Soci©t©s dOdontologie P©diatrique des Pays .Universit© de Brest. (6)PU/PH en...

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  • N4 2010 | 1 | Volume 05

    8e congrs SOPPMSocits dOdontologie Pdiatriquedes Pays Mditerranens

    n BEYROUTH , 28-29 OCTOBRE 2010

    n Rapport 2010 de la Socit Franaise dOdontologie Pdiatrique (SFOP)

    Patrick ROUAS(1) - Daniel BANDON(2) - Jean-Patrick DRUO(3)Yves DELBOS(4) - Frdrique dARBONNEAU(5) - Louis-Frdric JACQUELIN(6)

    (1) MCU/PH enOdontologie pdiatrique,

    Universit Bordeaux 2.PACEA, UMR 5199,

    Universit Bordeaux 1.(2)MCU/PH en

    Odontologie pdiatrique,Universit

    de la Mditerrane.Trsorier de la SFOP.

    Rdacteur adjointde la RFOP.

    (3)Prsidentde la Socit Franaise

    dOdontologie Pdiatrique.Directeur de publication

    de la RFOP.Exercice libral exclusif enOdontologie pdiatrique,

    Paris.(4)MCU/PH en

    Odontologie pdiatrique,Universit Bordeaux 2.

    Rdacteur en chefde la RFOP.

    (5)MCU/PH enOdontologie pdiatrique,

    Universit de Brest.(6)PU/PH en

    Odontologie pdiatrique,Universit de Reims

    Champagne Ardennes.Secrtaire gnral

    de la SFOP.Doyen de lUniversit

    de ReimsChampagne-Ardennes.

    Hypominralisations molaires-incisives (M.I.H.)

    Dentistry (EAPD) pour tenter didentifier la prsence deMIH dans diffrents pays europens. lexception de laRpublique Tchque, les membres des diffrents paysconfirmaient avoir dj observ latteinte [Weerheijm et Mejare2003]. Le mme type de questionnaire a t adress auxmembres des Socits Australienne et No-ZlandaisedOdontologie pdiatrique [Crombie et al. 2008]. La prsencede lhypominralisation y sera galement confirme.En 2008, aucune tude manant dAmrique du Nord,dAmrique du Sud, ou dAfrique ntait dcrite [Weerheijm2008]. La ralisation dtudes de prvalence dans des paysde ces continents savre ncessaire pour savoir si les MIHsont un problme mondial ou localis certaines rgionsdu globe. Au Liban, la prvalence des MIH sembleraitrelativement leve. La rponse cette question apporteraitdes lments importants concernant la problmatiquede ltiologie.

    volution de la prvalence ?Lun des problmes des tudes de prvalence rsidait dansladoption dune dfinition et de critres diagnostiquesstandardiss permettant une comparaison des rsultatsdes diffrents travaux de recherche. En 2003, ladoptiondes critres didentification des MIH par consensus lorsdu congrs de lEuropean Academy of Pediatric Dentistry(EAPD) a permis une standardisation des tudes. Desdonnes objectives sur ce problme spcifique sont doncrecueillies depuis cette date.Aujourdhui, mme sil semble que cette atteinte soit deplus en plus frquente, il faut sinterroger sur le fait quellene fasse pas lobjet dun diagnostic systmatique

    Problmatiques actuellesRvles dans les annes 1970 en Sude, les hypo -minrali sations molaires-incisives, anomalies de structurequalitatives de lmail dentaire localises essentiellementsur les premires molaires permanentes (PMP), etventuellement sur les incisives permanentes (IP), posentencore aujourdhui de nombreuses questions Si laproposition dun terme unique, MIH pour MolarIncisor Hypomineralisation [Weerheijm 2001], et ltablis -sement de critres diagnostics prcis tablis de manireconsensuelle [Weerheijm et al. 2003], ont favoriss lamultiplication et la qualit des travaux de recherches,certains points demeurent sans rponse, ou laissent laporte ouverte de nombreuses hypothses.

    Aujourdhui, les chiffres de la prvalence des MIH sontloin dtre ngligeables, compris entre 3 et 25 % denfantsatteints. De plus, lorsque lon observe les consquencesdltres que peuvent occasionner ces anomalies sur lesorganes dentaires touchs, limportance fonctionnelle etesthtique des dents vises (PMP, IP), on peut considrercette atteinte comme un problme majeur de santpublique. Nous prsentons ici les problmatiques queposent actuellement, en 2010, les MIH et les axes derecherche privilgier dans ce domaine.

    Problme mondial ou localis ?Comme le souligne Weerheijm [Weerheijm 2008], la plupartdes tudes de prvalence se sont opres en Europe.Weerheijm et Mejare, en 2003, ont diffus un question -naire aux membres de lEuropean Academy of Pediatric

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    Patrick Rouas & coll. Rapport 2010 de la Socit Franaise dOdontologie Pdiatrique (SFOP)

    le constat fait au congrs de lEAPD en 2000 sur le nombrede termes diffrents utiliss pour dcrire une mme atteinte.Lemploi dune terminologie unique et de critres clairementidentifis ont permis de faire voluer favorablement lestravaux sur le sujet.

    Cependant, lidentification de ltiologie pourrait conduire une redfinition du terme MIH communmentemploy aujourdhui

    Diffusion de linformation ?La cl pour une prise en charge optimale des patients atteintsde MIH demeure le diagnostic prcoce. Cependant, poureffectuer ce diagnostic ds lruption des organes dentairesconsidrs, il est ncessaire que les omnipraticiens soientlargement informs sur cette anomalie particulire.Aujourdhui, mme si les travaux de recherches, les publica -tions, et les communications sur le sujet se multiplient,il apparat que les MIH ne sont pas systmatiquementidentifies Or, comme nous le dvelopperons dans unchapitre ultrieur, la prise en charge de ces patients requiertune vritable stratgie associant diffrentes tapes. Lespatients atteints de MIH non diagnostique, ne bnficierontpas dun accompagnement optimal, et pourront souffrir deconsquences majores dun point de vue bucco-dentaire.

    Les hypominralisationsmolaires-incisives en 2010:terminologie, dfinition,classificationLes anomalies de structure sont des altrations des tissusdentaires survenant au cours de lodontognse. Ellespeuvent avoir une tiologie primaire, gntique et hrdi -taire, ou bien une tiologie secondaire ou acquise, doriginelocale ou gnrale [Bandon 2009, Piette et Goldberg 2001]. Il peutsagir soit dune atteinte quantitative ou qualitative de lamatrice protique, soit dun trouble de sa minrali sation.Elles peu vent toucher la denture dciduale, la denturepermanente, ou les deux dentures, de manire localise ougnralise. Parmi la pliade danomalies de structure quepeut rencon trer le praticien, lhypominralisation molaire-incisive ou MIH savre tre la plus frquente. Elle sembleen progres sion constante, et peut causer dimportantsprjudices tissulaires en labsence de diagnostic et de priseen charge prcoces. Lanomalie a t dcrite ds lesannes 1970 par des praticiens sudois travaillant dansles services dentaires publics [Willmott et al. 2008]. ce jour, elle demeure encore mal identifie par lomni -praticien, a priori par manque dinforma tion.

    En attendant les rsultats de travaux multicentriques,prospectifs, lapport dtudes anthropologiques sur descollections intgrant un nombre important de spcimensimmatures permettrait rapidement de rpondre certainesinterrogations. Lidentification de ces hypominralisationsmolaires-incisives sur des populations anciennes permet -trait de donner moins de crdit certaines hypothsestiologi ques (drivs de la dioxine, amoxicilline). Lun desinconv nients de ce type dtudes est le probabledlabrement rapide des dents atteintes par lanomalie.Ltude dune classe dge trs rduite (5-8 ans) permettraitde saffranchir en partie de cette difficult. Certains auteursont ouvert la voie [Ogden et al. 2007, Ogden et al. 2008]. Nousmenons actuel lement une tude sur une collection de Sains-en-Gohelle (Pas-de-Calais, France), date du VIIe au XVIIesicle, comportant prs de 300 spcimens immatures avecde nombreuses anomalies de structure.

    tiologie(s) ?Lidentification prcise des causes des MIH constitue laproblm atique majeure. Labsence dtiologie clairementdmontre entrane limpossibilit de mettre en place uneprvention cible et adapte. Les hypothses proposesse sont multiplies ces dernires annes. Il semblerait queles auteurs soient daccord sur le caractre multifactorielde latteinte.La plupart des tudes sur les tiologies des MIH sont destudes rtrospectives, faisant intervenir des informationsfournies par les parents sur des vnements intervenusplusieurs annes auparavant Le caractre subjectif desrponses constitue un biais. La mise en place dtudes pros -pectives, multicentriques, suivant une cohorte denfantsdepuis leur naissance jusqu lruption des PMP, apporte -rait certainement les rponses attendues. Cependant, cetype dtudes nest pas facile conduire. Les travaux derecherche sur des fratries, des jumeaux sont galementsusceptibles de vhiculer des lments non dnus dintrt.Plusieurs tudes se concentrent sur lhistologie des tissuslss. La connaissance des caractristiques des tissusatteints peut galement permettre dobtenir des lmentsde rponse cette problmatique.

    Des questions restent sans rponse. Pourquoi peut-onobserver, dans de rares cas de MIH, des opacits galementprsentes sur des secondes molaires ou des caninespermanentes ? Quid de lhypothse gntique avancercemment?

    Terminologie temporaire ?Weerheijm et collaborateurs, en 2001, proposent le termede MIH pour dfinir une hypominralisation des PMP,pouvant galement toucher les IP. Cette proposition a suivi

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    Patrick Rouas & coll. Rapport 2010 de la Socit Franaise dOdontologie Pdiatrique (SFOP)

    comparer les rsultats de travaux de recherches utilisant desparamtres diagnostics non standardiss? Des tentativesdintroduction dindices spcifiques sont apparues.Le Developmental Defects of Enamel Index (DDE Index)a t propos par un groupe de travail de la FDI en 1992[Commission on Oral Health, Research & Epidemiology 1992]. Mais, cetindice napportait pas entire satisfaction dans le cadre desMIH en raison de son caractre chronophage et de soninadaptation cette anomalie [Weerheijm et al. 2003]. En effet,lun des signes souvent identifiable dans les MIH, la possiblefracture de lmail lors de lruption de la PMP, napparais -sait pas. Ce dernier critre figure dans lEnamel Defect Index(EDI) propos par Brook et collaborateurs [Brook et al. 2001]mais lindice apparat peu intressant dans la descriptiondes MIH [Weerheijm et al. 2003