Solidarité Guatemala 192 - Numéro Spécial

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culier, des droits des femmes autochtones, tout en soutenant la lutte pour la défense du territoire dans les villages ou viennent se réinstaller les réfugiés. Carmen Mejìa, plus jeune, n'a pas connu les an- nées les plus noires de la guerre. Cependant, son combat n'en est pas moindre et c'est par convic- tion qu'elle commence à se former politique- ment, rêvant un jour de pouvoir aller étudier à l'université. Son histoire militante commence à peu près en même temps que l'exploitation de la mine Marlin, en 2005. Elle constate les impacts sur l'environnement, sur l'eau et sur la vie des femmes et décide alors de s'engager avec ADISMI pour que l'entreprise Montana, filiale de Goldcorp Inc., quitte le territoire de San Mi- guel Ixtahuacán, dans le département de San Marcos. Ces femmes, pour moi exemplaires et sources d'inspiration, ont montré et montrent toujours un grand courage afin de mener de front leur vie de femme et leur vie de militante. Car on aurait tord de croire qu'une fois intégrées dans les mouvements sociaux « de gauche », tout est simple pour les femmes. Comme l'ont répété à différentes reprises nos invitées durant cette tournée, le combat social pour les femmes, c'est un double voire, triple travail. En effet, en plus de lutter pour sa « cause » comme la défense du territoire et des ressources naturelles par exemple, il faut également lutter contre les pré- jugés machistes chez soi mais également, au sein des organisations sociales. Et oui, il faut bien souvent du courage et de la ténacité afin de faire accepter et entendre la voix des femmes au sein d'espaces majoritairement contrôlés par des hommes. la 192 novembre-janvier Sommaire Édito p. 1 Tournée de militantes guatémaltèques 2010 par Cynthia Benoist. Activités p. 2 Le Collectif Guatemala rencontre des lycéens par Marie Bard. Activités p. 4 « Défendre notre territoire, c’est défendre notre culture et notre identité » par Cynthia Benoist. Actualité p. 5 Cinquante-sept consultas ont été réalisées depuis 2005 par Maryline Griffon Brèves p. 6 Bloc-Notes p. 7 Collectif Guatemala p. 8 Collectif Guatemala 21 ter, rue Voltaire 75011 Paris - France Tel/Fax : + 33 (0) 1.43.73.49.60 [email protected] http://collectif-guatemala.chez-alice.fr/ Permanence : Du lundi au vendredi 10h-18h Directrice de publication : Isabelle Tauty Chamale ISSN 1277 51 69 Ont participé à ce numéro : Cynthia Benoist, Louise Le- vayer, Vanessa Gongora, Amandine Grandjean, Marilyne Griffon, Marie Bard, Isabelle Tauty. D epuis sa création, le Collectif Gua- temala organise régulièrement des tournées de militants d'organisations sociales guatémaltèques afin de faire connaître et de sensibiliser le public euro- péen aux problématiques du pays et d’obtenir des appuis à leurs revendications. Il y a trois ans, nous recevions ainsi les repré- sentants de la Finca Nueva Linda dont nous avons souvent l'occasion de donner des nou- velles dans la Lettre à l'Adhérent. L'an passé, Javier de León et Fernando Solis venaient nous parler de l'activité minière au Guatemala et plus spécifiquement, du cas de la mine Marlin à San Miguel Ixtahuacán. Cette année, c'est avec honneur et plaisir que nous avons pu organiser la venue de deux femmes Maya Mam, Marìa Guadalupe Garcìa Hernández, de Mama Maquìn, et Carmen Mejìa, de l'Association pour le Développement Intégral de San Miguel Ixtahuacán-ADISMI. La théma- tique de cette année portait également sur l'acti- vité minière et l'exploitation des ressources na- turelles en général. Mais le thème transversal de la tournée, c'était avant tout la question du genre et la place de la femme- et de la femme autoch- tone- dans les luttes sociales au Guatemala. Et à ce propos, Marìa Guadalupe et Carmen Mejìa ont beaucoup de choses à dire. Marìa Guada- lupe est originaire de San Ildefonso Ixtahuacán, dans le département de Huehuetenango. En 1982, elle fuit avec sa sœur vers le Mexique, comme nombre de guatémaltèques terrorisés par les massacres perpétrés par l'armée de Lucas Garcìa puis de Rìos Montt. Pendant cette fuite, sa sœur sera enlevée, violée, torturée puis assas- sinée par l'armée. Marìa Guadalupe parvient quant à elle jusqu'au Mexique et ce sera dans les camps de réfugiés du Chiapas qu'elle commen- cera sa formation politique, associative et fémi- niste. C'est aussi dans les camps que l'associa- tion de femmes Mama Maquìn voit le jour et commence à revendiquer les droits des femmes et avant tout, le droit à l'accès à la terre, que seuls les hommes détiennent. En 1992, l'associa- tion -et Marìa Guadalupe- s'installe de nouveau au Guatemala et continue leur travail pour la re- connaissance des droits des femmes et en parti- 1 Guatem Solidarité Lettre des adhérents du Collectif Guatemala Bimestriel Solidarité Guatemala 192 nov-janv. 2011 Numéro Spécial Tournée de militantes guatémaltèques 2010. par Cynthia Benoist Soirée publique à Gent, Belgique.
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Édito: Tournée de militantes guatémaltèques. Activités: Le Collectif Guatemala rencontre des lycéens / "Défendre notre territoire, c'est défendre notre culture et notre identité". Actualités: 57 consultas réalisées depuis 2005.

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  • culier, des droits des femmes autochtones, tout en soutenant la lutte pour la dfense du territoire dans les villages ou viennent se rinstaller les rfugis. Carmen Meja, plus jeune, n'a pas connu les an-nes les plus noires de la guerre. Cependant, son combat n'en est pas moindre et c'est par convic-tion qu'elle commence se former politique-ment, rvant un jour de pouvoir aller tudier l'universit. Son histoire militante commence peu prs en mme temps que l'exploitation de la mine Marlin, en 2005. Elle constate les impacts sur l'environnement, sur l'eau et sur la vie des femmes et dcide alors de s'engager avec ADISMI pour que l'entreprise Montana, filiale de Goldcorp Inc., quitte le territoire de San Mi-guel Ixtahuacn, dans le dpartement de San Marcos.

    Ces femmes, pour moi exemplaires et sources d'inspiration, ont montr et montrent toujours un grand courage afin de mener de front leur vie de femme et leur vie de militante. Car on aurait tord de croire qu'une fois intgres dans les mouvements sociaux de gauche , tout est simple pour les femmes. Comme l'ont rpt diffrentes reprises nos invites durant cette tourne, le combat social pour les femmes, c'est un double voire, triple travail. En effet, en plus de lutter pour sa cause comme la dfense du territoire et des ressources naturelles par exemple, il faut galement lutter contre les pr-jugs machistes chez soi mais galement, au sein des organisations sociales. Et oui, il faut bien souvent du courage et de la tnacit afin de faire accepter et entendre la voix des femmes au sein d'espaces majoritairement contrls par des hommes.

    la n 192 novembre-janvier

    Sommaire dito p. 1

    Tourne de militantes guatmaltques 2010 par Cynthia Benoist.

    Activits p. 2

    Le Collectif Guatemala rencontre des lycens par Marie Bard.

    Activits p. 4

    Dfendre notre territoire, cest dfendre notre culture et notre identit

    par Cynthia Benoist.

    Actualit p. 5

    Cinquante-sept consultas ont t ralises depuis 2005

    par Maryline Griffon

    Brves p. 6

    Bloc-Notes p. 7

    Collectif Guatemala p. 8

    Collectif Guatemala 21 ter, rue Voltaire

    75011 Paris - France Tel/Fax : + 33 (0)

    1.43.73.49.60 [email protected]

    http://collectif-guatemala.chez-alice.fr/

    Permanence :

    Du lundi au vendredi 10h-18h

    Directrice de publication : Isabelle Tauty Chamale ISSN 1277 51 69

    Ont particip ce numro : Cynthia Benoist, Louise Le-vayer, Vanessa Gongora, Amandine Grandjean, Marilyne Griffon, Marie Bard, Isabelle Tauty.

    D epuis sa cration, le Collectif Gua-temala organise rgulirement des tournes de militants d'organisations sociales guatmaltques afin de

    faire connatre et de sensibiliser le public euro-pen aux problmatiques du pays et dobtenir des appuis leurs revendications. Il y a trois ans, nous recevions ainsi les repr-sentants de la Finca Nueva Linda dont nous avons souvent l'occasion de donner des nou-velles dans la Lettre l'Adhrent. L'an pass, Javier de Len et Fernando Solis venaient nous parler de l'activit minire au Guatemala et plus spcifiquement, du cas de la mine Marlin San Miguel Ixtahuacn.

    Cette anne, c'est avec honneur et plaisir que nous avons pu organiser la venue de deux femmes Maya Mam, Mara Guadalupe Garca Hernndez, de Mama Maqun, et Carmen Meja, de l'Association pour le Dveloppement Intgral de San Miguel Ixtahuacn-ADISMI. La thma-tique de cette anne portait galement sur l'acti-vit minire et l'exploitation des ressources na-turelles en gnral. Mais le thme transversal de la tourne, c'tait avant tout la question du genre et la place de la femme- et de la femme autoch-tone- dans les luttes sociales au Guatemala. Et ce propos, Mara Guadalupe et Carmen Meja ont beaucoup de choses dire. Mara Guada-lupe est originaire de San Ildefonso Ixtahuacn, dans le dpartement de Huehuetenango. En 1982, elle fuit avec sa sur vers le Mexique, comme nombre de guatmaltques terroriss par les massacres perptrs par l'arme de Lucas Garca puis de Ros Montt. Pendant cette fuite, sa sur sera enleve, viole, torture puis assas-sine par l'arme. Mara Guadalupe parvient quant elle jusqu'au Mexique et ce sera dans les camps de rfugis du Chiapas qu'elle commen-cera sa formation politique, associative et fmi-niste. C'est aussi dans les camps que l'associa-tion de femmes Mama Maqun voit le jour et commence revendiquer les droits des femmes et avant tout, le droit l'accs la terre, que seuls les hommes dtiennent. En 1992, l'associa-tion -et Mara Guadalupe- s'installe de nouveau au Guatemala et continue leur travail pour la re-connaissance des droits des femmes et en parti-

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    Guatem Solidarit Lettre des adhrents du Collectif Guatemala Bimestriel

    Solidarit Guatemala n 19 2 n o v - j an v . 20 11

    Numro Spcial Tourne de militantes guatmaltques 2010.

    par Cynthia Benoist

    Soire publique Gent, Belgique.

  • Activits

    la tourne des guatmaltques, sur la problma-tique de lexploi-tation des res-sources naturelles par des multina-tionales et parti-culirement sur le cas de San Miguel Ixtahuacn et de la Mine Marlin exploite par la socit cana-dienne Goldcorp. Inc. * Lide tait de faire participer activement les lves, en rpartissant les tches sur diffrentes classes. Nous avons commenc par une recherche sur le Guatemala, sa population, son rgime politique, ses ressources naturelles et bien sr le conflit arm et ses cons-quences sur la population indigne du pays. Dans un second temps, nous avons travaill sur un document didactique pro-duit par la COPAE de San Miguel (Commission pastorale pour la Paix et lEcologie) expliquant le fonctionnement dune mine dor ciel ouvert et les con-squences de son exploitation sur lenvi-ronnement, la sant et la socit locale. Ltude de ce document a t illustr par

    la projection de Sipakapa no se vende de Alvaro Reven-ga et du film de Grgory Las-salle, Le Business de lor au Guatemala: chronique dun conflit annonc. Les missions des lves de Terminale ont t de traduire (en partie) le document de prsentation de la tourne des dfenseures en Europe, de lespagnol vers le franais, ensuite dcrire des lettres argumentes en espagnol pour se prsenter et les invi-

    ter au lyce. Enfin ils ont d prendre des notes pendant les interventions pour en faire des comptes rendus. Un panel de leurs tmoignages est en cours de publi-cation sur le site internet du lyce. Les lves de Premire ont eu pour tches de raliser des affiches et des textes annonant les interventions et leurs thmatiques, affiches et textes qui ont t exposs au lyce et mis en ligne sur le site, juste avant larrive des mili-tantes.

    Les temps forts Les lves avaient prpars des ques-tions en espagnol avec leurs professeurs, ce qui a permis de lancer assez facile-ment un change de questions-rponses, une fois les premires timidits surmon-tes. Si les rponses des guatmaltques ont t traduites en franais lors de la premire session, tout sest fait unique-ment en espagnol pendant la deuxime sance, ce qui a donn encore plus dau-thenticit et dintensit au moment. Lmotion et la concentration des lves taient palpables et leurs ractions pleines de vivacit et de cur. Ce fut un vrai moment de partage et de tmoi-gnage.

    Mais pour en rendre compte, le mieux

    C est le lyce Jean Monnet de la Queue-lez-Yvelines qui nous a ouvert ses portes deux reprises, lors dune pre-

    mire sance le vendredi 19 novembre avec Carmen Francisca Meja Aguilar et Mara Guadalupe Garca Hernndez, accompagne par Cynthia Benoist et une nouvelle fois le lundi 22 novembre avec Miguel Ceto, bnvole et Thierry Lewden, bnvole et ancien accompa-gnateur international. Pour la venue des activistes guatmal-tques, nous avions prvu une seule ren-contre de deux heures avec deux classes au CDI du lyce mais devant lintrt des lves et des professeurs nous avons choisi de proposer deux sessions dune heure chacune afin de pouvoir en faire profiter quatre classes. Au total ce sont presque 150 lves de Premire et de Terminale qui ont rencontr le Guate-mala .

    Un mois de travail sur le Guatemala. En ralit lobjectif ntait pas seulement de rendre les lves consommateurs dune confrence supplmentaire propo-se par des enseignants ou des membres dassociations mais de les plonger dans la ralit dun pays quils ne savent pas toujours situer sur une carte. Cest ainsi que nous avons mont une squence pdagogique entire autour de

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    Le Collectif Guatemala rencontre des lycens. par Marie Bard

    Depuis longtemps dj le Collectif Guatemala souhaite dvelopper des activits en milieu scolaire afin de sensibiliser un jeune public aux problmatiques actuelles du Guatemala. La venue des deux femmes activistes a t loccasion de mettre en place une activit nou-velle et motivante. Ce fut une exprience trs enrichissante pour chacune des parties prsentes, militants, lves et enseignants ont pu

    changer et rflchir ensemble sur les problmes et les injustices en cours dans le pays.

    Carmen et Mara Guadalupe avec les lycens.

    Affiche prsente dans le lyce pour annoncer la venue des deux dfenseurs.

  • Activits

    3 Solidarit Guatemala n 19 2 n o v - j an v . 20 11

    des causes qui en fait nous concernent tous. Camille TL2.

    Ils ajoutrent (Miguel Ceto et Thierry Lewden) que malgr toutes les manifestations de la population la situation na pas volu. Le gouvernement sou-tient toujours la mine. . Marine TL1.

    Nous avons eu la chance de pouvoir poser des questions des personnes qui sont des ac-teurs de la lutte en faveur des Droits de lhomme en Am-rique Latine. Nous avions tu-di le thme en classe mais la rencontre a apport un regard des femmes guatmaltques qui nous ont expliqu la relation profonde qui les unit la nature et que les occidentaux ne peu-vent pas comprendre Clment TS1.

    Nous avons vu que ces deux femmes sont trs impliques dans la socit de leur pays, et, par leur faon de shabiller, quelles respectent des valeurs

    et des coutumes de la culture indigne. Pauline TS1.

    La rencontre sest trs bien passe, les dfenseures ont rpondu toutes nos questions comme : Comment faites-vous pour lutter contre a ? Recevez-vous de laide de la part de pays europens ? Que

    pouvons-nous faire pour vous aider ? Quest-ce que la Terre Mre ? [...] Elles ont rvl les menaces et les attaques menes contre elles, ou contre des membres des communauts. [...] Leur courage ma beaucoup impression-ne, ce sont deux personnes extraordi-naires. Je me suis sentie indigne quand elles ont dit quelles avaient t mena-ces de mort.... Marine TS1.

    Ce qui ma le plus drang ce fut de dcouvrir quel point un gouvernement peut ignorer lappel laide de son peuple et laisser contaminer les terres et la population sans rien demander len-treprise. Cela ma vraiment indign ! .

    Il est certain que cette rencontre a t bien plus utile que beaucoup de cours thoriques sur les consquences de la mondialisation quils traitent en cours de gographie et ventuellement en cours despagnol. Lorsque lon a la possibilit de rendre concret un enseignement, les lves en sont reconnaissants et savent apprcier ces opportunits. Une exp-rience reconduire, donc, dautant que nos intervenantes ont elles aussi beau-coup apprci cet change. Sadresser des jeunes qui sont en train de se forger une personnalit politique et sociale ne peut que leur apporter des lments sup-plmentaires pour se forger une opinion personnelle et pour dvelopper la capa-cit de poser un regard critique sur leur environnement.

    Cest un appel leur vigilance.

    cest de leur laisser la parole :

    ... Ctait trs intressant de les voir et dcouter leurs propres versions des faits. Mais cela na dur quune heure et la traduction a pris beaucoup de temps et donc elles nont pas eu le temps de dire tout ce quelles voulaient (et nous tout ce que nous voulions savoir). Mais elles nous ont dit des choses trs fortes, trs mouvantes qui ont fait natre un senti-ment de compassion et lenvie de les aider elles et les autres guatmaltques qui souffrent de ces problmes ... Yas-samine TS1.

    Elles nous ont parl de la violence, de la criminalisation, de la pollution, des dommages causs par la mine et de la libert. [...] Jai t trs impressionn par ce quelles ont racont parce que la vio-lence est plus forte que je ne le croyais... Winsley TS1.

    Nous nous sommes rendu compte des difficults de leurs vies... selon moi cette rencontre tait une bonne ide parce que ce fut loccasion de savoir ce qui se passe dans le monde et de nous intresser

    La rencontre se termine

    Peinture murale ralise dans la communaut de Panzos, Alta Vera-

    paz, reprsentant Mama Maqun, leader communautaire qeqchi tue en 1978 lors dun massacre Panzos alors quelle souhaitait

    dposer une lettre de protestation au gouvernement local pour le

    droit la terre. Son nom a t donn lorganisation laquelle

    appartient Mara Guadalupe.

  • (pour ne citer qu'un exemple, voir le cas de la RDC). Mara insiste et explique que l'entre massive des multinationales sur les territoires autochtones au Guatemala, c'est pour elle comme un retour au temps du conflit arm et un retour aux mmes consquences. Elle cite les diffrentes personnes mortes pour avoir dfendu leurs droits au territoire, en commenant par Ma-ma Maqun, qui a donn son nom l'organisation. Elle cite gale-ment les femmes qui ont t vio-les par la Police Nationale Civile ou par les gardiens de scurit privs de l'entreprise CGN, El Estor, dpartement de Izabal. Carmen enchane et parle des menaces qui psent sur elles, des intimi-dations, de l'agression contre doa Diodo-ra en juillet dernier, qui lui a cot un il.

    Ces discours, ce discours, c'est celui de la femme qui souffre mais pas en silence, c'est celui de la femme qui lutte mme contre les structures les plus tradition-nelles du machisme afin de dfendre son identit et sa culture. Car pour Mara Guadalupe comme pour Carmen, il ne s'agit pas ici d'oublier ses origines, de renier sa culture, il ne s'agit pas d'adopter aveuglment des ides occidentales qui ne prennent pas en compte les spcificits culturelles. Ce dont il est question, c'est de crer une pense de femmes venant de leur culture Maya, conservant les l-ments de leur cosmovision tout en insis-tant fortement sur l'importance de l'qui-libre entre hommes et femmes. Car l'qui-libre est un point central de la cosmovi-sion Maya. Selon elle, l'univers entier se maintient grce un quilibre entre tous les lments: l'eau et le feu, la lune et le soleil, la femme et l'homme. Dans leur discours, Carmen et Mara Guadalupe ont aussi beaucoup insist sur la relation pro-fonde et privilgie de la femme avec la Terre Mre. Cette analogie, prsente dans toutes les cultures du monde, marque le lien entre deux entits ayant le don de fconder et de crer la vie. C'est pour cela que les femmes sont toujours en pre-

    Activits

    4 Solidarit Guatemala

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    mire ligne pour la dfense de la Terre Mre et c'est pour cela que nous souf-frons tellement de la voir se faire d-truire, rpte l'envie Mara Guada-lupe. Ces paroles ont galement t celles de Lorena Cabnal, de l'Association des femmes Xincas. Nous avons eu la chance de la croiser lors de notre passage Bruxelles, alors qu'elle tait elle-mme en tourne avec Brigades internationales de la Paix. Les deux activits ralises en commun ont t trs riches et trs fortes en ce sens qu'elles ont montr la conver-gence de la lutte des femmes pour leur libert, pour leur territoire et pour l'har-monie de la vie avec la Terre Mre.

    J'avais envie de conclure le rcit de cette tourne par notre visite au cimetire du camp de concentration du Vernet, en Arige, o nous avait accueilli Carmen Samayoa pour une activit avec son as-sociation Regards de femmes . Profi-tant d'une manifestation contre les nou-velles lois sur l'immigration en France, une marche a t organise vers ce cime-tire car le Vernet tait l'un des nom-breux camps o ont t enferms puis dports vers l'Allemagne de nombreux rpublicains espagnols et internationa-listes fuyant la victoire franquiste. En plus de montrer les connexions entre les combats du pass et du prsent, la pr-sence de Carmen et de Mara Guadalupe a t l'occasion de relier les luttes d'ici et d'ailleurs et de comprendre l'universalit du combat pour la libert des peuples.

    R sumer deux semaines rem-plies de runions, rencontres, activits publiques et autres n'est pas tche facile. Nous

    avons eu la chance d'accueillir cette an-ne deux femmes d'exception dont le combat, la tnacit et la joie de vivre devraient tre des exemples pour nous tous-tes. Les accompagner pendant l'en-semble de cette tourne m'a appris beau-coup, ainsi qu' toutes les personnes qui ont pu assister l'une des activits. Ds le dpart, le discours de Mara Guada-lupe et celui de Carmen se sont compl-ts, la premire dveloppant davantage la thmatique des femmes, du conflit et des consultations communautaires, la se-conde abordant le cas de la mine Marlin et ses impacts sur la vie des habitants et des habitantes de San Miguel Ixtahuacn. Au fur et mesure des deux semaines, chaque discours s'est enrichi de nou-veaux lments, dveloppant le sujet de manire profonde, complte et person-nelle. Beaucoup de personnes des diff-rents publics que nous avons crois sont venus leur dire quel point leur histoire et leur combat les avaient touchs. C'est qu'il est difficile de rester insensible au thme de la spoliation des terres et de l'exploitation irraisonne des ressources naturelles au Guatemala, uvre de multi-nationales prtes tout pour s'enrichir, allies aux grandes familles de l'oligar-chie nationale.

    Pour Mara Guadalupe, la dynamique actuelle d'exploitation des ressources est une nouvelle tape de colonisation du territoire, aprs celle des espagnols au XVIe sicle, aprs celle des militaires il y 30 ans. Et selon elle (et beaucoup d'autres analystes fministes), cette colo-nisation du territoire est galement une colonisation des corps et surtout, du corps de la femme. Depuis des milliers d'annes, conqurir un territoire, c'est aussi en conqurir les femmes. Le corps de la femme comme butin de guerre, on peut retrouver cette analogie dans de nombreux endroits dans le monde et, malheureusement, encore aujourd'hui

    Du 5 au 21 novembre a eu lieu la tourne europenne organise par le Collectif Guatemala avec l'aide de ses partenaires en Suisse, en Belgique et en France. Retour sur deux semaines riches en motions et en rencontres.

    Dfendre notre territoire, c'est dfendre notre culture et notre identit

    par Cynthia Benoist

    Runion la Commission Europenne Bruxelles.

  • Arz (1996-2000), 137 licences dexplo-ration minire ont t accordes, la majo-rit en territoire indigne et la totalit sans le consentement ou la consultation pralable des populations concernes. Cette tendance qui a connu son apoge sous le gouvernement dscar Berger (2004-2008) avec 80 concessions accor-des, reste suivie par le gouvernement actuel dlvaro Colom avec plus de 263.

    Dernire consulta de lanne 2010

    La consulta de Huitan, situe dans la rgion occidentale de Quetzaltenango, a clos la srie de lanne 2010. La petite municipalit de Huitan est touche direc-tement par 7 licences dexploration mi-nire sollicites par les compagnies mul-tinationales Montana Exploradora et Entre Mares, deux filiales de la cana-dienne Goldcorp Inc. sans que la popula-tion en ait t informe ou consulte au pralable. Les 65 sources deau dont d-pendent les 12 000 habitants de peuple Maya Mam de Huitan mais galement des municipalits alentours comme celle de Cabrican et Momostenango sont di-rectement menaces. Cinquante-septime consulta, on note lvolution des proces-sus de mobilisation et de participation de la population. Les 17 maires indignes de la municipalit ont reu tout le matriel ncessaire : bulletins de vote, registres, isoloirs, encre, stylos Une organisation loccidentale bien diffrente des consultas organises prcdemment dans la rgion du Quich. Ce fut la particulari-t des deux consultas qui ont eu lieu Quetzaltenango en 2010. Comme lors des consultas de Santa Cruz et Uspantan (Quich), les votants taient spars en six groupes selon le sexe et lge (de 7 12 ans, de 13 17 et de 18 100 ans). Mais le vote ne sest pas fait main le-ve sinon bulletin secret, une faon de procder peut-tre plus efficace, au moins pour contrer les critiques de mani-pulation et de non respect de lopinion de chacun par le vote main leve, suspect

    5 Solidarit Guatemala

    n 19 2 n o v - j an v . 20 11

    Actualits

    dengendrer un effet de groupe. Les bu-reaux de vote des 17 communauts ont ouvert de 8h 14h. A la fermeture des urnes, le comptage des bulletins a dmar-r sous fond de Marimba (musique tradi-tionnelle), et en fin de journe les rsul-tats sont apparus : plus de 53% de la po-pulation totale a particip, les femmes furent deux fois plus que les hommes. 98,37 % ont dit NON la question : Etes-vous daccord avec lexploitation minire dans la municipalit de Hui-tan ? , un chiffre comparable celui obtenu lors des consultas prcdentes. Pour les dtracteurs des consultas mains leves, il apparat que le vote bulletin secret na pas permis de librer dventuelles voix favorables lexploi-tation, nosant pas sexprimer len-contre des autres quand le vote est col-lectif.

    R upture entre le discours et la pratique

    Ces derniers mois beaucoup dnergie a t dpense afin

    de dcrdibiliser au sein de lopinion publique lorganisation de ces rfren-dums populaires. Les quatre dernires consultas de lanne, qui ont eu lieu dans les rgions du Quich (Santa Cruz, le 22 octobre et Uspantan, le 29 octobre) et de Quetzaltenango (Cabrican, le 20 octobre et Huitan, le 22 novembre) ont fait lobjet dune vritable campagne de dnigre-ment dans les mdias guatmaltques. Le quotidien national La Prensa Libre na cess de publier, doctobre dcembre, de nombreux articles et communiqus de presse dans ses colonnes dinformation gnrale, campo pagado, rubrique Opi-nion2, accusant les consultas de ne pas tre libres et leurs organisateurs de menacer et faire pression sur la popula-tion pour quelle participe cet vne-ment et vote contre lactivit minire et les hydrolectriques , notamment Us-pantan (Prensa Libre du 24 novembre 2010 : Les pressions furent tant ex-trmes que les organisateurs de la consul-ta sont passs de maison en maison exi-geants de ces occupants quils signent ou apposent leur empreinte digital comme preuve de sa participation. ) La rupture est donc trs nette entre le discours et la pratique du droit la con-sulta des peuples indignes au Guatema-la. Depuis le gouvernement dlvaro

    Cinquante-sept consultas ont t ralises depuis 2005

    par Marilyne Griffon

    Selon lassociation AVANCSO1, plus de 720 000 personnes ont particip aux 57 consultas organises au Guatemala depuis 2005. Pratique millnaire que ralisent les populations indignes pour grer collectivement les affaires dintrt social, les consultas communautaires sur lexploitation des ressources naturelles de leur territoire ont gagn du terrain depuis leur reconnaissance au niveau international et les premires mises en place il y a 5 ans. Malheureusement, lEtat na toujours pas montr de relle vo-lont politique pour que soit respecte lopinion des communauts indignes exprime lors des consultas et se conformer ainsi aux exigences de la Convention 169 de lOrganisation Internationale du Travail (OIT). Preuve en est : lessor des concessions minires accordes aux multinationales extractives par lEtat sans consultation ni accord pralable des communauts.

    1 Asociacin sobre el avance de las ciencias sociales en Guatemala. 2 http://www.prensalibre.com/opinion/Consultas-chu ecas_0_364763545.html 3 El derecho de consulta de los pueblos indgenas en Guatemala: la ruptura entre el discurso y la prctica http://noticias.com.gt/nacionales/20100330-consultas-comunitarias-ganan-terreno.html

    Nbr de consultas

    depuis 2005

    2005 4

    2006 9

    2007 12

    2008 15

    2009 11

    2010 6

    Total 57

    Nbr consultas / thme

    Activits minires 46

    Hydrolectrique 7

    Lgislation ou autre

    3

    Ptrole 1

    Nbr de participants entre 2005 2010

    NON 717 968

    OUI 3 339

    Total 721 437

    Donnes sur les consultas depuis 2005 (Source: AVANCSO, 2010)

    A vot

  • Peine maximale pour la disparition force de l'tudiant et militant syndical Fernando Garca Le 28 octobre dernier, ont t condamns 40 ans de rclusion, Hctor Ramrez Ros et Abraham Lancerio, deux ex-officiers de la Police Nationale, pour la disparition force de Edgar Fernando Garca, le 18 fvrier 1984. Frernando Garcia tait syndicaliste de la CAVISA, membre de lassociation dtudiants-AEU et un des leaders clandestins du

    mouvement de jeunes du parti communiste PGT. Garca faisait partie du comit central du Parti Guatmaltque du Travail (PGT) et tait considr ennemi interne pour ses activits syndicales et tudiantes, par le gouvernement du gnral Oscar Meja Vic-tores. Les disparitions forces sont reconnues comme des crimes imprescriptibles par la Commission dclaircissement historique (CEH), mais il a fallu attendre plusieurs an-nes avant quune condamnation soit porte pour ce dlit1. Cest la premire fonde sur les documents de l'Archive Historique de la Police Nationale dcouverts en 2005. Ces archives contiennent des milliers de documents datant du conflit arm, qui dtaillent les multiples violations aux droits humains que la police avait dmenties par le pass. On estime 45 000 le nombre de guatmaltques disparu-es, la majorit entre 1978 et 1984. Dans le cas de Garca, la juge a dclar la peine maximale prenant en compte que la victime tait tudiante, que le crime est politique et pour l'intensit des dommages cau-ss sa famille et la socit guatmaltque. Son pouse de lpoque, Nineth Monte-negro, fondatrice du Groupe de Soutien Mutuel (Grupo de apoyo Mutuo-GAM) et d-pute de Encuentro por Guatemala, dclarait la sortie du tribunal: la justice com-mence se renforcer au Guatemala, pays de l'ternelle intolrance [...]. La justice di-vine tarde, mais elle n'oublie jamais.

    1 Les premires sentences pour ce dlit ont t prononces en 2009 contre d'anciens militaires, suite la lutte des familles de victimes des communauts de Choatalum (sentence le 31 aot) et de El Jute (le 4 dcembre).

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    Brves

    Solidarit Guatemala n 19 2 n o v - j an v . 20 11

    Emilia Quan Staackman, du Centre d'tudes et de Docu-mentation de la Frontire Occi-dentale de Guatemala est assas-sine Huehuetenango Emilia Quan Staackman, jeune femme de 27 ans, sociologue du CEDFOG Centre d'tudes et de Documentation de la Frontire Occidentale de Guate-mala a t torture puis assassine le 7 dcembre dernier, aprs avoir t enleve par des hommes arms Hue-huetenango. Le pilote du vhicule, Victor Lpez, a quant lui, t aban-donn, bless et ligot. Simultanment, le comptable de la Pastorale Sociale de Huehuetenango tait lui aussi enlev puis libr quelques heures plus tard. Emilia effectuait des recherches sur les pouvoirs parallles dans la rgion trafiquants de drogue et groupes para-militaires, et le CEDFOG venait de mettre jour une srie d'anomalies dans la gestion de travaux d'infrastruc-ture du Conseil Dpartemental de D-veloppement (CODEDE). Les deux organisations de Huehuetenango direc-tement attaques, partageait les mmes espaces d'change sur le dve-loppement, l'audit social et la scurit citoyenne indiquait la directrice de l'Unit de protection des dfenseur-es des droits humains (UDEFEGUA), signalant un mobile politique. De nombreuses organisations sociales et de dfense des droits humains ont manifest leur profonde consternation face ce crime, et ont exig aux auto-rits une investigation efficace afin de capturer, juger et condamner les res-ponsables matriels et intellectuels de ces actes. Enfin, celles-ci ont demand que soit garantie la scurit pour les organisations du dpartement de Hue-huetenango qui uvrent pour le dve-loppement, la scurit et la justice.

    Claudia Paz y Paz lue Procureur gnral, un espoir pour la justice au Guatemala La justice au Guatemala ne peut plus attendre et je suis dispose faire tous les ef-forts possibles pour rduire l'impunit de ce pays sont les premires paroles du nou-veau Procureur, lue le 9 dcembre dernier. En juin, le procureur Conrado Reyes avait vu son lection annule suite aux signalements de la CICIG (Commission Internatio-nale contre lImpunit au Guatemala). La nouvelle titulaire a expliqu les trois objec-tifs principaux de son plan de travail pour la prochaine priode la tte de l'entit char-ge des poursuites pnales. En premier lieu, Claudia Paz y Paz a mentionn les "priorits de la perscution pnale" et en cela a mis l'accent sur les "dlits contre la vie, contre la libert, contre l'intgrit physique et le crime organis". Le second thme prioritaire est la coordination avec le Ministre Public et la Police Nationale Civile, et la ncessit de renforcer le systme de protection aux tmoins. Enfin, elle a fait men-tion de la consolidation de la formation et de la carrire judiciaires. Les organisations sociales et de dfense des droits humains ont fortement salu llec-tion de Caludia Paz y Paz, qui a fait l'une de ses premires apparitions publiques quand a t annonce la prolongation du mandat de la CICIG dans le pays, le 20 dcembre 2010 (jusqu septembre 2013).

    La femme dAdolfo Ich Chaman poursuit Hudbay Minerals au Canada Adolfo Ich, enseignant de la Unin, dpartement dIzbal, tait un leader communautaire respect, impliqu dans la dfense de la terre et des droits des autochtones de sa communaut. Le 29 septembre 2009, la suite dune manifestation pacifique, il est tu coups de machette et dune balle dans la nuque par le chef de la scurit de la CGN (Compaa Guatemalteca de Niquel), filiale de la compagnie canadienne Hudbay Minerals exploitant la mine de nickel de El Estor. Une semaine auparavant, il avait accom-pagn des reprsentants dAmnesty International dans leur enqute sur les abus de CGN/Hudbay dans la zone. Laffaire a t prsente devant la Cour suprieure de lOntario et dans la capitale guatmaltque en dcembre dernier. Au Canada, lincomptence de juridiction des tribunaux a systmatiquement t invoque pour faire chouer ce type de pour-suites. Un projet de loi a t dpos en avril dernier par le dput du Nouveau Parti Dmocratique (NPD) Peter Julian pour per-mettre de traduire les compagnies minires canadiennes devant la Cour Fdrale pour des dlits ou crimes commis hors des fron-tires du Canada. Ce projet na toujours pas t adopt.

  • Des nouvelles du terrain

    - Nous avons accompagn fin dcembre le premier groupe de personnes de la Finca Nueva Linda, qui est all signer au Secrta-riat des Affaires Agraires les documents pour l'acquisition d'une partie de leurs nouvelles terres, ngocies par le biais de diff-rentes institutions de l'tat dans le cadre de la rsolution de leur conflit. Marilyne, Vanessa et Amandine et deux autres accompa-gnateurs, ont pass, nous lesprons, le dernier Nol au bord de la route, avec le groupe Nueva Linda.

    - Avec UDEFEGUA, nous avons rendu visite Mateo Lpez, attaqu par balles le 28 octobre dernier, alors qu'il se rendait une assemble du Syndicat National des Travailleurs de Sant (Action urgente d'AI en ligne: http://www.amnesty.org/fr/library/info/AMR34/010/2010). Le syndicaliste est engag dans la lutte pour l'accs et la qualit des services publics, ainsi que contre des irrgularits de paiement aux salaris de la sant. Il fait aussi partie de ceux qui ont dnonc pour corruption l'ex-directeur (il vient d'tre remplac en novembre) de la direction dpartementale de la sant de San Marcos. Cette attaque suit de prs la com-mmoration de l'assassinat de Victor Glvez, le 20 octobre 2009, membre du FRENA de San Marcos et dirigeant de la lutte contre l'entreprise espagnole d'lectricit Unin Fenosa, lutte laquelle tait li Mateo Lpez. De fait, Lpez avait particip a cette com-mmoration, exhortant la population rclamer ses droits. D'autre part, un suspect a t arrt le 17 novembre dernier et plac en prison prventive pour l'assassinat de Vctor Glvez. Cette arrestation est le fruit du travail de la CICIG, qui a dclar continuer

    rechercher les autres responsables du meurtre. - Marilyne termine son contrat daccompagnatrice le 23 fvrier et passera son dernier mois au sein de lquipe mobile, base la capitale. Amandine quitte galement le projet, aprs 20 mois d'accompagnement au sein de diffrentes quipes. Toute l'quipe du Collectif au sige et sur le terrain la remercie chaleureusement pour tout son travail, toujours effectu avec srieux et passion. MERCI!

    Bloc notes

    7 Solidarit Guatemala

    n 19 2 n o v - j an v . 20 11

    Changement de coordinatrice au sige

    Aprs 5 annes passes au dveloppement et la coordination des activits du Collectif Guatemala en France, Anne Boucher a dcid de poursuivre son engagement associatif pour le respect des droits de lhomme vers dautres horizons et de passer une nouvelle tape de sa vie professionnelle et militante. Toute lquipe du Collectif lui dit un GRAND MERCI pour tout le travail accompli, son engagement et sa patience, et lui souhaite le meilleur pour lavenir! Compte-tenu de la charge de travail et des nouveaux financements quAnne a su trouv, nous avons pu pass dun mi-temps un poste temps plein. Ce nouveau poste sera occup par Louise Levayer. Louise a suivi des tudes de siences-politiques orientes vers la coopration internationale et lAmrique Latine, elle a galement travaill comme volontaire en Equateur, au Guatemala et en dans le nord de lArgentine. Elle partira ce mois de janvier pour une mission de 2 semaines au Guatemala afin de rencontrer nos partenaires sur place et de prendre en main ce nouveau poste de la meilleure manire possible. Nous profitons donc de ce bulletin pour saluer et remercier vivement Anne, et souhaiter la bienvenue Louise.

    Prochaine journe dinitiation de Peace Brigades International - France le samedi 5 fvrier, 10h-18h

    Cette journe vise accueillir et orienter les personnes intresses par la non-violence, la prise de dcision au consensus, laccompagnement international et la protection des droits humains. Elle est gratuite et ouverte toute personne intresse par ces thmatiques. Elle comprend une prsentation des principes rgissant laction de PBI, des mises en situation et la rencontre avec un-e ex-accompagnateur-rice. Lapproche de PBI de laccompagnement peut diffrer lgrement de celle du Collectif Guatemala et il est toujours enrichissant de pouvoir connatre ces vi-sions diffrentes. Plus dinformations et inscriptions: [email protected]

    Collectif Argentin pour la Mmoire - Dbat Projection Lducation, avant et aprs la dictature en Argentine

    Projection du documentaire Regstrese, Archvese y Comunquese, en el Gui-do Miranda de Nora Anchart et Monica Costa (2009, 68 min) (en espagnol). Suivi dune table ronde avec la ralisatrice Nora Anchart et Alejandra Birgin. Organis par le Collectif Argentin pour la Mmoire.

    Date et lieu: vendredi 21 janvier, 20h, Maison de lArgentine - Cit Universi-taire de Paris, 27 boulevard Jourdan, 75014 Paris.

    9me dition du Festival Interna-tional du Film des Droits de lHomme Paris.

    Le Festival inter-

    national du film des droits de l'homme pro-pose chaque anne, pendant une semaine, un temps de rencontre et de dbat entre des rali-sateurs, le monde associatif et le grand public autour de projections de films documentaires indits sur les crans franais.

    Cette anne, Grgory Lassalle y prsentera son dernier film, Le business de lor au Guatemala: chronique dun conflit annonc .

    A partir du 8 mars 2011 www.festival-droitsdelhomme.org

  • 8

    Le Collectif Guatemala Qui sommes-nous ? Fond en 1979 par des rfugis guatmaltques et des militants franais, le Collectif Guatemala est une association 1901 de solidarit internationale. Il est compos dassociations et de particuliers, dont une bonne dizaine de membres actifs, sur lesquels repose la vie de lassociation. Depuis octobre 2002, lquipe sest toffe avec larrive dune permanente mi-temps. Depuis mars 2006, lassociation a ouvert un bureau de coordination pour ses activits au Guatemala (accompagnement international et campagne de soutien aux militants luttant contre le pillage de leurs ressources naturelles)

    Les activits du Collectif au Guatemala

    Laccompagnement international

    des populations indignes victimes du conflit arm impliques dans des procs contre les responsables de violations massives des droits de l'Homme, des personnes menaces du fait de leurs activits militantes.

    Comment ?

    la demande des groupes ou personnes menaces, en recherchant et en prparant des volontaires qui resteront au minimum 4 mois sur le terrain.

    Pourquoi ?

    pour tablir une prsence dissuasive, pour avoir un rle d'observateur, pour relayer l'information. Les accompagnateurs/trices sont des volontaires majeurs, de tous hori-zons, dsirant sengager pour une dure minimum de 4 mois. Des ses-sions dinformation et de prparation ont lieu en France avant le dpart. Au Guatemala, les accompagnateurs sont accueillis et suivis par le Centre daction lgale pour les droits de lHomme (CALDH).

    Lorganisation de voyages pour dcouvrir le Guatemala autrement

    sjour annuel de 2 semaines rencontres avec nos associations partenaires

    Les activits du Collectif en France

    L'appui aux organisations de la socit civile guatmal-tque qui luttent pour plus de justice et de dmocratie

    en relayant des dnonciations de violations des droits de l'Homme, en organisant des campagnes pour soutenir leurs revendica-tions, en recherchant des financements pour soutenir leurs projets, en recevant en France et en Europe des reprsentants de dif-frentes organisations pour leur permettre de rencontrer des dcideurs politiques et financiers.

    Linformation et la sensibilisation du public franais

    Sur quoi ?

    la situation politique et sociale au Guatemala, la situation des droits de l'Homme, l'action des organisations populaires, indiennes et paysannes.

    Comment ?

    par la diffusion dune lettre ladhrent mensuelle, par l'organisation ou la participation des confrences, d-bats, runions, par des runions bimensuelles ouvertes toute personne int-resse.

    Le travail en rseau avec diffrents types de partenaires prsents au Guatemala

    associatifs, institutionnels.

    Solidarit Guatemala n 19 2 n o v - j an v . 20 11

    ADHSION / ABONNEMENT Le Collectif Guatemala vous propose plusieurs formules de soutien :

    Adhsion au Collectif, permettant de recevoir la Lettre lAdhrent 23

    Adhsion tarif rduit (tudiants, chmeurs etc. joindre justificatif) 15

    Don, un soutien supplmentaire pour nos activits

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