Solidarité 4/12

download Solidarité 4/12

of 20

  • date post

    14-Feb-2016
  • Category

    Documents

  • view

    219
  • download

    1

Embed Size (px)

description

Magazine of Solidar Suisse

Transcript of Solidarité 4/12

  • Numro 4, novembre 2012

    Le magazine de

    POINT FORTTravailleuses dumonde entierSUISSESignez linitiative contrela spculation alimentaire!

  • Esther MaurerDirectrice de Solidar Suisse

    2

    08.10.2012Les rfugis syriens ont besoin dune aide durableAvec son organisation partenaire norv-gienne NPA, Solidar Suisse apporte une aide durgence au Liban: elle distribue de la nourriture et des produits dhygine, ainsi que des kits spciaux de premire ncessit, tout en paulant les nombreux bnvoles actifs dans les camps de r-fugis. Un enseignement sera trs bientt dispens aux enfants en ge de scolarit.

    19.09.2012Pourquoi un accord prfrentiel avec une dictature?Beaucoup meurent dpuisement et de mauvais traitements. Pour chapper la faim, jai d apprendre attraper des rats et des serpents. Harru Wu, dissident chinois, a t intern dans des camps de travail durant 19 ans. Il tmoignait rcem-ment Genve. Comment un pays libre peut-il souhaiter conclure un accord prfrentiel avec une dictature?, sest-il notamment indign.

    02.10.2012Les Jeunes socialistes sattaquent la spculation alimentaireLes Jeunes socialistes lancent une initia-tive contre la spculation. On ne joue pas avec la nourriture de millions de person-nes, senflamme leur prsident Daniel Roth, en comparant le trading aux armes de destruction massive. Aujourdhui, prs de 80% du commerce sont purement spculatifs contre 30% en 2000, a d-nonc Esther Maurer, directrice de Solidar Suisse.

    Chre lectrice, cher lecteur,Anime par une curiosit insatiable et une forte motivation, jai repris, il y a plus de deux mois, la direction de Solidar Suisse. Depuis, ma curiosit na pas flchi: chaque jour, jen apprends davantage sur les activits de Solidar et dcouvre des person-nes cls et des rseaux. Peu peu, jenvisage aussi la place que Solidar Suisse devrait occuper en coopration au dveloppement dans cinq dix ans et comment y parvenir. Quant ma motiva-tion, elle se nourrit dun engagement dont lutilit nest plus prouver et de la volont dune quipe enthousiaste.

    Les thmes promouvoir, dont le travail dcent et la participation (nos priorits), sont aussi nombreux que varis et les tendances mondiales qui les menacent le sont tout autant. Le rcent lancement de nos activits en Chine ne signifie pas seulement que nous uvrons sur un terrain o les intrts co-nomiques et la stratgie du profit immdiat foulent aux pieds les normes du travail et la dignit humaine. Il implique aussi que nous devons fournir, ds prsent, notre soutien aux gens sur place, pour quils fassent valoir leurs droits et vitent ainsi dtre lamins par l'essor conomique. Les travailleuses et les travail-leurs doivent en effet tre parties prenantes dun dveloppe-ment conomique durable. Mme si nos activits en Chine sont encore ponctuelles vu la taille de ce pays, elles sont dailleurs condamnes le rester elles sappuient sur une philosophie

    globale. Car nous devons pouvoir transposer la lutte pour la dignit humaine dautres pays et, grce au rseau form par les syndicats asiatiques et les organisations de la socit civile, y renforcer les structures existantes.

    Au cours des premiers mois passs la tte de Solidar, jai constat que passer de lexcutif de la ville de Zurich et de son Dpartement de la scurit la direction de Solidar Suisse savre moins incongru quil ny parat. En effet, si jai t responsable pendant douze ans de la scurit de la population de Zurich, je me proccupe prsent des moyens dexistence des habitant-e-s de pays mergents et en dveloppement et mefforce ainsi damliorer leur scurit. Nos divers objectifs reconstruction au Sri Lanka ou salaires dcents pour les

    ouvrires sur les stades sud-africains, vie digne grce au travail et des prix alimentaires stables, lutte contre la corruption ou protection contre un gouvernement meurtrier, tel le rgime syrien reposent sur un mme prcepte: sans scurit, il ny a pas de perspectives davenir, ni pour la socit ni pour lindividu.

    Je vous remercie, chre lectrice, cher lecteur, pour votre soutien et espre que vous saurez considrer notre travail dun il la fois bienveillant et critique. Esther Maurer

    DITORIAL

    REvuE DE PREssE

  • POINT DE vuE En raison de la spculation, un enfant meurt de faimchaque cinq secondes. 7

    TuDE Lvasion fiscale fait perdre des milliards aux pays mer-gents et en dveloppement. 1513

    POINT FORTDans quelles conditions les femmes travaillent-elles et pourquoi luttent-elles? Rponse au Burkina Faso, en Afrique du Sud, au Brsil, en Suisse, au Sri Lanka et en Serbie. 4

    3

    POINT FORT Travailleuses de tous les pays 4 Au Burkina Faso, Djnba Camara gre son propre atelier de couture 6 Quapporte le Mondial aux travailleuses? Rponse dune ouvrire sud-africaine et dune vendeuse brsilienne 8 A Genve, Corinne Hagger a lutt contre le licenciement de 1500 personnes 10 Dushyanthi Thedevas a patiemment reconstruit sa vie au Sri Lanka 11 POINT DE vuE Jean Ziegler: les spculateurs sur les denres alimentaires sont des requins tigres 7 ACTuALIT Au Liban, Solidar dispense une aide durgence aux rfugi-e-s syriens 13 TuDE Les pays en dveloppement perdent des milliards en raison de lvasion fiscale 15 CONCOuRs 12 RsEAu Nouvelles des OSEO rgionales 16 PORTRAIT En Serbie, Bojana Bijelovic sengage contre le chmage des jeunes 18

    Editeur: Solidar Suisse, Quellenstrasse 31, Postfach 2228, 8031 Zrich Tl. 021 601 21 61, E-mail: contact@solidar.ch, www.solidar.ch CP 10-14739-9 Lausanne. Membre du rseau europen SolidarRdaction: Katja Schurter (rdactrice responsable), Rosanna Clarelli, Christian Engeli, Alexandre Marithoz, Cyrill Rogger

    Layout: Binkert Partner, www.binkertpartner.ch / Spinas Civil VoicesTraduction:Irene Bisang, Milena Hrdina, Daniel Sri, Jean-Franois ZurbriggenCorrection: Jeannine Horni, Carol Le CourtoisImpression et expdition: Unionsdruckerei/subito AG, Platz 8, 8201 SchaffhausenParat quatre fois par an. Tirage 37 000 ex.

    Le prix de labonnement est compris dans la cotisation (membres individuels 50. par an minimum, organisations 250. minimum). Imprim sur papier recycl.

    Page de titre: Djnba Camara a ralis son rve: ouvrir son propre atelier de couture. Photo: Lukas Frohofer. Dernire page: Soutenez nos programmes de dveloppement en achetant une carte de Nol.

    IMPREssuM

    ACTuALITAu Liban, Solidar distribue de la nourriture aux rfugi-e-s syriens et en particulier aux enfants.

  • 4TRa vaIllEUSES

  • POINT FORT

    5

    DU mONDE ENTIERSolidar lutte pour un travail dcent. Ce combat est indispensa-ble. Dans le monde, 1,5 milliard de personnes travaillent dans des conditions prcaires; plus de 30% de tous les salari-e-s gagnent moins de deux dollars par jour.Quen est-il plus particulirement des femmes? Quelles sont leurs conditions de travail? Quelles sont leurs luttes? Quelles similitudes entre une scientifique suisse et une cultivatrice de riz sri lankaise?Rponse avec les portraits de six femmes, au Burkina Faso, en Afrique du Sud, au Brsil, en Suisse, au Sri Lanka et en Serbie.Photo: Birgit Ruprecht

    TRa vaIllEUSES

  • solidar ouvre des perspectivesDepuis onze ans, Solidar Suisse apporte un appui au Forum des ducatrices afri-caines (FAWE) du Burkina Faso. Cet organisme permet des femmes qui nont pu frquenter lcole ou achever leur scolarit de suivre une formation professionnelle. Loffre va de couturire divers mtiers techniques, comme mca-nicienne sur auto ou lectricienne, en passant par teinturire.Cette formation aide les jeunes femmes accder au monde du travail. Une vri-table gageure dans un pays o le taux de chmage avoisine 75%.

    Cest par un aprs-midi trs chaud que je me rends chez Djnba Camara Bobo-Dioulasso, une ville de louest du Burkina Faso. La jeune couturire saffaire sur sa machine coudre, tout comme son em-ploy, Moussa Traor.La clientle de Nabou Couture est des plus varies: hommes et femmes de tous ges et de tous horizons viennent la boutique dcore de jaune et de rose. La plupart sont des clients fidles. Djnba Camara porte sur elle la meilleure preuve de ses comptences: une robe jaune et brun quelle a dessine et ralise elle-mme, comme elle lexplique firement.

    Djnba Camara a ainsi obtenu son diplme de couturire en suivant une for-mation auprs du FAWE. Elle a ensuite travaill pendant trois ans dans un atelier de couture, avant de raliser son rve: fonder son propre commerce.

    Rserv aux hommesDepuis cinq ans, Djnba Camara ouvre sa boutique tous les matins laube et y travaille parfois onze heures par jour. Si une enseigne manque encore lextrieur, lintrieur a bien chang ces dernires annes: pour lancer son affaire, Djnba Camara a reu une machine coudre de Solidar Suisse. Depuis, elle a non seule-ment achet une autre machine et du mobilier, mais aussi engag deux em-ploys, qui laident en fonction des besoins, et une stagiaire.Au Burkina Faso, la couture nest pas un mtier de femme, mais un domaine tradi-tionnellement rserv aux hommes. Depuis quelque temps, un quilibre stablit cependant lentement entre cou-turiers et couturires. Quant Moussa Traor, lemploy de Djnba Camara, peu lui importe. Que lon travaille sous les ordres dun homme ou dune femme, il arrive que lon ne soit pas daccord et que lambiance devienne lectrique.

    une lutte au quotidienBien que ses services soient trs deman-ds, Djnba Camara ne parvient pas runir chaque mois les 30 francs nces-saires pour payer le loyer et llectricit de son petit local. Il ne lui reste alors qu trouver un travail dappoint. Malgr les difficults, elle ne regrette toutefois pas davoir opt pour lindpendance. Jaime mon mtier et cela me pousse aller de lavant.www.solidar.ch/fawe

    6

    DE FIl EN aIgUIllE vERS laUTONOmIE Malgr quelques soucis financiers, Djnba Camara, couturire au Burkina Faso, se fraye son proche chemin.Texte et photo: Lukas Frohofer, Solidar Suisse

    Djnba Camara devant sa bo