Solidarité 1/12

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  • Le magazine de

    Numro 1, fvrier 2012

    POINT FORTLe flau dutravail informelACTUALITMondial 2014:des lois pour la FIFA

  • 03.12.2011Les trois villes solidaires, sans plusLa coopration au dveloppement et la politique des achats publics quitables ont t analyss. Parmi les 87 commu-nes values, Neuchtel se classe en premire moiti de peloton (27e rang). Le Locle dcroche une honorable 38e place; sur la base du budget 2011, qui prvoit une hausse des dpenses pour la coop-ration au dveloppement, la petite ville du Haut devancerait mme Neuchtel. Enfin, La Chaux-de-Fonds termine en queue de peloton (57e). Solidar appelle les trois communes se doter rapide-ment dune politique dachats qui rduise notoirement tout risque dachats issus de lexploitation.

    28.12.2011Fribourg peu solidairedes pays du SudPour la premire fois, 87 communes suisses ont t notes en matire dachats quitables et de coopration au dveloppement. Fribourg se situe dans le ventre mou du classement; Bulle et Villars-sur-Glne en queue de peloton. Malgr ces rsultats mitigs, le porte-parole romand de Solidar, Alexandre Marithoz, se flicite que les trois com-munes fribourgeoises sollicites aient accept de jouer le jeu. Cela dmontre leur volont damlioration. De plus, ces communes disposent dsormais dun diagnostic et de pistes pour amliorer leur pratique actuelle.

    Chre lectrice, cher lecteur,Lorsquon travaille dans le secteur informel, cest que lon na pas dautre choix: pauvret, taux lev de chmage et manque demplois fixes obligent les gens gagner leur vie dans des conditions prcaires. Ni contrat de travail, ni salaire garanti, pas dassurance, aucun droit aux prestations mdicales ou la scurit sur le lieu de travail. Tel est leur sort. Dans les pays en dveloppement, trois quarts environ de tout le travail seffectuent dans ce secteur. labri des lois et des regards, il emploie une forte proportion de femmes et le travail des enfants y est monnaie courante

    Cette situation va lencontre des efforts de dveloppement: les familles ne dispo-sent pas de moyens dexistence fiables et les enfants sont privs de formation. De plus, le travail informel dpouille les tats de revenus fiscaux dont ils auraient grandement besoin pour assurer le dveloppement. Une spirale o la pauvret se perptue sans fin.

    Voil pourquoi Solidar Suisse estime que la politique de dve-loppement doit sattacher instaurer des conditions de travail dcentes. En Suisse, cet aspect ne suscite pas encore lattention quil mrite. Au plan politique, nous mettons tout en uvre pour

    que le travail dcent soit mis au centre des stratgies de dveloppement et exi-geons que la Suisse ratifie les conven-tions de lOrganisation internationale du travail (voir page 11).

    Dans nos pays prioritaires, nous soute-nons par ailleurs les syndicats et les or-ganisations populaires qui sefforcent damliorer la situation des travailleuses et des travailleurs informels. Ladoption, en juin 2011, dune convention de lOIT qui fixe des normes minimales pour le travail domestique (voir Solidarit 3/2011) prouve quil est possible de

    rglementer le travail informel. Solidar Suisse poursuit la lutte. Avec votre prcieux soutien. Ruth Daellenbach

    Ruth Daellenbach,directrice de Solidar Suisse

    2 DITORIAL

    01.12.2011Droit sans frontiresUne alliance de quelque 50 organisa-tions, dont Solidar Suisse, exige que les entreprises sises en Suisse soient obli-ges de respecter les droits humains et lenvironnement partout dans le monde. La Suisse a refus jusquici toute rgle contraignante, se limitant au soutien quelques initiatives dautorgulation. Plus grave encore, le droit suisse actuel empche de rendre les maisons-mres responsables des violations commises par leurs filiales. La campagne Droit sans frontires veut mettre un terme ce scandale. Signez la ptition adresse au Conseil fdral et au Parlement:www.solidar.ch/droitsansfrontieres

    Revue De pReSSe

  • diteur: Solidar Suisse, Quellenstrasse 31, Postfach 2228, 8031 Zrich Tl. 021 601 21 61, E-mail: contact@solidar.ch, www.solidar.ch CP 10-14739-9 Lausanne. Membre du rseau europen SolidarRdaction: Katja Schurter (rdactrice responsable), Christof Hotz, Christian Engeli, Alexandre Marithoz, Cyrill Rogger

    Layout: Binkert Partner, www.binkertpartner.ch / Spinas Civil VoicesTraduction:Irene Bisang, Ursula Gaillard, Milena Hrdina, Walter Rosselli, Jean-Franois ZurbriggenCorrection: Jeannine Horni, Carol Le CourtoisImpression et expdition: Unionsdruckerei/subito AG, Platz 8, 8201 SchaffhausenParat quatre fois par an. Tirage 37000 ex.

    Le prix de labonnement est compris dans la cotisation (membres individuels 50. par an minimum, organisations 250. minimum). Imprim sur papier recycl.

    Page de titre: Une marchande de rue vend des bananes au Burkina Faso. Photo: Jrg Gasser. Dernire page: Un tailleur de pierre chinois montre ses mains ravages par le travail. Photo: Ming Pao.

    pOINT De vue La ratification de normes contraignantes garantit une protection minimale au travail. Elle contribue ainsi faire reculer lexploitation et amliorer les salaires. 11

    ACTuALIT En Colombie, Nespresso achte directement aux paysan-ne-s: pour ensuite mieux les abandonner? 16

    CuLTuReAu Nicaragua, des peintures murales sont porteuses dindignation et despoir. Aperu en images.

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    THeMALa plante compte toujours plus de personnes actives dans le secteur informel. Elles ont urgemment besoin de normes du travail contraignantes et dassurances sociales. 4

    IMpReSSuM

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    pOINT FORT Trs rpandu, le travail informel se caractrise par la prcarit et labsence de scurit sociale 4 Comment briser le cercle vicieux de lexploitation? 6 Lutte contre la prcarit dans les plantations de canne sucre au Malawi 7 Au Nicaragua, les marchand-e-s de rue sorganisent pour amliorer leurs conditions dexistence 8 pOINT De vue Karin Pape: des standards minimaux pour combattre le travail informel 11 CuLTuRe Nicaragua: murales et pintas pour un monde meilleur 13 ACTuALIT Mondial 2014 au Brsil: lois spciales pour la FIFA et exploitation des ouvriers 14 En Colombie, Nespresso met en pril les coopratives du commerce quitable 16 jeu & bAROMTRe 12 RSeAu Nouvelles des OSEO rgionales 17 pORTRAIT Armin Sestic sengage contre le chmage des jeunes en Bosnie 18

  • 4Bewohnerinnen von Estaquinha bringen ihre Vorschlge fr eine Verbesserung der Infrastruktur im Entwicklungskomitee der Gemeinde ein.

    Ramasseurs dordures sud-africains, marchands de rue au Nicaragua, employes de maison boliviennes, petits paysans au Mozambique: pour toutes et tous, travail informel rime avec prcarit.

  • pOINT FORT

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    Dans le monde entier, la drglementation no-librale provoque la hausse du travail informel. Et la crise cono-mique acclre encore ce phnomne. Dans divers pays, Solidar Suisse encourage le dialogue social pour favoriser la cration de structures formelles. Elle appuie aussi lorganisation, en particulier syndi cale, des personnes actives dans le secteur informel, afin quelles puissent sortir durablement de la prcarit. Par exemple au Nicaragua ou au Malawi.Photos: Veronica Pfranger, Renata Hoffmann, Jrg Gasser

    Le FLAU dUTRAvAIL INFORmeL

  • sonnes environ travaillent dans le secteur informel, soit 60 % des personnes exer-ant une activit lucrative. Selon une tude de 2010 de la Banque mondiale, lconomie informelle (voir encadr) a augment en 2007 dans les 98 pays en dveloppement pour atteindre en moyenne 38,6 % du produit intrieur brut (PIB) contre 18,7 % en moyenne dans les pays industrialiss. Conclusion: dans les pays en dveloppement, en transition et industrialiss, lconomie informelle est trs prsente mais recule quand la richesse augmente. Une tude de lOrganisation internationale du travail (OIT) donne une apprciation un peu diffrente de certains pays: elle chiffre la part des emplois informels non agricoles 83,5 % en Inde, 81,8 % au Mali et 75,1 % en Bolivie.

    Suisse: travail au noiret manque de cohrenceNotre pays continue aussi davoir ses problmes de travail informel: les domes-tiques, ouvriers du btiment, aides soi-gnantes prives, avec ou sans permis de sjour et/ou de travail, sont les plus tou-chs. Depuis 2008, le Secrtariat dtat lconomie (SECO) prend plus rsolu-ment des mesures contre le travail au noir en Suisse, mais une rgularisation des sans-papiers nest pas en vue. En matire de politique extrieure, le travail informel est pris moins au srieux par le mme dpartement: les entreprises suisses violant les droits du travail ltranger ne peuvent toujours pas tre

    En recourant des formes dembauche informelles (voir encadr), les entreprises chappent limpt, vitent de payer des contributions sociales et violent les nor-mes du travail. Cest un cercle vicieux: esquiver les prlvements sociaux et se soustraire limpt est synonyme de recettes fiscales moindres, ce qui con-traint ltat augmenter les impts et peut inciter certaines entreprises engager de la main-duvre travaillant sans contrat. La collectivit en fait les frais des ressources financires font dfaut pour lducation, les infrastructu-res et la sant tout comme les travail-leuses et les travailleurs: les personnes engages sans contrat sont exploites, nont pas de couverture sociale et ris-quent de tomber dans la pauvret.Sortir de ce cercle vicieux passe par une paix sociale durable entre employeurs et travailleurs. La fixation de standards minimaux, le dialogue et la participation syndicale accroissent la volont de chacun-e de respecter les rgles dune concurrence loyale, sans fraude fiscale ni violation du droit du travail, et de contri-buer ainsi la prosprit. Avec ces ins-truments, Solidar Suisse encourage lamlioration de la situation de la main-duvre dans les pays o elle est active.

    Hausse du travail informelDans la foule de la libralisation cono-mique mondiale de