Recueil des lettres de la Vénérable Anne-Marie Jahouvey. Tome second

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Auteur : Anne-Marie Jahouvey. / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles et de la Guyane. Bibliothèque Alexandre Franconie, Conseil Général de la Guyane.

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  • MANIOC.org Bibliothque Alexandre Franconie Conseil gnral de la Guyane

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  • RECUEIL DES LETTRES

    DE LA

    Vnrable Anne-Marie Javouhey

    TOME SECOND

    MANIOC.org Bibliothque Alexandre Franconie Conseil gnral de la Guyane

  • Nihil obstat.

    Angelus MARIANI, S. C. Adv.

    Sacr. Rit. Congregationis Assessor.

    Imprimatur.

    Parisiis, die 15a Aprilis 1912.

    H. ODELIN,

    v. g.

    MANIOC.org Bibliothque Alexandre Franconie Conseil gnral de la Guyane

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  • MONUMENT LEV A MANA (GUYANE FRANAISE), EN 1910 A LA MMOIRE

    DELA VNRABLE ANNE-MARIE JAVOUHEY ( Souscription d'un Comit colonial.)

  • RECUEIL DES LETTRES

    DE LA

    Vnrable Anne-Marie JAVOUHEY Fondatrice et premire Suprieure Gnrale

    DE LA

    Congrgation de Saint-Joseph de Cluny

    TOME SECOND

    ARIS J. MERSCH, IMPRIMEUR

    17, VILLA D'ALSIA, 17

    1911

  • NOTE PRLIMINAIRE

    Le second volume des Lettres de la Vnrable Anne-Marie Javouhey commence en 1828, son premier dpart pour Mana (Guyane), et se termine en 1835, la date de son second dpart pour cette colonie.

    Sa correspondance devient de plus en plus intressante, instructive et difiante. La voie du juste est comme la lumire du jour ; son clat va grandissant jusqu' la splen-deur du plein midi. (Prov., IV, 18.) Cette progression dans la saintet se remarque aussi dans les Ecrits de la Vnrable qui taient d'ailleurs la si fidle et si constante image de son me et de sa vie. On y trouve des conseils de plus en plus prcieux, des apprciations de plus en plus claires, exprims dans ce style ferme et prcis dont elle avait le secret.

    Ses cinq premires annes de laborieuse et mritoire solitude Mana ont, comme elle le dit elle-mme plusieurs reprises, mri son me et tremp sa foi 1828 1833. Les deux annes de continuel labeur qu'elle passe ensuite en France et l'nergique impulsion qu'elle y imprime sa Congrgation seront le fruit de cette solitude fconde, patrie des grandes mes 1833 1835.

  • LETTRE 44bis DU PREMIER VOLUME

    Lettre qui aurait d trouver place dans le Ier volume des Lettres de la Vnrable Anne-Marie Javouhey, mais qui n'a t livre la Maison-Mre, qu'aprs l'impression. Elle parlera le ii . Ce fut, en effet, de Rochefort janvier 1822 o elle attendait le moment propice pour partir au Sngal, que la Vnrable crivit son neveu pour l'engager l'accompagner dans celle colonie.

    A M. LONOR JAVOUHEY (1)

    Maison de la Providence, Barrire des Martyrs, 90, Paris.

    Vinvite venir la retrouver Hochefort.

    Rochefort, 26 janvier 1822.

    Mon cher neveu,

    Depuis quelques jours, je suis bien tourmente du dsir de vous voir. Si vous aviez quelque intention de voyager, j'ai une trs belle occasion qui peut tre utile et votre ducation et votre fortune, mais dans tous les cas qui ne peut pas vous nuire. Je vous engage vous rendre par la diligence Rochefort; votre sur (2) vous remettra cinq ou six cents francs, nous vous ferons ici votre trousseau. Venez en toute assurance ; seulement crivez-moi de suite si je peux y compter, afin que j'arrange tout en consquence. Vous ferez rafrachir votre passe-port pour venir Hochefort, prs de votre tante, la Suprieure Gnrale des Surs de Saint-Joseph. Vous conserverez ma lettre qui pourrait vous servir dans le besoin; vous nous amnerez, en venant, Sur Thophile et Sur Scholastique, et prendrez place dans la rotonde de la diligence o vous serez bien. Votre sur ne voudra peut-tre pas, mais dites-lui que c'est pour votre bonheur, et

    1. Fils de son frre Etienne. Devint pre de Lonard Javouhey qui mourut religieux du Saint-Esprit, en 1861.

    2. La Mre Clotilde Javouhey.

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    puis vous reviendrez avec votre tante Rosalie. Si vous pouviez tre ici dans huit ou dix jours! Venez toujours, cela vous fera

    voir du pays. Mon cher ami, dites ma Sur Clotilde qu'elle soit bien

    tranquille sur votre compte, que vous retournerez Chamblanc d'ici, si cela ne va pas comme vous le pensez.

    Adieu, mon cher neveu, je vous attends dans le plus prompt dlai. Surtout crivez-moi deux mots par la premire poste; nous allons faire votre trousseau en vous attendant, ainsi ne craignez rien.

    Je suis plus que je ne peux vous le dire

    Toute vous Sur JAVOUHEY.

  • LETTRE 162e

    A LA R. MRE MARIE-JOSEPH JAVOUHEY (1)

    Bailleul-sur-Thrain

    La Rvrende Mre Fondatrice tant arrive Cayenne vers le 10 aot 1828 (2), n'y resta que le temps de pourvoir aux affaires de la colonisation de Mana : mais avant de partir ce poste, elle crivit la Mre Marie-Joseph une lettre que la Sur lgie, Suprieure des Surs de Cayenne, tait charge de complter et d'expdier par la premire occasion favorable.

    Cayenne, 23 aot 1828.

    Ma bien chre fille,

    Je suis bien heureuse de vous annoncer notre arrive en bonne sant; depuis treize jours nous sommes Cayenne; nous trouvons le pays charmant et les gens trs bons. Je suis accable d'occupations cause de notre installation, mais toutes les auto-rits nous sont si favorables que je ne puis que bnir la divine Providence qui nous comble de ses bienfaits. J'admire la beaut des productions de ce pays. Notre neveu Javouhey (3) est bien content d'tre ici, il dit souvent : Si tout ce qui se perd ici tait en France !

    1. C'est la Mre Marie-Josep3h, Assistante gnrale, conjointement avec la Mre Clotilde, Suprieure Limoux, qu'avait t confi le soin de l'Ins-titut durant l'absence de la Mre Fondatrice.

    2. Elle s'tait embarque sur la Mnagre , commandant Dalican, et les engags sur la Bretonne , commandant Galmiche. Les deux navires, partis en mme temps de Brest, se perdirent de vue pendant la traverse. la suite d'une vive altercation avec le commandant Dalican, plus ancien que lui de grade et son chef en la circonstance, le commandant Galmiche s'tait cart de sa route, sous prtexte de donner la chasse un navire suspect. La Mnagre arriva seule Cayenne le 10 aot 1828, aprs quarante-cinq jours de mer; la Bretonne n'arriva que le 25 aot.

    3. M. Louis Javouhey, cousin germain de la Vnrable, troisime enfant de Jean-Baptiste Javouhey, et qu'il ne faut pas confondre avec son frre an, galement appel Louis, qui accompagna la Chre .Mre Rosalie Bourbon. La Mre Fondatrice confia celui-l la surveillance des constructions Mana et la coupe des bois. Au second voyage que fera la Vnrable en Guyane, M. Louis Javouhey sera nomm officier de l'tat civil Mana.

    Il devint pre du gnral Javouhey.

  • 10

    Je vais laisser cette lettre ma Sur Elgie qui vous donnera quelques dtails, parce que je pars avec toute la communaut pour Mana; c'est de l que je vous crirai plus longuement sur la colonisation et sur les affaires de France; tranquillisez-vous, je ne ngligerai rien pour votre repos. Je compte sur la divine Providence pour vous clairer et pour soutenir toute la Congr-gation. M. l'abb Founder rentre en France, je le charge de commissions pour vous les faire passer.

    Nous emmenons un saint prtre Mana; nos Surs sont enchantes, et moi j'ai grande confiance. Vous recevrez le second numro de ma correspondance presque aussitt que le premier, parce qu'il partira dix jours aprs par le btiment qui nous a amens et qui nous conduit Mana. Donnez de mes nouvelles toutes nos chres filles. J'cris Sur Clotilde, je pense que ma bonne Sur Bathilde est prs de vous et qu'elle vous aide de tous ses moyens; dites-lui, et toutes nos chres filles, mille choses aimables. crivez Cluny, Chamblanc; dites l'oncle Javouhey que son fils se porte trs bien, qu'il est content, il le dit tous les jours.

    LETTRE 163e

    A M. MILLOT, ORDONNATEUR DE LA GUYANE (1), A CAYENNE

    Arrive Mana avec sa nombreuse communaut et M. l'abb Mariani, prtre de Cayenne, la Vnrable s'empresse d'crire l'Ordonnateur de la Guyane

    Mana, fin aot 1828.

    Monsieur l'Ordonnateur,

    Mon premier soin, en arrivant Mana, est de vous dire l'im-pression que m'a faite la vue d'un pays que nous devons regar-der comme notre nouvelle patrie; l'aspect n'en est pas brillant.

    1. Le gouverneur de la Guyane tait alors M. de Freycinet, prcdem-ment Bourbon.

  • 11

    Le sable me rappelle sans cesse mon cher Sngal, avec la diff-rence que celui-ci est bien plus fertile. Mais, grand Dieu! dans quel dsordre est cette pauvre colonie! il tait temps d'arriver pour pouvoir un peu organiser l'ensemble de rtablissement avant les pluies. Ma jolie maison est la plus laide et la moins bien de la colonie; aussi je vous demanderai la permission de la faire rparer... on dirait une guinguette du faubourg Saint-Marceau, mais je ne fais qu'en rire.

    Je voudrais qu'il ft possible de loger le commandant mili-taire dans l'une des maisons neuves qui se trouve un peu loigne de nous; il serait vis--vis la caserne et au del de la petite crique. Notre jardin se trouve derrire la maison qu'il occupe actuellement, ce qui est bien gnant pour que nos Surs y travaillent, c'est mme inconvenant. Je pense aussi que jusqu' nouvel ordre nous pourrions y faire la cuisine gnrale, c'est le seul local passable; je me bornerai cette seule observation, elle est essentielle et je vous prie d'en parler M. le Gouverneur, si vous le jugez bon. Il y a l de quoi faire un poste intressant, mais il y a de l'ouvrage. Les bestiaux sont dans le meilleur tat.

    Nous avons eu la sainte messe aujourd'hui. J'espre que Dieu bnira notre entreprise et qu'elle russira; je le dsire pour la satisfaction de tant d'amis qui nous portent intrt. Parmi eux, je mets en premire ligne M. le Gouverneur et M. l'Ordonnateur, malgr ses plaisanteries.