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Deuil dans le judasme

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Deuil dans le judasmeLe deuil (hbreu : avelout) a lieu dans le judasme lorsqu'une personne perd son pre, sa mre, son frre, sa sur, son fils, sa fille ou son conjoint[1]. Les prescriptions de deuil ont pour but de rendre hommage au mort (kevod hamet) et de soutenir les endeuills au cours de leurs divers phases de deuil (ni'houm avelim). Les rites et coutumes qui s'y rattachent varient en fonction de l'origine culturelle du dfunt et du degr d'observance des parents.

Prsentation du pain d'affliction une famille d'endeuills

Le deuil dans les sources juivesDans la Bible hbraqueBien que la mort soit voque assez tt dans le rcit biblique[2], les premires manifestations de deuil ne sont dcrites qu' la mort de Sarah : Abraham se dpche Hbron, prononce des paroles funbres (hesped) pour sa femme, la pleure et achte un caveau des conditions exorbitantes[3]. Certains rites semblent dj tablis : en apprenant la mort suppose de Joseph, Ruben dchire ses habits et Jacob ses vtements[4]. Les veuves revtent des habits de deuil, probablement noirs[5]. D'autres pratiques, en revanche, n'ont pas encore t fixes : Jacob pleure la disparition de Joseph de nombreux jours[6] alors que celui-ci ne portera le deuil de son pre que pendant sept jours[7] et que les deuils publics suite aux dcs de Myriam, Aaron et mme Mose n'excderont pas trente jours[8]. Il semble en dfinitive que les Isralites portaient le deuil moins longtemps que leurs voisins[9].

Jacob pleure Joseph (Tissot, c. 1900)

D'autres rites sont dcrits dans la littrature prophtique : l'endeuill, qu'il porte le deuil d'un proche, d'une figure populaire ou d'une catastrophe nationale, pleure, se dcouvre la tte et les pieds[10], se revt d'un sac[11] et de cendre[12], s'assoit dans la poussire et mange le pain d'affliction[13] ; Jrmie dcrit aussi des comportements d'automutilation[11], bien que ceux-ci aient t interdits dans le Pentateuque[14]. Certains expriment leur deuil par des complaintes[15], David allant mme jusqu' composer une lgie pour la mort de Sal et Jonathan[16]. D'autres se couvrent au contraire les lvres afin de ne pas profaner pendant leur deuil[10].

Deuil dans le judasme

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Dans la littrature rabbiniqueLes Sages de la Mishna et des Talmuds s'attachent dmontrer l'anciennet de ces coutumes qu'on retrouve parfois parmi les peuplades avoisinantes[17] et que le Pentateuque n'voque que pour en limiter l'usage parmi la classe sacerdotale (le Grand-prtre se voyant mme interdire d'accomplir les derniers devoirs pour ses proches parents)[18]. Ainsi, les sept jours de rpit accords aux impies avant le Dluge l'auraient t afin d'observer le deuil de Mathusalem[19]. Les lois du deuil sont principalement discutes dans le trait Mod katan.

Au chevet de l'agonisant, et du mortLe lit de mortLe gossess ( ,agonisant) est dfini comme une personne trs proche de la mort, et dont la mort est inluctable, mais la Loi juive interdit aux Juifs de hter la mort de quelque faon que ce soit (mme d'une fraction de seconde), sauf, parfois par la prire, tout en leur prescrivant de le rconforter par tous les moyens possibles, et en tout cas, de ne pas prolonger son agonie. C'est pourquoi le spectre de ce qui est permis ou non pour une personne sur son lit de mort est minemment variable d'une personne l'autre, et un rabbin dont la comptence est reconnue devrait tre consult avant toute entreprise, le moindre geste pouvant parfois tre fatal.

Dfinition du status mortisLe mot hbreu pour la mort est mita ( ,aucun rapport avec le lit, qui se prononce aussi mita, mais s'crit )et met pour le "mort". Sha'at HaMita est, plus que l'heure du dcs", son moment prcis. Toutefois, la dfinition prcise de la mort est, comme en mdecine, sujette de grands dbats, et ce depuis les temps talmudiques : pour certains, elle se dfinit par l'arrt de la respiration (d'o les expressions de dernier souffle ou dernier soupir), pour d'autres, par l'arrt du pouls. Le critre d'utiliser la mort crbrale comme dterminant a rcemment t dbattu, mais aucun accord n'a t dfinitivement entrin par les dcisionnaires ce jour.

La veille du mortUne shemira ("veille") est obligatoire ds le moment o un Juif meurt. Un shomer est une personne, de prfrence pas un proche du malade, dont le rle est de garder le malade et, idalement, de rciter des Psaumes (Tehillim) pour l'lvation de son me jusqu' l'enterrement. Bien que l'honneur rendre au malade est le but principal, il fut un temps o la prservation contre le vol tait hautement justifie. De nos jours, les shomrim sont souvent pays, ou dsigns par l'entreprise de pompes funbres ou Hevra kaddisha.

La 'Hevra kaddishaVoir l'article Hevra kaddisha La 'hevra kaddisha ( , litt. Socit Sainte, aussi "Socit du Dernier Devoir") ou "mutuelle juive" est une sorte d'entreprise de pompes funbres, peu structure mais assez bien organise, dont les membres, hommes et femmes le plus souvent orthodoxes, se consacrent appliquer et faire appliquer la halakha (Loi juive) en matire de dcs et d'enterrement, et protger les dfunts de la dscration, volontaire ou non, jusqu' l'enterrement. Deux rgles parmi les plus importantes sont le respect donner au corps du dfunt, et le nettoyage rituel du corps, ainsi que l'"habillage" subsquent. Beaucoup de hevrot kaddisha des villes et villages sont affilies aux synagogues locales, et possdent souvent leurs propres parcelles dans les cimetires locaux. Certaines communauts paient une cotisation annuelle la hevra

Deuil dans le judasme kaddisha de leur choix, de sorte tre "pris en charge" lors de leur dcs selon les rites du judasme, mais aussi tre enterrs prs de chez eux, dans une parcelle contrle. En certains pays, comme la Belgique, les concessions sont renouveler, mais en d'autres, comme en Isral, elles sont perptuelles. Si aucun fossoyeur n'est disponible, la fonction choit de facto l'un des membres (mles) de la hevra kaddisha de s'assurer que les tombes seront creuses la profondeur requise ( peu prs six pieds). En Isral, les membres des hevrot kaddisha considrent un honneur de creuser la tombe, en plus de prparer le corps d'un frre juif pour l'enterrement, en particulier si le dcd tait connu pour sa droiture. Beaucoup de socits tiennent un ou deux jours de jene annuels, et organisent des sminaires d'tude et de formation continue en matire d'articles de Loi juive. En outre, beaucoup de hevrot soutiennent les familles au cours de la shiv'ah (les sept jours de deuil, cf. infra), organisent les offices, prparent les repas (les endeuills ne peuvent cuisiner), et autres services.

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La prparation du corpsLe corps doit tout d'abord passer par le rituel de tahara (purification) en prparation aux funrailles. Le corps est entirement dbarrass de toute poussire, des fluides corporels et d'autres souillures sur la peau. Il est ensuite rituellement purifi, de prfrence par immersion dans un mikv, ou par aspersion substantielle d'eau sur le corps. La tahara peut faire rfrence tout le processus, ou la seule purification rituelle. Une fois le corps "purifi", il est revtu de takhrikhim (quivalents du linceul), des vtements blancs, identiques pour chaque Juif, rminiscence des habits ports par le Grand Prtre. Les hommes sont ensuite envelopps, de prfrence dans leur propre talit (chle de prire), dont la atarah a t retire et l'un des quatre coins coup afin de rendre le tallit passoul (impropre l'usage). Une fois le corps purifi et vtu, le cercueil est scell. Contrairement ce qui est pratiqu dans d'autres religions, le cercueil est ferm lors des funrailles, et on ne dfile pas devant le corps. En Isral, une coutume rpandue est de n'utiliser aucun cercueil, mais de recouvrir le corps de takhrikhim plus pais, recouverts par un tallit.

Le service funraireDe nos jours, la crmonie commence soit au domicile du malade, si l'espace y est disponible en suffisance pour accomplir proprement les rites, soit dans une morgue. De l, les endeuills et amis du dfunt le suivent en procession jusqu'au cimetire, o il est emmen en corbillard, en passant gnralement devant son domicile (si le cortge n'en part pas). Lorsqu'il s'agit d'une personne minente, comme un notable communautaire, un rabbin, un juge rabbinique, un rosh yeshiva, etc., l'entiret du service, y compris l'loge funbre, peut se tenir dans la synagogue ou la yeshiva laquelle cette personne tait associe. Dans le cas de certains grands, ces crmonies peuvent prendre l'apparence d'une manifestation populaire : lors du dcs du Rav Shlomo Zalman Auerbach par exemple, tout un quartier de Jrusalem fut bloqu, tant les fidles taient nombreux, remplissant entirement les rues. Historiquement, les Juifs n'ont jamais eu d'offices "cercueil ouvert".

loges funbresUn hesped ( )est une oraison funbre. La tradition remonte au patriarche Abraham lui-mme, qui monte Hbron la mort de Sarah "pour prononcer un Hesped et la pleurer". Dans un passage talmudique (Shabbat 153a), Rav, aux portes de la mort, dit son contradicteur et ami Chmouel. : "Fais moi demain un beau hesped, car je serai l pour t'couter." Il est trs courant que plusieurs personnes parlent au dbut de la crmonie, soit dans le mortuaire, soit avant

Deuil dans le judasme l'enterrement devant la tombe. Certaines personnes prcisent dans leur testament qu'elles ne souhaitent pas d'oraison, et celles-ci sont proscrites en certains jours, comme le Hol HaMo'ed (priode semi-frie entre les jours marquant le dbut et la fin de la fte) et les jours o on rcite pas le Tahanoun. Le Hesped est alors remplac par un Dvar Torah. L'orateur veillera ne pas exagrer les qualits du mort, car cela risquerait de porter prjudice au dfunt et lui-mme. Pour cette raison certaines communauts ('Habad) ne prononcent pas d'oraison funbre.

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L'inhumationLa Kevoura ( inhumation proprement dite) est ralise le plus rapidement possible aprs le dcs, en vertu de l'inter