Solidarité Guatemala 188

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Édito: Honduras du coup d'État aux élections frauduleuses Actualités: Bilan 2009 de la violence au Guatemala / Le conflit agraire ancestral de la région Ixil Activités: Atelier de formation vidéo à Sololá

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  • processus de ngociations aprs avoir inclus la mdiation du prsident Oscar Arias et, sans sur-prise, elle a donn son aval aux lections prsi-dentielles.

    Nanmoins, les lections du 29 novembre der-nier se sont tenues sous un rgime putschiste marqu par les disparitions extrajudiciaires, les meurtres, la rpression et la torture. En outre, ces lections se sont faites sans la reconnais-sance du peuple hondurien et dune grande par-tie de la communaut internationale. Initiale-ment, seuls les gouvernements des tats-Unis, du Panama, de la Colombie et de la Rpublique dominicaine ont reconnu les rsultats lecto-raux : une mare abstentionniste (environ 60%) de laquelle Pepe Lobo est sorti gagnant.

    Quant l'Union europenne, elle se proccupe davantage de la stagnation des ngociations des Accords d'association qui doivent dboucher sur la signature de traits de libre commerce avec l'Amrique centrale, que du retour de l'ordre d-mocratique. Jusqu prsent, la France et l'Espa-gne ont reconnu le gouvernement n des lec-tions frauduleuses.

    Les secteurs dmocratiques de la rgion et des organisations humanitaires au niveau internatio-nal, ont quant eux suivi les demandes et les as-pirations des majorits honduriennes. Dans le premier cas, la rsistance civile a t or-ganise le jour mme du coup dtat militaire. Diffrentes organisations tudiantes, sociales, paysannes, indiennes, syndicales et de femmes ont russi converger dans le Front national de rsistance populaire contre le coup dtat (FNRP), non seulement pour exiger le retour de l'ordre dmocratique, mais aussi pour largir les demandes du peuple hondurien : l'avance des transformations impulses par Zelaya, la rali-sation dun rfrendum populaire et l'instaura-tion d'une Assemble nationale constituante.

    Cependant, une minorit au sein de la rsistance constitue par les secteurs sociaux et des partis politiques de gauche, qui considrait ncessaire de participer aux lections de novembre, colla-

    la n 188 Janv.Fv. 2010

    Sommaire

    dito p. 1

    Honduras : du coup d'tat aux lections frauduleuses par Miguel Ceto

    Actualit p. 3

    Bilan 2009 de la violence au Guatemala : une augmen-tation proccupante par Cynthia Benoist

    Le conflit agraire ancestral de la rgion Ixil accentu par linstallation du mga-barrage hydrolectrique Xacbal par Amandine Grandjean

    Activits p. 8

    Atelier de formation vido Solol par Alain Bivel

    Brves p. 9

    Bloc-Notes p. 11

    Collectif Guatemala p. 12

    Collectif Guatemala 21 ter, rue Voltaire

    75011 Paris - France Tel/Fax : + 33 (0)

    1.43.73.49.60 collectifguatemala1@libertysurf.fr

    http://collectif-guatemala.chez-alice.fr/

    Permanence : mercredi, jeudi, vendredi

    Directrice de publication : Isabelle Tauty Chamale ISSN 1277 51 69

    Ont particip ce numro : Cynthia Benoist, Alain Bivel, Anne Boucher, Miguel Ceto, Amandine Grandjean, Isabelle Tauty

    C omme nous lavons signal antrieu-rement1, en raison de l'isolement in-ternational et de la rsistance popu-laire, les putschistes honduriens ont trouv dans les lections de novembre une alter-native pour surmonter la crise et une manire dempcher le retour au pouvoir de Manuel Ze-laya.

    En ce sens, les secteurs conservateurs et rac-tionnaires du pays ont trouv en Porfirio Lobo Sosa, le candidat idal : un propritaire terrien et entrepreneur de la rgion d'Olancho2, membre du Parti national -duquel il a t dput par trois fois- et surtout, un dirigeant qui a appuy le coup d'tat contre Zelaya et les actions de Ro-berto Michelleti.

    Tout cela a galement t rendu possible grce l'appui et la complaisance offerts par l'arme hondurienne, les mdias, la hirarchie catholi-que, l'oligarchie nationale et rgionale, ainsi que le gouvernement des tats-Unis. Dun ct, les secteurs traditionnels de pouvoir ont vu dans le mouvement social li Zelaya l'avance des ides lies au chavisme, au cas-trisme et au gouvernement bolivien dans la r-gion. Autrement dit, un mouvement social et politique qui mettait en danger le statu quo du systme et qui rendait ncessaire son limina-tion tout prix, incluant la violence et la mort. Pour illustrer cette mentalit de l'oligarchie en Amrique centrale, on peut citer la "visite de courtoisie" qu'ont donne vingt-cinq reprsen-tants du secteur patronal guatmaltque au gou-vernement putschiste de Michelleti3, malgr la condamnation unanime de la communaut inter-nationale, surtout des pays membres de l'Alter-native bolivarienne des Amriques (ALBA), l'Union des nations sud-amricaines (UNASUR), l'Organisation des tats amricains (OEA) et des Nations unies.

    Dautre part, l'administration de Barack Obama a implicitement appuy le coup d'tat au Hon-duras, accordant la mme importance aux ngo-ciations avec les putschistes quavec le gouver-nement de Zelaya. Elle a galement retard le

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    Guatem Solidarit Lettre des adhrents du Collectif Guatemala Bimestriel

    Solidarit Guatemala n 18 8 j a n v . - f v . 2 01 0

    Honduras : du coup d'tat aux lections frauduleuses par Miguel Ceto

  • Edito de solidarit envers le peuple hondurien sont videntes, en Grce, en Italie, en Es-pagne ou en France, travers lorganisa-tion de meetings de solidarit rpudiant les violations des droits de l'Homme de la part des forces armes et des groupes paramilitaires, ainsi que de forums ou de dbats sur les implications politiques d'un coup dtat au XXIe sicle. En France, le travail dAlerte Honduras4 est un exemple de l'importance de la conver-gence de diffrentes expressions politi-ques et de l'internationalisation des luttes sociales5.

    Pour cela, il est ncessaire de suivre les luttes sociales qui se dveloppent en Amrique latine, dans ce cas prcis, le travail infatigable du Front national de rsistance populaire contre le coup d-tat, et ce malgr le harclement constant des forces de police depuis plus de huit mois. Leur travail consiste maintenant

    organiser et mobiliser la population hondurienne, en mettant en vidence le fait que les lections du 29 novembre dernier ne constituent pas la sortie de la crise ni le Plan de Nation que projette le rgime actuel.

    bore aujourdhui au gouvernement de Porfirio Lobos. Le cas de Marvin Ponce reflte cette attitude opportuniste : aprs avoir t lu dput par lUnification d-mocratique (UD), il a opr un virage droite en intgrant le comit directeur du Congrs national. De ce fait, il affaiblit lunit cre entre les mouvements so-ciaux et les partis politiques de gauche qui soutiennent la mobilisation sociale, et il trahit les revendications du FNRP. Un autre exemple est la cration du Front guatmaltque en rsistance avec le peu-ple hondurien. Une initiative populaire qui organise des rapprochements avec des organisations sociales victimes du coup d'tat, ainsi que des activits de d-nonciation des secteurs et des institutions qui appuient le rgime, par exemple le Tribunal suprme lectoral guatmalt-que.

    Enfin, au niveau international, les actions

    2 Solidarit Guatemala n 18 8 j a n v . - f v . 2 01 0

    1 Miguel Ceto. Honduras : Le rgime putschiste

    doit tomber ! La Gauche , 8 octobre 2009. http://www.lagauche.com/lagauche/spip.php?article2537 2 Il est galement diplm de lUniversit de Miami

    en Administration dentreprises. 3 Parmi les personnalits qui se sont rendues au

    Honduras, on peut citer : Otto Kushiek, Armando Asturias, Hans Peter, Francisco Botrn, Diego Mo-reno, Rodrigo Aparicio, Roberto Daz Scharwz, Jean Paul Morel, Jos Manuel Moreno Botrn y Gerardo Poitevin, tous membres de loligarchie guatmalt-que. Elperiodico, Guatemala, mercredi 19 aot 2009. 4 http://www.alerte-honduras.org/

    5 Cettte perspective internationaliste se retrouve au

    niveau du FNRP qui sest solidaris avec plusieurs luttes, comme rcemment avec le peuple dHati. Voir communiqus : http://contraelgolpedeestadohn.blogspot.com/

    5 juillet 2009 : Le jour du retour du prsident destitu Manuel Zelaya, des milliers de personnes (estimes 100 000) se sont runies lUniversit pdagogique afin de

    se rendre laroport Toncontin. La prsence des forces de scurit tait massive.

    James Rodriguez mimundo.org

  • Un autre dtachement militaire est prvu San Marcos et Izabal, deux rgions qui connaissent actuellement une aug-mentation consquente de la conflictuali-t sociale, due en particulier l'installa-tion ou la continuation de projets d'ex-ploitation des ressources naturelles.

    Remilitarisation du pays et criminali-sation du mouvement social Dans ce contexte, la remilitarisation du pays peut tre vue comme une manire pour le gouvernement d'assurer ses arri-res en cas daggravation des conflits so-ciaux. Cependant, les raisons officielles sont d'assurer la scurit des citoyens et de lutter contre le narcotrafic. En outre, il est vrai que dans nombre de rgions, la population demande la prsence de l'ar-me pour maintenir l'ordre et la scurit.

    traient le fonctionnement rel du systme de justice, proposait des mesures phares qui n'ont jusqu'ici pas t mises en u-vre. C'est notamment le cas de la cra-tion du ministre de la Scurit. Mieux encore, le budget allou au ministre de l'Intrieur a t rduit. Au travers de ces dcisions, on peut se demander quelle est la stratgie scuritaire du gouvernement Colom. En effet, au-del de campagnes de publicit et de dbats nationaux sur le thme de la violence, la rponse du gou-vernement en matire scuritaire est loin d'tre claire. Discours d'un ct, actions de l'autre. Rduire le budget du ministre de tutelle de la police nationale est un signe que la volont du gouvernement n'est pas aussi forte qu'elle puisse sem-bler premire vue. Surtout, y regarder de plus prs, on constate que si stratgie il y a, elle est plus proche de celle des gouve