VIE DE BOUCHARD - .– IMPRIMERIE DURAND, RUE FULBERT. VIE DE BOUCHARD LE V ... Tel est le travail

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  • COLLECTION DE TEXTES

    POUR SERVIR A LETUDE DE LENSEIGNEMENT DE LHISTOIRE

    VIE DE BOUCHARD

    LE VNRABLE

    COMTE DE VENDOME, DE CORBEIL, DE MELUN ET DE PARIS

    (Xe ET XIe SIECLES)

    PAR

    EUDES DE SAINT-MAUR

    Publie avec une introduction

    PAR

    CHARLES BOUREL DE LA RONCIRE

    ARCHIVISTE PALEOGRAPHE

    PARIS

    ALPHONSE PICARD ET FILS, DITEURSLibraires des Archives nationales et de la Socit de l'Ecole des Chartes

    82, RUE BONAPARTE, 82

    1892

  • VIE DE BOUCHARD

    LE VNRABLE

  • CHARTRES. IMPRIMERIE DURAND, RUE FULBERT

  • VIE DE BOUCHARD

    LE VNRABLE

    COMTE DE VENDOME, DE CORBEIL, DE MELUN ET DE PARIS

    (Xe ET XIe SIECLES)

    PAR

    EUDES DE SAINT-MAUR

    Publie avec une introduction

    PAR

    CHARLES BOUREL DE LA RONCIERE

    ARCHIVISTE PALEOGRAPHE

    PARIS

    ALPHONSE PICARD ET FILS, EDITEURSLibraires des Archives nationales et de la Socit de l'Ecole des Chartes

    82, RUE BONAPARTE, 82

    1892

  • INTRODUCTION

    La Vita Burcardi est la biographie d'un grand vassal, grand officier, conseiller et ami intimede Hugues Capet et de Robert le Pieux. A cette poque agite et obscure o la fodalits'organise, o une nouvelle dynastie remplace les Carolingiens sur le trne, l'histoire d'unconfident des rois de France, la politique d'un comte de Vendme, de Corbeil, de Melun et deParis doit prsenter un grand intrt.

    Malheureusement son biographe, Eudes de Saint-Maur-les-Fosss, crivait en 1058, et.Bouchard le Vnrable tait mort cinquante ans plus tt. Durant l'intervalle, bien des faits taienttombs dans l'oubli. Pour donner une ide les lacunes laisses par Eudes et des confusions qu'il acommises, il faut ncessairement tenter de reconstituer l'histoire de la vie du comte Bouchard l'aide des chartes et des chroniques contemporaines.

    La Vita Burcardi n'en a pas moins une relle valeur. Mais, pour l'apprcier, il importait dedterminer l'autorit d'Eudes de Saint-Maur, les sources auxquelles il a puis, les ouvragesdrivs de la Vita; il fallait en tablir le texte d'aprs les meilleurs manuscrits, faire en unmot une dition critique.

    Tel est le travail que j'ai entrepris sur les bienveillantes indications de M. Giry, au cours desconfrences qu'il dirige l'Ecole des Hautes-Etudes; il me permettra de le remercier ici desconseils qu'il m'a prodigus.

  • INTRODUCTION : BOUCHARD LE VENERABLE

    I. - BOUCHARD LE VENERABLE

    COMTE DE VENDME, DE CORBEIL, DE MELUN ET DE PARIS.

    Au Xe sicle apparat un Comt de Vendme dont le titulaire s'appelleBouchard, Burchardus, Burcardus, Buchardus. Sur l'origine du comt, sur la familledu seigneur, les chroniques et les actes contemporains restent muets. Les historiens,frapps du rle considrable qu'avait jou Bouchard (II), dit le Vnrable, ontcherch rsoudre le double problme.

    Au XVIIe sicle, ils crurent avoir trouv : le Vendmois n'tait qu'undmembrement du comt d'Anjou, un apanage donn par Foulques le Bon au seconddes fils qu'il avait eus de Gerberge, Bouchard le Vnrable. Cette thorieaccrdite par Mabillon a t universellement admise jusqu' nos jours1.Malheureusement elle ne rsiste pas la critique : Vendme faisait partie du payschartrain et non de l'Anjou. La filiation prtendue entre Foulques le Bon etBouchard n'est constate ni dans la plus ancienne gnalogie de la maison deVendme (vers 1032)2, ni par les gnalogistes postrieurs des Ingelgriens,Foulques le Rechin (vers 1062)3, et l'auteur des Gesta consulum Andegavensium (XIIe s.)4. Bien plus, elle doit tre rejete pour ce fait que la fille de Bouchard pousa unpetit-fils de Foulques le Bon; les deux conjoints ne pouvaient tre cousins germainsou mme parents, sans quoi le mariage et, t empch par l'glise.

    1. Mabillon, Annales ordinis S. Benedicti, t. IV (1707), 57. - Art de vrifier les dates (3e d.) II,(1781), 809. - Historiens des Gaules et de la France. X (1760), 350, note 1. - L. Aubineau,Notice sur Thibault le Tricheur, dans les Mm. de la Soc. archol. de Touraine, III (1847),69, note 3. - D'Arbois de Jubainville, Hist. des ducs et comtes de Champagne (1859), I, 195. -Etc.

    2. Cartulaire de la Trinit de Vendme, acte XIII, copi dans la collection Dom Housseau, II 6,416. (Voir sur ce cartulaire : G. Rigollot, tude sur le cartul. indit de Vendme, dans le Bull.de la Soc. archol. du Vendmois, XIX (1880), 120-130.)

    3. Marchegay et Salmon, Chroniques des comtes d'Anjou. Paris, 1856, in-8, 365.4. Ibid., 34.

    V

  • INTRODUCTION : BOUCHARD LE VENERABLE

    L'assertion de Mabillon ne repose du reste que sur l'autorit de deux chartes d'unefausset vidente, dont les originaux passaient pour tre la Tour de Londres : unepseudo-donation faite par Foulques le Bon et consentie par ses fils, entre autres parBouchard (957) ; une pseudo-donation de Vendme, Lavardin et Montoire quej'avais reus, dit Bouchard, de mon pre Foulques1 (989).

    Mabille2 et M. de Ptigny3 ont fait bonne justice de l'opinion admise par tousles auteurs. L'origine du comt de Vendme retombait dans l'obscurit ; M. dePtigny, l'aide de documents nouveaux, essaya de faire jaillir la lumire4. Lesseigneurs de Vendme et de Beaugency, dit-il, sont parents : l'enchevtrement deleurs possessions, leurs relations communes avec la Belgique le prouvent ; au Xe sicle,la soeur de Landry Sore pousa Bouchard, - lisez Bouchard I, Ratapilata , ouBouchard Ier , Chauve-Souris. Or les sires de Beaugency descendent d'un missusdominicus belge que Charles le Chauve envoya en 853 dans le pays chartrain pourorganiser la dfense

    1. Dom Housseau, Collection de chartes... relatives l'Anjou et la Touraine, I, actes 178 et243, copies. La rdaction de ces faux est pitoyable: sans invocation, sans expos, sans clausesfinales, rdigs dans le palais du roi et sans lintervention du chancelier, les deux actesn'offrent qu'une sche gnalogie ; et quelle gnalogie ? La femme de Bouchard, Elisabeth, yest appele Isabelle ; sa fille, nomme galement Elisabeth, devient Adle ; Adle tait la filleet non la femme de Foulques Nerra, etc. M. de Ptigny (Hist. archolog. du Vendmois.Vendme, 1849, in-4, p. 124) pense que ces faux ont t fabriqus Londres au XIIIe siclepour appuyer les prtentions des Plantagenets, comtes d'Anjou et rois d'Angleterre, sur leVendmois. Ils sont peut-tre plus rcents ; il les faut rapprocher de deux autres actes (DomRousseau, Collection, actes 240 et 400, copies) extraits aussi de la Tour de Londres lamme poque (XVIIe sicle). Toutes les pices manent du mme faussaire qui essaiemaladroitement de rattacher les Bouchard de Montmorency aux comtes d'Anjou parl'intermdiaire des Bouchard de Vendme ; A. Duchesne (Hist. gnalog. de la maison deMontmorency. Paris, 1624, in-f) ne parle pas de cette parent ; c'est le duc d'Epernon lepremier qui a attribu Geoffroy Grisegonelle, comte d'Anjou, la paternit de Bouchard leBarbu, pre de Bouchard de Montmorency (Mabille, Introduction l'dition des Chroniquesdes glises d'Anjou, LXXII) et les faux semblent fabriqus pour appuyer son affirmation.

    2. Mabille, Introduction aux Chroniques des comtes d'Anjou (d. Marchegay et Salmon). Paris,1871, in-8, LXV-LXVI.

    3. De Ptigny, Hist. archolog. du Vendmois, 122-124.4. Ibid., 124-132.

    VI

  • INTRODUCTION : BOUCHARD LE VENERABLE.

    contre les Normands ; Landry Sore, son fils Lancelin, etc., garderont le titre de missusdominicus. Donc leurs parents, les comtes de Vendme, descendent aussi du missusbelge de 853, - de Hrodulfus, puisque c'tait le seul lac des trois envoys 1, - et leursterres ne sont qu'une portion du missaticum primitif.

    L'ingnieux syllogisme de M. de Ptigny pche par la base l'alliance des deuxmaisons au Xe sicle infirme toute communaut d'origine remontant la fin du IXesicle ; Bouchard Ier Chauve-Souris et la soeur de Landry Sore n'auraient pu se mariers'ils avaient eu le mme aeul, Hrodulfus. D'autre part, une femme ne pouvait hriterd'un fief lorsqu'elle avait un frre ; la sueur de Landry n'a point apport le comt deVendme son mari. Le premier comte de Vendme a t sans doute, comme lesfondateurs des grands fiefs voisins, comme Ingon, comme Ingelger2, quelque soldatde fortune que distingua le roi ou le duc de France.

    Deux chartes de Saint-Martin de Tours du 22 mars 891 et du 5 juillet 905 3 portent lasouscription d'un Burchardus comes vel graphio : nul doute qu'il ne s'agisse de l'undes comtes de Vendme, car l'abbaye de Saint-Martin fut toujours en relations aveceux: c'est probablement Bouchard Ier Chauve-Souris, le pre de notre hros, deBouchard II le Petit-Vieux (Vetulus) ou le Vnrable4. Bouchard Ier se rendait souvent la cour du duc de France ; en mai 930 il tait Bourges5, en mai 942 il se trouvait Fontaines en Orlanais prs de Hugues le Grand6 ; il fit lever son fils la cour de cegrand seigneur7, avec le futur roi Hugues Capet : il mourut vers le milieu du Xe sicle8.

    1. Pertz, Monum. Germaniae historica, Leges, I, 426.2. Ingon, palefrenier du roi Eudes, premier comte de Blois (Richer, Histoire de son temps, d.

    Guadet, I, 9-11, 24-31). Ingelger, fils de Tertulle, petit-fils de Torquat, forestier d'Anjou,premier comte d'Anjou (A. de Salies, Hist. de Foulques Nerra, 1).

    3. Armoires de Baluze, t. 76, fos 59 et 92. - Mabille, La pancarte noire de St-Martin de Tours,180 et 183.

    4. Abb Simon, Histoire de Vendme. Vendme, 1837, in-8, 1 et 2.1. 5. Dom Housseau, Collection. Anjou-Touraine, I, pice 160, copie.5. Idem, I, pice 171 copie : - publie dans Mabillon, Ann