Terres de Foy - juin 2010

download Terres de Foy - juin 2010

of 8

  • date post

    06-Mar-2016
  • Category

    Documents

  • view

    236
  • download

    6

Embed Size (px)

description

Journal de la communauté catholique du Pays Foyen

Transcript of Terres de Foy - juin 2010

  • Lagriculture en pays foyen

    foydeterr erJuin2010N7

    JourNaldelacommuNautcatholiqueduPaysFoyeN

    agriculture,

    quels dfis pour demain ?

    Pages2et3

    la passion du mtier

    Page4

    les hospitalits

    vous accompagnent

    Page6

    vnements

    Page8

    Terres de Foyauxchamps

    Choisir de consacrer un dossier lagriculture est, pour un petit journal comme le ntre, une gageure ! Cest pourquoi il sagit plutt pour nous de faire en sorte de nous retrouver tout simplement, plus proches de ceux et celles qui entretiennent la terre de nouste pas et lui font produire le meilleur delle-mme. Nous savons bien que cette agriculture locale est le domaine qui gnre le plus demplois au pays foyen, mais elle est en danger comme elle lest au niveau national, et force est pour nous de constater que nos paysages voient disparatre rapidement levages et cultures tandis que la vigne dominante sinquite, et que des terres redeviennent livres elles-mmes. Pour autant, la capitulation nest pas le dernier mot, lagriculture dici, est sur nos terres fertiles,

    un mtier noble, obligatoire et responsable ! Cest alors une ncessit dintresser les nou-velles gnrations la cration et au travail agricole. Inventer de nouvelles formes dagricul-ture partir de la mmoire de lenseignement et de la tnacit laisse par les anciens. Ces anciens sans illusions sur la ralit qui, souvent avec peu de moyens, la foi cheville au cur et les pieds enfoncs dans la glbe, ont runi des arpents travaillant jusqu pas dheures, pour constituer des proprits et construire ainsi leurs familles. Car le courage agricole reste une parabole essentielle pour lducation de lhomme et son aspiration au vritable bonheur !

    Hugues Walser,prtre en pays foyen ct Gironde

  • Terres de foy2 JuiN2010

    La mutation de lagri-culture na pas cess depuis les annes cin-quante : la modernisation agricole a signifi pour lagriculture lentre dans le monde de lconomie : mcanisation, recours aux banques et la recherche scientifique, pressions de lindustrie chimique et des firmes de lagroa-limentaire, rgne de la concurrence et course au productivisme, monocul-ture gnralise.

    UnetChediffiCiLe

    Nous sommes trs loin du paysan dantan : le pagus gallo-romain, dcoupage administratif local est devenu pais puis pays qui a donn paysan , aujourdhui exploitant agricole. Sur le plan national, les agricul-teurs reprsentent peine

    3 % de la population ac-tive et les terres agricoles disparaissent au rythme de 60 000 hectares par an, urbaniss en zones pa-villonnaires, routes, par-kings, et en cinquante ans le nombre dexploitations a t divis par quatre ! Les spcialistes prdisent la rarfaction des exploi-tations familiales au pro-fit de grosses units fon-cires plus soucieuses de capitaux investir que de terres entretenir et transmettre. ct de cela une troisime voie se fait jour : sur des sur-faces plus modestes, des agriculteurs ou des no-ruraux recourent tantt linnovation, tantt des mthodes anciennes, pri-vilgiant la relation hu-maine, les circuits courts, la transformation de la production sur place. Leur nombre croissant est

    une alternative qui comp-tera lavenir. Notre pays foyen est reprsent dans tous ces cas de figure et Terres de Foy se propose de donner la parole ces acteurs locaux sans lesquels il ny aurait pas la campagne que nous connaissons. Avouons que la tche des agri-culteurs nest pas facile quand il sagit de conci-lier des objectifs aussi divergents que nourrir la population, entretenir les paysages, grer un cheptel, humaniser les-pace rural, protger len-vironnement, respecter la lgislation draconienne, investir pour rester dans la course, quilibrer des budgets pour vivre. Terres de Foy consacrera plu-sieurs dossiers lagri-culture locale en donnant la parole aux premiers concerns, les agricul-

    dossier

    Lamothe-Montravel

    ConfessiondUnetomate

    Lt est l ! moi les tals, cabas, paniers, et assiettes ! Je me prsente Solanum Lycopersicum , de vous moi : tomate !

    Luc Alberti prsente ses tomates.

    Belle, rouge, ronde, charnue, gotue, je mpa-nouis lt, les pieds dans la terre, sur les rives de la Dordogne. Mes pseudo-cousines, les hors-sol, orange, blanches lintrieur, sans got, poussent toute lanne. Mais chut que ceci reste entre nous, sinon on me collerait une tiquette de ringarde !Mais, attention, je suis une tomate moderne, ok ? Je suis de mon temps et pousse dans une serre avec dautres copines, les pieds dans une terre enrichie dhumus biologique et doligo-l-ments, pour membellir encore ! La pollinisation est assure par nos copains les bourdons. Ici pas de pollinisation mcanique, ni chimique : on nous respecte. On installe mme dans ma serre, des petites btes qui mangent les parasites gnants : pas dinsecticides !Tomate daujourdhui, je minforme : jai entendu parler dun conso-acteur : le consommateur devient acteur de la consommation, cest--dire quil rflchit sa responsabilit, son impact sur la plante, sa sant, aux autres ! Merveilleux ! Je rougis !Mais attendons de voir car la ralit, est tout autre.Les hors-sol, franaises ou trangres, sont des coquines botoxes qui ne cotent presque rien. On leur a inocul le gne Rin de longue conser-vation, un truc fou car, depuis, elles nont plus de saveur. Elles poussent dans un pav de laine de roche et, pour les nourrir, on leur pose une voie centrale, petit tuyau de goutte goutte ! Au menu, plusieurs litres dengrais chimiques (nitrate de chaux liquide, ure, nitrate de potasse, acide phosphorique, sulfate de zinc, sulfate de magn-sie) mlangs de leau ! Rsultat ? De lersatz de tomate, produit de remplacement permanent et peu onreux !Pour moi, rien de tel, grce des quipements modernes, on soccupe de moi sans nuire lenvironnement : pas dhormones, pas dherbi-cides, on me nourrit exclusivement de produits biologiques ! Chouchoute par des humains raisonnables, je suis installe chez les Alberti Lamothe-Montravel. Je me prnomme Paola ! Gotez-moi, vous verrez !

    N. Caillloux-Alberti

    Agriculture

    qUeLsdfisPoUrdemain? limage de tous les autres secteurs dactivit, lagriculture franaise traverse une priode de profonde mutation, dadaptation une mondialisation redoutable.

    Calme, discret, travailleur, Albert Beau-gier a eu la chance de prendre une pr-retraite 55 ans, grce au prsident Mitterrand , dit-il. Ctait la condition pour que son fils Bernard puisse prendre la succession son compte. Il commence travailler ds 14 ans dans une forge, puis est salari pendant vingt-deux ans no-tamment chez Castang (station fruitire Gardonne) avant dacheter sept hectares de terres sur lesquelles il cultive princi-palement des fraises avec laide active de sa femme. Son compte de trimestres atteint, il prend donc une retraite bien mrite. Mais comment vivre sereinement sa retraite quand on voit son fils travailler tous les jours, sans compter ses heures, dans ce qui est devenu un verger de pommiers ? Alors Albert aide, remonte sur le tracteur, continue faire tous les papiers administratifs, conseille et pense

    bien souvent la nuit ce quil faudrait faire le lendemain. Il estime faire un mi-temps. Il souhaite que a marche pour son fils et se culpabiliserait de ne rien faire pour laider. Il y a une seule chose que sac-corde Albert : faire de la voile comme il le fait depuis lge de 29 ans. Il part alors Arcachon retrouver son voilier de 6,50 m. Srement un bon moyen pour se vider la tte. Albert reconnat que sa retraite lui permet de vivre correctement, sans plus. Srement plus facilement que les agricul-teurs retraits qui nont jamais t salaris.

    M.F. Rossignol

    Agriculteur retrait

    aLbertremontesUrLetraCteUrAlbert Beaugier est retrait, oui, mais pas inactif. Cest comme a dans le monde agricole.

    Albert, son fils Bernard et son petit-fils.

  • Terres de foy 3JuiN2010

    teurs qui traversent tous, plus ou moins, une p-riode de grandes difficul-ts. La viticulture, si pr-sente dans notre rgion, fera lobjet dun dossier spcifique. travers ces tmoignages du terrain, nous dcouvrirons des

    situations trs diverses, des pratiques tradition-nelles aux formes les plus innovantes, limage de femmes et dhommes en difficult mais qui rsis-tent, sadaptent, fidles leurs valeurs de travail, de savoir, de recherche,

    damour de la terre, de transmission, gestion-naires de la production et de plus en plus conscients de la fragilit de la nature et de la prservation des cosystmes.

    A. Bertoni

    dossier

    Les jeunes amis du terroir

    desagriCULteUrsCratifs

    Christian Pallard

    LinventiondansLesvergers

    Rencontre avec Audric Sorges, responsablede lassociation Les jeunes amis du terroir dans le canton de Pellegrue.

    Lagriculture, un grand chantier

    - Qui sont les membres de cette association ?- Une quinzaine de jeunes exploitants ou salaris en agriculture du pays se rencontrent chaque mois librement chez chacun, tour de rle.- Quel est lobjectif de vos rencontres ?- Nos rencontres permettent de partager sur le devenir de notre profession, notamment dtre cratifs, de faire quelque chose de diffrent, dtre au fait de la politique agricole, des modes dagriculture, de production, des faons de vendre, et dessayer malgr tout de ne pas tre passifs devant les lois si complexes du march.

    - Vous organisez, le 24 juillet, une fte du terroir et un march nocturne sous la halleOui, en lien avec La bande Lo , association patrimoniale dEntre-deux-Mers. Une journe en-tire de marche et de dcouverte de lagriculture et du patrimoine dans notre campagne ; cette randonne et la nocturne sont ouvertes tous. Le repas du soir est informel et se constitue partir des produits des producteurs du march ! Venez donc passer un bon moment, a nengage rien sinon la sympathie de la rencontre et une meilleure connaissance du terroir et de sa culture !

    Propos recueillis