Recueil des lettres de la Vénérable Anne-Marie Jahouvey. Tome cinquième

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Auteur : Anne-Marie Jahouvey / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles et de la Guyane. Bibliothèque Alexandre Franconie, Conseil Général de la Guyane.

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  • mAniOC .org Bibliothque Alexandre Franconie

    Conseil gnral de la Guyane

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  • RECUEIL D E S L E T T R E S

    DE LA

    V n r a b l e A n n e - M a r i e J a v o u h e y

    T O M E C I N Q U I M E

    MANIOC.orgBibliothque Alexandre Franconie

    Conseil gnral de la Guyane

  • Nihil obstat.

    Carolus SALOTTI, S. . Adv.

    Sacr. Rit. Congregationis Assessor.

    Imprimatur.

    Paris i is , die 12a Aprilis 1917.

    H. ODELIN,

    v. g.

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  • RECUEIL DES LETTRES

    DE LA

    Vnrable Anne-Marie JAVOUHEY "Fondatrice et premire Suprieure Gnrale

    D E L A

    Congrgation de Saint-Joseph de Cluny

    ^ >

    T O M E C I N Q U I M E

    PARIS

    I M P R I M E R I E J . M E R S C H 17, V I L L A D ' A L S I A , 17

    1 9 1 7

  • NOTE PRLIMINAIRE

    Voici les dernires lettres de la Vnrable Anne-Marie Javouhey, celles que rsume parfaitement le Livre VIII de sa Vie, la Consommation (1), et qui nous la montrent poursuivant avec activit sa noble mission et terminant vaillamment sa course, tel ce serviteur que le Matre, son arrive, trouve veillant, fidle et prudent dispensateur des biens de sa maison.

    S'il est regretter que la Vnrable Fondatrice n'ait pu, ainsi qu'elle le dsirait en 1850, runir autour d'elle, en une sorte de Chapitre gnral, les principales Suprieures de la Congrgation, afin de mettre profit les lumires de leur exprience et sans doute aussi leur transmettre ses avis et ses saints conseils, on peut cependant dire que cette perte n'est pas irrparable et que la correspondance des dernires annes de la Servante de Dieu est le rsum de ses vues sur l'organisation de la Socit, sur son but et sa fin relativement aux uvres dont elle s'occupe, sur l'esprit qui doit animer ses membres, sur les vertus qui doivent les distinguer. Et ainsi on a, dans ses traits gnraux, ce qu'il est permis d'appeler le testament spirituel de la Vn-rable Anne-Marie Javouhey, relique prcieuse assurant l'Institut un caractre authentique et durable.

    1. Vie de la Vnrable Anne-Marie Javouhey, Fondatrice de la Congr-gation de Saint-Joseph de Cluny, revue et refondue par le R. P. Kieffer, de la Congrgation du Saint-Esprit .

  • La dernire lettre du IVe Volume des Lettres de la Vnrable Anne-Marie Javouhey, date du 25 fvrier 1848, tait crite Cortenberg (Belgique), o la rvolution avait surpris la Mre Fondatrice. Peu aprs, elle s'empressa d'accourir Paris pour y partager les dangers de ses filles et pour raffermir, par sa correspondance, le courage des commu-nauts loignes.

    LETTRE 698 e

    A LA R. MRE ROSALIE JAVOUHEY

    Suprieure C luny

    Abandon Dieu pendant la tourmente rvolutionnaire. Les noirs rclament la sollicitude de la Congrgation. M. Monnet en France ; sa bienveillance carte un danger pour l'Institut.

    LA SAINTE VOLONT DE DIEU.

    Paris , 10 mars 1848.

    Ma bien chre et bonne sur Rosalie,

    Nous sommes un peu plus tranquilles, mais je ne savais que dire au bon Dieu. Le coup m'a paru si prompt et si dur pour ceux qui en ont t les victimes, que je me suis mise entre les mains de Dieu avec toute notre grande famille en disant : Fiat, fiat!

    En Belgique on est bien tranquille, on dsire une maison de Saint-Joseph; celle qu'on nous offre est charmante, mais les colonies qu'on va manciper spontanment rclament toute notre sollicitude. Il faut nous prparer aller calmer l'effervescence des noirs. Vous savez la confiance qu'ils ont dans les religieuses.

    On vient de nommer M. Monnet, qui devait retourner Bourbon, directeur gnral de toutes les colonies franaises; il prsentera au Saint-Sige tous les vicaires apostoliques et il rappellera tous les prtres qui n'auraient pas l'esprit de leur saint

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    tat... Il m'a depuis longtemps montr beaucoup de confiance. Nous avons huit religieuses qu'il nous a amenes de son pays (1), il y a deux ans ; toutes ont persvr. Le bon Dieu a fait un miracle en le ramenant de Bourbon, il nous sauve d'un naufrage que nous tions loin de prvoir : les Surs de Saint-Vincent devaient nous remplacer dans plusieurs colonies avec les Pres de Saint-Lazare... Notre bon Pre saint Joseph n'a pas voulu se brouiller avec saint Vincent de Paul, il lui a dit : Laissez l mes filles, les vtres en ont assez. Voil la Chine, le Japon qui vous tendent les bras, allez y planter votre tendard; mes filles sont trop jeunes !

    La fin manque.

    LETTRE 699e

    A LA MRE ONSIME L E F V R E

    Suprieure la Martinique

    Recommande la prudence. Insiste sur le dvouement pour les noirs ; calmer leur effervescence.

    LA SAINTE VOLONT DE DIEU.

    Paris , 12 mars 4848.

    Je me sens presse, ma chre fille, de vous dire encore quelques mots sur notre position et la prudence garder. M. le Prfet apostolique est rappel, M. Lagrange aussi. On n'est pas encore sr par qui ils seront remplacs, mais ils ne nous seront pas hostiles. Remplissons nos devoirs; que chacune reste son poste et montrez-vous toutes dvoues aux noirs. Augmentez le nombre des classes, si vous le pouvez, quand vous ne mettriez que deux Surs en attendant celles que nous vous enverrons. Si on vous prsente des postulantes de couleur, acceptez-les comme converses; ce sera votre salut pour le moment; je ne vous dis pas d'aller les chercher.

    1. M. Monnet tait du Nord. Il naquit Mouchin, prs de Lille, en 1812.

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    Pour les esclaves, montrez-vous aussi toutes dvoues, ne parlez pas argent ; ne discutez pas sur cet article... Je vous le dis, on croit que vous avez des monts d'or, c'est ce qui vous fait tant d'envieux! Il est certain qu'on nous fixera des appointe-ments bien minces; n'importe, il faut nous conformer toutes les exigences et garder notre poste autant que nous pourrons. Tchons de faire le bien, de calmer l'effervescence des noirs, ce moment sera bientt venu ; montrez de la bont pour les esclaves de tout ge et de toute qualit. J'espre que cela se passera mieux qu'on ne croit. A Mana ils taient aussi tranquilles le lendemain de leur libration que la veille. Esprons qu'il en sera de mme des vtres.

    Le reste, demain.

    LETTRE 700 e

    A LA MRE ONSIME LEFVRE, A LA MARTINIQUE

    La Rpublique dclare en France. Recommande la prudence et le dvouement pour les noirs. M. Monnet directeur gnral des colonies. Commencer les classes des noirs. M. Doublet. Soumission la volont de Dieu. Bien observer la Rgle.

    LA SAINTE VOLONT DE DIEU.

    Paris, 14 mars 1848.

    Ma bien chre fille,

    Vous allez partager notre tonnement, presque notre stupeur en nous sachant rpublicaines ; et puis nous en remercierons le bon Dieu, car, sans cela, nous serions communistes. Jugez de notre tonnement, tout cela s'est fait dans trois jours. Le Roi est parti avec toute sa famille; je vous renvoie aux journaux qui vous diront toutes nos douleurs !

    Nous avons besoin de nous entendre, de mettre bien de la prudence dans toutes nos dmarches; nous sommes sur un volcan, Dieu seul peut nous sauver! dj j'aperois sa main divine. Saint Joseph prie pour nous, ayons confiance, promet-

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    tons de ne chercher jamais que la volont de Dieu. Songez que nous sommes observes ; montrez-vous toutes dvoues pour les noirs, c'est la planche de salut.

    On a voulu nous remplacer par les Surs de la Charit et les Pres de Saint-Lazare; le bon Dieu a fait un miracle pour djouer nos adversaires. La plupart ne sont plus en place. Montrez-vous courageuse ; si on vous soumet quelque diminution de traitement, ne dites rien; supportez tout, le temps ramnera l'ordre. Nous aurons toujours des protecteurs ici; je veillerai de prs. Celui qui a toute autorit pour les colonies, c'est notre ami, l'abb Monnet; il est directeur gnral, c'est lui qui fait toutes les nominations, mais il a bien de la peine repousser les personnes qu'on voudrait lui imposer. Vous aurez votre aumnier, M. Doublet; je ne connais pas encore votre Prfet. M. le Prfet de la Guadeloupe est rappel ; celui du Sngal, plusieurs prtres sont rappels aussi, le cur du Moule, et bien d'autres. Il y a encore quelques religieuses du mme pays; j'en connais une, la tte, je n'ai dit ni oui, ni non, nous sommes dans l'attente.

    Commenc