Petites et moyennes universités. RApport nº 2016-075

Click here to load reader

  • date post

    07-Apr-2017
  • Category

    Education

  • view

    206
  • download

    4

Embed Size (px)

Transcript of Petites et moyennes universités. RApport nº 2016-075

  • Petites et moyennes universits

    Rapport madame la ministre de lducation nationale, de lenseignement suprieur et de la recherche

    monsieur le secrtaire dtat charg de lenseignement

    suprieur et de la recherche

  • MINISTREDELDUCATIONNATIONALE,DELENSEIGNEMENTSUPRIEURETDELARECHERCHE

    _____Inspectiongnraledeladministration

    delducationnationaleetdelarecherche

    Petitesetmoyennesuniversits

    Octobre2016

    PascalAIM

    FranoisPAQUISMarcFOUCAULT

    DamienVERHAEGHEGuyWASS

    Inspecteursgnrauxdeladministrationdelducationnationaleetdelarecherche

    aveclaparticipationdArianeAZEMAInspectricegnraledeladministration

    delducationnationaleetdelarecherche

    Ont galement particip la visite dtablissementsMmes MarieClaude FRANCHI, Sacha KALLENBACH,SimoneCHRISTIN,inspectricesgnralesdeladministrationdelducationnationaleetdelarechercheMmeCorinneBAESHONORE,chargedemissionMM. JeanMichelALFANDARI, JeanYvesde LONGUEAU, JeanNARVAEZ,RenaudNATTIEZ,HenriPRADEAUX,Christophe SINASSAMY, inspecteurs gnraux de ladministration de lducation nationaleetdelarecherche

  • SYNTHSE

    Lesministresenchargedelducationnationale,delenseignementsuprieuretdelarechercheontinscritdans leprogrammede travailannuel20152016de linspectiongnralede ladministrationde lducation nationale et de la recherche IGAENR la thmatique des petites etmoyennesuniversits et tablissements1. Cette mission sinscrit dans le contexte du mouvement destructuration territoriale des tablissements denseignement suprieur et de recherche engagdepuisquelquesannessouslimpulsiondedeuxloissuccessives2,desinstrumentsdesprogrammesdinvestissementdaveniretdesclassementsinternationaux.

    Les termes de petites et moyennes universits sont souvent utiliss par la communautuniversitaire pour caractriser les tablissements ne faisant pas partie du groupe des universitsdites intensives en recherche et des universits issues des fusions dtablissements ralisesdepuis2008.Pourautant,aucunedfinitionclairedecequepourraittreunepetiteetmoyenneuniversitnestpartageparlesdiffrentsacteurs.

    Lamissionadabordconstatque lecritredeseffectifsdtudiantsaccueillistaittropvolutifetinsuffisantpour caractriser la situationdespetitesetmoyennesuniversits.Elleagalementanalys les travauxde rechercheet lestudesdesvingtderniresannes,quicroisentnaturedesactivitsdesuniversitsetancrageterritorialmaisnemettentpasenvidenceunehomognitdespetitesetmoyennesuniversitsenmatiredeformationetderecherche.

    Considrant que la structuration territoriale des tablissements denseignement suprieur et derecherche en coursde constructionestun critrequipermetdapprocher sousun autre angle laquestionde la tailledestablissements, lamissiona fait lechoixde retenirdans lechampdesontudetrenteneuftablissements,horsmtropoleparisienne,Corseetterritoiresdoutremer,pourlesquels lemouvementdestructurationencoursne luisemblaitpasencoreavoiratteint,fin2015,unniveaudestabilitoptimal.

    La mission a ensuite cherch dterminer si ces trenteneuf tablissements pouvaient secaractrisertraversleursituationfinancire.Elleaconstatqueleursituationfinanciremoyennetait comparable celledes autresuniversits franaises alorsquils apparaissentplus largementsousdotsdanslesmodlesderpartition.

    Elleaensuiteanalys lesactivitsdeformationetderecherchedechacundecestablissementspartir dindicateurs qui peuvent tre regroups en trois catgories sagissant des activits deformation (lvolutiondmographique, la structureet lefficacitde loffrede formation, lancragesocial et territorial) et en deux catgories sagissant des activits de recherche (lintensit et laqualitdesactivitsderecherche).

    Ilressortdecetteanalyseetdesvisitesque lamissionaeffectuesdans15decestablissements,que les rsultats obtenus par les trenteneuf petites et moyennes universits du primtreretenu par la mission sont extrmement htrognes aussi bien matire de formation que derecherche.Cesrsultatsdmontrentquelideselonlaquelleilexisteraitunecatgorieuniquedepetitesetmoyennesuniversitsestinfonde.Aucontraire,ellemetenvidence lefaitquilexiste1ThmatiquereprisesouslesiglePMUdansleprsentrapport.2 Loi n20071199 du 19 aot 2007 relative aux liberts et responsabilits des universits et loi n2013660

    du22juillet2013relativelenseignementsuprieuretlarecherche.

  • unegrandediversitauseindecestrenteneuftablissementsquiobtiennentdesrsultatsplusoumoinsconvaincants selonque lonobserve lintensitou laqualitde leurs travauxde recherche,lvolution dmographique, la structure et lefficacit de leur offre de formation ou leur ancrageterritorialetsocial.Lestypologiesdtablissementstabliespourchacundecesaxespermettentdedistinguerplusieurscatgoriesdtablissements.

    Ainsi,certainesdesPMU semblent russiraussibienen recherchequen formation.Sur lesdouzetablissements lesmieuxpositionnsauregardde lefficacitde leuroffredeformationetde leurvolution dmographique, neuf figurent galement parmi les treize tablissements les mieuxpositionnsauregardde lintensitetde laqualitde leurrecherche (Besanon,Brest,Chambry,Dijon,Limoges,Pau,Poitiers,SainttienneetTours)etdeuxensontprochessagissantdelintensitdesactivitsde recherche (CaenetAngers). loppos,onzeuniversitsobtiennentdes rsultatsinfrieurslamoyennedestablissementsduprimtreaussibienenformationquenrecherche.

    partirdecesconstats,lamissionamisenvidencequelquesfacteursclsdelarussitedespetitesetmoyennes universits aussi bien en recherche (la pluridisciplinarit incluant un secteur sant,limportance de la prsence des organismes de recherche sur le site, la prsence de trs grandsquipementsderecherchesurlesiteoudansunerelativeproximit,laffirmationdunestratgiedeniche dexcellence, une stratgie de mise en rseau totalement assume) quen formation(ladossementlarecherche,lenombredtudiantsaccueillis,laprsenceduneoffredeformationcomplte).

    Sur labasedesesobservations,elleatabliune typologiedespetitesetmoyennesuniversitsencinqgroupesenfonctiondesrsultatsobtenusenformationetenrecherche,lestablissementsdugroupeAbnficiant, lopposdes tablissementsdu groupeD,dunebonne visibilitde leursactivitsderechercheetdeformationetdisposantainsidemargesdemanuvreplusimportantespour choisir une stratgie de structuration territoriale dont les options seront, compte tenu desperformancesralises,plusvaries.

    Ilestainsipossibledobserverplusieursscnariosdedveloppementquisontfondssurdeschoixstratgiques qui apparaissent trs diffrents et se traduisent par des pistes de structurationsterritorialesdiverses.

    Alorsquecertainesuniversitsfont lechoixdeparticiperactivementunestratgiedesiteporteparuntablissementchefdefile,issudunefusion,ouparuneCOMUE,oucherchentconstituerplusieursunensemblepluscohrentetplusfortluniversitJeanMonnetdeSainttienneestunbon exemple de ce type de stratgie, dautres privilgient une stratgie de site plus prudentela reconnaissancede la responsabilitduntablissementchefde filedans laconstructiondunepolitiquedesitetraversuneCOMUEouuncontratdassociationnallantpasdesoipourcertainespetitesetmoyennesuniversitsvoireminimaliste,basbruit,soitparcequelaCOMUEesttropvasteoutroppetitepourporterdespolitiquestrsintgres,soitparcequunmodeassociatiffaibleintgrationestprfr.

    Cerapidetourdhorizon illustrecombienchacunedesuniversitsvisitespar lamissionsinterrogesur lepositionnementquelledoitadopterau regarddesvolutions induitespar la ralisationdespremires fusionsdtablissementsdenseignement suprieur,par les rsultatsdes appelsdoffrelancs dans le cadre des PIA successifs, dont les diffrents instruments sont des vecteurs dediffrenciationextrmementpuissantsquellequesoit latailledestablissements(lefaitdeporter

  • desLabex,dobtenirdesERCesttoutaussiimportantpourcertainesPMUquelobtentiondunstatutdinitiativedexcellencepourdesuniversitsintensivesderecherche)etparlaloide2013.

    Pourtouscestablissements,lenjeuprincipalestdtablirunboncompromisentreunestratgiedediffrenciationquileurpermettedtrevisiblesaussibienenrecherchequenformationetunestratgiedecooprationquiaideconstituerdesensemblesstructurs,cohrentsetperformantslchelledunsite.

    Au final, les scnarios de structuration territoriale auxquels les petites et moyennes universitsdoivent participer se construisent en fait autour dun nombre limit de modles la fusion, lastratgie dalliance avec un tablissement chef de file ou linsertion dans une mtropoleuniversitaire, la construction duniversits fdrales sur un territoire plus large pour lesquels lamission a mis en vidence les avantages et limites actuelles et formul des prconisationsdvolution.

    Certains de cesmodles gagneraient en efficacit si des volutions juridiques donnaient plus desouplessedanslintgrationdtablissementsrgispardesstatutsdiffrents.Tousportenteneuxlancessit de faire voluer les rapports entre les tablissements et le ministre charg delenseignementsuprieuretde larechercheafindefaciliteretsoutenir ladiffrenciationentredesuniversitsquidisposent,chacune,demargesdemanuvre.Cesvolutionspassentparuncontratdesiteunique,pivotdesrelationsentre leministreet lestablissements,ouvertauxcollectivitsterritoriales qui souhaitent sengager et aux organismes de recherche, ainsi que parlexprimentationdenouvellesmodalitsdefinancementglobaldessites.

    Rappeldesprconisationsdelamission:

    Prconisation n1: Privilgier la convention dassociation pour construire les cosystmesdenseignement suprieur et de recherche locaux autour dune universit fusionne dans unemtropoleuniversitaire.

    Prconisationn2:Affirmer le rledechefde filedestablissementsporteursdesconventionsdassociationetresponsabiliserlesprsidentsdecestablissementsdanscerle.

    Prconisation n3: Dfinir un primtre des comptences qui devraient ncessairement treexercesauseindelaCOMUEetfinancerlesmesuresincitativespermettantdallerdanscesens.

    Prconisation n4: Construire une forme juridique permettant des tablissementsdenseignement suprieur de fusionner ou dintgrer davantage leur gouvernance tout enconservantuneformedautonomievoireleurpersonnalitmorale.

    Prconisa