Revue DMA – Temoins dans les Peripheries (Septembre - Octobre 2011)

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Revue des Filles de Marie Auxilitrice

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  • 2dma Revue des Filles

    De Marie Auxiliatrice Via Ateneo Salsiano 81

    000139 Roma

    Tl. 06/87.274.1fax 06/87.13.23.06 e.mail : dmariv2@cgfma.org

    Directrice ResponsableMariagrazia Curti

    Rdacteurs Giuseppina Teruggi Anna Rita Cristiano

    Collaboratrices Tonny Aldana Julia Arciniegas Mara Borsi Piera Cavagli .

    Maria Antonia ChinelloAnna Cond Emilia Di Massimo Dora Eylenstein

    Laura Gaeta Bruna Grassini Maria Pia GiudiciPalma Lionetti

    Anna Mariani Adriana Nepi Louise PasseroMaria Perentaler Paola Pignatelli Lucia M;Roces

    Maria Rossi Loli Ruiz Perez

    4EditorialLieux de frontiresde Giuseppina Teruggi

    Dossier Tmoins dans les banlieues

    13 Premier Plan

    14Pas pasGestes dhumble amorevolezza

    16Les racines du futurEvnements du centenaire

    18Amour et Justicevous mavez cout

    20Fil dArianePatience et audace

  • 3Bernadette SangmaMartha Sede Traductrices

    France : Anne-Marie Baud Japon : Province japonaise

    Grande Bretagne : Louise Passero Pologne : Janina Stankiewicz

    Portugal : Maria Aparecida Nunes Espagne : Amparo Contreras Alvarez

    Allemagne: Prov.Autrichienne et Allemande

    EDITION EXTRACOMMERCIALE Istituto Internazionale Maria Ausiliatrice Via Ateneo Salesiano 81, 00139 Roma

    C.C.P.47272000 Reg. Trib. Di Roma n.13125 del 16-1-1970

    Sped. abb. post art. 2, comma 20/c, Legge 662/96 Filiale di Roma

    N 09-10-2011 Tipographia Istituto Salsiano Pio XI

    Via Umbertide 11,00181 Roma

    27 En recherche

    28CultureDans la mosaque de lEurope

    30PastoralementQuel chemin pour le bonheur ?

    32Femmes sur le terrainFemmes sur les routes daujoudhui

    34Notre TerreLeau, un bien commun

    35 Communiquer

    36Tmoins numriquesRoutes et sentiers

    du continent numrique

    38De personne personneA la recherche du bonheur

    40Vido Le discours dun roi

    42LivreDans la mer, il y a des crocodiles

    44Lettre

    une amieLa magie desparoles

    ANNEE LVII MENSUEL / SEPTEMBRE-OCTOBRE 2011

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    dma damihianimas

    Lieux de frontires Giuseppina Teruggi

    Jeune tudiante, jai t impressionne et fascine par l'expression d'une enseignante qui nous rptait : "La personne ne vit pas dun ct ou de lautre de ses limites, elle vit dans ses limites." Une vrit dense de sens. Une orientation pour un style de vie. Pour dpasser le mythe du "surhomme" pour tre consciente de sa propre condition de crature. Limites, frontires, priphrie Un reporter-crivain du 20e sicle, Ryszard Kapucinski, des confins de sa Pologne, rvait trs loin. Un mystre et un silence par lesquels jai t attire et intrigue, jtais toujours tente de dcouvrir ce qui tait au-del. Je me deman-dais ce quil essayait de trouver en passant une frontire Pour le grand crivain polonais, les confins ntaient pas tant gographiques, quun dsir, un instinct, parfois une action. Le dsir de dpasser la limite mais aussi dy demeurer. Ce numro de la Revue propose quelques rflexions sur ltre tmoins dans les priphries. Non seulement gographiques : mais celles quexpriment la minorit, espace de lessentiel, lieu de la pauvret que personne naime rejoindre. Aujourdhui, nous avons toujours plus de dfis vivre par les exigences dune vie religieuse qui soit crdible et signe de la radicalit : femme dont la vocation est de sortir des scurits, des choix du confort. La profession pour notre temps est un style de vie qui accueille et accepte dentrer, non de faon rsigne, mais consciente "dans le dsert, l o il y n'a personne dautre ; dans

    la priphrie, l o il y n'a aucun pouvoir ; dans les frontires, l o les risques de tout genre sont suprieurs. Cest le style de vie religieuse qui fascine encore beaucoup, beaucoup de jeunes. Ceux qui sont fatigus de promesses vides, las de courir aprs les plaisirs et les succs. Une vie qui choisit dtre : l parmi les gens, l o le besoin est urgent, o la joie narrive pas. Plac ct des derniers, hors de la popularit. Cest une vie heureuse qui donne parfum et saveur, comme le sel qui donne got. Nous senir interpelles par cette demande exige le courage de se dcider :Cela me concerne ! Ne pas compter les annes, le niveau de culture, le rle. Don Bosco et Marie Mazarello continuent nous conta-miner par la passion qui animait leur brlant et qui les poussait vers les lieux de pauvretr, deabandon, des priphries, des frontires. Aujourdhui, encore travers le monde numrique, l nous trouvons, les jeunes, les habitants dun nouveau continent, inconnu et toujours explorer. Tmoins dans les frontirees, les priphries. Femmes toujours en voyage :grands voya-ges, petits voyages tels ceux qui nous font allert de personne personne, pour surmonbter les barrires et les limites.

    gteruggi@cgfma.org

    REVUE DES FILLES DE MARIE AUXILIATRICE

  • dma damihianimas

    Tmoins dans les priphries

    Graziella Curti , Maria Antonia Chinello

    Confins. Marges. Frontires. Priphries. Voil des mtaphores qui parlent de mobilit, dplacement, passage. La priphrie, entendue non comme une zone dexclusion mais comme un domicile, un lieu dhumanisation et dvanglisation. Tmoins dans et des priphries. Parce que le Seigneur est avec les pauvres, avec les pauvres de cur, avec les humbles et surtout avec celui qui aime et sait donner. (Giovanni Battista Montini). Priphries et priphrie Jamais comme aujourdhui, sur toutes les latitudes, les priphries entourant les villes nont t autant synonymes de violence, colre, dgradation. Elles explosent et implosent, senflamment et font tache dhuile. Les chroniques occupent les pages des quotidiens avec des analyses truffes dans la majeure partie des cas de catastrophismes simplistes et expditifs : menace islamique, mort du multiculturalisme, rvolte religieuse, convivia-lit impossible, et tant dautres encore. Images strotypes de mondes oublis, mais plus proches quon ne le pense. Lactualit traite de drogue, criminalit, mais aussi de rsistance et de rsilience. En fait, les priphries, pour qui prend soin dobserver, sont des lieux davenir, des labo-ratoires dinitiatives, des coups dil lancs qui vont au-del des murs de divisions, de

    sparations, des fils barbels qui entourent les proprits prives de la ville. Dans les priphries, on invente, on change, on essaie de nouvelles formes de survivance. Face la haine et la violence, il existe des ferments de solidarit et de dignit. Desprance aussi.

    Le pre Kizito Sesana, combonien citoyen depuis de nombreuses annes Riruta, priphrie de Narobi, crit : La priphrie, pour qui croit et veut se laisser convertir, est la rencontre avec Dieu qui ne garde rien pour lui, qui vient du plus bas, qui te regarde avec les yeux des plus petits, te parle avec la voix des prostitues, te bnit par la voix du vieillard en train de mourir. Dans les priphries, il y a celui qui na rien perdre, et qui joue toute sa vie sur un seul numro, y mettant toute la persvrance et crativit quil possde. La Bonne Nouvelle aux carrefours des routes Toi, le divin Voyageur, connaissant bien nos routes. Jean Paul II, au cours de lanne de lEucharistie nous avait invits prier ainsi, avec linvocation que les disciples dEmmas avaient adresse linconnu qui stait fait leur compa-gnon de voyage. Deux plerins et un Seigneur. En chemin. Notre Dieu ne se lasse pas de parcourir les routes des hommes. Dans son Evangile, Jean note que les disciples fixent leurs regards sur Jsus qui passait. Passer. Un verbe qui arrive jusqu nous et qui indique les lieux de passage : le fleuve Jourdain,

    REVUE DES FILLES DE MARIE AUXILIATRICE

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    ANNEE LVII MENSUEL / MAI-JUIN 2011

    la maison, au-del du temps, des murs de la ville, parce que cest ainsi que le Christ entre en scne au cours dun aprs-midi ensoleill. Il est Celui qui vient, qui chemine sur les routes de chacun dentre nous. Mais y a-t-il encore quelquun qui Le montre? Qui scrute son passage ? Qui sme la nouvelle que, encore aujourdhui, il passe dans notre quotidien, le plus quotidien ? Le Seigneur passe sur toutes -les routes, alors ne dprcions aucunes routes. Mais si notre regard est un regard superficiel, press, nous ne nous en apercevons pas. Et nous ne nous faisons pas illusion, ceci est une autre mprise possible, ne nous faisons pas illusion, nous narriverons pas connatre Dieu, si nous ne portons pas de regards pntrants sur la vie. Si tu nes pas prsent la vie, tu nes pas prsent aux autres, ni Dieu crit don Angelo Casati, qui aime se dfinir un cur de ville. Le passage de Jsus appelle la question et linvitation : Que cherchez-vous? Venez et voyez. Du regard la recherche, de lindica-tion lcoute, de la sequela au demeurer.

    Un itinraire pour une vie consacre mature, incarne et prophtique, qui vit proche des misres des gens sans oublier de rester en relation avec Dieu. Une vie consacre qui choisit de rester proche des laisser pour compte du monde : les femmes, les enfants, les anciens. Une vie religieuse qui, grce la radicalit de la sequela exprime aussi dans lexercice des conseils vangliques, est prsente dans le dsert, l o il ny a rien, dans la priphrie, l o il ny a aucun pouvoir mais seulement limpuissance, la frontire, l o les risques en tout genre sont majeurs, o rgne aussi limmobilisme qui devrait dnoncer avec nergie, les structures gnrant le mal, le pch. Il nous faut penser de nouvelles et plus incisives formes de prsence au milieu des gens, dans les quartiers, dans les endroits les plus abandonns et les lieux o rgnent de douloureuses dgradations humaines et

    ANNEE LVII MENSUEL / SEPTEMBRE-OCTOBRE 2011 2011

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    morales, il nous faut aussi nous laisser ques-tionner par les situations que nous sommes appeles rencontrer et choisir de vivre au milieu de