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Résidence 0Workshop of six weeks in Conakry ( Guinea ) with the artists Fabien Capéran and Quentin Cornet. Differents projects with art students and 10 artists of Guinea during the 6 weeks of residency, ending with an exhaustiv exhibition and book edition.The second issue of Résidence 0 -> 1 is preview for the beggining of 2010. Any interest, questions or informations, send me a email

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    ConfluenCes du Petit Muse

    Fabien capran

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    Ode aux itinrances

    Les annes 80Artiste, fondatrice du Petit Muse de Conakry, durant une quin-zaine dannes, jai jou au thtre, au cinma avec Peter Brook, Gabriel Garran, Bonguni Ngma, Jean Rouch, Herv Livre etc.

    En 1986, aprs avoir cr lAssociation Boulevards dAfrique, jai mis en scne ma 1re pice de thtre, au Caf de la Danse la Bastille ; Bac ou mariage, cocrite en collaboration avec Grard Noyer, sous lil bienveillant de Jean-Claude Carrire, cette pice devint mon 1er long mtrage pour avoir t tour-ne en dcor naturel Dakar, Coralise avec Jean Rouch. Bac ou mariage a fait louverture de la 54me Mostra de Venise, en 1989, puis Le festival de Berlin en 1990

    Je suis Guinenne, partie par ncessit en exil avec mes parents comme tant dautres de mes compatriotes, durant les annes de braise de notre Histoire.En 1992, jai dcid de revenir dans mon pays natal, la Guine. Avec ladaptation de lAlphabte de W. Sassine, lassociation Boulevards dAfrique a rassembl une quipe de crateurs allant des comdiens aux auteurs, costu-miers, musiciens, managers, producteurs et durant 3 annes, du Voile de la marie au muse national, de lalliance franco guinenne, au Palais du peuple et jusquau festival des Fran-cophonie de Limoges, une centaine de personnes se sont inves-tit dans la cration dIl tait une fois lAlphabte de Kiridi Bangoura, que jai mis en scne. Aprs ce temps consacr au Cinma, au thtre, cest tout naturellement que je suis venu la peinture aux arts plastiques.

    Le Petit MuseEn 1998 Le Petit Muse, 1re galerie darts contemporains en Guine ouvrait ses portes. Considr comme un laboratoire dides novatrices au service de nos traditions, de notre moder-nit, et du dveloppement culturel, en dix ans, le Petit Muse a organis pas moins de 47 expos, tous arts confondus, soit environ cinq cent toiles, une centaine de sculptures; expos 38 artistes, de trois continents, vendu quelques 5200 objets arti-sanaux, expertis et expos quelques dizaines dobjets anciens. Avec un nombre de visiteurs que nos estimations chiffrent pour les dix annes environ 25 000 personnes

    Les Arts plastiques en Guine, une brve histoire Les arts plastiques, plus particulirement la peinture, sont le parent pauvre des expressions artistiques en Guine. En effet, trs prsente dans la danse, la musique, la littra-ture et le thtre ; la Guine est quasi inexistante en peinture et en sculpture. En effet, le 1er rgime, dans sa politique de masse avait favoris les arts dits populaires. La peinture en dehors des immenses fresques rvolutionnaires, tait considre comme lart dun individu ou dune classe. Pourtant, de lind-pendance nos jours, que de peintres guinens ont t forms

    ode aux itinrances

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    dans les meilleures acadmies des pays de lEst, de Cuba, de Chine, de Core du Nord, dItalie. La plus part de ces artis-tes , une fois revenus au pays sont devenus fonctionnaires : enseignants, dcorateurs, graveurs, etc.

    Dans les annes 60, une cole des beaux arts avait mme vu le jour et quelques promotions en sortirent (Actuel site de lco-le Sainte Marie de Bellevue) Aprs lavnement de la 2me rpu-blique, au dbut des annes 90, les peintres ont pris leurs toiles et leurs pinceaux, quelques rares expos sont organiss et on assiste peu peu lmergence de jeunes peintres de quar-tiers, bauchant des toiles au gr du matriel introuvable et se refusant de croire une vrai dmarche de crateur.

    Ces nouveaux artistes, amateurs certes talentueux et courageux, nont souvent reu quun enseignement informel, au hasard des circonstances, dans les ateliers damis, au sein de petits grou-pes de travail forms autour de petites commandes. Par manque dinspirations authentiques, ils nont de proccupation que la copie en srie de tableaux,(clichs photographiques, effigies de clbrits, cartes postales etc.) et poussant parfois le para-doxe jusqu reproduire plusieurs fois leurs propres tableaux sans aucun souci denfreindre un code de dontologie dorigi-nalit , de crativit artistique.

    Cette gnration de plasticien, qui se cherchait encore il y a peu, na pu que trs rcemment participer au rendez-nous artistiques sous rgionaux, notament, Biennale des arts de Dakar, Rencontres Photographique de Bamako, Dakart. La sculp-ture plus vigoureuse est difficilement classifiable dans les arts Plastiques car encore trop inscrite dans un artisanat tradition-nel essentiellement transmit par la filiation.

    Toujours dans les annes quatre vingt dix, prcisment en 1994, FFA Ernst & Young organisa, avec Marie Yvonne Curtis, anthro-pologue et lpoque consultante pour FFA, une exposition qui regroupa la quasi-totalit des artistes de la capitale et cette exhibition, la premire denvergure en Guine, fut lunique occasion, pour les artistes dvoluer et de rencontrer un public lors des vernissages opportunment trs mdiatiss. Durant quatre annes conscutives, cette manifestation ft la grande messe de la peinture et de la sculpture en guine. Pour avoir fait parti des bnficiaires de ce mcnat avant la lettre, il me souvient que nous tions dots de matriels derniers cris, tubes de couleurs, pinceaux, couteaux etc. Ces expos plthori-ques, avaient tout dun march ou dune foire. Cependant, elles avaient le mrite dexister et dfaut de promouvoir un code ou une thique de lexercice des arts, ce qui ntait nullement le but du jeu, elles auront tout de mme, veill les jeunes acteurs du domaine pictural, sur les aspects marchands inhrents lexercice de la profession. En effet, pour mieux vendre, il fallait envisager son uvre dans toute sa dimension dobjet de valeur, de consommation et sin-tresser aux aspects jusque l, ignors, tels les encadrements, les supports, les mdiums, les pigments. Sans aucun doute, ces rendez-vous priodiques avec le public et les acheteurs auront aussi permis de rendre visible une ralit plastique et esthti-que que beaucoup avait tt fait de nier la Guine qui demeure pourtant, lchelle continentale, une aire de pratiques plas-tiques originales et traditionnelles, connus par des chercheurs mrites pour les productions de masques Dan, et statuaires polychroms Baga, Pierres Kissi. Vritables uvres dartistes sculpteurs, la signature reconnaissable, savoirs dtenus par des matres, crateurs de styles , de courantsbref, de vrita-bles coles , qui font quun spcialiste tels que le Pr Fred-

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    rick Lamp puisse aujourdhui, citer de quel courant, voire de quel matre est issu un masque, un tambour

    La 1re rpublique, tout en lui reconnaissant davoir stimuler le secteur de la musique, de la danse, du sport et certainement aussi celui du thtre, aura t plus tt nfaste celui des arts plastiques,qui sont par essence lexpression de la libert de penser, dimaginer, et de montrer. Le plasticien, cet tre inspir, cet artiste la sensibilit fleur de peau, conoit et offre au monde un produit, issu de son imaginaire et dot du pouvoir de permettre la socit de sublimer un quotidien diffi-cile et souvent plat. La fonction thrapeutique des produits de lart nest plus dmonter et les anciens en produisant les kyrielles de masques, statues et autres objets cultuels, ne rpondaient-ils pas cette ncessit qu lHomme de transcen-der sa condition vulnrable de simple mortel. Aujourdhui encore, avec un total de moins d1%, allou au secteur de la culture par ltat, il serait vain de dire que les arts plastiques sont loin des priorits nationales. En 1998 il tait devenu pressant pour les plasticiens de Conakry, de dispo-ser de cimaises ou plus simplement, de murs, pour safficher.Jusque l, seuls les halls des grands htels servaient occasion-nellement de lieux de promotion, autant dire quaucun artiste ne pouvait tre vu, ni rencontr, seul, avec son uvre, son univers, sauf pour cela aller dans les ateliers de ceux qui en disposaient ou staient associs.(Atelier leppi, Ass. des Artistes peintre de guine)

    Cest ce contexte difficile qui a aussi servi de terreau et nous a dcid trouver dautres espaces, plus propices et ddis aux expositions doeuvres individuelles. Dsormais, lISAG existe, et le souhait pour nous artistes serait que lEtat, par le biais du dpartement de lducation nationale, cesse dorien-ter doffice, dans ce secteur particulirement, des tudiants qui nauront pas choisi cette filire. Laccs aux mtiers de la cration doit tre libralis. Cest un choix, celui dun individu qui dcide seul et librement de sengager dans cet univers de limaginaire au service du rel pour un mieux tre de la socit. Dans notre pays et de nos jours encore, la filia-tion reste pour beaucoup de jeune lunique voie pour lexercice de lart, sans vouloir dtruire cet hritage qui garantie la transmission des savoirs locaux, ltat devrait aussi favoriser et renforcer les formations acadmiques, ouvrir des passerelles entre tudes et professions.

    Le Changement, une impasseA la faveur des vnements sociaux de Janvier/Fvrier 2007, toute la socit guinenne sest mise la mode du change-ment prn par les syndicats. Les artistes notament ceux de la musique, particulirement les rappeurs, avaient devancs et traduits dans leurs textes et rythmes, les bouleversements qui sannonaient laube des annes 2000. Si les plasticiens de jadis ont souvent questionn limaginaire de leurs contempo-rains, les arts plastiques daujourdhui sembles plus mesurs pourtant.Est-ce parce que lanne 2008, a inaugur ce dpartement tant attendu par toute une catgorie socioprofessionnelle : le Minis-tre de la Culture et des Arts ? Fait