Polar Week #07: une promenade dans la toundra groenlandaise

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Polar Week #07: une promenade dans la toundra groenlandaise Auteur: Anne-Claire PERSONNAGES DE CETTE HISTOIRE Anne-Claire et Marie de l’équipe pédagogique ATKA POLAR SCHOOL. LIEU : PRÈS DE LA CABANE D’ATKA Pour avoir des informations sur la cabane, lire la Polar Week #05 Dans les livres de son enfance, l’insolite beauté des images de l’Arctique a nourri la fascination d’Anne-Claire. Terre de roc et de glace, réduite à sa plus simple expression en l’absence de forêts, de terres agricoles et de traces d’activité humaine, elle l’imaginait alors inhospitalière. Un univers hostile, vide ou presque de toute vie. Un monde silencieux et pur. Une terre sauvage à l’intense luminosité, aux vents cinglants, aux glaces cristallines et aux panoramas infinis. Mais l’Arctique n’est pas qu’un lieu de dangers, froid et hostile. Le monde polaire est peuplé d’une biodiversité riche d’espèces, à la biomasse abondante. http://Array L’EXPLOSION DE VIE ESTIVALE Chaque année, la saison estivale est un véritable miracle qui

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Polar Week #07: une promenadedans la toundra groenlandaise Auteur: Anne-Claire

PERSONNAGES DE CETTE HISTOIREAnne-Claire et Marie de l’équipe pédagogique ATKA POLARSCHOOL.

LIEU : PRÈS DE LA CABANE D’ATKAPour avoir des informations sur la cabane, lire la Polar Week#05

Dans les livres de son enfance, l’insolite beauté des imagesde l’Arctique a nourri la fascination d’Anne-Claire. Terre deroc et de glace, réduite à sa plus simple expression enl’absence de forêts, de terres agricoles et de tracesd’activité humaine, elle l’imaginait alors inhospitalière.

Un univers hostile, vide ou presque de toute vie. Un mondesilencieux et pur. Une terre sauvage à l’intense luminosité,aux vents cinglants, aux glaces cristallines et aux panoramasinfinis. Mais l’Arctique n’est pas qu’un lieu de dangers,froid et hostile. Le monde polaire est peuplé d’unebiodiversité riche d’espèces, à la biomasse abondante.

http://Array

L’EXPLOSION DE VIE ESTIVALEChaque année, la saison estivale est un véritable miracle qui

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dure deux à trois mois seulement.

Cet été, Anne-Claire et Marie ont bien l’intention d’enprofiter pour découvrir le Groenland dégelé en se promenantprès de la cabane d’ATKA. Isolées de toute industrialisation,elles observent la nature et tentent d’identifier les espècesqu’elles rencontrent. Les cours d’eau dégelés regorgent debancs de truites et les collines sont parsemées de nids d’oieset de canards qui élèvent leurs oisillons.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les bottes del’équipe d’ATKA foulent des tapis de fleurs multicolores.Anne-Claire et Marie adorent prendre le temps de flâner aumilieu de prairies vertes et drues tout en savourant desucculentes baies sucrées ou acidulées. Quel bonheur decueillir des champignons tout en s’extasiant devant la paletteinfinie de couleurs des lichens sous leurs pieds.

A l’horizon, Anne-Claire ne voit que fleurs et petitsarbustes. Pas de murs, de frontières. Respirer à pleinspoumons semble être la seule contrainte. Lorsqu’elle marche,elle a le sentiment de pénétrer dans un territoire où l’Hommen’est pas le maître.

Bienvenue dans la toundra…

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Les Saxifrages, passe-pierre ou perce-pierre

Chamerion

Le Saule arctique (Salix arctica)

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Campanule à feuilles rondes ou Cloche bleue groenlandaise

Linaigrettes

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Tapis de mousse

Lycopode

PROMENONS-NOUS DANS LA TOUNDRAChauffée par le soleil, la toundra est à première vue unimmense jardin couvrant de nombreuses montagnes qui s’élèventtranquillement vers le ciel, protégeant les habitants du vent.Les températures chaudes de l’été comprises entre 0 et 10degrés permettent à la vie d’exploser. Sous le soleil deminuit, la toundra s’illumine alors de teintes chaleureuses,

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rouge, jaune, mauve, vert…

En montant vers le sommet de la colline, les pieds d’Anne-Claire s’enfoncent dans un épais tapis de mousses et de fleurset de petits arbustes à hauteur de cheville, aux motifs aussisubtils et éclatants que ceux d’un tapis persan. Des petitscoussins de plantes jaunes et pourpres (saxifrages) sont poséssur des champs de fleurs dorées (pavot arctique) et entourésde fleurs clinquantes roses et mauves. Une profusion deliserons blancs dodeline dans le vent sur le bord desruisseaux bruissants. Les tout petits saules aux troncs tordusépais comme des crayons et les minuscules bouleaux courbésembrassent la terre en quête de chaleur. Voilà l’image de latoundra groenlandaise en été !

L’institutrice de l’école du village d’Oqaatsut [ora-tsout]leur a appris que le Groenland abrite plus de 1600 espèces deplantes et de végétaux. Certes, les conditions climatiques del’Arctique limitent à 12 semaines au maximum la période defloraison, mais les parfums qui s’en dégagent alors sont trèsintenses.

La puissance et la patience de ces plantes est incroyable. Latoundra apprend à regarder, à voir au-delà de ce que l’on voitpeut voir sous les climats tempérés. Dans ces conditionsextrêmes, il faut 200 ans à un arbre pour développer un troncde la taille d’un bras ! Dans les zones humides près des lacs,Anne-Claire croise souvent la fameuse linaigrette arctique,utilisée dans le passé comme mèche pour les lampes à huileinuites. Elles sont faciles à trouver car elles forment destaches blanches éblouissantes le long des étangs et destorrents, là où la mousse est la plus verte.

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UNE CAPACITÉ D’ADAPTATION UNIQUEEn regardant ce spectacle de vie estivale, Anne-Claire al’impression que la toundra respire, profondément et avec

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douceur, comme pour récupérer d’un effort, celui du combat dela vie durant l’hiver. L’été, c’est le bonheur doux.

Mais comment font ces plantes pour survivre au froid ? Carface à l’hiver, la toundra doit se protéger sans cesse.

Anne-Claire sait que les plantes hibernent sous le manteau deneige pour se protéger des très basses températures accruespar l’effet des vents violents qui balayent la toundra. Maisla flore a-t-elle développé d’autres techniques pour s’adapterà ce climat rigoureux et renaître chaque été ? Anne-Clairegarde en tête ces questions qu’elle posera à une amiescientifique spécialiste des plantes arctiques trèsprochainement.

MISSION HERBIERComme l’Arctique explose de fleurs en été, Anne-Claire etMarie ont l’idée de réunir les plantes de la toundra dans unherbier qu’elles montreront aux classes du programme ATKAPolar School à leur retour en Europe.

Cette mission leur fait découvrir un autre monde. Faire de lacueillette, c’est avoir un regard différent sur la nature quinous entoure. Toutes ces plantes qu’elles croyaient semblablescommencent à se différencier, avec toute leur diversité :forme des feuilles et des pétales, nuances de vertsdifférents, couleur des fleurs… Il suffit de prendre le tempsd’observer. Elles apprennent à reconnaître les différentesplantes sans pour autant connaître encore leur nom.

Il y a toutes celles qui sont rampantes, grimpantes, colorées,mousseuses, les timides qui se cachent derrière d’autres quise laissent moins facilement trouver. Éberluées par ladiversité de la végétation qui s’offre à elles, Anne-Claire etMarie passent des journées entières à se promener dans la

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toundra. Après chaque cueillette, elles étalent leurs trésorssur la table de la cabane, les trient et les font sécher entreles feuilles d’un livre épais.

Anne-Claire et Marie ont découvert de nombreusescaractéristiques étonnantes. En feuilletant des livresgroenlandais, elles comprennent que les fleurs, les feuilleset les tiges s’adaptent à la vie dans l’Arctique. Certainesplantes ont des poils et des peaux épaisses. Neuf mois par an,le sol étant gelé, les plantes ne peuvent plus puiserd’humidité, c’est pourquoi elles emmagasinent l’eau durantl’été. Le duvet sur les tiges des fleurs empêchel’évapotranspiration des fleurs sous l’effet des ventsdesséchants.

Décidément, la nature est incroyablement bien faite !

Voici quelques images de leur cueillette et leur débutd’herbier…

Fougère

Saxifrage à feuilles opposées

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Marie identifie des plantes au chaud dans la cabane

Herbier

Herbier + récolte

Cette mission leur a donné encore plus envie de protéger lesplantes. Mieux on connaît le milieu dans lequel on vit, pluson a tendance à le respecter, car on prend conscience desinteractions avec le milieu environnant. Et vous, quels typesde plantes poussent près de votre école ? Ont-elles aussibesoin d’hiverner durant l’hiver ?

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Bolet roux

Petite araignée

DES CHAMPIGNONS ET DES LICHENSL’équipe d’ATKA va souvent pêcher durant l’été. Anne-Clairen’est pas très forte pour la pêche, mais elle adore allercueillir des champignons et en faire une belle fricassée augrand bonheur de toute l’équipe. Lors de ces cueillettes de

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champignons, elle découvre souvent de nouvelles espèces deplantes, d’animaux ou d’insectes dont le moustique, lemoucheron et le papillon. Rien de plus normal lorsqu’on saitqu’il y a ici environ 700 espèces d’insectes (sur 1,3 milliondécrites dans le monde). Mais pas de fourmis au Groenland !Cette dernière a colonisé toutes les régions terrestres, àl’exception du Groenland et de l’Antarctique…

Lors d’une cueillette aux champignons, Anne-Claire croise laroute d’une petite araignée. Le soleil de la toundra a attirécet arachnide vers le chapeau d’un gros champignon comestible.Un bon bain-de-soleil ! Anne-Claire ne la dérange pas. Il y abien assez de champignons pour tout le monde.

Il y a aussi très souvent des lichens proches des champignons.Anne-Claire et Marie savent que les lichens jouent un rôleimportant comme source de nourriture pour diverses espèces del’Arctique.

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UN THÉ DANS LA TOUNDRA ?En papotant avec les amis du village d’Oqaatsut, Anne-Claireet Marie apprennent qu’il y a certaines plantes de la toundraqui peuvent être consommées en infusion.

Intriguées, elles demandent à y goûter.

Les filles sont emballées par le goût si agréable de ce thé.Elles troqueront par la suite leurs sachets de thé industrielsvenus de France contre cette plante naturelle. On leur indiqueque c’est le « thé du Labrador » auparavant appelé « lédon duGroenland » ; il est possible de le trouver un peu partoutdans la toundra près de la cabane d’ATKA. Quelle bonnenouvelle ! Ses feuilles froissées dégagent une odeur agréableet l’infusion des feuilles, des fleurs et des boutons florauxdonne une boisson aromatique appréciée.

En examinant cette plante, elles observent que tout dans sastructure rappelle qu’elle est faite pour affronter de duresconditions : rameaux et feuilles recouverts d’un dense duvetcotonneux comme s’il fallait toujours craindre un possiblecoup de froid, feuilles étroites et coriaces, aux bords quis’enroulent comme si, à tout moment, elles étaient sur lepoint de se refermer sur elles-mêmes, au cas où… Et par mesuresupplémentaire de sécurité, elle est tellement imprégnée deprincipes résineux qu’elle est pratiquement imputrescible.Avec toute cette adversité, on pourrait la croire avare engoût. Il n’en est rien.

Au-delà de sa saveur agréable, il y quelques usages médicinauxau thé du Labrador… Des études ont permis d’établir que cetteplante est anti-oxydante et combat la toux et les maladiesinfectieuses transmises par les moustiques.

Il n’y a plus qu’à continuer à la ramasser et à la partageravec les amis alors !

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Petit thé à infuser !

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UNE FIN DE JOURNÉE TOUT EN DOUCEURParvenues au sommet de la colline derrière la cabane, au termed’une ascension de 30 minutes, Anne-Claire et Marie apprécientun paysage exempt de traces humaines. Elles embrassent duregard une baie entière, mouchetée d’icebergs dispersés dansune mer brune. Le contraste des couleurs est un spectaclepermanent. Le bruit de la ville et ses voitures pétaradantesn’existe pas ici. Un groupe de bruants des neiges voltige d’unrocher couvert de lichen à un autre ; un énorme bourdontournoie en vrombissant. Autour d’elles, des montagnescolorées ondulent à perte de vue, le bleu de la baie et lesoleil sur la végétation étincellent. La journée est bientôtterminée, il est temps de redescendre et de rejoindrel’équipe.

Arrivées dans la cabane, au chaud, Anne-Claire et Marie fontchauffer de l’eau pour faire infuser les fleurs du thé duLabrador précédemment séchées. Le thé est prêt et il est tempsd’aller observer les couleurs du soleil proche de l’horizon.

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Et là, dans la toundra, en partageant un thé cueilli eux-même,les membres de l’équipe d’ATKA sourient, appréciant simplementces moments exceptionnels, profondément doux. Ils ne sont paspropriétaires de ce territoire et ils se doivent de ne pasl’abîmer, de le protéger.

En attendant la prochaine Polar Week sur la chasse aux phoquesau Groenland, on se prend un petit thé de Labrador les amis ?

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POLAR DICO

Le mot « toundra » vient des Samis du nord-ouest de laRussie, et signifie « terre stérile » ou « terre sansarbres ». La toundra est le plus jeune des biomes de laplanète, ayant été formée il y a environ 10 000 ans, àla fin de la dernière période glaciaire. Il existe troistypes de toundras dans le monde – la toundra arctique,la toundra antarctique et la toundra alpine – quipartagent des conditions similaires.

L’évapotranspiration est la quantité d’eau transféréevers l’atmosphère, par l’évaporation au niveau du sol etau niveau de l’interception des précipitations, et parla transpiration des plantes.

Les lichens sont le résultat d’une relation symbiotiqueentre des champignons et des algues ou des bactéries,semblable à celle que forment les coraux. Leschampignons fournissent une structure et absorbent desminéraux provenant de leur environnement (roches, solsou plantes sur lesquels ils poussent), tandis que lesalgues ou les bactéries peuvent produire de l’énergie àpartir de la lumière grâce à la photosynthèse pour senourrir et nourrir les champignons. Les algues ou lesbactéries vivent intégrées dans les champignons, etcette association de diverses espèces permet une grandevariété de lichens de formes et de couleurs variées. Leslichens, comme les mousses, ont besoin d’humidité pourpousser et peuvent entrer en dormance si les conditionssont trop sèches. Leur croissance est très lente, mais

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ils peuvent vivre très longtemps (jusqu’à 4000 à 5000ans!) s’ils ne sont pas perturbés. Les lichens sont trèssensibles à la pollution atmosphérique, et lesscientifiques les utilisent comme bio-indicateurs de laqualité de l’air.

La biodiversité arctique sous pression. Des changementsclimatiques spectaculaires en cours dans l’Arctiquemenacent actuellement l’intégrité et la viabilité de sesressources vivantes, mettant directement en danger larésilience de ses résidents – notamment les populationsautochtones – tributaires de ces ressources. Le dangerprincipal réside dans le changement climatique : sonimpact sur la biodiversité de l’Arctique est déjàsensible, et d’autres effets bien plus importants(variables selon les régions) sont attendus au cours dece siècle. D’ici à 2100, la température de l’Arctiquedevrait augmenter de 3 à 5 °C au-dessus des terres et de7 °C sur l’océan, ce qui aurait des répercussionsconsidérables sur les écosystèmes (EICCA 2005). L’un deseffets prévisibles est une réduction de 50 % del’étendue de la banquise d’été et le déplacement decertaines espèces et écosystèmes arctiques (comme lesdéserts et la toundra polaires), remplacés par desespèces et des écosystèmes plus méridionaux. Lechangement observé (par exemple, une réduction de 34 %de l’étendue de la banquise d’été en 2008) a, dans unegrande mesure, pris de vitesse les prévisions desmodèles climatiques, dont les estimations paraissentsous-évaluées. Si le changement climatique exerce unepression croissante sur la résilience et la viabilité dela biodiversité de l’Arctique, ce n’en est pas le seulfacteur. Il y a aussi les contaminants del’environnement, la fragmentation des habitats, lesespèces invasives, l’intensification du transportmaritime et aérien et la mise en valeur de la région parl’exploration et l’exploitation du gaz et du pétrole, la

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foresterie, les projets hydroélectriques etl’urbanisation.