Pythagore - Les vers d'or

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Pythagore - Les vers d'or

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  • Le TEXTE NOTES

    LES VERS D'OR de Pythagore s'inscrivent dans la tradition de Sapience hermtiquemditerranenne.

    Nous les avons traduits mot pour mot, avec le dsir de rendre textuellement le ton de simplicitdconcertante qui en recouvre la richesse gnostique d'un voile translucide.

    Pour la premire fois, cette traduction s'accompagne, en regard, du grec original, dont il n'existait en France,jusqu'ici, nulle dition manuelle. Ainsi donne-t-il au lecteur justement proccup de revenir aux sources lapossibilit d'utiliser notre travail d'une manire fconde.

    Les notes dont nous avons fait suivre notre traduction ne visent qu' l'clairer partiellement, afin d'vitercertains contre?sens au lecteur moderne, et qui pourrait n'tre point averti de la terminologiepythagoricienne.

    Mais il est vident que l'essentiel ne se peut atteindre que par la mditation inlassable d'un texte dont lessicles n'ont point puis l'extraordinaire valeur d'ascse; la condition qu'on, se souvienne aussi que c'estlorsque l'on est prt les recevoir que les choses seulement s'illuminent.

    LES VERS D'OR des pythagoriciens (1), dit Hirocls dans le Commentaire qu'il en a donn au Ve sicle denotre re, " ne sont rien autre que l'expression de leur philosophie la plus parfaite; ils sont un abrg de leursdogmes essentiels et ils contiennent les lments de Perfection que des hommes, ayant dj gravi la voiedivine, ont mis par crit pour instruire ceux qui viendraient aprs eux " (2).

    Nous savons que les adeptes, pendant des gnrations, ont rcit matin et soir ces sentences, o fidlementse maintient la forte pense de Pythagore de Samos; nous savons qu'il en est qui les rcitent encore...

    Nous savons aussi que ces feux allums ici ou l, au long des ges, et si blouissants qu'ils soient, ne

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  • sauraient voiler l'clat incomparable de la lumire du Christ, dont la chaleur embrase plus compltement quen'a jamais pu faire nul d'entre eux. Mais nous n'en voulons pour autant, en raison mme de la prcellencequ'offre nos yeux la religion du Nazaren, mconnatre tels courants prcurseurs, voire momentanmentparallles, o qu'ils soient et d'o qu'ils viennent. ,

    Ce n'est point ici le lieu de nous tendre sur l'importance insigne d'une philosophie telle que lePythagorisme, dont la dmarche s'affirme, ds le principe, d'une manire absolument originale ; que l'onsonge par exemple aux coles d'Ionie qui le prcdent ou le ctoient sans spcialement l'influencer; auplatonisme qui l'utilise ouvertement et, quelles que soient cet gard les ractions socratiques, le dveloppesurtout dans le sens des constructions abstraites ; aux synthses de basse poque qui l'exploitentvidemment, mais sans jamais parvenir le fondre au point de faire oublier sa nature, son caractre distinctifd'idalisme vivant et pratique, de mysticisme pragmatique, de spiritualisme en action.

    C'est par consquent hors du domaine toujours assez peu agissant de la philosophie qu'il' faudra surtout luichercher des parents : celles qu'il entretient avec l'orphisme et les courants mystiques leusiniens, parexemple, sont les plus connues.

    Nous avons affaire, en effet, une Eglise vritable, une Eglise avec ses dogmes constitus, ses rgles et sesinterdictions, son thique, ses lois organiques internes et sociales, ses rites, voire ses lieux saints et sessanctuaires ? qu'il suffise de rappeler l'existence de la Basilique de la Porte Majeure. (3)

    Si l'on prfre, le Pythagorisme est une religion, et Pythagore est son prophte. Les fidles en seront, travers les millnaires, les happy few qui, plaant avant tout le bonheur suprme dans la contemplation de lBeaut Divine, et dans la Connaissance des harmonies cosmiques, y voudront parvenir d'abord par la puretdes murs, qui seule peut dgager de l'emprise avilissante et aveuglante des passions ; par l'exercicerationnel de l'Intelligence ; par la science mystique des Symboles o s'inscrit, pour qui apprend les lire, lesaspects ternels de la Vrit ; par la pratique, enfin, d'une Action suprieure, rgle sur les prceptesinitiatiques qui leur seront rvls le jour o ils auront montr qu'ils taient dignes de les recevoir.

    Sagesse secrte et raffine. Religion minemment aristocratique, et qui demande peut-tre, avec un singuliercourage, certainement plus que du bon sens, une acuit intellectuelle toujours en veil, un curirrmdiablement mat.

    Ascse douloureuse pour notre sensibilit. Et puis, soyons francs: les larmes de Celui qui pleurait surJrusalem -et parce que son cur tait plus prs du ntre - n'taient point celles d'un" pythagoricien...

    Et cependant... le pythagorisme n'est en aucune faon l'ennemi de l'ascse chrtienne : la seule prsence dePythagore au portail royal de la Cathdrale de Chartres (et dont nous avons fait le frontispice de cet ouvrage), est plus qu'une invite le penser. Et cette voie royale qu'il emprunte est galement divine, pour aboutir aucarrefour o, tt ou tard, d'o qu'on vienne, o qu'on prtende aller, on doit toujours ncessairement,fatalement, miraculeusement, rencontrer le Fils de l'Homme.

    Les mthodes du pythagorisme sont ternellement valables. Lui-mme, travers ses survies, sesrincarnations et ses renaissances, manifeste une vitalit incontestable, puisque, de nos jours encore...

    C'est qu'il a des racines profondes, et qui s'tendent fort loin.

    La question assez troublante de ses origines est loin d'avoir t rsolue d'une faon pleinement satisfaisante.A ct d'influences videntes et reconnues, gyptiennes, proche-orientales, mditerranennes en tout .cas, ilest peut-tre permis de chercher encore et ailleurs pour expliquer certains aspects de cette Doctrine qu'onvoit apparatre au matin de la civilisation hellnique, en ce VIe sicle avant Jsus-christ o s'opre, commes'en sont avis des esprits avertis, " un vaste mouvement qui semble branler le monde entier" (4) : auxIndes apparaissent Mahvra, le fondateur d'une religion qui, par l'ahims ? la non violence ? aboutira aujanisne et aura les repercussions que l'on sait jusqu'en notre sicle ; le prince Siddhrtha, qui sera leBouddha; Confucius et Lao tse en Chine ; Zoroastre en Perse, et Pythagore en Grande Grce. Il est difficilement admissible qu'il n'y ait eu alors nulle relation, nulle interdpendance, nulle influence,entre des hommes, des peuples et des mondes placs sur la mme face de la plante et que ne sparait nul

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  • obstacle infranchissable. Faudrait-il, par exemple, faire seulement allusion l'importance du symbolismemathmatique dans la cosmologie de Mahvra, tout comme dans celle de Pythagore. Et l'on n'a pas puisnon plus la question de ses rapports avec le monde celtique (5). Mais, comme et dit Hirocls, en voil assez sur ce sujet. Prtons plutt une oreille attentive auxpntrantes instructions du Matre de Samos...

    LE TEXTE

    LES VERS D'OR

    DES PYTHAGORICiENS

    1 Les dieux immortels (6) d'abord,

    comme la loi (7) les a tablis

    2 Honore-les (8)

    et vnre le serment, (9) puis les hros (10) dignes d'honneur,

    3 Ainsi que les gnies terrestres (11) vnre-les,

    en excutant les choses de la loi;

    4 Honore aussi tes parents,

    et ceux qui te sont trs proches de parent ;

    5 Et parmi les autres

    fais ton ami de qui est le meilleur en vertu.6

    Cde aux douces paroles, aux travaux utiles,

    7 Et n'aie point de haine pour ton ami

    a cause d'une faute petite,

    8 Tant que tu te peux.;

    car le pouvoir habite auprs de la ncessit. (12)

    9 Ces choses-l d'une part sache qu'elles sont ainsi

    d'autre part habitue-toi a matriser celles ci :

    10 L'estomac tout d'abord, et le sommeil

    ainsi que la sexualit

    11 Et l'emportement;

    et ne pratique de chose honteuse jamais ni avec un autre,

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  • 12 Ni en particulier;

    mais plus que tout respecte-toi toi-mme, 13

    Ensuite exerce la justice (13) et en acte et en parole;

    14 Et de te comporter en tout sans rflexion

    ne prends point l'habitude;

    15 Mais sache que mourir (14)

    est la destine de tous.

    16 Quant aux richesses

    accepte tantt de les acqurir, et tantt de lesperdre.

    17 Et tout ce que, de par tes divines destines,les

    mortels reoivent de douleurs,18

    Si tu en as ta part fatale, (15) Supporte-la et ne t'en indigne ;

    19 Mais c'est la gurison qui convient, autant que tu

    le peux ; et rflchis de cette manire:

    20 C'est qu'aux gens de bien pas beaucoup de ces

    Choses-la ne donne la destine.

    21 Devant les hommes beaucoup de paroles

    viles ou vertueuses 22

    Tombent, ne t'en frappe point, ni alors ne permets

    23 Que tu t'en cartes; (16)

    et si quelque mensonge se prononce,24

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  • Montre de la douceur. (17) Ce que je vais te dire, que cela en toute circonstance s'accomplisse:

    25 Que nul en parole ne t'induise,

    ni en acte,

    26 A faire ou dire,

    ce qui pour toi n'a point d'avantage.

    27 Dlibre avant l'action,

    pour que n'existent point de choses blmables;

    28 C'est en effet d'un homme faible que de faire ou de dire des folies;

    29 Mais n'accomplis ces choses,

    qui plus tard point ne te chagrineront. (18)30

    Ne fais rien de ce que tu ignores, mais apprends

    31 Tout ce qu'il te faut,

    et c'est ta plus agrable vie qu'ainsi tu passeras,

    32 Il ne faut pas non plus de la sant de ton corps

    avoir ngligence ;