Voltaire - · PDF filesur le chancelier bacon. • treiziÈme lettre. sur m. locke....

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  • Lettres philosophiquesVoltaire

  • Table of ContentsLettres philosophiques........................................................................................................................................1

    Voltaire....................................................................................................................................................1PREMIRE LETTRE. SUR LES QUAKERS. ......................................................................................1SECONDE LETTRE. SUR LES QUAKERS. .......................................................................................3TROISIME LETTRE. SUR LES QUAKERS. ....................................................................................4QUATRIME LETTRE. SUR LES QUAKERS. ..................................................................................5CINQUIME LETTRE. SUR LA RELIGION ANGLICANE. ............................................................7SIXIME LETTRE. SUR LES PRESBYTRIENS. ............................................................................9SEPTIME LETTRE. SUR LES SOCINIENS, OU ARIENS, OU ANTITRINITAIRES. ..................9HUITIME LETTRE. SUR LE PARLEMENT. ..................................................................................10NEUVIME LETTRE. SUR LE GOUVERNEMENT. ......................................................................12DIXIME LETTRE. SUR LE COMMERCE. .....................................................................................14ONZIME LETTRE. SUR L'INSERTION DE LA PETITE VROLE. ............................................15DOUZIME LETTRE. SUR LE CHANCELIER BACON. ...............................................................17TREIZIME LETTRE. SUR M. LOCKE. ...........................................................................................19QUINZIME LETTRE. SUR LE SYSTME DE L'ATTRACTION. ...............................................25SEIZIME LETTRE. SUR L'OPTIQUE DE M. NEWTON. .............................................................29DIXSEPTIME LETTRE. SUR L'INFINI ET SUR LA CHRONOLOGIE. ...................................31DIXHUITIME LETTRE. SUR LA TRAGDIE. ...........................................................................34DIXNEUVIME LETTRE. SUR LA COMDIE. ...........................................................................36VINGTIME LETTRE. SUR LES SEIGNEURS QUI CULTIVENT LES LETTRES. ....................38VINGT ET UNIME LETTRE. SUR LE COMTE DE ROCHESTER ET M. WALLER. ...............39VINGTDEUXIME LETTRE. SUR M. POPE ET QUELQUES AUTRES POTES FAMEUX. .............................................................................................................................................40VINGTTROISIME LETTRE. SUR LA CONSIDRATION QU'ON DOIT AUX GENS DE LETTRES. ............................................................................................................................................42VINGTQUATRIME LETTRE. SUR LES ACADMIES. ............................................................43VINGTCINQUIME LETTRE. SUR LES PENSES DE M. PASCAL. .......................................45

    Lettres philosophiques

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    Voltaire

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    PREMIRE LETTRE. SUR LES QUAKERS. SECONDE LETTRE. SUR LES QUAKERS. TROISIME LETTRE. SUR LES QUAKERS. QUATRIME LETTRE. SUR LES QUAKERS. CINQUIME LETTRE. SUR LA RELIGION ANGLICANE. SIXIME LETTRE. SUR LES PRESBYTRIENS. SEPTIME LETTRE. SUR LES SOCINIENS, OU ARIENS, OU ANTITRINITAIRES. HUITIME LETTRE. SUR LE PARLEMENT. NEUVIME LETTRE. SUR LE GOUVERNEMENT. DIXIME LETTRE. SUR LE COMMERCE. ONZIME LETTRE. SUR L'INSERTION DE LA PETITE VROLE. DOUZIME LETTRE. SUR LE CHANCELIER BACON. TREIZIME LETTRE. SUR M. LOCKE. QUINZIME LETTRE. SUR LE SYSTME DE L'ATTRACTION. SEIZIME LETTRE. SUR L'OPTIQUE DE M. NEWTON. DIXSEPTIME LETTRE. SUR L'INFINI ET SUR LA CHRONOLOGIE. DIXHUITIME LETTRE. SUR LA TRAGDIE. DIXNEUVIME LETTRE. SUR LA COMDIE. VINGTIME LETTRE. SUR LES SEIGNEURS QUI CULTIVENT LES LETTRES. VINGT ET UNIME LETTRE. SUR LE COMTE DE ROCHESTER ET M. WALLER. VINGTDEUXIME LETTRE. SUR M. POPE ET QUELQUES AUTRES POTES FAMEUX. VINGTTROISIME LETTRE. SUR LA CONSIDRATION QU'ON DOIT AUX GENS DE LETTRES. VINGTQUATRIME LETTRE. SUR LES ACADMIES. VINGTCINQUIME LETTRE. SUR LES PENSES DE M. PASCAL.

    PREMIRE LETTRE. SUR LES QUAKERS.

    J'ai cru que la doctrine et l'histoire d'un peuple si extraordinaire mritaient la curiosit d'un hommeraisonnable. Pour m'en instruire, j'allai trouver un plus clbres quakers d'Angleterre, qui, aprs avoir ttrente ans dans le avait su mettre des bornes sa fortune et ses dsirs, et s'tait retir dans une campagneauprs de Londres. Je fus le chercher dans sa retraite ; c'tait une maison petite, mais bien btie, pleine depropret sans ornement. Le quaker tait un vieillard frais qui n'avait jamais eu de maladie, parce qu'il n'avaitjamais connu les passions ni l'intemprance : je n'ai point vu en ma vie d'air plus noble ni plus engageant quele sien. Il tait vtu, comme tous ceux de sa religion, d'un habit sans plis dans les cts et sans boutons sur lespoches ni sur les manches, et portait un grand chapeau bords rabattus, comme nos ecclsiastiques ; il mereut avec son chapeau sur la tte, et s'avana vers moi sans faire la moindre inclination de corps ; mais il yavait plus de politesse dans l'air ouvert et humain de son visage qu'il n'y en a dans l'usage de tirer une jambederrire l'autre et de porter la main ce qui est fait pour couvrir la tte. Ami, me ditil, je vois que tu es un

    Lettres philosophiques 1

  • tranger ; si je puis t'tre de quelque utilit, tu n'as qu' parler. Monsieur, lui disje, en me courbant lecorps et en glissant un pied vers lui, selon notre coutume, je me flatte que ma juste curiosit ne vous dplairapas, et que vous voudrez bien me faire l'honneur de m'instruire de votre religion. Les gens de ton pays, merpondil, font trop de compliments et de rvrences ; mais je n'en ai encore vu aucun qui ait eu la mmecuriosit que toi. Entre, et dnons d'abord ensemble. Je fis encore quelques mauvais compliments, parce qu'onne se dfait pas de ses habitudes tout d'un coup ; et, aprs un repas sain et frugal, qui commena et qui finitpar une prire Dieu, je me mis interroger mon homme. Je dbutai par la question que de bons catholiquesont faite plus d'une fois aux huguenots : Mon cher Monsieur, lui disje, tes vous baptis ? Non, merpondit le quaker, et mes confrres ne le sont point. Comment, morbleu, reprisje, vous n'tes donc paschrtiens ? Mon fils, repartitil d'un ton doux, ne jure point ; nous sommes chrtiens et tchons d'trebons chrtiens, mais nous ne pensons pas que le christianisme consiste jeter de l'eau froide sur la tte, avecun peu de sel. Eh ! ventrebleu, reprisje, outr de cette impit, vous avez donc oubli que JsusChristfut baptis par Jean ? Ami, point de jurements, encore un coup, dit le bnin quaker. Le Christ reut lebaptme de Jean, mais il ne baptisa jamais personne ; nous ne sommes pas les disciples de Jean, mais duChrist. Hlas ! disje, comme vous seriez brl en pays d'inquisition, pauvre homme !... Eh ! pourl'amour de Dieu, que je vous baptise et que je vous fasse chrtien ! S'il ne fallait que cela pourcondescendre ta faiblesse, nous le ferions volontiers, repartitil gravement ; nous ne condamnons personnepour user de la crmonie du Baptme, mais nous croyons que ceux qui professent une religion toute sainte ettoute spirituelle doivent s'abstenir, autant qu'ils le peuvent, des crmonies judaques. En voici bien d'unautre, m'criaije ! Des crmonies judaques ! Oui, mon fils, continuatil, et si judaques queplusieurs juifs encore aujourd'hui usent quelquefois du Baptme de Jean. Consulte l'Antiquit ; ellet'apprendra que Jean ne fit que renouveler cette pratique, laquelle tait en usage longtemps avant lui parmi lesHbreux, comme le plerinage de la Mecque l'tait parmi les ismalites. Jsus voulut bien recevoir leBaptme de Jean, de mme qu'il s'tait soumis la Circoncision ; mais, et la Circoncision, et le lavementd'eau doivent tre tous deux abolis par le Baptme du Christ, ce Baptme de l'esprit, cette ablution de l'mequi sauve les hommes. Aussi le prcurseur Jean disait : Je vous baptise la vrit avec de l'eau, mais un autreviendra aprs moi, plus puissant que moi, et dont je ne suis pas digne de porter les sandales ; celuil vousbaptisera avec le feu et le SaintEsprit. Aussi le grand Aptre des Gentils, Paul, crit aux Corinthiens : LeChrist ne m'a pas envoy pour baptiser, mais pour prcher l'vangile ; aussi ce mme Paul ne baptisa jamaisavec de l'eau que deux personnes, encore futce malgr lui ; il circoncit son disciple Timothe ; les autresAptres circoncisaient aussi tous ceux qui voulaient. Estu circoncis ? ajoutatil. Je lui rpondis que jen'avais pas cet honneur. Eh bien, ditil, l'ami, tu es chrtien sans tre circoncis, et moi, sans tre baptis.

    Voil comme mon saint homme abusait assez spcieusement de trois ou quatre de la Sainte criture, quisemblaient favoriser sa secte ; mais il oubliait de la meilleure foi du monde une centaine de passages quil'crasaient. Je me gardai bien de lui rien contester ; il n'y a rien gagner avec un enthousiaste : il ne fautpoint s'aviser de dire un homme les dfauts de sa matresse, ni un plaideur le faible de sa cause, ni desraisons un illumin ; ainsi je passai d'autres questions. l'gard de la Communion, lui disje, commenten usezvous ? Nous n'en usons point, ditil. Quoi ! point de Communion ? Non, point d'autreque celle des coeurs. Alors il me cita encore les critures. Il me fit un fort beau sermon contre laCommunion, et me parla d'un ton inspir pour me prouver que tous les Sacrements taient tous d'inventionhumaine, et que le mot de Sacrement ne se trouvait pas une se