Pistes pédagogiques · PDF file la vie de Nikola Tesla) renouvelle le genre de la...

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    15-May-2020
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  • Pistes pédagogiques

    Exposition Jean Echenoz, roman, rotor, stator

  • Jér ôm

    e L indo

    n

    « Quand un de mes livres a l’air de plaire à Jérôme Lindon, il intervient donc très peu, n’impose ni ne propose presque aucun changement. Ou alors cela peut être un peu déconcertant. Une de ses rares interventions dans ce dernier livre, par exemple, c’est à propos d’un passage où, décrivant un personnage, j’évoque le physique de Louison Bobet. Non, non, dit-il, pas Louison Bobet. Ah bon, lui dis-je, et pourquoi ? Qu’est-ce que vous avez contre Louison Bobet ? Rien de particulier, me répond-il, ou plutôt si : la thalassothérapie. Allez, soyez gentil, enlevez Louison Bobet. Allez, adieu, Louison Bobet. C’est comme ça. Et puis il a ses théories, sur le singulier par exemple : le singulier, dit-il, quand c’est possible dans une phrase, c’est toujours mieux que le pluriel. Cette théorie, à ce jour, me paraît toujours juste. Ça continue comme ça, je lui apporte un livre tous les deux ou trois ans. Lorsque nous nous voyons de temps en temps, j’évite de parler de mon travail, surtout quand ça ne marche pas bien. Jeune homme, j’imaginais qu’un éditeur pouvait seconder un auteur, l’assister dans ses tourments, arpenter avec lui le jardin du Luxembourg en discutant gravement de la place d’un personnage, de l’articulation entre deux chapitres et toute cette sorte de choses. J’ai vite compris, avec Jérôme Lindon, qu’un éditeur a autre chose à faire, lui en tout cas. Lui a horreur des états d’âme et qu’on le prenne pour ce qu’il n’est pas, que ce soit père substitutif, confesseur ou thérapeute, il déteste [...]. Allez, adieu, les états d’âme. » p. 35

    JÉRÔME LINDON ET JEAN ECHENOZ

    © Louis Monier

    1995, au cours d’une réception donnée par les Éditions de Minuit à l’occasion du Prix Novembre, décerné à l’écrivain pour Les Grandes blondes.

    TEXTILE EXTER. 11-B - 171017

    EXT 14

    Le personnage de roman du 17e à nos jours Comment, à travers la construction des personnages, le roman exprime une vision du monde qui varie selon les époques et les auteurs et dépend d’un contexte littéraire, historique et culturel, en même temps qu’elle le reflète, voire le détermine. Le fait de s’attacher aux personnages permet de partir du mode de lecture le plus courant. [Programme de français en classe de première]

    On trouve dans l’œuvre de Jean Echenoz des personnages de fiction, des références ou allusions à des figures du cinéma (Au piano) mais également des personnages réels.

    Ainsi le cycle Ravel (2006), Courir (2008) (sur l’athlète Emil Zatopek), Des éclairs (2010) (fiction inspirée de la vie de Nikola Tesla) renouvelle le genre de la biographie, où les personnages bien réels sont traités comme des personnages de fiction, avec leur part de mystères, de situations incongrues, d’essence romanesque.

    Pourtant ces fictions nous donnent également à lire la réalité du monde où évoluent ces personnages. Ainsi le siècle de la vitesse et du progrès dont témoignent les nombreux moyens de transports, automobile, train, bateau qu’emprunte Maurice Ravel pour se déplacer ; ou encore les inventions de Nikola Tesla sur le courant alternatif et sa rivalité avec Edison.

    Le roman 14 questionne quant à lui le rapport fiction/histoire et la place du personnage de fiction.

    • En quoi Anthime, personnage principal du roman, représente-t-il des questions humaines universelles ? Le regard porté par Jean Echenoz sur la Première Guerre mondiale via ce personnage interroge-t-il notre perception de cet évènement ? • La fiction est-elle un moyen efficace pour rendre compte de la réalité de la guerre ?

    Les réécritures du 17e siècle jusqu’à nos jours La création littéraire sous l’angle des relations de reprises et de variation par rapport aux œuvres, aux formes et aux codes d’une tradition dont elle hérite et dont elle joue. [Programme de français en classe de première série L]

    >>>>> Dans un jeu de réécriture décalée, l’œuvre de Jean Echenoz emprunte souvent aux codes du roman d’espionnage, d’aventure ou policier.

    > Lac (1989) Où le personnage principal, Franck Chopin (on notera le nom choisi pour le personnage), entomologiste au Muséum national d’histoire naturelle à Paris, est ponctuellement agent de renseignement français. > Je m’en vais (1999) Quinquagénaire cynique, Félix Ferrer, qui tient une galerie d’art, est victime d’un malaise cardiaque. « Je m’en vais, dit Ferrer, je te quitte. Je te laisse tout mais je pars. » Ce n’est pas tout de quitter sa femme : l’aventure démarre quand Delahaye, son comparse, informe Ferrer qu’un navire a fait naufrage sur la banquise quarante ans plus tôt. Il transportait un lot d’œuvres inestimables. Félix Ferrer part donc au Pôle Nord.

    Quelques thématiques en lien avec les programmes scolaires du lycée

  • . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ............

    > Envoyée spéciale (2016) Autour de l’enlèvement de Constance, l’héroïne du roman, un voyage entre Paris, Pyongyang et la Creuse. Un kidnapping, un projet de contre-espionnage afin de déstabiliser le régime nord-coréen, une demande de rançon : tous les ingrédients d’une intrigue pleine de rebondissements.

    • En quoi Jean Echenoz, bien que les utilisant, se démarque-t-il des codes de ces genres littéraires ? Par quels procédés narratifs ? • Quel est l’effet recherché par l’auteur avec ces emprunts et la distance qu’il entretient avec eux ? ?

    >>>>> L’œuvre de Jean Echenoz propose des descriptions très précises à partir de photographies Voir par exemple dans l’exposition la photographie de Ravel et la manière dont Jean Echenoz l’exploite dans son livre ; regarder la vidéo de l’électrocution de l’éléphante Topsy et la description de la scène dans un chapitre du roman Les éclairs

    • Qu’est-ce que la transposition d’un média (image, vidéo) à un autre (l’écriture) change dans notre perception du réel ? • Quelle(s) différence(s) peut-on relever dans la description d’un document dans une fiction et par exemple un essai historique ?

    >>>>> Les citations L’œuvre de Jean Echenoz offre des exemples de réécritures de pages classiques de romans ou de citations. Ainsi dans Je m’en vais, la description des déplacements de Baumgartner fait écho dans une forme parodique à l’ouverture du dernier chapitre de L’éducation sentimentale de Gustave Flaubert, De même dans 14 : Lorsque le tocsin annonce la mobilisation, Anthime enfourche son vélo pour rejoindre le village ; un cahot sur la route fait chuter son livre qui s’ouvre sur le chapitre intitulé « Aures habet, et non audiet » : « il a des oreilles, et il n’entend pas » citation latine que Victor Hugo utilise pour un chapitre de Quatre-vingt-treize.

    >>>>> Le style de la langue IIIIIIIII Le recours aux procédés cinématographiques intéresse Jean Echenoz dans ce que cela exprime du mouvement, plus que de l’image : champs contre champs, déplacement comme un travelling qui permettent de multiplier les points de vue et de brouiller la narration. « Quand j’ai commencé mon premier roman, les premières scènes étaient des scènes de film. Je n’avais pas conscience de cette grosse consommation cinématographique mais j’ai spontanément fait appel à cette rhéto- rique du cinéma : la question du cadre, de la place et du mouvement de la caméra, de la focale, du montage champ/contre-champ… » (Les Echos 27/11/2017)

    IIIIIIIII La récursivité qui imite les rouages d’une machine, dans un mouvement infini : « Rien ne changea, à ceci près qu’Abel pensait que Carrier savait, que Carrier savait qu’Abel pensait qu’il savait, qu’Abel pensait que Carrier savait qu’il pensait qu’il savait, et le reste à l’avenant, à l’infini, ad libitum,… » Le Méridien de Greenwich

    IIIIIIIII Le jeu sur les sons des mots : « L’habile alibi d’Abel » Le Méridien de Greenwich

    IIIIIIIII L’adresse au lecteur, qui perpétue et renouvelle la tradition de Jacques le Fataliste (1796) de Denis Diderot. « Vous, je vous connais, par contre je vous vois d’ici. Vous imaginiez que Max était encore un de ces hommes à femmes, un de ces bons vieux séducteurs, bien sympathiques mais un peu lassant. Avec Alice, puis Rose, et mainte- nant la femme au chien, ces histoires vous laissaient supposer un profil d’homme couvert d’aventures amoureuses. Vous trouviez ce profil convenu, vous n’aviez pas tort. Eh bien pas du tout. La preuve, c’est que des trois femmes dont il a été question jusqu’ici dans la vie de cet artiste, l’une est donc sa sœur, l’autre un souvenir, la troisième une apparition et c’est tout. Il n’y en a pas d’autres, vous aviez tort de vous inquiéter, reprenons. » Au piano

    • En quoi les différentes figures stylistiques et procédés narratifs mobilisés dans les romans de Jean Echenoz définissent-ils sa langue et servent-ils la narration ?

  • >>>>> Une œuvre très documentée « Les choses qui m’attirent, comme des déclencheurs romanesques, sont souvent des domaines auxquels je ne connais pas grand-chose. Je lis tout ce que je peux trouver, cherche des images, des sons, fais des interviews… » (Entretien Transfuge-Damien Aubel- 01 /12 /2017)

    « Je me documente beaucoup, je rencontre des gens, je lis, je compile toutes sorte