Toxicologie Cosmetique

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ÉVALUATION DU RISQUE LIÉ à L’UTILISATION DE L’ALUMINIUM DANS LES PRODUITS COSMÉTIQUES OCTOBRE 2011 Rapport d’expertise
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    02-Dec-2015
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Toxicologie Cosmetique

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  • valuation du risque li lutilisation de laluminium dans les produits cosmtiqueso c t o b r e 2 0 11

    r a p p o r t d e x p e r t i s e

  • 2 afssaps - rapport dexpertise - septembre 2011

    Mots cls : aluminium, cancer, antitranspirant, produits cosmtiques, commission de cosmtologie, recommandations.

  • valuation du risque li l utilisation de l aluminium dans les produits cosmtiques 3

    Rsum

    en dcembre 2000, la direction gnrale de la sant (dGs) a saisi les agences de scurit sanitaire afin dvaluer les risques de laluminium pour la population, en particulier ceux relatifs la maladie dalzheimer. au cours de la mme priode, lagence franaise de scurit sanitaire des produits de sant (afssaps) a men une rflexion sur laluminium et les produits de sant. les conclusions de ces travaux, ont t publies conjointement en 2003 dans le rapport evaluation des risques sanitaires lis lexposition de la population franaise laluminium (aFssaps/aFssa/invs 2003). ce rapport soulignait le manque de donnes pertinentes quant labsorption cutane de laluminium contenu dans les produits cosmtiques, initiant au sein de lafssaps une auto-saisine ayant pour objectif lvaluation du risque par cette voie dexposition.en 2004, suite la publication de darbre et al. (2003), lafssaps a t interroge par la dGs sur le lien entre le cancer du sein et lexposition aux produits antitranspirants base daluminium.

    ainsi, la prsente valuation du risque tient compte dune part de la rcente tude dabsorption cutane fournie par les industriels du secteur cosmtique, donne manquante dans le rapport de 2003 suscit, et dautre part dune synthse des donnes toxicologiques, en partie base sur le rcent avis mis par lagence europenne de scurit sanitaire des aliments (eFsa, 2008b).

    plus de vingt-cinq composs de laluminium figurent parmi les substances susceptibles dtre utiliss dans les produits cosmtiques. le chlorohydrate daluminium est lun des plus utiliss, en particulier en tant quantitranspirant.

    labsorption de laluminium par voie orale est limite et dpendante de trs nombreux facteurs (type de compos, solubilit, co-administration avec de leau ou dans lalimentation, etc.). elle est estime 0,1 % lorsque laluminium est prsent dans laliment. largement distribu travers lorganisme, laluminium peut atteindre le cerveau et franchir la barrire placentaire. sa demi-vie dlimination trs variable selon les tudes, peut atteindre plusieurs annes lorsquil est administr de faon chronique. son limination est principalement rnale.le devenir de laluminium aprs exposition par voie cutane est trs mal connu. les tudes publies sont de qualit insuffisante et ne rpondent pas aux exigences actuelles. ltude rcente mene in vitro sur peau humaine a permis destimer cette absorption dans les conditions de ltude. lestimation des quantits daluminium absorbes via une exposition quotidienne un antitranspirant contenant 20 % de chlorohydrate daluminium (soit 5 % en aluminium) a t ralise en fonction de deux scnarios.le premier scnario correspond lexposition de peau normale, et conduit un taux dabsorption cutane de 0,5 %, le deuxime scnario correspond lexposition de peau lse, et donne lieu un taux dabsorption de 18 %. elle est ainsi de 2,1 g al/kg pc./j. dans le premier scnario et de 75 g al/kg pc./j. dans le deuxime scnario. dans le cas dune peau normale, la marge de scurit est de 10,5. dans le cas dune peau lse, la marge de scurit est infrieure 1.

  • 4 afssaps - rapport dexpertise - septembre 2011

    le potentiel irritant de laluminium est insuffisamment tudi chez lanimal. cependant, des cas dirritations cutanes lis des produits cosmtiques contenant des composs chlors de laluminium ont t rapports chez lHomme. des donnes complmentaires seraient ncessaires pour confirmer les risques dirritation lis ces produits. les cas de sensibilisation sont galement rares.

    aprs administration daluminium dose rpte, des effets neurotoxiques ainsi que des effets sur les testicules, lembryon et le dveloppement du systme nerveux sont observs chez lanimal. la noael de 22 mg/kg pc./j. obtenue dans une tude chez le chien peut tre retenue, sur la base dune diminution du poids corporel et de modifications histopathologiques du rein et du foie.les effets chez lHomme (neurotoxicit, atteinte osseuse, anmie) sont connus chez les insuffisants rnaux exposs de faon chronique laluminium, ainsi que chez les prmaturs aliments par voie parentrale. la dose systmique de 5 g al/kg pc./j. est considre sans risque par la Fda (Food and drug administration) pour lutilisation de soluts par voie parentrale pour deux populations dont la fonction rnale est diminue : les enfants prmaturs et les insuffisants rnaux.leFsa (european food safety agency) a considr que les rsultats de gnotoxicit obtenus dans les essais avec laluminium ne sont probablement pas pertinents pour lHomme expos par la voie alimentaire. les tudes chez lanimal ne mettent pas en vidence de potentiel cancrogne.les donnes pidmiologiques ne permettent pas dtablir un lien concluant entre lexposition cutane laluminium et lapparition dun cancer.

    cette valuation du risque montre que lexposition des produits antitranspirants avec des concentrations de 20 % de chlorohydrate daluminium ne permet pas dassurer la scurit sanitaire des consommateurs dans les conditions normale dutilisation.

    de plus, cette valuation du risque ne prend pas en compte non plus lexposition totale aux divers produits cosmtiques susceptibles de contenir de laluminium, les conclusions adoptes sont donc susceptibles dvoluer par la suite en fonction dune valuation prenant en compte les diffrentes catgories de produits et leurs usages. des donnes spcifiques aux autres conditions dexposition (quantits, absorption cutane, toxicit) pourraient permettre daffiner lvaluation du risque lie lutilisation daluminium dans dautres produits cosmtiques.

    en conclusion, afin de limiter le risque li lexposition laluminium, lafssaps recommande de :

    restreindre la concentration daluminium dans les produits antitranspirants ou dodorants 0,6 %. cette valeur est volontairement exprime en aluminium, afin quelle puisse sappliquer aux diffrentes formes utilises dans les produits cosmtiques ;

    ne pas utiliser les produits cosmtiques contenant de laluminium sur peau lse. en effet, tant donn la forte absorption rapporte dans ces conditions, il serait ncessaire dinformer le consommateur que les produits antitranspirants ou dodorants ne doivent pas tre utiliss aprs le rasage ou en cas de lsion de la peau de type microcoupures. lafssaps prconise que cette information figure sur les conditionnements.

    saisine 2004Bct001

    contact afssaps : madame nessryne sater (mail : [email protected])

  • valuation du risque li l utilisation de l aluminium dans les produits cosmtiques 5

    abrviations 7

    liste des tableaux 8

    liste des figures 8

    1. contexte et objectifs 9

    2. cadre rglementaire 102.1. Eau et alimentation 10

    2.2. Mdicaments 10

    2.3. Produits cosmtiques 10

    3. mthodologie retenue pour lvaluation du risque 123.1. Sources des donnes de toxicologie 12

    3.2. Absorption cutane 12

    3.3. Exposition 12

    4. danger et exposition 134.1. Caractrisation du danger 134.1.1. Composs de laluminium 13

    4.1.2. Toxicocintique 144.1.2.1. Absorption par voie orale 14

    4.1.2.2. Distribution 14

    4.1.2.3. limination 15

    4.1.2.4. Absorption par voie cutane 15 tudes publies dans la littrature scientifique 15 tudes non publies fournies par lindustrie 16

    4.1.3. Toxicit de laluminium 204.1.3.1. Tolrance locale 20

    Chez lanimal 20 Chez lHomme 21 Conclusion sur la tolrance locale 22

    sommaire

  • 6 afssaps - rapport dexpertise - septembre 2011

    4.1.3.2. Toxicit aigu 22

    4.1.3.3. Toxicit doses rptes 22 Chez lanimal 22 Chez lHomme : effets osseux et neurologiques 23 Chez ladulte insuffisant rnal 24 Chez ladulte fonction rnale normale 25 Chez lenfant prmatur 25

    4.1.3.4. Gnotoxicit 26

    4.1.3.5. Cancrogense 26 Donnes exprimentales 26 Donnes pidmiologiques 27 Relation avec le cancer du sein 27

    4.1.3.6. Conclusion relative la caractrisation du danger de laluminium 29

    4.1.3.7. Conclusion sur le choix de la valeur toxicologique de rfrence (VTR) 29 VTR relative aux effets osseux et neurotoxiques 29 VTR relative aux autres risques systmiques 30

    4.2. Exposition 304.2.1. Historique 30

    4.2.2. Exposition par voie cutane 314.2.2.1. Estimation des doses dexposition externe 31

    4.2.2.2. Calcul de la dose dexposition systmique (SED) relative lutilisation dantitranspirant 33

    4.2.2.3. Estimation de lexposition par leau et laliment 34

    5. evaluation du risque 355.1. Tolrance locale 35

    5.2. Risques lis aux effets systmiques 355.2.1. Cancrogense 35

    5.2.2. Autres effets systmiques 35 Effets osseux et neurotoxicit 35 Autres effets toxiques chez lanimal 36

    6. conclusion et recommandations 38

    7. Bibliographie 40

  • valuation du risque li l utilisation de l aluminium dans les produits cosmtiques 7

    abrviationsAfssa : agence franaise de scurit sanitaire des aliments

    Afssaps : agence franaise de scurit sanitaire des produits de sant

    Afsset : agence de scurit sanitaire de lenvironnement et du travail

    Al : aluminium

    Anses : agence nationale de scurit sanitaire : alimentation, environnement, travail

    BPL : Bonnes pratiques de laboratoire

    CIRC : centre international de recherches sur le cancer

    CosIng : Base de donnes europenne relative aux ingrdients et substances cosmtiques

    COSMED : cosmtiques mditerrane, lassociation de la filire cosmtique

    CSSC : comit scientifique pour la scurit des consommateurs

    DGS : direction gnrale de la sant

    DHT : dose hebdomadaire tolrable

    DHTP : dose hebdomadaire tolrable provisoire

    DJT : dose journalire tolrable

    EFSA : agence europenne de scurit sanitaire des aliments

    FDA : Food and drug administration

    FEBEA : Fdration des entreprises de la beaut

    FIP : Fdration des industries de la parfumerie

    HCl : chlorure dhydrogne

    InVS : institut de veille sanitaire

    IV : intraveineuse

    Jecfa : comit mixte Fao/oms d'experts des additifs alimentaires

    MoS : marge de scurit

    NOAEL : no observed adverse effect level : dose sans effet adverse observ

    OCDE : organisation de coopration et de dveloppement conomique

    PIE : perte insensible en eau

    PN : peau normale

    SED : systemic exposure dose

    VTR : valeur toxicologique de rfrence

  • 8 afssaps - rapport dexpertise - septembre 2011

    liste des tableauxTableau1:NomINCIdescompossdelaluminiumpouvanttreutilissdanslesproduits

    cosmtiques,daprsCosIng 11

    Tableau2:liminationetdoseabsorbabledelaluminiumchez2volontairesaprsapplicationcutanedechlorohydratedaluminium,daprsFlarendetal.(2001) 16

    Tableau3:FormulationscosmtiquestestesetquantitsappliquesdansltudeduLaboratoirePMIC(2007) 17

    Tableau4:Rsultatsdesformulationsmulsionroll-onsurpeaunormale 19

    Tableau5:Rsultatsdesformulationssticksurpeaustrippe 19

    Tableau6:tudesretenuespourtablirlaNOAELchezlanimal,daprsEFSA(2008b) 23

    Tableau7:Concentrationdutilisationdesselsdaluminiumdanslesdiffrentescatgoriesdeproduitscosmtiques,daprslesreprsentantsdesIndustriesdusecteurcosmtique,donns,2007 32

    Tableau8:Expositionsystmiquelaluminiumparunantitranspirant 33

    Tableau9:Margesdescurit(MoS) 36

    liste des figuresFigure1:Mesuredelaluminiumdanslefluidercepteuraucoursdelexpositiondepeauhumaine 18

  • valuation du risque li l utilisation de l aluminium dans les produits cosmtiques 9

    1. contexte et objectifsen dcembre 2000, la dGs a saisi lagence franaise de scurit sanitaire des aliments (afssa, qui a depuis fusionn avec lagence de scurit sanitaire de lenvironnement et du travail (afsset) pour former lanses, lagence de scurit sanitaire) et linstitut de veille sanitaire (invs) afin dvaluer les risques sanitaires de laluminium pour la population, en particulier ceux relatifs la maladie dalzheimer. au cours de la mme priode, lafssaps a men une rflexion sur laluminium et les produits de sant. les conclusions de ces travaux ont t publies conjointement en 2003 dans le rapport evaluation des risques sanitaires lis lexposition de la population franaise laluminium (aFssaps/aFssa/invs 2003). ce rapport soulignait le manque de donnes pertinentes quant labsorption cutane de laluminium contenu dans les produits cosmtiques, initiant au sein de lafssaps une auto-saisine ayant pour objectif lvaluation du risque par cette voie dexposition.

    en 2004, suite la publication de darbre et al. (2003), lafssaps a t interroge par la dGs sur le lien entre le cancer du sein et lexposition aux produits antitranspirants base daluminium.

    lagence europenne de scurit sanitaire des aliments a ralis en 2008 une revue des donnes toxicologiques sur laluminium (eFsa 2008), afin de dterminer si la dose journalire tolrable (dJt) devait tre modifie.

    afin de mener une valuation du risque de laluminium dans les produits cosmtiques, une tude dab-sorption cutane a t mene par les industriels du secteur cosmtique.

    le prsent rapport traite dune part, des donnes toxicologiques disponibles relatives laluminium et dautre part de ltude dabsorption cutane de laluminium mene par les industriels du secteur des cosmtiques. par ailleurs, un bref rappel du cadre rglementaire de laluminium est prsent au dbut du prsent rapport.

    ce rapport a t approuv par la commission de cosmtologie du 28 janvier 2011.

  • 10 afssaps - rapport dexpertise - septembre 2011

    2. cadre rglementaire

    2.1. Eau et alimentationune synthse des dispositions rglementaires relatives aux teneurs en aluminium est disponible dans le rapport afssa/afssaps/invs (2003). seules sont reprises ici les dispositions les plus rcentes.

    aucune teneur maximale nest fixe pour laluminium prsent dans les aliments. il peut tre utilis comme additif alimentaire (colorant, antiagglomrant, etc.) et dans les matriaux au contact des denres alimen-taires. utilis comme agent de clarification des eaux (coagulation, floculation, etc.) on le retrouve dans leau destine la consommation humaine avec une concentration maximale admissible de 0,2 mg/l.

    en 2006, le comit mixte Fao/oms dexperts des additifs alimentaires (Jecfa)(1) a tabli une dose hebdo-madaire tolrable provisoire (dHtp) de 1 mg/kg pc./semaine applique pour tous les produits alimentaires y compris les additifs alimentaires, soit 7 fois infrieure la prcdente dHtp. limpact de cette nouvelle dHtp sur lexposition alimentaire laluminium est galement en cours de discussion au niveau europen notamment en ce qui concerne lapport daluminium via les additifs alimentaires. en mai 2008, leFsa a rendu un avis sur la scurit sanitaire de laluminium de source alimentaire. celui-ci conclut quil tait plus appropri dtablir pour laluminium une dose hebdomadaire tolrable (DHT) de 1 mg daluminium/kg de pc./semaine, plutt quune dose journalire tolrable (DJT) .

    leFsa (2008b) rapporte quen europe, les consommations daluminium par voie alimentaire sont estimes de 0,2 1,5 mg al/kg pc./semaine pour un adulte de 60 kg. les donnes franaises estiment, au 97,5e percentile, lexposition des enfants de 3 15 ans 0,7 mg al/kg pc./semaine et celle des adultes 0,4 mg al/kg pc./semaine (eFsa, 2008a, b).

    2.2. Mdicamentslaluminium entre dans la composition de nombreux mdicaments vise antiacide, sans restriction sur la quantit daluminium.

    on le retrouve galement dans les soluts de nutrition parentrale. une rflexion est actuellement en cours au niveau europen pour fixer une valeur limite pour laluminium. la Fda (Food and Drug Administration) a propos de limiter dornavant la concentration en aluminium dans les soluts pour nutrition parentrale 25 g/l (Fda, 2010).

    2.3. Produits cosmtiquesparmi les composs de laluminium, plus de 25 sont utiliss dans des produits cosmtiques antitranspirants et apparaissent dans la base des donnes europenne cosing(2) (tableau 1). Huit dentre eux figurent lannexe iii de la directive 76/768/ce relative aux produits cosmtiques (repris lannexe iii du rglement 1223/2009/ce relatif aux produits cosmtiques), fixant la liste des substances que les produits cosmtiques ne peuvent contenir en dehors des restrictions et conditions prvues, limitant ainsi leur teneur 20 % en hydroxychlorure daluminium et de zirconium anhydre. les autres composs de laluminium peuvent tre utiliss des concentrations sans restriction.

    (1) Jecfa ; Joint Fao/WHo expert committee on food additives. sixty-seventh meeting, rome, 20-29 June 2006.(2) Base de donnes europenne de la commission europenne sur les ingrdients et les substances cosmtiques (cosmetic

    ingredients database (cosing) http://ec.europa.eu/enterprise/cosmetics/cosing/

  • valuation du risque li l utilisation de l aluminium dans les produits cosmtiques 11

    les concentrations utilises selon lindustrie franaise dans les produits cosmtiques sont rapportes plus bas dans le paragraphe traitant de lexposition .

    Tableau1:NomINCIdescompossdelaluminiumpouvanttreutilissdanslesproduitscosmtiques,daprsCosIng

    Ingrdients non restreints Ingrdients restreints(Annexe III de la directive)aluminum Bromohydrate aluminum Zirconium octachlorohydrate

    aluminum chloride aluminum Zirconium octachlorohydrex Gly

    aluminum chlorohydrate aluminum Zirconium pentachlorohydrate

    aluminum chlorohydrex aluminum Zirconium pentachlorohydrex Gly

    aluminum chlorohydrex peg aluminum Zirconium tetrachlorohydrate

    aluminum chlorohydrex pg aluminum Zirconium tetrachlorohydrex Gly

    aluminum citrate aluminum Zirconium trichlorohydrate

    aluminum dichlorohydrate aluminum Zirconium trichlorohydrex Gly

    aluminum dichlorohydrex peg

    aluminum dichlorohydrex pg

    aluminum sesquichlorohydrate

    aluminum sesquichlorohydrex peg

    aluminum sesquichlorohydrex pg

    aluminum sulfate

    ammonium alum

    sodium alum

    sodium aluminum chlorohydroxy lactate

  • 12 afssaps - rapport dexpertise - septembre 2011

    3. mthodologie retenue pour lvaluation du risque

    3.1. Sources des donnes de toxicologieles nombreuses donnes de toxicologie, prsentes dans la littrature scientifique et dans les rapports de synthse de diffrentes instances rglementaires (sant canada, 1998 ; environnement canada, 2000 ; aFssaps/aFssa/invs, 2003 ; Krewski et al., 2007 ; eFsa, 2008a) ont t utilises afin de caractriser le danger et de retenir les valeurs toxicologiques de rfrence ncessaires lvaluation du risque. dans le cas particulier de la cancrogense lie lexposition laluminium, une analyse spcifique des publi-cations relatives aux tudes pidmiologiques ayant suggr le lien entre cancer du sein et antitranspirants a t confie la cellule gestion de risque au sein de lafssaps.

    3.2. Absorption cutaneles premires tudes values par le groupe de travail ingrdients auprs de la commission de cosmtologie de lafssaps, rsumes dans ce rapport, nayant pas permis de retenir un taux dabsorption cutane, la ncessit de mettre en place une tude approprie a t discute par ce groupe de travail. le protocole de ltude mene par la Fdration des entreprises de la beaut (FeBea, lpoque Fdration des industries de la parfumerie (Fip)) a t approuv par les experts du groupe. cette tude a t finalise en 2007 (laboratoire pmic 2007). les rsultats de ltude dabsorption cutane ont t valus par le groupe de travail ingrdients , et lensemble des rsultats sont rapports dans le prsent document.

    3.3. Expositionlalimentation est une source souvent considre comme majeure en ce qui concerne lexposition laluminium. les donnes dexposition via leau et lalimentation utilises dans ce rapport sont celles tablies par leFsa.

    Gnralement considre comme mineure sans toutefois avoir fait lobjet dune estimation quantitative, lexposition laluminium via les produits cosmtiques mritait dtre dtermine. en se fondant sur les recommandations du comit scientifique pour la scurit des consommateurs (cssc) relatives aux quantits dexposition journalires aux cosmtiques, sur les informations fournies par les fabricants et sur les donnes de la littrature, lexposition systmique laluminium, dans les produits cosmtiques en gnral et dans le cas particulier des antitranspirants, a t estime, permettant ainsi de caractriser le risque.

  • valuation du risque li l utilisation de l aluminium dans les produits cosmtiques 13

    4. danger et exposition

    4.1. Caractrisation du danger

    4.1.1. Composs de laluminiumlaluminium est un lment chimique extrmement rpandu dans la nature. il est issu de lextraction de lalumine (ou oxyde daluminium al

    2o3) partir de la bauxite, roche riche en alumine, et est utilis dans de

    nombreux secteurs industriels.

    en solution, on le trouve sous la forme al3+. en raison de sa forte ractivit, il se retrouve trs rarement sous forme libre, sassociant loxygne, au silicium, au fluor ou dautres composs. on distingue plusieurs composs de laluminium :

    sels inorganiques (chlorure, nitrate, sulfate, silicate) ; sels organiques formant des complexes de coordinations (exemple : citrate et autres acides carboxy-liques, sucralfate).

    les sels inorganiques de laluminium ( lexception du silicate) sont gnralement solubles trs solubles. les sels dacides organiques de faible poids molculaire conservent une certaine solubilit, tout comme les sels anioniques (exemple : aluminate de potassium et sodium). les hauts poids molculaires (par exemple les composs organiques) et le pH limitent la solubilit de laluminium. il est gnralement insoluble aux pH neutres (6-8), et peut se solubiliser dans des conditions acides (pH8). la prsence de complexes ligands favorisent cette solubilit.

    en rgle gnrale, les composs chloro-aluminium sont instables en prsence de source doxygne telle que leau et shydrolysent plus ou moins lentement jusqu la formation de al(oH)

    3 et ses agrgats aux struc-

    tures diverses et mal connues, avec une production de chlorure dhydrogne (Hcl). la force motrice ther-modynamique de cette raction est la formation de la liaison al-o, lune des plus fortes parmi celles connues. cette proprit permet, le plus souvent, dexpliquer les diffrentes ractivits des drivs aluminiques.

    la ractivit de plusieurs composs chloro-aluminium permet de comprendre leurs potentiels irritants variables :

    la forme anhydre alcl3 est un compos trs sensible leau avec laquelle il ragit exothermiquement

    aboutissant la production de Hcl (produit de la raction entre H2o et alcl

    3). lexothermie associe la

    production dHcl rend lalcl3 trs corrosif ;

    la forme hexahydrate-alcl3 est moins corrosive. en milieu aqueux, ce compos sionise en donnant

    al(H2o)

    6(3+) et trois ions chlorure. le cation al(H

    2o)

    6(3+) est un acide faible, ce qui le rend corrosif, car en

    milieu physiologique (pH neutre), il donne une forme stable al(oH)3 et al(oH)4- en librant du Hcl ;

    les formes chlorohydrate daluminium et sesquichlorohydrate, dont la formule gnrale est du type al

    x(oH)

    y(cl)

    z sont des composs dj partiellement hydrolyss, ce qui explique leur caractre moins

    corrosif. de plus, ces formes ont tendance sagrger (agrgats polynuclaires) ce qui diminue leur ractivit et lexothermie de la raction. elles finissent cependant, par shydrolyser dans leau avec production dHcl.

  • 14 afssaps - rapport dexpertise - septembre 2011

    4.1.2. Toxicocintiquelensemble des donnes de toxicocintique provient du rapport de leFsa (eFsa, 2008a). toutefois, ltude dabsorption cutane fournie par lindustrie cosmtique, qui a fait lobjet dune analyse approfondie par lafssaps, est traite dans un deuxime temps.

    laluminium nest pas soumis un mtabolisme au sens strict, cependant des variabilits interindividuelles peuvent apparatre, au niveau de labsorption, la distribution et llimination de laluminium, en relation avec divers facteurs susceptibles de modifier chacune de ces tapes (complexation avec divers lments, pH, solubilit, mcanismes de transport).

    4.1.2.1. Absorption par voie orale

    labsorption par voie orale de laluminium a t montre dans de nombreuses tudes, cependant elle est faible (

  • valuation du risque li l utilisation de l aluminium dans les produits cosmtiques 15

    4.1.2.3. limination

    llimination de laluminium absorb est majoritairement urinaire. une trs faible proportion est limine par voie biliaire. le temps de demi-vie dlimination de laluminium est dpendant de la dure dexposition. laluminium est rapidement limin du compartiment sanguin, puis plus lentement des autres comparti-ments de stockage, probablement les os. chez le rongeur, ladministration unique daluminium permet destimer la demi-vie dlimination quelques heures. cependant, lallongement du temps de recueil des urines montre un allongement parallle du temps dlimination, suggrant la prsence dun ou plusieurs autres compartiments. chez le rongeur, les demi-vies dlimination sont de lordre de la centaine de jours pour la rate, de plusieurs dizaines pour le foie, le poumon, le srum, et quelques jours pour le rein. chez lHomme, la demi-vie dlimination est estime plusieurs annes.

    4.1.2.4. Absorption par voie cutane

    Gnralement considre comme faible, labsorption cutane de laluminium est cependant trs peu documente. la plupart dentre elles, ont t ralises dans des conditions non conformes aux recom-mandations de lorganisation de coopration et de dveloppement conomique (ocde) et du cssc. elles portent gnralement sur des formes daluminium diffrentes et se heurtent probablement la difficult analytique de la contamination des chantillons par laluminium prsent dans lenvironnement du laboratoire.

    parmi les tudes qui ont permis de caractriser labsorption cutane de laluminium, certaines sont issues de la littrature scientifique, dautres de rapports industriels non publis, le dernier dentre eux rsultant dune tude ralise par lindustrie. certaines dentre elles ne sont pas recevables pour tre utilises dans lvaluation du risque li laluminium, cependant, leurs conclusions et limites sont rapportes ci-dessous.

    tudes publies dans la littrature scientifique

    Bioaccumulation of water soluble aluminium chloride in the hippocampus after transdermal uptake in mice (Anane, et al., 1995)

    cette tude, mene avec du chlorure daluminium soluble alcl3, 6H

    2o applique sur la peau de souris

    pendant 130 jours, nest pas pertinente en raison de biais mthodologiques. des travaux antrieurs sont cits dans cet article, et fournis ici titre indicatif : ils ont t raliss sur peau de souris in vitro, aboutissant de forts taux dabsorption : 98 % pour la dose de 50 ng et 45 % pour la dose de 100 ng.

    A preliminary study of the dermal absorption of aluminium from antiperspirants using aluminium-26 (Flarend, et al., 2001)

    aprs application rpte pendant 6 jours sous pansement occlusif de chlorohydrate daluminium 21 % (soit environ 13 mg daluminium) au niveau de chaque aisselle de 2 volontaires (un homme et une femme), sur peau pralablement lse par deux strips , des chantillons sanguins et urinaires ont t prlevs. laluminium est dtect dans le sang 6 heures aprs la premire application et reste dtectable pendant 15 jours. les urines montrent une limination pendant les jours suivant lapplication. les rsultats de cette tude estiment que la proportion daluminium absorbe est en moyenne de 0,012 %, et la proportion

  • 16 afssaps - rapport dexpertise - septembre 2011

    absorbable correspondant la dose absorbe additionne aux quantits stockes dans la peau tant en moyenne de 0,04 %. la valeur la plus leve de la dose absorbable est de 0,052 %. les insuffisances de cette tude non conforme aux bonnes pratiques de laboratoire (Bpl), sur 2 volontaires seulement, ne permettent pas dutiliser ces rsultats dans lvaluation du risque.

    Tableau2:liminationetdoseabsorbabledelaluminiumchez2volontairesaprsapplicationcutanedechlorohydratedaluminium,daprsFlarendetal.(2001)

    Dose applique (mg)

    Urines(g)

    Peau(g)

    Dose absorbable(urines + peau)

    Total(g)

    Pourcentage (%)de la dose applique

    sujet 1(homme) 13,3 1,1 2,6 3,7 0,028

    sujet 2(femme) 12,4 1,9 4,5 6,4 0,052

    Moyenne 12,85 1,5 3,55 5,05 0,040

    tudes non publies fournies par lindustrie

    les tudes non publies dont lafssaps a eu connaissance mais qui nont pas permis de caractriser labsorption cutane de laluminium, ne sont pas discutes dans ce rapport. seule ltude mene la demande de lafssaps par la FeBea est prsente.

    In vitro percutaneous absorption of aluminium chlorohydrate through human skin (Laboratoire PMIC 2007)

    ltude est ralise selon les recommandations ocde 428 et celles du cssc (sccp, 2006). trois formulations : base pour arosol, roll-on et stick, contenant du chlorohydrate daluminium de formule [al

    2 (oH)

    5 cl, 2H

    2o]

    sont appliques in vitro sur peau humaine. leurs concentrations en chlorohydrate daluminium, en alu-minium et les quantits dposes sont indiques dans le tableau 3.

    les chantillons de peau complte, dont lpaisseur est de 1 406331 m, proviennent de 5 donneurs. la peau na pas t dermatome dans le souci dviter la contamination par laluminium quaurait pu provoquer lutilisation de lappareil. afin de se placer dans des conditions dapplication similaires aux conditions dapplication raisonnablement prvisibles dutilisation (sur peau rase, sous laisselle), lune des formulations est teste en conditions occlusives, sur peau strippe (par lapplication de 10 strips suc-cessifs). lintgrit des chantillons est estime par la mesure de la perte insensible en eau (pie), considre comme normale si elle est dans lintervalle de 1 15 g/m2/h. les rsultats de chaque groupe sont reports dans le tableau 3. la pie de la peau strippe est leve, comme attendu, dmontrant la lsion voulue de la barrire que constitue le stratum corneum. cependant, pour la peau lse artificiellement par stripping , une pie minimale de 30 g/cm2/h avait t prvue dans le protocole, alors que tous les chantillons prpars sont conservs pour ltude. aucun natteint cette valeur. seuls 3 dentre eux ont une valeur de pie suprieure 15 g/m2/h.

  • valuation du risque li l utilisation de l aluminium dans les produits cosmtiques 17

    le test est ensuite ralis sur cellule de Franz, sur une surface de 1,76 cm2. la solubilit de laluminium dans le milieu rcepteur (tampon phosphate + azide de sodium + Brij) est vrifie. les prlvements y sont effectus 6, 12 et 24 heures. lissue de la priode dexposition de 24 heures, laluminium est analys dans les diffrentes structures de la peau : stratum corneum, piderme viable, derme, et dans le matriel de lavage. des prcautions particulires sont prises afin de limiter la contamination par laluminium prsent dans lenvironnement.

    les diffrentes couches du stratum corneum sont spares par 3 strips (adhsifs) successifs(3) (pression 33 g/cm2, avec une masse de 100 g). le premier strip est dnomm s1. les suivants sont regroups (dsigns s2 sx). lpiderme et le derme sont spars mcaniquement.

    laluminium est dos par spectrophotomtrie dabsorption atomique lectrothermique avec effet Zeeman. lanalyse est apparue dlicate du fait de la contamination potentielle de lenvironnement par des traces daluminium.

    les rsultats obtenus avec ces solutions de contrle ont prsent une reproductibilit gnralement satis-faisante. les droites dtalonnage nont cependant pas pu tre valides. les limites de dtection (ld) et de quantification (lq) sont calcules pour chaque type de prlvement (ld de 0,87 0,90 g/l et lq de 2,90 3 g/l). les concentrations mesures sont souvent en dehors des gammes dtalonnage tablies.

    les diffrentes limites de ltude ne remettent pas en cause toute son utilisation. le biais principal rside dans les balances massiques (indiques dans le tableau 3), qui ne sont acceptables que dans lintervalle 85-115 %.

    Tableau3:FormulationscosmtiquestestesetquantitsappliquesdansltudeduLaboratoirePMIC(2007)

    Type de formulation

    Concentration en ACH*

    (%)

    Concentration en Aluminium

    (%)

    Quantit de formulation applique (mg.cm-2)

    Quantit daluminium applique (g.cm-2)

    paisseur des

    chantillons de peau (m)

    PIE**(g/m2/h)

    Bilan Massique

    (%)

    arosol 38,5 9,87 2,590,28 248,381 1 424438 4,41,2 5110

    mulsion roll-on 14,5 3,72 4,550,28 164,255 1 424363 4,11,4 1248

    stick peau normale

    21,2 5,433,100,64 163,68 1 357250 4,71,8 14029

    stick peau strippe 3,610,72 190,608 1 341299 13,75,4 8015

    * acH : chlorohydrate daluminium** pie : perte insensible en eau

    les quantits daluminium absorbes sont obtenues par des mesures au cours de lexposition dans le liquide rcepteur, 6, 12 et 24 h. aucun prlvement nest fait lors du montage de la cellule. les quantits daluminium augmentent au cours du temps, quel que soit lchantillon. ce rsultat pourrait rsulter dune contamination provenant de lenvironnement et saccumulant au cours de ltude. aucune diffrence nest mise en vidence entre les peaux traites quelle que soit la formulation ( base daluminium ou

    (3) lexception dune cellule de peau normale, traite par larosol, strippe 2 fois.

  • 18 afssaps - rapport dexpertise - septembre 2011

    blancs) puisque les quantits mesures sont similaires dans tous les cas. ainsi, partir de la formulation dpose, la proportion daluminium passe dans le fluide rcepteur, refltant le passage systmique, est ngligeable.

    afin destimer cette proportion, on peut corriger les quantits daluminium mesures dans le liquide rcepteur 24 h partir du stick sur peau normale (pn) par celles mesures avec la formulation blanche , afin de tenir compte de la contamination. ainsi, dans ces conditions, on peut estimer la quantit refltant labsorption de laluminium 0,0172 g/cm2, soit 0,0105 % de la dose applique.

    les autres conditions ne permettent pas cette estimation.

    Figure1:Mesuredelaluminiumdanslefluidercepteuraucoursdelexpositiondepeauhumaine

    Quantits d'aluminium mesures dans le uide rcepteur

    0

    0,02

    0,04

    0,06

    0,08

    0,1

    0,12

    6h 12h 24h

    aerosol

    roll-on

    stick-PN

    stick-PS

    blanc-PN

    blanc-PS

    pn : peau normaleps : peau strippe

    les quantits daluminium absorbables prsentes dans la peau sont dtermines partir de lensemble des couches de la peau, lexception des couches suprieures du stratum corneum susceptibles dtre natu-rellement limines par desquamation. le devenir de la substance dans les couches viables de la peau tant inconnu, ces quantits sont prises en compte pour lvaluation de la dose dexposition systmique.

    les valeurs des bilans massiques des quatre conditions exprimentales, prsentes dans le tableau 3, sont exclues des valeurs cibles de 100 15 %. considrant cette limite, seules les deux conditions exp-rimentales ayant donn lieu aux meilleurs bilans massiques sont conservs pour lanalyse : les groupes correspondant aux formulations mulsion roll-on sur pn et stick sur ps (124 8 % et 80 15 %).

    les quantits daluminium sont mesures dans chaque compartiment (piderme, derme, liquide rcepteur) des chantillons tests mais galement des blancs , sur peaux normale et strippe, sur lesquelles une formulation sans aluminium est applique. la moyenne des quantits daluminium mesures dans les blancs de chaque type de peau est dduite des valeurs individuelles dans les chantillons tests. lorsque le rsultat de ce calcul est ngatif, la valeur nulle a t considre (cas frquent dans le liquide rcepteur).

    comme prsent dans les tableaux 4 et 5 ci-dessous, les carts-types sont importants. cette observation nest pas rare dans les tudes dabsorption cutane, cependant, afin den tenir compte et conformment aux recommandations du cssc (sccp, 2006), le rsultat retenu est la somme de la moyenne de deux carts-types.

  • valuation du risque li l utilisation de l aluminium dans les produits cosmtiques 19

    par ailleurs, les bilans massiques tant diffrents de la valeur cible de 100 15 %, le rsultat est corrig pour en tenir compte.

    Tableau4:Rsultatsdesformulationsmulsionroll-onsurpeaunormale

    Roll-on peau normale, bilan

    massique 124 %

    Quantit corrige daluminium dans lpiderme viable

    (g/cm2)

    Quantit corrige daluminium dans le derme (g/cm2)

    Quantit corrige daluminium dans le liquide rcepteur

    (g/cm2)

    Cumul (E+D+LR) (g/cm2)

    Quantit dAluminium dpose

    (g/cm2)

    Pourcentage (%) de la dose

    dpose

    donneur 1 0,330 0,000 0,000 0,330 168,19 0,20donneur 1 0,059 0,002 0,000 0,061 170,24 0,04donneur 2 0,189 0,056 0,000 0,245 157,94 0,16donneur 2 0,058 0,075 0,000 0,133 159,99 0,08donneur 3 0,087 0,000 0,000 0,087 172,3 0,05donneur 3 0,119 0,000 0,000 0,119 139,48 0,09donneur 4 0,304 0,077 0,000 0,381 162,04 0,24donneur 4 1,251 0,108 0,000 1,359 172,3 0,79donneur 5 0,113 0,004 0,002 0,119 172,3 0,07donneur 5 0,239 0,000 0,000 0,239 168,19 0,14Moyenne 0,275 0,032 0,000 0,308 164,297 0,18 Moyennecart type 0,357 0,042 0,001 0,385 10,207 0,22 cart type

    0,44 2 carts type

    0,63 Moyenne + 2 carts type

    0,5 Correction par le bilan massique

    Tableau5:Rsultatsdesformulationssticksurpeaustrippe

    Stick, peau strippe

    bilan massique 80 %

    Quantit corrige daluminium dans lpiderme viable

    (g/cm2)

    Quantit corrige daluminium dans le derme (g/cm2)

    Quantit corrige daluminium dans

    le liquide rcepteur (g/cm2)

    Cumul (E+D+LR) (g/cm2)

    Quantit Aluminium dpose

    (g/cm2)

    Pourcentage (%) de la dose

    dpose

    donneur 1 8,293 2,137 0,000 10,430 228 4,57donneur 1 14,497 2,319 0,000 16,816 228 7,38donneur 2 5,407 0,728 0,000 6,135 144 4,26donneur 2 6,202 1,751 0,000 7,953 189 4,21donneur 3 5,482 0,626 0,000 6,108 162 3,77donneur 3 5,634 1,637 0,000 7,271 246 2,96donneur 4 29,497 4,524 0,000 34,021 204 16,68donneur 4 10,747 2,319 0,000 13,066 180 7,26donneur 5 5,293 1,433 0,065 6,791 195 3,48donneur 5 2,679 0,796 0,000 3,475 129 2,69Moyenne 9,373 1,827 0,007 11,206 190,500 5,73 Moyennecart type 7,822 1,143 0,021 8,901 37,954 4,17 cart type

    8,34 2 carts type

    14,07 moyenne + 2 carts type

    17,6 Correction par le bilan massique

  • 20 afssaps - rapport dexpertise - septembre 2011

    ainsi, aprs application de lmulsion roll-on sur peau normale, labsorption cutane de laluminium peut tre estime 0,5 %. de mme, aprs application du stick sur peau strippe , labsorption cutane de laluminium peut tre estime 18 %.

    en conclusion de cette tude sur plusieurs formulations cosmtiques base daluminium sur peau humaine in vitro :

    les quantits absorbes lissue des 24 h correspondant labsorption systmique de laluminium peuvent tre considres comme ngligeables (

  • valuation du risque li l utilisation de l aluminium dans les produits cosmtiques 21

    Chez lHomme

    les tudes publies portant sur la tolrance locale de laluminium concernent, pour la plupart, les effets de solutions de sels daluminium utilises dans des essais defficacit chez des patients atteints dhype-rhydrose axillaire.

    certaines de ces tudes rapportent des cas dirritation cutane lis lapplication dune solution de chlorure daluminium hexahydrate 20 % :

    chez 29 patients sur 65 (44 %) (scholes et al., 1978) ; chez 14 patients sur 42 (33 %) (ellis et scurr, 1979) ; chez 4 patients sur 12 (30 %) (Goh, 1990).

    lirritation disparat en gnral quelques jours aprs larrt de lapplication. elle peut tre suffisamment svre pour provoquer linterruption de lessai.

    pour 7 volontaires ayant dvelopp des irritations, les effets sont nettement moins svres avec une formulation combinant chlorure daluminium hexahydrate 15 % et acide salicylique 2 %

    la sensibilisation par contact cutan est trs rare. elle a t suspecte chez des patients tests pour allergie de contact et qui prsentaient une raction avec les Finn chambers . dans lobservation de Fischer (Fischer et al., 1982) il ny a pas dantcdent de dsensibilisation chez le patient mais au contraire la notion de prurit axillaire aprs utilisation de dodorants contenant de laluminium. le cas dun travailleur du marbre qui utilisait des sels daluminium abrasifs et prsentait un eczma des mains et des avant-bras a t rapport (tosti et al., 1990). par ailleurs, chez une femme prsentant un eczma axillaire, une allergie de contact aux sels daluminium a t diagnostique. cette patiente avait t expose des antitranspi-rants base de chlorohydrate daluminium, et le patch-test a rvl une allergie de contact au chlorure daluminium (Garg et al., 2010). des ractions croises entre ces deux composs sont donc possibles.

    depuis la mise en place de la cosmtovigilance en France en 2004 et jusquen 2009, 3 dclarations deffets indsirables concernant des antitranspirants contenant des sels daluminium ont t rapportes lafssaps :

    un cas apparu au bout dun mois dutilisation dun produit antitranspirant base daluminium, sous la forme dune raction dirritation modre daspect papuleux et prurigineuse ayant disparu spontan-ment en une semaine ;

    un autre cas dcrit comme une raction caustique, apparue au bout de 3 jours dutilisation, avec des tests picutans ngatifs excluant une raction allergique ;

    un dernier cas avec dmangeaisons et sensation de brlures survenues quelques heures aprs lapplication.

    les dclarations communiques aux industriels semblent peu nombreuses. certains fabricants de produits antitranspirants base daluminium mentionnent cependant sur les tiquettes des prcautions demploi permettant de rduire le risque dirritation.

    chez lHomme, des ractions dirritation peuvent tre observes lors de lutilisation des sels daluminium forte concentration dans les antitranspirants. les ractions allergiques laluminium et ses sels en utilisation cosmtique, aprs sensibilisation par les sels daluminium contenus dans les vaccins sont trs rares.

  • 22 afssaps - rapport dexpertise - septembre 2011

    Conclusion sur la tolrance locale

    les donnes chez les animaux de laboratoire sont insuffisantes pour juger du potentiel irritant et proposer une classification spcifique chaque forme aluminique, qui serait pourtant ncessaire afin de mieux grer les risques dirritation des produits qui en contiennent.

    des cas dirritations cutanes, ont t observs chez des patients traits pour une hyperhydrose. le risque li lutilisation de ces produits cosmtiques dans la pathologie de lhyperhydrose pourrait tre apprci diffremment du risque li lutilisation des mmes produits pour rguler une transpiration normale.

    des cas de sensibilisation, rares, sont rapports chez lHomme ; les ractions croises restent mal docu-mentes mais semblent possibles.

    4.1.3.2. Toxicit aigu

    les tudes de toxicit aigu montrent une toxicit faible modre chez le rat et la souris exposs par voie orale des formes inorganiques (alBr

    3, al(no

    3)3, alcl

    3, al

    2(so

    4)3). les dl

    50 varient de

    164 980 mg al/kg pc. les doses ltales par voie intrapritonale varient dans un intervalle de valeurs plus restreint (25 108 mg al/kg pc.) mettant en vidence des biodisponibilits trs variables par voie orale. elles dcroissent dans lordre suivant : alBr

    3 > al(no

    3)3 > alcl

    3 > al

    2(so

    4)3.

    chez lHomme, labsence de donnes mettant en cause laluminium dans des cas dintoxication aigu suggre quil prsente une faible toxicit aigu.

    4.1.3.3. Toxicit doses rptes

    Chez lanimal

    de nombreuses tudes de toxicit doses rptes par voie orale, dans laliment ou leau de boisson, ont t publies. la plupart dentre elles ne sont pas ralises selon les lignes directrices actuelles et ne permettent pas didentifier une dose sans effet (noael). les effets observs sont trs variables. aucune tude doses rptes par voie cutane na t publie.

    les principales tudes sub-chroniques et chroniques chez lanimal ont t values dans les rapports de diffrentes instances rglementaires (sant canada 1998 ; environnement canada 2000 ; eFsa 2008).

    alors que le rapport de sant canada ne conclut pas sur une valeur toxicologique de rfrence, leFsa retient la conclusion suivante :

    Le groupe scientifique a constat que plusieurs composs contenant de laluminium ont la capacit dinduire une neurotoxicit (souris, rats) et daffecter le systme reproducteur mle (chiens). De plus, ils se sont avrs embryotoxiques (souris) aprs une exposition maternelle et ont affect le dveloppement du systme nerveux de la progniture (souris, rats). Le groupe scientifique a galement constat quil ny a que trs peu de donnes toxicologiques spcifiques pour les additifs alimentaires contenant de laluminium. Le groupe scientifique a par consquent considr quil est prudent de prendre en compte ces effets lors de ltablissement dun apport tolrable pour toutes les sources alimentaires. Les tudes disponibles prsentent de nombreuses limitations et ne permettent dtablir aucune relation dose-rponse. Le groupe scientifique

  • valuation du risque li l utilisation de l aluminium dans les produits cosmtiques 23

    a par consquent fond son valuation sur une combinaison des lments apports par plusieurs tudes menes sur la souris, le rat et le chien, lesquelles ont port sur une administration par laliment de composs aluminiques .

    parmi le grand nombre dtudes existant relatif laluminium, leFsa a retenu celles montrant des effets sur la neurotoxicit, les testicules, lembryotoxicit et le dveloppement du systme nerveux. les noael correspondantes varient entre 10 et 30 mg/kg pc./j. (rapportes dans le tableau 6).

    prenant en compte ces valeurs et la tendance de laluminium saccumuler dans lorganisme aprs une exposition alimentaire, leFsa a ainsi dtermin une dose hebdomadaire tolrable (dHt) de 1 mg/kg pc/semaine.

    cependant, lanalyse critique de ces tudes par lafssaps na pas permis de retenir ltude chez la souris donnant lieu la noael de 10 mg/kg pc./j. (Golub et Germann, 2001), slectionne par leFsa. cette tude est en effet discutable en raison de labsence de reproduction de ces effets dans une tude similaire par les mmes auteurs (Golub et Germann et al., 2000).

    ainsi, lafssaps estime ncessaire de retenir la noael de 22 mg/kg pc./j. rapporte dans une tude chez le chien (noael la plus basse chez les femelles est 22 mg/kg pc./j. et chez les mles est de 27 mg/kg pc./j.), parmi lensemble des tudes montrant des effets toxiques chez lanimal.

    Tableau6:tudesretenuespourtablirlaNOAELchezlanimal,daprsEFSA(2008b)

    Espces Substances administres Effets critiquesLOAEL

    (mg Al/kg pc./j.)

    NOAEL(mg Al/kg pc./j.)

    Rfrences

    rat chlorure daluminium dans leau. tude sur 90 jours

    altration du rflexe vestibulo-oculaire 52 30

    mameli et al., 2006

    chien sodium aluminium phosphate (salp) dans laliment. tude sur 26 semaines

    diminution du poids corporel, poids testicules, modifications histopathologiques, rein, foie

    7527/22 (mles/femelles)

    pettersen, 1990

    souris lactate daluminium dans laliment. tude de reproduction : de la conception J35

    chez les petits : diminution du poids. altration de plusieurs paramtres comportementaux

    50 10-42Golub et Germann,

    2001

    Chez lHomme : effets osseux et neurologiques

    chez des patients dont la fonction rnale est altre ou immature, des atteintes du systme nerveux central (troubles dlocution ou lgers retards dans les scores de dveloppement intellectuel), une osto-malacie et/ou une anmie ont t observes suite une exposition rpte laluminium, saccumulant alors dans lorganisme. il sagit de deux populations particulires : les insuffisants rnaux chroniques dialyss et les prmaturs. laccumulation daluminium a cependant aussi t remarque chez des patients dont la fonction rnale tait normale.

  • 24 afssaps - rapport dexpertise - septembre 2011

    les donnes suivantes rapportent des cas observs dans les annes 1970 et 80 chez des insuffisants rnaux. lexposition laluminium se fait par lintermdiaire dun bain de dialyse contenant de laluminium ou par les traitements base daluminium par voie orale pour lutter contre lhyperphosphatmie. des encphalopathies lies laluminium sont dcrites dans plusieurs services de dialyse. des atteintes neu-rologiques ou osseuses chez des insuffisants rnaux non dialyss recevant de laluminium par voie orale ont t dcrites mais restent rares. chez les insuffisants rnaux chroniques traits par dialyse, laluminium peut galement provoquer une ostomalacie. celle-ci se distingue de lostodystrophie rnale par sa rsistance la vitamine d. les atteintes osseuses sont cependant davantage observes chez les enfants.

    Chez ladulte insuffisant rnal

    Berlyne et al. (1970) ont mesur une forte concentration daluminium plasmatique la fois chez des patients atteints dinsuffisance rnale chronique dialyss et chez dautres patients traits par voie orale par des rsines base daluminium. la symptomatologie de ces patients nest pas dcrite. les concentrations leves daluminium plasmatique chez les patients dialyss sont corrles au fort taux daluminium des solutions de dialyse. les concentrations daluminium plasmatique mesures aprs traitement par voie orale peuvent atteindre les mmes niveaux (Berlyne, Ben-ari et al. 1970).

    parsons et al. (1971) observent, chez des patients insuffisants rnaux en stade terminal, des taux daluminium dans les os jusqu 10 fois plus levs que chez des sujets normaux. les concentrations daluminium osseux sont corrles la dure du traitement par dialyse (parsons, davies et al. 1971).

    une ostomalacie est galement observe chez des patients dialyss depuis 1 4 ans et atteints dencphalopathie ; son incidence est diminue lorsque leau de dialyse utilise contient des teneurs en aluminium diminues, ce qui a galement pour consquence de baisser les taux daluminium dans le srum des patients (Ward, Feest et al. 1978).

    alfrey et al. (1972) dcrivent un syndrome neurologique fatal chez des insuffisants rnaux chroniques hmodialyss ; ils proposent alors une tiologie commune ces diffrents cas, lie au taux daluminium dans les solutions de dialyse. en 1976, ils observent des cas dencphalopathie de cause inconnue chez des patients hmodialyss et ayant reu des gels chlateurs de phosphate, base daluminium (alfrey, leGendre et al. 1976). trois groupes sont compars : un groupe contrle, un groupe de patients dialyss non symptomatiques et un groupe de patients dialyss ayant dvelopp une encphalopathie (9 14 personnes par groupe). les auteurs mettent en vidence une forte concentration daluminium dans les muscles, les os et le cerveau des patients dialyss. les concentrations mesures chez les contrles, les dialyss asymptomatiques et les dialyss dveloppant une encphalopathie sont respectivement de 1,22 ; 10,34 et 23,6 mg al/kg de muscle, 2,39 ; 37,4 et 98,5 mg/kg dos trabculaire sec et 2,18 ; 6,50 et 24,98 al/kg de matire sche dans la matire grise corticale. les taux tissulaires sont corrls la dure de dialyse.

    les analyses travers plusieurs centres de dialyse montrent que lapparition des symptmes lis lencphalopathie de dialyse est dautant plus prcoce que les quantits cumules daluminium via les soluts de dialyse sont leves (schreeder et al. 1983).

    ces cas dencphalopathies ont pu disparatre grce lutilisation de dferoxamine chlatant laluminium puis de solutions dpltes en aluminium et le remplacement des gels chlateurs de phosphate base daluminium par des gels base de carbonate de calcium (sprague et al., 1986 ; Klein, 1986).

  • valuation du risque li l utilisation de l aluminium dans les produits cosmtiques 25

    Chez ladulte fonction rnale normale

    chez des patients recevant de faon chronique une alimentation par voie parentrale riche en aluminium, une accumulation daluminium a galement pu tre mise en vidence, avec un effet possible sur la for-mation osseuse (Klein et al., 1982).

    dans un groupe comprenant 17 patients ne recevant pas daluminium et un groupe de 11 patients en ayant reu pendant 6 12 mois, on observe une augmentation des taux daluminium dans le plasma, les urines et dans les os des patients traits, associe une ostomalacie. la dose dexposition en aluminium est estime par les auteurs 2,3 3,5 mg al/j. soit, si lon rapporte ces valeurs un poids corporel de 60 kg, 38 58 g al/kg pc./j. (Klein et al., 1982).

    chez un patient, le remplacement dun traitement de 24 mois riche en aluminium par un autre appauvri en aluminium permet la formation osseuse de reprendre puis la fixation de laluminium de prendre fin, aprs plus de 4 ans (ott, maloney et al. 1983).

    aucune accumulation dans los nest observe chez six patients adolescents ou adultes, lors de traitements long terme avec des soluts pour alimentation par voie parentrale contenant de faibles taux dalumi-nium (16 42 g al/l) (Heyman, Klein et al., 1986). si lon considre un volume administr de 2 3 litres par jour, la concentration sans effet observ pourrait correspondre un maximum de 2 g al/kg pc./j.

    par ailleurs, chez ladulte recevant une alimentation par voie parentrale, la dose daluminium de 60 g al/kg pc./j. provoque une accumulation daluminium dans les tissus et une ostomalacie (Klein, 1990).

    Chez lenfant prmatur

    des atteintes du systme nerveux central ont galement t observes chez des enfants prmaturs recevant des quantits importantes daluminium via une alimentation par voie parentrale. dans une tude sur les effets de laluminium dans lalimentation par voie parentrale, les taux daluminium plasma-tique et urinaire ont t mesurs chez 18 enfants prmaturs et aliments par voie intraveineuse (iv), et 8 enfants ns terme. les taux plasmatiques daluminium chez les enfants ns terme et les enfants prmaturs sont respectivement de 5,2 et 36,8 g al/l. vingt-trois prmaturs ont t autopsis la suite dun dcs li diverses pathologies. pour 6 dentre eux, aliments par voie iv pendant au moins trois semaines, les concentrations osseuses en aluminium sont dix fois plus leves que celles des enfants nayant pas reu dalimentation parentrale (sedman et al., 1985).

    vingt enfants prmaturs ou ns terme (de 29 41 semaines) ont t aliments par voie parentrale avec des soluts 144 ou 306 g al/l (Koo et al., 1986). ces doses correspondant 15 30 g/kg pc./j., laluminium se fixe dans les os, comme le montrent les observations microscopiques rapportes aprs marquage.

    Bishop et al. (1997) ont tudi le dveloppement neurologique au 18e mois chez des enfants ayant reu une alimentation faible teneur (5 g al/kg pc./j.) ou fort teneur en aluminium (45 g al/kg pc./j.) pendant plus de 10 jours (Bishop et al., 1997). les 39 enfants ayant reu les soluts riches en aluminium prsentent un score de dveloppement mental de Bayley plus faible que les 41 enfants ayant reu les soluts faible teneur en aluminium (92 versus 102).

  • 26 afssaps - rapport dexpertise - septembre 2011

    dans une tude chez 22 enfants prmaturs aliments par voie parentrale pendant 3 semaines et 19 enfants ns terme, la dose de 3 6 g al/kg pc./j. ninduit pas de modification de la formation osseuse (naylor et al., 1999). cette dose est considre comme sans risque pour ces deux populations.

    ainsi, sur la base des donnes de toxicit et daccumulation de laluminium chez linsuffisant rnal ou lenfant, lAmerican Society for Clinical Nutrition et le Groupe de travail de lAmerican Society for Parenteral and Enteral Nutrition (Klein, alfrey et al. 1991) ont dfini trois intervalles de doses caractrisant un risque pour ces populations lors dexposition par voie parentrale :

    sans risque (1-2 g/kg pc./j.) ; risque daccumulation (15-30 g/kg pc./j.) ; toxique (60 g/kg pc./j.).

    la Fda a limit la teneur en aluminium pour tous les soluts utiliss dans lalimentation parentrale 25 g/l et en recommandant de ne pas dpasser 5 g al/kg pc./j. (Fda, 2010).

    4.1.3.4. Gnotoxicit

    plusieurs composs de laluminium (acetylactonate, lactate, maltolate, fluorure, silicate, chlorure hexa-hydrate, aluminosilicate) ont montr une absence de potentiel gnotoxique dans le test dames (utilisant de nombreuses souches de Salmonella typhimurium et dEscherichia coli). les tests de mutations gniques sur cellules de mammifres sont aussi ngatifs avec le chlorure daluminium.

    lion al3+ interagissant directement avec ladn, les sels qui le librent ont pu se rvler clastognes in vitro et in vivo forte dose. lexpertise mene par leFsa a cependant considr que cet effet est probablement non pertinent pour lHomme expos par la voie alimentaire.

    4.1.3.5. Cancrogense

    Donnes exprimentales

    leFsa, dans son avis de 2008, considre que la base de donnes sur la cancrogense des composs aluminiques est limite. Dans ltude la plus rcente, rien na indiqu un quelconque potentiel cancrogne chez des souris ayant reu du sulfate daluminium et de potassium ajout fortes doses dans lalimentation. Globalement, le groupe scientifique a conclu quil est improbable que laluminium soit cancrogne chez lHomme aux doses alimentaires pertinentes (eFsa, 2008).

    les tudes exprimentales sont succinctement rsumes dans les paragraphes suivants.

    chez le rat, trait pendant 2 2,5 ans par le sulfate daluminium et de potassium dans leau de boisson, une augmentation de lincidence des tumeurs est observe 1,2 mg al/kg pc./j. le type de tumeurs et lapport en aluminium dans laliment de base ne sont pas spcifis (schroeder, 1975).

    chez le rat expos pendant 2 ans par la nourriture un mlange de phosphure daluminium et de car-bonate dammonium dgageant de lhydrogne phosphor et apportant 1,4 mg al/kg pc./j., aucune augmentation de lincidence de tumeurs nest observe (Hackenberg, 1972 ; eFsa, 2008).

    aprs exposition au sulfate daluminium et de potassium par leau de boisson, raison de 1,2 mg al/kg pc./j. pendant 2 2,5 ans, lincidence des tumeurs solides et des leucmies augmente chez les souris les femelles.

  • valuation du risque li l utilisation de l aluminium dans les produits cosmtiques 27

    une seule dose est cependant tudie et les rsultats manquent de prcision (schroeder et mitchener, 1975 ; eFsa, 2008).

    ladministration orale chez la souris de sulfate daluminium et de potassium pendant 20 mois ne montre aucune augmentation du nombre de tumeurs ni aucune lsion prolifrative, aucune des 4 doses testes (jusqu 850 mg al/kg pc./j.). ces rsultats permettent de conclure labsence de potentiel cancrogne du sulfate daluminium et de potassium chez la souris dans cette tude (oneda, takasaki et al. 1994 ; eFsa 2008).

    en conclusion, les donnes exprimentales chez lanimal de laboratoire montrent que les sels daluminium, en cas dexposition par voie orale, ne sont pas cancrognes.

    Donnes pidmiologiques

    chez lHomme, des tudes pidmiologiques tablissant une relation entre lexposition professionnelle aux poussires daluminium et les cancers du poumon et de la vessie ont conduit le centre international de recherche sur le cancer (circ) classer la production daluminium dans le groupe 1 des cancrognes (cancrognes pour lHomme) (circ, 1987). cependant, il est gnralement admis quen milieu professionnel, dautres facteurs pourraient participer au processus de cancrogense, dont les hydrocarbures aroma-tiques, les amines aromatiques, les composs nitrs et lamiante. ce type dexposition des particules daluminium, dans ce cadre professionnel spcifique, nest pas pertinent pour la question examine dans ce rapport.

    Relation avec le cancer du sein

    la suite de publications incriminant lutilisation des antitranspirants dans laugmentation de lincidence des cancers du sein, en particulier ceux situs dans le quadrant supro-latral (darbre, 2003 ; Harvey et darbre, 2004), la question de la relation entre ces cancers et lexposition aux antitranspirants a suscit des controverses scientifiques.

    en faveur de cette hypothse, on a voqu lge prcoce dapparition des cancers chez les utilisateurs dantitranspirants, la localisation de ces cancers, proche du site dapplication des antitranspirants, laction strognique de laluminium sur la ligne de cellules tumorales mammaires mcF7 et la progression concomitante des ventes dantitranspirants et de lincidence des cancers du sein (mcGrath, 2003 ; darbre, 2005 ; mcGrath, 2009). aucun lien de causalit nest cependant montr.

    pour certains auteurs, la nature tissulaire du quadrant supro-latral du sein, plus dense que les autres zones, pourrait expliquer une plus forte incidence de lsions pr-cancreuses et cancreuses dans ce quadrant compar aux autres (lee, 2005).

    namer et al. (2008) ont revu et analys la littrature (11 publications) sur ce sujet, soit :

    6 revues gnrales (avec des conclusions contradictoires ou napportant pas dlments nouveaux) ; 3 tudes exprimentales (une tude in vitro sur rcepteurs oestrogniques et 2 tudes de cas isols de pntration transcutane de laluminium) ;

    1 tude rtrospective sans bras comparateur (437 patients ayant survcu un cancer du sein) ; 1 tude pidmiologique cas-tmoins (n=1606, dont 813 cas et 793 tmoins).

  • 28 afssaps - rapport dexpertise - septembre 2011

    selon ces auteurs, il nexiste aucune tude prospective et aucune des tudes slectionnes ne prend en compte les facteurs de risque actuellement reconnus du cancer du sein.

    le niveau de preuve est globalement faible, mise part ltude cas-tmoins (mirick et al., 2002), seule tude pidmiologique rigoureuse sur le plan mthodologique.

    en effet cette dernire tude cas-tmoin inclut 813 cas de cancer du sein (diagnostiqus dans ltat de Washington entre novembre 1992 et mars 1995) et 793 tmoins apparis sur lge.

    lanalyse multivarie a t ralise parmi les sujets dclarant avoir utilis au moins une fois dans la vie une mthode dpilation des aisselles (soit plus de 90 % des 1 606 sujets inclus).

    aucune des pratiques tudies (usage exclusif dantitranspirants ou dodorants, usage rgulier danti-transpirants et/ou dodorants ou utilisation dans lheure suivant lpilation) na eu dimpact sur le risque de cancer du sein (odds ratios entre 0,9 et 1,2, non significatifs, ajusts pour les principaux facteurs de risque connus). cependant, la variable utilise ever regularly use tant binomiale (oui/non), ltude ne permet pas de prendre en compte lintensit de cette utilisation rgulire ainsi que la dure, ce qui pourrait masquer une diffrence entre les cas et les tmoins. sachant que lutilisation de ces produits est trs rpandue, il aurait t prfrable de considrer cette variable en classes (soit tous les jours, quelques fois par semaine, une fois par semaine) pour pouvoir calculer lodds ratios pour chacune de ces classes.

    les auteurs de cette revue de la littrature (namer et al., 2008) ont mis en vidence toutes les limites des tudes publies en faveur du lien entre cancer du sein et exposition aux antitranspirants : faibles chan-tillons, biais mthodologiques, absence de groupes comparateurs et difficults de transposition des modles cellulaires. par contre, les ventuelles limites de ltude cas-tmoin nont pas t discutes.

    nanmoins, cette publication napporte pas non plus dlments dfinitifs pouvant tayer la conclusion des auteurs prsente dans le titre lutilisation de dodorants/antitranspirants ne constitue pas un risque de cancer du sein , savoir que la question pose du lien entre utilisation de dodorants/anti-transpirants et risque de cancer du sein est sans intrt en termes de sant publique .

    si la conclusion laquelle aboutissent namer et al. (2008) semble rassurante, elle naborde pas la com-posante multifactorielle du cancer du sein et les tudes analyses ne permettent pas dexclure dfiniti-vement le lien entre les antitranspirants contenant les sels daluminium et ce risque.

    il nen demeure pas moins que les donnes existantes ne permettent pas dtablir un faisceau darguments en faveur dun lien de causalit entre aluminium et cancer du sein.

    linstitut national du cancer aux tats-unis (2008)(5) a galement abouti des conclusions similaires : le lien entre exposition laluminium et cancer repose sur des donnes peu nombreuses et toutes trs discutables mthodologiquement. aucun lment nest actuellement suffisant pour qualifier laluminium de cancrogne.

    en conclusion, lanalyse critique des donnes pidmiologiques et des tudes chez lanimal na pas permis de mettre en vidence un lien entre cancer et exposition laluminium par voie orale. de plus, aucun lment pertinent ne permet non plus de considrer lexposition par voie cutane laluminium comme prsentant un risque cancrogne. toutefois, des tudes pidmiologiques complmentaires restent ncessaires pour appuyer cette conclusion.

    (5) institut national pour le cancer (2008). antiperspirants/deodorants and Breast cancer : questions and answers, 01 avril 2008. http://www.cancer.gov/cancertopics/factsheet/risk/ap-deo

  • valuation du risque li l utilisation de l aluminium dans les produits cosmtiques 29

    4.1.3.6. Conclusion relative la caractrisation du danger de laluminium

    les nombreux composs de laluminium prsentent des proprits chimiques variables qui peuvent condi-tionner la ractivit de ces composs.

    Faiblement absorbs par voie orale partir de leau (environ 0,3 %) et laliment (environ 0,1 %), ces com-poss semblent galement peu absorbs par voie cutane, daprs lanalyse critique de ltude prsente dans ce rapport. les rsultats dabsorption cutane in vitro, fortement variables, conduisent utiliser la valeur de 0,5 % pour labsorption sur peau normale et 18 % pour labsorption sur peau lse.

    par voie orale, laluminium prsente une toxicit faible, bien que variable selon le compos, (dl50 de 164

    980 mg al/kg pc.).

    le potentiel irritant de laluminium est insuffisamment caractris chez lanimal ; les composs de laluminium peuvent tre corrosifs jusqu peu ou pas irritants. des cas dirritations cutanes ont t observs chez des patients traits avec de fortes concentrations en sels daluminium pour une hyperhydrose. des don-nes complmentaires seraient ncessaires pour mieux contrler les risques dirritation des produits contenant ces sels. les cas de sensibilisation sont galement rares.

    aprs administration daluminium doses rptes, des effets neurotoxiques ainsi que des effets sur les testicules, lembryon et le dveloppement du systme nerveux sont observs chez lanimal (eFsa, 2008b). en ce qui concerne la noael, lafssaps estime plus pertinente de retenir la valeur de 22 mg/kg pc./j. (obtenue dans une tude chez le chien et base sur une diminution du poids corporel et de modifications histopathologiques du rein et du foie) que celle de 10 mg/kg pc./j. retenue par leFsa.

    les effets de laluminium chez lHomme (neurotoxicit, atteinte osseuse, anmie) sont bien connus chez les insuffisants rnaux exposs de faon chronique, ainsi que chez les prmaturs aliments par voie parentrale. la dose maximale de 5 g al/kg pc./j. est considre sans risque daccumulation par la Fda pour lutilisation de soluts par voie parentrale pour deux populations dont la fonction rnale est dimi-nue : les enfants prmaturs et les insuffisants rnaux.

    leFsa a considr que les rsultats de gnotoxicit observs ne sont probablement pas pertinents pour lHomme expos par la voie alimentaire. en effet, les tudes chez lanimal ne mettent pas en vidence de potentiel cancrogne. les donnes pidmiologiques disponibles ntablissent pas non plus de lien entre lexposition par voie cutane laluminium et le cancer. aucun lment nest actuellement suffisant pour considrer laluminium comme cancrogne.

    4.1.3.7. Conclusion sur le choix de la valeur toxicologique de rfrence (VTR)

    VTR relative aux effets osseux et neurotoxiques

    la dose de 5 g al/kg pc./j. est considre sans risque daccumulation de laluminium pour les patients aliments par voie parentrale par la Fda. il est entendu que cette dose est spcifique de populations particulires, mais dont la protection pourrait assurer celle de la population gnrale. il est noter quau-cune vtr nest drive de la population gnrale.

    afin dutiliser une telle dose dans lvaluation du risque pour la population gnrale expose aux produits cosmtiques, il convient de prendre en compte une marge de scurit. celle-ci peut tre limite 10, valeur du facteur de scurit pour les variations interindividuelles.

  • 30 afssaps - rapport dexpertise - septembre 2011

    VTR relative aux autres effets systmiques

    la variabilit dans les rsultats observs chez lanimal trait par diffrentes formes daluminium et les dfauts mthodologiques de certaines tudes rendent difficile le choix dune valeur toxicologique de rfrence.

    en 2008, afin de proposer une dose hebdomadaire tolrable provisoire (dHtp) pour laluminium, leFsa a publi une analyse complte de la littrature (eFsa 2008) et a fond son valuation sur une combinaison des lments apports par plusieurs tudes menes chez la souris, le rat et le chien, par voie orale. lafssaps a choisi de ne pas retenir ltude donnant lieu la plus faible noael de 10 mg/kg pc./j. chez la souris, juge non pertinente, et de retenir une noael de 22 mg/kg pc./j. observe dans une tude sur 26 semaines chez le chien.

    en labsence de comparaison possible entre les toxicocintiques chez lanimal et chez lHomme et en raison de la biodisponibilit importante du lactate et du chlorure daluminium gnralement utiliss dans les tudes, leFsa a jug suffisante lutilisation dun facteur de 10 pour la variabilit inter-espce et dun facteur de 10 pour la variabilit intra-espce. tant donn labsence de mtabolisme des composs de laluminium, le choix dun facteur pour la variabilit intra-espce pourrait tre discut. un facteur sup-plmentaire pourrait cependant tre pris en compte, pour tenir compte de la variabilit de labsorption selon le compos aluminique. les temps ncessaires llimination des sels daluminium sont galement trs variables, selon les capacits dlimination. en effet, le temps de rtention dans lorganisme semble plus long chez lHomme que chez les rongeurs ; cependant il existe peu dinformations permettant dex-trapoler les donnes des rongeurs lHomme (eFsa, 2008). des marges de scurit infrieures pourraient tre envisages, en se fondant sur des donnes complmentaires et comparatives par compos alumi-nique. en ltat des connaissances actuelles, une marge de 100 reste ncessaire dans lvaluation du risque li lensemble des composs de laluminium.

    dans le cadre de lvaluation du risque li lexposition aux produits cosmtiques, la noael de 22 mg al/kg pc./j. est retenue, pour prendre en compte les effets systmiques sur le poids corporel, les testicules, le foie ou le rein, observs chez lanimal. cette dose est module par labsorption par voie orale estime 0,1 % pour obtenir la dose systmique correspondante, de 22 g/kg pc./j.

    4.2. Exposition

    4.2.1. Historiquelaluminium est utilis pour ses proprits antitranspirantes depuis le dbut du XXe sicle. commercialis ds 1902 aux tats-unis sous forme de chlorure daluminium, il posait des problmes de formulations (liquides, peu pratiques pour lusage), de tolrance locale (irritation de la peau) et de dtrioration des vtements ports, en raison de sa forte acidit (pH de 2,5 3). la formulation a rapidement t amliore : crme base de sulfate daluminium, ajout dure ou de glycine comme tampons de lacidit, utilisation de formes moins acides (lactates, formates, alun) se rvlant moins efficaces. en 1940, lutilisation du chlorohydrate daluminium, dont le pH est plus lev, permet de rduire le potentiel irritant. par ailleurs, sa forme solide le rend utilisable dans des formulations plus varies.

    dautres usages sont prsents dans le tableau 7.

  • valuation du risque li l utilisation de l aluminium dans les produits cosmtiques 31

    4.2.2. Exposition par voie cutane

    4.2.2.1. Estimation des doses dexposition externe

    parmi les produits cosmtiques, les dodorants et antitranspirants reprsentent une source majeure dexposition laluminium, en raison des concentrations relativement leves en aluminium (voir tableau 7) et de leur frquence dutilisation qui peut tre quotidienne.

    par ailleurs, les proccupations sanitaires ont pu porter sur ce type de produit, comme lnonait la saisine de la dGs en 2004.

    ainsi, il a t choisi de porter lattention de lvaluation du risque sur lexposition chronique aux dodorants et antitranspirants.

    afin de dterminer la quantit daluminium laquelle est expos lutilisateur de produits cosmtiques, les recommandations du cssc (sccp, 2006) ont t utilises. celles-ci indiquent une surface traite de 100 cm2, et une quantit de 0,5 g de produit par jour pour un dodorant, assimilable un antitranspirant en terme de quantit.

    cette quantit est cohrente avec les donnes issues dune tude ralise aux tats-unis chez des utili-sateurs de produits cosmtiques (loretz, api et al., 2006). la quantit moyenne quotidienne utilise par les 340 personnes du groupe utilisant un antitranspirant est de 0,79 g (moyenne gomtrique est de 0,56 g et au 90e percentile elle est de 1,70 g).

    les reprsentants de lindustrie cosmtique en France ont t interrogs en mars 2007 sur lutilisation de laluminium. leurs rponses sont rassembles dans le tableau 7. parmi les composs de laluminium utiliss dans les cosmtiques (chlorure daluminum, lhydroxybromure daluminum, laluminum zirconium tricho-lorohydrex glycine, etc.), le chlorohydrate daluminium est lun des plus frquents.

    les diffrents types de produits contenant de laluminium sont indiqus dans le tableau 7.

    laluminium est utilis pour diverses fonctions, dans plusieurs catgories de produits :

    antitranspirant, sous diffrentes formes ; abrasif, dans des produits dentaires, ou des produits de soin pour le visage et le corps ; agent de viscosit, dans des produits de soin et des produits de maquillage ; absorbant dans des masques pour le visage (le silicate daluminium peut tre utilis jusqu 80 % pour cet usage).

    utilis comme antitranspirant, laluminium est surtout sous forme de chlorohydrate, mais on utilise aussi laluminium capryloyl glycine, le sesquichlorohydrate daluminium, lhydroxychlorure daluminium ou encore le chlorure daluminium. le chlorohydrate daluminium est prsent sous diffrentes formes de produits cosmtiques : arosol ( spray ), bille ( roll-on ), ou stick , dans lesquels il est utilis 5 %, 15 % et 20 % respectivement (tableau 7).

  • 32 afssaps - rapport dexpertise - septembre 2011

    Tableau7:Concentrationdutilisationdesselsdaluminiumdanslesdiffrentescatgoriesdeproduitscosmtiques,daprslesreprsentantsdesIndustriesdusecteurcosmtique(donnes,2007)

    Catgorie de produits cosmtiques

    Sel daluminiumNom INCI Usages

    Concentrations maximales en sel

    dodorants et antisudoraux

    aluminium chlorohydrate antitranspirant

    Jusqu 20 %( spray : 5 % roll-on : 15 % stick : 20 %)

    aluminium capryloyl glycine antitranspirant 1 %potassium alum (sulfate daluminium et de potassium) antitranspirant nc

    aluminium sesquichlorohydrate (de 2,5 3 %) + aluminium capryloyl glycine* (de 1 2 %)

    antitranspirant 3,5 5 %

    Hydroxychlorure daluminium dodorant 5 %produits pour le rasage potassium alum agent apaisant nc

    crmes, mulsions, lotions, gels et huiles pour la peau

    aluminium starch octenylsuccinate agent de viscosit 1 5 %

    aluminium sulfate astringent 0,17 %magnsium aluminium silicate agent de viscosit 2 %

    masque de beaut aluminium starch octenylsuccinate absorbant 20 %

    Fonds de teint magnsium aluminium silicate epaississant 1,3 %produits de maquillage et dmaquillage du visage et des yeux

    magnsium aluminium silicate epaississant 0,8 2,4 %

    produit de maquillage du visage

    Hydroxychlorure daluminium agent astringent- visage 1,5 %

    oxyde daluminium (alumina) agent de support des laques de colorants

    ongles : 2 %visage et lvres :

    3 %yeux : 10 %

    oxyde daluminium (alumina)Hydratant, agent de support des poudres-visage

    2 %

    crmes de soin pour le corps et le visage starates daluminium agent paississant 3 %

    produits de soins pour le visage et le corps silicate daluminium (argile)

    agent abrasif, absorbant et hydratant 10 %

    masque de beaut silicate daluminium (argile) 60 80 %

    produits solaires Hydroxyde daluminium agent denrobage du dioxyde de titane 1,5 %

    produits pour soins dentaires et buccaux oxyde daluminium (alumina) abrasif 3 5 %

    dentifrices fluors Fluorure daluminium 1 %

    colorantHydroxyde daluminium 1 %oxyde daluminium 1 %silicate daluminium 1 %

    *aluminium capryloyl glycine : capryloyl glycine + aluminium hydroxydenc : non communiqu

  • valuation du risque li l utilisation de l aluminium dans les produits cosmtiques 33

    4.2.2.2. Calcul de la dose dexposition systmique (SED) relative lutilisation dantitranspirant

    les recommandations du cssc et de locde incitent utiliser la dose absorbable, incluant la dose ayant rellement pntr travers la peau 24 h ainsi que la dose subsistant dans les couches viables de celle-ci, pour tenir compte dun effet rservoir de la peau. dans le cas de laluminium, au vu du stockage potentiel pendant de longues dures dans diffrents organes, il apparat dautant plus ncessaire de considrer cette rserve.

    ainsi, les quantits lies lexposition quotidienne au chlorohydrate daluminium sont estimes dans deux cas :

    scnario 1 : cas classique, dune peau normale, sans occlusion, le taux dabsorption de 0,5 % est utilis ;

    scnario 2 : cas, dune peau lse avec occlusion, peut tre reprsentatif dune partie des cas dexposition raisonnablement prvisibles, lorsque la peau a t rase auparavant, ou pile la cire, ou encore comporte des micro-coupures. la variabilit des modifications de la peau provoque par le rasage est cependant difficile estimer. le taux de 18 %, issu des rsultats in vitro sur peau strippe , est utilis pour ce scnario.

    le chlorohydrate daluminium al2cl(oH)

    5, 2H

    20

    a une masse molaire de 210 g/mol. celle de laluminium est

    de 26,98 g/mol. laluminium reprsente donc 25,7 % du chlorohydrate daluminium.

    ainsi, pour une application quotidienne de 0,5 g de produit base de 20 % de chlorohydrate daluminium (soit 5 % en aluminium), lexposition quotidienne en g al/kg pc./j. est de :

    0,5 x 1 000 x 20 % x 25,7 % x 1 000/60

    soit 428 g al/kg pc./j.

    lestimation des quantits daluminium absorb via une exposition quotidienne un antitranspirant contenant 20 % de chlorohydrate daluminium est prsente dans le tableau 8 ci-dessous. selon le premier scnario, la dose systmique est de 2,1 g/kg pc./j. ; selon le deuxime scnario, elle est de 75 g/kg pc./j.

    Tableau8:Expositionsystmiquelaluminiumparunantitranspirant

    Quantit applique(mg)

    exposition quotidienne en g Al/kg pc.

    Dose dexposition systmique(g Al/kg pc./j)

    Produit chlorohydrate daluminium Alabsorption

    0,5 %absorption

    18 %500 100 25,7 428 2,1 75

    cette estimation de lexposition systmique se limite celle des antitranspirants. lexposition lensemble des produits cosmtiques reste prciser ultrieurement.

  • 34 afssaps - rapport dexpertise - septembre 2011

    4.2.2.3. Estimation de lexposition par leau et laliment

    afin de disposer de donnes comparatives, les lments dexposition laluminium dorigine alimentaire sont mentionns ici, sans tre pris en compte dans la suite de lvaluation du risque.

    le rapport de leFsa publi en 2008 rapporte lexposition laluminium alimentaire. celle-ci a pu tre tablie partir de plusieurs tudes sur les comportements alimentaires dans diffrents pays deurope ; laluminium prsent dans lalimentation provient de diverses sources (matires premires contenant natu-rellement de laluminium, additifs alimentaires, et pendant les oprations de transformation et stockage via les matriaux au contact des denres alimentaires contenant de laluminium).

    en europe, lexposition totale laluminium par voie alimentaire est estime de 0,2 1,5 mg al/kg pc./semaine pour un adulte de 60 kg (soit 0,03 0,2 mg al/kg pc./j.). les donnes franaises estiment lexposition des enfants de 3 15 ans au 97,5e percentile, 0,7 mg al/kg pc./semaine (soit 0,1 mg al/kg pc./j.) et celle des adultes 0,4 mg al/kg pc./semaine (soit 0,06 mg al/kg pc./j.) (eFsa 2008).

    en France, en considrant une absorption par voie orale de 0,1 %, on peut donc estimer que lexposition systmique est de 0,1 g/kg pc./j. pour les enfants et 0,06 g/kg pc./j. pour les adultes. lexposition est cependant trs variable au sein de la population (eFsa, 2008).

  • valuation du risque li l utilisation de l aluminium dans les produits cosmtiques 35

    5. evaluation du risquecomme mentionn plus haut, il a t choisi de porter lattention de lvaluation du risque sur lexposition chronique aux dodorants et antitranspirants, en raison des concentrations relativement leves en aluminium et de la frquence dutilisation de ces produits qui peut tre quotidienne.

    5.1. Tolrance localeBien que les cas notifis soient rares, lapplication dantitranspirants contenant certaines formes daluminium semblent pouvoir induire des irritations de la peau. les composs chloro-aluminiques ragissant avec leau pour librer des quantits variables dacide chlorhydrique, certains dentre eux sont corrosifs (alcl

    3

    anhydre) ou irritants (formes partiellement hydrolyses). les donnes toxicologiques sont cependant insuffisantes pour caractriser ce danger.

    5.2. Risques lis aux effets systmiques

    5.2.1. Cancrogensecomme cela est discut dans la partie cancrogense , sur la base des donnes actuelles disponibles, lexposition laluminium par voie cutane ne peut pas tre considre comme prsentant un risque cancrogne.

    5.2.2. Autres effets systmiques Effets osseux et neurotoxicit

    la dose de 5 g al/kg pc./j. pourrait tre retenue comme une dose de rfrence pour les effets neuro-toxiques et osseux chez lHomme. la marge de scurit doit tre suprieure 10 dans la mesure o le facteur de scurit de 10 relatif la variabilit inter-espce nest pas ncessaire.

    les expositions par voie cutane ont t estimes selon deux scnarios : un premier scnario correspon-dant labsorption par une peau normale, avec un taux de 0,5 %, et un deuxime scnario considrant un taux dabsorption maximalis 18 % correspondant aux conditions dexposition dune peau lse sous occlusion.

    dans le cas du scnario 1 (exposition quotidienne 0,5 g de produit 20 % en chlorohydrate daluminium sur peau normale, ou 5 % en aluminium), la dose dexposition systmique (sed) est de 2,1 g al/kg pc./j.

    la marge de scurit (valeur de rfrence chez lHomme/sed) calcule est la suivante :

    mos = 5/2,1 = 2,4

    la marge de scurit est infrieure 10.

    pour atteindre une marge de scurit suffisante de 10, la concentration maximale en chlorohydrate daluminium dans le produit devrait tre de 4,65 % (soit 1,2 % en aluminium).

    dans le cas du scnario 2 (exposition quotidienne 0,5 g de produit 20 % en chlorohydrate daluminium sur peau lse avec occlusion), lexposition systmique de 75 g al/kg pc./j. est suprieure de 15 fois la valeur de rfrence chez lHomme.

  • 36 afssaps - rapport dexpertise - septembre 2011

    afin de protger le consommateur des risques osseux et neurotoxiques lis une application rgulire long terme, il conviendrait donc de limiter la concentration daluminium dans les produits cosmtiques 1,2 % et de prvenir toute utilisation sur peau lse.

    Autres effets toxiques chez lanimal

    les tudes toxicologiques disponibles ont permis de retenir une noael de 22 mg al/kg pc./j. par voie orale. elle est fonde sur une diminution du poids corporel et des modifications histopathologiques au niveau du rein et du foie dans une tude sur 26 semaines chez le chien.

    les expositions par voie cutane ont t estimes pour deux scnarios : scnario 1, correspondant labsorption par une peau normale, avec un taux de 0,5 %, et scnario 2, considrant un taux dabsorption maximalis 18 % correspondant aux conditions dexposition dune peau lse sous occlusion.

    lutilisation de donnes animales implique lemploi dune marge de scurit (mos) afin de dterminer un niveau dexposition acceptable pour le consommateur. la marge de scurit doit tre suprieure ou gale 100.

    les marges de scurit sont calcules en fonction des 2 scnarios.

    dans le cas de laluminium o labsorption par voie orale est particulirement faible, il convient de moduler la noael voie orale par le taux dabsorption par cette voie.

    pour lutilisateur de produits cosmtiques base daluminium, une dose dexposition systmique acceptable peut tre dtermine sur la base de la noael de 22 mg al/kg pc./j., corrige par la faible absorption orale de 0,1 %, soit 22 g al/kg pc./j.,

    les marges de scurit (= noael x absorption voie orale/sed) calcules sont prsentes dans le tableau suivant :

    Tableau9:Margesdescurit(MoS)

    PARAMETRESCalcul de la MoS pour une absorption cutane correspondant labsorption

    par une peau normale

    Calcul de la MoS pour une absorption cutane correspondant labsorption

    par une peau lseconcentration en aluminium (%) 5

    quantit dexposition quotidienne (g/j) 0,5

    taux dabsorption cutane (%) 0,5 18

    sed (g/kg pc./j.) 2,1 75noael (dose externe) (mg/kg pc./j.) 22

    absorption voie orale (%) 0,1

    noael corrige par labsorption de 0,1 % (dose interne) (g/kg pc./j.)

    22

    mos = noael /sed 10,5 0,3

  • valuation du risque li l utilisation de l aluminium dans les produits cosmtiques 37

    dans le cas du scnario 1 (peau normale) : la marge de scurit est de 10,5. elle est cependant insuffisante puisquinfrieure 100.

    pour atteindre une marge de scurit suffisante de 100, la concentration maximale en chlorohydrate daluminium dans le produit devrait tre de 2 % (arrondi 0,6 % en aluminium).

    dans le cas du scnario 2 (peau lse), la marge de scurit est largement insuffisante quelque soit la concentration retenue.

  • 38 afssaps - rapport dexpertise - septembre 2011

    6. conclusion et recommandationslvaluation des risques lis lutilisation de laluminium dans les produits cosmtiques a t centre sur les antitranspirants, produits susceptibles de contenir des quantits importantes daluminium et dont lutilisation est quotidienne. ces produits avaient par ailleurs soulev des questions sur leur risque cancrogne.

    les conclusions suivantes peuvent tre prises lissue de lvaluation ralise.

    les donnes disponibles ne permettent pas de conclure sur la tolrance locale des antitranspirants contenant des sels daluminium.

    lanalyse des donnes pidmiologiques et des tudes chez lanimal na pas pu mettre en vidence de lien entre cancer et exposition laluminium par voie orale. de plus, aucun lment pertinent ne permet non plus de considrer lexposition par voie cutane laluminium comme prsentant un risque cancrogne.

    partir des donnes chez lHomme, lvaluation du risque a permis de dterminer 1,2 % la concentration maximale en aluminium ne prsentant pas de risque osseux ou neurotoxique, pour une application quotidienne long terme de produit cosmtique.

    cependant, les tudes chez lanimal ont mis en vidence des effets additionnels relatifs lexposition laluminium, qui ne peuvent pas tre exclus de lvaluation du risque. sur la base de ces effets aprs exposition chronique, les marges de scurit calcules sont insuffisantes, ne permettant pas dexclure un risque pour la sant du consommateur. cette valuation du risque a permis donc de conclure que la concentration maximale devrait tre restreinte 0,6 % en aluminium dans les produits antitranspirants.

    En conclusion, afin de limiter le risque li aux effets systmiques de laluminium lors dune exposition chronique, la restriction de la concentration en aluminium 0,6 % dans les produits antitranspirants ou dodorants est propose.

    en ltat actuel des connaissances la limite maximale propose de 0,6 % en aluminium pourrait tre applicable lensemble des formes aluminiques.

    Recommandations de lAfssaps

    par ailleurs, lors de cette valuation du risque, plusieurs points ncessitant de prciser les conditions dutilisation sans risque pour le consommateur ont t soulevs.

    il est noter que la valeur dabsorption cutane retenue dans le cas dune peau lse na pas t utilise dans lvaluation du risque car il nest pas possible de proposer une concentration sans risque pour les consommateurs dans ce cas. cependant, tant donn la forte absorption dans ces condit