Sur les traces de Jean-Pierre Calloc’h · PDF file 2019. 7. 30. ·...

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Transcript of Sur les traces de Jean-Pierre Calloc’h · PDF file 2019. 7. 30. ·...

  • Musée de l’île de Groix

    Sur les traces de Jean-Pierre Calloc’h (1888-1917)

    Photographie du poète Jean-Pierre Calloc’h à Port Tudy assis sur une annexe de thonier. Il est en permission sur l’île de Groix durant une semaine en décembre 1916 avant de repartir combattre au front.

    Ce cahier appartient à ......................................................................................................................................

  • Pourquoi Xavier de Langlais a-t-il choisi de représenter

    Jean-Pierre Calloc’h avec un béret de marin ?

    ……………………......………..........……………………………………….……………………......………………………………………………...........

    Me zo gañnet é kreiz er mor / Je suis né au milieu de la mer

    Je suis né au milieu de la mer Trois lieues au large ; J’ai une petite maison blanche là-bas, Le genêt croît près de la porte, Et la lande couvre les alentours. Je suis né au milieu de la mer, Au pays d’Armor.

    Mon père était comme ses pères Un matelot. Il a vécu obscur et sans gloire, Le pauvre, personne ne chante ses gloires, Tous les jours, toutes les nuits sur la mer molle. Mon père était comme ses pères, Traîneur de filets.

    Ma mère aussi travaille, Et blancs sont ses cheveux ; Avec elle la sueur sur nos fronts, J’ai appris, tout petit, A moissonner et à arracher les pommes de terre. Ma mère aussi travaille Pour gagner du pain …

    O jours de mon enfance, Quand j’allais, alerte, Avec ma mère courir les sillons Ou avec mon père à la pêche, Où êtes-vous, où êtes-vous ? O jours de mon enfance, Que vous étiez doux ! …

    Me zo gañnet é kreiz er mor Tér leù ér mez ; Un tiig guen duhont em ès, Er benal ‘gresk étal en or Hag el lann e hol en anvez. Me zo gañnet é kreiz er mor E bro Arvor.

    Me zad e oé, él é dadeu, Ur martelod ; Béùet hen dès kuh ha diglot -Er peur ne gañn dén é glodeu- Bamdé-bamnoz ar er mor blot. Me zad e oé, èl é dadeu, Stleijour-rouédeu.

    Me mam eùé e laboura -Ha guen hé bleu- ; Geti, en huéz ar hon taleu, Diskeit em ès, bihannik-tra, Médein ha tennein avaleu. Me mam eué e laboura D’hounid bara …

    O déieu mem bugalereh, Pen den, dilui, Get mam de rédek en érui Pé get me zad d’er beskereh, Men é oh-hui, men é oh-hui ? O déieu mem bugalereh, Na dous e oeh !

    < 2 >

    Portrait de Jean-Pierre Calloc’h

    par Xavier de Langlais (1906-1975).

    Bois gravé. Achat FRAM.

  • Cherche au rez-de-chaussée du musée, les objets du type de ceux utilisés par le père et par la mère

    pour les activités mentionnées dans le poème.

    Souligner les passages se rapportant à la maison,

    à la vie des marins, à la vie agricole.

    Tu trouveras en vitrine les objets photographiés ci-dessous. v Pour celui lié à l’activité du pêcheur lors de la drague d’hiver,

    tu écris son nom. v Pour le deuxième, photographié au milieu d’autres objets,

    tu devras repérer lequel est lié à la plantation des pommes de terre, écrire son nom, et montrer par un dessin dans quelle position

    on l’utilisait.

    < 3 >

  • Cherche encore d’autres objets liés au travail du pêcheur et à celui de l’agricultrice, en commençant par ceux les plus

    directement liés au poème. Fais en des dessins en marquant à chaque fois le nom de l’objet

    Mes dessins

    < 4 >

  • La maison de Jean-Pierre Calloc’h A partir du portrait de Jean-Pierre Calloc’h debout sur le seuil de sa maison à décor groisillon, et de la peinture de Jean Frélaut (plus tardive, de 1946) exposée dans la vitrine consacrée à Jean-Pierre Calloc’h (en salle d’exposition permanente),

    dessine dans ce cadre la maison de Jean-Pierre Calloc’h en notant à côté avec des flèches ses caractéristiques, relevées à travers la photo, le poème et le tableau.

    Sur le terrain à Clavezic : voir l’extérieur de la maison de Jean-Pierre Calloc’h à Clavezic en bordure de la route (elle n’est pas visitable de l’intérieur, c’est une propriété privée),

    et noter les différences actuelles avec son aspect d’origine.

    Jean-Pierre Calloc’h (lors d’une permission en décembre 1916, avant de repartir au front) sur le seuil de sa maison de Clavezic, au décor de faux appareillage coloré sur le mur blanchi à la chaux aérienne, bien caractéristique des maisons de pêcheurs de l’époque. En effet le schiste servant à la construction est un matériau poreux nécessitant un enduit qui l’imperméabilise tout en laissant respirer les murs.

    Mon dessin

    < 5 >

    47°38’33.5’’N 3°28’04.9’’W

    v v Pour pouvoir suivre ce parcours sur GPS, nous conseillons d’installer sur le smartphone un lecteur de flash code du type QR code Reader, ou de saisir les coordonnées GPS dans Google maps

  • Mem bro / Mon pays

    Aller voir le grand menhir de Kermario

    Je veux chanter la Terre douce et fière, Le sol sacré du chêne et du granit, Des grands menhirs et des tables de pierre, La Terre d’Ouest où la France finit. …

    (extrait d’un poème de jeunesse de Jean-Pierre Calloc’h, écrit en 1902 quand il avait 14 ans)

    Trouver une « table de pierre » au musée, et la dessiner. Quel nom lui donne-t-on en Bretagne ?

    Jean-Pierre Calloc’h devant le grand menhir de Kermario, appelé aussi Salver er Bed (Sauveur du Monde) auprès duquel il aimait venir rêver enfant (ce menhir était situé non loin de sa maison de Clavezic). Photographie prise pendant la guerre lors d’une permission en décembre 1916.

    < 6 >

    47°38’25.9”N 3°27’50.9’’W

  • Voici un choix de photographies de quelques menhirs de Groix : sur le terrain, entourer celle(s) qui correspond(ent) bien au menhir de Jean-Pierre Calloc’h.

    < 7 >

  • Deux jours avant sa mort à l’âge de 28 ans, Jean-Pierre Calloc’h écrit à son ami Yves Le Diberder depuis le bois d’Urvilliers, secteur proche de St-Quentin (où il se trouve face à la ligne Hindenburg,

    que son unité a été la première à rejoindre, ligne particulièrement bien construite et fortement tenue par les Allemands sur les hauteurs : l’état-major français a commis l’erreur

    de mettre un retard d’une semaine à lancer ses troupes sur les traces des Allemands effectuant leur repli stratégique derrière cette ligne qu’ils venaient de construire).

    Pourquoi Xavier de Langlais a-t-il choisi de représenter cette modeste croix de bois plutôt

    que la belle tombe érigée en 1924 au cimetière de Groix ?

    La première tombe de Jean-Pierre Calloc’h

    Dimanche de Pâques 1917 La semaine la plus dure que j’ai passée à la guerre est cette semaine sainte. Ni maison, ni toit, sous un temps si rude. Au cours de 60 heures, j’ai dormi une heure, et encore nous avons été réveillés par le froid, toute l’armée couverte de neige. Nous sommes fatigués à en mourir. Quand finira cette vie ? Je vous écris du fond d’un bois, sur lequel tombent les obus serrés comme pluie. Peut-être y-a-t-il là-bas, loin, ô si loin, des villages, des foyers. Ici, nous ne savons pas, nous ne pensons plus… Dieu merci, nous avons toujours la force de nous traîner et de rire de notre misère. Au revoir, Yves, la guerre est laide, voyez-vous ! Celui qui commande notre régiment et qui devrait intercéder pour nous quand nous sommes las, a répondu hier que nous étions frais. Que voulez-vous ? Il n’est jamais avec nous. De cœur. Yann

    A ton avis, en voyant la gravure de Xavier de Langlais exposée au musée, où se trouve cette tombe ?

    Bien observer le terrain sur lequel elle se trouve avant de répondre.

    La croix de Jean-Pierre Calloc’h, pointe sèche par Xavier de Langlais (1906-1975). Achat FRAM.

    < 8 >

  • Lettre écrite le jour de sa mort par Jean-Pierre Calloc’h,

    et retrouvée sur lui :

    Le 10 avril 1917.

    Cher ami,

    En plein bled dans un trou recouvert d’une tôle, sous le rideau d’acier des canonnades. Je vous écris sur mes genoux. Il fait grand froid, pluie et neige et nous ne pouvons pas faire de feu. C’est le pays de la misère et de la désolation ici.

    Aucun ravitaillement, à part le bout de bœuf et le quart de vin de l’Intendance, qui nous arrivent à des heures impossibles, la nuit.

    Pour la première fois depuis vingt-et-un mois que je suis à la guerre, nous manquons de tabac. Je pense que la retraite de Russie était quelque chose comme ceci.

    Il faut qu’ils soient en fer nos hommes. Dix jours et dix nuits de cette vie-là, sans aliments chauds, sans sommeil souvent. Ah ! Il y a un Dieu pour les soldats !

    Nous devons attaquer sans délai. On ira puisqu’il le faut.

    Et ceci est un adieu peut-être.

    < 9 >

  • Souligne dans cet extrait de poème ce qui aide à comprendre la façon

    dont la statue de Jean-Pierre Calloc’h est présentée.

    Complète le vers manquant en comparant sur place avec l’inscription sur le socle du monument..

    Monument de Port-Melin

    Quart de nuit aux tranchées. Prière du guetteur / Kartér- noz ér hléieu. Péden er gédour. 7-27 septembre 1916 (poème rédigé alors que Jean-Pierre Calloc’h vient de participe