Première édition 10 octobre 2015 -...

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Transcript of Première édition 10 octobre 2015 -...

  • Premire dition10 octobre 2015

    Chre croisette bordelaise,

    Le Bureau des Arts de Sciences Po vous apporte pour la premire fois son regard sur le Festival International du Film Indpendant de Bordeaux. Les yeux de ses chroniqueurs vous permettront de saisir les couleurs, les formes et les mouvements dun vnement qui depuis quatre ans simpose comme un rendez-vous culturel de plus en plus incontournable.

    Cette gazette envisage de vous prsenter le festival travers le point de vue de jeunes tudiant(e)s bnvoles aussi vari(e)s dans leur profil que dans les panoramas quils dcrivent. A limage du film indpendant, ils exposeront leur vision sur les multiples thmatiques abordes par ces films audacieux qui peuvent tantt blouir ou arracher nos larmes. Ni tapis rouge, ni paillettes dores, mais un il bleu dans le ciel rose du Port de la Lune.

    Prenez-en plein la vue en profitant dun paysage cinmatographique riche en textures, aiguisez-y votre perception travers lil du FIFIB !

    Lquipe du BDA

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  • Et en entre ?Du homard !Toute personne clibataire est arrte, transfre lHtel et a 45 jours pour trou-ver lme soeur. Pass ce dlai, elle sera transforme en lanimal de son choix.The Lobster, ralis par le cinaste grec Yorgos Lanthimos, remporte le prix du jury au Festival de Cannes en mai dernier. Le film ouvre la quatrime dition du FIFIB : le homard est rose comme le FIFIB, son sang est bleu comme la larme de Paul Hamy.Yorgos Lanthimos parle, comme dans ses films prcdents (Canine), dune forme doppression laquelle sont soumis des sujets, contraints de respecter certaines rgles dun jeu impitoyable. Ici, dans The Lobster, le cinaste aborde en plus de cela le thme de lamour, en linstrumentalisant, en le rendant obligatoire et mme vital : si un tre est seul, il est sans cesse expos au danger. Le couple devient alors condition de la vie en socit, le clibat synonyme dexclusion, rvlant ainsi un rel objectif duniformisation par le biais du couple. Les dgrads de gris, la symtrie des plans, la froideur de lenvironnement crent une atmosphre mcanique, exempte de chaleur et de vie, o chaque tre est dshumanis et soumis au mme traitement quun autre, et dont les particularismes sont inexistants. Le processus est le mme, pour tous. Les tons crus saccompagnent dune bande originale cinglante, o les passages instrumentaux tiennent en haleine le spectateur et o les bruitages accentus intensifient la violence : le malaise est prsent dans la salle. Le public oscille alors entre rire et effroi, les spectateurs se regardent avant doser sourire face une scne barbare, mais une chose est certaine : Lanthimos russit son pari. Le film sduit, saisit jusquau bout et, simultanment, cache et rvle des indices. Il maintient la tension, le mystre et intrigue sans relche, limage dun jeu de piste dont on dcouvrirait les rgles avec perplexit et envie.

    H.P

    Jeudi matin, la machinerie FIFIB se mettait en place dans la cour Mably. Les murs austres de la Chambre rgionale des comptes abriteront pour quelques jours lpicentre du festival. De vieux canaps brocards y ctoient tambourets de latelier Zlium et autres chaises hautes rcupres. Des constructions en bois couvertes de tissu toil habillent les pavs. Des ingnieurs du son saffairent sur la scne musicale, des bnvoles trottinent dun pas zl. On respire la bonne humeur, et le caf. Sophie Guichard a pens ce dcor. Elle la dessin, model, peaufin, construit, radapt. Larchitecte-scnographe de 30 ans considre son mtier comme un processus ininterrompu, de lesquisse la dernire brique. Elle snobe les grandes bo-tes o larchitecte produit machinalement

    des dessins sans vie. Les installations phmres au contraire linspirent : moins de normes, plus de crativit, et le droit de dfendre ses ides. Ce nest pas pour autant que tout se passe comme prvu, ou que cest facile. Il a fallu accorder la prestance du lieu un budget serr. Lester les structures en bois pour rsister aux vents qui tourbillonnent parfois dans la cour. Ne pas oublier les mesures de scurit. Cependant, mon ide se nourrit des contraintes. affirme-t-elle, sourire aux lvres. Aprs des semaines de travail, ce sont ses visuels qui donnent vie au 4e opus du FIFIB. Et il parat que cest encore mieux de nuit

    L.K

    Meubler Mably

    J.D

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    Pote envotant, funk lectro clectique, sombres rveries lectroniques, en cette soire douverture, les oreilles du FIFIB se sont rgales. Au menu, trois perles de la scne musicale franaise nous ont fait vibrer. Le chaman Judah Warsky nous invite ds le dbut goter ses mots chants-parls : sa voix, tout comme ses synths, sont aussi possds que possdant. Les boucles rythmiques mtalliques tournant inlassablement sont troublantes, mais cet ancien membre des groupes Turzy et Los Chicros sait avec finesse varier les ambiances et nous amener l o il veut exactement que lon soit, dans son univers. La funk lectro du producteur parisien Dabeull nous amne pour sa part sur un dancefloor arien. Notre corps suit alors la rythmique entranante et la cadence funky des riffs de basse, slapps pour la plupart. Le groove est complt par des voix pop qui convertissent vraisemblablement le public en pleine effervescence du Rocher de Palmer. Quand vient le tour des Scratch Massive, le climat change radicalement.

    Des voix venues dailleurs nous emportent presque immdiatement : cest un long voyage dans leur monde magntique qui commence. Plong dans une ambiance sombre et rythme, on suit aveuglement la marche de ce duo de Djs franais qui nous guident dans leur lectro mystique. Et bientt, on ne veut plus en sortir.

    Compltement absorbs, en immersion totale, cest peine si lon peut palper leur mlodies et en dguster les notes cristallines. a y est, cette premire nuit du FIFIB ma ouvert lapptit.

    J.M

    A lexception des bnvoles saffairant autour des derniers fignolages ou soccupant des tches administratives, le village Mably est calme. Car a y est, aprs de nombreux jours de travail, on est fin prt accueillir les festivaliers. Cinphiles confirms ou non, amateurs de musiques ou simplement curieux en tout genre pourront dcouvrir ce lieu bien agenc pour loccasion. Aprs avoir vu la scne, le regard est attir par les canaps lallure confortable disposs a et l sous les colonnes. Puis on tombe directement sur les deux cafs: Cur et Alchimiste aux mets aguicheurs avant de sarrter sous la pancarte Bar .Voici donc le bar PIP. PIP pour Pression Imparfaitement Parfaite. Original. Apportant une touche houblonne au FIFIB, cette bire blonde artisanale sera apprcie par le public tout au long du festival. Cette PIP est une ambassadrice , fruit du travail dune toute jeune brasserie bordelaise associative et collaborative qui ne se prend pas au srieux mais qui est srieusement dtermine daprs Guillaume un des fondateurs du projet. Leur laboratoire ouvrira dici peu vers Bassin Flot, le but tant que chaque personne puisse y concocter sa propre bire, de la recette jusqu lembouteillage. Do le ct unique et imparfaitement parfait. Car pour ces brasseurs passionns, il nexiste pas une seule bonne recette de bire. Cette bire participative correspond tout fait lesprit du FIFIB approuve Roman, membre de lorganisation du festival. Le partenariat va mme jusquaux cocups coralises avec PIP pour loccasion. Une petite vingtaine de bnvoles sactiveront ainsi derrire le bar pour faire marcher les quatre tireuses durant le festival. On ne demande plus qu goter.

    P.E

    Une PIP sil vous plat

    Entracte lectronique

    L.P

    3

  • - Avertissement : dconseill aux -18(me degr) -

    Que trouve t-on au fifib ? Pas seulement un agrgat de bohmiens mondains cinphiles en qute davant-gardisme, runis autour de festivits en plein air et de verres de blanc sec sirots entre deux cigarettes. Non pas quune succession de films varis compltement perchs que seuls les experts pourront dcrypter et y percevoir les clins doeils les plus subtils, ni exclusivement une symphonie de DJ sets electros phasant pour ceux qui aimeraient se dgourdir les jambes aprs deux sances. Ces propos ne seraient quune description grossire et infonde faite par un journaliste du dimanche en mal dinspiration. Nanmoins, quelque chose ne va pas dans ce festival. Cet vnement qui devrait marquer le triomphe de lindpendance et de lmancipation semble avoir sombr dans les vieilles recettes du star-system hollywoodien. Tout dabord, rien de plus mainstream et de commercial quune quatrime dition

    du Fifib, tel un Rambo 4 avec un Stallone ratatin ou un Taxi 4 avec un Samy Naceri quon aurait remis en prison cause de sa performance. De plus, si lon oublie que le thme est celui des hros (les super-hros ne sont pas loins...), les lieux choisis sont aussi dun conformisme effrayant. La crmonie douverture au Rocher de Palmer, salle ayant fait pass les BB Brunes et o un Nekfeu plus rebelle que jamais fera une apparition fin octobre, semble dj tre une provocation. Et paroxysme de lhorreur, le fifib qui se veut lieu de rsistance tablit son quartier gnral dans la cour terne du sige de la Cour rgionale des comptes, cours Mably ! Pour couronner le tout, le film douverture est sans surprise un blockbuster typique avec un Colin Farrell vivant un amour cach dans un monde futuriste du genre la Croise des Mondes revisit par les frres Coen. Bref, pour le fifib 2016, prparez vos lunettes 3D !

    M.B

    Dlaisss ou lasss par nos bienveillants gaillards hauts en couleurs et en collants, nos hros sont partis remettre leurs slips du bon ct du pantalon et recharger leur stock de rpliques tringlantes (aussi drle quun coup de tringle, ndlr). Limage de ces derniers sest vue se normaliser. Parfois rejoignant le parti du plus grand asthmatique du cinma, parfois non, le hros nest plus seul, lhrone nat. Mme si le hros dans le cinma sest vu basculer vers lhumain, plus abrupt, chez qui le trouble surplombe la vertu (Demon, de Marcin Wrona), lhumain se voyait dj revtir des courbes plutt que des paules carres (Alien, Kill Bill). Cependant lactrice ne se fait prsent plus interprte de son rle, mais de sa condition (Nahid,

    dIna Panahandeh). Il faut de tout pour faire un monde, il faut alors de tout pour faire un hros, pour faire son aventure. Le hros, lhrone, quitte ce statut de modle idyllique encore sous-emballage. Il, elle, devient un exemple, une reprsentation dune ralit, ne faisant plus deux des anti-hros mais des hros modernes, prenant part aux dcouvertes de leurs temps (Bang Gang, dEva Husson) et faisant face leurs conditions. Il suffit de regarder la programmation de cette dition, de se servir dun brin dimagination et de petites pinces de synopsis en comptition pour se rendre compte de la diversit dhros et dhrones prsents dans cette quatrime dition. On se retrouve ainsi face une jeune femme venant de passer son bac et

    se trouvant possde par un esprit dguis en Jeanne dArc la poussant remettre en cause la fragilit de sa situation et tester sa sexualit. Une exprience la menant dailleurs se demander si les androdes rvent de moutons lectriques. Mlange tonnant, et peut-tre dtonnant.

    J.R

    Autodrision programme

    Latex et biceps gros comme des jambons

    FAST AND FIFIBLe principe du Fast and FIFIB est simple, 10 questions, un seul choix faire le plus vite possible, tout cela en rapport avec la soire douverture.Pour cela, nous avons rencontr Thomas Martinez, stagiaire la communication, et Louise Lequertier, charge de communication pour le FIFIB.

    THOMASMappy ou Mably ?MablyLobster ou Oyster ? LobsterLynch ou Fincher ? LynchBande de filles ou Tomboy ?Joker !Valria Golino ou Kurt Russell ?ValriaLa posie ou Clmence Posy ?Clmence Posy. LOUISEPlonge sous-marine ou contre-plonge ?Plonge sous-marineLynch ou Spielberg ?LynchColin Farrell ou Pharrell Williams ?Pharrell WilliamsTomboy ou Toyboy ?TomboyLobster ou hipster ?Lobster !Yuksek ou cul-sec ?Cul-sec !

    T.L

    Rdacteur en chef : Guilhem Labourel / Maquettistes : Kassandra Delibie, Alice Granier / Photos : Marine Laborde, Josphine Duteuil, Lucia Pasadolos, Sydney Chandler-Fry / Dessin : Alice Granier / Rdacteurs : Lou Kisiela, Matthieu Bernard, Helena Pokorny, Jeremie Robert, Pierre Esquer, Thibault Louis, Jodie Manent / Impressions : Sciences Po Bordeaux / Contact Fifib : Louise Lequertier

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