie caution à la section 3 de ce chapitre.

Outre cela, une fois que la traite est avalisée, à l’échéance la banque envoie les messages Swift pour notifier le paiement. Les autres actions qui consistent à bloquer le compte du client pour un montant équivalent au montant de la traite et des frais éventuels sont suivies à la lettre comme le cas de paiement par acceptation.

À coté de l’encaissement documentaire, il y’a la l’encaissement net ou l’encaissement simple, qu’on appelle en anglais « clean collection ». Ce type d’encaissement suppose que l’exportateur n’envoie à la banque que de document financier (lettre de change), alors que les documents de la marchandise (facture, B/L, …) sont directement envoyés à l’acheteur. Ce sera à ce dernier de passer à la banque pour accepter une traite, d’émettre un billet à ordre ou d’un chèque pour l’exportateur.

Dans tous les cas, la responsabilité de la banque n’est aucunement engagée à l’exception de l’émission par elle d’un aval qui l’obligera à payer.

Dans ce qui vient d’être exposé, la banque prend le statut de banque présentatrice. Voyons, à présent du cas où elle prend celle de banque remettante, c'est-à-dire qu’elle intervient dans une remise documentaire à l’export.

B. La remise documentaire à l’exportation

À l’exportation, la remise documentaire est à l’antipode de ce qui se pratique à l’importation. Ici, la banque n’est que chargée de remettre les documents à la banque correspondante dans le pays de l’importateur et de tenir informer le vendeur de tout évènement relatif au paiement ou même susceptible d’impacter sur le paiement :

Accusé de réception ; Acceptation ou refus des documents ; Acceptation ou refus de(s) traite(s) ; Amendements des termes ; Notification de paiement/non-paiement ; …etc.

La Citi est sollicitée dans le cadre des remises documentaires export par des entreprises exportatrices marocaines clientes de la banque ou clientes d’une autre banque locale. Dans le dernier cas, les

177 Comme le stipule l’instruction n°1 aux intermédiaires agréés du 31 Décembre 2009 de l’Office des Changes au Maroc.

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documents sont souvent transmis par l’intermédiaire de la banque chez qui le donneur d’ordre dispose un compte. Cela peut être tout simplement induit par le fait que cette banque n’entretient aucune correspondance avec une quelconque banque dans le pays de l’acheteur.

Quoi qu’il en soit, la Citi, en guise de banque remettante, agit selon les instructions qui figurent sur la lettre reçue avec les documents. Après une sommaire vérification, les documents sont envoyés tels quels après l’ouverture d’un dossier contenant les copies des documents. La référence du dossier et celle du courrier postal permettront de faire le « tracking » du courrier. Le « tracking » consiste à entrer le numéro de référence du courrier sur un logiciel fourni par l’agence postale ou sur son site internet pour connaître le statut du courrier qui lui a été remis (en instance d’envoi, en cours de route, arrivé, …). Ce suivi peut se faire en temps réel, c'est-à-dire à n’importe quel moment. Ainsi, le lieu où se trouve le courrier est connu grâce aux mises à jour de statut effectuées par les agents de l’agence postale.

Après le courrier, la banque attend le message d’accusé de réception qui informera sur le sort des documents. Les informations découlant de ce message sont relayées au donneur d’ordre. Il lui reviendra de prendre toutes ses dispositions si l’acheteur n’a pas accepté les documents/conditions, s’il désire que des amendements soient apportés dans les termes. Dans le cas de « clean collection », la banque envoi un message Swift MT 405 (Clean Collection) afin de spécifier les conditions auxquelles doit veiller la banque présentatrice pour obtenir le paiement ou l’acceptation de paiement de l’acheteur.

Si le vendeur donne l’ordre d’amender les instructions, la banque s’exécute en émettant un message Swift MT 430 (Amendment of Instructions) dans lequel seront précisées les nouvelles instructions que la banque présentatrice aura à suivre.

Autre chose à préciser sur la réglementation des changes, c’est que : « Toute exportation de marchandises doit donner lieu à la souscription d'un titre d'exportation à l'exception des opérations prévues par l’instruction de l’office des changes et par les textes législatifs et règlementaires relatifs au commerce extérieur178 ». Le titre d'exportation consiste soit en un engagement de change, soit en une licence d'exportation. Il permet le passage en douane des marchandises et constitue au regard de la réglementation des changes, un engagement ferme de l'exportateur de rapatrier le produit de son exportation dans les délais réglementaires (maximum 150 jours à compter de la date de l'imputation douanière pour les exportations réalisées en vente ferme)179 et de le céder auprès d’un intermédiaire agrée ou de le déposer dans un compte en devises180 ou en dirhams convertibles181.

Mais, contrairement aux titres d’importation, les titres d’exportation ne sont pas soumis à la domiciliation bancaire. Donc, la Citi ne se charge qu’à l’issue de l’opération de porter sur le compte du vendeur les devises provenant du règlement de l’acheteur étranger ou bien même d’échanger ces devises contre des dirhams. En même temps, le client vendeur peut souscrire auprès de la banque, un contrat à terme de vente de devises pour se prémunir contre la baisse éventuelle du cours de la devise dans laquelle s’est effectué le règlement par rapport au Dirham.

178 Cf. instruction n° 3 de l’Office des Changes aux intermédiaires agréés relative au régime des exportations de biens et de services.

179 NB : Ces dispositions sont susceptibles d’être révisées à tout moment par l’Office des Changes au Maroc.180 Un compte en devises est un compte qui est tout simplement libellé en devises (en dollar, en euro…). Toutes les personnes

(physiques ou morales) habilitées à ouvrir un compte en dirhams convertibles peuvent ouvrir ce type de compte.181 Un compte en dirhams convertibles est un compte libellé en dirhams dont les fonds peuvent, à tout moment, être convertis

en devises.

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Au terme de cette section, il est nettement évident que la remise documentaire est une modalité de paiement qui engage moindrement la responsabilité de la banque, c’est pour cette raison que sa gestion est moins délicate comparée au crédit documentaire.

Section 2 : La gestion des crédits documentaires

Le crédit documentaire est une modalité de paiement qui n’en est pas des moins souples, mais du fait qu’il offre simultanément de la sécurité à l’exportateur et à l’importateur, ce qui n’est pas le cas pour les autres modalités, il a connu un grand succès international malgré son coût relativement élevé. L’ensemble de son opération repose sur la production, la transmission et la vérification de documents par les banques intervenantes étant donné que dans son schéma typique, le crédit documentaire implique l’intervention d’une banque émettrice et d’une banque notificatrice.

Ainsi, la Citi Morocco accompagne ses clients où ses partenaires en prenant tantôt la position de banque émettrice, tantôt celle de banque notificatrice/confirmante. Toutefois, ces rôles joués par la Citi Morocco nécessitent une bonne maîtrise par les professionnels du département commerce extérieur, des aspects techniques et juridiques relatifs au crédit documentaire mais aussi des procédures internes de gestion en la matière.

A. Le crédit documentaire à l’importation

En pratique la gestion d’un crédit documentaire à l’importation se compose en différentes phases :

La phase d’émission, la phase de notification, la phase de réalisation, et enfin la phase de liquidation.

Pour qu’un crédit documentaire puisse être émis à l’intention d’un importateur, il existe des conditions à satisfaire au préalable.

1. Les conditions préalables à l’ouverture

Pour qu’un client donneur d’ordre (importateur) puisse solliciter l’initiation d’un crédit documentaire à Citi Morocco, il doit obligatoirement :

Ouvrir, sinon disposer un compte bancaire à Citi Morocco ; Demander, sinon disposer d’une ou des lignes de crédits.

1.1. L’ouverture d’un compte

Préalablement à l’ouverture d’un compte, il est important pour les agents de la banque de procéder à la vérification non seulement de l’identité et de la capacité civile des personnes physiques habilitées à représenter l’entreprise, mais aussi la teneur et l’étendue des pouvoirs conférés aux différents mandataires pour faire fonctionner le compte. Ces mandataires qui engagent l’entreprise en matière d’opérations comme l’ouverture de compte, l’émission d’ordres de virement, la gestion de la trésorerie, la négociation des lignes de crédits, la signature d’actes de garanties… ont parfois des pouvoirs plafonnés en fonction de la hiérarchie dans l’entreprise. Par exemple, pour la l’émission d’un crédit documentaire d’un tel montant, il faut réunir un nombre prédéfini de signatures pour que la demande d’ouverture soit recevable. Les spécimens de ces signatures sont déposés à la banque qui les scanne et les conserve minutieusement afin d’authentifier les ordres.

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Une fois que l’entreprise ouvre un compte dans la banque, elle dispose un numéro de compte, identifiable par une série de chiffres désignant à la fois le code de la banque, de la ville, du guichet qui détient le compte, la nature de la devise ainsi qu’une clé confidentielle. Cette identification numérique (appelée RIB : Relevé d’identité Bancaire) est la base sur laquelle le traitement informatique des opérations est effectué.

1.2. L’obtention d’une ligne de crédit documentaire par l’acheteur

En émettant un crédit documentaire, Citi Morocco s’engage en lieu et place du client importateur à régler à une banque étrangère des documents conformes, sans tenir compte de la qualité de la marchandise, de l’accord du client (donneur d’ordre), ou encore des possibilités de se faire rembourser par celui-ci. Il faut donc auparavant, que le donneur d’ordres sollicite Citi pour y disposer d’une ligne de crédit documentaire.

Cette démarche préalable met l’acheteur à l’abri d’un refus de la banque d’émettre un crédit documentaire182. Ainsi, pour obtenir une ligne de crédit, la Citi évalue le risque de contrepartie et peut demander certaines garanties au donneur d’ordres :

Provisions : la banque demande à l’acheteur de déposer, sur un compte bloqué jusqu’au règlement, tout ou partie du montant qu’elle s’engage à payer,

Gage sur marchandise : en faisant généralement voyager la marchandise en son nom.

À chaque demande d’ouverture de crédit documentaire, une procédure décisionnelle est suivie en interne pour son autorisation ou son refus. Généralement, il s’agit d’un organigramme décisionnel qui s’articule schématiquement comme suit :

Figure 52 : Processus décisionnel d'ouverture de crédit documentaire

182 En émettant un crédit documentaire, la banque de l’acheteur s’engage en lieu et place de celui-ci à régler à une banque étrangère des documents conformes, sans tenir compte de la qualité de la marchandise, de l’accord de son client (donneur d’ordre), ou encore des possibilités de se faire rembourser par son client.

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Si toutes les conditions d’ouverture sont satisfaites, on entre dans la phase de l’émission du crédit documentaire.

Après une analyse du risque, et éventuellement la constitution d’une provision partielle ou totale du montant du crédit, le « trade services department » émet un message Swift (MT 700) pour l’ouverture du crédit à une banque correspondante à l’étranger (la banque notificatrice) à qui, elle peut aussi demander d’ajouter sa confirmation.

2. L’émission du crédit documentaire

Après négociation et domiciliation de son titre d’importation à la Citi Morocco, conformément à la réglementation des changes marocaines, l’acheteur va procéder maintenant à la demande d’ouverture du crédit documentaire au moyen d’un formulaire spécifique et pré-imprimé (voir le spécimen en Annexe 7) fourni par la banque ou bien il peut la faire en ligne via la plateforme sécurisée Citidirect.

Lorsqu’il le rempli, l’acheteur doit porter une attention particulière à certaines rubriques du formulaire d’ouverture.

Nature du crédit documentaire : irrévocable et non confirmé, irrévocable et confirmé ; irrévocable et transférable ;

Montant, quantités, conditions de vente ; Description de la marchandise et caractéristiques de la marchandise : nature, quantité, poids,

prix, devise, Montant et quantité.

Ce formulaire, aligné sur le système de codification SWIFT (champs numérotés), regroupe un ensemble de mentions indispensables pour assurer le bon déroulement du crédit documentaire : le type de crédit, la banque émettrice, la banque notificatrice, le bénéficiaire, le mode de réalisation, les documents requis, le montant et l’incoterm choisi, la nature de la marchandise, la date limite d’expédition, la validité du crédit documentaire, etc.

Nous allons les voir en détail à travers ce cas pratique qui illustre le déroulement typique d’une opération de paiement par crédit documentaire au sein de la banque.

Cas Pratique n°3

Contexte : Le 26/06/09, l’entreprise marocaine « Star-Beauty » a passé une commande de produits cosmétiques, d’une valeur de 185 000,00 EUR, à son fournisseur « UNIPALM » en France. Avec ce dernier, ils ont convenu d'un paiement par crédit documentaire irrévocable et confirmé réalisable par paiement à vue. La banque de l’exportateur est BNP-PARIBAS, PARIS.

Dans le cadre de cette transaction, l’entreprise « Star-Beauty  », cliente de Citi Morocco lui donne ordre d’émettre un crédit documentaire.

Après avoir défini les conditions documentaires et dûment rempli l’accréditif, « Star-Beauty  » le fait parvenir avec le titre d’importation au guichet de la banque qui, après décharge, les transmet au « trade department ». Avant d’envisager l’émission de ce crédit documentaire, le département « credit risk » consulte d’abord la ligne de crédit documentaire de « Star-Beauty  ». Pour cela, une copie de l’accréditif joint à un ticket de transaction183 (transaction ticket) leur est envoyée. Après vérification, s’il s’est révélé que le montant de la transaction de « Star-Beauty  » rentre effectivement dans sa ligne

183 Le ticket de transaction est le document qui matérialise l’approbation ou le rejet d’une demande d’ouverture de crédit documentaire ou de garantie.

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de crédit, le « credit risk department » donne son aval à l’émission du crédit documentaire en apposant le cachet « approved » sur le ticket de transaction qui sera retourné au département « trade services department ». Un numéro de référence est attribué à la transaction ; celui-ci sera noté sur le message Swift et sur le dossier de suivi à ouvrir dès que les documents du crédit sont reçus.

À présent, le crédit documentaire peut être émis selon les conditions définies dans le formulaire de demande d’ouverture. À cet effet, le message Swift ci-dessous est envoyé à BNP Paribas – Paris pour lui notifier l’ouverture du crédit.

Le message SWIFT MT 700

FROM CITI MOROCCO 700 ISSUE OF LETTER OF CREDIT

27A : NUM DE SEQUENCE 1/1

40A : FORME DE CREDOC IRREVOCABLE

20 : NUMERO DE CREDOC 123345678

31C : DATE D’EMISSION 300609

31D : DATE LIEU D’EXPIRATION 300709 FRANCE

51D : BANQUE DONNEUR

D’ORDRE

CITI MOROCCO, ZENITH MILLENIUM, LOTISSEMENT

ATTAOUFIK IMMEUBLE 1

CASABLANCA - SIDI MAAROUF, MOROCCO

50 : DONNEUR D’ORDRE STAR-BEAUTY , 5 ROUTE DE AÏN SABAA

CASABLANCA MAROC

59 : BENEFICIAIRE UNIPALM, 11 RUE JEAN BAPTISTE CLÉMENT,

PIERREFITTE SUR SEINE, ÎLE-DE-FRANCE, FRANCE

32B : DEVISE MONTANT EUR 185 000,00

39A : TOLERANCE 10/10

41A : UTILISATION CHEZ BNPAFRPHXXX PAR PAIEMENT

43P : EXPEDITION PARTIELLE AUTORISEE

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43T : TRANSBORDEMENT AUTORISEE

44A : EXPEDITION TOUT PORT FRANCAIS

44B : DESTINATION PORT DE CASABLANCA

44C : AU PLUS TARD 150709

45A : COUVRANT PRODUITS DE BEAUTE SUIVANT FACTURE

PROFORMA NR 2009-1323 DU 23/06/09,

MENTION DEVANT FIGURER SUR LA

FACTURE DEFINITIVE. VENTE CFR PORT

CASABLANCA MAROC

46A : DOCUMENTS REQUIS + FACTURES COMMERCIALES EN 4

EXEMPLAIRES DÛMENT SIGNEES ET

CACHETEES + JEU COMPLET DE

CONNAISSEMENT MARITIME 3/3

CONNAISSEMENTS MARITIMES ORIGINAUX

« CLEAN ON BOARD » PORTANT MENTION

« FRET PAYE » ET LA REFERENCE DU

CREDIT, ETABLIS A L’ORDRE CITI MOROCCO

CASABLANCA MAROC, « NOTIFY » LE

DONNEUR D’ORDRE

+ LISTE DE COLISAGE EN 2 EX

+ CERTIFICAT SANITAIRE EMIS PAR

AUTORITE COMPETENTE

+ ORIGINAL CERTIFICAT D’ORIGINE VISÉ PAR LA

CHAMBRE DE COMMERCE

+ ORIGINAL CERTIFICAT EUR 1 SIGNÉ PAR LES

AUTORITÉS DOUANIÈRES

47A : CONDITIONS SUP + ASSURANCE COUVERTE PAR ACHETEUR,

CEPENDANT LE BÉNÉFICIAIRE DEVRA TRANSMETTRE

À LA MAROCAINE D’ASSURANCE MARITIME

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CASABLANCA FAX : 00 212 XXX XX XX XX LE

DÉTAIL DE L’EXPÉDITION DANS LES 48 H DU DÉPART

DU NAVIRE

+ DOCUMENTS ÉMIS AVANT LA DATE D’ÉMISSION DU

CRÉDIT NON ACCEPTABLES

+ TOUS LES DOCUMENTS DOIVENT INDIQUER LE

NUMÉRO DU CRÉDIT ET DOIVENT ÊTRE RÉDIGÉS AU

MOINS NE FRANÇAIS ET EN ANGLAIS

+ SHIPPING MARKS184 X-RT-676

NAVIRE DE MOINS DE 15 ANS D’ÂGE SUR COMPAGNIE

MEMBRE D’UNE CONFÉRENCE MARITIME ET NAVIRE

CONFORME AUX ISM.

71B : FRAIS FRAIS AU MAROC À LA CHARGE DU DONNEUR

D’ORDRE.

FRAIS EN DEHORS DU MAROC À LA CHARGE DU

BÉNÉFICIAIRE.

48 : DÉLAI/PRÉSENT 21

49 : INSTRUCTION DE CONFIRMATION CONFIRM

53D : BANQUE DE REMBOURSEMENT CITI FRANCE (CITIEGCR)

57D : BANQUE INTERMÉDIAIRE BNP PARIBAS PARIS

SWIFT BNPAFRPHXXX

COMPTE XXXXXXXX

78 : INSTRUCTIONS DE BANQUE DE

REMBOURSEMENT

+ NOUS VOUS AUTORISONS À DÉBITER NOTRE

COMPTE TENU CITI FRANCE CONFORMÉMENT AUX

CONDITIONS DU CRÉDIT

184 Shipping marks : ce sont des sigles qui permettent de vérifier la nature de la marchandise en l’identifient son type (produits toxiques: poison, produits dangereux: alcool inflammable...).

Page 177: DIA Alioune _Thèse Finale

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+ LES DOCUMENTS DOIVENT ÊTRE EXPÉDIÉS EN 2

PLIS À NOTRE ADRESSE MENTIONNÉE AU CHAMP 51D

72 : INFORMATION BANQUE À

BANQUE

CE CRÉDIT EST SOUMIS AUX RÈGLES ET USANCES

UNIFORMES RELATIVES AU CRÉDIT DOCUMENTAIRES

RÉVISION 2007 BROCHURE 600 DE LA CCI

On voit que le message Swift envoyé par Citi Morocco à BNP Paribas contient des champs qui reprennent toutes les conditions énoncées dans l’accréditif. Chaque champ du message est identifié par un numéro, une explication fonctionnelle et une partie narrative d’où est saisie l’ensemble des instructions du crédit. Pour analyser le crédit documentaire, nous allons nous arrêter sur chacun de ses champs.

Analyse détaillée du crédit documentaire

20 : Indique le numéro du crédit documentaire, c'est la référence du crédit chez la banque émettrice (Citi Morocco) : 123345678.

31C : Cette date est souvent indiquée sous la forme jours/mois/année ou année/mois/jours (si le crédit est émis en anglais) : 300609.

31D : Date jusqu’à laquelle l’engagement de la banque émettrice (et confirmante, le cas échéant) reste en vigueur. Les documents requis par le crédit doivent impérativement être présentés au plus tard à cette date. Le non respect de cette « date butoir » constitue une réserve majeure et peut faire perdre au bénéficiaire le bénéfice des RUU 600 : 30 07 09 FRANCE185.

Le lieu de validité du crédit représente le lieu où les documents devront être remis, et ce au plus tard à la date de validité du crédit. Il ne doit pas être confondu avec le lieu où le crédit est réalisable, c'est-à-dire où les documents doivent être présentés pour utiliser le crédit (voir infra le champ 41). Dans l’exemple précédent, on note que le lieu de validité est en France.

51A ou D : Indique l’identité de la banque émettrice, soit en précisant son nom et son adresse complète (champ 51D) : CITI MOROCCO, Immeuble ZENITH MILLENIUM, Casablanca Maroc, soit en indiquant son code d’identification Swift unique (champ 51A).

50 : Indique le nom et l’adresse du donneur d’ordre du crédit documentaire, c'est-à-dire (les documents établis au nom du donneur d’ordre (principalement les factures) doivent reprendre fidèlement les informations de champ : STAR-BEAUTY , 5 ROUTE DE AÏN SABAA CASABLANCA MAROC.

59 : Indique le nom et l’adresse du bénéficiaire, c'est-à-dire le vendeur. Les informations contenues dans ce champ doivent, en effet, être identiques aux informations mentionnées sur les papiers en-tête ou tampons : UNIPALM, 11 RUE JEAN BAPTISTE CLÉMENT, 93380 PIERREFITTE SUR SEINE, ILE DE FRANCE - FRANCE

185 Les documents présentés en dehors de la validité du crédit sont souvent adressés à la banque émettrice sur la base de remise documentaire.

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32B : indique la devise et le montant du crédit documentaire, c'est-à-dire le montant sur lequel s’engage la banque émettrice (ou confirmante, le cas échéant).

Ce montant correspond généralement au montant du contrat signé entre l’acheteur (donneur d’ordre) et le vendeur (bénéficiaire du crédit) sauf si des comptes ont été versés par l’acheteur en dehors du crédit. Le montant du crédit documentaire est de 185 000,00 EUR.

39A : couplé avec le champ 32B (montant du crédit), cette rubrique précise qu’une tolérance est autorisée. Si la tolérance devait s’appliquer sur la qualité ou sur le prix unitaire de la marchandise mentionnée dans le crédit documentaire, cela devrait être expressément indiqué (généralement dans le champ 45A ou 47A).Ce champ 39A se présente généralement sous la forme suivante (P étant un chiffre convenu entre les parties)186 :

P/P : une tolérance de + /-P% sur le montant est acceptable, 0 /P : seule une tolérance de + P% sur le montant est acceptable, P/0 : seule une tolérance de –P% sur le montant est acceptable.

Le montant du crédit documentaire comporte une tolérance 10/10 ce qui signifie une tolérance de +/- 10% sur le montant du crédit 185 000,00 euros.

41A ou D : Cette rubrique indique l’identité de la banque chez laquelle le crédit est réalisable, c'est-à-dire la banque où les documents doivent être remis par le bénéficiaire en utilisant du crédit. Cette banque est identifiée soit par son nom (champ 41D), soit par son identifiant Swift unique (champ 41A)187.

Dans le cas présent, le crédit est réalisable auprès de BNP Paribas Paris 8e BNPAFRPHXXX par paiement. BNPAFRPHXXX est l’adresse Swift de la banque.

L’exportateur, bénéficiaire du crédit devra remettre les documents à cette banque pour utiliser le crédit. Le champ 41 indique, en second lieu, comment les documents conformes seront réglés par la banque chez le crédit est réalisable :

Dans le crédit ci-dessus :

41A : utilisable chez : BNPAFRPHXXX PAR PAIEMENT. 42A : Code Swift : BNPAFRPHXXX.

43T : Indique si les transformations 48 sont autorisés ou interdits /non autorisés. Dans le cas présent, le transbordement est autorisé.

44A : Ce champ indique le lieu d’expédition des marchandises ; les documents de transport requis par le crédit devront être en conformité avec ce champ PORT CASABLANCA MAROC.

44C : Ce champ stipule la date limite d’expédition des marchandises. Le non respect de cette «  date butoir » constitue une réserve. Dans le cas d’un programme d’expédition, le crédit documentaire

186 Si ce champ indique uniquement des expressions du type « environ », « about », « circa » ou similaire ; dans ce cas une tolérance de +/-10% sera acceptée sur le montant du crédit (article 30 (a) des RUU 600).

Certains crédits documentaires mentionnent un champ 39B ; relié au champ 32B (montant du crédit), ce champ précise que le montant prévu au crédit ne peut en aucune manière être dépassée. Il indique la valeur « maximum » (not exceeding).

187 Si le crédit documentaire est notifié, la banque émettrice peut décider de rendre le crédit réalisable à ses propres guichets, aux guichets de toutes banques (any bank). Si le crédit est confirmé, il est rare que le crédit ne soit pas réalisable aux guichets de la banque confirmante.

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mentionne un champ 44D au lieu du champ 44C. Le champ 44D indique une période (et non une date) durant laquelle la marchandise doit être expédiée : 150709.

45A : Ce champ décrit la marchandise et/ou la prestation de service qui fait l’objet du contrat passé entre le donneur d’ordre et le bénéficiaire. La description est généralement courte et peut se référer à d’autres éléments, comme par exemple le numéro et la date da la facture proforma ou l’incoterm :

PRODUITS COSTMETIQUES SUIVANT LA FACTURE PROFORMA NR ….. DU …….

MENTION DEVANT FIGURER SUR LA FACTURE DEFINITIVE VENTRE : CFR PORT CASABLANCA MAROC.

46A : Sont précisés les documents que doit remettre le bénéficiaire du crédit. Dès réception du crédit, le bénéficiaire doit assurer qu’il est en mesure de fournir l’ensemble des documents requis :

+ FACTURES COMMERCIALES EN 4 EXEMPLAIRS DÛMENT SIGNEES ET CACHETEES + JEU COMPLET DE CONNAISSEMENT MARITIME 3/3 CONNAISSEMENTS MARITIMES ORIGINAUX « CLEAN ON BOARD » PORTANT MENTION « FRET PAYE » ET LA REFERENCE DU CREDIT, ETABLIS A L’ORDRE CITI MOROCCO MAROC CASABLANCA, « NOTIFY » DONNEUR D’ORDRE

+ LISTE DE COLISAGE EN 2 EX

+ CERTIFICAT SANITAIRE EMIS PAR AUTORITE COMPETENTE

+ ORIGINAL CERTIFICAT D’ORGINE VISE PAR LA CHAMBRE DE COMMERCE

+ ORIGINAL CERTIFICAT EUR 1 SIGNE PAR LES AUTORITES DOUANIERES.

47A : Ce champ peut comporter de multiples clauses, conditions, remarques ou précisions, qui dans certains cas, peuvent bouleverser l’équilibre du crédit documentaire, empêcher son opérativité immédiate ou son bon déroulement. L’exportateur devra porter une attention particulière à ce champ qui se situe en fin de message et qui est souvent négligé par les bénéficiaires.

71B : la répartition des différents frais bancaires entre le donneur d’ordre et le bénéficiaire du crédit est précisée ici. Généralement les frais de la banque émettrice sont pris en charge par le donneur d’ordre et les autres frais par le bénéficiaire.

Dans le crédit étudié, le bénéficiaire assumera tous les frais bancaires en dehors du Maroc :

Ceux de BNP Paribas en France Et les frais de la banque de remboursement située en France (selon le champ 53 Citi France).

Le donneur d’ordre assumera les frais bancaires au Maroc (ceux de la Citi Morocco).

48 : Ce champ stipule la période durant laquelle les documents doivent être présentés chez la banque qui réalise le crédit dès lors que la marchandise est expédiée.

Le non-respect de cette période de présentation par le bénéficiaire constitue une réserve. Dans le crédit ci-dessus, le bénéficiaire doit présenter les documents à la BNP Paribas dans les 21 jours date d’expédition. C’est la période maximum préconisée par les RUU 600. Au-delà, les documents sont réputés anciens et sont refusés par les banques.

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49 : Ce champ peut comporter les valeurs « confirm », « without », « may add ».

Le crédit documentaire ci-desssus est confirmé par la BNP Paribas.

53A ou D : C’est là qu’est indiquée une banque de remboursement, soit sous la forme de son identifiant Swift (champ 53A), soit sous son nom et adresse complète (champ 53D).

La banque émettrice dispose d’un compte dans la banque de remboursement. Cette dernière agit sur instructions de la banque émettrice qui a payé, accepté ou négocié conformément aux termes du crédit. Dans le cas présent, il s’agit de CITI FRANCE (CITIFRPP).

78 : Généralement, ce champ précise l’adresse où les documents devront être expédiés ainsi que les modalités de remboursement prévues par la banque émettrice pour couvrir la banque qui a accepté de payer, accepter ou négocier :

+ NOUS VOUS AUTORISONS A DEBITER NOTRE COMPTE TENU CHEZ CALYON PARIS A ECHEANCE + LES DOCUMENTS DOIVENT ËTRE EXPEDIES EN 2 PLIS A NOTRE ADRESSE MENTIONNEE AU CHAMP 51D.

72 : Ce champ est réservé à la correspondance entre banques et traite, entre autre, de la transmission des documents.

CE CREDIT EST SOUMIS AUX REGLES ET USANCES UNIFORMES RELATIVES AUX CREDITS DOCUMENTAIRES REVISION 2007 BROCHURE 600 DE LA CCI.

Dès lors que le message MT 700 est émis, il reviendra à la banque (notificatrice) d’accuser réception du message d’émission par un message MT 730 (Acknoledgment). Sur ce dernier, BNP Paribas peut indiquer que le message a été transmis au bénéficiaire selon les instructions.

Cependant, il peut arriver, bien avant la réception des documents du crédit, que l’ouverture du crédit ne soit pas conforme aux termes du contrat commercial ou que le contrat commercial soit modifié ou bien même que le vendeur « Unipalm » ne soit pas en mesure de respecter les termes et conditions du crédit documentaire. Par conséquent, Unipalm demandera à l’acheteur « Star-Beauty  », de procéder aux amendements nécessaires auprès de Citi Morocco.

3. Les amendements et leur gestion

À la demande du bénéficiaire, l’amendement est formulé par le donneur d’ordres à Citi Morocco. Si elle accepte, cette information est ensuite transmise à la banque notificatrice/confirmante par un message MT 707 (Amendment to a Documentary Credit). Puis le bénéficiaire reçoit la notification et vérifie sa conformité avec la demande initiale.

Si une seconde banque notificatrice a été introduite lors de l’ouverture et la notification du crédit, elle devra également recevoir les amendements ultérieurs. L’article 10.a des RUU 600 stipule que : « Sauf dispositions contraires prévues par l’art.38, un crédit ne peut être ni amendé, ni annulé sans l’accord de la banque émettrice, de la banque confirmante, s’il y’en a une, et du bénéficiaire ».

Mais, est-il possible que les banques refusent d’amender le crédit ?

La banque émettrice refusera de transmettre les amendements à la banque notificatrice/confirmante si l’amendement modifie à la hausse le niveau de risques de l’émetteur.

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Sauf exception, la banque notificatrice acceptera de notifier les amendements. Si la banque notificatrice est aussi la banque réalisatrice, ce qui est fréquent, elle acceptera de les transmettre si les modalités de la réalisation du crédit restent acceptables.

Enfin, la banque confirmante n’est pas tenue d’accepter les amendements si son risque est augmenté. En cas de rejet, la banque confirmante est engagée selon son engagement précédent de confirmation.

Les modifications peuvent porter sur les caractéristiques essentielles du crédit. Elles résultent, le plus souvent, d’un mauvais montage du crédit par le donneur d’ordre et/ou le non-respect du projet de crédit et/ou du contrat.

À titre d’illustration, voici une liste d’amendements possibles :

Prorogation des dates, Modification des montants, Rectification des adresses, désignation, Changement sur la forme ou/et sur le fond des documents requis par le crédit, Suppression d’interdiction : transbordement interdit, expéditions partielles interdites, bateau

de moins de 15 ans d’âge interdit, pénalités de retard.

Les amendements ont un coût. Les frais sont soit supportés par le donneur d’ordre ou le bénéficiaire.

Pour limiter les amendements, on peut, au niveau de la banque émettrice, ouvrir le crédit selon une matrice automatisée et incorporer d’office certaines mentions manquantes soit dans le cadre de la réglementation en vigueur, soit dans le souci de préserver ses intérêts ou ceux du donneur d’ordres.

Cas pratique n° 4

Contexte : Le 05/07/09, « Star-Beauty  » après avoir obtenu l’assentiment de son fournisseur à propos des modifications à apporter sur certains termes de leur contrat, communique par courrier une lettre d’amendement du crédit documentaire émis le 30/06 au « trade services departement » de la Citi.

L’amendement concerne les points suivants :

La prorogation de la date de limite de l’expédition jusqu’au 28/07/09 ; L’expédition partielle est non autorisée ; Le transbordement n’est plus autorisé.

Les autres points du crédit restent inchangés.

Sur la base de cet ordre d’amendement, un message Swift MT 707 (Amendment to a Documentary Credit) est ensuite envoyé à la BNP Paribas.

Message Swift : MT 707

Explanation Tag Format

Sender CITIMAMCTRD

Message Type 707

Receiver BNPAFRPHXXX

Message Text

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Sender's Reference : 20: 123345678

Receiver's Reference : 21: NONREF

Date of Issue : 31C: 300609

Date of Amendment : 30: 050709

Number of Amendment : 26E: 01

Beneficiary : 59: UNIPALM, 11 RUE JEAN BAPTISTE

CLÉMENT, 93380 PIERREFITTE SUR SEINE, ILE DE FRANCE - FRANCE

Latest Date of Shipment : 44C: 030930

Partial Shipment : 43P: Not allowed

Transhipment : 43T: Not allowed

Narrative: 79: TELEBEN (Please advise the

beneficiary by the most efficient means of telecommunication).

End of Message Text/Trailer

Dès que la BNP Paribas reçoit ce message, elle avise le bénéficiaire et en accuse réception par un MT 730. Si toutes les conditions énumérées dans l’amendement font l’objet d’un accord de la part du bénéficiaire, une notification est envoyée au donneur d’ordres. En attendant de recevoir les documents, d’autres amendements peuvent survenir mais la procédure à suivre reste la même. Pour la réalisation du crédit documentaire, le vendeur procède d’abord à la préparation et à l’expédition de la marchandise puis constitue le jeu de documents qu’il remet à la banque notificatrice (BNP Paribas)

4. Du traitement des documents à la réalisation du crédit

Après avoir satisfait à ses obligations188, le bénéficiaire présente les documents à la banque désignée qui les envoie par courrier après vérification de leur apparence de conformité avec les termes et conditions du crédit. À la réception de ces documents, la banque émettrice procède à son tour, à leur examen selon les normes édictées par les RUU et les ISBP à condition que le crédit soit soumis aux RUU. Si les documents apparaissent conformes aux termes du crédit, la banque accepte une traite ou émet un ordre de paiement sinon toutes les irrégularités qui bloquent le paiement sont communiquées aux concernés pour une résolution dans les plus brefs délais.

4.1. La réception des documents du crédit

C’est lorsque les documents sont reçus au « trade services department » que la procédure de leur examen par les spécialistes est systématiquement enclenchée. La banque dispose cinq (5) jours189 ouvrables pour examiner les documents reçus. Ce délai est aussi valable pour la banque désignée/confirmante même si les documents ont été remis le dernier jour de la validité du crédit.

4.1.1. L’examen des documents

L’examen des documents est un moment délicat et important pour la banque. En effet, c’est au vu des documents présentés qu’elle s’engagera à réaliser le crédit ou refusera de le faire avec toutes ses conséquences juridiques et financières qui peuvent en découler.

188 Il peut s’agir d’expéditions de marchandises, machines, matières premières mais aussi de prestations de service.189 Art. 14.b des RUU 600.

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Pour cela, l’examen des documents est confié à des spécialistes (« trade specialists ») de la banque maîtrisant parfaitement les techniques des crédits documentaires, conscients de leurs formalisme et informés des dernières nouveautés en la matière par la consultation des revues spécialisées, la participation à des séminaires, les décisions de jurisprudence des tribunaux, les avis et les opinions de la CCI… Par ailleurs, une connaissance étendue des autres techniques du commerce international ayant une relation avec le crédit documentaire semble nécessaire pour le contrôleur des documents car elle lui donne la possibilité de se perfectionner, d’apprendre à justifier ses décisions de refus ou d’acceptation des documents.

Cela permet aux spécialistes d’être compétents à examiner avec un soin raisonnable tous les documents stipulés dans le crédit pour vérifier leur apparence de conformité. Les RUU sont les références en la matière, elles sont complétées par les ISBP qui ont pour objet de définir, d’une manière pratique, les normes pour l’examen des documents. Toutes les deux sont venues réduire le formalisme bancaire qui donnait un aspect très rigide au principe de la « conformité » dans les crédits documentaires. C’est ainsi que depuis leur adoption, la notion de conformité a beaucoup évolué ces dernières décennies.

4.1.1.1. Principe fondamental : la conformité des documents

Rappel historique   : le formalisme bancaire

Le bénéficiaire est confronté à la difficulté de présenter des documents strictement conformes en tout point au crédit documentaire. Les divergences ont donné lieu à de nombreux litiges et à une jurisprudence dense dont les décisions ont été parfois contradictoires.

La banque est autorisée à refuser les documents s’il est constaté que la moindre différence avec les conditions d’ouverture du crédit documentaire ou de ses amendements ultérieurs. « Reflet miroir »

La banque n’a pas le pouvoir d’accepter des termes approchants. C’est le formalisme documentaire. Les tribunaux ont tranché en faveur du donneur d’ordre qui avait refusé de lever les documents en alléguant la non-conformité avec les conditions du crédit.

Cette position intransigeante a conduit les exportateurs à adopter des attitudes peu logiques telles que, par exemple, reproduire des fautes d’orthographe ou indiquer des inexactitudes pour répondre à la lettre aux exigences du crédit documentaire.

Face à ce formalisme, qui permet au banquier et au donneur d’ordre de se retrancher derrière la plus petite divergence pour ne pas payer, des évolutions notables ont vu le jour. Des pratiques bancaires plus souples ont évité de discréditer190 un mécanisme d’une grande efficacité.

Un contrôle moins rigoriste

Les nouvelles tendances sont marquées par deux approches : la conformité substantielle et la conformité raisonnable.

190 Un b/f s’est vu refuser le paiement au motif qu’un des documents indiquait « FOB PROT Marseille » au lieu de « Port de Marseille » ou « FOB Le Harve » au lieu de « FOB Le Havre ». Depuis l’introduction des ISBP, ce type d’irrégularités est de moins en moins transmis à la banque correspondante car elles ne prêtent pas à confusion.

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Le principe de conformité substantielle mettait la banque dans une situation difficile dans laquelle son action dépassait le champ de ses compétences techniques, en l’obligeant à trancher selon sa propre conviction.

Conscientes des dangers de cette approche, de son arbitraire et des abus possibles, les Cours ont finalement adopté une position plus prudente faisant référence à la notion de conformité raisonnable.

La mise en place des ISBP en 2002, suivie de l’adoption récente des RUU 600 témoignent de la volonté forte des banquiers de maintenir un « formalisme raisonnable » dans l’analyse des documents du crédit documentaire. Il s’agit d’appliquer le principe de la stricte conformité documentaire, tout en acceptant des divergences sans consistance. L’esprit des différentes réformes aboutit à valoriser une vérification intelligente et non plus mécanique des documents du crédit documentaire.

Cependant, même si on observe un assouplissement dans les pratiques bancaires, certains principes de vérification très stricts s’appliquent encore lorsqu’il s’agit de documents présentés tardivement, ou encore lorsque les délais d’expédition n’ont pas été respectés. Il s’agit de la force exécutoire des délais qui s’impose au principe de la conformité raisonnable. Ce principe signifie que la date d’expiration du crédit et la date limite d’expédition stipulée sans le crédit doivent être impérativement respectées.

4.1.1.2. Les ISBP (International Standard Banking Practice191

Il s’agit d’un corps de règles et de pratiques bancaires internationales relatives à l’examen des documents dans le cadre des crédits documentaires. Leur objet est de compléter les RUU en réduisant le nombre de désaccords entre les intervenants du crédit documentaire. Les ISBP explicitent les règles en détail en tenant compte des opinions et des décisions de la CCI. Elles sont une référence en cas de contentieux devant une cour d’arbitrage ou une cour de justice.

En 2007, la CCI a adopté la cinquième version des ISBP (Publication N° 681). À l’heure de l’adoption des RUU (Publication n°600), cette mise à jour (de la précédente publication n° 645) reflète la pratique bancaire internationale standard pour toutes les parties impliquées dans un crédit documentaire sous les RUU-600192.

L’article 14 des RUU 600 indiquent l’examen des documents par les banques s’effectue selon les techniques bancaires internationales. Or, la fréquence des désaccords entre les intervenants du documentaire demeure très élevée.

Les statistiques des associations bancaires, telles que la Fédération Bancaire Française, en France, témoignent en effet de l’importance et de la fréquence des réserves dans les documents remis par les bénéficiaires lors de la l’utilisation des crédits.

Il ressort que, dans de 70% des cas, les remises de documents sont entachées d’irrégularités, qu’elles soient signalées ou non à la banque émettrice.

Les irrégularités ralentissent la circulation des documents entre les banques et, de ce fait, peuvent retarder l’enlèvement de la marchandise par l’acheteur. En effet, la mise en conformité des documents par le bénéficiaire ou la négociation de la levée des réserves nécessitent du temps. La marchandise risque de supporter des coûts supplémentaires liés aux frais de stockage, aux pénalités portuaires et aux surestaries perçues par les compagnies maritimes.

191 Pratique Bancaire International standard (PIBS), en français.192 Voir le site des publications de la CCI : iccbooks.com

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Enfin, certaines réserves émises par les banques présentent un caractère totalement abusif. Ainsi récemment :

Une banque indienne a refusé des documents car le B/L était plié en deux ; Une banque saoudienne a retardé la réception des documents au motif que les documents lui

avaient été transmis par FEDEX et non DHL ; Une banque pakistanaise a refusé les documents car le B/L était « sale » (il portait la trace

d’une semelle de chaussure) ;

Une banque européenne confirmant un crédit émis par une banque égyptienne a retardé son paiement de trois semaines en invoquant des fautes d’orthographe sur le certificat d’origine (« Fance » au lieu de France) et sur la facture (« prot » européen au lieu de port européen).

Une bonne connaissance des ISBP par les bénéficiaires permet donc de mieux préparer les documents et de mieux défendre leurs intérêts en cas de litige.

Le fascicule comprend 200 paragraphes qui précisent le formalisme attendu et les tolérances possibles sur les documents. Il constitue un ouvrage de référence pour préparer les documents dans les meilleures conditions.

Le texte des ISBP comprend deux parties : la première est consacrée aux principes généraux et la seconde aux documents les plus fréquemment utilisés.

Tableau 11 : Synopsis de la structure des ISBP - 681

Principes généraux Principes applicables selon les documents

Abréviations  Certifications et déclarations  Corrections et modifications  Dates  Documents auxquels les articles « transports »

des RUU 600 ne s’appliquent pas Expressions non définies dans les RUU 600 Émetteur de documents  Langue Calculs mathématiques  Fautes d'orthographe ou fautes de frappe pages multiples, pièces jointes ou annexes

Originaux et copies Marques d’expédition Signatures titre des documents et documents combinés 

Traites et calcul de date de maturité

Facture

Document de transport multimodal

Connaissement

Connaissement charte-partie

Document de transport aérien

Autres documents de transport (ferroviaires, routiers….)

Document d’assurance

Certificat d’origine

Après ce bref survol de certains principes et outils techniques, il est à présent question de présenter la procédure d’examen des documents relevant du cas pratique (voir supra).

4.1.1.3. La procédure d’examen

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À cet effet, l’examinateur, muni des documents reçus, des copies de l’ouverture du crédit et éventuellement des amendements, imprime un document nommé « check-list193 ». L’examen s’effectue en deux étapes :

Un premier examen : dans celui-ci, l’examinateur compare les documents figurant sur le bordereau de avec ceux dont il détient physiquement (il vérifie la coïncidence de leur nombre et de leur type). S’il ne constate aucune irrégularité, il en prend note sur la « check-list » qu’il fait signer aussitôt après.

Un deuxième examen : en collaboration avec d’autres examinateurs, il vérifie de manière plus approfondie chacun des documents du crédit dans les plus fins détails selon les standards des RUU et des ISBP.

Voici les vérifications à effectuer sur chaque document :

▪ La facture commerciale

La facture a-t-elle été établie par le bénéficiaire et sauf stipulations contraires dans le crédit est-elle adressée au donneur d'ordre du crédit documentaire (RUU, art.18a) ?

Le montant de la facture est-il libellé dans la monnaie du crédit documentaire (RUU, art. 18a iii) ?

Si cela est prescrit dans le crédit la facture a-t-elle été signée, authentifiée par un notaire ou par une chambre de commerce et/ou légalisée par un consulat?

La désignation de la marchandise, sa valeur et son prix à l'unité correspondent-ils exactement à ceux qui figurent dans le crédit (RUU, art. 18c) ?

La description de la marchandise ne doit pas contenir des expressions telles que « usagé», « à l'état neuf », « remis à neuf», etc., sauf si les dispositions du crédit l'autorisent expressément.

En ce qui concerne le nombre de colis, les marques des caisses, la quantité de marchandises, les poids, etc..., les indications que donne la facture concordent-elles avec celles des documents d'expédition et des autres documents ?

Le montant de la facture ne dépasse-t-il pas celui du crédit documentaire ou, en cas de livraisons partielles, le solde du crédit documentaire?

Cela ne vaut que pour les crédits documentaires qui couvrent 100% de la valeur de la marchandise.

En cas de livraison partielle, le montant facturé est-il proportionnel à la quantité de marchandises expédiée ?

Cela ne vaut que pour la livraison d'un même type de marchandises.

Les conditions de livraison (sortie usine, FOB, CFR etc.) sont-elles conformes aux indications du crédit documentaire ?

Dans la mesure où les prix ont été spécifiés, la facture a-t-elle été établie correctement ?

▪ Les documents de transport

Le connaissement

193 Une check-list est une liste de contrôle. Dans ce cadre, elle est plus précisément un document où sont consignés tous les documents du crédit et qui permet de les vérifier (nature, nombre, contenu…).

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Le connaissement indique-t-il le nom du transporteur ?

A-t-il été signé ou authentifié par le transporteur ou un agent dénommé agissant au nom ou pour le compte du transporteur, ou par le capitaine ou un agent dénommé agissant au nom ou pour le compte du capitaine (RUU, art 20a i) ?

L'adresse figurant sur le connaissement correspond-elle aux prescriptions du crédit (c'est-à-dire à ordre, à une adresse déterminée à ordre ou directement à une adresse sans mention à ordre) ?

L'endossement (si nécessaire) du connaissement a-t-il été effectué correctement ?

L'adresse à notifier (« notify») concorde-t-elle avec celle qui est indiquée dans le crédit (RUU, art.14j) ?

Le connaissement présenté est-il un connaissement « on board » (à bord) ou « shipped » (expédié) ?

La mise à bord ou le déchargement sur un navire peuvent être indiqués sur le connaissement un moyen d'un libellé pré-imprimé ou d'une annotation de mise à bord apposée par le transporteur ou son agent (RUU, art. 20a ii et iii).

L'article 20 est particulièrement important dans ce contexte. La mention « on board» doit se référer au port de chargement indiqué dans le crédit et au bateau correspondant indiqué sur le connaissement.

Quant au document il doit comporter comme port de déchargement celui qui est indiqué dans le crédit documentaire.

Le connaissement comporte-t-il une mention « on deck » (en pontée) ?

Si c'est le cas, la marchandise a été chargée sur le pont. Cela n'est pas autorisé, Sauf stipulation contraire dans le crédit (RUU, art.26).

Le connaissement est-il intitulé « charter party » (charte-partie) ?

Le crédit documentaire doit autoriser expressément la présentation d'un connaissement de charte-partie (RU U, art. 20a vi), car celui-ci n'atteste pas l'existence d'un contrat de transport pour une marchandise déterminée, mais celle d'un contrat de location de l’espace utilisé pour le fret.

Le port de chargement et le port de déchargement concordent-ils avec les dispositions du crédit ?

En relation avec le navire et/ou le port de chargement et/ou le port de déchargement le document contient-il l'indication « prévu » (« intended ») ou une mention similaire ?

Des expressions de ce genre ne sont autorisées que dans certaines circonstances (RUU, art. 20a iii).

Si le connaissement mentionne un transbordement de la marchandise, celui-ci n'est-il pas expressément interdit par les termes du crédit (RUU, art. 20b et c)  ? Dans la négative, le connaissement couvre-t il tout l'itinéraire de la marchandise ?

Les marques, poids, etc., mentionnés concordent –ils avec ceux qui sont indiqués dans les autres documents ?

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Les mentions éventuelles concernant le paiement du fret sont-elles conformes aux conditions de livraison fixées dans le crédit? Les frais de transport indiqués dans le connaissement correspondent-ils à ceux qui figurent sur la facture commerciale ?

Le connaissement doit porter l'indication « fret payé » ou « fret payé d'avance » pour les livraisons CFR et CIF ; pour les livraisons FOB, la mention doit être « freight collect ».

La date d'expédition figurant sur le connaissement correspond-elle aux exigences du crédit documentaire ?

La date d'émission d'un connaissement « shipped » ou « on board », ou la date d'une annotation « à bord » (« on board ») apposée ultérieurement comptent comme date d'expédition.

Si le crédit ne mentionne pas, après la date d'expédition, une période déterminée au cours de laquelle les documents doivent être présentés, ceux-ci sont-ils présentés dans les 21 jours qui suivent la date de l'expédition, c'est-à-dire la date d'émission du connaissement « shipped » ou la date d'une éventuelle annotation « on board », mais en tout cas avant la date d'expiration du crédit (RUU, art. 14c) ?

Le connaissement est-il net « clean», c'est-à-dire ne contient-il aucune mention de défectuosité de l'emballage ou de la marchandise (par exemple, « plusieurs sacs déchirés », « rubans métalliques rouillés », « une caisse abîmée», « une partie de la marchandise est pourrie») RUU, art 27) ?

Les modifications éventuelles apportées au connaissement ont-elles été visées ?

Toute modification doit être munie du timbre « alteration approved » et de la signature ou des initiales du transporteur ou d'un agent dénommé agissant au nom ou pour le compte du transporteur, ou du capitaine ou d'un agent dénommé agissant au nom ou pour le compte du capitaine.

Le connaissement présenté constitue-t-il un jeu complet d'originaux dûment signés (RUU, art. 20a iv) ?

La lettre de transport aérien (LTA)

Le destinataire, l'aéroport de départ et l'aéroport de destination correspondent- ils aux termes du crédit ?

La lettre de transport aérien indique-t-elle le nom du transporteur ?

La signature ou la marque d’authentification du transporteur peut-elle être identifiée comme étant celle du transporteur ? Si le document est signé ou authentifié par un agent dénommé agissant au nom ou pour le compte du transporteur, indique-t-il le nom et la fonction du transporteur ?

L’indication éventuelle concernant le paiement du fret est-elle conforme aux conditions du crédit ?

La date effective du vol est-elle indiquée dans la lettre de transport aérien ?

Si une telle mention est prescrite dans le crédit, le numéro et la date du vol figurant dans la rubrique intitulée « requested flight/date » d'une lettre de transport aérien ne sont pas considérés tomme une preuve suffisante de la date d'expédition. De même, la date d’émission du document ne suffit pas.

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Présente-t-on l’exemplaire destiné à l'expéditeur, c’est-à-dire une copie portant la mention « shipper's copy » ou une expression similaire ?

Si cette copie reste en possession de l'expéditeur, celui-ci peut reprendre la marchandise ou l'adresser à un autre destinataire tant qu'elle n'a pas été livrée par le transporteur. Ce n'est que lorsque l’exportateur a remis ce document qu'il perd la libre disposition de la marchandise. L'exemplaire destiné à l'expéditeur suffit même si le crédit exige un jeu complet d'originaux (RUU, art. 23a v).

La lettre de voiture194 

Présente-t-on le duplicata authentique ou seulement une copie ?

Le document a-t-il été estampillé à la gare d'expédition ?

Le récépissé de courrier postal195 

Les récépissés ont-ils été estampillés, signés ou authentifiés par la société de courrier express dénommée?

Les documents ont-ils été estampillés par la poste ou autrement authentifiés?

▪ Les documents d’assurance

Le document d’assurance présenté est-il le bon ?

Le crédit stipulera si l'exportateur doit présenter ou non une police ou un certificat d'assurance. La banque n'acceptera pas de notes de couvertures émises par des courtiers (portant parfois la mention « insurance certificate »), sauf si cela est expressément autorisé dans le crédit (RUU, art. 28a, c, d).

Le document d'assurance a-t-il été établi par une compagnie d'assurance ou un assureur (underwriter), ou encore par leur agent ou leur fondé de pouvoir (proxy) (RUU. art 28a) ?

Si le certificat d'assurance est signé par un agent ou un fondé de pouvoir, est-il mentionné si l'agent ou le fondé de pouvoir en question a agi pour le compte d'une compagnie d'assurance ou d’un assureur ?

L'endossement (si nécessaire) figure-t-il au dos du document ?

La description de la marchandise, les marques, l'itinéraire et le nom du bateau concordent-ils avec les indications se trouvant dans les documents de transport et la facture commerciale ?

Le montant assuré est-il libellé dans la même monnaie que le crédit documentaire? Correspond-il au moins au montant minimum de couverture exigé (RUU, art. 28f i) ?

Tous les risques énumérés dans le crédit figurent- ils mot pour mot dans le document d’assurance (RUU. art. 28g et h) ?

Les documents présentés constituent-ils un j eu complet d'originaux (RUU, art. 28b) ?

Le document d’assurance a-t-il été émis à la même date que le document d'expédition ou à une date postérieure ?

194 Art. 24 RUU-600.195 Art. 25 RUU-600.

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Un document d'assurance portant une date postérieure ne sera accepté que s'il précise expressément que la couverture du risque a pris effet à la date d'expédition de la marchandise (RUU, art.28a).

Si la marchandise a été chargée en pontée (« on deck »), une assurance couvrant les risques « on deck » a-t-elle été contractée ?

Le crédit doit autoriser expressément ce mode de transport (RUU, art. 26a).

▪ Le certificat d’origine

L'origine de la marchandise indiquée dans le document correspond-elle à ce qui est spécifié dans le crédit ?

Le donneur d'ordre du crédit est-il désigné en tant que destinataire ?

Le certificat d'origine a-t-il été signé ?

A-t-il été authentifié et/ou légalisé par les autorités désignées dans le crédit?

▪ Le certificat d’analyse 

L'analyse est-elle conforme aux dispositions du crédit documentaire et aux indications figurant dans les autres documents ?

L'analyse et la facture se rapportent-elles aux mêmes marchandises ?

Le certificat a-t-il été établi et signé par les autorités stipulées dans le crédit ?

▪ Le certificat d'inspection

Le document est-il intitulé « certificat d'inspection » ?

Les détails de ce certificat sont-ils conformes aux prescriptions du crédit ?

Le certificat a-t-il été signé ?

Cette check-list s'applique également aux certificats de qualité et aux cer1ificüts d'usine.

Liste de colisage

Le document est-il intitulé « liste de colisage » ?

La liste contient-elle toutes les indications nécessaires, surtout en ce qui concerne les unités d'emballage?

▪ La note de poids 

Le document est-il intitulé « note de poids/liste de poids/certificat de poids » ?

Un certificat de poids doit être signé.

Le poids total correspond-il à celui qui est indiqué dans les autres documents ?

En additionnant les divers poids parti els, obtient-on le poids total indiqué ?

▪ La lettre de change

Le montant de la lettre de change est-il conforme aux dispositions du crédit documentaire (montant unique ou résultant du fractionnement des expéditions) ?

Page 191: DIA Alioune _Thèse Finale

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Il ne doit en aucun cas dépasser le montant de la facture, sauf si le crédit l’autorise expressément, par exemple s’il stipule que des intérêts viendront s'ajouter au montant.

La lettre de change est-elle payable comme cela est spécifié dans le crédit («  à vue», « à terme ») ?

La lettre de change est-elle datée correctement ?

La lettre de change est-elle tirée conformément aux prescriptions du crédit (sur l'acheteur ou la banque indiquée) ?

La lettre de change a-t-elle été dûment signée ?

L'endossement (si nécessaire) figure-t-il au dos de la lettre de change?

La lettre de change doit être endossée lorsqu'elle est émise à l'ordre du bénéficiaire.

En outre, il peut arriver que les langues utilisées dans les documents ne soient pas maîtrisées par les examinateurs. Dans ce cas, la solution consiste à les scanner et à les envoyer au département international spécialisé dans la traduction de la Citi qui est basé à Londres.

À l’issue de l’examen, deux cas peuvent se présenter :

Soit la vérification a soulevé des réserves et des actions correctrices doivent être entreprises pour leur levée ;

Soit la vérification n’a décelé aucune réserve, c'est-à-dire que les documents sont réputés être conformes et la banque s’exécute selon les termes et conditions du crédit.

4.1.2. Des irrégularités dans les documents

En cas de réserves, elles sont hiérarchisées selon qu’elles sont mineures ou majeures relatives aux conditions du crédit. Les réserves dites mineures permettent à la banque d’effectuer le paiement sous réserve, pour autant bien sûr que le crédit soit confirmé ou qu’il y soit réalisable. Le paiement sous réserve représente cependant un risque pour la banque, car en cas de non levée des réserves par le donneur d’ordre ou par la Citi, la banque qui a payé le fournisseur devra débiter le compte de Citi.

Au contraire, sont considérées comme majeures ou bloquantes pour le paiement les réserves qui affectent directement le risque initial de Citi [date de validité dépassé (crédit échu), dépassement du montant autorisé, délai de présentation non respecté (règles des dates butoir)].

4.1.2.1. Les types d’irrégularités

Les irrégularités peuvent porter sur des points précis relatifs aux documents d’expédition, à l’assurance, à la description de la marchandise.

Tableau 12 : Les irrégularités majeures (non-respect flagrant des termes et conditions du crédit)

Types Signification

Crédit échu (credit expired)Cette réserve signifie que les documents ont été remis en dehors de la validité du crédit

Présentation tardive des documents (late presentation) Cette réserve signifie que la période de présentation des documents (souvent 21 jours après la date d’expédition des marchandises tout en restant dans la validité du crédit) n’a pas été

Page 192: DIA Alioune _Thèse Finale

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respectée

Expédition tardive (late shipment)Cette réserve signifie que les marchandises ont été expédiées après la date limite d’expédition mentionnée dans le crédit

Expédition partielle réalisée alors qu’interdite dans le crédit

Tirage du crédit excédent le montant disponible (credit overdrawn)

Non-présentation des documents requis par le crédit

Description de la marchandise sur la facture non-conforme à la description de la marchandise mentionnée dans le crédit

Le port de chargement/aéroport d’arrivée/lieu de prise en charge indiqué sur le document de transport est différent de celui indiqué dans le crédit

Le port de déchargement/aéroport d’arrivée/lieu de destination indiqué sur le document de transport est différent de celui indiqué dans le crédit

Connaissement non émis « à ordre »/ « à ordre d’une personne dénommée »

Connaissement émis « à ordre »/ « ordre du chargeur » non endossé par le chargeur

Montant sur le certificat d’assurance est insuffisant.

Les réserves sur les documents

Documents incompatibles entre eux (quantité différente entre la facture et la quantité expédiée, lorsque les expéditions partielles sont interdites).

Description des marchandises différentes sur la facture et le document de transport, ou sur le crédit.

Poids non concordant entre les documents. Différents dans les marques et numéros. Montants différents inscrits sur les factures et sur les lettres de change. Lettre de change tirée sur une partie autre que celle stipulée au contrat ou lettre de change tirée

à une échéance ne correspondant pas aux termes du crédit documentaire. Absence de signature sur les documents qui en imposent une (déclaration, certificat,

attestation et tout document selon les stipulations du crédit). Documents non endossés ou endossés de façon incorrecte.

Les réserves sur les documents d’assurance

Présentation d’une note de couverture (couverture temporaire de compagnie d’assurance, laquelle peut décider de ne pas assurer au-delà de la période de validité de note) au lieu d’un certificat ou d’une attestation d’assurance.

Risques couverts par l’assurance différents de ceux exigés dans le crédit. Montant assuré insuffisant ou dans une devise différente. Assurance non entrée en vigueur à compter de la date mentionnée sur le document de

transport.

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Document de police d’assurance émis sous forme non transmissible. Assurance ne couvrant pas l’intégralité du transport ou en vigueur après la date d’expédition.

4.1.2.2. Le traitement des irrégularités

En premier lieu, si la Citi (banque émettrice) soulève des réserves, le bénéficiaire du crédit doit contacter directement le donneur d’ordre pour obtenir une levée des irrégularités. Les cas de figure sont envisageables à travers ces points : 

▪ Paiement sans réserve : le paiement effectué sans réserve par la banque est définitif. Celui-ci ne pourra donc pas se retourner vers le bénéficiaire (exportateur) même dans le cas où les documents s’avéreraient, in fine, être non-conformes.

▪ Documents refusés : si la banque déclarer les documents non-conformes, elle refuse le paiement. Dans cas cependant, elle doit permettre au bénéficiaire de présenter de nouveaux documents établis en conformité avec les stipulations du crédit, bien sûr si les délais de validité du crédit le permettent. Dans le cas contraire, les documents sont envoyés à la banque émettrice sur la base d’un encaissement documentaire.

▪ Paiement avec réserve : si la banque a décidé des irrégularités non significatives, elle peut décider de payer le crédit « avec réserve ». Dans ce cas, les réserves doivent être formulées de façon précise par la banque qui les invoque. Celle-ci doit également fournir au bénéficiaire, si le délai de validité du crédit permet, l’occasion de lui présenter des documents conformes. Si tel n’est pas le cas, les documents assortis de réserves seront transmis par le banquier au donneur d’ordre. En pratique, il appartiendra à ce dernier de prendre position finale sur l’acceptation ou le rejet des documents. Si les réserves formulées par la banque sont reconnues fondées, alors celui-ci pourra se retourner contre le bénéficiaire et lui réclamer le remboursement du paiement effectué.

Dans le deuxième cas, la banque peut garder les documents en attendant des instructions ou bien elle les retourne à l’expéditeur. Suivant le cas pratique n°4, le message Swift utilisé pour aviser ce refus et en expliquer les motifs est le MT 734 (Advice of Refusal).

Message Swift : MT 734

Explanation Tag Format

Sender CITIMAMCTRD

Message Type 734

Receiver BNPAFRPHXXX

Message Text

Sender's TRN : 20: 123345678

Presenting Bank's Reference : 21: BNP93708

Discrepancies

: 77J: THREE (3) COMMERCIAL INVOICES

INSTEAD OF FOUR (4) PRESENTED

ONE (1) B/L RECEIVED OVER THREE (3)

Disposal of Documents: 77B: HOLDING DOCUMENTS AT YOUR DISPOSAL

PENDING INSTRUCTIONS

Page 194: DIA Alioune _Thèse Finale

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End of Message Text/Trailer

Les motifs évoqués sur ce message sont :

La banque a reçu trois factures commerciales au lieu de quatre un connaissement maritime au lieu de trois a été présenté.

Et en attendant des instructions, les documents sont à la disposition de la banque notificatrice. Si le crédit a été confirmé, la banque aurait demandé à ce que la banque confirmante la rembourse parce qu’elle se réserve toujours le droit de réclamer ultérieurement les fonds à cette banque indépendamment engagée, si cette dernière a payé des documents comportant des irrégularités majeures.

4.2. La réalisation du crédit

Des documents conformes obligent Citi à les lever, les accepter et à rembourser la banque BNP Paribas. Elle avise donc « Star-Beauty  » de l’arrivée des documents et arrangera avec lui les modalités de son propre remboursement. En principe, celles-ci sont convenues tout au début, au moment de l’ouverture ; ça pourrait être un débit de compte immédiat ou à une certaine date future. Quoiqu’il en soit, la banque provisionne tout ou partie du montant du crédit pour diminuer son risque sur le donneur d’ordre.

Ainsi, bien avant de pouvoir récupérer la liasse documentaire, l’acheteur « Star-Beauty  » est tenu d’émettre un ordre de paiement qui matérialise son acceptation de lever les documents. Son compte est directement débité du montant de la transaction (185 000 euros) majoré des frais s’il possède un compte en devise, sinon ce montant est acheté par la trésorerie sur le marché des changes s’il possède un compte en dirhams convertibles. Un message Swift MT 752 (Autorisation to Pay/Accept/Negotiate) est envoyé à la BNP Paribas afin de l’autoriser à payer le bénéficiaire (UNIPALM) si le crédit n’a pas été confirmé.

Message Swift : MT 752

Explanation Tag Format

Sender CITIMAMCXXX

Message Type 752

Receiver BNPAFRPHXXX

Message Text

Documentary Credit Number : 20: 123345678

Presenting Bank's Reference : 21: BNP93708

Further Identification : 23: DEBIT

Total Amount Advised : 32B: EUR 185.000,00

Sender's Correspondent : 53A: CITIFRPHXXX

End of Message Text/Trailer

Page 195: DIA Alioune _Thèse Finale

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Le crédit étant confirmé, la BNP aura déjà payé le bénéficiaire et un message MT 740 (Authorisation to Reimburse) est par la suite envoyé à la Citi France le correspondant de Citi Morocco, pour lui donner autorisation de rembourser la BNP Paribas.

Message Swift : MT 740

Explanation Tag Format

Sender CITIMAMCXXX

Message Type 740

Receiver CITIFRPHXXX

Message Text

Documentary Credit Number : 20: 123345678

Presenting Bank's Reference : 21: BNP93708

Further Identification : 23: DEBIT

Credit Amount : 32B: EUR 185.000,00

Available With… By… : 41A: BNPAFRPHXXX BY PAYMENT

Reimbursing Bk's Charges : 71A: OUR

Sender to Receiver Information : 72: SUBJECT TO ICC URR525

End of Message Text/Trailer

Le remboursement de Citi à la BNP Paribas est d’après ce message Swift soumis aux URR ou RUR - 525196. En effet, le crédit doit mentionner si le crédit le remboursement entre banques est ou non soumis aux à ces règles. Dans la négative, l’autorisation de remboursement doit être conforme aux modes de réalisation du crédit et ne doit pas contenir de limite de validité197.

Si le crédit est réalisable aux caisses de la banque notificatrice, cette dernière envoie un message Swift MT 754 (Advice of Payment/Acceptance/Negotiations) pour aviser que le paiement a été effectué conformément aux termes du crédit et demander son déchargement. Ce qui sera fait à travers un message Swift MT 732 (Advice of Discharge).

Message Swift : MT 732

Explanation Tag Format

Sender CITIMAMCTRD

Message Type 732

Receiver BNPAFRPHXXX

Message Text

Documentary Credit Number : 20: 123345678

196 RUR – 525 ou les Règles Uniformes pour les Remboursements de Banque à Banque (Brochure 525) sont publiées par la CCI en Juillet 1996. En vertu de Crédits Documentaires, ces règles s’appliquent à tous les remboursements de banque à banque lorsqu’elles sont incorporées au texte de l’autorisation de remboursement. Elles s’imposent à toutes les parties sauf stipulation contraire ou expresse dans l’autorisation de remboursement. C’est la banque émettrice qui assume la responsabilité d’indiquer dans le crédit documentaire que les demandes de remboursement sont régies par des règles. Dans un tel cas, la banque de remboursement agit sur les instructions et/ou sur l’autorité de la banque émettrice.

197 Voir l’Art.13 RUU – 600.

Page 196: DIA Alioune _Thèse Finale

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Presenting Bank's Reference : 21: BNP93708

Date of Advice of Payment : 30: 150809

Amount of Utilisation : 32B: EUR 185.000,00

End of Message Text/Trailer

Une fois que le paiement est effectué ou que le montant du paiement est bloqué ou bien qu’une traite, le cas échéant, a été acceptée en vertu des termes du paiement, l’acheteur pourra récupérer au guichet de la banque tous les documents du crédit sans omettre de signer une décharge. Au demeurant, cette étape marque le début de la clôture de la transaction par apurement du dossier.

Cependant, même si l’activité de crédit documentaire à l’importation qui amène la banque à prendre le rôle de banque émettrice, est très importante, il n’en demeure pas moins que celle qui l’amène à prendre le rôle de banque notificatrice/confirmante est existante. C’est ce qui motive le glissement vers l’étude pratique du crédit documentaire à l’exportation.

B. Le crédit documentaire à l’exportation

La Citi Morocco intervient aussi dans les crédits documentaires à l’exportation. Elle se présente ainsi, comme une banque notificatrice/confirmante. Il en ressort que la banque est amenée à :

Notifier un crédit ; Confirmer un crédit ; Négocier un crédit.

1. La notification de crédit

Le choix de la Citi en tant que banque notificatrice d’un crédit documentaire est souvent le résultat de deux faits :

Elle est la banque correspondante de la banque émettrice au Maroc ; ou Elle est la banque de l’exportateur.

Dans tous les cas, elle se limite à notifier le crédit sans engagement de sa part après avoir authentifié et vérifier le message Swift d’instruction. En revanche, si elle est la banque du vendeur, ce dernier aura plus de facilité à négocier d’autres services complémentaires proposés par la banque (préfinancement, post-financement, couverture de change, tarification des frais et commissions, confirmation du crédit…).

Tableau 13 : Exemples d'offre de services dans le cadre d'un crédit documentaire export

Couverture de risque de change

préfinancement Post-financement Autres services

Si le crédit est libellé en devises, la banque peut mettre en place une couverture de

Si l’exportateur n’a pas pu obtenir d’acompte ou des acomptes de montants insuffisants,

Dans le cas où l’exportateur a accordé un délai de paiement au-delà de la date

Si la banque est une seconde banque notrificatrice, elle peut proposer de réaliser un

Page 197: DIA Alioune _Thèse Finale

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change à terme (ou bien une option de change si ce produit est proposé)

la banque peut mettre en place un crédit de préfinancement ou une avance en devises.

d’expédition ou de réalisation d’un crédit fournisseur à court terme ou à moyen terme, la banque peut proposer ce financement si elle confirme le crédit documentaire.

précontrrôle des documents avant que ces derniers soient transmis à la banque négociatrice ou à la banque émettrice.

Si la banque est norificatrice uniquement, elle peut proposer la confirmation silencieuse ou le ducroire198.

La banque peut aussi émettre en faveur de l’acheteur (le bénéficiaire) des cautionnements et garanties indépendantes requises dans le crédit documentaire.

Dans son rôle de banque notificatrice, elle agisse sur mandat reçu de la banque émettrice qui peut l’autoriser à :

Notifier seulement le crédit ; Réaliser le crédit à ses caisses, c'est-à-dire de recevoir les documents et à en analyser la

conformité pour le compte de la banque émettrice.

Le cas pratique suivant nous permettra de suivre pas à pas, les différentes étapes à travers lesquelles la banque assume le rôle qui lui a été conféré.

Cas pratique n°5

Contexte : ABC est une entreprise implantée au Maroc qui a vendu des modules destinés à du matériel d’électroménager pour une valeur de 235 645,83 USD à une filiale de la multinationale Whirlpool localisée en Turquie. Cette dernière a donné des instructions à sa banque, Citi Turkey, d’émettre le crédit documentaire payable à vue tel que convenu avec l’entreprise ABC qui est cliente de la Citi Morocco. Naturellement, la Citi Morocco a été choisie comme banque

198 Définition du ducroire : Le ducroire permet de couvrir contre le risque politique et/ou commercial. Il s’étend comme une garantie silencieuse, dans le cadre d’un accord conclu entre l’exportateur et sa banque (et, donc, sauf exception, à l’insu du ou des débiteurs), couvrant le paiement des traites, des crédits documentaires ou de tout autre instrument. (Source  : www.sg-tradeservices.com)

Page 198: DIA Alioune _Thèse Finale

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notificatrice/réalisatrice199 puisqu’elle est, d’une part correspondante de Citi Turkey au Maroc, et d’autre part, elle est l’une des banques de l’entreprise ABC.

Voyons comment le déroulement de cette transaction, au sein de la banque notificatrice (Citi Morocco).

Avant tout, la Citi Turkey envoie un message Swift MT 700 notifiant l’ouverture du crédit. Dès que ce message est reçu et authentifié, l’entreprise ABC est informée par courrier ou par fax par envoi de la lettre d’ouverture accompagnée du détail des commissions et des frais bancaires. Dans cette opération, les spécialistes du trade peuvent assurer un rôle de conseil au bénéficiaire en lui indiquant les contradictions éventuelles dans l’ouverture ou les conditions qui peuvent lui être défavorables.

Le vendeur vérifie le contenu du message Swift de notification et sa conformité avec les conditions du contrat commercial. Si des modifications s’avèrent nécessaires, le bénéficiaire doit contacter le donneur d’ordre afin qu’il demande à la banque émettrice (Citi Turkey) de procéder à l’amendement du crédit. Les frais de modification sont soit à la charge du bénéficiaire, soit à celle du donneur d’ordre en fonction du motif de l’amendement.

Mais si les conditions du crédit sont acceptées par le bénéficiaire, celui-ci peut alors remplir ses obligations et expédier la marchandise dans les conditions prévues au crédit.

À cet effet, une référence est attribuée à la transaction et un message Swift d’accusé de réception (MT 730 - Acknoledgment) la contenant est envoyé à la Citi Turkey.

Explanation Tag Format

Sender CITIMAMCTRD

Message Type 730

Receiver CITITKANTRD

Message Text

Sender's Reference : 20: 123345678

Receiver's Reference : 21: CIT74568

Date of Message Acknowledged : 30: O2O709

Sender to reciever’s information : 30:AT Y/REQUEST WE SHALL PAY THE BENEFICIARY ON DUE DATE AND SETTLE OUR CHARGES LATER.

End of Message Text/Trailer

Une fois que l’entreprise ABC aura terminé de collecter les documents stipulés dans l’accréditif, il les fait normalement parvenir au guichet de la banque avant la date limite de validité du crédit. Le dossier relatif à la transaction est ouvert à cet effet, la référence du crédit au niveau de la banque y est inscrite. C’est le début de la phase de contrôle des documents avec l’aide d’une « check-list » préétablie selon

199 Pour l’exportateur, il est préférable que la banque notificatrice soit aussi réalisatrice du crédit. Dans le cas contraire, on dit que le crédit est réalisable aux caisses de la banque émettrice. Ceci est très pénalisant car seul l’examen des documents par la banque émettrice dans le pays de l’acheteur permettra au bénéficiaire de savoir si ces documents sont conformes. Si la banque ne formule pas de réserves, le bénéficiaire sera payé selon les conditions du crédit.

Page 199: DIA Alioune _Thèse Finale

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les normes des RUU et des ISBP200. Généralement, cette procédure amène l’examinateur à se conformer à cette approche qui consiste successivement à :

Photocopier l’ouverture du crédit et ses modifications éventuelles ; Lire attentivement l’ouverture et ses amendements afin d’entrer dans le crédit ; Incorporer les modifications dans le crédit de base ; Noter les dates butoirs (validité du crédit, date de limite d’expédition) et les conditions

particulières du crédit ; Comparer le nombre des documents présentés par rapport à celui exigé parle crédit ; Procéder à proprement parler à l’examen des documents un par un en notant les anomalies

constatées. Procéder par la suite, à la comparaison des documents examinés, entre eux et noter leurs

incompatibilités éventuelles.

À cette issue, si des irrégularités sont soulevées, le bénéficiaire et la banque émettrice en sont automatiquement informées. À cette banque, un message Swift MT 750 (Advice of Discrepancy) est transmis. Dans ce cas pratique, les documents sont présentés par l’entreprise ABC avec une irrégularité : « la copie de la facture consulaire n’a pas été présentée ».

Le message envoyé à la Citi Turkey se présente comme suit :

Explanation Tag Format

Sender CITIMAMCTRD

Message Type 750

Receiver CITITKANTRD

Message Text

Sender's Reference : 20: 123345678

Related Reference : 21: CIT74568

Principal Amount : 32B: USD 235.645,83

Sender to reciever’s information : 77J:COPY CONSULAR INVOICE NOT

PRESENTED

End of Message Text/Trailer

Mais généralement, l’attitude de la banque en matière de paiement dépend de la nature des irrégularités et de sa position de :

Banque notificatrice mais non réalisatrice, Banque désignée pour réaliser le crédit pour le compte de la banque émettrice ou d’une autre

banque, Banque confirmante, Banque qui s’est porté ducroire ou qui a proposé une confirmation à l’insu.

200 Voir infra, l’examen des documents dans les crédits documentaires à l’importation.

Page 200: DIA Alioune _Thèse Finale

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Ainsi, selon la position de la banque et le rôle qui lui est imparti, celle-ci peut, en cas de non-conformité ou de non concordance flagrante des documents, payer sans réserve, refuser de payer ou effectuer l’envoi des documents à l’encaissement.

Cette perspective n’est pas favorable pour l’exportateur dont la marchandise est en cours d’acheminement et dont le paiement reste hypothétique.

Quant au bénéficiaire, il doit gérer au mieux tous cas d’irrégularités en adoptant, ainsi, la démarche suivante :

Corriger autant que faire se peut tous les documents concernés. Informer directement le donneur d’ordre pour obtenir une levée des irrégularités ou un

amendement au crédit documentaire. Demander à la banque réalisatrice de solliciter la levée des réserves par la banque émettrice. Laisser la banque réalisatrice transmettre les documents à la banque émettrice pour

encaissement. Refuser l’envoi des documents sur la base de l’encaissement documentaire.

Si les documents présentent l’apparence de conformité ou que la banque émettrice demande ce les documents soient levés, la banque, étant réalisatrice du ce crédit documentaire non confirmé procède à un appel de fonds par un message Swift MT 754 (Advice of Payment/Acceptance/Negotiations) dans lequel elle indique que les documents sont conformes et qu’elle demande le paiement.

Explanation Tag Format

Sender CITIMAMCTRD

Message Type 754

Receiver CITITKANTRD

Message Text

Sender's Reference : 20: 123345678

Related Reference : 21: CIT74568

Principal Amount Paid : 32A: USD 235.645,83

Charges Added : 73: USD 200

Total Amount Claimed : 34A: USD 235.845,83

Account with bank : 57A: CITIUS33

End of Message Text/Trailer

Cela conduit automatiquement la banque émettrice à la couvrir de tout paiement qu’elle aura effectué. Soit la couverture est immédiate car la banque émettrice dispose d’un compte dans les livres de Citi Morocco, et dans ce cas, cette dernière débite le compte de la banque émettrice et paie le bénéficiaire. Soit la elle paie le bénéficiaire avant d’avoir reçu les fonds de la banque émettrice ; on dit qu’elle effectue un paiement SBF201 car elle se réserve le droit de réclamer le remboursement des fonds au bénéficiaire si la banque émettrice ne la rembourse pas.

201 Généralement, cette procédure est réservée aux bons clients de la banque. Les «  non-clients » ne bénéficient pas de cette facilité sauf s’ils présentent une excellente solvabilité. En tous cas, à moins qu’elle soit banque confirmante, elle n’effectue l’avance de fonds qu’après avoir eu la certitude que les documents ont été reconnus conformes par la banque émettrice.

Page 201: DIA Alioune _Thèse Finale

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Au préalable ou en concomitance, les documents sont envoyés par courrier à la Citi Turkey, la banque émettrice.

2. L’envoi des documents

S’ils sont reconnus conformes, les documents présentés à la banque notificiatrice/désignée/confirmante sont adressés à la banque émettrice du crédit documentaire par courrier. Mais bien avant, un bordereau de remise doit être établi pour être inclus dans le courrier. Avec la même rigueur et soin, des vérifications doivent être effectuées après l’impression ou le remplissage du bordereau de remise. Ce qui, en fait, prolonge la tâche de l’examinateur à la présentation de l’envoi des documents. De ce fait :

Les documents doivent être photocopiés. Demain, en cas de constat d’anomalies par la banque émettrice, il serait facile au niveau de la banque après avoir disposé d’une photocopie du jeu de document, de vérifier le bien-fondé de la réserve constatée ou de la rejeter, le cas échéant.

Le nombre de documents à adresser doit être vérifié une seconde fois avec celui indiqué dans le crédit. Peut être un exemplaire est perdu ou manquant.

Le contenu du bordereau de remise doit être aussi vérifié pour s’assurer que :

Les documents sont envoyés à la bonne adresse de la banque émettrice ou au destinataire indiqué dans le crédit. À ce sujet, les banques émettrices doivent toujours mentionner dans leurs crédits l’adresse complète vers laquelle les documents seront acheminés.

Le nombre de documents indiqués sur le bordereau est bien celui stipulé dans le crédit ;

Les instructions de remboursement mentionnées sur le bordereau sont conformes aux stipulations du crédit.

Le montant et la date d’échéance ne sont pas erronés.

L’envoi des documents sera effectué conformément aux stipulations du crédit  : par exemple par courrier DHL ou similaire et non par courrier recommandé ; etc.

L’adresse indiquée sur l’enveloppe d’envoi doit être bien vérifiée. Il faudrait qu’elle corresponde à celle indiquée sur le bordereau de remise dans le crédit,

L’enveloppe doit être bien fermée.

La date d’envoi enregistrée.

Remarque : En cas de perte de documents, en dépit du respect des instructions de leur acheminement, les banques seront dégagées de toutes responsabilités mais toujours est-il, toutes les précautions doivent être prises pour qu’ils arrivent à bonne destination. « Les banques n’assument aucun engagement ni responsabilité quant aux conséquences des retards et / ou pertes que pourraient subir dans leur transmission tous messages, lettres ou documents, ni quant aux retards, à la mutilation ou autres erreurs pouvant se produire dans la transmission de toute télécommunication. Bien entendu, au cas où la responsabilité de la banque est prouvée dans la perte des documents, il subira les conséquences de sa négligence ou de son non-respect des instructions du crédit. À ce propos, il est utile de rappeler la position de la CCI à propos du transfert du risque dans l’envoi des documents. À l’occasion d’une question posée par l’Association Bancaire Italienne concernant la délimitation des responsabilités dans l’envoi des documents et leur perte éventuelle, la CCI a donné l’opinion suivante : le risque de transfert des documents passe du bénéficiaire à la banque émettrice lorsque la Banque chargée de réaliser le crédit lève les documents conformes. Autrement dit, si le crédit est réalisable aux Caisses de la Banques émettrice, le bénéficiaire restera responsable jusqu’à la levée des documents par la dite banque. « The commission decided that the risk passed from beneficiary to the issuing bank when conforming document were accepted by the nominated bank ».

Page 202: DIA Alioune _Thèse Finale

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3. La confirmation de crédit documentaire par la banque

La confirmation d’un crédit documentaire, correspond à l’engagement irrévocable de la banque, en plus de l’engagement de la banque émettrice, à payer des documents reconnus conformes aux termes et conditions du crédit. C’est une opération qui comporte des risques conséquents pour la banque, une raison pour laquelle, celle-ci ne la donne que dans trois cas envisageables et selon les conditions d’ouverture du crédit :

Le crédit documentaire a été ouvert et doit être confirmé. La banque émettrice l’invite, alors, à ajouter sa confirmation. La décision résultera de l’appréciation du risque banque, risque-pays, ainsi que de ses capacités financières à porter le risque.

Le crédit documentaire a été ouvert irrévocable avec la mention « may add » dans la rubrique « 49 : instruction de confirmation202 ». Par conséquent, le bénéficiaire est contacté afin de connaître son besoin. Souhaite-t-il bénéficier d’une confirmation ? Dans l’affirmative, le niveau de la commission de confirmation203 lui est indiqué après qu’une procédure d’approbation en interne a déjà abouti.

Le crédit a été émis irrévocable et non confirmé. Cependant, le bénéficiaire sollicite la banque pour bénéficier d’une confirmation à l’insu de la banque émettrice.

Ainsi, la confirmation d’un crédit documentaire implique-t-il un traitement légèrement différent par rapport à un crédit documentaire qui ne l’est pas. Bien sûr que oui, et en supposant que le cas pratique d’ABC est un crédit documentaire confirmé par la Citi Morocco dès lors que les documents présentent l’apparence de conformité, la Citi paie à ABC selon les délais de remboursement spécifiés dans l’accréditif. Si le crédit était réalisable par acceptation ou par paiement différé, elle aurait aussi accepté ou serait engagée à payer dans n jours. C’est dans le message Swift accusant réception la banque émettrice que la Citi l’informe avoir ajouté sa confirmation. Après le paiement, la Citi envoie à la banque émettrice le message MT 754 (Advice of Payment/Acceptance/Negotiations).

La banque émettrice doit rembourser la banque (la Citi Morocco). Cependant, si les documents ne s’avèrent pas conformes, la banque émettrice pourra refuser de la rembourser ou pourra exiger la restitution des fonds dans le cas où son compte aurait été débité précédemment.

4. La négociation de traite(s) ou de documents conformes

La banque émettrice d’un crédit documentaire, pourrait autoriser la Citi Morocco de payer par avance le bénéficiaire. Autrement dit, c’est l’escompte de la créance née du crédit, matérialisée : soit par une traite à vue ou à terme tirée la banque émettrice ou sur elle-même accompagnées de documents conformes, soit par les seuls documents conformes.

Si dans le cas pratique, il était stipulé que la Citi a été autorisée de régler le bénéficiaire du montant d’une traite (bien sûr, au cas échéant) ou des documents sous déduction des commissions et des agios de négociation, représentant les délais de courrier nécessaires pour transmettre les documents à la banque émettrice qui remboursera par la suite. Toutefois, le règlement sera effectué sauf bonne fin même s’il couvre uniquement le risque de non paiement204. C’est pour éviter le risque technique qui

202 Rubrique dans le message Swift d’émission du crédit (voir annexe).203 Bien évidemment, quelle que soit la nature de la confirmation, la banque agissant en tante banque confirmante, prélève une

commission de confirmation pour rémunérer son risque. Cette commission se calcule selon différentes modalités, par trimestre entier, tout trimestre commencé étant dû, par jour calendaire prorata temporis avec, dans tous les cas, un minimum de perception.

204 C’est là que réside la différence avec un crédit documentaire confirmé. La banque confirmante supporte non seulement risque-pays, le risque de contrepartie sur la banque émettrice mais aussi le risque technique pour lequel elle est rémunéré.

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n’est pas couvert, en l’occurrence, que la banque n’accepte de le faire qu’après avoir vérifié que les documents sont reconnus conformes par la banque émettrice.

L’autorisation de négociation est notifiée par la banque émettrice par message Swift MT 752 (Authorisation to Pay, Accept or Negotiate). Après que la banque a consenti l’avance au bénéficiaire, elle émet le message MT 754 pour confirmer que la réalisation de la négociation. Pour éviter toute redondance, notons que du point de la gestion, les cas de figure présentés ne se différencient que très légèrement.

Enfin, cette section a permis de mettre en lumière, les aspects pratiques du crédit documentaire à l’importation comme à l’exportation. L’émission de cet instrument, dans le cadre des transactions internationales, apporte un niveau de sécurité satisfaisant pour les exportateurs qui sont assurés d’être payés une fois qu’ils présentent des documents reconnus conformes. À leur opposé, les acheteurs recherchent le même niveau de protection leur assurant, ainsi, une livraison en bonne et due forme. C’est pourquoi, ils ont recours aux instruments bancaires de garantie et de cautionnement.

Section 3 : La gestion des garanties, des LSCB et des cautions bancaires

On n’entrera jamais dans la redondance en disant toujours que le commerce international comporte un certain nombre de risques qu’il est nécessaire de se couvrir par des instruments de sécurisation. C’est pour cette répondre à cet impératif que Citi Morocco, à l’instar des autres banques émettent des engagements par signatures pour le compte de donneurs d’ordre. Il faut dire qu’aujourd’hui, cette activité représente une partie importante des engagements hors-bilans de la banque.

Dans le cadre de nos missions à la Citi Morocco nous nous sommes intéressés à la aux aspects pratiques de la mise en place et du suivi des garanties, des cautions et des lettres de crédit stand-by.

A. Les préalables à l’engagement de la banque

Toute mise en place d’une garantie ou d’une caution est sujette à une demande de la part du donneur d’ordre. Ainsi, il rédige une lettre d’ordre qu’il fait parvenir au guichet de la banque. Celle-ci est transmise au « trade services department ». Même s’il existe certaines différences dans les modalités d’émission des garanties par rapport à celles du crédit documentaire, il n’en demeure pas moins que la procédure à suivre reste quasi-similaire. Mais du fait de sa nature, le risque de contrepartie est bien défini avant l’émission d’une garantie bancaire par le « credit risk department ».

1. Analyse du risque de contrepartie par la banque : le risque de crédit

L’émission d’une caution ou d’une garantie n’entraîne pas décaissement immédiat, elle constitue pour la banque un engagement potentiel de paiement en cas de sa mise en jeu par le bénéficiaire.

Si au moment du paiement, la situation financière du client s’est dégradée, la banque peut être amenée à honorer son engagement sans possibilité de recouvrer les sommes transférées. Il faut que la banque prenne à priori certaines garanties la mettant à l’abri de cette situation.

Analyse et traitement du risque

S’agissant d’un risque de crédit, la banque adopte une approche similaire aux autres types de crédits et applique les mêmes critères d’analyse et d’appréciation du risque présenté par le client et son opération.

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Pour maîtriser son exposition au risque, la banque a défini sa politique en matière de risque (lignes directrices). Cette politique est ensuite déclinée en instructions pour en expliquer les modalités pratiques aux différents acteurs de la filière risque.

Par exposition au risque de crédit, on désigne le montant de perte potentielle qu’elle porte sur un client lorsque celui-ci est défaillant au cours de la vie du crédit. On parle ici de risque brut. Le risque brut ne prend pas en compte les garanties qui peuvent être prises sur le client (garanties reçues). Une garantie reçue ne réduit pas mathématiquement le risque initial. C’est un élément qui permettra à la banque de limiter sa perte si elle est en mesure de mettre en jeu cette garantie.

1.1. Analyse du risque

Cette analyse consiste à vérifier que le profil financier du client est adéquation avec le type d’opération proposée et avec les critères d’exposition au risque de la banque.

Le risque client s’analyse par rapport à la nature, au montant et à la durée de l’engagement sollicité et s’effectue à partir des documents financiers (bilan, compte d’exploitation, compte de résultat, principaux ratios d’exploitation) ainsi que des documents relatifs à la transaction envisagée.

Les cautions et garanties relèvent de la catégorie des engagements par signature de la banque (au même titre que les avals, les escomptes, les opérations documentaires).

Ce sont, tant pour la banque que pour le client, des engagements de hors bilan. Ce type de crédit ne donne pas lieu à un flux de trésorerie tant que la signature de la banque n’est pas mise en jeu.

S’il est clair que la banque doit analyser avant tout les capacités du client à faire face à ses engagements financiers (risque contrepartie « tireur »), elle ne peut pas ignorer que la bonne fin de l’opération dépend aussi :

Du contexte industriel ou commercial dans lequel se déroule l’opération, (risque économique), Du contexte du pays dans lequel se situe la réalisation du marché (risque pays), De la qualité de la contrepartie étrangère, l’acheteur (risque contrepartie « tiré »).

Dans certains cas rarissimes, la banque peut être amenée à manifester des réticences quant à accompagner un client, et ce, pour plusieurs raisons :

Montant Durée Limite de crédit attribuée au client atteinte, Manque de « visibilité » sur le pays dans lequel se déroule le marché, Insuffisance d’éléments sur la contrepartie de l’exportateur, Impact des ratios réglementaires sur la transaction bancaire205.

1.2. Couverture des risques

Pour atténuer son risque, la banque peut recourir à trois types de moyens :

205 La capacité des banques à prendre des risques sur les cautions et les garanties dépend de leur capacité à structurer leur bilan. Les banques sont soumises au respect des ratios réglementaires qui les imposent de disposer de fonds propres suffisants pour couvrir leurs risques de crédit. Ces ratios (ratio McDonough par exemple) dits prudentiels sont préconisés par les accords de Bâle II. Ils sont mis en place d’après un système qui repose sur la notation de la qualité des contreparties et qui prend en compte la probabilité de leur risque de défaut. Dans ce contexte, il est probable que les entreprises les mieux notées, c'est-à-dire celles qui présenteront un portefeuille de risques diversifiés, auront plus de facilité à convaincre les banques de les accompagner à émettre les cautions et garanties,

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Prendre des garanties sur son client, Souscrire des assurances spécifiques, Partager le risque avec des tiers.

2. Examen et mis en place de l’engagement

Pour traiter les garanties internationales, les banques disposent d’une organisation compatible avec les spécificités de ce mode complexe d’engagement.

Pour la banque, le risque le plus important est celui de la mise en jeu abusive de l’engagement. Pour le maîtriser, elle a recours à une expertise interne. Cette expertise émane de différents départements de la banque qui, ensembles, coordonnent des actions consistant à :

Analyser la demande de garantie, Vérifier la concordance de l’engagement avec les intentions de son client, et en particulier

avec les clauses du contrat commercial, Conseiller le client, en tenant compte des spécificités géographiques, Suggérer éventuellement les solutions les mieux appropriées Assurer leur mise en place à l’étranger, Surveiller le déroulement de l’opération et suivre son apurement.

Après l’étude de la demande et l’analyse du profil client, une approbation pour l’initiation de la transaction est transmise au « trade services department ».

B. La gestion des garanties et des cautions

Pour diverses raisons déjà évoquées au chapitre 2, des donneurs d’ordres sollicitent la Citi Morocco pour l’émission de garanties ou de cautions bancaires. La plupart de ces demandes concerne des garanties et cautions en faveur de l’Administration des douanes (régimes économiques en douane, paiement de droits et taxes). Ce qui laisse entendre que les garanties pré-contractuelles et de marchés sont relativement moins demandées compte tenu de la non-fréquence de leurs évènements déclencheurs. Dans tous les cas, la mise en place d’une garantie ou de caution nécessite d’abord une vérification des points importants (voir les check-lists en annexe 9) puis un suivi au cas par cas. Leur gestion est un processus qui se décompose en plusieurs étapes successives.

1. L’émission de garantie ou de caution

L’émission une garantie ou une caution est précédée par la réception dans les locaux de la banque de d’une lettre d’ordre ou d’un formulaire pré-imprimé (préparé par les soins de la banque) de la part du donneur d’ordre.

1.1. La lettre d’ordre

Encore appelée lettre d’engagement ou lettre d’instruction, la lettre d’ordre est le document qui précise :

Les engagements du client envers sa banque Les conditions dans lesquelles la banque va émettre la garantie, Les relations entre le client et la banque à cette occasion.

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À la différence de la demande d’émission à laquelle elle est antérieure206, la lettre d’ordre n’est pas un descriptif de l’opération mais figure le « contrat » entre la banque et le client.

Remarque : Plus précisément, la lettre d’ordre remplit pour la banque le rôle d’un « écran » destiné à le protéger, qui se place entre l’obligation principale, le contrat, et l’acte accessoire (caution) ou autonome (garantie à première demande) qu’il lui est demandé d’émettre. Cette précaution lui évite d’être prenante dans les conflits qui pourraient survenir entre le client et le bénéficiaire de la garantie.

Dans aspect typique, elle contient :

a. Le texte de l’engagement

b. Les modalités d’émission

c. La durée de l’engagement

d. Le paiement de la garantie

e. Règlement des différends entre donneur d’ordre et le bénéficiaire

f. Les modalités de paiement

g. Les frais et commissions

h. Levée de la garantie

i. Les sûretés complémentaires exigées

j. La signature de la lettre d’ordre

Nous allons les étudier dans cet exemple de lettre d’ordre pur une garantie à première demande.

FORMULE DE LETTRE D’ORDRE POUR UNE GARANTIE À PREMIÈRE DEMANDE

Nous vous prions de vous porter garant en notre faveur dans les termes suivants :

(a) (reproduire intégralement l’engagement à souscrire par la banque)

Nous savons que la durée de l’engagement que nous vous demandons de prendre pour notre compte et spécifiée ci-dessus peut être remise en question par le bénéficiaire ou par votre correspondant (b) en fonction de la législation ou des pratiques locales dont nous acceptons dès à présent les conséquences. De même, il ne sous a pas échappé que, s’agissant d’une garantie à première demande, notre refus ou l’absence de réponse à une demande de prorogation émanant du bénéficiaire ou de votre correspondant, entraînerait immédiatement l’exécution de l’engagement (c).

(d) Conformément aux termes de cet engagement, vous pourrez être amenés à vous exécuter, sans délai ni contestation possible, et sans à nous référer au préalable, à première demande qui vous sera adressée par le bénéficiaire. En conséquence, si vous êtes appelés à payer, vous n’aurez en aucune façon à tenir compte des objections que nous pourrions élever pour quelque motif que ce soit contre la mise en jeu de l’engagement, à solliciter, ou à obtenir notre accord pour vous exécuter.

(e) Nous ferons notre affaire personnelle des suites que comporterait un tel paiement nous abstenant de toute réclamation à votre égard.

206 Dans le cadre des garanties à première demande, l’instruction doit être écrite préalablement à l’émission de l’acte de garantie car toute souplesse qui consisterait à émettre une garantie sans disposer de lettre d’ordre expose la banque au risque de ne jamais voir la situation se régulariser et d’avoir à supporter seule le paiement de la garantie en cas d’appel. En revanche, tout est affaire d’appréciation puisque, dès fois, la qualité de la relation de la banque et du client peut le permettre.

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(f) Au cas où vous seriez appelés à exécuter votre engagement vous aurez la faculté, à votre seul choix :

- Soit de porter d’office le montant de vos paiements au débit de notre compte,

- Soit d’isoler le montant de vos paiements en un compte distinct, non courant, et n’entrant pas dans le cadre d’une lettre d’unité de compte ouvert spécialement à cet effet à notre nom dan vos livres.

Nous sommes d’accord :

(g) – sur la commission de …% par an, calculée sur le montant maximum de l’engagement, perçue (préciser la périodicité) et d’avance avec un minimum de perception de … qui sera appliquée à cette opération, étant entendu que la commission sera perçue jusqu’à libération de l’engagement,

(h) – soit par la restitution de l’acte en vos mains,

- soit par mainlevée expresse donnée à vous par le bénéficiaire ou par votre correspondant,

- soit à l’échéance prévue dans l’acte en cas de clause de dégagement automatique,

- sur le taux des intérêts qui seront perçus sur les paiements que vous pourriez avoir à effectuer en exécution dudit engagement. Les intérêts seront calculés au taux en vigueur pour le décompte périodique des intérêts des avances en compte et en suivront ses variations. Nous notons que ce taux est actuellement de…% par …

- pour supporter tous frais, droits et honoraires afférents audit engagement y compris ceux de l’établissement de l’acte et d’exécution, engagés par vous et vos correspondants.

(i) Pour sûreté de vos décaissements éventuels au titre de votre engagement les garanties ci-après vous seront conférées, par acte séparé (1).

Cette garantie, libellée en devise, comporte un risque de change à notre charge, en conséquence nous autorisons la banque :

- Soit à acheter les devises nécessaires le jour où elle devra payer, et à débiter notre compte de la contre-valeur en Dirhams de cet achat,

- Soit à débiter notre compte en devises du montant appelé.

(j) Signature du client ou de notre représentant

S’il s’agit d’une personne morale :

- Cachet du client,

- Nom et qualité du signataire

(1) Ce paragraphe est supprimé le cas échéant

(a) Le texte de l’engagement

La banque peut ne pas l’exiger pas mais, afin d’éviter les erreurs et motifs d’interprétation, il est demandé de reproduire le texte de la garantie dans lettre d’ordre ou de le joindre en annexe. Il peut

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s’agir du modèle fourni par la banque, du texte fourni par l’acheteur lui-même voir même imposé par la législation du pays.

- Le texte reproduit doit minimum indiquer :- Le nom du bénéficiaire,- Le montant maximum de l’engagement,- La nature de l’engagement,- L’objet de l’acte (livraison, construction, prestation intellectuelle).

(b) Les modalités d’émission

La lettre d’ordre indique si la garantie peut être émise directement auprès du bénéficiaire ou bien par l’intermédiaire d’une banque locale correspondante de la banque. Lorsque la banque de l’acheteur est également le correspondant de la banque, le suivi des transactions s’en trouve amélioré.

(c) La durée de l’engagement

Dans le cas des garanties à premières demandes, la durée de l’engagement de la banque est soumise à d’éventuelles demandes de prorogation de l’acheteur.

La banque agissant en tant que débiteur principal n’a pas à demander d’autorisation au client pour étendre la durée de l’engagement à la demande du bénéficiaire sans avoir à le consulter (mais bien sûr tout en l’informant) ou à se prononcer sur le bien-fondé de cette demande.

(d) Le paiement de la garantie

Le client reconnaît la position de la banque comme débiteur principal et le caractère immédiat du paiement que doit effectuer celle-ci en cas de mise en jeu. Par conséquent, le client renonce dans cette lettre à émettre des objections ou à faire obstacles au paiement, ce qui serait en contradiction avec le caractère autonome de l’engagement.

(e) Règlement des différends entre le donneur d’ordre et le bénéficiaire

Le client doit également s’engager dans la lettre d’ordre à régler directement ses différends avec le bénéficiaire. L’intervention de la banque ne saurait dépasser la vérification de la régularité des conditions d’appel de la garantie.

(f) Les modalités de paiement

Le client autorise la banque à débiter son compte ordinaire ou tout autre compte afin de répondre à la demande en paiement du bénéficiaire.

Dans le cas où la garantie est libellée en devises, le client autorise la banque à débiter un compte en devises ou à acheter les devises sur le marché des changes.

À ce sujet, le risque lité à la transaction est intégralement pris en charge par le client qui peut lui-même se couvrir s’il l’estime nécessaire.

(g) Les frais et commissions

Les conditions de rémunération de la banque (commissions, frais divers) et celle du correspondant, s’il intervient, doivent être acceptées par le client.

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Le texte indique également le taux de commission applicable ainsi que la périodicité de perception. Il est également important de noter que ces commissions sont exigibles jusqu’à la levée définitive de l’engagement, ce qui peut poser problème lorsque la banque n’obtient pas la mainlevée formelle de son engagement par le bénéficiaire ou par sa banque.

(h) La levée de la garantie

Le texte doit indiquer quelles sont les conditions retenues par les partenaires pour la levée de la garantie : retour de l’acte original, levée automatique, ou levée formelle de part du bénéficiaire ou de sa banque.

(i) Les sûretés complémentaires exigées

Pour garantie de ses propres obligations la banque peut être conduite à demander au client les sûretés complémentaires vues plus haut.

(j) Signature de la lettre d’ordre

La lettre d’ordre doit être signée par une personne habilitée à engager l’entreprise. il faut, en général, que cette personne détienne un pouvoir un pouvoir de signature des cautions et garanties validé par une décision du conseil d’administration.

Ce point est très important pour la banque car tout engagement qui ne serait pas signé par une personne dûment habilitée à le faire, serait jugé sans effet en cas de conflit entre la banque et son client.

Lorsque le client donneur d’ordre a dûment rédigé ou rempli la lettre d’instruction, il la parvenir « trade services departement ». Au niveau de ce dernier, une démarche est initiée pour l’approbation de la transaction par le « credit risk department ». si son avis est favorable, la garantie peut être émise.

1.2. La phase de l’émission

L’émission d’une garantie ou d’une caution est matérialisée par la production d’un acte d’où sont consignées les clauses générales du texte de garantie. Ces clauses devraient idéalement figurer dans un texte afin d’éviter toute ambiguïté. Le texte de la garantie est toujours établi en un exemplaire original sur lettre à en-tête de la banque. Il suit, généralement, la structure suivante :

Figure 53  : Structure du texte de garantie

En-tête de la banque

Date d’émission

Destinataire : Bénéficiaire

Référence :

PRÉAMBULE : DÉSIGNATION DES PARTIES

Nom et adresse de l’acheteur Nom et adresse du vendeur Contrat : référence, date de signature, objet et montant

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ENGAGEMENT DE LA BANQUE ET OBJET DE LA GARANTIE

Nature de l’engagement : garantie, stand-by, etc. Montant maximum de l’engagement Nature des obligations couvertes

FORMALITÉS D’APPEL

Conditions de mis en jeu par le bénéficiaire Modalités de paiement par la banque

CLAUSE D’ENTRÉE EN VIGUEUR (LE CAS ÉCHÉANT)

Nature de l’évènement

CLAUSE DE RÉDUCTION (LE CAS ÉCHÉANT)

Pourcentage et modalités de réduction

CLAUSE DE VALIDITÉ

Durée de l’engagement : date, évènement, etc. Exigence ou non du retour de l’acte original

CLAUSE DU DROIT APPLICABLE

Droit et tribunaux compétents

SIGNATURE DE LA BANQUE

S’il s’agit d’une garantie ou caution émise directement, c'est-à-dire ne nécessitant pas une l’intervention d’une autre banque, aucun message Swift n’est transmis, seuls les documents de la garantie sont envoyés au bénéficiaire. Par contre, s’il s’agit d’une garantie internationale ou d’une contre-garantie, où il y’a intervention d’une banque notificatrice, un message Swift est envoyé à cette banque.

Cas pratique   n°6

Contexte : Le 25 Juin 2009, la Société « LM Electronics » implantée au Maroc a contracté avec une entreprise chinoise « International Tech-engineering » pour la fourniture de matériels d’impression. Dans le cadre de ce contrat, la société chinoise paie une avance d’un montant de 266 500,00 USD mais pour s’assurer que LM honorera les termes et conditions du contrat, elle lui demande d’émettre une garantie ne dépassant le montant de l’avance, en sa faveur émise par une banque locale (chinoise) de premier rang207. Ce qui lui garantira un niveau maximum de sécurité.

207 Il est très fréquent que le bénéficiaire demande que la garantie soit émise par une banque de premier rang. Ce critère de qualité fait référence à la notoriété de la banque, sa capacité à tenir ses engagements et à lever les fonds nécessaires pour soutenir son activité.

Une banque de premier rang se définit comme faisant partie des cinq premières banques d’un pays (« Top five »). Il s’agit d’établissements qui présentent une visibilité suffisante sur le marché bancaire international pour les opérateurs bancaires et non bancaires. Le classement résulte d’une notation des établissements effectuée par les agences internationales de notation (Standard & Poor, Moody’s).

En raison des critères de notation, un grand nombre d’établissements sont exclus « du jeu », notamment les banques qui n’ont pas de réseau international, les banques de petite et moyenne taille. Seules les grandes banques internationales, dotées d’une certaine puissance financière peuvent y participer.

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Ainsi, Phillips sollicite la Citi Morocco pour l’émission d’une contre-garantie, c'est-à-dire qu’elle donne instruction à son correspondant « China Merchants Bank » de mettre en place, sous son entière responsabilité, la garantie en faveur du client-acheteur « International Tech-engineering ».

Voici, la lettre la garantie émise par la banque chinoise « China Merchants Bank ».

CHINA MERCHANTS BANK

To International Tech-engineering Date: July 14, 2009

Co., Ltd, 27/F Xhinua Mansion No. 55 Zong

Dears sirs,

Whereas Phillips Electronics, 20050, Casablanca, Morocco (hereinafter called “the principal”) has entered into contract no. xxxxxxx dated June 25, 2009 with you, for the execution of supply of one model web offset printing press, 4 units, 1 web with one JE-45 folder, pursuant to contract conditions, an advance payment in the sum of Eur. 266 500.00 is to be made against advance payment guarantee.

At the request of the principal we, China Merchants Bank Naming branch, hereby irrevocably undertake to repay you any sum or sums not exceeding in total an amount of USD. 266  500.00 (two hundred sixty six thousand five hundred US Dollars) upon receipt by us of your first demand in writing and your written statement indicating our guarantee number, stating:

1) That the principal is in breach of this obligation(s) under the underlying contract, and

2) The respect in which the principal is in breach.

It is a condition for any claim and payment to be made under this guarantee that the advance payment referred to above must have been received by the principal on this account number xxxxxx with Citi Morocco xxxxxx, Casablanca (Morocco).

For the purpose of authentification, your written demand has to be presented to us through a bank confirming that the signature(s) thereon are legally binding upon you.

This guarantee shall expire on august 25, 2009 at the latest consequently, any demand for payment under it must be received by us at this office on or before that date. Otherwise, any obligations or liabilities hereunder shall be fully and automatically discharged or released regardless of original guarantee being retained or returned to us.

This guarantee is subject to Uniform Rules for demand guarantees ICC publication n°458.

Cet acte de garantie émis par la banque chinoise est établi postérieurement à sa réception de la contre-garantie émise par Citi Morocco.

Texte de la contre-garantie de Citi Morocco:

CITI MOROCCO

To China Merchants Bank 

By order of: LM Electronics

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Object: Counter guarantee

In consideration of your issuing guarantee we, Citi Morocco, hereby irrevocably and unconditionally undertake to pay you any sum or sums not exceeding USD. 266 500,00 (two hundred sixty six thousand five hundred US dollars) upon receipt of your first demand authentificated Swift message stating that you have been called upon to pay under your guarantee in conformity with its terms and conditions.

Our counter guarantee in your favor shall remain valid fifteen days beyond validity of your guarantee i.e. until September 9, 2009.

Our liabilities and any dispute pertaining to this counter guarantee shall be construed in accordance with and governed by the laws and regulations of the Kingdom of Morocco.

Ce texte sera transmis à la banque chinoise par message authentifié Swift MT 760 (Guarantee).

Explanation Tag Format

Sender CITIMAMCTRD

Message Type 760

Receiver CMBCCNBS051

Message Text

Sequence of total (1 of 1 page) : 27: 1/1

Transaction Reference Number : 20: 593294920

Further Identification (ISSUE of a Counter guarantee)

: 23: ISSUE

Date of issue : 30B: 071309

Applicable rules: 40C: Laws and regulations of the

Kingdom of Morocco.

Terms and conditions of the guarantee : 77C: In consideration of your issuing guarantee we, Citi Morocco, hereby irrevocably and unconditionally undertake to pay you any sum or sums not exceeding USD. 266 500.00 (two hundred sixty six thousand five hundred US dollars) upon receipt of your first demand authentificated Swift message stating that you have been called upon to pay under your guarantee in conformity with its terms and conditions.

Our counter guarantee in your favor shall remain valid fifteen days beyond validity of your guarantee i.e. until September 9, 2009.

End of Message Text/Trailer

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Cette garantie est intéressante, en ce qu’elle donne un exemple d’engagement soumis aux Règles N°458 de la CCI.

Conformément à cela, elle se présente comme suit :

Une demande payable à première demande motivée par l’acheteur, Comporte une date butoir208, Sans nécessité de retour de l’acte pour annulation.

La contre-garantie donnée par la Citi Morocco est des plus classiques :

Engagement de paiement à première demande de la banque garante de premier rang attestant qu’elle a elle-même reçu du bénéficiaire un appel conforme aux termes de son acte.

Délai de courrier de 15 jours au-delà de l’échéance de la garantie principale.

On pourra toutefois noter qu’elle ne stipule malheureusement pas qu’elle est elle-même soumise aux règles n°458. Or, cela ne va pas de soi puisque la contre-garantie est par essence un engagement indépendant de la garantie principale. ( en exigeant que la contre-garantie soit régie par la loi du pays ou elle opère, la banque contre-garante est mieux protégée et peut garder des recours dans sa propre juridiction et selon son propre droit).

Après la mise en place de la garantie, un dossier y relatif est ouvert, référencé et bien conservé. Ce dossier permet en effet de suivre la garantie au fil du contrat.

2. La gestion de la garantie au fil du contrat

Au niveau de la banque, la gestion de la garantie est un processus d’importance capitale. Il faut savoir qu’une fois que l’acte de garantie est émis par la banque, il peut survenir d’amendements ultérieurs susceptibles de changer les termes et conditions de l’acte ou bien des réductions prévues dans le montant de la garantie. Outre cela, il y’a la possibilité aussi que l’acheteur met en jeu la garantie, ce qui obligerait la Citi à repayer la banque garante conformément à son engagement. Enfin, en émettant une garantie ou un cautionnement, la banque se doit périodiquement percevoir les commissions préalablement négociées avec le donneur d’ordre. Tout ceci implique un suivi particulier dans le département « trade services ».

2.1. Les amendements à la garantie

L’acceptation par le bénéficiaire de la garantie émise peut être expresse, mais le plus souvent elle n’est que tacite : « qui ne dit mot consent ». Ainsi, si aucun rejet ou demande de modification ne sont reçus par la banque, on considère que la garantie est acceptée en l’état. En cas de garantie indirecte, la banque doit cependant exiger de recevoir une copie et l’acte émis par son correspondant et vérifier sa conformité par rapport aux instructions initiales, une copie sera ensuite adressée pour information au donneur d’ordre.

Mais il est nécessaire dès fois au fur et à mesure de l’exécution du contrat de procéder à des modifications du libellé de ses clauses, des réductions ou augmentations de son montant, l’extension de sa durée de validité ou, enfin à l’extinction de la garantie par la réception d’une mainlevée.

208 À cette date si la bénéficiaire n’a pas entre temps fait appel à la garantie (ce qui signifie que l’exportateur a respecté les termes et conditions du contrat) ou n’a pas demandé sa prorogation, l’acte de garantie devient caduc. Dans certains cas, le retour de l’acte original pour annulation, ou la mainlevée du bénéficiaire est nécessaire pour faire tomber la garantie (voir infra).

Page 214: DIA Alioune _Thèse Finale

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2.1.1. La prorogation ou l’extension de la date de validité

Tous les engagements qui comportent une date d’échéance, fixée à l’émission, sont susceptibles de faire l’objet d’une prorogation de validité. En effet, la date initiale généralement fixée en fonction de la durée probable d’exécution du marché ; or celui-ci peut prendre du retard. Ainsi l’acheteur qui ne veut pas perdre le bénéficiaire de l’engagement, demande à la banque la prorogation jusqu’à une nouvelle date déterminée. Après avoir consulté son donneur d’ordre, la banque proroge la validité de la garantie ou demande à son correspondant de la faire.

En se référant à notre cas pratique n°6, le 26 août une lettre d’amendement est envoyée par LM au « trade services dept. » de la Citi après s’être consulté avec son partenaire chinois. Dans cette lettre, il est stipulé que la date d’expiration de la garantie doit être reportée jusqu’au 15 septembre 2009.

Cet amendement sera communiqué par le suivant un message Swift MT 767 (Guarantee Amendment) à China Merchants Bank.

Explanation Tag Format

Sender CITIMAMCTRD

Message Type 767

Receiver CMBCCNBS051

Message Text

Sequence of total (1 of 1 page) : 27: 1/1

TRN : 20: 593294920

Related ref (*) : 21: PG8761234

Further ID (**) : 23: ISSUE

Date of issue : 31C: 072609

Amendment Details : 77C:

We hereby advise you of the amendments made to the referenced guarantee. Our liability shall expire on 30 June 2003.

All other terms and conditions remain unchanged as agreed upon in the initial issue of this guarantee.

Please confirm the beneficiary's acceptance of this amendment.”

S to R Info (***) : 72: /TELEBEN/

End of Message Text/Trailer

(*) La référence assignée à l’émission de la garantie par le destinataire.

(**) L’identification de l’objet du message – ce message est un amendement à la garantie originalement émise par la banque contre-garanet ou la banque émettrice.

(***) L’émetteur du message demande que le bénéficiaire soit contacté par le moyen de communication le plus efficace.

2.1.2. La modification de l’encours

Page 215: DIA Alioune _Thèse Finale

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La modification du contrat ou simple déroulement peuvent entraîner un réajustement des termes de l’acte. Même si la banque n’est pas tenue d’accepter d’office de telles modifications, en pratique elle refuse rarement de modifier sa garantie pour la rendre conforme aux nouvelles stipulations du contrat, surtout si son client y a lui-même souscrit et qu’il lui en donne l’ordre.

2.1.2.1. Suite à la révision du contrat : augmentation

Lorsqu’un avenant est signé qui augmente le montant du contrat, il y’a nécessité de réajuster à la hausse le montant des garanties initiales afin que celles-ci présentent toujours le même pourcentage du contrat qu’à l’origine.

La banque peut émettre un nouvel acte destiné à ne couvrir que l’avenant ou bien établir un amendement à son acte initial pour en augmenter le montant. Cette solution est préférable pour le donneur d’ordre dans la mesure où elle limite ainsi les frais encourus.

L’émission d’un nouvel acte ne se justifierait que dans le cas où l’avenant au contrat porterait sur des prestations de nature totalement différentes de celles du contrat initial et où le libellé du texte de l’engagement devrait alors être reconsidéré entièrement.

2.1.2.2. Résultant du déroulement du contrat : réduction

L’exécution progressive du contrat par l’exportateur a des conséquences principalement au niveau de l’encours de la garantie de restitution d’acompte.

En effet, cette dernière est réductible au fur et à mesure des expéditions. Deux cas se présentent alors, en fonction des termes de l’engagement.

▪ Réductions automatiques

Le contrat et le texte de la garantie prévoient une clause de réduction automatique du montant de l’engagement sur présentation de copies de documents (facture, documents d’expéditions ou autres) à la banque de l’exportateur. Celui-ci, lors de chaque expédition, adresse une copie de ces documents à la banque qui, après vérification sommaire, émet un amendement à son acte initial par lequel elle informe le bénéficiaire de la réduction et du nouvel encours.

La banque va émettre sur instruction de son client une garantie directe avec clause de réduction conforme aux spécifications du contrat :

L’exportateur dès qu’il a réalisé une partie de ses livraisons et qu’il dispose du document qui l’atteste, transmet une demande de réduction à la banque :

La banque va pouvoir établir un amendement à son acte original informant le bénéficiaire de la réduction de sa garantie.

Exemple de modification

La Citi qui avait émis une garantie devant se réduire automatiquement, reçoit du bénéficiaire les documents pour la réduction de l’encours.

Conformément aux termes de notre engagement, se réduisant automatiquement au fur et à mesure du remboursement de l’avance, notre client nous présente une photocopie des documents suivants :

- Facture N° ……… d’un montant total en EUR………..

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- avis de crédit correspondant

En conséquence, nous, …………… réduisons le solde de notre garantie comme suit :

▪ Encours actuel : EUR 112 712,80

▪ Réduction : EUR 36   836,41

Nouvel encours : EUR 75 876,39

Dans le cas d’une garantie indirecte, la Citi, banque contre-garante avise son correspondant par message Swift, celui-ci, dès réception, émettra l’amendement pour l’adresser au bénéficiaire. À compter de ce moment, l’encours de risque de l’exportateur sera réduit dans les livres de la banque et les commissions tiendront compte de ce nouvel encours dès la prochaine perception.

▪ Réduction non automatiques

L’acte initial peut stipuler une possibilité de réduction sans en prévoir les modalités ou bien ne pas en comporter du tout. Dans ce cas, il n’est pas pour autant impossible de les obtenir, cependant, elles seront soumises à l’accord préalable su bénéficiaire et ne seront effectivement prises en compte par la banque qu’à réception de l’accord.

Là encore, en d’émission indirecte, c’est la banque locale qui se chargera, à la demande de la banque contre-garante, d’obtenir l’assentiment du bénéficiaire.

Quoiqu’il en soit, l’émission d’une garantie ou même les éventuels amendements donnent lieu à la perception de commissions pour la banque.

2.2. La rémunération de la banque : perception des commissions et frais

2.2.1. Nature de la commission

La banque se rémunère sur le risque de crédit, le risque pris sur le donneur d’ordre. Le client représente effectivement un risque de défaut, celui de na pouvoir rembourser la banque au moment de l’appel de la garantie, mais ce risque est éventuel. C’est la raison pour laquelle le niveau de rémunération est moins élevé.

Remarque   : Contrairement aux idées reçues, il ne s’agit donc pas de la rémunération d’un risque pris sur le pays de l’acheteur ou du risque pris sur le bénéficiaire. Aucun de ces deux éléments de risque n’est compris dans la rémunération de la banque

La rémunération de la banque pour l’émission de cautions et garanties comporte :

Une commission calculée par la banque sur la base d’un coût standard qui est de l’ordre de 1 % l’an. Toutefois, ce taux est négociable et peut varier d’une entreprise à l’autre en fonction de la qualité de la contrepartie, du montant de l’opération et des garanties proposées (la fourchette allant de 0,5 % l’an à 1,5 %) ;

Des frais fixes d’établissement d’acte et de frais divers engagés, notamment les frais de transmission, qui dans ce type d’opération peuvent atteindre des montants importants.

2.2.2. Durée de perception des commissions

Page 217: DIA Alioune _Thèse Finale

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▪ Début : la banque perçoit à partir de la date de son engagement qui est aussi la date de comptabilisation de l’opération. C’est souvent un point de divergence entre banque et son client.

L’entreprise, engagée dans un processus industriel souvent lourd, souhaiterait que les frais liés à l’émission des garanties soient perçus lors de l’entrée en vigueur des garanties (entrée en force juridique).

▪ Fin : De même, la fin de perception des commissions d’engagement n’est pas en parfaite synchronisation avec la fin des obligations contractuelles du vendeur. Elle dépend des conditions de levée et de validité de la garantie, soit par une clause de levée automatique ou, de manière imprécise, par une levée formelle de la part du bénéficiaire ou de sa banque.

2.3. La mainlevée

Un engagement tombe en fonction des conditions de mainlevée qui ont été stipulées dans l’acte et tout comme pour les réductions. Durant l’émission, deux cas peuvent alors se présenter :

Soit que la garantie comporte une date butoir 209: la mainlevée automatique Soit que la garantie est réputée être « open-ended » : la mainlevée est non automatique.

2.3.1. La mainlevée automatique

Dans le cas de la mainlevée automatique :

Le texte comporte une date butoir, cette date est atteinte sans que le donneur d’ordre ou le bénéficiaire n’en ait demandé la prorogation et sans qu’il y’ait eu appel en paiement.

Le texte prévoit que l’engagement se réduise au fur et à mesure de l’exécution du marché et son montant a ainsi été progressivement ramené à zéro.

La mainlevée est subordonnée à la présentation d’un ou de plusieurs documents à la banque (PV de réception), ce document a été fourni.

Dans tous les cas de figure, les conditions figurant dans le texte ayant été réalisées, l’engagement tombe sans autre formalité que la simple information au bénéficiaire, que l’acte soit direct ou indirect (ou du moins, dans ce dernier cas, si la contre-garantie donnée à la banque locale n’était pas plus contraignante que les termes de l’acte principal lui-même).

2.3.2. Cas de mainlevée non automatique

Il est fréquent que l’engagement ne permette pas une tombée automatique de la garantie, c’est notamment le cas si :

L’acte ne comporte pas de date butoir, L’acte comportant une date butoir, sa valeur n’est qu’indicative, Le texte impose le retour de l’acte original pour annulation, ou la mainlevée du bénéficiaire, Quels que soient les termes de l’acte, la contre-garantie a été donnée jusqu’au dégagement par

la banque locale.

Il faudra alors solliciter la mainlevée et attendre soit le retour de l’acte, ou une lettre d’engagement par le bénéficiaire, ou bien encore la confirmation de l’annulation par la banque locale.

209 En pratique, les garanties comportant une date butoir sont classées en ordre chronologique suivant leur date d’extinction. Cela permet de suivre et de préparer les mainlevées. Pour les garanties « open-ended », les dossiers sont conservés jusqu’à réception de la mainlevée ou le retour de l’acte.

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Toujours dans le cas pratique, si LM respecte les termes et conditions de son contrat avec la société chinoise. Par conséquent, elle en informe Citi qui prend immédiatement contact avec la banque garante (China Merchants Bank) en envoyant un message Swift MT 768 MT (Advice of Reduction or Release) ou un message format libre MT 799 (Free format) afin que cette dernière obtienne du client la mainlevée.

La demande de mainlevée revêt le plus souvent la forme suivante :

From : CITI Morocco

Destinataires :

0066925 China Merchants Bank

Type de message : 799 (Format libre) Priorité : 02

20) Référence : 593294920

21) Référence : PG8761234

79) Texte :

Concerns …………………………….

Y/Performance Bond PG8761234

For USD 266 500,00

F/O: International Tech-engineering

B/O: LM Electronics

Our Counter Guarantee 593294920

Our client informs us that he has fulfilled totality his contractual obligations. Consequently, please contact the beneficiary to obtain cancellation of your guarantee. We are awaiting your authenticated message releasing us from all liabilities towards yourselves.

Thanks for your cooperation and best regards

Il peut se passer beaucoup de temps avant que ces démarches aboutissent, du fait de la longueur des circuits administratifs ou de la simple négligence du bénéficiaire ou de sa volonté de maintenir abusivement en force des engagements qui n’ont pas lieu d’être. Mais une fois que la procédure aboutit, la banque garante aura obtenu la mainlevée et communique par message Swift MT 768 (Acknowledgement of a Guarantee).

En revanche, il arrive que le donneur d’ordre ne respecte pas les termes du contrat ou que le bénéficiaire évoque abusivement des manquements non fondés par rapport au contrat. Dans ces cas, la garantie risque tout simplement d’être mise en jeu. Ainsi, la banque garante sera obligée de payer le bénéficiaire, la banque contre-garante de la rembourser avant de faire recours son donneur d’ordre.

2.4. La mise en jeu de la garantie

L’appel de la garantie, encore qualifié de mise en jeu, est la demande faite par le bénéficiaire à la banque d’exécuter son obligation de paiement au titre de la garantie.

Théoriquement, la mise en jeu ne devrait intervenir que dans les contextes suivants :

Page 219: DIA Alioune _Thèse Finale

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L’inexécution par l’exportateur des obligations au titre du contrat, Le refus de l’exportateur de proroger la validité de la garantie suite à une demande du

bénéficiaire, alors que ses obligations ne sont pas encore remplies.

2.4.1. Le point de vue de la banque

La banque se trouve le plus souvent en situation délicate en cas d’appel de la garantie et de refus de paiement par l’exportateur. En effet, compte tenu de la spécificité de son engagement vis-à-vis du bénéficiaire et de son autonomie par rapport au contrat commercial, elle se doit de payer.

De son point de vue, cette obligation se justifie doublement. D’une part, parce que sa crédibilité, sa réputation sur le plan international et sa signature sont en jeu. Qu’elle confiance pourrait-on accorder à une banque qui se soustrairait à ses engagements dès que le risque se réalise ? Elle risquerait purement et simplement d’être boycottée dans le pays du bénéficiaire, surtout si elle a utilisé un correspondant local pour l’émission. D’autre part, ayant souscrit un engagement indépendant et principal, elle ne peut bénéficier d’aucun moyen pour discuter le bien-fondé de l’appel. Elle ne veut et ne peut être juge et partie, et refuse donc de se retrouver impliquée dans un litige entre le donneur d’ordre et le bénéficiaire.

Cependant, du point de vue purement commercial, il ne faut pas oublier que la banque se doit de préserver au mieux les intérêts de son client. Il n’est pas à exclure que celui-ci, invoquant des motifs que la banque ne peut, ni ne doit vérifier, exerce une certaine pression afin qu’elle retarde ou refuse le paiement au bénéficiaire. Par ailleurs, il se peut qu’elle soit réellement en présence d’un appel abusif ou frauduleux émanant du bénéficiaire.

2.4.2. Le rôle de la banque

Toute mise ne jeu implique pour la banques des droits et des obligations à l’égard des différentes parties prenantes.

2.4.2.1. Vérification des conditions d’appel

Dès réception de la demande de paiement du bénéficiaire, la banque doit vérifier que l’appel est ferme et non équivoque et émane bien du bénéficiaire (vérification d’identité et de pouvoirs, le cas échéant). Elle va aussi s’assurer que les conditions formelles de l’appel sont réunies, à savoir que :

▪ En matière de garantie directe :

La mise en jeu a été faite à l’intérieur de la période de validité de la garantie, si celle-ci comportait une date butoir valable

Qu’elle est en possession des documents prévus dans la garantie, si celle-ci est documentaire et en vérifier la conformité apparente,

Que le montant de l’appel n’excède pas l’encours résiduel de la garantie à la date d’appel (c'est-à-dire après réductions éventuelles intervenues)

▪ En matière de garantie indirecte :

C’est à la demande locale qu’il incombe de vérifier que l’appel du bénéficiaire est conforme aux termes et conditions de l’acte avant de transmettre une demande en paiement à la banque contre-garante. Cette dernière n’aura qu’à s’assurer que l’appel qu’elle reçoit de son correspondant est strictement conforme à contre-garantie qu’elle lui a octroyée. Elle vérifiera notamment que l’appel :

Est reçu avant l’échéance de la contre-garantie ;

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Qu’il est effectué en conformité avec les conditions fixées dans le texte ; Que le montant appelé correspond bien au montant résiduel de la contre-garantie.

Bien souvent, dans le cadre de garanties à premières demande, l’appel en paiement est très laconique. Pour exemple, est repris ci-dessous un message de mise en jeu (exemple du cas pratique) :

Dest 000 T90 247 644

<1:F01FRPPAPAR4872503656 799186485 0000

Reçu le 05/08/09 à 10 h 54

De China Merchants Bank

< 2:O7991154050416CMSYSYDAAHA173733496770504161054N

Référence de l’émetteur… : 20: PG8761234

Référence d’origine 21 : 593294920

Description MSG : 79: for USD 266 500,00

Ref. your counters guarantee. Please credit our head office account held with you the full amount USD 266 500,00 of the captioned guarantee under authenticated Msg confirmation to us and to our H.O being delay penalty.

À la réception de l’appel, la banque s’exécute pour rembourser le montant de la contre-garantie à la banque garante. Elle lui envoie, ainsi, un message de Swift de notification de paiement.

2.4.2.2. Information au donneur d’ordre

Il est de la responsabilité de la banque d’informer le donneur d’ordre, après avoir procédé aux vérifications des conditions d’appel.

Ce devoir d’intervention s’impose à deux titres : d’une part, du fait des relations qui la lient au client et, d’autre part, pour permettre à ce dernier d’intervenir auprès du bénéficiaire, ou de préparer des moyens de défense éventuels.

Ce sont différentes phases qui résument la gestion des garanties bancaires à la Citi. Un traitement particulier sera réservé aux lettres de crédit stand-by, un instrument qui, du fait de sa parfaite adaptabilité à une hétérogénéité de situations et de son coût moindre par rapport au crédit documentaire, séduit de plus en plus d’entreprises dans le monde et particulièrement au Maroc. Pour cela, elle occupe une place importante dans les produits gérés par le « trade services department ».

C. La gestion des Lettres de Crédit Stand-by (LCSB)

La lettre de crédit stand-by n’est pas une pratique très courante au Maroc. Mais il arrive souvent que des entreprises locales, ayant contracté avec des opérateurs étrangers, en demande l’émission auprès de banques comme la Citi Morocco. Aussi, dans bien des cas, des banques étrangères demandent à la Citi Morocco de prendre la position de banque désignée, plus précisément, la banque choisie pour effectuer la transmission, la notification ou la confirmation de lettres de crédit stand-by.

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Dans ces opérations, c’est le « trade services dept. » qui se charge la gestion de l’initiation au dénouement. En fait, au vu des procédures, la gestion des LSCB n’est pas très différente des garanties et des crédits documentaires. C’est pour cette raison que nous allons seulement nous appesantir sur les aspects particuliers de la gestion de cet instrument.

1. L’émission de la LCSB

La procédure d’émission d’une lettre de crédit stand-by est similaire à celle du crédit documentaire et des autres types de garantie. D’ailleurs, certaines banques fournissent le même formulaire d’instructions qu’il s’agisse d’une demande d’émission de crédit documentaire, de lettre de crédit stand-by, de la garantie ou de la caution. De surcroît, les règles uniformes qui régissent les crédits documentaires, les garanties à première demande sont aussi applicables aux lettres de crédit stand-by.

Lorsqu’un donneur d’ordre désire mettre en place une garantie par LCSB, il doit satisfaire des conditions analogues à celles requises par la banque en matière d’engagements par signature (ligne de crédit, niveau du risque acceptable...). Si toutes les conditions fixées sont remplies, la banque émet la LCSB suivant les conditions stipulées dans la lettre d’instruction. Ces conditions, en vertu desquelles la banque émet à la demande du donneur d’ordre (généralement le vendeur), proviennent du texte librement négocié entre lui et son partenaire (généralement un acheteur).

Les textes sont adoptés en fonction de la nature de la LSCB à émettre. Ci-après, se trouve le modèle typique du contenu d’une LCSB. Elle se décompose en 5 voire 6 parties :

1 – Le préambule210

La banque émettrice rappelle le lien contractuel entre l’acheteur et le vendeur.

2 – L’engagement de la banque émettrice

L’engagement irrévocable de la banque porte sur un montant maximum.

3 – Les modalités de paiement de la LCSB

En cas d’appel, le paiement sera effectué sur la base :

D’un effet à vue ou à terme par exemple (cette pratique n’est pas systématique) ;

D’une notification écrite de…(vendeur/acheteur)…certifiant que le…(vendeur/acheteur)…..a failli à son obligation. Lorsque la stand-by a été payée au bénéficiaire suite à la présentation de documents conformes, l’émetteur bénéficie d’un droit à remboursement de la part du donneur d’ordre ; ce remboursement pourra être augmenté des frais, commissions et charges éventuels.

4 – L’entrée en vigueur et validité de la LCSB

- L’entrée en vigueur d’une LCSB peut être conditionnée par un évènement ou une performance211.- La LCSB est valable jusqu’à une date précise et unique. Au-delà de cette date, l’engagement est

nul. Le bénéficiaire n’est plus en mesure d’appeler l’engagement.

210 Le préambule n’est pas toujours présent dans le corps de la LSCB. Du fait qu’il rappelle le lien contractuel entre le vendeur et l’acheteur, la banque n’est pas tenue de s’y intéresser à moins que cela soit nécessaire.

211 Par exemple, la mise en place d’un instrument de paiement (l’ouverture d’une lettre de crédit documentaire) ; dans ce cas, tant que l’instrument de paiement n’est pas réceptionné par le vendeur, la garantie n’a pas d’effets juridiques. Il s’agit d’une clause usuelle en matière de garantie de performance. Pour une LCSB de restitution d’acompte, l’entrée en vigueur se situera à la réception de l’acompte, de même que pour une LCSB de dispense de retenue de garantie, l’entrée en vigueur sera liée au dernier terme de paiement, jusqu’à 100 % du montant total du contrat.

Page 222: DIA Alioune _Thèse Finale

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5 – Conditions spéciales

Ces conditions résultent de la négociation entre acheteur et vendeur. Elles diffèrent selon les obligations des parties.

6 – Référence aux Règles de la CCI

La LCSB peut être soumise aux Règles et Usances des Crédits Documentaires, Publication n°600 ou aux règles ISP 98 ou aux URDG. Cette simple référence place l’acte dans le contexte quasi universel du fonctionnement et du règlement des litiges édicté par ces règles.

Notons que le texte peut être librement négocié par les partenaires. En plus de cela les secteurs d’activité dans lesquelles évoluent les partenaires peuvent influencer le modèle de texte à adopter. Pour cette raison, il existe plusieurs variantes de texte de Lettre de crédit stand-by, nous en présenterons une d’après le cas pratique ci-dessous.

Cas pratique n°7

Contexte : Une entreprise marocaine importe du matériel portuaire de la Hollande. Après l’utilisation du crédit documentaire pendant plus de dix ans, les partenaires ont décidé de travailler en « open account » sous couvert d’une LCSB212.

Voici la lettre de crédit stand-by émise par la Citi, en subséquence à sa demande.

Date: ____/____/_________

From CITI MOROCCO

For account of : Société Marocaine de Manutention (SMM)

We hereby issue our irrevocable stand-by letter of credit n°XXX in favour of Dutch supplier for an amount not exceeding the aggregate sum of EUR 938 000 (nine hundred thirty eight thousand euros) valid until 01/10/2009 at your counters in Amsterdam available by beneficiary’s draft at sight drawn on you, marked drawn under irrevocable stand-by letter of credit n°XXXX dated ../…/20_ issued by Citi Morocco.

This stand-by letter of credit is available accompanied by the following documents:

1. Beneficiary’s signed statement (signatures appearing thereon to be authenticated by a bank for the authenticity and the capacity of the signer), indicating the amount claimed and stating that the applicant has failed to comply with their payment obligations as provided in the agreement made between Dutch supplier and Morocco Importer, in spite that the commodity consisting of “trucks and spare parts” have been shipped and delivered to them in compliance with said agreement.

2. Copy of invoice evidencing the value of the goods shipped.3. Copy of the bill of lading.

Special conditions:

212 Étant donné que l’ « open account » (le compte ouvert) est une modalité de paiement très risqué pour l’exportateur puisqu’il envoie le matériel avant de se faire payer, la mise en place d’une LSCB d’indemnisation par l’acheteur permet d’annihiler entièrement le risque de non-paiement. La raison est que dès qu’il y’a constat de non-paiement, l’exportateur

Page 223: DIA Alioune _Thèse Finale

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Partial drawing(s) allowed.

All banking charges and commissions outside Morocco are for beneficiary’s account and must be collected from them before confirming this credit to them.

Amount claimed less than the amount of related invoice is acceptable.

Please advise beneficiaries adding your confirmation.

Documents required under this credit must be sent to us in one lot by courier DHL or similar.

We hereby engage ourselves irrevocably to pay the amount claimed value five banking days after receipt by us of your tested telex/Swift on date of negotiation, confirming that the documents presented under this stand-by letter of credit have been complied with the credit terms and conditions.

Any payment made by us in respect of any claim hereunder shall reduce the amount of this stand-by letter of credit currently. The amount of this stand-by letter of credit is renewed up on applicant’s instructions through us once it is fully utilized provided that it is within credit validity.

Best regards

Après que ce texte a été préparé, un message Swift est envoyé à la banque notificatrice. Le message d’émission d’une lettre de crédit stand-by peut être envoyé soit au format MT 700 (Documentary credit)213 soit au format le format MT 760 (Guarantee/Standby LC).

Remarque   : cette lettre de crédit stand-by ne fait pas référence à aucun corps de règles. Néanmoins, l’attention de la banque émettrice et/ou notificatrice doit être attiré par cette omission. Une fois qu’elles choisissent de la soumettre à un corps de règles, l’ajout ou modification sera effectué sur la base d’un amendement.

2. L’amendement de la LCSB

La procédure d’amendement d’une LSCB obéit à la même que celle du crédit documentaire ou de la garantie documentaire.

Voyons dans ce cas pratique, le différent amendement apporté dans le cadre la lettre de crédit stand-by présentée.

▪ Premier amendement

Motif invoqué : La mention en italique est inacceptable pour le bénéficiaire. En effet, en cas de tirage de la LCSB, elle ne sera renouvelée qu’après instructions du donneur d’ordre.

Le renouvellement à l’initiative de l’acheteur est pénalisant pour le bénéficiaire qui demande ainsi l’incorporation de la mention renouvellement automatique (comportant des exigences documentaires assez réduites.

L’amendement est envoyé à la banque émettrice par message Swift comme suit :

20: stand-by L/C nr 039/2009 for eur 938.000,00

Att: Trade-DEPT

213 Dans ce cas, il faut bien mentionner, dans le champ 40A (Form of documentary credit), « lettre de crédit stand-by ».

Page 224: DIA Alioune _Thèse Finale

Page | 211

Please amend A/M ST BY L/C as follows.

Please – delete the following paragraph: “the amount of this stand-by L/C is renewed upon applicant’s instructions through us once it is fully utilized provided that it is within credit validity”

And insert the following paragraph:

“the amount of this stand-by L/C is renewed automatically once it is fully utilized provided that it is within credit validity”.

Otherwise unchanged.

Best regards

Ce premier amendement est aussitôt suivi par un second.

▪ Second amendement

Motif invoqué : La banque notificatrice a constaté que la SLBC ne faisait pas référence à des corps de règles.

Ainsi, la banque choisi de soumettre cette LCSB aux RPIS 98, même si cette solution est inhabituelle au Maroc où les banques émettent assez peu fréquemment la lettre de crédit stand-by. Elle communique l’amendement par message Swift à la banque notificatrice.

We refer to our stand-by L/C nr for EUR 938.000,00. Please add the following: “this stand-by letter of credit is subject to ISP 98, ICC Publication nr 590 otherwise unchanged”.

À coté des amendements, il peut bien arriver, mais dans des cas rares, que la lette de crédit stand-by soit mise en jeu par le bénéficiaire.

3. Cas de mise en jeu de la LCSB

La LSCB est un engagement indépendant et autonome au contrat. En cas de litige commercial (sauf exception de fraude), en cas d’impayé, dès présentation par le vendeur des documents conformes prévus par la stand-by, il reçoit le règlement par la banque qui ne peut ou doit faire autrement.

Revenons au cas pratique n°7, imaginons que l’importateur n’a pas payé le matériel reçu de l’exportateur hollandais et que ce dernier décide de mettre en jeu la lettre de crédit stand-by.

Pour ce faire, il envoie, en plus, des copies des factures et du B/L : une attestation de non-paiement et une demande de paiement.

▪ Une attestation de non-paiement

“EXPORTATEUR” à la CITI

Amsterdam, 5th October 2009

REQUEST OF PAYMENT

Concerns: partial drawing of the stand-by letter of credit : SBLC n°12345678 opened for EUR 938 000 (nine hundred thirty eight thousand euros) by order of Customer, SMM at CASBLANCA.

Page 225: DIA Alioune _Thèse Finale

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We, Exporter Co, located… represented by Mr … duly empowered as signatory of the letter, do state that:

We have effected the delivery of the goods in conformity with the contract and we have not received the payment from our buyer SMM at CASBLANCA, for the amount of 938 000 euros corresponding to the balance of the amount invoiced by us, within 90 days from the last day in the month in which the goods were delivered.

Signature

▪ Une Demande de paiement

“EXPORTATEUR” à la CITI

Trade services department Paris, le 5 octobre 2009

Tél :

Fax :

Objet   : lettre de crédit stand-by émise par Citi Morocco, le 30 juin 2009, en faveur de l’Exportateur d’ordre de l’Acheteur au Maroc pour un montant de 938 000 euros, validité 01 Octobre 2009.

Messieurs,

Conformément au dispositif de l’engagement précité, nous procédons au tirage partiel de celui-ci et vous adressons sous ce pli les documents requis :

- Les copies des factures impayées où est indiquée la valeur du matériel, - La copie du connaissement (B/L),- Attestation de non-paiement dûment datée et signée par une personne autorisée,- Demande de paiement

Nous vous remercions par avance de créditer notre compte….

Signature de la personne dûment autorisée à représenter l’Exportateur.

La mise en jeu de la LCSB, oblige ainsi la banque à payer le bénéficiaire. Quant à la procédure de paiement, elle est la même que celle suivie lors d’un paiement d’une garantie ou d’un crédit documentaire.

En outre, du fait que la LCSB de la similarité des procédures suivie dans la gestion de la lettre de crédit stand-by par rapports aux autres type de garantie et aux crédits documentaires, nous n’allons pas revenir sur certains aspects : la perception des commissions, la gestion des mainlevées, etc.

D. Le traitement des opérations de cautionnement bancaire

Par rapport aux autres engagements par signature, les cautions constituent une partie importante des produits traités dans le « trade services department ». Elles sont délivrées sans que la banque ne décaisse de fonds dans l’immédiat, permettant ainsi à l’entreprise soit d’éviter une sortie d’argent, soit de différer un paiement, soit d’anticiper une rentrée de fonds. Dans tous les cas, l’intervention de la banque a pour finalité de soulager la trésorerie des clients et, par conséquent, elles aboutissent au même résultat que les crédits par décaissements.

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Les circonstances qui motivent l’émission des cautions bancaires sont multiples. Elles sont destinées à satisfaire les besoins spécifiques mais diversifiés de la clientèle. Ainsi, on peut classifier les cautions en trois grandes catégories : les cautions administratives (dans le cadre de marchés publics), les cautions en faveur de la douane (pour le dénouement des opérations d’importation ou d’exportation) et les cautions diverses (aval d’effets de commerce, lettre de garantie pour absence de connaissement…).

L’émission de caution est sujette à une demande du client auprès de la banque suivie d’une autorisation émanant du « credit risk dept. » une fois qu’elle a évalué le risque. La procédure à suivre est souvent plus souple que celle de la garantie documentaire puisqu’elle exige moins de documents à fournir par le demandeur. Si la demande de la caution bancaire est autorisée, le « trade department » procède à l’émission de ladite caution. Celle-ci est par la suite classée dans des dossiers suivant leur nature et suivant leur durée (durée déterminée ou durée indéterminée).

1. Les engagements par aval

L’aval est la forme cambiaire de cautionnement. La banque le donne :

Soit sur un effet de commerce : lettre de change, billet à ordre, chèque ; Soit par acte séparé indiquant le lieu où il est intervenu et pour le compte de qui il est accordé.

Ainsi, l’aval est défini comme étant une garantie donnée par une banque de payer un effet de commerce échu. Auquel cas, il est sûr que le tireur sera payé, même si, entre temps, le tiré tombe en faillite et ne dispose plus de la provision nécessaire pour rembourser la banque

Il est exprimé par les mots « bon pour aval ». En fait, l’aval sur la lettre de change est pratiquement plus fréquent que celui sur les billets à ordre ou sur les chèques. L’utilisation de l’aval concerne essentiellement de transactions commerciales effectives. Ces transactions peuvent couvrir aussi bien les opérations locales que celles relatives au commerce extérieur, plus particulièrement en matière d’importation. C’est ce qui amène la Citi à donner des avals en dirhams ou en devises.

L’aval en devises est donné dans le cadre des opérations d’importation plus particulièrement avec celle où la remise documentaire contre acceptation et aval est la modalité de paiement choisie. Dans ce cas, la banque veille à l’observation de certaines exigences afin de s’y plier. Il s’agit, avant d’émettre l’acte de l’aval, de :

respecter les prescriptions de la réglementation des changes (domiciliation du titre d’importation, contrat commercial, délais de paiement, documents de transport…) ;

respecter les règles et usances internationales (URC – 522,…) ; Prendre en considération les risques y afférent (de changes, de crédit…).

De la même manière, lorsque la banque est sollicitée pour émettre un aval en dirhams, elle apprécie le risque après s’être assurée que le demandeur dispose d’une ligne de facilité pouvant couvrir le montant de l’aval.

Lorsque l’aval est mis en place, un dossier est ouvert pour le suivi jusqu’à l’échéance à la date de laquelle un ordre de crédit du compte du tireur est émis par la banque. Par la suite la banque débite le compte du client pour rentrer dans ses fonds.

2. Les autres cautions (administratives et douanes)

Les cautions délivrées en faveur de l’Administration des Douanes et des Impôts Indirects (A.D.I.I) sont très demandées par la clientèle. Les circonstances qui motivent leur émission par la banque

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variées, mais elles concernent particulièrement le règlement ou la suspension des droits et taxes exigibles à l’importation et à l’exportation. On distingue deux grandes catégories de cautions douanières :

Celles délivrées dans le cadre des importations de marchandises destinées à la consommation et permettent aux importateurs de différer le règlement des droits et taxes et de bénéficier ainsi des facilités de paiement auprès de la Douane (crédit d’enlèvement, obligation cautionnée, …) ; et

Celles délivrées dans le cadre des régimes économiques en douane et qui permettent aux exportateurs de bénéficier d’une exonération de droits et taxes afin d’améliorer leur compétitivités et d’accroître leurs performances sur leurs marchés extérieurs (admission temporaire, entrepôt de stockage, importation temporaire, exportation temporaire, trafic de perfectionnement actif et passif, transit).

C’est pour bénéficier de ces régimes que les opérateurs aient recours à la Citi pour la délivrance d’une caution. Cette délivrance appelle une attention particulière de par la banque puisqu’elle est le fruit d’une appréciation du risque214 par le « credit risk dept. », d’un contrôle rigoureux et d’une vérification minutieuse des documents-support par le « trade services department ». Ces documents reposent sur la déclaration douanière elle-même. Il s’agit d’un document unique (DUM) constitué de cases dont certaines sont réservées au déclarant, d’autres aux services douaniers et une à la banque qui se porte caution. Si la procédure de demande de caution par un client aboutit, la case réservée à la banque est signée et cachetée par la personne habilité dans la banque avec l’indication « Bon pour caution ».

Mais avant la signature, la vérification de certaines mentions contenues dans la déclaration est obligatoire (nature du régime douanier, numéro de nomenclature de la marchandise, la valeur de la marchandise… C’est grâce à cela que le calcul du montant sur lequel aura porté l’engagement de la banque est déterminé.

Pour procéder au calcul des droits et taxes, on se base sur la liste des taux tarifaires de la douane et de la nomenclature générale des produits accessible depuis le site de la Douane215. Le calcul se fait de la manière suivante : on prend la valeur de la marchandise qu’on multiplie par le taux cumulé216 (selon le numéro de la nomenclature).

Numéro de nomenclature : 51.01.63

Valeur des marchandises : 55 800,00 Dhs

Droit et taxes se présentent comme suit :

Taux de droits : 12,50 % soit : 6 975, 00 Dhs

Prélèvement fiscal : 12,50 % soit : 6 975, 00 Dhs

TVA : 20 % :

214 En signant ce type de caution, la banque s’expose à des risques considérables. Ces risques sont d’autant plus importants que le montant qu’elle risque de payer pourrait dépasser de très loin celui initialement enregistré. Par exemple, dans le cas de l’admission temporaire l’abus du régime (vente, cession ou substitution de marchandises constatées en cours d’admission ou après l’expiration des délais impartis pour l’exportation ou la mise en produit en entrepôt des produits compensateurs, selon le code des douanes) est considéré comme une infraction de 6ème classe pouvant aller jusqu’au triple du droit d’entrée.

215 Adresse : www.adii.ma216 Par taux cumulé, on entend taux de base assorti du prélèvement fiscal et de la taxe sur la valeur ajoutée.

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À calculer sur valeur marchandise majorée des taux de droit et prélèvement fiscal, soit :

69 750,00 x 20 % = 13 950,00 Dhs

Ce qui donne un taux cumulé de 50 %, soit : 27 900,00 Dhs

Le montant de 27 900,00 Dhs représente les droits et taxes. C’est le montant qui constituera le montant de la caution.

Quant aux cautions administratives (cautions provisoires, cautions définitives, cautions de restitution d’acompte, les cautions de retenue de garantie) délivrées par la banque à l’occasion de l’exécution des marchés publics ou bien des marchés privés pour des opérations locales ou internationales le traitement n’est pas différent des aux garanties217.

Après avoir exposé les pratiques relatives aux opérations d’engagement par signature, il importe, maintenant, de passer à la dernière partie de ce chapitre consacrée à la gestion du portefeuille des effets de change. Une mission plutôt secondaire mais qui revêt d’une grande importance.

Section 4 : La gestion du portefeuille des effets de change

Elle entre dans l’activité de gestion de trésorerie (cash management) de la banque qui assure soit la position de banque remettante soit la position de banque domiciliataire. Étant banque remettante, le bénéficiaire (tireur ou client remettant) y dispose un compte ouvert qui sera crédité une fois que l’effet de change est « télécompensé » (c’est la banque qui transmet la lettre de change). Or, étant banque domiciliataire, le client tiré (redevable d’une somme en contrepartie d’une transaction commerciale) y dispose un compte ouvert qui sera débité une fois que l’effet de change est « télécompensé » (c’est la banque qui reçoit la lettre de change à payer).

Avant, la compensation au Maroc s’effectuait entièrement par procédé d’échanges physiques, c'est-à-dire que chaque établissement bancaire (remettant et/ou domiciliataire) devrait nécessairement se faire représenter, lors des jours ouvrables, par une personne munie du portefeuille des effets échus à la chambre de compensation. Ce qui allongeait les délais de règlement.

Aujourd’hui, avec les projets de modernisation et de sécurisation des moyens et systèmes de paiement au Maroc, entrepris sous la houlette de la Bank-al-Maghrib218 et l’ASIMT219 (Association pour un Système Interbancaire Marocain de Télécompensation) les lettres de change sont traitées de manière dématérialisée via le SIMT (Système Interbancaire Marocain de Télécompensation) qui centralise les échanges.

Remarque : même si le Maroc s’est engagé dans la voie de la dématérialisation, la lettre de change repose toujours sur le papier, seule la compensation est à ce jour informatisée. Contrairement en France où il existe ce qu’on appelle la lettre de change relevé (LCR). La LCR reprend toutes les informations obligatoires des lettres de change et des billets à ordre classiques : ils peuvent être créés ou non sur support papier, mais ne sont transférés que sur support magnétique (disquettes, bandes magnétiques, télétransmission) aux banques qui se chargent de leur encaissement. 217 Voir supra.218 La Banque centrale a dans le cadre des procédures de télécompensation des effets de change la qualité de participant, en

tant que émetteur et récepteur de flux, et la qualité d’agent de règlement, en tant que gestionnaire du SRBM (Système des Règlements Bruts du Maroc) et teneur de compte des adhérents de l’ASIMT.

219 L’Association pour un Système Interbancaire Marocain de Télécompensation est chargée de l’administration, de la gestion technique et de l’évolution du Système Interbancaire Marocain de Télécompensation (SIMT). Elle regroupe les établissements bancaires adhérents (Bank-Al-Maghrib, Banques, Trésorerie Générale du Royaume et Poste Maroc).

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Le débiteur ne reçoit plus, après paiement, la lettre de change portant la mention « acquitté » ou toute autre formule attestant du paiement (donc du débit en compte) : seul l'extrait bancaire fourni périodiquement donne preuve qu'il a réglé sa dette en bonne et due forme et à l'échéance prévue.

L'avantage de cette « non-circulation de documents sur papier » est de réduire les coûts de gestion des établissements bancaires (coûts répercutés sur leurs clients).

Il existe toutefois un inconvénient : dans le cas où une LCR aurait été directement créée sur support magnétique, il n'y a pas de possibilité de faire établir immédiatement un protêt en cas de non-paiement. Il faut créer au préalable le support papier de la LCR en question, avant de demander à un huissier d'intervenir220.

En revenant sur les aspects pratiques de la gestion des effets de change, la procédure peut être résumée comme suit :

La réception des effets au guichet de la banque ; Leur enregistrement sur des bordereaux dédiés ; Le classement chronologique et la conservation des effets ; Le suivi des effets échus ; L’envoi à la télécompensation ; L’archivage ; La régularisation des frais de timbre pour les effets.

Afin de nous réduire à l’essentiel, nous allons nous focaliser sur les aspects techniques liés à la télécompensation.

A. La préparation à la télécompensation

Avant de d’entrer dans la phase de préparation proprement dit, il est nécessaire de rappeler les caractéristiques techniques du modèle de la lettre de change normalisée221 (voir annexe 12). Ce modèle doit contenir des mentions obligatoires comportant :

La dénomination « lettre de change » et l’identifiant pré-marqué de la lettre de change (zone 1). Cet identifiant doit inclure le numéro de la série, le code de la lettre de change dans la série ainsi que la clé de contrôle qui doit assurer la fiabilité des deux codes précédents.

Le mandat de payer (zone 2) la lettre de change. Ce mandat est matérialisé par l’expression « contre cette lettre de change stipulée sans frais, veuillez payer la somme indiquée ci-dessous à l’ordre de ».

Le nom ou dénomination et adresse ou siège du tireur (zone 3). La police des caractères doit être de petite taille afin de ne pas encombrer cette zone.

Le nom ou dénomination du bénéficiaire (zone 4).

Le lieu et date de création indiquée en jour/mois/année (zone 5).

La date d’échéance indiquée en jour/mois/année (zone 6).

Le montant de la créance en chiffres libellé en dirhams (zone 7).

Le montant de la créance en lettres libellé en dirhams (zone 8). Il doit correspondre au montant en chiffres mentionné dans la zone 7.

220 Jean-Marc Béguin & Arnaud Bernard, op. cit, p.62.221 Ces caractéristiques sont définies par Bank-Al-Magrib dans la circulaire n°D20/G/7 et LC41/DOM/07.

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La cause de création de la lettre de change (zone 9). Elle doit spécifier la cause de la création de ladite lettre à savoir vente de marchandises ou prestations de services. Le renseignement de cette zone demeure optionnel.

L’emplacement réservé à l’acceptation du tiré et à sa signature ainsi qu’à la date de l’acceptation (zone 10).

L’emplacement réservé à l’aval (zone 11). Il doit être renseigné par l’avaliseur (tiers ou signataire de la lettre de change).

Le nom ou dénomination et adresse ou siège du tiré (zone 12). Cette zone devrait être pré-imprimée par l’établissement émetteur.

La domiciliation du tiré (zone 13) à savoir le numéro de son compte bancaire, l’agence bancaire ainsi que son adresse. Cette zone devrait être pré-imprimée par l’établissement émetteur.

La signature du tireur et son cachet le cas échéant (zone 14). Cet espace situé à droite de la formule doit être suffisant et sans impression afin d’abriter la signature du tireur apposée obligatoirement à la main.

La mention constituant l’autorisation de perception des droits de timbre (zone 15).

L’espace réservé à la ligne d’écriture magnétique222 (zone 16). Il est situé en bas de la première partie et sur toute sa longueur et est réservé à l’impression des caractères magnétiques. La ligne d’écriture magnétique ne doit comprendre que des informations comportant des caractères numériques et des symboles destinés à séparer ces informations.

L’ordre de paiement donné par le débiteur tiré à sa banque domiciliataire (zone 17). Cette zone doit comporter les mentions suivantes :

- « Ordre de paiement »,- « veuillez régler à l’échéance, par débit de mon compte, le montant de cette lettre de

change à l’ordre du bénéficiaire »- la signature et cachet du tiré, le cas échéant.

La lettre de change qui ne contient pas l’une des énonciations obligatoires est réputée non valable mais elle peut être considérée comme un titre ordinaire (reconnaissance de dette civile). La lettre de change dont l’échéance n’est pas indiquée est considérée comme payable à vue.

Maintenant, concernant la préparation, il s’agit, à la veille de son leur échéance, de sortir du portefeuille les effets à présenter à la compensation. Chaque lettre de change est contrôlée pour vérifier de sa régularité formelle et matérielle, notamment :

Sa conformité à la circulaire de Bank-Al-Magrib relative à la normalisation de la lettre de change (circulaire n°D20/G/7 et LC41/DOM/07)

La concordance ente le montant en chiffres et en lettres L’absence de surcharges et de ratures La régularité de l’endos

C’est par la suite que les fichiers d’échange sont préparés. Les fichiers d’échange sont constitués des données électroniques et des images des lettres de change. Les images sont obtenues par numérisation en recto verso de chaque lettre de change à l’aide d’une machine et d’un logiciel de restitution d’images. Les deux fichiers images lettres de change et données électroniquess sont ensuite rapprochés

222 Le marquage magnétique comporte de droite vers la gauche cinq zones : le montant, la clé de contrôle, les références du compte, les codes interbancaires et le numéro de la lettre de change.

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pour s’assurer que chaque image correspond bien à une seule opération. À l’issue de cette opération, les échanges avec le SIMT sont initialisés.

B. Le transfert des remises-aller

L’envoi des remises-aller223 doit se faire avant la limite horaire définie par l’ASIMT. C’est à la banque de disposer le moyen qui permet d’envoyer les images et les données sur le serveur central du SIMT. Cette opération est effectuée via un logiciel ad hoc de la banque connecté à ce serveur.

À la fin de l’envoi, c’est la procédure d’archivage physique des lettres de change en vue de les conserver pour des besoins ultérieurs éventuels (cas d’impayés, de rejets, de restitution…).

Figure 54 : Procédure de transmission des remises -aller

La Banque (l ’établ issement r emettant) ASIMT

Numérisation des lettres de change

Transfert des remises-aller

Archivage des lettres de change

Organisation de la journée d’échange électronique

Réception et contrôle des

remises

Préparation des fichiers d’échange

Remise aller

Remises aller transférées

Images des lettres de change

Fichier SIMT

Avant l’émission de la remise aller

Pour la compensation proprement dite, elle débute à l’heure d’ouverture fixée par l’ASIMT. À cette heure, le SIMT reçoit les différentes remises-aller envoyées par les participants. Il effectue le contrôle relatif aux structures de données définies pour l’échange (validité des dates de présentation, rapprochement entre données électroniques et données sur les images). Par la suite, il envoie un accusé de réception signifiant l’acceptation et/ou les rejets de la remise en précisant les motifs de rejets.

Cette opération sera succédée par le tri et le routage des images des lettres de change aux établissements destinataires. À la fin de la période d’échange des remises-aller, le SIMT procède au traitement de compensation et de règlement et génère et adresse à la banque : les remises retour, les 223 Les remises-aller sont des images « lettres de change » et données électroniques associées à l’établissement domiciliataire

lors d’une journée d’échange de l’établissement remettant via le SIMT. Il y’a à l’opposé des remises-aller, les remises-retour qui sont les images et les données électroniques associées reçues par l’établissement domiciliataire.

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synthèses aller et retour et la synthèse des règlements. Aussi, il établit et adresse une remise de règlement à Bank-Al-Maghrib pour imputer les soldes comptables nets sur les comptes de tous les participants.

Comme l’heure d’ouverture est fixée par le SIMT, de la même façon, l’heure de clôture l’est aussi. À la clôture de la journée d’échange :

Une remise retour est envoyée à la banque (domiciliataire) pour déclencher le traitement du sort.

Une demande de règlement est envoyée à Bank-Al-Maghrib via SRBM, contenant les positions des participants à l’issue de la journée de compensation, y compris les rejets relatifs aux présentations de la veille.

Figure 55 : Procédure de traitement par le SIMT

C. Le sort de la lettre de change

À chaque journée d’échange (J), les fichiers retour des données électroniques ainsi que les images correspondantes concernant les lettres de change domiciliées à la banque sont reçus à J+1 via le SIMT. Au niveau de la banque, il est effectué un contrôle consistant à rapprocher les données électroniques correspondantes aux lettres de change reçues avec les images associées au moyen de la référence interbancaire « RIO » produite par le SIMT. Ce contrôle porte sur :

La concordance ente le montant en chiffres sur les données électroniques et celui en lettres sur l’image.

La concordance du RIB224 du tiré figurant sur l’image et celui figurant sur les données électroniques.

Après le contrôle, la banque peut rejeter l’opération dans les cas suivant :

Image illisible, Présomption de fraude, Date d’échéance incohérente Incohérence du montant ou du numéro de la lettre de change.

Dans ce cas, les motifs évocables sont nombreux :

Absence d’image Lettre de change déjà réglée ; Lettre de change libellée dans une autre monnaie que le Dirham ; Signature non-conforme du tiré ; Absence de la signature du tiré sur ordre de paiement ;

224 RIB ou Relevé d’Identité Bancaire est le garant de l’exactitude des coordonnées bancaires d’un client. Il est composé de 24 caractères : code banque (3), code ville (3), numéro de compte (16) et clé RIB (2).

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Non indication du montant de la lettre de change ; Ratures et surcharges non approuvées par le tiré ; Lettre de change frappée d’opposition pour perte ; Lettre de change d’opposition pour vol ; Lettre de change d’opposition pour redressement judiciaire du porteur ; Lettre de change d’opposition pour liquidation judiciaire du porteur ; Lettre de change d’opposition d’une voie d’exécution forcé (saisie, avis à tiers détenteur ou

autres) ; Compte clôturé ; Absence ou insuffisance de la provision ; Endos irrégulier ; Non-conformité entre données électroniques et les informations figurant sur l’image « lettre de

change » ; Absence de compte ; Lettre de change présentée avant terme ; Lettre de change présentée doublement la même journée ; Lettre de change déjà réglée.

Ces divers motifs de rejets amènent le remettant à transmettre les lettres de changes concernées avec ses nouvelles remises-aller au jour d’ouverture suivant. En plus de cela, il est tenu de produire une attestation de refus de paiement.

Dans le cas d’illisibilité des images, de présomption de fraude ou d’un rejet pour motifs mentionnés ci-dessus, les lettres de change concernées sont échangées physiquement, c'est-à-dire de siège à siège.

Au terme de ce chapitre, il est à rappeler que nous avons abordé avec une approche pragmatique, les modalités de paiement comme la remise documentaire et le crédit documentaire ainsi que les outils de sécurisation fréquemment utilisés par les acheteurs comme les garanties et lettres de crédit stand-by. Avec des cas pratiques à l’appui, nous avons pu décrire les techniques de gestion de ces instruments dans un cadre professionnel.

Ces techniques sont présentées selon des procédures classiques, c'est-à-dire qu’elles ne tiennent pas en compte les alternatives ou les solutions issues de la dématérialisation. C’est ce qui nous amène à consacrer notre dernier chapitre à la présentation de l’approche dématérialisée de la gestion de ces opérations bancaires à partir d’une plateforme e-banking.

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Chapitre 6  : La pratique de l’approche dématérialisée du paiement

international de la Citibank  

Dans un contexte où l’informatique permet de dématérialiser des procédures et d’automatiser un nombre important de procédures de gestion, des économies substantielles sont réalisables en termes de coût et de temps de traitement des opérations. Ceci fait que cet objectif est placé en première ligne dans les stratégies des banques toujours en quête d’un levier de compétitivité sur tous les maillons de leur chaîne de valeur.

Or, depuis longtemps, les opérations connexes au commerce international sont matérialisées par des supports en papier dont la gestion administrative est souvent jugée plus coûteuse. De multiples raisons sont avancées par les professionnels et les praticiens qui interviennent dans ce processus :

La multiplicité des parties impliquées dans le cycle d’une opération, L’intensité des opérations manuelles liées au traitement des dossiers et des documents

commerciaux, La fréquence et le coût des erreurs, des retours et des falsifications de documents, Le niveau des frais et des commissions bancaires, Les délais d’échange de documents de l’exportateur jusqu’à l’importateur225.

Face à cette donne, la supplantation du papier par l’électronique s’avère plus que nécessaire. Ainsi, sous l’impulsion d’entités gouvernementales (douanes, par exemple), d’organismes coopératifs (Swift, Bolero…) et d’acteurs privés (entités de tiers-confiance comme Tradecard…), des initiatives de dématérialisation des échanges documentaires en matière de commerce international ne cessent de faire école dans beaucoup de pays développés, émergents voire en développement. Dans cette voie, les opérations de paiement sont un axe privilégié : même si elles ne représentent pour la plupart qu’une infime séquence dans les activités du processus du commerce extérieur ; dans un système dématérialisé, elles redéfinissent une nouvelle configuration de la relation banque-entreprise. Cette tendance a été corroborée par la CCI à travers son initiative de publier des eRUU ainsi que d’autres institutions internationales qui font le plaidoyer en faveur de l’adoption universelle de l’EDI226.

Dans cette vague, les banques se sont bien positionnées pour faire la chasse à la paperasse et du coup inviter leurs clients à s’engager dans la même voie. Ce faisant, elles ont misé sur des plateformes électroniques multiservices qui sont basées sur des possibilités technologiques capables d’apporter des solutions à des problématiques telles que : la gestion des paiements et des financements, la facilitation d’échanges dématérialisés entre acteurs, la gestion de la chaîne logistique financière…

Au vu des perspectives très alléchantes qu’offrent ces plateformes et des réponses stratégiques qu’elles apportent dans cette ère marquée par l’ubiquité du numérique, ajoutées, entre autres, aux potentiels gains de productivité dans le traitement des opérations, la Citigroup a développé sa propre plate-forme électronique bancaire : la CitiDirect.

L’objectif de ce chapitre est, d’abord, d’analyser dans un cadre opérationnel, les fonctionnalités de cette plateforme en matière de modalités et procédures de paiement international et ensuite, de nous

225 D’après l’étude de Bearingpoint : « Enjeux de la dématérialisation des documents du commerce international », 2002. Cette étude a été réalisée pour identifier et valoriser les scénarios de dématérialisation de documents du commerce international, pour les banques comme pour les entreprises.

226 Cf au Chapitre 3.

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arrêter sur la dématérialisation des procédures du commerce extérieur au Maroc où, à priori, des velléités persistent encore et entravent les initiatives et les projets en cours.

Section 1 : Le paiement international sur plateforme e-banking : l’exemple du CitiDirect

Une plate-forme e-banking pour la dématérialisation des services bancaires jusque là basés fortement sur du papier est, de fait, la tendance dans laquelle s’évertuent de s’adapter les banques et leurs clients-entreprises. Ce besoin est plus avivant dans les opérations du commerce international où importateurs et exportateurs s'emploient déjà à optimiser la réactivité, la transparence, l'efficacité, l'efficience et la souplesse dans leurs processus bancaires de bout en bout.

Dans ce cadre, la CitiDirect offre des fonctionnalités très variées et aussi des possibilités de collaboration partagée entre les entreprises et les spécialistes de la banque. Grâce à la connectivité de la plate-forme aux systèmes d’information des entreprises, les clients importateurs et exportateurs peuvent avoir une prise en main plus étendue sur toutes leurs opérations bancaires (paiements, encaissements, gestion de trésorerie et gestion de la chaîne logistique financière.

Pour comprendre dans quelle mesure cela demeure possible, nous allons présenter la CitiDirect avant de passer par la suite à la pratique du paiement international sur cette plateforme e-banking.

A. Présentation de la Cititdirect et de ses fonctionnalités

1. Présentation de CitiDirect

Étant un service de la division « Global Transaction Services227 » de Citi, la CitiDirect est la plate-forme électronique bancaire de Citigroup qui offre aux entreprises la possibilité d’initier et de gérer des transactions bancaires. Présentée pour la première fois en 1999, elle a été rénovée en 2009 avec le lancement de CitiDirect BE (Banking Evolution), une plate-forme de banque en ligne collaborative de nouvelle génération qui met à profit les nouvelles technologies afin de fournir des caractéristiques et fonctionnalités avancées. Ainsi, cette infrastructure technologique offre plus de visibilité et de contrôle aux clients, des petites entreprises aux grandes multinationales, qui cherchent une meilleure efficacité dans leur chaîne logistique financière puisqu’elle met à leur disposition des informations et outils étendus.

Figure 56 : Interface principale de la plateforme

227 Voir Chapitre 4.

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À la différence des autres plateformes qui sont multiples et hétérogènes pour les différents services bancaires, CitiDirect est une plate-forme unique regroupant tous les services sur une seule interface accessible via le portail internet CitiDirect Online Banking ou le logiciel CitiDirect installé sur ordinateur. Depuis sa mise en service, la plate-forme ne cesse d’enregistrer des progressions en nombre d’utilisateurs et en volume de transactions (voir tableau) même si tous les services ne sont pas disponibles dans tous les pays couverts228.

Tableau 14 : Quelques statistiques sur CitiDirect (Europe, Moyen Orient et Afrique)229

Nombre de pays couverts 49

Nombre d’utilisateurs actifs plus de 33 000

Valeurs des paiements Plus de $ 5 900 milliards

Nombre de Transactions Plus de $ 35 millions

États/Rapports exécutés Plus de 3,5 millions

2. Les services et fonctionnalités de CitiDirect 228 Des exceptions ne concernent qu’une petite poignée de pays.229 Statistiques de 2006.

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La plate-forme CitiDirect est une infrastructure technologique qui intègre diverses fonctionnalités avec :

Une accessibilité globale : les services de la plate-forme sont utilisables dans plus de 100 pays ;

Une sécurité de pointe : les solutions sécuritaires de CitiDirect sont nombreuses (Outil d’authentification accrédité, Identification, Authentification, Confidentialité / Intégrité des données, Rapport d’audit de sécurité, Droits d’accès au niveau utilisateur) ;

Des possibilités de personnalisation : l’interface et l’utilisation sont paramétrables en fonction des besoins et définitions de l’utilisateur ;

Des Dispositifs de la plate-forme : celle-ci est accessible en 22 langues et personnalisable pour chaque utilisateur (environnement, niveaux d’autorisation, …). En plus, il existe la possibilité d’interaction avec le système d’information interne du client (ERP230 par exemple) via un import/export de fichiers et de production des états/rapports/réconciliation automatique ;

L’implémentation et la formation : support pour la formation.

Au vu de ces diverses fonctions, on peut dire que la CitiDirect est une plate-forme de référence mondiale. La technologie modulable et évolutive avec laquelle elle est bâtie fait que ses services et solutions sont des plus complets, proposés dans une seule plate-forme e-banking.

Parmi ces services (non-exhaustifs), on peut noter :

2.1. Le paiement 

La CitiDirect offre des services de paiement complets mondialement et localement. Depuis un point de contact unique, toutes les activités de paiements internationales relatives aux transactions d’un client peuvent être initiées et suivies en ligne et en temps réel entre nombreuses méthodes de paiement, dont :

Transferts de fonds domestiques et internationaux ; Transferts de compte à compte ; Chèques ; ACH/GIRO.

Le logiciel de banque en ligne automatise le plus de procédures possible, en apportant de l’uniformité à la procédure de paiement de transactions. Cette approche simplifiée permet de préparer des fiches de paiement en devises et à destinations multiples tout en assurant une intégration facile à virtuellement tout système dans le monde.

Afin de prévenir toute fraude ou erreur interne, la plate-forme CitiDirect procure des pistes d'audit en ligne pour suivre toute activité du système. En addition, une fonction de double contrôle de sécurité permet une vérification par une seconde partie antérieure au traitement pour plus d'exactitude lors de chaque transaction.

Encore, le logiciel CitiDirect procure l'accès au statut exact et en temps réel, des structures de comptes à travers l'ensemble de l’organisation de l’entreprise utilisatrice, dont le détail :

230 Entreprise Resource Planning [Progiciel de gestion intégré – (PGI)] : C’est un logiciel qui permet de gérer l’ensemble des processus opérationnels d’une entreprise, en intégrant l’ensemble des fonctions de cette dernière comme la gestion comptable, financière, mais aussi la vente, la distribution, l’approvisionnement, le commerce électronique. Source : Wikipedia.

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Des rapports sur le solde des liquidités, relevés des liquidités et initiation de transactions, ainsi que les rapports connectés aux services de transaction multidevises WorldLink ;

Des relevés de compte et des rapports de position consolidée ; Des résumés de transaction par numéro de compte, date de valeur, type de transaction et

devise.

2.2. Reporting d’informations

La CitiDirect permet d'exécuter des rapports personnalisés dans des formats divers, qui sont disponibles en ligne ou par livraison directe via un serveur sécurisé ou email encodé. L’entreprise utilisatrice aura particulièrement accès à :

Des résumés de tous les comptes avec solde et livre de compte, ou les soldes consolidés par devise ou succursale ;

Des rapports condensés de décaissements inter-régionaux ; Tous les soldes et résumés de transactions par numéro de compte, date de valeur, type de

transaction et devise ; Les rapports générés depuis des éléments de solde des liquidités, groupés par numéro de

compte et affichant des informations condensées ou détaillées sur les transactions de liquidités pour chaque entreprise, succursale ou client ;

Des fonctions de livraison automatisée de fichiers et de rapports qui vous permettent de planifier l'exécution de rapports intra journaliers, à la fin de la journée, hebdomadaire et mensuel en dehors d'une session active CitiDirect .

Plus, des fonctions d'exportation de fichiers assurant l'intégration rapide dans des systèmes comptables et des stations de travail de trésorerie existant.

Génération de rapports d'information en temps réel pour une gestion de liquidités plus efficace.

2.3. Opérations du commerce international

La CitiDirect permet d’initier des transactions à la volée et tend à simplifier les procédures et à accélérer les communications pour améliorer l'efficacité des activités liées au commerce international :

Elle donne la possibilité aux exportateurs de :

Initier des encaissements documentaires directs et de traquer les paiements des documents ; Traquer des lettres de crédit et des activités d'amendement ; Transférez lettres de crédit et faire des amendements ; Créez des lettres de présentation de lettres de crédit à l'exportation ; Contrôlez l'historique des transactions ; Générez cinq lettres de motivation différentes pour supporter des types de paiement à l'export

spécifiques ; Voir les documents présentés pour paiement ; Être notifiés d’évènements sur les transactions par e-mail, fax, etc.

Et aux importateurs de :

Initiez des demandes d’ouverture de lettres de crédit ; Configurez des formules de saisie pour faire correspondre le format des données spécifiques à

une requête particulière de lettre de crédit ; Traquer l'historique de lettres de crédit ;

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Affichez l'émission de lettres de crédit et les amendements ; Résoudre les irrégularités et les investigations par la vision des images des documents ; Affichez les détails de règlement et traquez les paiements.

De plus, les utilisateurs peuvent facilement générer ou modifier des lettres de crédit en attente.

Un accès rapide aux informations et modèles et ce depuis tout ordinateur grâce à des librairies de données sécurisées stockées sur les serveurs de Citibank ;

Des champs sur les formulaires de commerce de CitiDirect afin de prendre en compte des informations plus spécifiques

Une rationalisation de la communication permettant :

- Une notification au client plus rapide en ce qui concerne les problèmes de factures, les collectes d'imports ou les modifications néfastes ;

- Aux clients Trade Finance Loan231 de faire des requêtes sur produit directement en ligne.

La plate-forme de la Citibank peut être utilisée lors des transactions internationales dans les opérations d’importation ou d’exportation.

B. La gestion des opérations d’importation sur la plate-forme électronique

Avec CitiDirect, les importateurs utilisent une suite de services bancaires qui leur pourvoie un accès et un contrôle de leurs opérations de paiements à l’échelle mondiale. Ils peuvent ainsi effectuer une demande d’ouverture de crédit documentaire et de suivre toutes les étapes subséquentes jusqu’au dénouement de l’opération.

En effet, toutes les opérations initiées par les clients importateurs ou par l’intermédiaire de leur banque232 depuis la plate-forme électronique arrivent automatiquement au centre de traitement des opérations du commerce extérieur (ou au département commerce extérieur). La notification de ces transactions aux spécialistes de ce département s’effectue en temps réel et directement à partir de leurs postes de travail. Les opérations sont mises en file d’attente pour être traitées dans les plus brefs délais. Comme nous l’illustre le cas pratique suivant

Cas pratique n°8

Contexte   : L’entreprise « ABC » dont l’importance du volume de ses transactions avait conduit à des difficultés de maîtrise et des retards pénalisant sur ses opérations de paiement international. Elle a donc décidé de recourir à la plate-forme CitiDirect.

Dans le cadre d’un contrat commercial noué avec son fournisseur « Green Energy » où la modalité de paiement choisie est le crédit documentaire, elle envoie une demande d’ouverture d’accréditif à partir de la plate-forme.

Au niveau de Citibank la procédure de traitement de la requête émanant de l’entreprise ABC n’est que notablement différente de celle qu’on a décrite au chapitre 5 concernant le processus décisionnel d’ouverture de crédit documentaire (notamment, la vérification de la ligne de crédit). Une fois que

231 Prêt bancaire pour le financement des opérations commerciales.232 Les autres banques ont aussi la possibilité d’utiliser la plate-forme CitiDirect pour diverses transactions (par exemple,

envoyer des instructions d’ouverture de crédit documentaire pour le compte de leurs clients).

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cette demande est approuvée, l’entreprise en est informée. Elle remplit par la suite la lettre d’instructions disponible sur la plate-forme et l’autorise à la fin pour qu’elle soit envoyée pour traitement aux spécialistes du département commerce extérieur. À la réception électronique de la lettre, les spécialistes vérifient avec toute la diligence requise son contenu avant l’émission du crédit documentaire.

L’entreprise « Green Energy », bénéficiaire du crédit peut être notifiée par une banque notificatrice, par CitiDirect, si toutefois, elle est aussi utilisatrice de cette plate-forme ou par une voie qu’elle aura déjà choisie. On peut schématiquement représenter ce processus selon le schéma suivant.

Figure 57 : Processus d'émission de lettre de crédit sur CitiDirect

Plate- formeCitiDirect

Acheteur

Vendeur

Citibank

Centre de traitement des

opérations

Fax / Telex

Mail/ Courrier

2ndeBanque notificatrice

Utilisateur CitiDirect

Utilisateur défini

Tiers Fournisseur

1. Le client importateur initie une demande d’ouverture de lettre de crédit (directement) sur la plate-forme ou (indirectement) par l’entremise de sa banque ;

2. Sa banque envoie, le cas échéant, les instructions à la Citibank via CitiDirect ;

3. Les instructions sont traitées dans l’un des centres mondiaux de traitement automatisés ;

4. La branche de Citibank notifie la lettre de crédit au bénéficiaire à travers des canaux divers incluant CitiDirect, fax/telex, e-mail/courrier, tiers fournisseur de service, etc. ;

5. L’exportateur reçoit la notification de la lettre de crédit émise en sa faveur.

Ce processus décrit ci-haut engendre des gains de temps substantiels pour toutes les parties impliquées (la banque, l’importateur et l’exportateur) par rapport à la voie classique d’ouverture et de notification des crédits documentaires.

Pour les amendements contingents après l’ouverture du crédit, l’entreprise ABC suit une procédure tout à fait simple puisqu’elle ne fera que remplir sur son interface utilisateur de CitiDirect les textes

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d’amendements. Ceux-ci sont reçus et traités par les spécialistes qui les transmettent automatiquement par l’un des canaux choisis.

Lorsque les documents sont envoyés par l’exportateur par le biais d’une branche étrangère de Citibank, ils sont scannés par ladite branche. Cette action rend possible le visionnage des documents par l’entreprise ABC à partir de la plate-forme CitiDirect avant qu’ils ne soient réceptionnés par la Citibank locale. Pour ce faire, elle utilise le numéro de référence de la transaction. Dans ce cas, l’entreprise ABC peut même vérifier les documents et signaler à son fournisseur et aux spécialistes de la Citibank des cas d’irrégularités relevés sur les documents à recevoir et s’activent promptement à leur résolution.

Elle a aussi la possibilité de suivre les documents si la banque notificatrice les a envoyés par courrier express (DHL ou UPS).

Pour le paiement, l’entreprise ABC peut autoriser le paiement en envoyant un P.O (Payment Order ou Ordre de paiement), demander la confirmation du crédit par une autre banque depuis la plate-forme ou bien programmer la date de paiement du crédit documentaire.

Dans le schéma ci-dessous est décrite toute la séquence de déroulement.

Figure 58 : Le déroulement du crédit documentaire sur CitiDirect

VendeurAcheteur

Citibank émettrice

CitiDirect

Online Banking

1

Expédition de la M/ se

5

4

Remise des documents

6

Citibank notificatriceEnvoi des

documents

Remise des documents

après vérification

3

8

9

Voie électronique

Voie physique

Légende

Ce schéma montre que le processus lié à l’opération de paiement est quasi-dématérialisé avec l’utilisation de la plate-forme. Ici, beaucoup d’étapes sont presque concomitantes car les phases de traitement électronique sont courtes et la livraison des flux d’information (notications, statuts…) automatisable ; ce qui réduit à la fin le temps de réalisation du crédit. Toutefois, l’exception qui fait que cette opération de paiement n’est que partiellement dématérialisée est l’envoi des documents de la

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marchandise par courrier (support en papier expédié par une société postale). La possibilité de les transférer électroniquement dépend des pays de l’acheteur et du vendeur, à savoir s’ils disposent oui ou non d’une plate-forme EDI (guichet virtuel unique, par exemple) dématérialisant leurs documents de commerce extérieur233 et s’ils sont connectés à un niveau régional ou international (par l’intermédiaire de Bolero ou de Tradecard, par exemple). Néanmoins, il est évident que la difficulté de réunir l’ensemble de ces conditions induit des problèmes auxquels se bute la dématérialisation entière du processus les opérations de paiement liées aux transactions internationales.

En revenant da le cas, l’entreprise ABC pourrait de plus solliciter du financement (préfinancement import, avance en devises, escompte fournisseur…) motivée par cette transaction à partir de CitiDirect. Elle pourrait aussi gérer son risque de change en employant les services de gestion de la trésorerie de la banque sur la plate-forme.

Enfin de compte, ce processus de paiement par crédit documentaire, bien qu’il ne soit qu’à un niveau de dématérialisation incomplet, génère :

des économies : de temps (les déplacements sont évités) et de coût (la non utilisation du papier dans certains cas, les économies d’échelle de la banque234 réduisent en principe les frais et commissions à payer) ;

de la sécurité (des cas de fraude peuvent être évités) ; et de l’efficience (processus rationnalisé pour l’entreprise et pour la banque, visibilité et suivi

permanent possible, reporting automatisé grâce à l’information disponible en temps réel).

Ces avantages sont autant importants dans les opérations d’importation que dans les opérations d’exportation.

C. La gestion des opérations d’exportation sur la plate-forme électronique

À l’export, les entreprises utilisatrices de CitiDirect ont des possibilités diverses que nous avons partiellement énumérées plus haut. Que ce soit du paiement sur compte ouvert, par encaissement documentaire ou par crédit documentaire, les procédures sont suivies avec célérité.

À l’inverse des opérations traitées à l’import, les spécialistes du commerce extérieur de Citibank gèrent les transactions qui transitent par la CitiDirect pour le compte de clients exportateurs. Ces derniers peuvent intégrer la gestion de chaîne de logistique financière : gérer les paiements et les encaissements sur la plate-forme et solliciter des services de financements sur la base de factures émises, d’escomptes, etc…

Nous allons voir à travers le cas pratique suivant un paiement sur compte ouvert assorti de solution de gestion de chaîne de logistique financière.

Cas pratique n° 9

233 Il existe entre des pays (la Corée du Sud et la Malaisie, par exemple) dotés de ces plateformes auxquelles sont connectées celles des banques (comme la CitiDirect), la possibilité de réaliser l’opération de paiement dans un cadre entièrement dématérialisé (tous les documents de la transaction sont présentés électroniquement, sans la moindre utilisation du papier).

234 Les banques centralisent la plupart des services back-office au plan géographique (dans de grands centres de traitement localisés dans les quatre coins du globe) ou mettent en commun des services entre plusieurs acteurs, ou encore recourent à l’outsourcing de back-office. Ce faisant, elles considèrent des stratégies opérationnelles qui rationnalisent les coûts de traitement de leurs opérations.

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Contexte   : La même entreprise ABC vend des batteries électriques à son client Abarth. En raison de leur relation commerciale irréprochable, toutes leurs transactions sont réglées sur compte ouvert.

Pour une gestion optimale de leur trésorerie, les deux partenaires commerciaux ont longtemps convoité des solutions de rapidité, de visibilité accrue et de contrôle de ses opérations internationales de paiement et d’encaissement. Ayant su que la mis en place d’une solution de gestion de chaîne logistique financière leur aurait permis d’atteindre leur objectif, elles ont eu recours à la Citibank et sa plate-forme Citidirect.

À cet égard, le paiement de l’opération d’exportation conclue avec Abarth se fera par l’intermédiaire de la CitiDirect.

Classiquement, le paiement sur compte ouvert ne suppose qu’une intervention minimale de Citibank dans le processus. Mais avec la solution de gestion de chaîne de logistique financière, la banque se trouve au cœur du processus puisque les documents de la transaction transitent par la plate-forme. Ainsi, la disponibilité d’informations de statut qui sont mises à jour à chaque étape de la transaction donne une visibilité constante sur toute la chaîne et permet aux spécialistes d’agir avec rapidité en même temps de répondre efficacement aux attentes du client (exportateur). Aussi, la dimension risque (opérationnel et de crédit si la banque consent un financement) est mieux maîtrisée par la banque235.

Dans le cas de cette transaction, l’entreprise Abarth envoie un bon de commande à son fournisseur ABC. Cette dernière lui envoie les marchandises et fait télécharger les documents relatifs sur la plateforme CitiDirect. L’entreprise Abarth reçoit une notification automatique de cet évènement sur espace CitiDirect. Elle peut les imprimer les documents et émettre un l’ordre de paiement électronique. La Citibank étrangère (banque de l’acheteur Abarth) reçoit le P.O (Ordre de Paiement) et constate de visu les documents de la transaction envoyés sur la plate-forme ; ils entreprennent l’opération de paiement en débitant le compte de leur client Abarth.

Les spécialistes du commerce extérieur de la Citibank locale reçoivent de leur côté l’avis de paiement et mettent à jour l’information sur la plate-forme pour le compte d’ABC. Il faut comprendre que cette opération se fait même temps que les spécialistes traitent les opérations sur les applications qu’ils utilisent. Il y’a une interopérabilité entre la plate-forme et ces applications, dès qu’une opération est enregistrée (paiement, encaissement, émission de crédit documentaire…) les informations sont transmises automatiquement mises à jour sur la plate-forme.

Schématiquement, les différentes étapes qui décrivent le déroulement du processus sont comme suit :

Figure 59 : Processus de paiement sur compte ouvert avec SCF236

235 La banque peut offrir des services de financement sur la base d’éléments probants (les documents qui transitent sur la plate-forme prouvent que les bases de la transaction sont réelles). En plus, la banque dispose en temps réel des informations pertinentes sur l’état de la transaction au même titre que le vendeur et l’acheteur. Par conséquent, les risques (sur le paiement et le financement) sont très perceptibles et la banque agira en toute connaissance de cause.

236 SCF (Supply Chain Finance) : Chaîne de Logistique Financière, en français.

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Émission du bon de commande (au Vendeur & à la Banque)

VendeurAcheteur

Citibank

CitiDirect

1

2Livraison des M/ se & Présentation des

documents

5 Citibank notifie l’acceptation

4

L’acheteur accepte

3Citibank vérifie les

documents et notifie l’acheteur

6 Vendeur demande un paiement rapide

7 Citibank débite l’acheteur à l’échéance

1. L’exportateur envoie un ordre d’achat au fournisseur et notifie Citibank ;

2. L’exportateur envoie les marchandises et présentent les documents à la Citibank ;

3. La Citibank notifie l’exportateur de la réception des documents après les avoir vérifiés, via la plate-forme CitiDirect ;

4. L’importateur approuve ou rejette les documents ;

5. Citibank notifie l’exportateur de l’acceptation de son client ;

6. L’exportateur demande un paiement dans la plus brève échéance ;

7. Citibank débite le compte de l’importateur à la date de paiement.

Remarque : s’il s’agissait d’un crédit documentaire, l’exportateur pourrait négocier la lettre de crédit, la transférer ou en demander la confirmation à la Citibank locale. Toutes ces requêtes sont réalisables depuis la plate-forme. En plus, sur la base de la facture le financement de l’opération d’exportation peut être approuvé à la demande de l’exportateur via la plate-forme.

En gros, voilà quelques formules de dématérialisation des opérations de paiement internationales que permet une plate-forme électronique bancaire telle que la CitiDirect. Mais pour que cette plate-forme puisse déployer toutes ses fonctionnalités de dématérialisation des procédures de paiement, il faut qu’elle soit reliée à une plate-forme virtuelle unique d’échange de données informatisées pour les documents du commerce extérieur. De ce fait, la dématérialiseation de l’ensemble du processus de paiement est possible. Avec la généralisation de ces plateformes EDI au niveau international, le Maroc a entrepris un projet de mise en place d’un guichet virtuel unique. Dans la section qui suit, nous allons voir les tenants et les aboutissants de ce projet.

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Section 2 : La dématérialisation des opérations du commerce extérieur au Maroc

La nécessité de dématérialiser les opérations du commerce extérieur a été ressentie au Maroc à la veille du troisième millénaire. Elle s’est ainsi traduite par la mise en œuvre d’une série de projets voués à la simplification des formalités du commerce extérieur, à l’informatisation des principaux intervenants dans le processus et à la normalisation des documents commerciaux237.

Ainsi, dans le cadre des travaux du Conseil National du Commerce Extérieur (CNCE), les opérateurs publics et privés de la communauté portuaire et aéroportuaire de Casablanca ont réalisé, en 2000, un projet pilote d’échange informatisé de données portant sur les manifestes maritimes et aériens, l’avis de trafic, la demande d’attribution de poste et la liste des marchandises dangereuses. Ce projet, avait comme principal objectif de substituer l’échange sur support papier des documents susmentionnés par un échange électronique direct entre les systèmes d’information des membres de la communauté portuaire. Le succès retentissant de ce projet238, a incité davantage le CNCE à généraliser ce projet pilote à tous les opérateurs du commerce extérieur par la mise en place d’un guichet unique virtuel des formalités du commerce extérieur.

Dans cette optique, le Conseil National du Commerce Extérieur (CNCE) a entrepris des travaux consignés dans un document publié en 2006 et intitulé : « Projet du plan national de simplification des projet procédures et de généralisation de l’EDI aux opérateurs et opérations du commerce extérieur ». Ce document fait une analyse des procédures (par activités, par type d’opérateurs…) et des flux documentaires (par opérateurs émetteurs et récepteurs) pour déboucher sur l’élaboration d’une cartographie détaillée des procédures en vigueur à l’importation et à l’exportation et une analyse des dysfonctionnements dans les procédures et des contraintes règlementaires. Par la suite, il enchaîne avec la description et le diagnostic des systèmes d’information des opérateurs ainsi que les flux documentaires entre eux avant de décliner les plans d’action pour la dématérialisation. Enfin, le document préconise que la mise en œuvre du projet soit confiée à un opérateur privé subséquemment à un appel de manifestation d’intérêt et propose des scénarii de solutions de dématérialisation des processus d’importation, d’exportation et de paiement basées sur deux concepts techniques différents dont :

Une solution de plate-forme de type EDI ; Une solution de type workflow.

Cependant, la mise en œuvre de cette recommandation s’est heurtée à des obstacles, durant plusieurs années, d’une part à l’ampleur du projet qui nécessite la mobilisation de moyens humains et financiers considérables et d’autre part au problème de maturité des opérateurs pour migrer vers un service de réseau à valeur ajoutée nécessaire à tout projet EDI239.

A. Les solutions techniques de dématérialisation

237 A.D.I.I 238 La réussite de ce projet a permis à la communauté portuaire et aéroportuaire de réaliser des réductions substantielles des

coûts d’opérations liés à la circulation et au traitement de ces documents.239 Document CNCE : « Projet du plan national de simplification des projet procédures et de généralisation de l’EDI aux

opérateurs et opérations du commerce extérieur », 2006.

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Le projet de dématérialisation des procédures du commerce extérieur s’inscrit dans une tendance mondiale d’implémentation de plateformes dématérialisées sous la déclinaison de guichet unique dans plusieurs pays développés et plus particulièrement dans les pays en développement240.

Ces dernières années, le guichet unique s’est imposé comme un moyen de fluidifier les échanges commerciaux entre les pays en vue de rendre plus efficace l’échange des informations. Les pays qui ont mis en place des solutions de type guichet unique ont connu des succès réel en matière d’accroissement de leurs échanges.

En se référant à ces pays, l’étude du CNCE a retenu deux scénarii dans la mise en œuvre technique du projet de guichet unique virtuel en exhortant la solution de type EDI et la solution de type workflow.

Le premier mode a été retenu, par le Maroc, comme solution lors de la réalisation du projet pilote de l’EDI portuaire et aéroportuaire.

Le second présente l’avantage supplémentaire d’attribuer des statuts aux marchandises et permet ainsi de se doter de moyens informationnels à même de contribuer à l’optimisation de toute la chaîne logistique du commerce extérieur.

1. La solution de plate-forme EDI

Une plate-forme EDI permet à des systèmes d’information hétérogènes d’échanger des données structurées suivant des formats prédéfinis et communique les informations reçues à toutes les parties concernées tout en attribuant des statuts aux messages reçus et transmis. Cette solution permet de relier les partenaires entre eux par des interfaces EDI, sans tenir compte des processus logistiques. Il s’agit de solutions reliant un partenaire au système de facilitation du commerce extérieur ;

L’exploitation de ce type de plate-forme s’inscrit dans une démarche de dématérialisation de flux documentaires dans le but de faciliter, de fiabiliser et d’accélérer le traitement de l’information.

La fonction principale d’une plate-forme EDI est donc de traduire les formats des messages. Les traductions peuvent s’effectuer d’une norme syntaxique vers une autre norme ou vers un format propriétaire.

La conversion qui permet de transformer le format des fichiers se différencie de la traduction. Elle offre la possibilité par exemple de convertir un fichier XML en fichier au format PDF ou XLS. Cette fonctionnalité est assurée par des processeurs intégrés à la plate-forme.

Figure 60 : Schématisation des interfaces de communication de la plate-forme EDI

240 Il très intéressant de noter que les mécanismes de “guichet unique” semblent mieux avancés dans un certain nombre de pays en développement qu’à l’intérieur des pays développés. Certaines administrations ont avancé l’hypothèse que cette situation est due au fait qu’il est plus difficile de remanier des systèmes existants qui marchent bien afin de les transformer en mécanismes intégrés, que d’établir de tels mécanismes en partant de zéro. Voir le rapport de l’ECODES : « Étude Diagnostique du Commerce Extérieur au Maroc », 2005, p.80.

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Système d’information d’entreprise

Plate-forme EDI

Firewall

2. Solution workflow

Une solution Workflow qui fonctionne sous forme d’un système d’information communiquant les informations reçues à toutes les parties concernées et attribue des statuts à la marchandise au niveau de tous les processus logistiques. Cette solution rajoute une dimension transverse à la solution EDI. En effet, elle consiste à suivre la chronologie de la chaîne du cycle logistique des opérations.

Le workflow est composé d’une application de type web et d’une plate-forme EDI. L’association de ces deux systèmes permet l’intégration de l’ensemble des règles métiers toute en constituant un moyen qui centralise dans une base de données les informations essentielles à la gestion du Workflow.

Par rapport au scénario 1, le scénario 2 Workflow ajoute une dimension transversale à la circulation de l’information entre les systèmes d’information des opérateurs. La solution présentée dans le scénario 1 se concentre en effet essentiellement sur une implémentation verticale des flux de données.

Le Workflow pilote l’exécution du processus à travers la gestion des documents, des informations et des tâches impliquant successivement des intervenants appartenant à un groupe de travail, et ce en conformité avec un ensemble de règles métier prédéfinies auparavant.

Les bénéfices issus de la mise en place d’une application Workflow peuvent être réalisés en rationalisant les procédés opérationnels pour maximiser leur efficience et en automatisant les processus, autant que faire ce peut.

Globalement, une application de workflow présente les avantages suivants :

Amélioration des processus ; Association rôles / tâches ; Fluidité des traitements ; Amélioration du travail de groupe ; Suivi de l’exécution des processus ; Accélération des procédures administratives ; Visualisation des transferts de responsabilité entre les acteurs.

Figure 61 : Schématisation du mode de communication du Workflow

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Système d’information d’entreprise

Plate-forme EDI Web application

BDD

Firewall Firewall

Concernant les banques,

En tout cas, dans les deux solutions, la sécurisation intègre un mode d’accès indifféremment assuré par :

L’authentification forte de l’utilisateur (PKI), Le cryptage des données (SSL241)

La mise en place d’un système d’information procure des avantages organisationnels, économiques et stratégiques aux opérateurs et aux autorités administratives (douanes, police des frontières, autorité de contrôle, autorités portuaires ou aéroportuaires).

Comme le montre le tableau ci-dessus, près d’une vingtaine d’avantages sont à mettre au profit des guichets uniques virtuels. Ils sont d’ordre organisationnel, économique et stratégique et concernent tant les opérateurs privés que les administrations publiques.

Avantages Opérateurs privés Administrations publiques

Organisationnels

[1]. Diminution des erreurs de saisie ;

[2]. Dématérialisation des documents ;

[3]. Meilleure qualité de service ;

[4]. Anticipation des opérations ;

[5]. Gestion et suivi des opérations.

[1]. Augmentation de la transparence des opérations,

[2]. Amélioration des relations avec les opérateurs,

[3]. Mise sous surveillance des marchandises

Économiques [6]. Réduction des coûts administratifs ;

[7]. Augmentation de la productivité grâce à la rapidité du traitement et à la haute vitesse de circulation de l’information ;

[8]. Amélioration du passage portuaire et aéroportuaire des marchandises ;

[4]. Sécurité et confidentialité ;

[5]. Réduction des coûts administratifs ;

[6]. Sécurisation des recettes (droits, taxes, droits de port) ;

[7]. Accélération des flux financiers.

241 Secure Sockets Layer : un protocole de cryptage qui implique que les données transmises entre le serveur et le client (ordinateur) soient cryptées au moyen d’une clé unique lors de leur transmission sur les réseaux

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[9]. Amélioration des délais de séjour des marchandises.

Stratégiques

[10]. Amélioration de l’attractivité de la place grâce à des coûts réduits et une fiabilité améliorée.

[8]. Amélioration et coordination des contrôles ;

[9]. Renforcement de la sécurité et de la sûreté aux frontières.

 

Nonobstant l’importance de ces avantages au niveau économique, organisationnel et stratégique, la prédisposition des acteurs à mettre à niveau leur système d’information et el rendre compatible avec une infrastructure de dématérialisation se fait toujours attendre. Cela fait partie d’une liste bien considérée de dysfonctionnements et de goulets d’étranglement qui ont plus ou moins enlisé l’avancement du projet.

B. Analyse des dysfonctionnements et des goulots d’étranglement au Maroc

La mission de dématérialisation des procédures du commerce extérieur au Maroc par l’instauration d’un guichet unique virtuel, devrait passer impérativement par une évaluation du processus aux niveaux des :

Circuit bancaire242 ; Circuit avant expédition et réception des marchandises ; Circuit de transit portuaire et aéroportuaire ; Circuit administratif et des procédures douanières ; Circuit de contrôle de la qualité et autres contrôles éventuellement.

C’est pourquoi, dans l’étude du CNCE, cette évaluation a été effectuée, de façon transversale en vue d’analyser les interdépendances des circuits de transmission des documents et de pouvoir ressortir les zones de rupture qui constituent une source de perte d’efficacité en matière d’échanges de documents. Par ailleurs, l’évaluation a permis d’identifier les entraves juridiques et réglementaires au processus de simplification des procédures et de dématérialisation documentaire.

1. Les dysfonctionnements

Ainsi, pour ne pas trop alourdir ce travail, nous allons seulement nous concentrés sur les dysfonctionnements notés sur le circuit de paiement. Dans ce cadre, le constat a été très révélateur puisqu’il a souligné différentes anomalies dont la plus éminente tient à l’absence d’implication du circuit de paiement dans l’environnement général des opérations du commerce extérieur.

En outre, d’autres anomalies sont évoquées :

242 Pour le circuit bancaire, le processus se résume comme suit : il commence avec la saisie du titre d’importation par l’importateur qui l’envoie électroniquement à sa banque via le système communautaire. Ce titre reçoit le visa du Ministère du commerce extérieur et puis est domicilié par la banque. Il est visualisé par la douane et l’Office des changes pour leurs besoins de contrôle. Après réception du titre et de la déclaration en douane, ledit titre sera imputé par les services douaniers et apuré par la banque.

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Au niveau géographique, toutes les banques ne disposent pas nécessairement de guichets sur les lieux mêmes des opérations, ceci entraînant des déplacements importants, soit en nombre, soit en distance, et autant de délais préjudiciables pour l'opération.

Le défaut de sensibilisation des acteurs de ce circuit aux contraintes spécifiques des activités du commerce extérieur.

Le manque d’informations en matière de règles et usances relatives au commerce extérieur conduit e les acteurs à ne pas pouvoir exercer un niveau de contrôle suffisant, provoquant des dossiers incomplets. La nécessité d'opérer des compléments de dossier à pour conséquence l'extension des délais.

Les acteurs de ce circuit présentent un niveau d'exigence très élevé en termes de vérification des signatures habilitées, exigence fréquemment à l'origine de goulots d'étranglement au sein des entités signataires243.

Il est à noter que ces dysfonctionnements sont sources d’entraves importantes récapitulées dans l’annexe 13.

2. Les contraintes règlementaires

En ce qui concerne les contraintes règlementaires à la dématérialisation, elles sont répertoriées en différents points qui touchaient la fiscalité, la valeur juridique spécifique des documents à dématérialiser et de la signature électronique.

En premier lieu, le mode particulier de paiement des taxes par voie de timbre a posé des problèmes aux documents pour lesquels l’acquittement de cette forme de fiscalité est obligatoire. Mais l’exemple des effets de commerce dont la compensation a été dématérialisée a montré que cet obstacle était tout à fait franchissable244.

En deuxième lieu, la notion de responsabilité juridique et son transfert rendait difficile la dématérialisation de certains documents. Les documents en cause étaient essentiellement les titres d'importation et d'exportation ainsi que les certificats phytosanitaires et de contrôle qualité. Le code du commerce stipule que ces documents incorporent le droit de propriété sur les marchandises. Il en résulte que le détenteur du document papier, se trouve, par l'effet de la seule possession du titre papier, propriétaire des marchandises.

Tout au long du processus d'importation ou d'exportation, la propriété de la marchandise circule d'acteur en acteur, en exacte synchronisation avec la circulation du titre. Cette notion est très importante d'un point de vue de la répartition des responsabilités tout au long du processus.

En effet, la responsabilité étant le corollaire de la propriété, à tout moment, la responsabilité des marchandises doit être recherchée auprès du détenteur du titre. Ce régime de responsabilité présente l'avantage supplémentaire de ne comporter aucune difficulté de preuve.

Un tel régime juridique ne pourrait supporter la dématérialisation du document dans lequel les droits de propriété de la marchandise sont incorporés. En effet, d'un point de vue juridique, la notion de " détention d'un document " ne peut accepter de définition abstraite.

243 La préconisation qui découle de ce dysfonctionnement consiste, pour ces entités signataires, à étendre les délégations de signature afin d'éviter les goulots d'étranglement.

244 Les effets de commerce sont des documents sur lesquels doivent figurer des timbres fiscaux  ; mais avec la télécompensation, leurs émetteurs ont la possibilité de ne pas y opposer ces dits timbres en réglant directement les frais y relatifs auprès de leur banque qui s’occupera du règlement en fin de mois avec l’Administration des Impôts.

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La dématérialisation des titres d'importation et d'exportation et des certificats phytosanitaires et de contrôle qualité resterait ainsi inenvisageable tant que les autorités compétentes n'auraient pas organisé un régime de transfert de responsabilité tout au long des processus du commerce extérieur, détachée du titre papier incorporant le droit de propriété sur la marchandise.

En troisième et dernier lieu, la dernière contrainte relevée était encore juridique et touchait à la valeur de la signature électronique. Le droit reconnaît aujourd'hui la valeur juridique de la signature électronique avec la promulgation de la loi n° 53-05 relative à l'échange électronique de données juridiques245.

Ceci dit que, depuis un certain temps, les plans d’action coordonnés et orientés dans le sens de lever les contraintes ont permis de connaître des avancements significatifs pour la dématérialisation des la chaîne du commerce extérieur au Maroc.

Certes, la concrétisation de projet passe par une volonté ambiante mais aussi par une lecture des enseignements tirés sur l’international en matière de projet d’EDI national ou supranational. Comme les freins pour la généralisation de d’utilisation des applications type « guichet unique » connus en Europe : un coût de mise en place excessif, spécialement pour les petits opérateurs ; une politique tarifaire mal adaptée ; une résistance culturelle et sociologique. Sans oublier d’autres raisons qui, souvent, ne sont pas mentionnées ouvertement, comme la peur à une transparence accrue des responsabilités de chacun246.

En fin de ce chapitre, nous concluons que la dématérialisation des opérations de paiement bancaire relatives aux transactions internationales est une tendance qui a tout pour s’imposer compte tenu des avantages qu’elle procure. Les banques l’ayant compris, comme la Citibank, n’ont pas lésiné sur les investissements en technologie nécessaire pour mettre en œuvre des plateformes de banque électronique. Même si les moyens financiers et humains requis sont considérables, le retour sur investissement est conséquent car les banque peuvent générer des gains de productivité avec le passage sans rupture de chaîne, en mode Straight Through Processing (STP), du traitement.

En revanche, la complétude des plateformes de banque électronique est subordonnée à l’existence d’une plate-forme EDI, regroupant tous les acteurs du commerce international, à laquelle elles doivent être connectées. Ce type de plate-forme dans l’air du temps est un projet au Maroc.

Comme tout projet révolutionnaire, celui-ci ne manque pas à se buter à des obstacles que seule la volonté manifeste des opérateurs de les surpasser permettra, au demeurant, de le faire aboutir.

245 Cette loi promulguée le 30 novembre 2007, fixe le régime applicable aux données juridiques échangées par voie électronique et à la signature électronique. Elle détermine également le cadre juridique applicable aux opérations effectuées par les prestataires de service de certification électronique, ainsi que les règles à respect par ces derniers et les titulaires des certificats électroniques délivrés.

246 Rapport ECODES Consortium : « Étude Diagnostique du Commerce Extérieur au Maroc », commandé par la Commission Européenne, 2005, p.95.

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Conclusion générale

S’il est évident que le fort dynamisme du commerce international a crée de nouvelles opportunités aux importateurs et aux exportateurs, alors il a aussi crée autant de défis et de risques qu’ils leur incombent de bien faire face. Nous avons vu que les processus du commerce international sont, généralement, complexes au vu de l’importance des formalités à remplir et des documents à produire par les très nombreux intervenants dans la chaîne opérationnelle. La maîtrise de la complexité des processus et plus spécifiquement celui relatif au paiement devient une fin en soi pour les opérateurs surtout lorsqu’elle se présente comme un levier de gestion des risques consubstantiels, d’annihilation des coûts superflus et d’optimisation des ressources. La réalisation d’un tel objectif devient alors l’affaire des banques. Pour cette raison et dans le cadre de notre stage à la Citi Morocco, il était opportun de poser la question, à savoir : quel rôle peut jouer un établissement comme la Citibank pour accompagner de manière efficiente les importateurs et exportateurs dans le processus de paiement et dans le financement de leurs opérations à l’international ?

La réponse à cette question nous a amené à concilier, dans ce travail, les concepts théoriques avec la pratique des opérations bancaires de paiement à l’international. Toute la diligence a été prise, de notre part, pour que ce travail soit le plus analytique et le plus éclectique possible. Au fond, il s’agit de mener une réflexion approfondie sur les nombreuses questions qui interpellent les banquiers. Pour ce faire, nous avons traité au premier abord de ce travail, des éléments théoriques essentiels à la pratique du paiement international. En premier lieu, il a paru essentiel de faire l’évaluation et la proposition de d’instruments de gestion des risques encourus par une banque dans le cadre des opérations de paiement international (le risque pays, risque de crédit…). Cette démarche substantielle implique le recours à des techniques de transfert de risques parfois très sophistiquées qu’il importe de bien connaître. En plus, ce à quoi le défaut de connaissance peut être périlleux pou une banque est constitué par la réglementation des changes de son pays et aussi par les éléments constitutifs des transactions internationales (les documents, les incoterms et les termes de paiement).

Ce passage obligé, nous a préparé à mieux appréhender la phase de présentation des instruments et des techniques de paiement à l’international mis par les banques au service des importateurs et des exportateurs. Parmi ces techniques, le crédit documentaire occupe une bonne place. En dépit de son utilisation relative dans les transactions internationales, justifiée par son formalisme rigoriste et son coût élevé, il reste toujours un instrument de paiement et de sécurité très prisé par les vendeurs. Quid des acheteurs qui cherchent eux aussi un niveau de protection qui sied à leurs opérations ? À cette question, nous avons jugé d’approprié d’examiner les outils de sécurisation usuels que leur proposent les banques telles que les lettres de crédit-stand by, les garanties bancaires et les cautions.

En revanche, le souci des opérateurs du commerce international n’est pas seulement d’être pourvus par la banque de modalités de paiement adéquates mais aussi d’être financièrement accompagnés par celle-ci dans la mesure où le besoin de financement est plus pressant lorsqu’une entreprise s’engage dans des activités d’importation ou d’exportation. Dans cette optique, plusieurs formules de financement sont développées par la banque afin de pouvoir apporter des réponses paramétrées, c'est-à-dire ajustées en fonction des situations et des besoins exprimés.

À partir de là, nous avons entrepris une étude sur la simplification et la dématérialisation des opérations de paiement international. En se basant sur des pistes de recherches qui, malgré tout sont encore peu explorées, nous avons constaté, à l’heure où la technologie autorise l’automatisation de tout processus, que les procédures d’importation et d’exportation souffrent encore, du traitement manuel et de l’utilisation importante et très couteuse du papier. Pourtant, il existe des solutions de

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dématérialisation des processus du commerce international à travers la mise place de plateformes d’EDI. Les institutions de régulation internationales ont toutes encouragé les initiatives en ce sens. Les sociétés comme Swift ont développé des solutions très innovatrices et le Bolero project a vu le jour nonobstant que son succès se fasse toujours attendre. Quant aux banques, elles ont misé sur des plateformes de banque électronique pour dématérialiser le processus de paiement et y proposer de larges gammes de services. Il en demeure que cette solution ne peut voir éclore toute ses potentialités si elle fonctionne en mode autonome, autrement dit qu’elle doit être supportée (connectée) par une infrastructure (guichet unique virtuel) qui réunit tous les acteurs intervenants à différents niveaux dans les activités d’importation et d’exportation (Douanes, Transitaires, Transporteurs, Banques, Importateurs, Exportateurs, etc.). Même si des pays, ont déjà éprouvé ces plateformes et commencent à en tirer des bénéfices, la dématérialisation se bute toujours à des contraintes qui empêchent jusqu’à présent sa généralisation. Mais de toute façon, elle a incité les banques à réinventer leur relation avec les clients grâce au tout nouveau modèle encore très méconnu appelé la chaîne de logistique financière. Vu par les banques comme une niche porteuse et par les entreprises comme un moyen d’accroître leur performance en canalisant l’ensemble de leurs flux financiers entrants et sortants. De ce fait, on suppose que son utilisation va s’étendre d’ici quelques années.

À la lumière des éléments théoriques déjà étudiés et de l’application que nous en avons faite durant notre stage au sein du département commerce extérieur de la Citi Morocco, nous sommes allés en deuxième lieu, puisé sur notre expérience pratique des techniques de paiement et de garantie à l’international. Ainsi, nous avons fait un descriptif détaillé des procédures de gestion de l’encaissement et du crédit documentaire à l’import comme à l’export mais aussi des engagements par signature comme la lettre de crédit stand-by, la garantie à première demande et le cautionnement bancaire. À la fin, nous avons ajouté la gestion des effets de change pour le compte des clients de Citi Morocco jusqu’à leur télécompensation sur le réseau SIMT (Système Interbancaire Marocain de Télécompensation).

Comment ces techniques peuvent être appliquées dans un cadre dématérialisé impliquant l’utilisation de la plate-forme de banque électronique de Citibank, nommée CitiDirect ? Tel a été l’objet du dernier pan de ce travail. En s’appuyant sur des cas pratiques, nous avons illustré les possibilités de gestion de chaîne de logistique financière et d’utilisation du crédit documentaire à vocation électronique. En outre, depuis que le Maroc a visé la mise en place d’une plate-forme unique de dématérialisation du commerce extérieur, pour des raisons évoquées, ce projet tarde toujours à être concrétisé.

Ce travail qui ne prétendrait jamais être exhaustif, se veut être à la fois une ouverture sur le débat de la dématérialisation et une inspiration pour les entreprises qui cherchent à optimiser leurs processus à l’international. Compte tenu que cette solution est à ses prémices, la recherche ne s’est pas encore très intéressée sur le sujet et à l’avenant les écrits n’ont pas encore trop versé là-dessus. Au demeurant, ce travail perfectible aurait été consolidé par une utilisation de ressources informatives de la banque. Mais comme il est évident que la confidentialité relève de la déontologie, l’accès aux informations est strictement restreint afin que des données sensibles ou stratégiques ne soient point divulguées.

En revanche, ce stage nous a pleinement immergés dans le cadre opérationnel de gestion des paiements et des garanties bancaires à l’international. À l’occasion, nous avons acquis un savoir-faire qui nous permet, en tout, de perfectionner des procédures de traitment. Dans ce cadre, nos connaissances en informatique nous ont été précieuses puisqu’en en faisant usage, nous avons pu élaborer un petit programme afin de réduire la redondance dans le traitement de certaines opérations.

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Enfin, nous ne saurons terminer sans préciser que la plate-forme de banque électronique de Citibank est un bel exemple pour les autres banques marocaines qui peuvent collaborer avec cet établissement. Les effets de synergie qui y découleront, seront bénéfiques aux opérateurs marocains qui ont réellement besoin de ce genre d’infrastructure technologique pour tirer leur épingle du jeu dans le commerce international. Il faut qu’ils soient conscients de l’ouverture des marchés et qu’ils apprennent à s’adapter, dès au aujourd’hui, aux tendances qui esquissent l’avenir.

Pour cela, les études doivent être multipliées et orientées dans le sens d’expliciter les scénarios bénéfiques de la dématérialisation et les économies qu’elle prétend générer au niveau des processus du commerce extérieur.

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Glossaire

A

▪ Acceptation : Signature du tiré sur une lettre de change donnant ainsi son engagement de payer l'effet à son échéance.

▪ Acte : Écrit authentifiant une convention.

▪ Affacturage (factoring) : transfert de créances commerciales de leur titulaire à un factor, qui se charge d’en opérer le recouvrement et qui en garantit la bonne fin. Le factor peut régler par anticipation tout ou partie des créances transférées.

▪ Apparence de conformité : Dans le cadre d'un crédit documentaire, les banques sont tenues d'examiner les documents afin de s'assurer que ceux-ci présentent l'apparence de conformité avec les conditions du crédit.

▪ Appel : Demande de paiement de l'engagement, émanant du bénéficiaire et adressée à la banque émettrice.

▪ Appel abusif : Demande de paiement de l'engagement émanant du bénéficiaire alors que ce dernier n'a aucun droit à cet égard.

▪ Appel frauduleux : Demande de paiement émanant du bénéficiaire, sans droit et avec intention de nuire au donneur d'ordre.

▪ Arbitrage : procédés juriridiques pour régler les différends, éventuels, surgissant dans les contrats commerciaux, internationaux notamment.

▪ Assurance – crédit : elle permet de garantir un créancier contre les risques inhérents au commerce international (insolvabilité de l’acheteur, défaillance d’un État, actes de guerre, etc.).

▪ Avaries : Pertes ou dommages subis par la marchandise transportée.

▪ Avis de sort : Information communiquée par un banquier à son client présentateur d'un effet de commerce, précisant si ce dernier a été payé ou non.

B

▪ Banque confirmante : Banque qui, à la demande de la banque émettrice, accepte de prendre un engagement de paiement vis-à-vis du bénéficiaire d'un crédit documentaire.

▪ Banque contre-garante : Désigne la banque qui donne instruction à l'un de ses correspondants d'émettre un engagement, dont elle assume le risque final.

▪ Banque désignée/réalisatrice : Sauf s'il est stipulé dans le crédit que celui-ci est seulement réalisable auprès de la Banque émettrice, tout crédit doit désigner la banque «( Banque désignée») autorisée à payer, à contracter un engagement de paiement différé, à accepter la/(les) traite(s), ou à la/les" négocier. Si le crédit est librement négociable, toute banque est une Banque désignée.

▪ Banque émettrice : C'est la banque qui a émis le crédit documentaire" Elle a obligation de payer lorsque les documents qui lui sont présentés sont conformes aux exigences du crédit documentaire"

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▪ Banque garante de premier rang : Banque étrangère mandatée par une banque contre-garante pour émettre l'acte vis-à-vis du premier bénéficiaire. Dite de 1er rang quand elle bénéficie d'une notation internationale élevée témoignant de sa capacité à tenir ses engagements et à lever h:s 1'"IÙS suffisants pour couvrir ces engagements.

▪ Banque négociatrice : Dans le cadre d'un crédit documentaire, c'est la banque qui, ayant notamment payé, accepté ou négocié.

▪ Banque notificatrice : Banque réalisatrice à laquelle la banque émettrice demande de régler la valeur de la/des traite(s) et/ou autre(s) document(s) présenté(s) par le bénéficiaire et tirés sur cette dernière ou sur la banque réalisatrice elle-même.

▪ Banque présentatrice : Banque chargée, lors d'une opération d'encaissement (remise) documentaire, de présenter les documents au tiré en échange de son règlement ou de l’acceptation d'une traite.

▪ Banque remettante : Banque à qui, lors d'une opération d'encaissement (remise) documentaire, le bénéficiaire initial ou porteur doit remettre les documents. Celle-ci les transférera à son correspondant ou à la banque du tiré, dite banque présentatrice.

▪ Bénéficiaire : Désigne la personne ou la société en faveur de laquelle un engagement de garantie a été émis.

▪ Billet à ordre : Effet de commerce par lequel une personne (le souscripteur) s'engage à payer à une autre personne, ou à l'ordre de celle-ci, la somme indiquée, à la date fixée.

▪ Bond : Engagement émis par une compagnie d'assurance américaine ou canadienne, aux termes duquel ceux-ci assumé, au choix, une obligation de payer ou de « faire ou faire faire ».

▪ Bord (à bord) : Le connaissement « à bord» est émis lorsque lu marchandise a été chargée à bord du navire cité. Le transporteur, l'agent du transporteur, le capitaine du navire, l'agent du capitaine sont les quatre parties normalement autorisées à apporter cette annotation.

C

▪ Caduc : Est caduc, un acte juridique qu’un fait postérieur rend inefficace.

▪ Caractère accessoire : Qualifie un engagement rattaché à l'obligation valable qu'il est destiné à couvrir.

▪ Caractère subsidiaire : Qualifie un engagement qui n'est destiné qu'à suppléer un engagement principal assumé par un débiteur principal, en cas de défaillance de ce dernier.

▪ Cautionnement : Sûreté personnelle par laquelle une personne s'engage à payer au créancier la dette d'un débiteur en cas de défaillance de celui-ci.

▪ Cautionnement simple : La caution peut invoquer le bénéfice de division et/ou de discussion.

▪ Cautionnement solidaire : La caution s’engage en renonçant aux bénéfices de division et de discussion.

▪ Certificat d'inspection avant embarquement : Certificat établi par des organismes (tel que Bureau Veritas), dans le cadre de contrôle ou inspection avant embarquement (Preshipment inspection - PSI

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en anglais). Les sociétés d'inspection délivrent un certificat d'inspection ou apposent un label sur un exemplaire original de facture.

▪ Certificat d'origine : Ce certificat justifie l'origine de la marchandise. Il est visé par les chambres de commerce. Le certificat d'origine est souvent exigé à l'importation, car l'origine de certaines marchandises bénéficie d'un régime préférentiel. Le certificat d'origine est souvent exigé dans le cadre d'un crédit documentaire.

▪ Certificat de circulation de marchandises (EUR-l) : Formulaire utilisé dans les échanges entre la CEE et les pays ou groupes de pays avec lesquels ont été conclus des accords d'association qui prévoient un régime douanier préférentiel. Ce document, qui doit être visé par les services de douane du pays d'exportation et présenté à ceux du pays d'importation, a pour objet d'attester que les produits pour lesquels il a été émis sont de provenance ou originaires des pays ou groupes de pays associés à l'Union européenne ou qu'ils y sont en libre pratique.

▪ Certificat phytosanitaire : Ce certificat est délivré par un service officiel de l'agriculture qui atteste que les végétaux ou produits végétaux sont dépourvus de parasites ou de substances toxiques.

▪ Chargeur : Le chargeur ou shipper est l'expéditeur de la marchandise.

▪ Charte-partie : Document qui définit les clauses du contrat d'affrètement notamment sa nature, les caractéristiques de la cargaison, les ports de chargement et de déchargement, les délais d'immobilisation du navire dans les ports, les taux de fret applicables.

▪ Code BIC : Code permettant d’identifier une banque au niveau international. Il se trouve sur le relevé de compte. Il est nécessaire au traitement automatisé des virements européens et internationaux.

▪ Code IBAN : Code permettant d’identifier un compte bancaire au niveau international. Il se trouve sur le relevé de compte. Il est nécessaire au traitement automatisé des virements européens et internationaux.

▪ Code RIB : Code permettant en France d’identifier les coordonnées bancaires d’un client. Le RIB comporte le nom du titulaire du compte, le nom de la banque, le code établissement, le code guichet, le numéro de compte et la clé de contrôle. Désormais, y figurent également le code IBAN et le BIC. Il peut être communiqué par le client à tous ses débiteurs ou créanciers pour permettre l’enregistrement automatique des opérations (virements, prélèvements, TIP) sur son compte.

▪ Commission : Somme perçue par une banque en rémunération d’un service fourni à son client.

▪ Connaissement « à personne dénommée » : Connaissement émis au nom d'une personne précise et ne pouvant pas être transféré par endos.

▪ Connaissement direct : Le connaissement direct (aussi appelé through bill of lading) couvre le trajet entier d'une marchandise d'un bateau sur un autre ou transportée par divers moyens.

▪ Connaissement maritime : Le connaissement maritime est le titre de transport représentatif du contrat de transport et aussi de la marchandise. Le connaissement net signifie sans réserves du transporteur (clean bill of lading).

▪ Connaissement « reçu pour être chargée » (received for shipment) : Ce document atteste uniquement la prise en charge des marchandises et non leur chargement effectif à bord.

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▪ Consignataire : Intermédiaire (banque, transitaire) qui reçoit la marchandise dans le cadre de certaines opérations d'exportation, sans en devenir propriétaire, soit pour la remettre à son destinataire final en échange du règlement, soit pour la revendre dans les conditions fixées par le fournisseur.

▪ Consignee : C'est le destinataire mentionné sur un bon de livraison, souvent une banque dans le cadre d'un crédit documentaire dont les instructions indiquent « B/L to order of issuing bank ».

▪ Contre-garantie : Couverture donnée par la banque de l'exportateur à la banque locale, pour la dégager des risques que cette dernière prend en émettant l'acte en faveur du bénéficiaire.

▪ Contre-signature : Signature apposée par une banque étrangère sur l'acte de garantie émis directement par la banque de l'exportateur, elle équivaut à une émission par la banque locale.

Contrôle des changes : régime subordonnant toute opération impliquant une conversion en devises à une autorisation administrative.

▪ Correspondant : Désigne une banque étrangère avec laquelle une banque locale est en relation d'affaire. Cette relation peut impliquer l’utilisation de comptes Nostro et Vostro.

▪ Créance : Droit que l'on a d'exiger quelque chose de quelqu'un.

▪ Créancier : Titulaire de la créance, personne à qui l'on est redevable d'une obligation ou d'une somme d'argent.

▪ Crédit documentaire : Moyen et garantie de paiement ouvert en faveur de l'exportateur par la banque de l'importateur sur ordre de ce dernier. La banque s'engage à payer la marchandise contre présentation par l'exportateur de documents conformes aux termes et exigences du crédit documentaire.

▪ Crédit documentaire adossé ou « back to back » : Le bénéficiaire du crédit initial demande à son banquier d'ouvrir un crédit en faveur de son propre fournisseur; ce crédit sera alors « adossé» au premier, ouvert en sa faveur. Il s'agit ici de deux opérations distinctes.

▪ Crédit documentaire « red clause » : Il comporte une clause spéciale autorisant la banque notificatrice ou confirmatrice à effectuer une avance au bénéficiaire, contre son engagement d'effectuer l'expédition et de présenter ultérieurement les documents prévus. Cette clause, insérée à la demande du donneur d'ordre, précise le montant de l'avance autorisée.

▪ Crédit documentaire revolving : C'est un crédit documentaire dont le montant se reconstitue automatiquement après chaque utilisation par le bénéficiaire, et ce jusqu'à son échéance. Cette technique permet notamment de faire respecter une cadence de livraisons tout en assurant au bénéficiaire l'engagement irrévocable de la banque émettrice sur l'ensemble du contrat. Le crédit peut être revolving en montant et/ou en durée.

▪ Crédit documentaire transférable : C'est un crédit documentaire qui permet au bénéficiaire du crédit d'origine de demander à la banque notificatrice ou confirmatrice de le transférer, en totalité ou partie, en faveur d'un ou plusieurs seconds bénéficiaires.

▪ Crédit Acheteur : Technique de crédit à l’exportation dans laquelle le crédit, au lieu d’être consenti à l’exportateur qui accorde des délais de paiement à son client, est attribué directement à l’acheteur étranger par les banques et organismes spécialisés du pays exportateur.

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▪ Crédit Fournisseur : C’est une forme de crédit dans laquelle la banque consent à l’exportateur soit des crédits de préfinancement lui permettant de rassembler les marchandises à exporter, soit des crédits lui permettant de mobiliser, après livraison, sa créance née sur l’acheteur étranger.

D

▪ Date butoir : Date ultime d'échéance, spécifiée dans un engagement.

▪ Date de valeur : Date de référence qui sert au calcul des intérêts créditeurs ou débiteurs. La date de valeur peut être négociée.

▪ Débiteur principal : Personne tenue d'exécuter l'obligation à sa charge.

▪ Délai limite de présentation : Période pendant laquelle le porteur d'un effet de commerce doit le présenter au paiement. Dans le cadre d'un crédit documentaire, les documents doivent généralement (en cas d'absence de toute indication) être présentés dans un délai de 21 jours à partir de la date d'émission des documents de transport. Les crédits peuvent stipuler une période plus courte ou plus longue.

▪ Domiciliation : Opération par laquelle une personne ayant un compte en banque, fait régler par cette banque les effets tirés sur elle-même.

▪ Donneur d'ordre : Société qui sollicite de sa banque l'émission directe ou indirecte d'une garantie pour son compte.

▪ Donneur d'ordre (dans un crédit documentaire) : Personne physique ou morale qui fait ouvrir, auprès d'une banque, un crédit au profit de son fournisseur étranger dans une opération de crédit documentaire. Il s'agit, le plus souvent, de l'acheteur (importateur de la marchandise) .

▪ Ducroire (technique bancaire) : Le ducroire permet de se couvrir contre le risque politique et/ou commercial. Il s'entend comme une garantie de paiement silencieuse, dans le cadre d'un accord conclu entre l'exportateur et sa banque (et donc, sauf exception, à l'insu du ou des débiteurs), couvrant le paiement des traites, des crédits documentaires irrévocables ou tout autre instrument. Notion souvent confondue avec la confirmation silencieuse, La banque perçoit une commission pour rémunérer son risque.

E

▪ Échéance : Date limite pour l'exécution de l'engagement.

▪ EDI : Il peut être décrit comme étant le transfert de données structurées par le biais de messages standards agrées, d’un système informatique à un autre, par des moyens électroniques. Il permet la transmission électronique d’une grande variété d’informations entre des entités dans un cadre dématérialisé.

▪ EDIFACT (Electronic Data Interchange for Administration Commerce and Transport): Avec l’ANSI X12, EDIFACT est l’un des premiers standards en information crée pour les transactions électroniques.

▪ Engagement de remboursement : La banque de remboursement d'un crédit documentaire s'engage envers la banque désignée pour le paiement, l'acceptation ou la négociation à effectuer le remboursement dans le cadre des conditions du crédit. De ce fait, elle s'engage à payer.

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▪ Entrée en vigueur : Date ou événement qui détermine le moment à partir duquel un engagement devient effectif.

F

▪ Facture proforma : La facture proforma s'apparente à un contrat commercial en réduction, s'appliquant parfaitement aux transactions commerciales concernant des marchandises simples,

▪ Facture consulaire : Exigée par certains pays, la facture consulaire fournit le détail des biens expédiés et informe sur les identités du donneur d'ordre et du destinataire et sur la valeur de l'expédition.

Filiale : société dont plus de la moitié du capital social est contrôlée par une autre entreprise, appelée « société mère ». la filiale possède une personnalité juridique propre.

▪ Force majeure : Évènement irrésistible, extérieur, imprévisible et indépendant de la volonté de l'homme.

▪ Forfaitage (appelé couramment forfaiting) : Le forfaitage signifie que, moyennant un paiement immédiat, l'exportateur (bénéficiaire du crédit) abandonne ses droits sur le règlement à terme des biens/services vendus (créances détenues à l'étranger). En pratique, le forfaitage consiste en l'escompte sans recours d'effets commerciaux avalisés ou garantis par une banque du pays de l'importateur.

▪ Fraude : Tromperie, acte de mauvaise foi.

Fusion : concentration d’entreprises conduisant à leur disparition juridique, et à la création d’une entreprise nouvelle, qui regroupe l’ensemble de leurs actifs sous une autre dénomination.

G

▪ Garantie : Acte par lequel le garant s'engage à payer au bénéficiaire une somme déterminée si ce dernier estime que le donneur d'ordre est défaillant dans l'exécution de l'obligation qui lui incombe.

▪ Garantie à première demande : Payable par la banque au bénéficiaire sur simple demande de celui-ci, sans autre formalité.

▪ Garantie directe : Émise par la banque du donneur d'ordre en faveur du bénéficiaire.

▪ Garantie documentaire : Payable par la banque au bénéficiaire contre présentation par lui des documents préalablement définis aux termes de l'acte.

▪ Garantie indirecte : Émise par une banque du pays du bénéficiaire, sous couvert des instructions et de la contre-garantie de la banque du donneur d'ordre.

I

▪ Incoterms (abréviation d'International Commercial Terms) : Il s'agit de règles internationales pour l'interprétation des clauses le plus souvent utilisées dans le commerce international. Elles sont fixées par la Chambre de Commerce Internationale qui les a publiées pour la première fois en 1936. Elles ont été actualisées le 1er janvier 2000. Les plus connus sont EXW, FOS, FCA, CIF, CFR, DDU ct DDP.

▪ Irrégularités (dans les documents) : Indications mentionnées dans les documents remis dans le cadre d'un crédit documentaire qui ne correspondent pas aux conditions du crédit ou sont en

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contradiction avec d'autres documents présentés, ou encore ne répondent pas aux exigences prévues par les RUU.

J

▪ Jurisprudence : La jurisprudence est constituée par l'ensemble des décisions rendues par les tribunaux (arrêts et jugements) pour la solution d'une situation juridique donnée.

K

▪ Lettre d'instruction : Matérialise la demande d'émission d’un engagement adressée par le donneur d'ordre à sa banque.

▪ Lettre de crédit stand-by (LCSB) / Stand-by Letter of credit (SBLC) : Acte portant engagement de payer une somme détern1inée contre présentation par le bénéficiaire, avant l'échéance, de documents préalablement définis.

▪ Lettre de dégagement/de contre-garantie : Lettre adressée par le donneur d'ordre à sa banque, dans laquelle il la dégage de toutes les conséquences résultant pour elle de l'émission de garanties à première demande et l'autorise à débiter son compte du montant de tout appel.

▪ LIBOR (abréviation de London InterBank Offered Rate) : Moyenne des taux d'intérêt à court terme pratiqués par les banques de la place de Londres.

▪ Licence (d'importation) : La licence est un document administratif pour le contrôle du commerce extérieur qui autorise l'importation ou d’exportation de produits contingentés.

▪ Liste de colisage : La liste de colisage est la liste qui reprend tous les détails de l'expédition. C'est un document qui figure toujours dans la liasse documentaire.

▪ LTA (AWB en anglais) : Air Way Bill (AWB) est le mot anglais de la lettre de transport aérien (LTA): contrat de transport établi en trois exemplaires par le chargeur.

M

▪ Mainlevée partielle : Réduction du montant de l'acte, effectuée conformément à ses termes et conditions ou après accord du bénéficiaire.

▪ Mainlevée totale : Annulation de la garantie après extinction conformément à ses termes, retour de l'acte original, ou attestation de mainlevée du bénéficiaire.

▪ Mandat : Acte par lequel une personne donne à une autre le pouvoir de faire quelque chose.

▪ Marquage : Le marquage permet de vérifier la nature de la marchandise par différents sigles identifiant le type de marchandise (produits toxiques: poison, produits dangereux: alcool inflammable...). Les crédits documentaires indiquent souvent les shipping marks qui doivent être reprises sur les emballages.

▪ Mise en jeu : Appel en paiement de la garantie, émanant du bénéficiaire.

▪ Modes de réalisation d'un crédit documentaire:

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par paiement à vue, dès réception des documents par la banque émettrice ou ta banque désignée dans le crédit ;

par paiement différé (deferred payment), c'est-à-dire dont le paiement est réalisé après un certain délai prévu par le crédit et calculé normalement à partir de la date de présentation des documents ou de la date d'expédition;

par acceptation et paiement d'un effet de change, à l'échéance ; par négociation, c'est-à-dire que la valeur des documents est créditée au bénéficiaire, sous

réserve' de l'obtention de la couverture si le crédit n'est pas confirmé.

N

▪ Négociable : Les crédits réputés librement négociables par la banque émettrice autorisent le bénéficiaire à négocier ses documents auprès de la banque de son choix.

▪ Notification : Transmission par une banque d'un engagement au bénéficiaire, sans engagement ni responsabilité de la part de ladite banque.

▪ Nullité : Inefficacité d'un acte juridique résultant de l'absence de l'une de ses conditions de fond ou de forme, requises pour sa validité.

O

▪ Obligation : Lien de droit par lequel une personne est tenue de faire, de ne pas faire ou de donner quelque chose.

▪ On Board : On Board signifie en français « embarqué ». La mention On Board signifie que la marchandise a bien été placée à bord de l'avion ou du navire. Cette mention est toujours obligatoire dans les crédits documentaires, si la marchandise est vendue FOB ou un incoterm supérieur.

P

▪ Paiement sous réserve : Dans le cadre des crédits documentaires, si des documents relatifs à un crédit sont présentés à la banque désignée alors qu'ils contiennent des divergences, celle-ci peut, avec l'accord du bénéficiaire, payer ou négocier sous réserve. La banque désignée se réserve le droit de se retourner vers le bénéficiaire si la banque émettrice n'accepte pas les documents et refuse la couverture en raison des irrégularités. Certains crédits documentaires interdisent le paiement ou la négociation sous réserve.

▪ Police d'assurance : Contrat qui énumère les marchandises assurées, précise la nature des risques couverts et des risques exclus, les conditions de fonctionnement de l'assurance, la durée du contrat.

▪ Pontée (en pontée) : Fait de disposer le chargement sur le pont du navire.

▪ Pool bancaire : Éclatement entre plusieurs établissements bancaires du risque découlant d'un engagement.

▪ Prorogation : Action de repousser la date d'échéance initialement fixée dans l'engagement.

R

▪ Red Clause : Clause qui peut être incorporée dans le texte d'un crédit documentaire, permettant l'avance de fonds au bénéficiaire avant l'embarquement de la marchandise. Le texte de la red clause détermine les conditions d'une telle avance.

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▪ Remise documentaire : Technique par laquelle un exportateur remet à son banquier des documents en lui confiant l'ordre d'en assurer le recouvrement auprès de J'importateur et de ne s'en dessaisir auprès de ce dernier qu'aux conditions prescrites par lui.

▪ Réserves (d'un transporteur) : Si un transporteur constate des dommages à la prise en charge de la marchandise, il émet des réserves sur le document de transport. On dit que le document est « clausé ». Cela constitue une irrégularité dans les crédits documentaires qui est susceptible de bloquer le paiement.

▪ Réserves (documentaires) : Dans le cadre d'un crédit documentaire, ce terme désigne les écarts constatés entre les documents présentés à la banque et les instructions documentaires contenues dans le crédit documentaire.

▪ Risque de non-transfert : Mesures restrictives imposées sur \es devises par certains gouvernements qui interdisent au débiteur tout envoi ou transfert de devises à l'étranger.

▪ Risque politique : Mesures exceptionnelles d'un État étranger et événements politiques survenant à l'étranger qui empêchent le débiteur de remplir les clauses du contrat ou qui aboutissent à la perte, à la saisie ou à l'endommagement de marchandises appartenant à l'exportateur (guerres, révolution, annexions, guerres civiles). La couverture de ces risques peut selon sa nature être assurée par des garanties bancaires, des crédits confirmés ou l'assurance-crédit.

S

▪ Sauf bonne fin (S.B.F.) : Dans les crédits documentaires, la banque négociatrice a la faculté de verser au bénéficiaire le montant du crédit avant d'en avoir reçu la couverture, en ajoutant la mention « sauf bonne fin », qui signifie sous réserve de l'obtention de la couverture de la banque émettrice. Le bénéficiaire peut être appelé à restituer le montant crédité, auquel s'ajoutent les intérêts (de la date de valeur du crédit jusqu'à la date de restitution) et les frais si, pour une raison quelconque, la couverture ne peut être obtenue.

▪ Subrogation : Disposition en vertu de laquelle celui qui paye la dette d'autrui devient propriétaire de la créance avec les droits, privilèges et hypothèques qui y sont attachés.

▪ Sûreté : Moyen juridique de garantir une obligation.

▪ Sûreté personnelle : Confère un droit à l'encontre d'une personne.

▪ Sûreté réelle : Confère un droit sur une chose.

▪ SW.I.F.T. (Society ffor World Wide Inter-bank Financial Telecommunications) : Société international coopérative de droit belge qui a mis en œuvre un réseau privé d’échange de messages entre les milliers de banques adhérentes.

▪ Syndiquer : Action consistant pour une banque à proposer à ses confrères une participation au risque sur une opération déterminée.

T

▪ Traite : Ordre écrit inconditionnel par lequel une personne physique ou morale (le tiré) s'engage à verser à une autre personne physique ou morale (le tireur) un montant défini à vue ou à terme (draft en anglais).

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▪ Transbordement : Le transbordement consiste à changer en cours de route de moyen de transport.

▪ Transport combiné (document) : C’est un connaissement émis par une autorité de transport couvrant plus d’un mode de transport de marchandises.

V

▪ Validité : Durée pendant laquelle un document peut être utilisé valablement.

▪ Virement : Opération par laquelle un client donne l’ordre à sa banque de débiter son compte pour en créditer un autre.

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BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages 

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